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Full text of "Histoire des oeuvres de Théophile Gautier"

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HANDBOUND 
AT  THE 


UNIVERSITY  OF 


V^77 


IJlSTOIRi::  DES  OEUVRES 

DE    THÉOPHILE    GAUTIER 


II 


PABIS.    —     IIIPHIMKRIE    K.    C.VPIOMONT    ET    V.    RENAULT 

("i ,     n  t  K     in;  I-     I'  0  I  T  E  V  I  N  s  .     li 


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PORTRAIT     1)1"     THF.OPHII.L:    GAUTIKR 

AU    COMMENCEMENT    DE     1859. 


D'après  une  photographie  de  M.  Emile  Uichel)ourg,  oxi'cutcj  à  Saiut- 
Potersbourg,  etappartouaut  à  M.  Georges  Gharpontier. 


HISTOIRE 

DES     ŒUVRES 


DE 


THÉOPHILE  GAUTIER 

PAR   LE   VICOMTE 

DE  SPOELHEllCH  DE  LOYENIOtJL 

(CHARLES    DE    LOVENJOUL) 
AVEC    QUATRE     PORTRAITS    ET     DEUX     AUTOGRAPHES 


TOME    SECOND 


PARIS 

G.   CHARPENTIER  ET  0%   ÉDITEURS 

11,   RUE  DE   GUENELLE,    11 

1887 


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HISTOIRE  DES  OEUVRES 

DE  THÉOPHILE  GAUTIER 


II 

1852-188G 


si^'O 


185 


1149.  Cœrulei  oculi.  Revue  de  Pari^,  (l"')  janvier  IS.'Ji.Ces 
vers  sont,  eiilrés  la  inèino  année  dans  le  volume  des  Éuuni.r 
et  Caiin'c^,  dont  ils  ne  son!  idus  soi'lis.  La  première  veision 
de  celte  pièce,  version  inédite,  ne  formait,  avec  Tristesse  en. 
mer  (\o\i  n°  1 181),  qu'une  seule  pièce  en  deux  cUapilies, 
comme  Etude  de  iiuiins;  elle  portait  ainsi  [tour  litre:  Md- 
ri)ie  :  FI  its  vertx,  ijeux  verts,  et  nous  la  citerons  à  propos 
de  Ti-istesse  en  mer.  Voici  encore  iFautres  variantes  iné- 
diles des  siroplies  (rois  à  six  de  Cwriilri  uruli  : 


Que  j'aime  ces  claires  piuiielles 
Où  la  lumière  s'attendrit, 
Mouillant  de  pleurs  ses  étincelles, 
Comme  une  douleur  qui  sourit. 

Leurs  cils  avec  leur  frange  noire, 
Sout  des  ailes  de  goélands 
Qui,  sur  la  mer  que  le  vent  moire. 
Jettent  leur  ombre  aux  flots  tremblants 

Comme  dans  l'eau  bleue  et  profonde, 
Dont  l'abîme,  un  moment  troublé. 
Laisse  voir  à  travers  son  onde 
La  cou|)C  du  roi  de  Thulé; 
i:. 


iiisidiKi;  i»i;>  ni;rvm:s  m.  th.  (.AiTir.it. 

Sous  Icnr  Iimiisii.iicikc  \t'nl;ili"(\ 
l'.ii mi  l'aliriic  cl  li'  {^oi'mon, 
Liiil  lii  lu'i'lc  (le  l^lropàlrt' 
l*rt"'s  (le  raiiiicaii  de  Siiloilioii. 


lliiO.  Modes  et  chiffons,  sonnet,  lirvuc  de  Paris,  {\<'^)  ^]an- 
vii'i'  18,")^.  {'.(!  !-(iiiiii'l  a  iT|iani  dans  la  Vililr  liirur  du  ii  mai 
l.SCiCi  cl  dans  W  Mniiitcur  unirrrscl  du  l'"'  l'ùvrici-  IHTi.  où  il 
esl  donné  ormuno  iiiédil,  avec  doux  aulrcs  somirls,  di'jà. 
puliliés  atiparavaiil  aiis^i.  Il  n'a  rlr  iruiu  i|u'in  I.STti  aux 
Pdf'sics  miiiplclcs  de  Tlir<>|i|iilc  (iaulicr.  Ce  suiinel.  a  été 
proji'lt-  aussi  en  vers  de  luiil,  eL  de  douze  pieds;  voici  son 
début  dans  ces  deux  mètres  : 

Si  j'étais  Pétrar(|ue  ou  Honsanl, 
Prenant  une  lyre  païenne 
Ou  la  niandorc  ilali(Mine 
Je  \ous  chanterais  avec  art. 


Si  j'étais  ou  l'étrarque,  ou  Sliakspcare,  ou  ilonsard, 
Maniant  la  niandore  ou  la  lyre  païenne 
De  concettis,  suivant  la  mode  italienne, 
Je  voudrais  pailleter  un  sonnet  avec  art. 

Et  je  vous  en  ferais,  démon  au  bleu  regard, 
Dans  l'antique  toscan  qui  se  conserve  à  Sienne. 


H'M.  Diamant  du  cœur.  Revue  de  Paris, (i")  janvier  18;)2. 
Ces  vers  sont  entrés  la  niéme  année  dans  les  Émaux  et  Camées, 
qu'ils  n'ont  plus  quittés  depuis.  Voici  quelques  variantes  iné- 
dites de  celle  pièce  : 


18o2. 


L"un  a  pris  d'un  bandeau  de  moire, 
Par  un  sourire  encouragé, 
Une  longue  boucle  [)lus  noire 
Que  l'aile  à  reflet  bleu  du  geai. 

L'autre  a,  sur  un  col  blanc  qui  i>loie, 
Coupé  par  derrière  un  llocon 
Pers  et  doré,  comme  la  soie 
Que  l'on  peigne  sur  le  cocon. 

Un  petit  gant  de  forme  étroite 
Où  sa  main  seule  peut  tenir, 
Repose  dans  un  fond  de  boîte, 
Reliquaire  du  souvenir. 

Tout  a  son  prix,  tout  a  son  charme, 
Un  bout  de  ruban,  un  sachet, 
Et  les  \iolettes  de  Parme 
Que  dans  son  sein  elle  cachait. 

Le  masque  embaumé  par  son  sou  file 
Toute  une  nuit  à  l'Opéra; 
La  rose  et  mignonne  pantoulle 
Qui  sous  votre  lit  s'égara. 


1  lo2.  Apprêts  du  Te  Deum.  La  Presse,  2  janvier  1832.  Cet 
aiiicle  est  signé  T.  G. 

*  lliiij.  Odéon  :  Les  Marionnettes  du  docteur.  —  Spectacle 
dans  un  fauteuil  :  Marielle,  par  George  Sand.  —  DÉLAsst- 
AiENTs  :  Voilà  le  plaisir,  mesdames  !  —  Chronique  musi- 
cale. L<i  Presse,  G  janvier  [>i'.'>-2. 

Ii:i3  "'^  Loin  de  Paris  :  Notes  de  voyage.  (Italia;  chapi- 
tre XXVIII).  Le  Piij/s,  11  janvier  18o2.  Ce  chapitre,  sans 
titre  dans  le  journal,  porte  en  volume  celui  de  Ferrarc.  Le 
premier  paragraphe  a  été  omis  dans  Ildlhi  et  a  été  placé  en 


4  IIISTOIUK  DKS  OUVllKS  DK  TH.  CM  TIKK. 

tiMt'dc  rarlioli'  :  Flnrmcc,  dont  nous  it.iiliiniis  |iliis  loin  (voir 
11"  11:1(1'"»);  (liins  le  Vdijik/i' ni  llulic,  (rdiM'iii  plus  iiiiMpIcli" 
i\'llaliii\  juiMit'  fn  ISTii.  on  a  laissi-  jtar  oiicui-  te  |miniir 
|taia;ira|>lu-  en  lôlf  du  cliaiiilio  siii-  Vlornifr  an  lieu  de  le 
rotaldir  au  dt'luil  do  colui  sui-  lùrrnrr. 

Lr  Paya,  en  annoiicanl  lis  ailiclcs  (k-  Tliropiiile  (iauliiT. 
1rs  avail  fail  luvcrdor  de  n-.janii's  |iorn|H  uses  ;  ainsi,  nous 
Irouvonyros  li;,'iu's  dans  lr  l'uifs  du  \2  dcrcndiii"  IS.'il,  apics 
la  jMVUiit'io  ainiourc  do  :  Lniii  ilr  ['uris  : 

Soii-^  et'  litiv,  sans  IVoiitiofc  cl  sans  liorizuii.  M.  Tlirn- 
idiilt'  Ciaiilirr  (ImiiitM'a  d'ahord  dans  /r  Pays  los  iiu- 
inrssioiis  t'I  les  souvenir»  de  son  ircrnL  voyauv  on 
llaiic.  L'auleiir  de  Foiiunin  n'est  pas  seulement  le 
poêle  par  cxcelienco  de  la  forme  ei  de  la  couleur  ;  il  csl 
encore  le  plus  spirituel  et  le  plus  cuiiciix  des  lom'islcs. 
Ses  récils  entremêlent,  aux  splendides  ilesci-iptions  de 
l'artiste,  les  fantaisies  et  les  aventures  df  la  llàneiie 
liumoi'istique.  Loin  de  Paris  nous  conduira  nécessai- 
lemenl  à  Pise.  à  Florence,  à  Rome,  à  Naples,  et  nous 
révélera,  par-dessous  l'Ilalie  monumentale  et  ]iiltoi-e.s- 
(|ue,  l'Italie  intime  et  familière  ([ue  jires(|ne  tous  les 
voyageurs  ont  négligée. 

De  plus,  en  tète  de  rarlicle  qui  nous  occupe,  on  lit  encore 
ces  lignes  : 

Nous  donnons  aujourd'hui  le  premier  fragment  du 
voyage  de  M.  Tliéopliile  Gautier  promis  par  notre  pro- 
gramme littéraire.  L'élégant  et  excenlric  auteur  de 
Fortunio  nous  a  promis  de  détacher  ainsi,  chaque 
semaine,  quehpies  feuillets  du  riche  athum  qu'il  a 
rassemhlé  en  Italie.  Tous  ceux  qui  ont  hi  le  Voyage  en 
Fspagne  de  M.  Tliéopliile  Gauliei',  esquisse  hrillanle 
(jui   révêle   le   touriste   ohservateur   et    le   liltéraleur 


is;;2.  f) 

arlisie,  ft-liciteront  nos  lecteui's  do  la  bonne  foi'tuno  (|ui 
les  allend. 

1  l.'ii.  Oi>KRA  :  Représentation  au  bénéfice  de  la  caisse  des 
auteurs.  —  Thicatre-Francai--  :  La  diplomatie  du  ménage. 

—  Vaudkvh.le  :  Les  rêves  de  Mathéus.  —  Oi>i;iiA-('.oMinrK  : 
Reprise  de  Nina.  —  (Ipkr.\--National  :  La  Butte  des  moulins. 

La  Pnssr,  14  janvier  IS,">2. 

*Ho").  riAîTii  :  Le  château  de  Grantier.  —  Gymnase  :  Mon- 
sieur Barbe-Bleue.  —  Pli.  <it's  Vauiktks  :  Une  queue  rouge. 

—  .Salle  IIeh/.  :  Concert  de  M.  Herz;  concert  de  M.  Ernst. 

—  (Fin  du  compte  rendu  de  la  Butte  des  moulins.  Nou- 
velles). Lu  Presse,  20  janvier  18,"i2.  I.e  tVaiiment  consorvi'-  de 
cet  article  dans  VHlsIoire  de  l'art  tintinulique,  y  porle  ]ini' 
eiienr  In  date  du  l.'J  janvier. 

i  \'M\.  Théatre-Fraxcais  :  Le  Pour  et  le  contre.  —  Tii.  des 
Variétés  :  La  quittance  de  minuit.  —  Chronique  musicale. 

La  Presse,  27  janvier  18;)2. 

^io6'''^  Loin  de  Paris:  Notes  de  voyage.  Florence. /vr^/ys, 
28  janvier,  13  février  et  i:{  mars  18.)2.  Cet  article,  divisé 
dans  le  journal  en  Irois  cliapKres,  dont  les  deux  derniers 
seulement  portent  pour  titres  :  PInrr  du  Grand-Duc  e|  les 
Cdscines,  a  paru  pour  la  première  fois  en  volume,  en  18();i, 
dans  Quand  on  voyage;  en  1871),  il  est  entré  comme  vingl- 
neuvième  et  dernier  chapitre  de  l'ouviage,  dans  le  Voyage 
en  Italie;  il  y  porte,  comme  dans  Quand  an.  voyage,  le  seul 
titre  de  Florence.  Cet  article  est  It^  deinier  f[ue  Théophile 
Gautier  ait  écrit  au  Pays,  malgré  les  promesses  de  collabo- 
ration que  ce  journal  ne  cessa  de  pul)lier;  ainsi,  le  uuméro 
du  13  juin  lHo2  annonce  encoie  à  ])araitre,  de  Théo|iliile 
(iautii'r,  des  Ynyages  et  fa)ilaisies  (pii  n'y  ont  jamais  vu  ii' 
jour.  C'est  malheureusement  aussi  le  dernier  chapitre  rédigé 
par  lui  de  son  voyage  en  Italie,  dont  les  étapes  principales. 
Home  et  Naples,  n'ont  pas  été  écrites;  il  est  profondément 
regrettable  qu'il  en  soit  ainsi  de  |)resque  tous  ses  récils  de 
voyages  les  plus  importants;  sauf  celui  d'Kspagne,  aucun 
n'est  terminé,  et  ses  livres  sui'  l'Afrique,  l'Italie,  la  (irèce 
et  l'Egypte,  sont  restés  inachevés. 


(t  lllSTollli;  DF.S  (tKIVlîl'.S  Kl".    111.  (iArTlF'.Il. 

Nttus  avons  (lil  (Ir.iii  i|iii'  !<'  lUfiiiirr  parayraiilu-  île  Fliirriir,\ 
dans  Qittiiiil  im  r'>U'i<i<'  *''  t''"'^  '^  ^'".'/".'/''  ™  ll(ilir.es\  ( cliii  du 
cliaiMlif  ([ui  |»ivf('il('  Florence  dans  ir  diinirr  vdlunii'. 
(Voir  n"  1  liiU  ^"\S 

Nous  n'avons  pdinl  dmiiir  ilr  ininii'Kt  sprcial  à  ce  inni- 
coau,  |»nis([iril  n"t'st,(Mi  ivalili-,  (|ii'Mn  iliapilic  du  Vm/itiii' m 
Italie,  fl  (|u'il  osl  diMinilivcniriil  |.lari' dans  ce  livre  anjonr- 
d'Inii. 

*  llaT.  PoRTi:-S.\iNT-MAnTiN  :  La  Poissarde.—  (Iv.mnask  : 
Un  mari  trop  aimé.  —  IV\i..\is-II(iv.\l  :  L'Eau  de  Javelle.  — 

\  .\nii;\n.i.i.  :  Les  Blooméristes.  —  ()i>i:u.v-N aiionai-  :  Un  ma- 
riage en  l'air.  —  (Concerts  )  />"  l'n'S!<r,  4  févricv  J8:i2. 

*  li:;<s.  Vaudkvh.i.r  :  La  Dame  aux  Camélias.  —  Pai.ais- 
RoYAL  :  Las  dansores  espagnolas.  -  Chronique  musicale. 
La  Presse,  10  février  1852.  Cet  arliele  esl  dalé,  par  enonr, 
dans  riJi!<lnire  de  l'art  dramatir/tic,  dn2',\  i'ùwwr.  11  conlienl 
une  grande  partie  de  celui  de  la  Préside  du  28  février  1847. 
(Voir  n»  8o8). 

lliiO.  Odùon  :  Le  Premier  tableau  du  Poussin.  —  .\m- 
BiGU  :  La  Dame  de  la  halle.  —  Palais-Hoval  :  Le  Prince 
Ajax.  —  Oi>i:ra->atio.nal  :  Reprise  des  Visitandines.  — 
(Concerts.)  La  Presse,  17  i'évrici'  ]8;i2. 

*  1  KiO.  ÏHKATRK-FnANr.Ais  :  Diane.  —  Hymnase  :  Les  Pre- 
mières armes  de  M.  Blaveau.  —  Opéua-Comique  :  Le  Caril- 
lonneur  de  Bruges.  La  Presse,  2i  février  18o2.  Cet  arliole 
porte  par  erreur,  dans  rilistoirc  de  l'art  draunillque,  la  dale 
du  19  février. 

1101.  Arria  Marcella  ;  souvenir  de  Pompéi.  Revue  de  Paris, 
(l*^'')  mars  18;)2.  Celle  nouvelle,  annoncée  dans  la  Revue 
avant  sa  publication  sous  les  deux  litres  do  :  Poinpéia,  cl  de 
Mammia  Marcella,  fut  réimprimée  d'altoid  dans  le  Pays  des 
24  au  28  août  de  la  même  année,  et  parut  pour  la  première 
fois  en  volume,  (toujours  en  18o2),dans  Un  triu  de  romans; 
en  1863,  elle  entra  dans  les  Romans  et  Coules  de  Théophile 
Gautier,  qu'elle  n'a  plus  quittés.  Arria  Marcellaa.Tepa.ru  en- 
core, en  1881,  à  la  suite  de  Mademoiselle  Bafné. 


18o2.  7 

1102.  Th.  des  Variétés  :  Paris  qui  dort;  les  Reines  des 
bals.  —  Palais-Royal  :  Les  Enfants  de  la  Balle.  —  Opép.a- 
National  :  La  Poupée  de  Nuremberg:  les  Fiançailles  des 
Roses.  —  Quatrième  concert  du  Conservatoire.  La  Presse, 
2  mars  18;i2. 

*  116:5.  Opéra  :  Reprise  de  la  Sylphide.  —  Gymnase  :  Les 
Vacances  de  Pandolphe.  —  Concert  de  M.  Léonard.  —  Cin- 
quième concert  du  Conservatoire.  —  Les  Filles  d'Eve,  par 
A.  Houssaye.  Tableau  de  Paris,  par  E.  Texier  .  Li  Frcsse, 

9  mars  18;i2. 

*  1 164.  La  préface  des  Vacances  de  Pandolphe.  —  Odkon  : 
Les  cinq  minutes  du  commandeur.  —  Opkha-National  : 
Joanita.  —  Palais  Royal  :  Une  Passion  à  la  vanille:  la  Ma- 
man Sabouleux.  —  (Concerts.)  Lt  Presse,  16  mars  18;i2. 

*  116.).  Opéra-Comique  :  Le  Farfadet.  —  Gymnase  :  La 
Marquise  de  la  Bretéche.  —  Ambi(,u  :  Sarah  la  Créole.  — 
Théatre-Xational  :  Geneviève,  patronne  de  Paris.  — Con- 
certs. La  Presse,  23  mais  1852. 

11C6.  Théâtre  Castellaxe  :  La  Comédie  à  la  fenêtre.  — 
Théâtre-Français  :  Les  Trois  amours  de  Tibulle.  —  Oi-kra- 
CoMiQUE  :  Madelon.  —  Concert  spirituel  de  Gordigiani.  La 
Presse,  30  mars  18o2. 

*  1167.  fiYMNASE  :  Le  Piano  de  Berthe.  —  TLi.  des  Varié- 
tés :  Un  Monsieur  qui  prend  la  mouche.  —  Palais-Royal  : 
Deux  coqs  vivaient  en  paix;  La  Société  du  Minotaure.  — 
(JAirÉ  :  Les  Barrières  de  Paris,  La  Presse,  6  avril  1852.  Nous 
allons  citer  ici  une  lellre  inédite  de  Théophile  Gautier, 
adressée  à  Alphonse  Karr  à  Sainte-Adresse,  datée  aussi  du 
6  avril  18.")2,  et  qu'il  hii  écrivait  comme  directeur,  avec 
A.  Hou.ssaye,  M.  du  Camp  cL  L.  do  Corinenin,  de  la  Revue 
de  Paris  : 

Paris,  G  avril  1852. 

Mon  cher  ami, 

Tâchez  de  .secouer  un  peu  vos  paresses  prinlanières 
et  (de)  nous  fau-e  un  polit  roman,  une  nouvelle,  pour 
noire  papier. 


8  IIISKtIIlF.  DF.S  (H:1  VltKS  DK  TH.  CATTIRR. 

Jt'  sais  (|ii'il  rs|  (lifiicilt'  ilr  iravaillcr  an  inoincnl  (m'i 

Irs  Iriiillcs  coiniiiriicciil  j    |iMiii|ir;    iiiai'<  cIloi'ccz-Nous 
lin  iM'!i  |HHii' II' mois-ci  ou  pour  raiilri\ 

Toiil  à  \olls, 

Tliropliilo   (lAUTlEH. 

*  NOS.  l'oRTK-SAiNT-.MAiiriN  :  Benvenuto  Cellini.  —  Sai.i.k 
IIkhz.  Lu  Pirtinr,  7  avril  [HM.  In  li.ii^iiiiiii  tlii  reiiillcloii 
iIm   10  IV'Vi'iiT  l,S,"i2  l'sl  l'Ilr  (l.iiis  n-l  arlirlc. 

IKV.t.  Pierre  Corneille,  pour  l'anniversaire  de  sa  nais- 
sance, le  6  juin  1851.  La  Ptrfsr,  {[  i-l  14  avril  18:12.  La  vor- 
siou  aiilo;:i;i|ilir  i|iii  existe  aux  aieliives  rlu  Tliéàli'e-Kraiiçais. 
porte  la  dah»  du  ii  juin  iS.'il.  Les  quarante-deux  premiers 
vers  de  eelle  piéee  avaient  iHé  eili's  par  Alexanilic  Iliinias 
dans  ses  Mémoires  {Presse  dn  il  avril);  Théophile  (iaiiliei 
les  rompléla  et  publia  la  [lièce  cntièro,  sans  titre,  dans  le 
numéro  du  li  aviil  ;  elle  est  entrée  pour  la  première  l'ois 
dans  les  leuvi'es  de  son  aulenr  en  js.'i.'i,  dans  le  Tln'iilrc  'le 
piichc;  elle  fil  partie  ensuite,  en  180:t  et  en  iSGO,  dos  Puésics 
nmtvrllrs  de  Théophile  Gautier,  et  entra  enfin,  en  1872,  dans 
son  Tkéiîlre,  qu'elle  n'a  plus  ijuitté.  Le  vers  vinf;t  et  un  a 
été  écrit  de  ces  deux  faenns,  qui  se  sont  tondues  dans  la 
version  délinitive  : 

Au  coin  d'un  carrefour,  contraste  singulier. 
Cependant  en  un  bouge,  auprès  d'un  savetier, 

La  pièce  entière  a  élé  reproduite  au.ssi  dans  K;  Masrr  Uns 
deux  mondes  du  15  novembre  187(). 

Ces  mêmes  vers  ont  été  récités  parfois  sous  le  tjlie  de  : 
le  Soidier  de  Corneille,  entre  autres  par  M.  Got  a  la  soirée 
d'adieux  de  madame  Miolan  Carvalho,  le  9  juin  188."). 

Le  sujet  de  la  pièce  avait  été  inspiré  à  Théophile  (laii- 
tier  par  un  lahleau  de  M.  Lmile  Perrin,  inlilnlé  rorH'/VA' 
ehez  le  Snrefier,  e.\posé  au  salon  de  1848.  L'écrivain  l'ana- 
lysa dans  son  article  de  lu  7'rrssr  du  li  mai  1848. 

1170.  Suite  de  l'histoire  de  soixante  vers,   petite  note 


is;i2.  0 

aux  Mémoires  d'Alexandre  Dumas.  —  ÏHÉATRE-rRAxrAis  : 
L'un  et  l'autre.  —  (iv.MNASE  :  Le  service  à  Blanchard.  — 
Chronique  musicale.  —  (Hermione  Sénéchal,  par  M.  Paul 
Ferney).  La  Prcfifie,  14  avril  18.")2.  Une  partie  de  ce  feuillelon 
a  été  réimprimée  en  1877,  à  la  lin  de  la  seconde  édition  du 
Théâtre  de  Théophile  Gautiei-. 

1171.  Opéra-Comique  :  Galathée.  —  Odéon  :  L'Exil  de 
Machiavel.  —  (Doctrines  des  Sociétés  secrètes,  par  Henri 
Delaage.  Gravures^.  La  rrcsar,  19  avril  18o2. 

117-2.  Opéra  :  Le  Juif-Errant.  L<(  Presse,  26  avril  1852. 

*  117.3.  Théâtre-Français  :  Le  Bonhomme  Jadis.  —  riAîTÉ  : 
La  Mendiante.  —  Th.  du  Cirque  :  La  prise  de  Caprée.  — 
Ambigu  :  Le  Mémorial  de  Sainte-Hélène.  Lu  PrrfUir,  a  mai 
1852.  Le  fragment  conservé  de  ce  feuillelon  dans  VHistoirrdi' 
l'Art  (Iranuitiqiie  y  porte  par  erreur  la  date  du  30  avril.  De 
plus,  c'est  le  dernier  article  de  la  critique  théâtrale  de  Théo- 
phile Gautier  inséré  dans  cet  ouvrage,  qui  n"a  jamais  été 
continué  au  delà  de  six  volumes  ;  il  reste  donc,  sans  parler 
des  lacunes  considéral)les  du  texte  réimprimé,  plus  de  vino-t 
ans  de  cet  énorme  travail  à  recueillir  pour  la  pi'emière 
fois  en  librairie. 

1174.  Salon  de  1852.  L  MM.  Cabanel;  Picou  ;  Jobbé- 
Duval;  Benouville.  Un  fragment  de  cet  article  a  été  réim- 
primé, sous  le  titre  de  :  Dr  l'Art  moderne,  dans  V Artiste  du 
1"  juin  1833,  et,  en  18o(),  dans  le  tome  premier,  seul  paru, 
de  ['Histoire  de  l'Art  en  France.  11  est  daté  inexactement  de 
18o3,  dans  ce  dernier  recueil,  sans  doute  parce  qu'on  l'a 
cmpi'unlé  à  V Artiste  du  ler  juin  18."J3,  et  parce  qu'on  s'est  fié 
à  cette  date;  ceci  prouve  ce  que  nous  avons  déjà  dit  dans 
notre  préface,  qu'aucun  texte  de  ['Artiste  ne  peut  être  tenu 
pour  absolument  exact,  avant  et  après  les  années  où  il  fui 
dirigé  par  Théophile  Gautier  lui-même.  —  IL  MM.  Abel  de 
Pujol:  Bruno;  A.  Hesse;  Duval-Le-Camus  fils  :  Gigoux,  etc. 
—  in.  MM.  Horace  Vernet  ;  Glaize;  Tabar;  Debon;  Jac- 
quand;  Jalabert.  La  Presse,  4,  o,  et  7  mai  18o2. 

11 7o.  Les  Noces  de  Cana,  de  Paul  Véronèse;  gravure 
au  burin  par  M.   Z(achée)  Prévost.  Notice  par  Théophile 


10         iiisTdiiir;  i)i:s  (ii:r\i;is  m:  ni.  (iAirriKii. 

(iaiilK'l',  lucri'ili'i'  (Ir  l.i  |i|ii^i.i|>liii'  ili'  l';ml  \  l'i  iiiirsi',  |i,ii' 
M.  Kivilt'iif  Villiil.  Iii-S"  (riiiif  l'i'iiilli'  t(  tli'iiiic,  2i  |i;i;jri's. 
Im|>iiint'rit'  de  Chit/r,  rue  Saiiil-IJciinit,  à  Paris.  —  A  l'aiis, 
flic/,  (iou/iil,   limili'vaid   Moiiliiiaitii',   IS. 

La  pailirilf  celte  iinlicc  éciite  par  Tli('o|tliile  (iaiilicr, 
a  l'ti'  ri'jirniliiile  en  |SS:i  dati'^  ses  Souvenirs  de  Ifirillrr, 
tlart  (7  i/c  «■/•///«/«c  ;  elle  était  (loniiûc!  f,'ialis  aux  souscrip- 
teurs de  la  irraviu'c,  et  nous  la  linuvnns  iuscrilo  sous  le 
11°  '2~2'1  de  la  UlliliiKjnipliii'  ilc  lu  Vntii'r  du  H  mai  lS.i:2.  Ainsi 
(pii>  lUMis  l'axons  ilej;i  dil,  un  c  muiI  ri.iL'nient,  icnianii',  de 
rarliclo  sur  le  MKxn;  unrien,  {Presse,  l<>  IVvrjii'  iJSi'J),  s'y 
trouve   intercalé  (voir  n°  978). 

I.c  manuscrit  de  ce  travail  est  entre  nos  mains,  et  comme 
il  Ciuilicnl  de  lié-;  curieubcs  varianlos,  nous  alinns  en  citer 
ici   toutes  les  parties  ipii  ne  sont  jiniid  exirailes  du    Musée 

La  gravui'C  est  aux  arls  piasliiinrs  co  quo  rinipiiiiu'- 
rio  est  à  la  ponsiV,  un  piilssaid  inoNcn  de  Militarisa- 
tion; sans  elle  un  élu  l-ird'iivre  l'cnfpfnié  au  fond  d'une 
avaiv  calerio  reslofait  pour  ainsi  dire  inconnu.  Ils  sont 
rai'os  ceux  «jni  i)euvonl,  accomplissant  un  pieux  pèle- 
rinage, visiter  les  tableaux  des  grands  maîtres  dans  les 
églises,  les  palais  et  les  musées  d'Ilalie,  d'Espagne, 
d'Angleterre  et  de  France.  Malgré  la  facilité  de  com- 
uuuiication.  tous  les  jours  augmentée,  iln'estpas  donné 
encore  à  tout  le  monde  d'aller  à  Corinllie.  Koiue.  Ve- 
nise, Parme,  Florence,  Naples,  Gènes,  Madrid,  Sèville, 
Londres,  Anvers,  Bruxelles,  Dresde,  renferment  d'ines- 
timables trésors,  éterin  lie  admiration  des  voyageurs; 
mais  il  existe  beaucoup  d'esprits  intelligents,  sensibles 
aux  pures  jouissances  de  l'art,  (pii,  pour  des  raisons  de 
fortune  et  de  position,  [lar  les  occupations  d'une  vie 
forcément  .sédentaire,  n'auraient  jamais  connu  certains 
cbefs-d'd'uvre  de  Rapliaf'!.   de  Titien,  de  Léonard  de 


I8:i2.  Il 

Vinci,  de  Paul  Véronèse,  sans  le  secours  de  la  gravure, 
dont  l'invention  a  concordé,  par  un  parallélisme  provi- 
dentiel, avec  la  renaissance  des  arts,  comme  l'impri- 
merie avait  concordé  avec  la  renaissance  de  la  pensée. 
La  toile  unique,  la  fresque  immobile  incorporée  à  sa 
muraille,  se  multiplient  indéfiniment  par  la  gravure  et 
vont  trouver  l'amateurqui  ne  vient  pas  à  elles.  Chacun 
peut  posséder  sur  le  mur  de  son  salon  ou  de  son  cabinet 
des  richesses  qui  semblaient  le  domaine  exclusif  des 
riches  et  des  puissants  de  la  terre.  Une  belle  gravure 
est  à  la  fois  une  copie  et  une  interprétation;  c'est  à  la 
fois  une  œuvre  de  patience  et  d'amour.  Il  faut  que  le 
graveur  aime,  admire  et  comprenne  son  modèle;  il 
faut  qu'il  s'imprègne  de  son  inspiration,  qu'il  pénètre 
dans  les  sens  mystérieux  de  son  talent,  car  il  ne  s'agit 
pas  seulement  de  reproduire  exactement  les  lignes  de 
la  composition,  les  contours  des  formes,  de  mettre  à 
leur  place  les  ombres  et  les  clairs,  de  dégrader  habile- 
ment les  demi-teintes  ;  il  faut,  avec  une  seule  teinle 
noire,  rendre  la  couleur  générale  du  maître,  faire  sen- 
tir s'il  est  clair  ou  ténébreux,  chaud  ou  froid,  l)lond  ou 
bleuâtre,  clair  comme  Paul  Véronèse,  ou  ténébreux 
comme  Caravage ,  chaud  comme  Rubens ,  ou  froid 
comme  Holbein ,  blond  comme  Titien ,  ou  bleuâtre 
comme  le  Guide  ;  marquer  la  dilférence  des  tons,  indi- 
quer par  des  travaux  variés  la  valeur  relative  des  objets, 
exprimer  avec  le  burin  la  touche  âpre  ou  fondue,  le 
faire  uni  ou  heurté,  le  tempérament  même  du  pein- 
tre; et  ce  n'est  pas  là,  certes,  un  médiocre  travail,  et 
l'on  n'en  vient  à  bout  qu'à  force  d'études,  de  soins,  de 
persévérance,  de  talent,  de  génie  môme.  Telle  planche 
qu'on  admire  a  absorbé  des  années  de  labeur  assidu  et 


13         iii^roiur  i)i:<  hkimiks  hf.  th.  (..MïiKii. 

roillr  (les  sommi'S  (■oiisidrr.ihlcs  (|iii  (lr|i;issriil  soinciil 
la  Milftii'  (In  laMi'.iii  rcpi'odiiil. 

l.a  gravure  est  iiii  arl  rmiiiriiiiiicnl  IVancais.  Les 
Aiiilraii.  It's  Naiilfiiil,  1rs  Kilcliiick.  d  plus  ivct'inint'iil 
|f<  r>iT\i('.  It's  Ma<sail.  les  |)t'sii(i\ris,  oui  prodilil  des 
(l'iiM'cs  i|iii  salisidiil  à  huiles  les  cxiji'cncrs  dr  l'ai'l.  Si 
rAnj^loicrrc  a  pu  (pudipiclois  rivnlisor  avoc  nnus  pniiv 
la  souitlossc  du  Inii'in  il  If  pii|iianl  di'  I  ClVi'l,  (dlr  ikhis 
l'sl  liiiijdiii's  iT>li''i'  inlrrifiiiT  sdiis  If  rapport  du  drssiii  : 
(die  III'  sail  |ias.  coininc  nous,  (■(iiisri\ri-  la  srNrrilr  iiia- 
.irislralc  des  liailli's  coin  rpliniis  du  Liriiic  C.rlli'  liidji' 
Iradilioii  du  luiiiii  s'i^sl  iiiaiiilriiiic  rlir/,  nous  iiial.tiré  sa 
dilTiciilIr  ri  li's  l'arilitrs  pillorcsqiics  de  la  nianièrc 
noi|-('.  ri.  de  l('lll|)s  à  aillrr.  de  Tlia^Milhjlirs  lilaiH'lU'S 
vicniH'Ml  foiiliiiiirr  ci'lli'  ualnir  dr  clit'rs-d'd'iivi'f  rd 
nionli'cr  (|iio  la  jzraviiii'  iia  rien  pfi'dii  en  France  de 
son  anciiMino  porl'oclion. 

Les  maîtres  dessinateurs  soiil  1rs  jdiis  aisés  àuraver. 
Leurs  contoiiis  arrêt(''s  se  saisissent  farileincnl  :  Iniis 
talili'aiiv  modelés  dans  iiiir  iiaiiiionii'  solnr  ne  perdeiil 
prcsipie  rien  à  èlce  Iradiiils  siii'  cuivre,  el  Ton  peu! 
mi"'iiie  dire  ipie  plusieurs  d'eiiire  eux,  à  cause  de  leurs 
Ions  eiiliimés  et  remhrunis,  sont  plus  agréables  ;ï  voir 
dans  de  belles  estampes  (|ui  leiii'  consei'vent  tout  leur 
rharme.  moins  leur  diindé  de  coiileiii"  el  les  alléralions 
du  temps. 

Les  coloristes,  par  la  nature  même  de  leur  lalenl. 
olîrent  de  plus  grandes  diffiriiltés.  Comment  traduire, 
par  les  dégradations  d  une  leinle  iiniipie,  ces  variétés 
et  ces  contrastes  de  nuances?  On  y  parsient  cependant. 

Paul  Véronèse  est  peut-être  un  i\i'>  peintres  les  plus 
rebelles  à  la  gravure,  non  seulement  à  cause  de  la  séré- 


1852.  13 

iiité  lumineuse  de  sa  couleur,  mais  encore  par  le  vasle 
iléploiernent  d'arcliiteclure  el  de  personnages  de  ses 
tableaux;  il  n'a  guère  peint  que  de  grandes  machines, 
pour  nous  servir  d'un  mot  usité  dans  le  langage  spécial 
de  l'art  ;  la  large  facilité  de  sa  brosse  a,  en  quelque  sorte, 
eCfrayé  la  lenteur  patiente  du  burin.  Tandis  que  des 
maîtres  d'un  mérite  moins  grand  ont  été  reproduits  à 
satiété,  lui  n'a  été  que  rarement  gravé.  En  efîet,  il  esl 
diflicile  de  renfermer  dans  lui  format  réduit  ses  com- 
positions compliquées,  qui  rrnfei-ment  tout  un  monde 
de  figures  et  de  détails. 

Les  IS'oces  de  Cana,  par  exemple,  qui  passent  ajuste 
titre  pour  une  des  sept  merveilles  de  la  peinture,  n'ont 
jamais  été  gravées  au  burin  dans  les  dimensions  de  la 
'  belle  planche  de  M.  Z.  Prévost.  Les  reproductions  les 
plus  importantes  sont  celles  de  Vanni  et  de  Mitelli 
(1637  et  1660). Elles  sont  d'un  tiers  plus  petites,  à  l'eau- 
forte,  et  si  peu  dans  le  caractère,  que  l'on  doit  les  sup- 
poser faites  d'après  des  copies  fort  incorrectes;  les 
autres  reproductions  sont  celles  de  JacUson,eii  camaïeu, 
et  les  vignettes  des  recueils  de  Filhol  et  de  Landon. 

Le  travail  de  M.  Z.  Prévost  est  donc  le  plus  vaste,  le 
plus  certain,  le  plus  soigné,  le  plus  complet  qui  ait 
jamais  été  mené  à  bout  sur  le  magnifique  tableau  de 
Paul  Véionèse  ;  c'est  la  première  fois  que  les  Noces  de 
Cana  passent  de  la  toile  sur  le  papier  lidèlement  tra- 
duites avec  leur  large  ensemble  et  leui's  détails  mul- 
tiples. Toutes  les  précautions  possibles  ont  été  prises 
pour  assurer  la  lidélité  de  celte  transcription  au  burin. 
M.  Z.  Prévost  a  fait  sa  planche,  qui  lui  a  demandé  huit 
années  de  labeur  assidu,  d'après  une  copie  très  remai'- 
ipiable,  faite  expi'ès   par  Déranger,  pour  l'ensemble; 


H         iiiM(iii!i:  m:s  <H:r\iii;s  i»k  th.  (.aitiku. 

d'aiiirs  tirs  tiil(|iit's  pris  pur  liii-nu'inc  sur  le  lahleau, 
pour  1rs  itMi's. 

.M.  /..  iMvMisI  ,irri\;iil  ;'i  cii  imniclisr  li;i\ail.  *pii  |Vi;i 
('p()(liii'  il.iiis  Ml  \i)'  <r;irli>li',  prrparr  [lar  des  siiccrs 
ii(>iiiiir<'ii\  r|  possrilaiil  riiilailliltli'  l'i'ililinli'  ili'  lalciil 
iitTcssairr  |Miiir  rnidrc  Irs  licaiilôs  iriiii  Ici  iiiaiirc.  La 
Corinne,  d'aiirrs  ( m'' ra rd .  le  Saint  \'incent  de  J'aide, 
(i'apri's  l'aiil  Driaroclic.  (pialrr  iirandi^s  plaiirhcs  ?//erco 
li'nti'  (les  Moissonneurs,  de  la  Madonna  del  Arco,  des 
/*rc/ii'urs  de  IWdriatiijue,  {\v<.  Vmdanrjcurs,  moiilronl 
»|iie  M.  Z.  Pré\osl  élail  un  assez  rude  joulcur  puur  se 
uu'sur(M-  avec  les  Noces  de  Cana. 

L"«'\C('iili(iii  d'iiiii'  pai'i'illi'  planche  est  une  cnlicprisc 
considérablr.  Celle  des  A^oces  (/e  Cana,  avec  la  copie, les 
dessins  |iarlirls  v[  1rs  autres  frais,  a  coulé  (jualre-vingl 
mille  francs.  L'original  a  été  payé  à  Paul  Véronèse  trois 
cent  vingl-i|iialie  ducals  d'or,  jilus  ses  dépenses  de 
liouclie  el  un  tonneau  de  vin,  soit  mille  quatre  francs 
douze  centimes  de  notre  monnaie,  ipii,  à  la  puissance 
actuelle  (le  l'argent,  i-eprésenlent  environ  trois  mille 
huit  cent  quatre-vingl-liuil  francs.  Les  Noces  de  Cana 
font  partie  de  celle  grande  épojtée  de  festins  peints  par 
le  spleudide  artiste  :  le  Jiepas  chez  Simon  le  Pharisien, 
le  liepas  chezLévi,le  Repas  chez  Simon  le  Lépreux.  Ces 
quatre  grandes  scènes  se  trouvèrent  réunies  un  mo- 
ment à  Paris  en  l'an  Vil  et  VIII.  Il  nous  en  reste  deux 
encore  :  le  Repas  chez  Simon  le  Pharisien  et  les  Noces  de 
Cana.  De  ces  quatre  chefs-d'œuvre,  les  Noces  de  Cana 
sont  le  plus  radieux.  Nous  qui  avons  admiré  Paul  Véro- 
nèse à  Venise,  aux  Beaux-Arts,  dans  le  palais  des 
doges,  dans  réglisc  Saint-Sébastien,  qui  est  comme 
son  Panthéon,  nous  pouvons  afiirmer  que  jamais  son 


AO 


15 


astre  n'est  monté  plus  haut  dans  le  ('iel  de  la  pein- 
ture. 

On  ne  pouvait  donc  faire  un  meilleur  choix  dans 
l'œuvre  de  l'artiste,  ni  mieux  i)lacer  la  dépense;  l'ar- 
gent ni  le  temps  ne  font  l'ien  àl'atfaire,  nous  le  savons 
bien;  poui'tant  c'est  une  noble  hardiesse  dans  le  temps 
où  nous  vivons,  de  consacrer  tant  d'années  et  de  billets 
de  banque  à  la  glorification  et  à  la  propagation  d'un 
chef-d'œuvre,  l'honneur  du  génie  humain. 

Lorsque  les  siècles  par  leur  lente  action  auront  fait  éva- 
nouir comme  des  ombres  légères  toutes  ces  merveilles, 
que  l'on  tâche  avec  un  soin  jaloux  de  retenir  sur  leurs 
frêles  toiles  et  leurs  panneaux  vermoulus,  lorsque  Ra- 
phaël, Titien,  Corrège  n'existeront  plus  qu'en  souvenir 
sur  leurs  belles  estampes,  lagi'avure  de  M.  Z.  Prévost 
permettra  à  l'œil  de  l'âme  de  célébrei'  encore  cette 
rayonnante  agape  des  noces  de  Cana.  Sa  planche  con- 
sciencieuse aura  conservé  tout,  la  fastueuse  ordonnance, 
la  vague  légèreté  du  ciel,  la  blancheur  de  l'architec- 
ture, le  caractère  des  physionomies,  le  ton  basané  des 
têtes,  le  miroitement  des  velours,  les  frissons  des  taffe- 
tas, l'orfroi  des  brocarts  et  le  llamboyement  tranquille 
de  la  superbe  couleui'  vénitienne. 

Ceux  qui  n'ont  pu  faire  le  voyage  de  Paris,  où  les 
iXoces  de  Cana  resplendissent  au  milieu  du  salon  carré, 
—  cette  tribune  du  Louvre,  —  parmi  les  diamants  et  les 
perles  de  la  peinture,  en  auront  l'idée  la  plus  complète 
d'après  la  magnitique  planche  de  M.  Prévost. 

En  attendant  la  mise  en  vente  de  cette  belle  gravure, 
nous  allons  tâcher  de  donner  une  ti-aduction  écrite  de 
ce  tableau  sans  rival. 

Les  noces  miraculeuses  ont  lieu  dans  un  vaste  por- 


iii  iii^Tiiiiir.  i»i;s  (n;i  \i!i>  Di':  th.  ti.M  Tii.ii. 

Il(|lir  (MlM'il  d'iiii  diill-i'  i(mii|lH'.  ;i\rr  des  ((ihillIli'.N  di' 
l>I'(u-;ilt'llc  l'OM'  (le  Nciiiiii',  dulil  I  riilalilciiii'lil  Sdilliriil 
(les  li;iliislr;n!ts  sur  Icsijindli's  sr  iiciicliciil  i|iicl(|iios 
ciirit'iix.  I.a  laldr,  dispos»''!' _('ii  Ici;!  clicNal.  pdilc  sur 
lin  iiia,i;iiirn|ii('  \>:\\r  df  iii(isaïi|iii';  une  Icirassc  à  Italiis- 
Ires.  ddiil  It's  raiiipi's  oi-iircs  de  hoiilrs  dcscciidciil  \ci"s 
la  laMr  (In  IVsliii.  coupe  à  prii  pics  l;i  coinposilioii  en 
(li'iix  /.('mes  ri  IriaLir  liciiiriiscniriil .  Dr  splcndidrs  ar- 
cliilccliirrs  au  Iroiilon  i\r  iiiarlHr  hlaiic,  aux  colonnes 
corinlliirnnrs  cannrlrcs  cdiiliiiiirnl  la  ]irrsprclivr  cl 
driacliriil  Iriii's  fornn^s  liiniiiirii>r>  >iic  un  df  ers  ciels 
d'un  Idrii  dr  lMn|iioisr  oi'i  llollrnl  i\{'>^  nuages  d'un  Liris 
ai-genir.  c(unnir  l'aul  Vri ourse  sail  si  bien  les  itrindrr 
ri  (pu  s(uil  iiailhiilirrs  au  clinial  do  Venise;  un  (Még-anl 
can)[>anile  à  jour  ri  sui'nionlé  d'une  slalue  ipii  lapprllr 
range  d'or  du  campanile  de  la  i)lacc  Saint-Marc,  laisse 
jouer  l'air  et  les  colombes  à  travers  les  arcades. 

Au  milieu  de  la  composition,  à  la  place  d'honneur, 
rayonne  dans  sa  sérénité  lumineuse,  ayant  à  côté  de  lui 
sa  mère  divine,  Jésus-Clirist,  l'hôte  céleste,  prononçant 
les  paroles  miraculeuses  qui  changent  l'eau  en  vin;  au- 
tour de  lui  sont  groupés  les  convives  dans  dilTérentes 
atliludrs  d'étonnement,  d'insouciaiu:e  et  d'incrédulité. 
—  Dans  l'espace  laissé  vide  dans  le  centiv  du  fer  à 
cheval,  des  musiciens  exécutent  un  concerto,  des  ser- 
\ilrurs  versent  l'eau  des  ami)hores  dans  les  vases  où 
elle  se  change  en  un  vin  généreux.  Sur  la  terrasse  du 
fond  s'agite  et  s'empresse  tout  un  monde  d'esclaves, 
d'ofliciers  de  bouche  ;  pannetiers,  sommeliers,  écuyers 
tranchants  qui  ai)portent  les  mets,  découpent  les 
viandes  et  vont  prendre  les  plats  et  les  aiguières  à  un 
grand  dressoii' disposé  sous  une  des  colonnades;  sui'les 


rampes  et  les  garde-fous  des  toits,  s'accoiule  une  foule 
curieuse  qui  contemple  de  loin  la  vaste  cène  symbolique. 
Malgré  l'époque  où  le  miracle  eut  lieu,  les  personnages 
sont  liabillés  à  la  mode  du  temps  de  Paul  Véronèse,  ou 
dans  un  goût  fantasque  qui  n'a  rien  d'antique.  Des 
pédants  ont  critiqué  ces  anachronismes  de  costume, 
volontaires  assurément  chez  un  artiste  aussi  savant  que 
Paul  Véronèse;  un  poète  s'est  chargé  de  leur  répondre, 
et  nous  transcrivons  ici  ces  vers  qui  résument  si  heu- 
reusement le  caractère  de  l'artiste  : 

Lorsque  Paul  Véronèse  autrefois  dessina 

Les  hommes  basanés  des  Noces  de  Cana, 

11  ne  s'informa  pas  au  pays  de  Judée 

Si  par  l'or  ou  l'argent  leur  robe  était  brodée, 

De  quelle  forme  étaient  les  divins  instruments 

Qui  vibraient  sous  leurs  doigts  en  ces  joyeux  moments  ; 

Mais  le  Vénitien,  en  sa  mâle  peinture, 

Fit  des  hommes  vivants  comme  en  fait  la  nature. 

Sur  son  musicien  on  a  beau  déclamer. 

Je  ne  puis  pour  ma  part  ni'empécher  de  l'aimer; 

Qu'il  tienne  une  viole  ou  qu'il  porte  une  lyre, 

Sa  main  étant  de  chair,  je  me  tais  et  j'admire. 

La  fantaisie  du  peintre  a  introduit  dans  cette  immense 
composition  les  portraits  d'un  gi'and  nombre  de  per- 
sonnages célèbres.  D'après  une  tradition  écrite,  con- 
servée dans  le  couvent  de  Saint-Georges,  communiquée 
à  Zanetti  et  reproduite  par  M.  Villot  dans  le  nouveau 
livret  du  musée,  il  paraît  que  l'époux  assis  à  gauche,  à 
l'angle  de  la  table,  et  à  qui  un  nègre  (h.'hout  de  l'autre 
côté  présente  une  coupe,  serait  don  Alphonse  d'Avalos, 
marquis  de  Guast,  et  la  jeune  épouse  placée  près  de 

II.  2 


i«         iiisToiitK  DKS  (»i:rviir.s  m.  m.  (..vi  tiku. 

lui.  KI('M>iutiT  (rAiiliiilic  iriiii'ilr  iMaiiic.  DcriiiTc  elle, 
un  fou  ;i\aiifi'  fiilr.'  dnw  cdlomirs  sa  hMc  roilIV'c  diiii 
liDiint'l  «^ariii  tir  .L-rclols  ti  tir  |tluiU('s   de    pi  ri(i(|nrl. 
KiMiicois  1".   castpu'-   d'uiic    Imiuc   hizarir.   t'sl   assis  à 
colr  (rfllr;    \ii'iil    rusiiilt'   Marir.    iviiir   ilAiiulrtrnr, 
\r[[U'  {\'\[\\r  inlic  (le  (laiii:!-^  iaiiiic  cl  SI'  pi'iirliaiil  foMinir 
jMMir  suiMi'  la  ciiincfsalioii.  Snliniaii  1''.  cinpri  l'iir  des 
TuiTS.  csl  pi't's  d  lin  luiiicr  iirui'c.  —  \c  piiMrr  .Icaii  sans 
(loulc.    —  ipii  parir   à   un   df   ses  sciN ilcui's.  Villoria 
Colouna.    uianpiisc    de    l'rscaiir.    la    uraiulc   amie  di' 
>iiclirl  Ani:"'.  joue  a\('c  un   curf-dcnls:  a    l'angle  delà 
laltic.  rmipcrcur  ("Jiarlcs-Quinl,  mi   de    pioiil,    poiir 
Tord IV  (k'  la  Toison.   Paul  Vri'onrsc   s'osl   iviirésonlé 
lui-niôino.  avec  les  plu-  lialiilrs  pi'inln'S  de  Venise,  ses 
cunleinpiuaiio.  au  milieu  du  Liiiuipe  des  utiisicieiis  qui 
occupe  le  de\aid  du  lalileau;  il  es!   en   liahil  Idanc  et 
joue  de  la  violt?;  derrière  lui  le  Tinlorel  raccompagne 
avec  un  inslrumenl  seuihlable;  de  la u Ire  eùlé.  Tilien 
joue  de  la  basse,  le  vieux  Bassanjoue  tic  la  llùlc;  enlin, 
celui  qui  est  debout,  velu   d'une  élolTe  bi'ochée  et  ipii 
lient  une  coupe   remplie  dr  \iu,  est  Benedello  Caliari. 
livre  de  Paul. 

(Vest  ce  musicien  jouant  de  la  ^iole  qui  a  inspiré  à 
.M.  Anlony  Descliamps  les  beaux  vei-.s  que  nous  avons 
cités  plus  baut. 

Le  tableau  de.s  lYoces  de  Cana  était  primitivement 
placé  au  fond  du  ivfectoire  du  couNenl  de  Saint-Georges 
Majeur;  il  \inten  Fi-ance  à  la  suite  des  carapagnt 
d'Italie  dont  c'est  un  des  plus  beaux  li'opbées,  car 
jamais  le  génie  de  Paul  Véronèse  ne  s'éleva  plus  baut, 
et  nous  pouvons  le  dire,  nous  qui  avons  visité  tous  les 
palais,  toutes  les  églises  el  tous  les  couvents  de  Venise, 


s 


18;;  2.  19 

dont  il  a  couveii  les  murs  et  les  i)lalon(is  de  ses  écla- 
tantes merveilles. 

Paul  Véronèse  doit  être  mis  parmi  les  quatre  ou  oinq 
premiers  noms  de  la  peinture,  malgré  l'espèce  de  pré- 
jugé qui  semble  classer  au  second  rang  les  peintres  de 
fêtes,  de  repas  et  de  sujets  d'apparat.  Rien  n'est  plus 
grave  dans  la  signification  deTai-t,  que  cette  peinture  si 
gaie.  Paul  Véronèse  n'est  pas  seulement  un  brillant 
coloriste,  c'est  aussi  un  grand  dessinateur.  Personne 
mieux  que  lui  n'a  établi  une  charpente  humaine 
par  grands  plans  simples  à  la  manière  antique,... 
dans  ces  vastes  architectures  aux  balustrades  et  aux 
colonnes  de  marbre  l)lanc,  qui  laissent  transparaître 
l'azur  vénitien  à  travers  leurs  interstices. 

Quelle  fête  splendide  pour  les  yeux  et  quel  sujet  véri- 
tablement humain,  malgré  son  apparente  insouciance, 
que  ces  Noces  de  Cana! Ses  festins  sont  tout  sym- 
boliques, car  l'on  y  mange  à  peine  ;  et  ce  n^est  pas  le 
feu  de  l'ivresse  qui  anime  les  yeux  bruns  de  ces  beaux 
groupes  d'hommes  et  de  femmes,  mais  un  sentiment  de 
joie  universelle  et  d'harmonie  générale. 

M.  Z.  Prévost  ne  pouvait  donc  consacrer  son  burin  à 
la  reproduction  d'un  plus  noble  chef-d'œuvi-e. 

1176.  Opéba-Couioci:  :  Reprise  des  Voitures  versées.  — 
Odéox  :  Les  Absents  ont  raison.  —  (Iymnask  :  La  Fille  de  la 
Grande  Armée.  —  Délassements  :  L'Argent  par  les  fenê- 
tres. —  Hippodrome.  La  Presse,  10  mai  18.Ï2. 

1176 '^'^  Salon  de  1852.  IV.  MM.  Gallait  :  Antigna  ; 
Courbet:  Duveau;  Schutzenberger.  — V.  MM.  Gendron  ; 
Hamon  ;  Landelle  :  Couture:  Laugée  ;  Devilly.  —  VI. 
MM.    Bouterweck:  Lecomte  ;    Bezard  :    Faustin    Besson: 


•?ii         iiisToiui;  DKS  (Huvnr.s  dk  th.  <;.\r'iii>:u. 

Dcsyoffc.  Boulanypr;  Timbal;  A.  Arayo;  Yvon  :  Labou- 
chcrc:  Lcman  ;  Boutibonnc  ;  Toulmouche  ;  Schopin.  - 
VII  MM  Jolin;  Jcanron  ;  LepauIIc  ;  Octave  Tassaert  ; 
Isamborl:  Houry;  Von  Savcrdonck  ;  F.  Boissard  ;  Verlat  ; 
Josquin:  Ronot ,  Midy:  Momjinot:  Lcsser  ;  J.  Bremond  ; 
A.  Tboinas,  madame  de  Rougomont  ;  MM.  Gosse;  La- 
zerges.  /-■/ /';vssr'.  il,  ij,  i:!  d  11  mkh  is;;j. 

1177.  Nécrologie:  Madame  Sophie  Gay.  ht  Presse, 
\:\  mai  iN.ci.Crllr  iuili(  ••  ({('(..iiilicr  a  rie  n'iiiiprimét,' iiirnni- 
liii'Ii'intMil  on  1871  dans  SCS  l'nrlniilfi  l'ii)ih-iiii>nnii)is.  iVcsl  de 
«•(•!  ailirli'  (|iri'sl  cxlrail  un  l'enscigmiiMnl  sni'  les  ancOIro.s 
(II-  niailaiiir  Ar  (iirardin,  rciiseigneiiu-id  si;4né  :  Tliropliilc 
(iaulicr,  dans  le  pctil  vnliinn'  foninu'nioialir  sur  Minliniir 
(le  (iiidnUit,  irniiiiin»''  on  18,>(). 

II7S.  rnKATiu>rn.\N(;Ms  :  Reprises  de  Louise  de  Ligne- 
rolles  et  de  l'École  des  Vieillards.—  Tli.  d.s  VAnniTiis  : 
Canadar  père  et  fils  ;  Une  Vengeance.  —  Cy.mnask  :  La  Fille 
d'Hoffmann.         Chronique  musicale  (  :  les  Concerts).   La 

l'rcs.-^i-,  17  niai  lNi):i. 

H70.  Thkatre-Franç.ms  :  Reprise  de  la  Surprise  de 
l'Amour.  —  Odkon  :  Le  Bougeoir;  La  Chasse  au  Lion.  — 
Th.  des  Variétés  :  Déménagé  d'hier.  —  (Iymnask  :  Repré- 
sentation de  madame  Volnys.  —  (Les  Illuminés,  par  Gérard 
de  Nerval.  /.-/  l'rrs^r,  ^'i  mai  is:.2. 

inOi-iN  Salon  de  1852.  VIII.  MM.  Chasseriau;  Gérome; 
Burthe  ;  (A.  Duval.»  —  IX.  M.  Herbsthoffer;  madame  Ber- 
taut;  MM.  Pils;  Armand  Dumaresq;  Hillemacher:  Verdier; 
Pluyette  ;  Comte;  Porion;  Lugardon  ;  Etex;  Hunt. — 
X.  MM  Hébert;  Cogniet ;  Ricard;  Amaury  Duval  ;  Leh- 
mann;  Dubufe.  hiVrcs^r,  2.1,  26  et  27  mai  18:J2. 

1180.  Opkha-Comiqui':  :  Reprise  de  1  Irato.  —  Pal.\is-Royal  : 
Les  Coulisses  de  la  vie.  —  A.mhigu  :  Croquemitaine.  —  (La 
Femme  et  l'Enfant,  par  Al.  Jobez;.  L"  /^r.s.sc,  31  mai-!*'' juin 

1181.  Tristesse  en  mer.  Ikvuc  de  Paris,  (1«')  juin  lS'.r2.  Ces 
vers  ont  icpani  (juelques  semaines  après  dans  les  Émaux 
et  Camées,  (juils  n'ont  plus  quittés. 


1852.  21 

Citons  d'abord  celte  variante  inédite  de  la  quatrième 
sirophe  : 

L'écume  danse,  l'eau  tournoie  ; 
Le  gouffre  blanchit  et  verdit, 
Et  la  poupe  à  grand  peine  broie 
Ce  flot  révolté  qui  bondit. 

Puis,  quelques  parties  d'une  autre  version,  dont  nous 
devons  la  communication  à  l'inépuisable  oltligeance  de 
M.  P.  Lalanne.  Elle  contient  deux  slroplies  inédites  : 


Bien  !  La  tempête  se  décide  ; 
Pour  se  noyer  le  temps  est  bon, 
Et  le  pays  du  suicide 
Pâlit  sous  son  dais  de  charbon. 


L'éciime  danse,  l'eau  tournoie. 
Le  vent  de  plus  en  plus  Iraichil, 
Et  mon  regard  pensif  se  noie 
Dans  le  gouffre  amer  qui  blanchit. 


A  la  mer,  poésie  oblique, 
Trompeuse  amante,  écho  moqueur, 
Jetant  la  rime  pour  réplique 
Aux  pulsations  de  mon  cœur. 


iiiSTdiiii'  i)i>  ni;i  \i;i>  m:  Tll    f,  MTIF.n. 

m 

Maiiilriiaiil  rciiiic  1.1  itiili|)irr(', 
Du  liuiil.ii:!'  i|iiilti'  r;i|i|iiii, 
Kl,  coininc  un  cliicii  avec  sa  |>i('rr<\ 
(loulf  il  loiiil  avec  Ion  cinnii. 

il 

l'A  va,  .yunilr.  MiiM-oniiaissalilt', 
Dans  le  lil  îles  ,nlan(|ii('s  Irdnpcanv, 
Siii'  riimnidc  (iri'illcr  de  salilc 
Saxoiu'iT  |i>ii  piriiiii'r  iTpos. 


13 

Dovinanl  une  âme  on  détrcsso, 
La  Svmpalliie  aux  Itras  ouverts, 
Dans  ce  regard  pleure  et  earesse. 
Saint,  veux  Meus!  l)onsoir,  llols  verts! 


\o\c\  maiiiU'iKUll,  uiuï-i  (|ue  nous  l'av/uis  aiinoncr  (voir 
n»  i149),  la  première  version  inédite  de  fcllc  pièce  et  de 
Cœrulei  oniU,  en  un  seul  morceau,  sous  le  litic  de  Murhu'  : 
Fl<>l:i  cc/V.v,  !/ri(x  rci'ts,  version  divisiM-  en  deux  chapitres, 
el  qui  contient  de  noinhreuses  dill'érences  avec  le  texte 
imi)rimé  : 

I 

Les  mouettes  volent  et  jouent. 
Et  les  blancs  coursiers  de  la  mer, 
Cahrés  sur  les  vai^ues,  secouent 
Leurs  crins  éclieveiés  dans  l'air. 


18.;  2.  23 


La  nuit  tombe;  une  line  phiie 
Éteint  les  fournaises  du  soir, 
Et  le  steam-boaf,  crachant  la  suie, 
Rabat  son  long  panache  noir. 

Le  cœur  brisé,  le  front  livide, 
Je  vais  au  ])ays  du  charbon. 
Du  brouillard  et  du  suicide!.. 
Pour  se  tuer  le  temps  est  bon  ! 

Ma  tristesse  avide  se  noie 
Dans  le  gouffre  amer  qui  blanchit, 
L'écume  danse,  l'eau  toui'noie... 
Un  plongeon  et  tout  serait  dit. 

Oh  !  je  me  sens  l'àme  navrée  !.. 
Les  flots  gonllent  en  soupirant 
Leur  poitrine  desespérée!.. 
Le  ciel  est  noir,  l'abîme  attend  ! 

0  chères  peines  méprisées, 
Vains  regrets,  douloureux  trésor, 
0  blessures  cicatrisées, 
Voilà  que  vous  saignez  encor  ! 

Illusions  d'amour  perdues, 
Faux  espoirs,  folles  visions, 
Du  socle  idéal,  descendues. 
Un  saut  dans  les  moites  sillons  ! 

Livide,  enflé,  méconnaissable, 
Je  dormirai  bien  cette  nuit 
Sur  l'humide  oreiller  de  sable. 
Bercé  par  le  Ilot  qui  bruit  ! 


21  IIISTniHR  DRS  ("H-TVHRS  Di:  TH.  C.MTIEH. 


Il 

Daii;;  les  roiiniircs  de  sa  manie, 
Sur  le  ponl.  assise  à  rrcait, 
l'iic  li'iiiiii(<  pair  t'I  t'Iiaiinaiilc 
Liiissc  Uni  Ici'  son  \o\\ii  irganl. 

Des  )(M1\  où  le  ciel  se   irllric 
M'oiil  l'ail  Sdiiiïiir  plus  qu'en  enfer  ; 
Les  siens,  sons  leni  \ai;no  paillette, 

IMviiiirnl  les  leinles  de  la   nier. 

Los  teintes  de  la  nier  itrofonde 
( In  ;4Ît  noyé  |dns  d'nn  trésor; 
Peut-tMre  en  iilongeant  dans  lenr  onde 
(  tn  lroii\erail  la  eonpe  d'or  ! 

Leurs  disques  verts,  quand  on  s'y  penche, 
Laissent,  sons  leur  changeant  tid)Ieau, 
Briller  au  loin  une  dîne  blanche, 
Comme  une  perle  an  fond  de  l'eau. 

Ah  !  si  plus  tôt  de  ces  prunelles 
Dont  la  grâce  triste  me  rit. 
J'avais  pu  voir  les  étincelles, 
On  la  lumière  s'attendrit! 

Oui,  sous  leurs  cils  an\  noires  franges, 
J'aurais,  avec  leur  reflet  clair,  ' 

Aimé  ces  prunelles  étranges. 
Et  profondes  comme  la  mer. 

Un  pouvoir  magique  m'entraîne 
Au  gouffre  vert  de  leur  regard  ; 
Comme  au  fond  des  eaux  la  sirène 
Attirait  llarald  Ilarfagar. 


1852.  25 

Mais  ce  n'est  pas  la  blanclieui"  bleue 
IViî  joli  monstre  au  chant  fatal, 
Montrant  son  sein,  cacliant  sa  queue, 
(Jui  me  courbe  sous  leur  cristal. 

J'entrevois  sous  leur  transparence, 
La  sympathie  aux  bras  ouverts, 
(Jui  pleure  et  dit  à  ma  souffrance  : 
«  Ûh  !  suis-moi  dans  mes  palais  verts  ! 

Pour  adoucir  la  douleur  ùcre 
Je  connais  des  philtres  calmants; 
Près  de  moi,  sur  mon  lit  de  nacre, 
ïu  feras  des  rêves  charmants  ! 

Et  quand  mugira  sur  ta  tête 
Le  flot  qui  ne  peut  s'apaiser, 
Tu  n'entendras  pas  la  tempête. 
Assoupi  par  mon  doux  baiser  !  » 

1181 '''^  Salon  de  1852.  XI.  iMM.  MuUer;  Rodakowski; 
madame  O'Connell  ;  MM.  Benouville;  Vetter:  Masson; 
Michaud;  Tissier  :  Pérignon;  Hofer;  Jobbé-Duval;  divers: 
Cambon;  Lugardon;  madame  Calamatta;  MM.  Bertier: 
Beliiveaux  ;  Foulongne  ;  Froment  de  Lormel  ;  Félon .  ]  —  XII. 
MM.  Meissonier;  Fauvelet;  Chavet;  Plassan;  Billotte;  E. 
Frère;  Raffet;  Beaulieu;  Roqueplan.  Le  fra^iment  de  cet 
article  relatif  à  Raflet  a  élé  rriiiijuinié  eu  18()2  par  M.  T.ia- 
coinelli  dans  son  livre  sur  cet  aitistc.  —  XIII.  MM.  Henri 
Baron:  Hoffner;  Bonvin;  (Luminais:  Desbarrolles  ;  Pen- 
guilly  (L'Haridon);  F.  de  Lemud;  Adolphe  Leleux:  Armand 
Leleux  ;  Marchai  ;  Couraud  :  Leray  :  Tony  Johannot  ;  divers  ; 
Stevens  ;  Jadin  ;  Kiorboë  ;  Palizzi  ;  Geignard  ;  Loverdet  :  Ph. 
Rousseau;  Loubon).  —XIV.  MM.  Cabat  ;  Bellel  ;  Flandrin  ; 
Aligny  :  etc.;  (Jules  Dupré  ;  Bodmer;  Ziem ;  Serrur;  Éd. 
Bédouin;  Brion  ;  Daubigny;  Corot.)  La  Presse,  2,  '.i,  4  et 
G  juin  18o2. 


'2(i         iiiSTtiiiii".  i>KS  ma'viu'.s  in;  ni.  caitiiv^. 

Iisj.  \ AihKvii.i.i;  :  La  Maitrcssc  d'été  et  la  Maîtresse 
d  hiver.  —  (Iwin.vsi.  :  Un  Soufflet  n'est  jamais  perdu.  — 
Vente  du  mobilier  do  M.  Victor  Hugo.  /.'/  irrssr,  7  juin  iHM. 
Cr  ilrniiiT  aiticlc  a  rie  nim|ii  iiin' dans  \' .\i'li>ili'  du  17  juin 
tlf  la  iiir'iui'  aiiiirc  l'I.  ru  IS7i,  à  la  .siiilc  ilc  \'llisliiiri  du 
{loiilillltisiiii,  MUis  11'  lilli'  ilr  :  Veille  ilii  inniiil/er  île  Viehir 
lltuin  ni  I8i>2. 

IINJ  J".  Salon  de  1852.  XV.  MM.  Rousseau;  Hoguet  : 
Ciceri;  Desjobert;  etc.;  (Nason  ;  Français;  Fourmois;  Ber- 
chére;  Chacaton ;  Nègre;  Salzmann:  Souplet;  Bonheur; 
Segé:  Fiers;  G.  Lacroix;  Paul  Huet;  divers;  Jeanron  ; 
Gudin;  Hintz  ;  Saint  Jean  ;  Tourneux;  divers).  —  XVI. 
(Sculpture).  MM.  Pradier  ;  etc.  ;  (Clésinger  ;  Ottin  :  Poitevin  ; 
Lequesne  ;  Cordier  ;  Jaley  ;  Etex  ;  Maindron  ;  Levèque  ; 
Rude;  divers).  I.n  l'resse,  S  cl   Kl  juin  iJS.i^. 

l.ai'liflf  (lu  Ktjiiiu  l'sl  il'  (ii'i  iiiii' (|ue  TliOopliile  (lauticr 
ail  (''iTil,  l'rt  ('lé-la,  ;i  ht  l'iesse:  il  parlil  [hmi  de  jouis  apirs 
|i(>ui-  (".unslantiiioplc,  cl,  le  icuillclt)ii  tic  Ihéàtre  du  luiiiicio 
du  I  t  juin  onniMience  par  collo  uolo  : 

l'cihlaiil  ral).^(Mirp(le  M.  Tliùopliilc  GaiilitT,  pari!  pour 
1111  Noyagc  de  (|iit'l(]iit\>;  mois  ou  Orienl,  le  reuillclon 
(Iramalirpio  do  la  Presse  osl  confié  à  M.  Louis  do  Cor- 
Tiiouiu. 

1182  ■'•'.  Émaux  et  Camées,  ]iai' Théophile  (iautier.  iii-iS 
(le  lroi.><  fouiilt!S  l/'.i,  112  pajrt'.s.  Iniprimeiic  de  Rtirmi.  luc 
d'Krfiiilh,  à  Paris.  —  A  i'aris,  chez  Eufjàie  Didirr,  lue  des 
neaux-Ails,  iv  G.  f^iix  :  I  liane. 

r.e  livre  célèbre,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  numéro 
4081  de  la  Bibliiiijruphie  de  lu  Fronce  du  17  juillcl  \H'M, 
nï'tait  alors  rjuiiii  tout  petit  et  inij.'non  volume  qui  lui  i\û< 
on  veille  ,111  coramencemenlde  ce  mois,  a  h  us  (pic  son  aiileui- 
était  il  Constanfinople;  il  a  ou,  jusqu'à  son  édilion  délini- 
tive,  en  1872,  cinq  éditions  disliiicles;  la  seconde  jiarui 
aussi  chez  Eugène  Didier,  en  18o3,  et  fut  oubliée,  on  1858, 
lors  (le  1  impression  do  la  troisième,  pul)li(''e  chez  Poulel- 
Malassis.    Celle-ci  poile  rindicalion   inexacte  de  ;  seconde 


18o2.  27 

édilion,  et  umcl  les  doux  pièces  ajoiiLées  à  l;i  vérilahlc 
seconde  édition  de  IS'.id.  La  quatrième  et  la  cinquième 
parurent  chez  Charpentier,  en  18G3  et  en  ISOO,  sous  le  litre 
de  :  Po('s/c<s  nouvcllci^,  et,  en  1872,  enlîn,  l'édition  définitive 
des  Émaux  et  Cdiiu'cs  fut  mise  en  vente  cbez  le  même  édi- 
teur; elle  a  été  souvent  réimprimée  depuis.  En  188i,  il  en 
a  été  fait  une  petite  édilion  in-24,  ornée  d'un  portrait  de 
l'auteur  et  de  deux  eaux-foites,  d'après  les  aquarelles  de 
madame  la  princesse  Matliilde.  On  y  a  fort  logiquement 
ajouté  VEurlavc  noir,  qui  forme  le  pendant  de  la  Frllali 
(voir  n°^  22;)7  et  22;)8).  Chacune  de  ces  cinq  éditions  contient 
des  pièces  ajoutées.  La  première,  dont  il  s'agit  ici,  contient 
les  Irois  pièces  inédites  suivantes,  qui  oiit  fait  paitie  de 
toutes  les  éditions  de  l'œuvre  : 

1183.  Préface;  sonnet.  Le  quatrième  vers  de  ce  sonnet  a 
été  imprimé  avec  une  faute,  jusqu'à  l'édition  de  1872.  Il  a 
été  cité  dans  \'Arti>ite  du  lo  juillet  et  dans  \a  Revue  de  Par/s 
d'août  18.")2,  sans  êlre  inditjué  à  la  table  de  ces  recueils. 

1184.  Le  Monde  est  méchant.  Réimprimé  aussi  dans 
VArtisle  du  1*''  août  18j2,  sans  indication  à  la  table.  Voici 
plusieurs  versions  et  variantes  inédiles  de  celte  pièce,  toutes 
on  ne  peut  plus  curieuses  : 

Le  inonde  est  méchant,  ma  petite, 
Et  dit  que  tu  n'as  pas  de  cœur  ; 
Sous  ton  sein  où  treml)le  une  fleur. 
Alors  qu'est-ce  donc  qui  palpite? 

Ce  doux  tic-tac  à  ton  côté, 
Ce  n'est  pas  un  sang  plein  de  sève, 
C'est  une  montre  de  Genève, 
Un  ressort  cliaque  soir  monté. 

Le  monde  est  méchant,  ma  petite; 
Il  dit  que  tes  yeux  sont  d'émail. 
Qu'un  rouage  d'un  tin  travail 
Les  fait  tourner  dans  leur  orbite. 


2«         iiisidiKK  itr.s  (»i;i  vhf.f;  dk  ni.  caitiru. 

S'il  luit  sdiis  leur  s(»\(Mi\  lidtMii 
l'iic  laiinc,  pnic  irisrc, 
On  pii'lt'iid  que  lu  l'as  piiist''e 
A\t'c  Inu  iloiul  iiu  xcirc  d'eau  ! 

Voici  lUinnlcnanl  nue  vari.iiilc  dans  la  l'oiinc  nrlucllf  du 
iiiorci'au.  avec  les  riiucs  ciilic-ci'oisr'cs  ; 

Le  inondo  cj^t  mécliaiit,  ma  pt'llle; 
Il  dit  (|U('  tu  n'as  pas  do  Cd'ui', 
El  (|u';i  sa  placo  il  ii(>  palpifo 
(jiic  lamoutio,  au  tic-lac  luoqucuc. 

PouilanI  Ion  soin  ôinu  s'rlcvo 
Et  s'abaisse  comme  la  mer, 
Et  ton  sang  jeune  et  plein  de  sève 
Coule  visible  sous  ta  chair. 

Le  monde  est  méchant,  ma  petite; 
11  dit  que  tes  yeux  bleus  sont  morts, 
Et  se  meuvent  dans  leur  orbite 
A  temps  égaux,  par  des  ressorts. 

Pourtant,  sans  (lu'elle  soit  {misée 
Avec  le  doigt  au  verre  d'eau, 
Une  larme,  perle  irisée, 
Tremble  à  tes  cils,  mouvant  rideau  !.. 

Le  monde  est  Uiéchant,  mu  petite; 
Il  dit  que  tu  n'as  pas  d'esprit, 
Et  que  les  vers  qu'on  te  débite 
Sont  pour  loi  comme  du  sanscrit. 

—  Pourtant,  sur  la  lèvre  vermeille, 
Rose  s'ouvrant  et  se  fermant. 
Le  rire,  intelligente  abeille, 
Se  pose  à  chaque  Irait  charmant. 


185  2.  2!) 

C'est  que  tu  n'aiuies,  ma  petite, 
Ni  celui-ci  ni  celui-là; 
Et  que  pas  un,  hors  moi,  n'agite, 
Ce  cœur,  ce  rire  et  ces  yeux-là  ! 

Voici   eiifin   une   dernière    varianlo    des  deux   preinièros 
strophes  : 

Le  monde  est  méchant,  ma  petite, 
Et  dit  que  tu  n'as  pas  de  cœur; 
—  Alors,  qu'est-ce  donc  qui  palpite 
Sous  ta  gaze  où  tremble  une  fleur  ? 

Est-ce  une  montre  de  Genève, 
Ce  doux  tic- tac  à  ton  côté? 
Non,  ce  sein  qui  s'enfle  et  s'élève, 
J'ai  la  clef  d'or  qui  l'a  monté. 


Ces  vers  ont  été  mis  en  niusiiiue  par  MM.  (i.  lîelliiii  el 
M.  Ubeiti. 

liSi).  Inez  de  las  Sierras;  à  la  Petra  Camara.  Le 
dernier  vers  de  la  pièce  contient  une  faute,  dans  la  première 
édition.  Il  est  imprimé  ainsi  : 

Mourant ^  un  poignard  dans  le  cœur. 

Voici  d'intéressantes  variantes  inédites  de  cette  pièce  î 

J'ai  lu  bien  souvent  une  histoire 
Nommée  Inès  de  las  Sierras, 
Puisée  à  la  même  écritoire 
Que  les  Trilbys  et  les  Smarras. 

Dans  un  château  d'Anne  Radclilfe, 
Au  souper  qui  s'y  fourvoya 
Inez  s'asseoit,  ombre  apocryphe, 
Qu'on  croirait  peinte  par  Goya. 


:ki         FiisToiiii:  DIS  (>ir\iii>  m.  ïii.  laitiku. 

Los  \;isl('s  salles  ilélaliires 
Aux  coiiloiis  liMcnt  It'iir  srcit'l, 
Aicliilcfliiics  cIIoikIii'cs 
(Juc  Piiaiirsc  ;;ra\('iail. 

Priulanl  le  S(Mi|)t>r  (juc  ic^aidc 
Une  collccliim  d'an'UN. 
Allit'ir,  raniuclic  et  liai^anlc, 
l'ii  cri  ir|i(iml  aii\  (liants  jdvciix. 

D'imc  f^aicric  en  ilccoiiilu'cs, 
(Juo  tics  vilra^'os  clVoiuliés 
Entrocuuiicnl  de  clairs  H  (rombros, 
Inez  s'avance  par  degrés. 

Peigne  au  cliignon,  hasquine  aux  liauclies, 
On  la  voit  inanlier  en  glissant, 
Dans  les  bandes  noires  et  Idanelios, 
Disparaissant,  apparaissant  ! 

Avec  une  volupté  morte 
Manégeant  son  (eil  andaloii. 
Elle  se  pose  sur  la  jtorle, 
Sinistre  et  belle  à  rendre  l'on. 

Sa  robe  déteinte  et  Iripée 
Par  le  long  séjour  des  tombeaux, 
Fait  luire,  dun  rayon  frappée, 
Ouelques  paillons  sur  ses  lambeaux. 

D'un  pétale  découronnée 
A  chaque  soubresaut  nerveux, 
Une  rose,  demi-fanée, 
S'efl'euille  dans  ses  noirs  cheveux. 


18:i2.  31 

Une  cicatrice,  i)areiile 
A  celle  d'un  coup  de  poignard, 
Forme  une  couture  vermeille 
Sur  sa  gorge  d'un  blanc  blal'ard; 

Et  l'ivoire  des  castagnettes 
Sur  des  rythmes  prompts  et  stridents, 
Aux  pouces  de  ses  mains  fluettes 
Claque  et  bruit  comme  font  des  dents. 

Elle  danse,  pâle  bacchante. 

Des  pas  anciens  sur  de  vieux  airs. 

D'une  grâce  si  provocante, 

(Ju'on  la  suivrait  jusqu'aux  enfers  1 

Ses  longs  cils  semblent,  sur  ses  joues, 
Des  ailes  de  papillon  noir. 
Et  sa  bouche  frêle  a  des  moues 
Ou'Esméralda  voudrait  avoir. 

Sa  jambe,  sous  le  bas  de  soie, 
A  des  lueurs  de  marbre  blanc. 
Et  sous  sa  jupe  qui  tournoie 
Brille  son  corps  et  incelant. 


Dans  cette  danse  fantasti(pie 
Aux  pas  funèbres  et  charmants. 
Revit  l'Espagne  poétique 
Avec  ses  \'ieux  enchantements. 

Grâce  arabe,  fierté  romaine, 
L'Espagne  du  romancero, 
Ayant  au  cœur,  comme  Ghimène, 
Des  gouttes  de  sang  de  taureau. 


32         iiisToiHi;  iti:s  oKivnr.s  de  th.  liAUTiKU. 

Sa  iiiai(|iit'  r()ii,L;c  à  la  iKiiliiiic, 
C\'Sl  la  rivilisalidit. 
Avec  sa  ikhim'IIc  (Idclrim* 
Fi°a|i|iaiil  au  inii  la  iialioii. 

.l'ai  \u  ce  lantniiic  au  (i\iiiiiase 
(  lu  l*aris  ciilicr  radiniia, 
Lorsqut'  dans  son  linceul  de  gaze, 
Appaiiil  l'oliii  Cianiara. 

('.('Ilr  niorlc  passioiiii(''(' 
A  In  résisliblc  laniriicur, 
Kl,  comme  Inès  Tassassinée, 
Dansant,  un  iioignaid  dans  le  cdHir  ! 

Voici  eiu'oïc  deux  vai'ianics  (riiin'  niruio  sli'opiic.  (ni  se 
rclrniivcnl  en  |iailic  lr<  sli  (i|ili('s  (li.\-si'|i|  cl  dix-liiiil  di'  la 
pièce  : 

L'ancicniu'  Ks|iagn('  pocliipic 

|{evit  dans  ses  fiers  niouvemcnls, 

Et  dans  sa  danse  fanfasti(pie 

Aux  pas  sinistres  et  charmants. 

Dans  sa  basquiuc  (|ui  s'envole 
Au  tourbillon  du  boléro, 
Revit  sombre,  charmante  et  folle, 
L'Espagne  du  romancero. 

Le  second  vers  de  celte  dernière  strophe;  csl  aussi  ccril 
ainsi  : 

Au  roulement  du  pandero. 

Tli('-opliil(3  (laulier  a  cité  lui-inêmc  quatre  strophes  de 
cette  pièce  dans  son  i'cuillelon  de  la  Pra^sc,  du  l"  février  18;i3, 
et  on  la  retrouve  encore,  en  1862,  dans  le  tome  quatre  de 
Tanlhologie  :  Les  Poètes  Français. 

llSfi.  De  Paris  à  Constantinople,  promenades  d'été. 
I-II.   Malte;   III.  Syra  ;  IV.  Smyrne;  V.  La  Troade,   Les 


Dardanelles.  Constantinople;  chnpifros  I  à  V;  le  preniiiM' 
purle  k'  tilnj  dv  :  En  mer,  .lu  lieu  de  Malte;.  La  Presac,  I, 
2,  i),  ()  e(  S  oclobre  1832.  L'ouvrage,  dont  ces  articles  sont 
les  premiers  chapitres,  fut  promis  sous  bien  des  titres  et 
chez  plusieurs  éditeurs;  Eiigr-ne  Didier  et  Michel  Lévy  l'an- 
noneèreut  successivement  sous  le  litre  qu'il  porte  dans  lu 
Presse,  et  ce  dernier  le  publia  (bMinitivement  en  volume, 
sous  celui  de  Constantinople ,  qu'il  a  toujours  conservé.  La 
Rrriic  de  Paris  inséra  parmi  les  annonces  inscrites  sur  ses 
couvertures,  de  septembre  1852  au  V.i  septembre  1833,  le 
lilre  d'un  ouvrage  à  paraître  de  Théophile  Gautier,  le  Serai, 
(|iii  n'était  certainement  qu'un  long  fragment  de  ce  volume. 
Il  lUi  parut  jamais  dans  la  Rerae,  et  la  Presse  publia  l'ou- 
vrage entier. 

1 187.  'Retour  de  Constantinople  ;  Remerciements  à  Louis 
de  Cormenin:  le  Franc  et  le  Hammal,  pantomime  turque  à 
Moda-Bournou  .  —  Thé.\tre-Lyrique  :  Flore  et  Zéphyre  ,- 
Choisy-le-Roi.  La  Presse,  18  oclobre  18.")2.  Tout  le  début  de 
rel  art  icie,  (jui  devrait  former  le  chapitre  XV  de  Constanti- 
nople, a  été  réimprimé  en  1877  dans  le  tome  premier  de 
VCh'ieni,  sous  le  lilre  di^  :  h'  Thriltre  turc  à  Constantinople. 

1188.  Excursion  en  Grèce,  l.  L'Imperator  et  l'Arciduca 
Lodovico;  IL  Le  Pirée  ;  IIL  Les  Propylées.  Le  Moniteur 
aiiiriTsel,  2(1,  21  el  27  octobre  18;i2.  Ces  trois  articles,  début 
d'un  Vnyaije  en  Grree  qui  fut  annoncé  chez  Eugène  Didiei- 
et  ne  fut  jamais  ni  publié,  ni  niémr  achevé,  ont  été  réim- 
primés pour  la  première  l'ois  en  volume  en  1877,  dans  le 
tome  premier  de  VOrient,  datés  par  ei-reur  d'octobre  1833. 
Il  faut  dire  ici  que  les  chapitres  IV,  V  et  VI  de  ce  voyage, 
qui  |iarurenteu  1834  dans  h^  même  jdiiiiial  (voir  n"  1287'"'), 
ont,  par  inadvertance,  été  réim|uiniés  sans  les  (rois  pre- 
miers, en  18()o,  dans  Loin  de  Paris,  de  sorte  que  les  seuls 
fragments  écrits  de  ce  voyage  ne  sont  pas  même  réunis 
dans  le  même  volume.  Ils  furent  aussi  annoncés  pendant 
longtemps  chez  Michel  Lév\-,  où  ils  durent  paraître  sous 
le  titre  de  :  En  Grèee  et  en  Afrique,  accompagnés  des  cha- 
pitres du  Voyage  en  Afrique  écrits  en  1846.  Mais  ce  livre  ne 
parut  jamais. 

II.  3 


3i         HiSToiiiK  iiKS  (ii:i  \iii".s  m;  iii.  cai tiku. 

Il^ii.  TiiiATiir-l'nANCMs  :  Représentation  par  ordre  :) 
Cinna:  11  no  fant  jurer  de  rien.  —  OmioN  :  Richelieu.— 
Débuts  de  M.  Faurc  à  1  Opéra  Comique).  La  Virssr,  l'.t  ur- 
loUic  lx,i;i.  l.r  (U-l)ul  tic  ccl  arliclr  ,i  r\r  in.>^('rr'  I,i  iiiriiic 
année  dans  :  Sinirrc  liisinrii/itr  itr  la  ('"nii <lic-l<rimr(iisi\ 
22  nrlobrc  iS!i2,  un  pclil  vuliiinc  iii-l'^.  p.ini  clic/.  lùi^riic 
Didier. 

Nniis  suninii's  Iiciirciix  de  pouvoir  cilci'  iri  l.i  sii|m'i1i(' 
Itdirc  ini'dili'  ipir  Paul  de  S,iiiil-\'ir|or  allI■l'^^a  a  Tli(''op!iilc 
(iaiilioi'  immi'di.ili'iiiriil  apirs  .'ivoir  lu  ce!  ailii-li',  cl  ddid 
iiniis  devons  ciicDit'  lainialdc  comniiiiiicaliiiii  a  M.  P.  I.a- 
lanne.  Kile  est  daléi'  soidiMncid  de  <■  Diiiiainlin  snir»  ;  iti,  la 
Vrrsfir  paraissait  le  soir,  porlaiil  la  dah;  du  Iciidciuaiii,  ci' 
qui  lixe  relie  do  coKo  lellie.  On  roinaïquf'ia  sinloul  le  Ion 
de  d(''lV'rencc  ijui  y  rèiziic  Paul  de  Saiiil -^'il■|u|■.  dniil  on  a 
si  souvent  voidu  laiie,  en  ces  deinirics  aiuiees,  1  l'uiulf^ 
el  même  le  rival  lillérairo  de  Théophile  (iautier,  jv]iond 
d'avance  à  celle  appréeialion  (|ueh|ue  peu  e.xagérée,  [)ar  ces 
lignes  enlhousiasles. 

Diuianclie  soir  [il  uilubre  185-2). 

Mon  rlior  Maiti'c, 

Je  ne  puis  rési.sler  à  rrn\  io  de  vous  envoyer  dès  ce 
soir  1111  cri  iradiniralion.  Voli-c  fciilliolon  csl  une  S/.il'nic 
lillérairc.  Vou.--  avez  disséqué  Corneille  au  jour  de  celle 
chandclli'  ([iio  Micliel-An^e  planlall  dans  le  noiiii)iil  de 
ses  ca(la\  les.  Cela  est  écrasant  de  forc<î  el  tucivcIIIciix 
(le  beaiilé.  Cela  est  écrit  à  fresque  sur  une  page  haute 
comme  un  uuii  1 

Dieu!  que  vous  êtes  décourageant  !  On  estlionleux  du 
trognon  de  plume  qu'on  l'ail  barbolter  dans  son  écri- 
loire,  après  avoir  lu  de  pareilles  choses. 

Adii'u:  je  vais  vous  rrlii'c  et  me  pendre  après! 
A  vous, 

Paul  DE  Saint-Victor. 


18o2.  35 

IIQO.  La  Danse  des  Djinns,  scène  d'Afrique.  Reaif  dr 
Paris,  (l'f)  novenilire  1852.  Ce  morceau  a  reparu  en  \HiV.i 
dans  Loin  de  Paris,  lorniant  le  chapitre  six  rie  :  En  Afrique.  Le 
porliail.  à  raqnarelie  do  la  danseuse  Ayscba,  fait  par  Théo- 
phile Gautier,  dont  il  est  parié  dans  cette  scène,  aété  publié, 
gravé  sur  bois,  dans  le  Musn-  universel  du  11  janvier  1873. 

IIUI.  Ihkatiie-Français  :  Le  Mariage  de  Figaro  Étude 
sur  Beaumarchais  ;  Débuts  et  rentrées.  —  OpÉiiA  (  :  Por- 
trait d'Abd-el-Kader.  —  Tiiiutue  Lyiuquk  :  La  Ferme  de 
Kilmoor.  La  Presse,  If  novembre  18."j2. 

1 102.  OnicRA  :  Moïse.  —  Opkra-Cojiique  :  Les  Mystères 
d'Udolphe.  —  ThiI;atke-1.v(iiqur  :  Rentrée  de  Chollet,  dans 
le  Postillon  de  Longjumeau.  La  Presse,  8  novembre  18:i2. 

1103.  Les  Marionnettes.  Musée  des  Dames  et  des  Demoi- 
selles, n"  1,  l.'i  novendire  iS'M.  Cet  article  a  été  réimprimé 
en  1883  dans  les  Souvenirs  de  théiUre,  d'art  et  de  critique, 
par  Théophile  Cautier. 

llOi.  A.MBuu-  :  Jean-le-Cocher.  —  Tii.  d-^  Variétés  :  Ta- 
connet.  —  Chronique  musicale  :  Continuation  des  débuts 
de  M.  Faure).  La  Pn'sse,   i;i  novembir   I8.)2. 

MOo.  THÉATBii-FiiANç.Ais  :  Sullivan.  —  Caité  :  La  Bergère 
des  Alpes.  —  Gymnase  :  Danseurs  espagnols:  un  Mari  qui 
ne  sait  que  faire.  —  TnÉATiiK-Lviiioi  i:  :  Reprise  delà  Perle 
du  Brésil.  —  (Nécrologie  :  Tony  Johannot.  La  Presse,  22  no- 
vemi)i'e  18.")2. 

I  loc.  Odéon  :  Grandeur  et  décadence  de  M.  Joseph  Prud- 
homme.  —  Italiens  :  Otello:  la  Sonnambula.  La  Presse,  20  no- 
vcinlnc  18i)2. 

1107.  Gymnase  :  Le  Fils  de  famille.  —  I'ai.ais-Royai,  :  La 
Femme  aux  oeufs  d'or  ;  le  Parapluie  de  Damoclès.  La  Presse, 
6  décembre  1852. 

H08.  Itaijkns  :  Luisa  Miller.  —  Théâtre-Lyrique  :  Guil- 
lery  le  Trompette.  —  Ouverture  du  Cirque  d'hiver.  —  Un 
mot  sur  Stella,  par  Francis  Wey.)  La  Ivresse,  13  décembre 


M         iiisTiMiii:  i)i,s  (ii;i  \  iii;s  dk  iii.  (.ai  iiKit. 

ll'iM  .  Constantinople:  I.  Le  Petit  Champ,  la  Corne  d'or; 
II.  Une  Nuit  du  Ramazan  .  III.  Cafés,  IV.  Les  Boutiques. 
iKn  viiliiiiic.  <lia|iiHr.«i  \|.  \ll.  Mil  il  l\.  /."  /'/v.vsr,  l*.  |s. 
l'.t  ol  22  (IriTiiiiiic  IS,'i2.  I,t'  Miliimc,  aniKHKM'  (I'.iImimI  i  m 
|S;i:l  siiiis  ii'lilri'  (le  :  hr  l'uris  a  ('niistitiiliiKifilr,  ju  il  (li'liiiili- 
vciiii'iil  Cfliii  (le  l'iinsldnliiiiiplr  Inrsdr  snn  a|i|iai'iliiiM  ,i  l.i  lin 
di'  \H',\'.\  (dali'-  IS.'ii).  Il  fui  n''iiii|Miiiii'  soummiI  il  lui  iiirinc 
luddii'  iii-i"  daii^  Ic^  pidilii-al  imis  dilrs   à  deux  sons. 

Il".»'.i.  Tiii:.\Tiii:-KiiA.\(;.\is  :  Le  Cœur  et  la  dot.  —  Oi'kua- 
(.(iMiot  i;  :  Marco  Spada:  débuts  de  Mademoiselle  Caroline 
Duprez.  —  , Nouvelles.    L<i  /'/vss, ,  2i'»-i/  (li'n'iiilui'  is.'ij. 

C.itoiis  ii'i,  a|iii's  l'itidiralioii  du  (•(impie  iciidii  de  l'opéra 
dWidicr.  deux  Mllds  iiK'dib  de  Tlicip|iliil('  (laiilicr  adix'ssés. 
;i  ce  imisiiicii  : 


Genève,  I"'  mars  l'-fiO  (?). 

lllii>li('  cl  (lier  iiiaolru, 

,1c  vous  rccdinmnnilr'  tirs  inslammonl  madomoi- 
.<cllc  Krasiiiska.  (|iii  (Irsii'craii  ciilrcr  au  C-onscrvaloii'c 
comme  iiiaiii.^ic.  h^  l"ai  cnleiulitc  à  Genève,  où  je  suis 
en  vill(\uialure.  Elle  a  de  uraudes  disposilions  cl  déjà 
un  M'ai  laleul  (jiii  ni'  dciiiaiidc  (jiic  Paris  (lotn'  se  |)CI"- 
l'eclioiiiicr.  Accueillez-la  Ijéiiiuiicincnl  d  facililcz-lui  le.s 
voies. 

Ne  prenez  pas  celle  l'ccommandalioii  |i(»iir  une  Icllie 
vague,  et  daignez  agréer  rexpression  de  mes  rcspecU 
el  (]('  mes  admirations. 

Votre  serviteur  de  cteur  et  de  jtiume, 

Tliéopliile  Gautieu. 


iSlii.  37 


II 


Clior  ot.  illuslre  maestro, 


(Sans  date). 


Quand  mademoiselle  Reine  Lhomme,  que  j'ai  connue 
loule  petite  et  à  laquelle  je  me  suis  toujours  intéressé, 
passera  son  concours  d'harmonie,  écoutez-la  d'une 
oreille  indulgente.  C'est  une  vraie  nature  musicale.  Elle 
travaille  sérieusement  depuis  longtemps,  et  a  déjà 
obtenu  des  l'écompenses  au  Conservatoire. 

Tout  ce  que  vous  ferez  pour  elle,  dans  les  limites  dtî 
voti'e  liante  justice,  je  le  regarderai  comme  un  service 
personnel,  et  ma  reconnaissance  n'aura  d'égale  que  mon 
admiration  pour  vous. 

Volro  tout  dévoué  critique, 

Théophile  Gautier. 


I  ^:ù\ 


IJdo.  Les  Accroche  Cœurs.  Hmn' <!<■  l'ur!^.  (K"")  jainici- 
IS!i:{.  C.i'S  vers  ont  n'|i;iiii.  un  iiinis  ;i|iirs.  dans  la  ilcnxirnn' 
('•ililidn  (Ifs  Eiiinii.r  cl  l'inix't'x.  Oiihlirs  en  ISiiS  dans  la  lioi- 
sn'iiK'  (nianpn'e  seconde),  ils  oui  élé  n'Ialilis  en  ISliJ  dans 
la  (|iialrii'nn',  cl  n'ont  plus  quitté  ce  recueil  ilepuis  lors.  Ils 
ont  ('■!•''  insérés  aussi  d;ins  \' AhiKinuch  parisien  ])Oui'  IHfiT. 

I.'dt.  HiM-HA  :  Orfa.  —  Oni'o.N  :  Le  Loup  dans  la  bergerie. 
—  Thkatre  Lyriqik  :  Tabarin.  —  Tli.  des  Vauiktks  :  Les 
Variétés  en  1852.  —  S.\ia.h:  llin/.  :  Henri  Vieuxtemps.  — 
(Voyage  aux  villes  maudites,  par  Edouard  Delessert.i  Lu 

l'n  ssr.  :i  janviei-  JS.i:!. 

[■201.  PoiiTi>S  \i.\T-.\l.\iiTi.N  :  La  Faridondaine.  —  V.mdk- 
vilm;  :  Alexandre  chez  Apelles  ;  Les  Violettes  et  les 
Abeilles.  —  Anc.ikx  (IihquI':  :  Masséna.  —  Chronique  musi- 
cale, bt  /'/v'ssc.  Kl  janvier  I.S."):j. 

iiO'.].  Société  des  Amis  des  Arts  de  Bordeaux  :  Exposi- 
tion de  1852.  /.'/  /'/v  s.sr,  i:;  jaiiviei'  is.'i:!. 

I.'n'i.  CmyLi:  i)'I1ivi:h  :  Les  Pandéristes  espagnols:  Débuts 
de  Nigel.  —  Tli.  des  Vaiuktks  :  Une  Femme  qui  se  grise  ; 
Monsieur  le  Vicomte.  —  Vaudeville  :  Le  Baromètre  des 
Amours.  —  Italiens.  —  Salle  Hebz. —  Concerts.  La  l'rrfisr. 
17  janvier  I.S;)3.  Les  rcnidi'ristfs  rspiKjnnl^  nul  ('lé'  i-i'iinpii- 
niés  dans  X'Knlv'nrlp.  du  21  jnnviei'  suivant. 

120").  Ambigu:  La  Case  de  l'Oncle  Tom.  —  <'.  uti:  :  L'Oncle 
Tom.  —  Opéha-Comiquk  :  Le  Miroir.  —  M.  Schmidt  .  La 
Presse,  24  janvier  1853. 


d8:;3.  39 

1206.  Les  Peintres  vivants.  Cent  gravures,  eaux-fortes, 
lithographies,  jiar  les  premiers  artistes,  d'après  Ingres, 
Delacroix,  Uecamps,  Diaz,  Couture,  etc.  Texte  par  Théophile 
(lautier,  Arsène  Houssaye  et  Paul  Mantz.  Première  et 
deuxième  séries  (seules  parues).  In-folio.  Imprimerie  de 
Raçon,  rue  d'Erfurth,  à  Paris.  —  A  Paris,  qiuii  Vollnirc,  w»  '.\. 
Prix,  12o  francs.  Chaque  série  renferme  cinquante  planches. 
(Daté  1852). 

Cet  ouvrage,  qui  parut  par  livraisons  pendant  l'année 
18;)2,  et  que  nous  trouvons  inscrit  sons  le  numéro  71o  de 
la  B/hlio(jr<qjhif  de  la  Francr  du  29  janvier  18.">3,  n'a  poui' 
Icxle  que  huit  pages  en  tête  de  chaque  série;  aucun  article 
II'}-  est  signé,  et  la  plupart  n'ont  que  trois  ou  quatre  lignes  ; 
la  collaboration  de  Th(''ophile  Gautier  à  l'ouvrage  se  borne  à 
avoir  laissé  extraire  et  falsitier  de  ses  dilférents  Salons,  quel- 
ques descriptions  de  tableaux  ou  statues  gravés  dans  le 
recueil;  on  y  retrouve,  entre  autres,  ses  appréciations  sur 
VOrgie  romaine,  de  Couture,  le  Combat  de  coqs,  de  Gérome. 
et  la  Femme  piquée  par  nn  serpent,  de  Clésinger,  analyses 
extraites  du  Salejn  de  18 i7. 

1207.  Apollonie.  Rente  de  Paris,  (1")  février  18;)3.  Ces 
vers  sont  entrés  en  1858  dans  la  lioisième  édition  des  Émaux 
et  Camées  (marquée  seconde), qu'ils  n'ont  plus  quittés  depuis. 

1208.  THÉATiiE-LYruQUK  :  Le  Lutin  de  la  vallée.  —  Vaude- 
viM.K  :  La  Terre  promise.  —  l'ii.  des  Vaiuétks:  Un  Ami 
acharné.  —  (Vente  des  tableaux  de  M.  Dugleré  .  La  Presse, 
i"  iV'vrier  1853. 

1208'''^  Émaux  et  Camées.  Deuxième  édition,  revue  et 
augmentée,  par  Théopiiile  Gautier.  In-18  d'une  feuille  et 
demie,  plus  trois  feuillets,  102  pages.  Imprimerie  de  Raçon, 
rue  d'Erfurth,  à  Paris.  —  A  Paris,  chez  Euf/rne  Didier,  rue 
des  Beaux-Arts,  n»  G.  Prix,  1  franc. 

Cette  édition  des  Émaux  et  Camées,  que  nous  trouvons 
inscrite  sous  le  numéro  834  de  la,  Bibliographie  de  la  Franee 
du  5  février  1853,  contient  deux  pièces  de  plus  que  la  pré- 
cédente :  les  Accroche-Cœurs  et  les  Néréides,  cette  dernière 
inédite.  Nous  avons  déjà  dit  qu'elles  furent  oubliées,  en  1858, 


•10  IIISTiHUr   hl  s  (HTMillS  |)i:    l'Il.  (.AITIKIL 

lins  (II-  l;i  Mim|iits>i()ii  (lc>  EiiiKii.r  «7  Cnwi'rs.  <•(>  c|ni  s'cx- 
|>lii|u»'  |MMil-tMir  |>iii-  le  fait  i\nr  riinlii'alioii  de  ilcii.ririiic  rdi- 
(ion,  rentr  il  iiitniiintlt^r,  no  se  Iroiivi'  i|iii'  mm  la  cnuvci  liir( 
impriinôi'  du  vidiiiiir  ri  n'a  pas  rir  n'|iioiliiilc  >\\v  >(iii  liln 
iiili-rinir. 

I2(i'.t.  Les  Ncrcidcs.  Nnui  imis  vrisioiis  dillV'it'iiles,  hvim 
\ariaiilcs  iiicdilr.s,  de  celle  pieee,  (pic  Tliéoplide  (iaidicr  ; 
licaiicyiip  liavailléi' ;  nu  \  lioiivcia  |iliisicms  sli nplies  sup 
primées  dans  les  EiiiKii.r  ri  l'uiinis.  I,e  piiniier  liire  de  l;i 
pièce  clail  :  lys  Siii'iifs, 


l 


Jo  possédais  une  a{piarelle 
Do  Tliéophilc  Kwiatowski; 
N'allez  pas  me  clicrdier  qiierolle 
Pour  ci^  nom  ipii  linit  en  ki, 

Car  l'aquarello  était  eliarmantc 
Kt  d'un  pinceau  limjiide  et  clair; 
Au  bout  d'une  vague  écumante 
Dansent  des  nymphes  de  la  mci-  ; 

Chairs  blanches  au  Ilot  bleu  lavées 
Sous  l'or  vert  de  leurs  longs  cheveu v, 
I^t,  comme  l'onde,  soulevées 
Par  le  bras  des  Triions  nerveux. 

Au  fond,  dans  des  rougeurs  d'aurore. 

Un  navire  se  détachant 

Avec  pavillon  tricolore, 

Et  du  groupe  se  rapprochant. 

J'aimais  ce  bizarre  mélange, 
De  fable  et  de  réalité, 
Et  ce  navire  qui  dérange 
Les  Néréides  en  gaîté. 


is;;:!.  -ii 


Et  je  croyais,  dans  mon  voyage, 
Voir  la  sirène  au  sein  nacré, 
Suivre  le  navire  à  la  nage. 
Telle  qu'on  la  voit  dans  Cliompré  ', 

Mais  aux  mers  classiques  de  Grèce 
Entre  Saint-Ange  et  Cérigo, 
Je  n"ai  pas  vu,  je  le  confesse, 
Même  un  marsouin  dans  l'indigo  ! 


II 


J'ai  dans  ma  chambre  une  aquarelle 
D'un  peintre  polonais,  à  (jui 
Rythme  et  rime  cherchent  querelle  : 
—  Théophile  Kwiatowski. 

Fantaisie  étrange  et  charmante  ! 
On  y  voit,  fleurs  du  goufl're  amer, 
Jaillir  d'une  vague  écu mante 
Trois  nymphes  à  l'œil  vert  de  mer. 


Nacre  et  burgau,  corail  et  perle, 
Parent,  maritime  trésor  ^, 
Leur  gorge  où  le  flot  qui  déferle 
Suspend  d'autres  i)erles  encor. 

Et,  jusqu'aux  hanches  soulevées 
Par  le  bras  des  Tritons  nerveux, 
Elles  luisent,  formes  rêvées, 
Sous  l'or  vert  de  leurs  longs  cheveux. 

1 .  Auteur  d'un  Dictionnaire  d'>  la  Fable. 

2.  Autre  variante  de  ce  vers  : 

Constellent  de  leur  frais  trt'sor. 


1;'         iii-iMii;i:  i)Ks  (n:iviu;s  ni',  tu,  (.m  ïiiiii. 

Ou  iiii|M)ilt'  >i  leur  Itliimlit'iii'  lili'iic 
Se  j;l.ut'  il'iiii  ;;l.iin|iic  liissoii, 
l'^l  si  leur  corps  liiiil  en  (|U('ii(', 
Mnitii'  rfiiiiiif,  iimilii'  imisson. 

Hiii  se  somiciil  de  lu  iM^miic 

Kl  (It's  reins  aux  s(|iiitiiiiiit'ii\  if|ilis, 

(Jiiiind  ('inn'p'iil  des  peins  d'ivctirc, 

IVil'  le  li,ii-i'i    (lr>  lldis  |M(lis  ! 

J  iiddic  CCS  liciiiilcs  li\liiid('s, 
Monstres  cliiiinianls  des  anciens  jours. 
Ou  lï'caille  des  Néréides 
N'eiïaroueliait  pas  les  amours. 

J'irais  au  troupeau  de  Protéo, 
Sans  peur  des  écailles  d'argent, 
Dans  ton  triomphe,  ôGalalhée, 
Ravir  la  syrène  nageant  ! 

J'aime  ce  bizarre  mélange 
De  fable  et  de  réalité, 
Et  ce  navire  qui  dérange 
Les  Néréides  en  gaité; 

Un  paquebot  moderne  encore, 
Portant  panache  de  vapeur, 
Avec  i»avillon  tricolore  ! 
Les  nvMifilics  (Ml  ]tlongent  de  peur. 

Les  trirèmes  devant  leurs  proues 
hes  laissaient  chanter  autrefois, 
Mais  la  vapeur  avec  ses  roues  ', 
Briserait  leurs  corps  et  leui's  voix. 

1.  Antre  variante  de  ce  vers: 

Mais  le  ateam-boat  avec  ses  roues. 


18o3.  l.^ 


Adieu,  fraîche  mythologie! 
Le  vaisseau  passe  et  croit,  de  loin, 
Avoir  vu  sur  l'onde  rougie 
Une  gambade  de  marsouin. 


III 

J'ai  dans  ma  chambre  une  aquarelle 
Fantasque,  et  d'un  peintre  avec  qui 
La  rime  exacte  se  querelle  : 
—  Théoi>hile  Kwiatowski. 

Un  y  voit,  bizarre  mélange 
De  fable  et  de  réalité, 
Passer  un  vaisseau  qui  dérange 
Des  Néréides  en  gaîté. 


Mais  le  jour  vient  et  dans  l'aurore 
S'ébauche  un  navire  à  vapeur 
Portant  pavillon  tricolore... 
F^t  les  nymphes  plongent  de  peur. 

Les  trirèmes  devant  leurs  proues 
Les  laissaient  jouer  autrefois; 
La  nef  moderne  avec  ses  roues 
Casserait  leurs  reins  et  leurs  voi\. 


Les  Néréides  ont  été  insérées  aussi  ilum  ÏAUnanneh  pari- 
sien de  1870. 

1210.  Opéra-Comiql'e  :  Les  Noces  de  Jeannette  ;  Le  Sourd. 
—  Opkra  :  Louise  Miller,  débuts  de  madame  Bosio.  — 
Th.  des  Variktks  :  Le  Potager  de  Colifichet.  La  Ptr^^ie, 
7  février  1853. 


Il  III^Tdllli:  DKS  oi;r\i!KS  dk  'ni.  cAirriKH. 

I-MI.  ïiiKAïui:  I  ii.\M  aïs  :  Lady  Tartuffe.  L'i  l'rrsar,  \\  [,'•- 
viifi-  IN.iiJ. 

IJIJ.  Th.  lits  Saisd.ns  :  L  Hiver,  fantaisie  de  circons- 
tance les  Mois,  dessins  de  Cli.  Jacques.  —Th.  (h's  VAitii:- 
TK.s  :  On  dira  des  bêtises.  —  P.iutk-Saim-.Mauti.n.  —  Chro- 
nique musicale.  Lu  l'irssr,  21  IV'Viicr  IK.'iiK 

(.'c.sl  (hiiis  ce  l'ouilh'loil  que  Thr-opliili-  (i.iiilici  rilc  h- 
laMU'UX  sojiiicl  (h's  Driiii-Uu'iihs,  dWiif^ii^h'  Niicijiifiic  : 

Sdllllr.nc! 

Tu  M'nus. 

—  Le  ciel  gras, 

Oui  s'a!)iè},'e, 

Nous  assiôge 
D'un  ramas 
De  l'rimas; 
Paul,  il  neige. 

Eii  bien,  l'aul, 
Vois  le  sol  ! 
La  terrasse 

Va  clianîj'eaul 
Celte  crasse 
En  argent  ! 

(Idiil  la  (Uirieuse  paiodie  suivanle,  allribut''0  à  Ciiailos 
Uaudclairo,  a  (Hé  publiée  dans  la  Prlid'  Ucrue  du  24  juin 
1865  : 

Vacquerie 
à  son  Py- 
lade  épi- 
que :  qu'on  crie, 

ou  qu'on  rie, 
leur  épi 
bra\c  pi- 
aillerie. 


1853.  45 

0  Meiiri- 
ce  :  il  mûri- 
ra momie. 

Ce  truc-là 
mène  à  TA- 
cadémie. 

1:^1:3.  ÏHÉATRF.-FnANÇAis  :  La  Mal'aria.  —  (ivAiNAsi:  :  Élisa. 
—  Italiens  :  Concert  d'Emile  Prudent.  —  ^Vente  de  Feu- 
chères,  j  La  Prrxsc.  7  inai's  l(S."i3. 

1214.  Odéox  :  L'Honneur  et  l'Argent.  —  Italiens  :  Sé- 
miramide  .  Lu  tresse,  14  mars  1853. 

121;).  Thkatre-Lyrique  :  Les  Amours  du  Diable.  — 
Théatre-P"ra>(]ais  :  Les  Souvenirs  de  voyage.  —  Porti;- 
Saint-.Martin  :  Frère  Tranquille.  —  Tb.  i!es  Variétks  :  Un 
Notaire  à  marier.  La  Presse,  21  mars  1833. 

1216.  Panorama  de  la  bataille  des  Pyramides.  La  Presse, 
23  mars  1833. 

1217.  Gymnase:  Philiberte.  —  Italiens  :  Le  Barbier  de 
Séville;  débuts  de  madame  de  Lagrange  et  de  M.  Rossi.  — 
Concerts.  La  Pres:ie,  28-29  mars  lS.'i:i. 

1218.  Théatre-Fmanijais  :  Les  Lundis  de  Madame.  — 
Opéra-Comique  :  La  Tonelli.  —  Un  salon  décoré  par  Séchan 
pour  le  Sultan.)  La  Presse,  4  avril  1833. 

1219.  Thkatrk-Franç.ais  :  Le  Mariage  de  Figaro.  (Nou- 
velles, i —  Tb.  des  Variktés  :  L'Amour,  qu'est  que  c'est 
que  çà  ?  —  (Iaiti:  :  Marie-Rose.  —  .\mbigl'  :  Le  Château 
des  Tilleuls.  —  (Musique.)  La  Presse,  M  avril  18.)3. 

1210  ^".  Constantinople  :  V.  Les  Bazars;  VI.  Les  Dervi- 
ches Tourneurs.  (Eu  volume,  chaiiitres  .X  et  XI. i  La  Presse, 
13  et  1(3  aviil  1833. 

1220.  Vente  de  Decamps.  —  Théâtre-Lyrique  :  Le  Roi 
des  Halles.  —  (Concerts.)  La  Presse,  18  avril  1833.  Lue  ]tartie 
de  riuLroduetiou  de  eet  arliele  a  été  réimprimée  daus  V Ar- 
tiste du  l"  mai  1833,  sous  le  même  titre  :  Vente  de  Deeamps. 


iC.  IIISTolHi:  l)i:s  (IKIMIKS  DR  TU,  (.AITIKII. 

liJd^''.  Constantinople  :  VII.  Les  Derviches  hurleurs; 
VIII.  Le  Cimoticre  de  Scutari  ;  IX.  Karoçjheuz;  X.  Le  Sul- 
tan à  la  Mosquée:  Diner  turc.  \V.n  \nliiini',  iIi,i|mIi's  \II, 
Mil,  \l\  ri  \V  /.//  /V-'.s.sr,  :2(l,  21,  22  cl  2;t  avril  i,s;.:î.  Csl 
i'i\lii'  ces  lieux  (Icniicrs  l'Iiapil  its  (im-  (h'vi'ail  se  [ilaccr  iiii 
flia|iilrr  ('(uiiiili'mi'iilain',  ((imiMisi' (lu  Iciiillcldii  de  lu  Vrcsse 
lin  IS  ocIoIm'c  IS;i2.  fl  iriiii|tiiiMr  dans  VOilciil.  sniis  le  I  ilrc 
(le  :  /»'  ThiiUi'i'  liin-  it  ('<>iistiinliiiiii>li'.  In  IVa^iiicnl  (]!•  Ijh- 
liclc  (In  2il  avril  a  i'('|iaru  on  IJS.l'J  ilaii.s  le  voliiiiic  de  (  Jiai  lis 
Moiisclol,  la  Ciiiaitiirir  })iir(i(ji(('^  sous  le  lilrc  do:  Un  iliinr 
fiiif. 

1221.  OpKiiA  :  La  Fille  mal  gardée;  Giselle;  Orfa.  — 
riii:\Tui;-l"iiAM  aïs:  Représentation  au  bénéfice  de  Samson  ; 
Madame  Arnould-Plessy.  --  l'(utii;-SAi.\T-.\lAUïi.\  :  Ligier 
dans  Louis  XI  et  dans  Tartufe.  -  Thkatuk  dks  .Mahkin- 
NKTTKS  :  Le  Merle  blanc.  —  Iiamkns.  — Concerts.  —  (Con- 
férences de  Philoxéne  Boyer  .  La  /'/esse,  2.)  a\  i  il  Is;;:}. 

1221^'.  Constantinople:  XI.  Les  Femmes;  XII.  La  Rup- 
ture du  jeiine  ;  XIII.  Les  Murailles  de  Constantinople; 
XIV.  Balata,  le  Phanar,  Bain  turc,  ^lai  volume,  eiiapllrus 
XVI,  Wli,  WIII  cl  XIX.)  La  Presse,  27,  28,  29  et  30  avril 
1833. 

1222.  Nécrologie  :)  Odry.  —  Oi'i';!1a-('.o.\iioui';  :  La  Lettre 
au  bon  Dieu;  L'Ombre  d  Argentine.  La  Presse,  2  mai  I8.'J3. 
Lu  !'ra^menl  liés  iiicomplel  de  eel  ailieli;  de  (jaulier  sur  Odi'v 
a  été  réimjirinié  pu  1874  dans  ses  Portrails  conteinponiiiis. 

122.3.  Oi'iiuA  :  La  Fronde.  —  (Itami:.\s;.  La  Presse,  10  mai 
1853. 

1221.  I'outk-.Saknt-.Martin  :  Le  Vieux  Caporal:  rentrée 
de  Frederick  Lemaître.  —  Concert  d'Offenbach  :  Le  Trésor 
à  Mathurin.  Nouvelles  .  La  l're^sr,  \C>-[~  mai   1803. 

I22.i.  Vaudevii-lI':  :  Les  Filles  de  marbre.  —  l'Ii.  des  Va- 
luiinis  :  Les  Femmes  du  monde.  —  Itaijkns  :  Le  Bravo  ; 
Attila;  Bénéfice  de  Maria  Martinez,  la  négresse  .  — 
Thkathk-I.vkioi  E  :  Le  Colin-Maillard.  —    Pianos  Herz).  La 

Presse,  23  mai  I8.)3. 


18;;  3.  47 

I22().  Italiens  :  Bénéfice  de  Maria  Martinez  (  :  Quitte  ou 
Double,  proverbe  par  Augustine  Brohan  .  —  Ockha-Comi- 
QUK  :  L'Épreuve  villageoise;  La  Fille  du  Régiment.  — 
Gaité  :  L'Homme  antipode;  Les  Œuvres  du  démon.  — 
.\mbigu  :  Le  Ciel  et  l'Enfer.  —  TmiATRii:  lyrique:  L'Orga- 
niste dans  l'embarras.  —  Nouvelles  i.Lr/  Prrsxc,  :j(i  mai  liS.i;}. 

1220 ^'i^  Scènes  d'Afrique;  Alger;  1845.  Bnw  de  Paris, 
{{")  avril  et  {!'''■)  juin  [H'.t'.\.  .Nous  avons  (li'-jà  parlé  de  ces  ai- 
ficles,  à  propos  (lu  Vnyaçjc  en  Afn'qur.  Us  ne  sont  que  la  re- 
production, livrée  ici  pour  la  première  fois  au  public,  de  ces 
pages  imprimées  déjà  en  1846.  Nous  en  reparlons  uniquement 
à  cause  des  dix  derniers  paragraphes  de  larlicle  de  la  Renie 
de  Paris  de  juin,  (pii  sont  inédits,  comme  nous  l'avons  déjà 
dit,  et  qui  furent  écrits  pour  donner  une  fia  à  cette  partie 
imprimée  cl  restée  inédite  du  Voyaije  en  Afrique.  Dans 
Loin  de  Paris,  le  dernier  des  dix  paragraphes  a  été  divisé 
cil  deux.  (Voir  n°  792.) 

1227.  Gymnase  :  Les  Folies  d  Espagne:  La  Pétra  Camara: 
Ménage  à  trois.  —  Opéha-Co.mioue  :  Les  Mousquetaires  de 
la  reine:  débuts  de  Puget.  —  Italiens:  Maravilla.  —  Le 
Chemin  de  la  Postérité,  gravure  de  Roubaud,  et  le  Pan- 
théon Nadar.  Nouvelles  .  La  Presse,  7  juin  18.)3. 

1228.  Odéon  :  Le  Roman  du  village.  —  Th.  ilcs  Vauié- 
TÉs  :  Les  Mystères  de  l'été.  Lt  Presse,  13  juin  18.)3. 

1229.  THÉATnE-FRANQAis  :  Le  Lys  dans  la  vallée.  La  Presse, 
20juinl8:i3. 

1230.  Salon  de  1853.  I.  MM.  Chasseriau  :  Gérome.  —  II. 
MM.  Hamon;  Hébert;  Benouville  ;  Delacroix  :  Peintures 
murales.  La  Presse,  2i  et  2.)  juin  1803. 

1231.  «jaité  :  L'Ane  mort.  L'^j  Presse,  27  juin  18:»3. 

1231''.  Salon  de  1853.  III.  MM.  Jalabert;  Dumaresq; 
Michel  Dumas;  E.  Maison:  Lazerges;  Puveau:  Jobbé- 
Duval.  —  IV.  MM.  Chenavard:  Maréchal;  Heim:  Gustave 
Moreau  ;  L.  Boulanger:  Matout.  —  V.  MM.  Laemlein  :  Le 
Henaff  ;  Billard  ;  Murât  :  Richomme  ;  Cibot  ;  J.  Etex:  Appert. 
—  VI.  MM.  Gallait;  Michaud:  Mettez:  Landelle:  Ziegler: 


|,s  lllSKHIÎi:   l»i:s  ((KINIIKS   DK  ïll.  (i.MTIF.H. 

Picou;  Dolaborde:  Laugéo.  —  VII.  MM.  Yvon  :  Ronot; 
Philippoteaux:  Fils;  Hillcmacher  :  Glaize  :  Léman  :  Tabar  ; 
Alexandre  Thomas;  Signol  ;  Dauphin  :  Crespelle  ;  de  Winne  : 
Bouet;  Dupuis;  R.  Balzc  ;  Verdicr.  /--/  /'/r>.sr,  2S,  :>'.),  ;!(i  juin. 
!■•'  rt  :2juillrl  is:.:!. 

|-2:t-2.  Tiii-.\tiik.-Ii\\.\(:ms  :  Reprise  de  Damon  et  Pythias. 
—  Sai.u;  I!\htiii:i,i:mv  :  Grand  Panorama  de  l'Amérique  du 
Nord.   L'i  l'rrs^^r,   ijiiillfl    IK.'i:». 

\-2M^'\  Salon  de  1853.  VIII.  MM.  Winterhalter :  Bar- 
rias;  Marquis:  Gcndron  ;  Toulmouchc  ;  Isambert  :  Mus- 
sini.  —  IX.  MM.  Cabanel  ;  G.  Tyr:  Rodakowski;  Ricard; 
E.  Dubufe  ;  Chaplin  ;  Guillcminot  ;  Lansac  ;  Timbal.  LaPrcssc, 
(1  cl  '.I  luillrl    ISii:!. 

12:1:1.  Courses  de  taureaux  à  Bruxelles.  —  Poute-S.xint- 
Mahi'i.n  :  L'Honneur  de  la  maison.  —  (iv.\i.\.\si;  :  Maurice. 
La  iVf.N.-ic,  IS  jiiillcl  lN:i:t. 

I  ■l•^■^  •'''.  Salon  de  1853.  X.  Madame  O'Connell  :  MM.  Reuille  : 
Jules  Laure  ;  Gigoux;  C.  Nanteuil  :  A.Dehodencq  ;  E.  Giraud; 
Ch.    Giraud:  Devers.  —  XI.   MM.  Feodor   Dietz;  Brune; 
Chautard  :  Verlat  ;    Hesse;  G.  Doré;  Courbet;  Ad.  Leieux; 
Arm.  Leieux  ;  Schutzenberger  ;   Antigna  ;   Millet  :  Brion  ; 
Bédouin;  Hausraann  ;  Luminais.  —  XII.  MM.  Meissonier  ; 
Fauvelet:  Chavet;  Plassan;  Willems  ;  Knauss;  AI.  Stevens; 
Robert  Fleury;  Haffner;  Besson  :  Ed.  Frère;  Trayer; Baron; 
Hamman;  Al.    Hesse;  Bonvin  ;  Breton:   Van  Muyden:  Ar. 
Gautier;  divers;  mademoiselle  Rosa  Bonheur;  MM.  Jadin: 
Ph.   Rousseau;  Troyon:   Coignard:    Stevens:    A.   Giroux: 
Chasseriau».  —  XIII.  MM.  Bellel:  Cabat;  Aligny:  Bertin  ; 
P.  Flandrin:  Desgoffe  ;  Th.  Rousseau:  Daubigny;  Français  ; 
Lapierre  ;   de  Curzon  ;  Leroux;  Belly:  Michel:  W.  Wyld  : 
Galetti  ;  Loubon  ,  Ziem:  J.  Noël:  divers  .  —  XIV   et  der- 
nier :  MM.  Corot:  Penguilly  L'Haridon  :  (Bodmer:  Lanoue: 
divers.  Sculpture:  MM.  Cavalier;  Barre:  Marcellin  :  Mail- 
let: Guillaume:  Ottin:  Préault:  Huguenin;  Jouffroy:  Etex; 
Loyson:  Clésinger;  Courtet  :  Lechesne  ;  Fremiet:  divers  . 
La  Frcssc,  20,  21,  22,  2:j  cl  2:;.jiiill('l  is;i:î. 

1234.  Lettre  au  rédacteur  en  chef  .  /.'/  /'/vssv,  2:i  juillcl 


ISo!}.  49 

ISii;}.  Avanl  de  citer  celle  lettre,  nous  allons,  poui'  la  l'aire 
liien  comprendre,  reproduire  d'abord  un  comple  lendu  de 
la  iiiiziHtr  des  Trihutuni.r,  inséré  aussi  dans  la  Prcs>;c  du 
2i- juillet  18o3;  on  sait  que  le  journal  paraissait  toujours 
portant  la  date  du  lendemain;  ce  numéro  a  donc  paru, 
en  réalité,  le  23  : 

TRIBUNAL  DE  LA  SEINE  (o«  chambre). 

PRÉSIDENCE    DE    M.    BERTHELIX. 

Audiciif'i'  du  22  jn'dlrl , 
LA  REVUE  DES  DEUX-MONDES  contre  la  PRESSE. 

Le  li'ibiinal  de  la  Seine  était  aujourd'luii  saisi  d'iiii 
procès  (iii'igé  par  M.  Buloz,  directeur  de  la  Revue  des 
Deux-Mondes,  contre  M.  Rony,  gérant  de  la  Presse. 
L'objet  de  ce  procès  était  une  opposition  pratiquée  entre 
les  mains  de  ce  dernier  par  M.  Buloz.  créancier  de 
M.  Théophile  Gautier. 

M.  Rony,  appelé  à  faire  une  (h''claration  aflirmative, 
déclara,  au  greffe  du  tribunal,  (ju'il  ne  devait  rien  à 
M.  Théophile  Gautier;  que  ce  dernier  ne  recevait  aucun 
traitement  et  n'avait  droit  à  aucune  i)art  de  Ijénéfice 
dans  l'exploitation  du  journal  la  Presse;  qu'à  l'égard 
des  feuilletons  qu'il  publiait  dans  ce  journal,  il  en  avait 
toujours  reçu  le  i)ri\  comptant,  en  livrant  le  manus- 
crit. 

Cette  déclaration  a  été  contestée  par  M.  Buloz;  et 
c'est  à  cette  occasion  que  se  sont  engagés  les  débats. 

M'=  Nggent-Saint-Lâurens  s'est  présenté  pour  M.  Bu- 
loz et  s'est  exprimé  ainsi  : 

«  Messieurs,  M.  Théophile  Gautier  doit  deux  mille 
trois  cents  francs  à  M.  Buloz.  Cette  somme  lui  a  été 
avancée,  il  y  a  quelque  ti'ois  à  (luati'e  ans,  à  propos 

II.  4 


50  IllSTOllU:;  KKS  (iKLVm'.S    l)i;  TH.  (lAl'TIER. 

irim  nmian.  iTiin  Capitaine  Fracasse,  (jni  dcNnil  ('Ire 
lail  cl  (|iii  n'a  jamais  |tani.  ».  nnlo/.,  a|iirs  a\(»ii' 
(U'passr  les  liiiiili's  de  la  |ialii'ii(i'  liiiniaiiir .  sontica 
un  Joui'  à  r('clanii'i-  xm  dû.  On  lin  rciiondil  par  un  i'(d'iis 
(ir-daiiiiiriix.  Il  lallnl  liirii  fairo  as^siiriKM"  M.  Gaiilici-.  Le 
2  (IrciMiilire  I8.')l.la  ciniiiiiiMiit'  Cliandiic  lui  donna  un 
d(dai  de  six  luois  pour  sr  lilirri'r  rn  l'ournissaiil  i\r':^ 
liM\au\  lilIrraiiTs  sur  Irsipiris  il  ioiicht'i'ail  luoilir. 
Passi'  oc  (l('lai.  M.  Gaulii'C  iHail  condainiK'"  à  payci'  1rs 
dru\  mille  (rois  ccnls  fi'ancs;  il  Cul.  dr  plus,  coiulamiK'' 
aux  di''i)tMis. 

u  Los  six  mois  soiU  passés,  cl  .M.  ("laulicr  n'a  rien 
donne,  pas  un  roman,  pas  un  cliaiulii'.  pas  une  liiiuc 
Voici  bien  autre  ehosc  :  il  a  puhlir  plusieurs  arlicles 
dans  une  revue  rivale  (pi'on  chercliait  à  ressusciter, 
dans  la  Revue  de  Paris.  Le  [irocédé  est  un  [x'ii  leste,  et 
I Vancliement  M.  Buloz  n'a  pas  pu  en  être  satisfait.  Alors, 
M.  Buloz  a  pensé  à  employer  les  voies  légales.  La  dette 
est  exigible,  il  xa  se  l'aire  payer...  Mais  commeni  l'aire? 
Quel  moyen  prendre?  Comment  percer  ce  rempart  de 
précautions  derrière  lequel  on  n'aura  pas  manqué  de 
se  retrancher?  La  Revue  songea  à  la  saisie  du  mobilier, 
et  tout  aussitôt  nous  vîmes  apparaître  le  moyen  connu, 
la  revendication,  sous  la  forme  d'une  gracieuse  et 
célèbre  artiste,  et  c'était  une  revendication  hautaine, 
altsolue,  qui  gardait  tout,  qui  prétendait  à  tout,  même 
aux  pipes  cidoltées. 

«  y^fl^eyue  chercha  autre  cbose,  et  comme  M.Gautier 
écrit  le  feuilleton  du  lundi  dans  la  Presse,  elle  forma 
opposition  entre  les  mains  de  M.  Rouy,  gérant  de  la 
Presse. 

«  M.  Rouy,  cité  en  iléclarationafiirmative,  a  dit  ipTil 


18:;  3.  51 

ne  ilc\ail  rien  à  M.  Gautier,  (ju'il  payait  comptant  à 
chaque  livraison  d"un  feuilleton. 

«  Ali  !  c'est  trop  fort!  Que  M.  de  Girardin  veuille  être 
d'une  complaisance  aveugle  pour  M.  Gautier...,  soit; 
mais  que  le  tribunal  accepte  les  consc'niuences  de  celle 
complaisance,  voilà  qui  est  impossible,  car,  en  le  fai- 
sant, le  triijunal  ouvrirait  la  porte  aux  abus  les  plus 
déplorables.  Et,  en  elïet,  pour  les  gens  qui  ne  veulent 
pas  payer  leurs  dettes,  on  avait  inventé  l'artilice  de  la 
revendication,  voici  qu'on  invente  aujourd'hui  l'artilice 
du.  payement  comptant. 

«  M.  Rouy  nous  dit  :  Je  ne  dois  rien,  j'ai  toujours 
payé  comptant.  J'ai  payé  depuis  votre  opposition;  mais 
pour  les  feuilletons  qui  ont  paru  avant  voti'C  opposi- 
tion, vous  ne  pouvez  élever  aucune  prétention,  car 
M.  Gautier  n'avait  aucun  droit  à  ces  payements  au 
moment  de  votre  opposition. 

«  Je  réponds  deux  choses  : 

«  En  premier  lieu,  je  crois  que  la  Presse  est  trop 
complaisante  pour  être  sincère.  Oubliant  (ju'elle  n'a  ici 
aucun  intérêt,  elle  se  livre  aux  inspirations  d'une  bien- 
veillance fiÀcheuse.  Il  y  a  un  traité  entre  la  Presse  et 
M.  Gautier,  je  le  crois,  j'en  suis  certain.  M.  Gautier  ne 
puldie  pas  dans  la  Presse  des  feuilletons  au  hasard,  à 
son  heure,  à  son  gré.  Il  fait  la  Revue  dramatique  (ies 
lundis,  comme  M.  Janin  la  fait  dans  les  Débats,  M.  Ma- 
tharel  dcFiennes  dans  le  Siècle,  M.Rolle  dans  le  Moni- 
teur, M.  Lireux  dans  le  Constitutionnel,  etc. 

«  Pour  cette  publication  hebdomadaire  il  y  a  un 
traité,  c'est  hors  de  doute  ;  et  s'il  y  a  un  traité,  alors  plus 
de  difticulté.  Mon  opposition  a  valablement  porté  sui' 
les  conséquences  de  ce  traité. 


r>-2         iii>T(tmi:  des  oklvuks  i»k  th.  (i.\riii;H. 

«  Mais  voiiloz-vnns  qu'il  n'y  ;iil  pas  de  Irnilr.  (|ii(m 
pave  comiilaiil  ltiii<  Ic^  lundi'-...  (pir  iiriiii|i(Mlr?  Il  nVii 
fsl  pas  iiidiiis  M'iii  (pic  M.  (iaiilicr  a  rolili.yaliitii  de 
l'oiinur  l(lll■^  les  lundis  Ir  rciiillrldii  (\\'<.  Ilicàlrcs,  un 
rt'iiilli'ion  d(Md  II' jdiii  n;d  nr  pi'iij  passe  passer,  (pic  A; 
/*  rosse  d  l'iddiLialidii  >]>■  iccc\(iir  cl  iliiiMTcr  ce  l'ciiillc- 
Inii.  ipi'il  \  a  la  lin  cdiilral  s\  iialla.u'iiiaiiipic.  une  ciin- 
\cMli()n  \ei'lial>'  ijin  d'-iille  du  l'ail  iiialcriel  cl  cniilinii 
de  la  piildicaliiiii. 

<i  Kli  liieii  !  iiKni  (ippii'-ilidii  a  frapiu'-  sur  ce  fh'o/l  ipi'a 
M.  Ganlicr  di'  piildicr  ci  rccevoii"  Ions  les  lundis,  cl  cela 
siiriil  |)(nir  ipiVllc  pi(Hliiisf^  son  elTci. 

-  I,c  (Iruil  ddiil  je  parle,  il  c>|  iiiC(tiileN|aldc.  Hue 
M.  tic  (îiranlin  piihlie  iiii  rciiillidoii  de  lliéàlrc  lundi 
prochain  ipii  ne  [K.ric  pas  la  si.uiialure  :  Tliéopliil(3 
Gaulier,  cl,  sans  T'ire  ]iroplièle.  Je  suis  sfir  (pTil  y  aura 
procès. 

«  .\ii  >iirplus.  messieurs,  poiinpioi  ne  pas  dire  (|iie 
lesopposilioiisipii  frappenl  un  salaire  engagent  le  passé, 
\o  présonl  cl  l'aveinr?  Esl-ce  (jue  cela  ne  se  voit  pas 
tous  les  jours  dans  !a  praliijne?  On  forme  opî)osilion 
sur  les  appoinlenienis  d'un  employé  dans  une  admi- 
nislralion:  celle  ojijtosilion  fVappe  les  aiipointemenis 
non  échus,  c'i'sl-à-dire  l\'nenir. 

«  Je  termine  m  m)iis  signalant  de  noiiNcaii  ce  (juil  y 
aurait  d'ahusif  cl  de  désastreux  dans  la  doctrine  (pi(3  nos 
adversaires  risquent  ici.  En  l'adoptant,  le  trihunal  aura 
donné  à  tous  ceux  (jui  voudront  en  profiler  le  moyen 
cirtaiii  di'  ne  jamais  payer  leurs  dettes.  » 

W  J.  Langl.\is  s'est  présenté  pour  M.  Rouy,  et  a  ainsi 
répondu  : 

«  Le  directeiii'  de  la  Presse  attache  à  ce  procès  une 


is;;:i.  r,3 

importance  tout  antj'C  (|no  celle  que  supiioseul  les 
adversaires.  M.  de  Girardin  a-t-il  bien  payé?  M.  Buloz 
parviendra-1-il  à  le  mettre  à  sa  place,  à  faire  de  lui  le 
créancier  de  M.  Tliéopliile  Gautier?  Je  l'ignore,  et  je 
puis  avouer,  avec  franchise,  que  ce  n'est  pas  là  ce  qui 
préoccupe  surtout  M.  de  Girardin.  On  peut  être  exposé 
à,  attendre  avec  M.  Théophile  Gautier;  mais  on  attend 
avec  sécurité,  parce  que  ce  n'est  pas  seulement  un 
espi'it  éminent,  c'est  encore,  et  avant  tout,  un  homme 
plein  de  droiture  et  de  loyauté. 

«  Mais  M.  de  Girardin  ne  veut  pas  même  être  soup- 
çonné dans  ce  procès;  —  quand  il  est  bienveillant  el 
généreux,  ce  n'est  jamais,  que  mon  adversaire  le  croie 
bien,  avec  l'argent  d'autrui;  —  puis  il  désire  que  le  tri- 
luinal  lui  donne,  ipi'il  donne  à  tous  les  directeurs  de 
journaux  et  de  revues  une  règle  de  conduite  qui  devient 
indispensable  dans  l'état  actuel  de  la  littérature  fran- 
çaise. C'est  donc,  s'il  m'est  permis  de  m'exprimer  ainsi, 
quand  je  parle  à  la  justice,  c'est  donc  une  véritable 
consultation  que  nous  venons  demander  au  tribunal.  Le 
procès  a  pour  origine  une  somme  de  deux  mille  trois 
cents  francs  fournie  à  titre  d'avances  par  M.  Buloz  à 
M.Théophile  Gautiei'.  L'occasion  était,  si  jeneme  trompe, 
un  des  voyages  ({u'il  a  faits  en  Alri(jue  ou  à  Constanti- 
nople.  Le  débiteur  devait  se  libérer  au  moyen  d'écrits 
livrés  à  la  Revue  des  Deux-Mondes.  M.  Théophile  Gautier 
lit  attendre  ces  travaux.  De  là  un  procès.  M.  Buloz 
poursuivit  pour  demander  le  remboursement  de  sa 
créance. 

«  La  justice  a  été,  dans  tous  les  temps,  très  bien- 
veillante pour  les  gens  de  lettres.  C'est  une  remai-que 
que  j'ai  faite  depuis  longtemps,  comme  mon  contradic- 


51         iiisTdiiîi':  m.s  (ii;rvi!i:s  di:  th.  (i.MTii'.ii. 

leur,  cl  ji'  n'i'ii  ;ii  j;iiii  lis  rlr  siirpiis.  ('oiiiiiiciil  l;i  jiis- 
licc  lii'  srr,iil-clli'  pas  liiciiNt'illaiilr?  (Vrsl  là  (|ii'('sl  le 
lalciil.  tiu'rsl  il'  IruNail,  cl  nous  soiiiiiics  Irdp  liciiicii\ 
(luil  \  ail  ainsi  des  lioniincs,  mieux  doues  (|iie  les 
iiulii's,  (|ui  nous  (lislraienl,  nous  consok'iil  cl  nous 
diarnicnl  par  leur  esprit. 

«  I.e  Iriiiuiial  (le  la  Seine  eslinia  donc  (jiie  .M.  IîmIoz 
('•lail  un  peu  dur  pour  un  écrivain  ijui  a\ail  jelé  de 
l'cclal  sur  /"  /{ciuie  des  Dcii.v-Mnii(lt's.  Il  ne  condamna 
d(Uic  point  ]\I.  Tlicopliilc  (Jaulier  à  pa\cr  deux  mille 
trois  conls  francs;  mais  i!  lui  accorda  un  délai  de  six 
mois  pour  livrer  les  travaux  ipTil  a\ail  promis. 

«  Lo.  délai  expira  sans  que  ?il.  Théoidiile  Gautier  ont 
exécuté  le  ju.iiement.  Qiudle  élail  la  cause  de  ce  l'elard? 
M.  riauliei-  ne  Irouva-t-il  aucun  sujet  convenable  [)oin' 
la  Reçue  des  Deux-Mondes?  Le  Capllaine  Fracasse  ne 
parvint-il  pas  à  sortir  tout  armé  de  cette  imajiination 
d'ordinaire  si  féconde?  Cela  est  bien  possible.  L'esprit 
est  un  maître  (jui  a  ses  beures,  ses  caprices,  qui  aime 
qu'on  l'attende.  M.  Tbéopiiile  Gautiei-,  qui  vit  de  son 
travail,  fut-il,  au  contraire,  oliliiié  de  livrer  à  d'autres 
recueils,  à  la  Revue  de  Paris,  notamment,  les  écrits 
destinés  à  la  Revue  des  Deux-Mondes?  Cela  est  encore 
bien  possible;  et,  dans  ce  cas,  il  n'y  a  que  M.  Buloz  qui 
eût  le  droit  de  l'en  blâmer  aii  lieu  de  le  plaindre. 

«  Quoi  qu'il  en  soit,  M.  Duloz  ne  se  pava  point  de  ces 
raisons,  et  à  peine  le  délai  était-il  expiré,  qu'il  pratiqua 
une  saisie-arrêt  entre  les  mains  de  M.  Rouy,  gérant  de 
la  Presse. 

a  Cette  opposition  embarrassa  M.  Rouy,  et  le  tiibunal 
va  comprendre  pourquoi.  Aucun  traité  ne  lie  M.  Tbéo- 
pbile  Gautier  à  la  Presse.  On  n'y  est  pas  plus  obligé  de 


is:;3.  55 

recevoir  ses  arlicles,  qu'il  n'est  lui-même  obligé  de  les 
livrer.  M.  Théophile  Gautier  ne  perçoit  non  plus  aucun 
traitement,  soit  mensuel,  soit  annuel.  Chaque  semaine 
il  apporte  son  manuscrit;  on  l'imprime,  et  on  le  paye 
le  jour  même.  Voilà  l'usage  invariablement  suivi,  non 
pas  depuis  peu  de  temps,  non  pas  depuis  le  procès, 
mais  depuis  le  jour  où  M.  Tliéophile  Gautier  a  écrit  sa 
première  ligne  dans  la  Presse.  Ce  journal  a  des  regis- 
tres très  régulièrement  tenus  ;  nous  les  produirons,  si 
le  tribunal  le  désire,  et  ils  seront  la  preuve  matérielle 
et  palpable  de  tous  les  faits  que  j'articule.  Gardez-vous 
maintenant  de  penser  que  ce  soit  là  une  précaution. 

«  M.  Gautier  n'a  pas  de  créanciers  ;  et  je  ne  com- 
prends véritablement  rien  à  ce  roman,  d'une  prétendue 
,  revendication  de  meul)les,  faite  par  je  ne  sais  quelle 
artiste.  Qu'on  la  montre,  si  l'on  peut,  ou  qu'on  cesse 
d'en  parler.  Mais,  je  l'ai  déjà  dit,  M.  Théophile  Gautier 
vit  de  son  travail.  Or,  les  lettres  n'enrichissent  guère, 
et,  sauf  bien  peu  d'exceptions,  le  mot  du  poète  ancien, 
res  anrjusta  domi,  est  resté  vrai,  même  pour  les  maîti'es, 
comme  M.  Gautier. 

«  Le  tribunal  comprend  dès  lors  l'embarras  de  l'ad- 
ministrateur do  la  Presse.  Chaque  feuilleton  produit 
peu  à  M.  Théophile  Gautier  :  garder  ce  peu  pour 
M.  Buloz,  c'était  demander  que  M.  Théophile  Gautier 
travaillât,  sans  rien  recevoir,  pendant  cinq  ou  six  mois. 
Disons  tout  de  suite  le  mot  :  c'était  renoncer  à  M.  Théo- 
phile Gautier,  et  c'est  là  un  sacritice  auquel  personne 
ne  se  résignerait  volontiers.  La  Presse  continua  donc  de 
payer,  malgré  l'opposition  ;  et  j'examinerai  toutàl'heure 
si  elle  a  désobéi  aux  prescriptions  de  la  loi,  comme  le 
fait  plaider  M.  Buloz.  » 


.w         iiiMoiiii:  i)i:s  («avHKs  uv:  th.  (iAiTii;n. 

AI'  ,1.  LANOiiAis  (>sl,  cil  Ci'  momcnl,  iiilcnonipii  pur 
>!.  Il' |>i'(''si(l(>iil,  (|iii  |)i(>ii(iiii('  lin  jniitMiicnl,  iivaiil  \';ùvo. 
droit .  aii\  Icriiii'-^  iliii|iirl  li'  iiiliiin.il  oi-iloniic  (|ii('. 
.M.  Tlir()|)liili'  ("..iiilii'i-  si'iji  mis  en  cause  dans  le  délai 
{\r  (|iiiiizaiiic.c|  réserve  les  droils  cl  moyens  des  itailics. 

I.i'  Iciulcmaiii,  -21  Jiiillcl,  Tlié(i|i|iil('  (ijuilicr  jhIicss.i  an 
réclat'lcnr  en  clicrdi'  ///  l'rrssf  I;i  Icllic  siiivanlc  en  rr|>(iiisc 
à  00  conijilc  l'i'iidii,  lillii'  (|iii  lui  iiiséréiHo  jour  mêmi' dniis 
II'  niinii'in  (|ui  |M)ilr  |;i   (j.iic  du  |<  ndi 'iii.'i i II  -l.)  juilli'l  : 

An  IJédadiMir  en  cliel'  du  jonrnal  /a  Presse  : 

Paris,  dimanche  2J  juillet  1853. 

Monsieur, 

No  voulant  pas  rcstiM' jusqu'au  jour  on  j'aurai  à  don- 
noi-  dcvanl  le  lril)unal  des  e\|)ljcalioiis  |iers(»iiiielles, 
sous  le  coup  des  assertions  eri'onécs  de  lavocal  de 
M.  Buioz,  je  vous  écris  ces  lignes  pour  les  rectifier. 
M.  P)iilozse  Irompe  sciemment  lorsqu'il  prétend  que  jo 
dois  (l(Mi\  mille  trois  ceids  francs  à  la  Revue  des  Deux- 
Mondes: —  c'est  treize  cents  francs  ipi'il  devait  dire  [loui- 
êlre  vrai  ;  mais  son  animosilé  ((inlre  la  /ievuc  de  Paris, 
dont  je  suis  un  des  signataires,  lui  a  l'ail  perdre  la  uié- 
moiredes  cliillres.  ?»I.  de  P>roloniie.  mon  avoué,  avei'sé 
nnlle  francs  entre  les  mains  de  M.  Kamon  de  la  Cioi- 
sette,  avoué  de  la  partie  adverse,  à  qui  j'ai  fait  offrir 
depuis,  trois  cents  francs  comidant  et  cent  fi'ancs  par 
mois  jusqu'à  extinction  de  la  somme  due,  lorsque  j'au- 
rais reçu  de  lui  la  note  des  Ij-ais  accumulés  à  plaisir 
pendant  mon  absence.  Cette  note,  je  l'attends  encore. 
—  M.  Rouy  n'a^ail  donc  pas  à  prélever  sur  le  jirix  de 
mes  feuilletons  une  delle  payée  déjà  à  moitié,  et  qui 


18:13.  57 

n'est  pour  M.  Biiloz,  comme  il  le  laisse  voir  maladroitc- 
menl,  qu'un  moyen  de  taquiner  une  entreprise  rivale, 
qu'il  avait  dc'-jà  étoulïée  une  fois  en  l'achetant,  et  dont 
la  résurrection  le  contrarie.  Mais  pour  cela  il  ne  fallait 
pas  émettre  devant  la  justice  une  allégation  mensongère. 
La  Revue  des  Deux-Mondes,  il  est  vrai,  n'a  reçu  ni  un 
roman,  ni  un  chapitre, -ni  une  ligne  avec  ma  signature; 
mais  elle  a  empoclu''  un  ailicle  signé  Garai,  détail 
qu'elle  néglige  perfidement  de  mentionner  dans  son  ré- 
quisitoire, où  elle  me  signale  comme  un  homme  qui  se 
dérohe  à  ses  obligations.  —  Quant  aux  plaisanteries  de 
M.  Nogeni-Saint-Laurens,  il  ne  m'appartient  pas  d'en 
apprécier  l'atticisme.  Ses  aimable?  procédés  n'étonne- 
ront, du  reste,  aucun  homme  de  lettres.  M.  Buloz  s'est 
iii'ouillé  avec  MM.  Victor  Hugo,  de  Balzac,  Alexandre 
Dumas,  Alphonse  Karr,  madame  Sand,  Félix  Pyat, 
Philarète  Chasles,  et  tous  ceux  qui  ont  eu  le  malhenr 
de  contribuer  à  la  fortune  de  son  recueil.  C'est  là  sa 
manière  de  comprendre  la  reconnais.sance. 

Agréez,  etc. 

Théophile  Gautier. 

Disons,  pour  compléter  ces  renseignements,  que  ce  procès 
n'eut  pas  de  suites,  M.  Mirés,  le  linancier,  avant  fait  désin- 
téresser la  Revue  des  Deux-Mondes,  qui  resta  pourtant  lios- 
lije  à  l'éiM-ivain  depuis  cette  époque  jus(iu'en  iilCi. 

Tous  ces  dissentiments  s'efî'acérent  pendant  le  siège  de 
Paris,  et,  peu  do  temps  avant  sa  mort,  Théopliilc  (Jautier  pré- 
parait un  travail  pour  cette  Revue  même.  Il  voulait  écrire 
pour  elle  un  arlicli^  sur  l'album  de  Goya  :  /es  Midheurs  de  la 
guerre,  que  M.  Pliili|)pe  I3urty  lui  avait  prêté.  Ce  projet  ne 
|)iU  maltieureusement  étie  e.xécuté.  Eugène  de  Mirecourt, 
dans  sa  biographie  de  Théophile  Gautier,  dont  la  première 
édition  fut  publiée  en  iH'.)l\,  raconle  d'une  r.içon  piqnanlc  les 


.'•H  IIIMOIKI;  l)i;s  (illDVUES  l>i;    TH.   (.\lTli;i!. 

(Ii'lails  (le  Cl!  pidcrs  ;  (jii(»ii|iii'  rillc  iiolicc  snil  pliiiic 
iriiicxacliludt'S,  par  cxciiipli',  l'ai  li  ilinlidii  a  (i.iiilici  iriim- 
part  (11-  ((illalKtialinn  à  la  pi^fc  de  Lrnii  (in/lan  :  Unr  Goutte 
tir  luit,  tomlK-i'  aux  Vai  i'-lrs  t'ii  jSl'.),  rllc  est  iiiti'Tessanlo  à 
ronsiiilt'i'. 

12;j;>.  (»ii;n\  :  Restauration  de  la  salle.  —  Tli.  des  Va- 
lUKTKS  :  Los  Trois  sultanes.  —  roiiTi-S  \i.m-Mai!Tin  :  Harle- 
quin  et  Hudibras,  pantomime  anglaise.  -  Tiiii.vTui;  i>r 
<'.inyui-:  :  Le  Consulat  et  l'Empire.  —  Concours  du  Conser- 
vatoire. L'i   l'nssr,  s  aiiùl    IS.;:!. 

I2:U">.  DiMCH.x.  —  Italikns.  —  V'AUDr.vii.i.i;  :  Danseurs  an- 
glais. —  C.iHoi'K  DK  i.lMi'KRATiiir,K  :  débuts  de  M  Mac- 
Cullum  ;  Laristi.  —  (Iymnask  :  Les  Jeux  innocents.  Tutti 
Frutti  :  (les  Livres  de  MM.  Paulin  Limayrac  et  Labat  ;  les 
Statues  du  pont  d'Iéna).  L<i  l'rrssc,  \'.>  aoùl   [H'.ï.i. 

12:J7.  Courses  de  Taureaux-   à    Saint-Esprit.  Lu  r/f.ssr, 

!)  scptitiiliif  IN.'iit. 

l2:iN.  Oi'kha-Comiouk:  :  Le  Nabab.  —  Thkatre-Lyrique  : 
La  Moissonneuse.  Lu  Prrssr,  (i  scpirmluc  in:;:i. 

12:t'.i.  Upkua.  —  Itamkn.^.  —  .\mi)1(;u  :  Le  Voile  de  den- 
telles. —  Vaudeville  :  La  Bataille  de  la  vie.  La  l'rcssf, 
\2  so]ttt?nibro  181)3. 

l:2Wi.  (ivMNASK  :  Le  Pressoir.  —  Tli.  des  VARiiiiKs  :  Les 
Enfers  de  Paris.  —  Ouverture  de  l'Opéra.  La  Presse,  19  sep- 
tembre d8o3. 

1240  bis.  Constantinople  :  XV,  Le  Beïram  ;  XVI.  Le  Char- 
lemagne:  les  Incendies  :  XVII.  Sainte-Sophie:  les  Mos- 
quées; XVIII.  Le  Sérail  ;  XIX.  Le  Palais  du  Bosphore;  sul- 
tan Mahmoud;  le  Derviche;  XX.  L'Atmeïdan.  [En  vuluau', 
chapitres  XX,  \Xi,  XXII,  Wlll,  XXIV  et  WY.)  Ln  Presse, 
20,  21,  22,  23,  24  et  25  septembre  1853.  Le  incinier  jiaïa- 
prapho  (lu  feiiilleloii  du  25  seplenibie  a  été  coupé  en  volume; 
nous  allons  le  reproduire  ici,  et  l'on  eu  comprendia  facile- 
ment la  suppression,  l'erreur  signalée  étant coirigée  dans  le 
livre  : 


i.s;;:;.  -,9 

Avant  d'aller  plus  loin,  reclifions  une  orréur  de  nom 
que  nous  avons  commise  dans  noire  article  sur  Sainte- 
Sophie,  en  attribuant  la  restauration  de  ce  monument 
à  M.  Ferrari:  —  c'est  Fossali  qu'il  fallait  dire.  —  Le 
nom  de  l'habile  architecte  s'était  accioclié  à  notre  mé- 
moire, comme  avec  deux  épingles,  par  la  première  et  la 
dernière  lettre  ;  le  milieu  s'était  efïacé  de  notre  souve- 
nir, ordinairement  lîdèle.  —  Puisque  nous  en  sommes  à 
M.  Fossati,  disons  qu'il  a  construit  de  son  chef,  à  Péra, 
lemagnilique  palais  de  l'ambassade  de  Russie,  qui  saisit 
si  vivement  l'œil  loi'squ'on  arrive  du  large,  et  le  nou- 
veau Collège  près  de  la  place  Bab-Hummayoun.  — 
Cette  faute  réparée  et  cette  justice  rendue,  passons  à 
l'Atme'idan. 

1241.  Opéra  :  ^lia  et  Mysis.  —  Thkatue-Lvrique  :  Bon- 
soir voisin.  Lu  Presse,  26  septembre  181)3. 

12i2.  Beaux-Arts  :  Palais  des  Beaux-Arts  ;  envois  et 
prix  de  Rome.  La  Presse,  l^f  oclol)rc  {8;»::!. 

1243.  Odéon  :  Guzman  le  brave.  —  Porte-Saint-Martin'  : 
Les  Sept  merveilles  du  monde.  —  (Italiens.)  La  Presse, 
4  octoljre  18;J3. 

1244.  Théâtre-Lyrique  :  Le  Bijou  perdu;  débuts  de  ma- 
dame Marie  Cabel.  —  Gaité  :  Georges  et  Marie.  —  (Nou- 
velles.) La  Presse,  10  octobre  1853. 

1245.  Théâtre-Français:  La  Jeunesse  de  Louis  XIV  et  la 
Jeunesse  de  Louis  XV.  —  Italiens.  —  Théâtre-Lyrique  :  Le 
Diable  à  quatre.  —  Hippodrome.  La  Presse,  17  oclobre  1853. 

1246.  Opéra:  Le  Maître  chanteur.  —  Théatre-Franqais  : 
Murillo.  —  Opéra-Comique  :  Colette.  La  Presse,  24  oclo- 
bre 1853. 

12i0'''-"  Constantinople  :  XXI.  L'Elbicei-Atika:XXII.Kadi- 
Keuï;  XXIII.  Le  Mont  Bougourlou;  les  Iles  des  Princes.  (Kn 


(50  lllSTdlHK  l»KS  («irVlil-.S  l)i:    lll.  (.Al  Tli:ii. 

Vdlmnc.  ili,i|iilr(s  WVI.  WMI  d  WMII.^  I,;  frrssr,  iS,  i'.) 

l't  ;i()  txidliit'  is;i;i. 

1247.  «ivMNASK  :  Le  Pour  et  le  Contre.  Th.  îles  Va- 
lUKTfs  :  Pcpito.  —  Amiiici  :  La  Prière  des  naufrages.  — 
TiiKATiii'.-l.viiHjt  i;  :  Le  Danseur  du  roi.  I.'i  /'/cs.sv,  ;{|  (.cin- 

iiiv  i,s;;:i. 

\i\:  ^''•-  Constantinople  :  XXIV  et  XXV  fin).  Le  Bosphore. 

(lui  Vdlfimi',  'liapil  les    \\l\    il    XW.    Le   diTiiici    ih'  imh'Ic 
jiiicim  lilii'.'   [ji  l'rrssr,  I    r|   2-'\  iHivi'iiilii'i'  |S!i:t. 

l2iS.  Tiii;ATiii:-Kit.\.\r,Ai';  :  Une  Journée  d'Agrippa  d'Au- 
bigné.  —  Tli.  di's  Vahiktks  :  Le  Cousin  du  roi.  —  Vai  ni- 
VII. i.K  :  Les  Vins  de  France.  --  Soirée  chez  madame  Roger 
de  Beauvoir.'  Lu  /'/t.s'.v,  s  ihim'iiiIh'i'  |.s:;:î. 

12  4',».   OiMCRA  :  Jovita.  —   (iAin::  :  La  Forêt  de  Sénart: 

l'Idiot.  —    Dlil.ASSIiMKNTS.   —   h'AI.IKNS.     L^l  /'/TSSr.    |:i   IKiVCIII- 

liiv  is:.:i. 

12;iO.  iiAi.iKxs  :  Réouverture  :  La  Cenerentola.  —  (ivM- 
NASE  :  Diane  de  Lys.  —  Odkon  :  Reprise  de  la  Grand  Mère. 
La  Presse,  23  novembre  IS.'i;]. 

i2:il.  Italiens:  Rentrée  de  Mario;  Lucrezia  Borgia.  — 
Th.  des  Vahiktks  :  Les  Trois  gamins.  —  (iAiTK  :  Les  Cosa- 
ques. —  riii:Ariii:-l'HANr,Ais  :  Mademoiselle  Fix,  dans  II  ne 
faut  jurer  de  rien.  —  Thkatue-Lvuioui:  :  Madame  Colson, 
dans  les  Amours  du  Diable.  —  Sali.e  Hehz  :  Concert  de 
Chélard.  Li  Presse,  2'.)  novciuhre  ISii:!. 

12:12.  Odkon  :  Mauprat.  —  Italiens  ;  Mario  et  la  Frezzo- 
lini  dans  I  Puritani.  L'i  Prrssr,  8  déeeini)iv  l.s.';;i. 

I2.12'"'-  Nouvelle  galerie  des  artistes  dramatiques  vi- 
vants, etc.  Poitrails  accoiupaf^nés  (Tiiiie  iiolifi;  par 
M.M.  Alexandre  Dumas,  Théophile  daiitiei",  etc.  Iii-S"  d'une 
denii-feuilli',  plus  deux  portraits  en  iiitd.  Imju  inici  ic  de 
madame  Dundrij-Diipré,  à  Paris.  —  A  Paris,  baulerard 
Snint-M(trtin,  n°  12.  Prix  de  clnuiue  livraison  :  oO  centimes. 

Nous  inditpions  ici  ce  recueil,  iusciit  sous  le  n°  7407  delà 
Bibliographie  de  In  France  du  10  décembi'e  18o:î,  ui)i(pieniiMit 


1853.  GL 

pour  iiveilir  nos  lecteurs  que  malgré  le  nom  de  Théophile 
(lauliei-,  iasoril  au  lilre  parmi  ses  auteurs,  il  n'a  jamais 
i'oiu'ni  une  liniic  à  celte  puljlicalion. 

li'.V.i.  Opkra  :  Représentation  extraordinaire  —  Tufatuk- 
Fran(;ais  :  Louis  XI.  —  Vaudevu.lk  :  Les  Orphelines  de  Val- 
neige.  —  Théâtre-Lyrique:  Georgette  :  reprise  de  Si  j'étais 
roi.  —  (Concerts.)  La  Prfs,^c,  14  décembie  18o3. 

12o4.  THÉATRE-FHANr.Ais  :  Représentation  au  bénéfice  de 
mademoiselle  Georges.  —  Th.  des  Variétés  :  Le  Mari  par 
régime.  —  Italiens  :  La  Frezzolini  dans  Lucia.  La  Presse, 
20  décembre  18;;3. 

[■2'M'>.  HiBi.ioGRAPHiE  :  Réimpression  des  Œuvres  de  Charles 
de  Bernard.  Le  Moniteur  univcn^rA ,  24  décembre  18:i3. 

12;i6.  Théâtre  du  Cirque  :  La  Poudre  de  Perlinpinpin.  La 
Presse,  27  décembre  18o3. 

\:l'M.  iJiBMOGRAPHiE  :  Scéues  et  Récits  des  pays  d'outre- 
mer, par  Théodore  Pavie.  Le  Muniteur  universel,  31  de- 
cemJjre  1833. 


1  S5  i 


i2,">8.Lied.  llrrin'  dr  l'uris,  l<'''  janvier  IS.'ii.  Ces  vers  soiil 
eiilrôs  (>n  18!)8  dans  la  Iroisiènie  édition  (mai  i|iii'c  sccomlc) 
di^s  ÉnidKX  et  Cainics,  qu'ils  n'oni  plus  (piilh's  (lr|tiiis. 

r2.'i'.i.  TiiKATUK-rRANnAis  :  La  Pierre  de  touche   —  npiiuA  : 
Betly.  —  (•pi:n\-("o.MiQn':  :  Les  Papillottes  de  M.  Benoist.  — 
Albums  de  musique.)  /.'/  l'rrssf,  1  janvici  Isiii 

1200.  Galerie  de  Portraits  du  dix-huitiéme  siècle,  par 
Arsène  Houssaye.  Li   Mniiilrur  imlirrsi  I,  7  janvier  IS.'ii-, 

1261.  Théâtre-Lyrique  :  Elisabeth.  —  Odicon  :  Souvent 
femme  varie.  —  Th.  des  Variétf.s  :  Oiseaux  de  la  rue.  Lu 
Presse,  1(1  janvier  18i)4. 

12(V2.  Scènes  et  Proverbes,  par  Octave  Feuillet.  L'Mnni- 

hiir  uiiircrsi'l,  1  i- Janvii'i'  iNiii. 

12()3.  Italiens  :  Le  Barbier;  Hernani:  l'Italienne  à  Alger. 
—  Opkra  :  Rentrée  de  la  Cerrito  dans  Orfa.  —  .V.muigu  :  Le 
Juif  de  Venise.  LaPresst\  lu  janviei-  \H'^'^. 

12<7'k  Paris  démoli;  mosaïque  de  ruines,  par  Edouard 
Fournier.  Le  Mrmiteur  universel,  21  Janvier  18a4.  Cet  arlicle 
a  été  léinipiimé,  en  ISlivi  et  on  1883,  ('(iinnie  Vrrfucc  de  la 
deuxième  et  de  la  troisième  édition  du  livic  même  de 
M.  Edouard  Fournier,  et,  en  1835  (daté  18o6),  dans  Paris  et 
les  Parisiens  an  A7A''^  aièclc;  il  y  est  inséré,  tiès  diminué  et 
falsifié,  sous  le  titre  de  :  MnHaique  de  ruines. 

I2A:;.  T]iéatre-Fran(]ais  :  Romulus.  —  Opkra  :  Sophie 
Cruvelli  dans  les  Huguenots.  —  Vaudeville  :  Louise  de 
Nanteuil.  —  «Musique.)  La  Prexs»',  24  janvier  \K.\\, 


18û4.  63 

1266.  Récits  du  Temps  passé  ;  Caractères  et  récits  du 
temps,  par  Paul  de  Molènes.  Lr  Mnaitrur  universel,  28  jan- 
vier 18o4. 

1267.  Italiens  :  L'Italienne  à  Alger:  la  Somnambule.  — 
OoiioN  :  Anniversaire  de  Molière  (Ode  de  PhiJoxène  Boyerj. 

L((  Prenne,  :\\  janvier  IN.; t. 

1268.  Fantaisies  d'hiver.  Rcruc  de  Furi^,  1*=''  lévrier  1854. 
Ces  vers  son!  entrés  en  1858  dans  la  troisième  édition  (mar- 
(|iiée  deuxième)  des  Émaux  et  Camées,  qu'ils  n'ont  plus 
quittés  depuis. Voici  quelques  variantes  inédites  de  ces  vers  ; 
la  strophe  cinq,  d"a1)iird,  esl  écrite  ainsi  : 

Les  vases  ont  des  (leurs  de  glace  ; 
Au  sol  blanc,  de  micas  piqué, 
Des  paillettes  luisent,  par  place. 
Comme  au  parquet  d'un  bal  masqué. 

La  strophe  six  a  deux  variantes  complètes,  dont  le  dernier 
vers  est  pour  toutes  deux  celui  du  texte  : 

Vénus,  croisant  sa  palatine. 
Semble,  en  sa  morne  faction. 
Sous  l'aigre  vent  qui  la  lutine, 
La  Frileuse  de  Clodion. 

Vénus  qui  tremble  et  fait  la  mine, 
A  mis  les  mains  dans  son  manchon, 
Et  semble,  en  son  camail  d'hermine, 
La  Frileuse  de  Clodion. 

La  strophe  dix  est  écrite  sous  ces  deux  formes  : 

J'aime  les  satins  et  les  moires, 
Et  plus  encor,  par  les  grands  froids, 
Les  fourrures  rousses  ou  noires, 
Dépouilles  opimes  des  bois. 


r,i  iii>T(iinr  itKS  (iKrviiKS  i>i'.  TH.  caitikiî. 

(Juf  l'.iiiiii'  à  \nir.  sur  di's  |mmii\  ddiircs, 
Se  lii'iisscr  siiii\iij;('iiitMil 
Les  riMiiinrcs  linincs  ou  rousses, 
Anli(|ii('  cl  iircmicr  Nriciiiciit  1 

l',l  l.i  sliii|(lii'  i)ii/.i'  .liiisi  : 

r.oiilraslc  ('lianiiiiiil  cl  l)ai'li;iiv  ! 
Le  |)oil  (In  \is()ii  et  de  l'ours 
Sur  li's  rcuiiiM's  (|U('  snil|it('  IJarrc 
So  lit'rissi'  |uvs  (lu  \clours. 

1,1'  dcniii'i'  vers  dr.  la  .slioiilic  hci/c  ùlail  d  aburd  celui-ci, 
dans  /'/  Hrriir  dr  l'avis: 

(j'aignez  votic  pied  aiidalouv... 

La  sLr(i|'lie  entière  (''(ail  |irinnlivinienl  ée'rile  ainsi  : 

Si  vous  sortez  \y,\v  celle  neige, 
Vous  croyant  niasquî'e  aux  jaloux 
Par  le  voile  qui  vous  protège 
Mieux  que  le  velours  noir  des  loups  ; 

\()ici  enlin   un  eui  ieiix  iiagnienl   inédit,  oi    '''/s   dr    wiif 
2iicdt>,  qui  semble  t^die  un  autre  d(!'l)ul  de  la  pi(!*ce  : 

Le  doux  printeni[)s,  captif  sous  la  neige, 
Semble  dormir  d'un  pesant  sonnneil  ; 
Blanc  de  frimas,  l'hiver  nous  assiège, 
Et  nous  enchaîne  au  foyer  vermeil. 

Où  sont,  avril,  tes  amandiers  roses, 
Ton  aubépine  et  tes  fleurs  des  bois? 
Dans  les  bourgeons  les  feuilles  sont  closes. 
Et  les  passants  souillent  dans  leurs  doigts. 

Comme  un  fumeur  poussant  son  haleine 
Le  vieux  janvier,  tout  blanc  de  g]a(;ons. 
Dans  sa  peau  d'ours  traverse  la  plaine 
Carrick  au  dos,  —  aux  [»ieds,  des  chaussons. 


1854.  65 

1260.  L'Apothéose  de  Napoléon,  plafond  par  M.  Ingres. 

Li^  Monilru)'  universel,  4  févriei'  18o4.  Cet  article  a  été  réim- 
primé dans  y  Artiste,  le  \'6  du  même  mois,  et  il  est  entré  en 
ISiiB,  réimprimé  intégralement,  dans  le  volume  de  Théo- 
phile Gautier,  \'Art  moderne.  L'Artiste  de  juillet-août  1871 
en  cite  encore  une  partie,  falsiOée,  avec  un  fragment  de  Tar- 
ticle  sur  le  Salon  de  la  Paix  à  l'ilùtel  de  Ville  (voir  n»  1281), 
sous  le  titre  de  les  Chefs-d'œuvre  brûlés.  Le  titre  indiqué  à  la 
table  de  VAriiste  est  celui-ci  :  les  Monuments  Iniilcs  :  l'Hôtel 
de  Ville. 

1270.  Ttalien-s  :  La  Gazza  Ladra.  —  Tu.  dos  VARii'Ths  :  Le 
Bois  de  Boulogne  ;  Théodore.  —  (iy.uNASE  :  Débuts  de  Ber- 
ton  dans  Diane  de  Lys.  La  Presse,  7  février  1834. 

1271.  Les  Vierges  de  Raphaël  gravées.  Le  J/o?i«7c((r  »n/- 
verseif  11  février  18.")4. 

1272.  Théâtre-Français  :  Débuts  de  Dressant  dans  les 
Femmes  savantes;  Mon  étoile.  —  Th.  des  Vaiîii:tks  :  Les 
erreurs  du  bel  âge.  —  Tui:atri:-I,vrioue  :  Les  Étoiles.  — 
(Nouvelles  musicales.  Dictionnaire  de  musique,  par 
MM.  Escudier  frères).  L'/  Presse,  14  févi'ier  1854. 

1273.  Opéra-Comiquk  :  L'Étoile  du  Nord.  La  Presse , 
21  févi'ier  1854. 

1274.  Lorely,  les  Filles  du  feu,  par  Gérard  de  Nerval.  Le 

Muniteur  loiiversel,  2.)  f(':vrier  185 i-.  Cet  article  a  été  réiiu- 
prinié  en  1874,  à  la  suite  de  YHistoire  du  Romnnlism" ,  sous 
le  titre  de  Cjèrard  de  Nerval,  moins  le  [ircmier  paragraphe 
que  voici  : 

Lorely.  les  Filles  du  feu,  comme  presque  toutes  les 
publications  actuelles,  sont  des  tableaux  de  voyage, 
des  contes,  de  petits  romans  qui  ont  paru  à  diverses 
époques  dans  ditTérents  journaux  et  recueils.  —  Ces 
deux  volumes  nous  sei'viront  de  prétexte  pour  traiter 
avec  quelque  détail  la  physionomie  littéraire  de  Gérard 
de  ^'erval,  un  des  plus  aimables  écrivains  de  ce 
temps-ci. 

n.  5 


GO         msToiiii':  DKS  (ii;rviii;>  ni';  th.  «..m  tiiiiî. 

127.').  TiiKATiu'-KnANCAis  :  La  Joie  fait  peur.  Tiii:atui;- 
I.YiuovK  :  La  fille  invisible.  —  Concert  de  M.  Théodore 
Ritter.  Lu  Vrcssi\-18  féviier  IHiii. 

I27(i.  Peintures  murales  de  Saint  Rocli,  (par  M.  Théodore 
Chasseriau).  Le  Monildir  nnivrrsfl,  4  mars  l.Sil.  <rl  ailiric 
a  roparii  i-ii  I8:)(),  dans  le  tonm  11  de  :  les  Jirdiix-Arla  m 
Eid-opr,  sons  lo  lilro  do  :  lu  Vhuprllr  drs  fouis  buplisinmij;  à 
SuiiU-hnch,  par  M.  Chimsevinii. 

[■211.  Opkua  :  Madeiuoiscllc  Wertheiraber  dans  le  Pro- 
phète ;  M.  Brignoli  dans  Moïse,  —  Itai.ikns  :  Don  Giovanni. 
—  (Ii'i.ua  ('.  iMigi  K  :  L'Étoile  du  Nord.  —  (îvm.nasi;  :  Le  Père 
de  famille.  —  Th.  des  Vauiktks  :  Le  carnaval  partout.  — 
Concerts  du  Conservatoire.  /./  l'nnsr,  7  ni.ns  ISii'i. 

1278.  Album  ethnographique  de  la  monarchie  autri- 
chienne, par  Théodore  Valerio.  Le  Muniliur  iniivcrscl,  11  cl 
IS  uiius  hSi)!.  Ces  arlicles  uni  reparu  .sous  le  même  litre,  en 
I8.)(î,  dans  le  tome  deux  de  :  les  Bcaiix-Arls  en  Eumpe,  et  en 
1877  dans  le  tome  piemier  de  YOrieul.  joiiils  à  un  .iilirl.- 
dont  nous  parlerons  plus  loin,  sous  le  tilie  de:  Le  Dunidie  el 
les  jiopulalions  (hinubiennes,  d'après  les  aquarelles  elhnmjra- 
phiques  de  M.  Th.  Valerio  (Voir  n"  iTM). 

127'.).  Cirque-Napoli:ox  :  Mademoiselle  Aussude  :  les  élé- 
phants. —  (iYMNAsic  :  La  Crise.  —  Amukju  :  L'Enfant  du  ré- 
giment. —  (Nouvelles  musicales).  Lu  l'rrssr,  il  mais  icSilî. 

1280.  Oi'i.ra  :  (Mademoiselle  Cruvelli  dans)  la  Vestale.— 
Tiikathk-Lvumjui;  :  La  Promise  (Madame  Marie  Cabel).  — 
Concerts.  —  Panthéon  Nadar.  La  Vri's^e,  2t  mais  18.)4. 

1281.  Le  salon  de  la  Paix  à  l'Hôtel  de  Ville;  peintures 
par  M.  Eugène  Delacroix.  Le  Moniteur  nnirersri,  ^:,  mars 
18i)4.  Cet  arliele  a  été  réimprimé  dans  \'Arlls(e  du  l.'i  avril 
de  la  même  année,  et,  en  18o6,  dans  le  tonu;  11  ilo  :  les 
Beaiix-Arls  en  Europe.  Un  fragment  de  ce  travail  a  reparu 
encore,  falsifié,  dans  YArliste,  numéro  de  juillel-anùl  1871, 
avec  une  partie  de  i'arliele  sur  /''  Plafond  il'hiqns  à  fllodl 
de  Ville,  sous  le  titre  de  les  Chefs-d'o'Wre  brûlés.  11  est  indi- 
qué à  la  table  sous  celui-ci  :  Les  Monuments  brûlés;  l'Hôtel 
de  Ville  (Voir  n"  1269). 


1834.  67 

12S2.  Porte-Saint-Martin  :  La  vie  d'une  Comédienne.  — 
Ooiiox  :  Le  Laquais  d'Arthur.  —  (La  Messe  de  Camille 
Schubert.  Nouvelles  musicales).  La  l'rc.'ise,  28  mars  ISlii. 

1283.  Odelette  anacréontique.  Renie  de  Paris,  1"  avril 
1834.  Ces  vers  ont  reparu  eu  1838,  dans  Ja  Iroisième  édition 
(marquée  seconde)  des  Émaux  et  camées,  qu'ils  u'out  plus 
quittés  depuis.  Voici  une  vai'iante  inédile  de  cette  pièce: 


L'oiseau  craintif  ((ue  l'on  vent  prendre, 
Éclair  de  plume,  entre  les  doigts 
Glisse,  et  sans  en  vouloir  descendre 
Gagne  le  vert  sommet  des  bois  ! 

Ainsi  ma  passion  ailée, 
Timide,  écoutant  qui  la  suit,  . 
Quitte  le  sable  de  l'allée, 
Effarouchée  au  moindi'c  bruit. 

Balancée  au  l)Out  d'une  branche, 
Elle  se  tient  l'œil  en  éveil: 
(Ju  le  temple,  à  l'attiquc  blanche, 
Reçoit  son  pied  frêle  et  vermeil. 

Sur  le  banc  de  mousse  ou  de  marbre, 
Tranquille  et  muet  assieds-toi. 
Et  bientôt  du  temple  ou  de  l'arbre 
L'oiseau  descendra  sans  effroi. 

Tes  tempes  sentiront  près  d'elles 
Comme  un  souffle  venu  des  cieux, 
Une  palpitation  d'ailes, 
Un  frisson  de  duvet  soyeux! 

Et  la  colombe  api)rivoisée 
Sur  ton  épaule  s'abattra. 
Et  son  bec,  à  teinte  rosée. 
Aux  coupes  du  baiser  boira  ! 


6s         iiisToiiii;  i)i-:s  («a'viiKS  di:  iii.  (JAUTiiîu. 

Voici  oncoi'i.'  uni'  v;iri;mlf  tir  l;i   infiiiicif  il  ilr  la   Imi- 
siiMuc  slru|ilK'  tic  fflli'  vcrsidii  inrdilc  : 

L'oiseau  fiMintir  t|iit'  l'on  nciiI  picntlrc 
Omit'  l'ailo  cl  lit)iii|)t'  la  main  ; 
Il  it'slo,  sans  voult)ir  (It'srcndir, 

Siii'  un  ai'lii'c  an  ImmiI  <in  clirinin. 


lialaiift't.'  au  lioul  tl'unc  liiancht' 
Elle  se  li(Mit  l'ii-ii  i^i  t'vt'il  ; 
Ou  sur  unt^  corniclie  Itlaiiflic 
S'alial,  et  pose  un  pied  vermeil. 

l2S'i.  La  Divine  Comédie  du  Dante;  traduction  nouvelle, 
par  Pier-Angelo  Fiorentino.  7v  Mij)tit,:i(r  nuirrr^rl,  1"'  avril 
IN.;!. 

\19.'.\.  Itai.uins:  Otello  ;  Le  Stabat.  —  OniiiA  :  Mademoi- 
selle Wertheimber  dans  la  Favorite.  —  Tli.  des  V.\i<n:TKs  : 
L'Argent  du  Diable.  -  -  Th.  des  Baticnoij.es  :  L'Orient.  — 
Concert  de  M.  Henri  Herz.  —  Nouvelles).  Lu  Presse,  4  avril 
isiii. 

1280.  Le  Nil  (Egypte  et  Nubie),  par  Maxime  du  Camp.  L' 

MiinKfiir  uiiivcrsrl,  8  avril  Ibiik  C'A  arliçlc  a  (''ir   i'i'iin|nini(' 
eu  1877  ilans  le  tome  11  de  YOrient,  sous  le  lilie  de  :  le  Nil. 

1287.  Vaudevii.i.i:  :  La  Vie  en  rose.  —  A.\ibigu  :  Le  Pendu. 
—  Concerts.  Li  Presse,  1 1  avril  ISiii. 

1287 '''^  (Excursion  en  Grèce.  IV}.  Le  Parthénon.  L  Mu- 
nilciir  universel,  12  avril  18;i4.  Cet  ailicle  a  i'c|iaru  eu  IHO;; 
tlans  Loin  de  Paris,  loriiiant  le  cliu])ilre  premier  d'une  série 
inlilulée  :  En  Grèce,  tandis  tpi'il  en  est  au  contraire  le  cha- 
pitre quatre,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit  plus  haut  (Voir 
n"  1188). 

1288.  La  Chapelle  de  la  Vierge,  à  l'église  Notre  Dame-de- 
Lorette,  par  Victor  Orsei.  Le  Moniteur  universel,  Kl  aviil 


18.-;  4.  fin 

IS.'ii-.  Cet  aitioie  a  reparu  en  IH.'ifi,  dans  le  deuxième  voUinio 
(le  :  h's  Bemix-Arts  en  Eurnpe. 

1289.  Gymnase  :  Le  Gendre  de  monsieur  Poirier.  —Th. 
des  V.ARiÉTKs  :  Un  mari  qui  prend  du  ventre.  —  ('.n>,nui> 
Natioxal  :  Constantinople.  La  l'n ssc,  l'.i  avril  1854. 

121)0.  Chapelle  de  l'Eucharistie  à  Notre-Darae-de-Lo- 
rette,  par  M.  Périn.  Le  Mniiiieur  unirersel,  22  avril  ISai-. 
Cet  article  a  i-eparii  en  IS.'W),  dans  le  tome  II  tie  :  /es 
Beaiix-Arls  in  Europe. 

1291.  Pohte-Saint-Martin  :  La  Chine  en  France:  Jon- 
gleurs chinois.  —  Tiiicatuk-I.vriolie  :  Une  Rencontre  dans 
le  Danube.— (Concerts.  Nouvelles.)  La  Presse,  2.'i  aviil  18."1'k 

I2'.>1  '"\  Excursion  en  Grèce.  (V).  Le  Temple  de  la  Vic- 
toire Aptère.  Le  Moiiiteur  lutircrsel,  29  aviil  i6',)'t.  Gel  article, 
réinii)ri)né  dans  V Artiste  du  17  décembre  de  la  même  an- 
née, entra  ensuite,  en  18()."),  dans  Loin  de  Prn'i.s",  coninie 
deu.xiéme  chapitre  de  la  série  intitulée  En  Grèee,  donl  il  est 
au  contraire  le  chapitre  cinq,  ainsi  ([ue  nous  l'avons  dit  plus 
haut  (Voir  n»  1188). 

1292.  Itamkns  :  Béatrice  di  Tenda.  —  Tiii:ATiu:-Fr,ANÇAis  : 
Mademoiselle  Aïssé.  —  Oijéo.n  :  La  Servante  du  Roi.  — 
Gaîté  :  La  Bonne  aventure.  —  ïhéatue-Lyuique  :  La  Reine 
d'un  jour.  ~  (Nouvelles).  La  Presse,  2  mai  1854. 

1292'"\  Excursion  en  Grèce.  (VI).  L'Érechthéum,  le  tem- 
ple de  Minerve  Poliade,  le  Pandrosium.  Le  Moniteur  universel, 
0  mai  1854.  Ge  chapitre  est,  malheureusement,  le  dernier 
([u'ait  écrit  l'auteur,  et  cet  (iuvra<;e  resta  inachevé.  lli'e])arnt 
dans  l'Artiste  du  15  mai  de  la  même  année,  et  entra,  en 
1865,  dans  Loin  de  Paris,  comme  chapitre  trois  de  la  série  : 
En  Grèce,  dont  il  était  en  iéalit{''  le  chapitre  si.x,  ainsi  que 
nous  l'avons  dit  plus  haut  (Yoii-  n"  1188). 

129.3.  Italiens  :  Nina  Pazza.  —  Th.  des  Vaiuétés  :  L'Es- 
prit familier;  La  Question  d'Orient:  La  Femme  à  trois  ma- 
ris ;  La  Queue  de  la  poêle.  —  Vaudeville  :  Bertrand,  c'est 
Raton.  —  Concerts.  —  (Nouvelles).  La  Presse,  9  mai  185k 


"70         iii^Tniiu:  i)i:s  (»i:i  vuKS  dk  th.  i,\i  tikh. 

1201.  Laboureurs  et  soldats,  par  J.  Autran.  /.'  .]l<>)iilriir 
imivrrsil,  \:\  iii;ii   iSil. 

t-2'.»:;.  liAi.iKNs  :  Fin  de  la  saison.  —  Opkiia  :  La  Reine 
de  Chypre.  —  Tli.  d'  -  \  aiui  ri;s  :  Monsieur  de  la  Palisse. 
—  Illustrations  de  Rabelais,  par  Gustave  Doré.  —  Chro- 
nique musicale.  /.''  /'/'.ss-,  ii;  in.ii  isiii. 

I2'.t(").  TiiiiATiiK-LviuorK  :  Maître  Wolfram.  —  Odkiv,  :  Que 
dira  le  monde?—  l'oiiTi:-SAiNT-.\lAiiiiN  :  La  Bête  du  bon 
Dieu.  L'i  l'iis.si-,  l't  mai  ls;»i.  Disons  ici  (|ii"uiic  part  de  cul- 
lalioralidii  à  l'i'l  opéra  tir  Maître  Wnl/'rtnii  l'ut  (pichiiiclois 
alli'il>u(''e  à  Tlii'opliilo  (iaiit  icr,  dont  li>s  lionnes  iclat  ions  avec 
M.  Hevcr,  l'autour  ûo  la  innsiipir,  rtait-nt  ronnni's.  Dcpnis 
la  ujorl  (lu  j)Oi''le,  le  nuisicieii  a  raconté  lui-iucnic,  dans  le 
Jimninl  drs  Drbdis  des  i"""  novcndnc  1872  et  13  dcceinliT'O 
1873,  la  pail  cpii'  TlK'opliilc  (ianlicr  avait  pi'isc  à  cet  on- 
vi-a^o,  dont  deux  Iraj^nn-nts  ont  été  insérés  dans  ses  l'ar- 
sirs  complrlca,  en  d87().iNoiis  en  ])ark'ions;i  leur  date  d'appa- 
rition. 

1-207.  Bibliographie  et  peinture  :  L'Ame,  par  M.  Louis 
Janmot.  Le  Moniteur  iiniversel,  26-27  mai  18;>4. 

1298.  Gemma,  liallcl  en  dcnx  ados  cl  cinq  talilcanx.  Li- 
vret de  M.  Tliéopliil(!  (iatitier,  ninsi([nc  di;  M.  le  comte  (!a- 
lirielli,  chorégraphie  de  madame  CerriLo.  RepréscnLi'  ponr 
la  |»remièrc  fois  sur  le  théâlvc  de  fAcadi'mic  impéi'iale  de 
musique,  le  31  mai  1854.  In-12  d'une  demi-t'ouille,  18  pages. 
Imprimerie  de  madame  Dondeii-Diiprr,  h  Paris.  —  A  Paris, 
chez  Mirhcl  Lvrij  frères,  rue  Vivienne,  n^  2  '■''.  Prix,  1  fianc. 

Ce  ballet,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n"  32;)0  de  la 
Bibliographie  de  la  France  dn  10  Juin  1854,  fui  réimprimé 
grand  in-8"  à  deux  colonnes,  en  1860;  en  1872,  il  entra  dans 
le  r/ie'?^re  de  son  auteur,  ({u'il  n"a  pins  (piitl(''  depuis. 

1299.  Vaudeville  :  Le  Marbrier  ;  Le  Bûcher  de  Sardana- 
pale.  —  Th.  des  Vabiéti's  :  Sous  un  bec  de  gaz;  Pas  jaloux. 

La  P;v's.sT,  5-6  juin  1854. 

13(»().  Œuvres  de  Henri  Conscience  ;  Scènes  de  la  vie  fla- 
mande. Le  Moniteur  unirerset,  lOjnin  1854. 


18ii4.  71 

1301.  Opéra  :  Gemma.  —  (Iymnase  :  La  Perea  Nena;  La 
Comédie  au  château.  —  Palais-Royal  :  Espagnolas  et  Boyar- 
dinos.  —  (L'Orphéon).  La  Presse,  13  juin  IS.ii.  I.a  [larlio  de 
cet  aiiicle  relalivn  à  Gemma  a  été  réimprimée  en  1877  dans 
la  seconde  édilion  du  Thrâlre  do  Théophile  Gautier. 

1302.  (Vente  de  la)  Collection  de  feu  madame  Gentil  de 
Chavagnac.  Cartons  de,  Jules  Romain.  La  Vresse,  il)  juin 
is;ii. 

1303.  THiiATRE-FRAN(]Ais  :  Le  Songe  d'une  nuit  d'hiver.  — 
Opéra-Comiouk  :  La  Fiancée  du  Diable.— Th.  des  VAuiiirics  : 
Dromadard  et  Panadier.  La  Presse,  20  juin  iSoi. 

1304.  Théatrk-Fuaxçais  :  La  Reine  de  Lesbos.  —  Porte- 
Saint-Martin  :  Schamyl.  La  Presse,  30  juin  IS.'ii. 

130;i.  Opéra-Comique  :  Les  Trovatelles.  —  Gymxase  :  Les 
Amoureux  de  ma  femme.  —  Porte-Saint-Martin  :  Décors 
et  costumes  de  Schamyl.  La  P/cssc,  ij  juillet  IS.ii. 

1306.  Retraite  et  mort  de  Charles-Quint  au  monastère 
de  Saint-Just,  par  M.  Gachard.  Le  Moniteur  loiiversel,  7  juil- 
let IHiJi. 

1307.  (Annonce  de  départ  pour  l'Allemagne).  —  Th.  des 
Vai'.ietios  :  L'Ondine  et  le  Pêcheur;  Une  Idée  de  jeune  fille; 
Les  Noces  de  Merluchet.  —  Palais-Royal  :  Un  mauvais 
coucheur.  —  Gymnase  :  La  Perea  Nena.  —  (Nécrologie  : 
Georges  Bousquet;  Jules  Séveste).!'/  Presse,  11  juillet  18oi. 

1308.  Léopold  Robert;  sa  vie,  ses  œuvres,  sa  corres- 
pondance, par  M.  Feuillet  de  Conches.  Le  .][niiiirur  univirsel, 
lo  juillet  ISiii. 

1309.  Théâtre  royal  de  Munich.  I)  :  Antigène  ;  La  Fiancée 
de  Messine.  La  Presse,  18  jnlllet  1854.  Cet  article,  moins  le 
dernier  paragraphe,  a  reparn  en  18o6  dans  le  volume  de 
Théophile  Gautier  :  \'Art  moderne,  formant  le  chapitre  pre- 
mier de  la  série  intitulée  :  Le  Thrâlre  à  Mimieli. 

1300  2".  Théâtre  royal  de  Munich.  (IV  :  Nathan-le-Sage; 
Emilia  Galotti,  de  Lessing;  Le  Prophète,  de  Meyerbeer.  La 


hr^!ii\  2'.\  juill.'l  is.'i'i.  (^«l  ;irlicli'  a  l'i'pnni  on  IS.'iD  dans  lo 
voliiini'  (If  Tlii'i>|iliili'  (iaiiliiT  :  \' .\rl  niinli'iiif,  lornianl  le  clia- 
piliv  tit'ux  (Ir  la  sriif  inliluliT  :  l.r  Thrdtrr  à  }]iiiii'h. 

1300  i".  Théâtre  royal  de  Munich.  (III)  :  Faust,  de  Gœthe. 

/,  /  /';','ssc,  '.\  août  1S,">V.  ('.('I  ailiric,  moins  li'  diirnir  païa- 
i;i'a|>lic,  a  rciiani  iMi  ISiiC».  dans  If  V(diinif  df  TJH'nidiilc  (iaii- 
licr  :  r.A/7  niidirnc ,  l'urniant  If  i'lM|iilii'  liois  du  la  si'ric 
inliluli'c  :  Lr  TfinUvr  à  Miiiiii-h. 

i;il(>.  École  moderne  allemande  :  I.  P  de  Cornélius.  II, 
Cornélius;  la  Glyptothéque;  la  Pinacothèque.  /.<  Mnitiinir 
iniircisi't,  10  v[  12  aoill  IH.'ii.  Cos  urLicles  onl  rcpaiii,  en 
l<S."i(),  dans  le  vuhinif  d»:^  Tiiénpldle  (iaiilicr  :  \Wv(  lumlirnr, 
sons  le  seul  lilre  do  :  Pierri'  tir  ('orin'-lius,  Lik^  jiailif  dn  |trf- 
niiordo  ces  articles  a  été  réiniiH  iniée  aussi  sons  If  tiii'c  de  : 
Ciinv'liii.'^,  dans   rA/7/.s7f  du  l'""  diM-i'inlu'c  IH'.t't. 

^:!^0'''^  Théâtre  royal  de  Munich.  (IV)  :  Egmont,  de 
Gœthe.  Départi.  —  Th.  des  VAunrrKS  :  Si  ma  femme  le 
savait!  Un  Spahi.  LaPrcsxr,  \o  aoùL  iS'.l'i.  Lfs  lia^nifnls  de 
cet  article,  (moins  le  dernier  paragraphe  ayant  huit  au  dé- 
part do  l'anlour),  relatifs  à  VEçimont,  de  fiœlhe,  ont  reparu 
on  1830,  dans  le  voinme  de  Thônpliile  (lanlici  :  Y Xti  mn- 
di'nir,  l'oiinanl  le  chapiUe  quatre  de  la  série  intitulée  :  Le 
ThMtre  à  Munich. 

1311.  Le  Nouveau  Louvre.  /.'■  Mniiilrur  miirrr^id,  19  août 
1854.  Cet  article  a  reparu,  dimiimi'',  l'ii  iH'.V.)  (dati';  iSiiô), 
dans  le  volume  collectif  inlitulT'  :  Paris  et  les  Parisiens  au 
(Ux-neiivième  sircle.  Il  y  forme  le  premier  cliapitre,  sans 
titre  particulier,  du  travail  de  Théophile  Gautier  intitulé  : 
le  Louvre  (Voir  u°  136;j). 

13 12.  Théâtre  de  Psi  de  Cassiopée.  Li  l'resse,  22  aoill 
18;; i..  Cet  article  a  reparu  en  1856  dans  le  volume  de  Tliéo- 
piiile  Gautier,  intitulé  :  VAii  inmlrnie. 

1312''''  et  1313.  Théâtre  royal  de  Munich.  (V)  :) Munich.— 
Opkr.\-Co.miol;k  :  L'Opéra  au  camp.  —  (Nouvelles).  La  Presse, 
29  août  1834.  Les  fragments  de  cet  arlich;  ayant  Irait  à  Mu- 
nich, moins  le  dernier  paragraphe,  ont  reparu  on  1836  dans 


18:;  4.  73 

le  volume  de  Théophile  (iauLiei'  :  VArt  moderne,  ronnaiit  le 
chapitre  cinq  de  la  série  intitulée  :  le  Théâtre  Rnijal  à  Muniih] 
il  ne  porte  aucun  litre  dans  cet  ouvrage. 

1314.  École  moderne  allemande  :  la  nouvelle  Pinaco- 
thèque. Le  MiiiiUeur  wiiverse},  G  et  13  seplendirc  1834.  Ces 
articles  ont  été  réimprimés  en  1830,  sous  le  seul  titre  de  : 
la  Nouvelle  V Inné othè fine,  tlans  le  vohiiue  de  Théophile  (iau- 
tier  :  VArt  moderne. 

1313.  Opéra  :  Ouverture;  Rentrée  de  madame  Stoltz.  — 
THÉATRR-FiiANÇAis  :  Rentrée  de  mademoiselle  Rachel  dans 
Marie  Stuart.  —  Itamkns  :  Programme  de  la  Saison.  — 
HippoDROMii:  :  Le  Siège  de  Silistrie.  —  Cirque  de  l'Lmpkra- 
TRicE.  hi  Presse,  10  si'[)tenilire  1834. 

i:iir>.  Italiens  :  Ouverture.  —  Opéha-Comique  :  Reprise 
du  Pré-aux-Clercs  ;  Les  Sabots  de  la  Marquise.—  rHi-ATRi:- 
Iahique  :  Réouverture  :  La  Promise;  La  Reine   d'un  jour. 

Lu  Presse,  10  octobre  183 i-.  Voici  un  Jiagment  inédit  coupe 
de  ce  feuilleton  : 

Théûli'C-FraïK'als  :  Ad^'ienne  Lecouvreur. 

L'on  commence  à  revenir  des  eaux  et  de.s  bains  de 
mer,  et  les  tliéàti'es,  sûrs  désormais  d'un  public,  don- 
nent leurs  plus  belles  pièces.  Mademoiselle  Rachel  s'est 
montrée  dans  Marie  Stuart ,  qui  n'est  pas  un  clief- 
d'ietivre,  certes,  et  dont  elle  fait  un  clief-d'iruM'e.  La 
voici  qui  anime  de  sa  vie  Advienne  Lecouvreur,  un  rôle 
qu'on  dirait  la  personnification  de  son  talent,  moins  la 
catastrophe.  Le  public  aime  beaucoup  à  voir  sa  tragé- 
dienne cliérie  parlant  tour  à  tour  la  langue  des  dieux  et 
la  langue  des  hommes,  dans  la  familiarité  delà  coulisse, 
puis,  dans  le  monde,  en  lutte  de  cœur  avec  les  grandes 
dames,  opposant  la  lierté  du  génie  à  l'insolence  du 
rang.  —  Le  naïf  enthousiasme  de  Michonnet,  ce  Père 
de  la  débutante  intellectuel,  amuse  et  fait  naître  un 


-1  IIISTOIHK  i)KS  (H'UVIIKS  DK  Tll.  (.Al  TlKll. 

Sdiii'irr  allciiilii.  ciii'  il  a  raison  ilc  \{)ir  plus  loin  (jnc 
loiil  If  iiioiidi';  il  n'a  pas  allcmlii  le  loiiiicnc  «les  ap- 
plaïKiisscnicnls  pour  dirr  à  la  paii\  rr  Jriiiir  lijlc  :  ((  Tu 
es  la  {tins  uraiidt'  acliicf^  de  Ion  lenips  »  

1:{I7.  Lettre  à  Louis  Desnoyers,  /v  Message)'  des  Ihoncs  cl 

(li's  />c/»'i/s<7/'S,   II"   I,   ^l.i    iiciciliic   IH.'ii. 

(".('Ili'     irllli',    ipic    IliMIS     allillis     cill'l'.    l'sl      IIIH'    pldlllcSSi'    tll' 

("ollaboralioli  ipii  tir  lui  iaiii.iis  Icniic.  l'.llc  lui  iiiipi  iiinf  in 
rar-siniilt'',  avrc  traiilii's  aiilnm  aplu's,  (lniiiics  ca  siipplé- 
iiient,  à  part  du  numOru. 

Mon  cher  Louis, 

Je  vous  remercie  d'avoir  pensé  à  moi  pour  le  Messager 
(les  dnmeset  des  defiwisclles;  c'est  un  plaisir  de  s'adres- 
ser à  lin  si  cliariiiaiil  aiidiloiir.  ri  si  je  trouve  quelipu' 
chose  (jiii  ne  soit  pas  trop  indiuiic  de  lii^urer  parmi  les 
noms  illiisli-t's  qm'  vous  avez  déjà  réunis  .  je  vous  l'en- 
vi'i'rai. 

Théophile  Gautier. 

1318.  Chant  et  Poésie,  par  Auizaslf  de  Cliâtilinn,  précédé 
d'une  préface  par  TiiéopUilc  liautier.  Iii-t2  de  0  IViiilIrs, 
VIII-13G  pages.  Iinpriinci'ie  de  P///".V,  à  Montmartre.  —  A 
Paris,  cliez  Dcnlii,  au  t'alais-Royal.  Prix,  1  fr.  :iO.  (Daté  iSlui). 

Ce  volume,  dont  Alexandie  Dumas  inidil  compte  dans  le 
MnUAfjuelvire  du  i;>  octobre  ISoi,  et  cita,  dans  le  numéro 
du  19,  la  préface  de  Tliéoi>lule  (îautiei',  est  inscrit  sous  le 
n»  6190  de  la  Tliltliiigraphic  de  la  Fiance  du  21  octobre  18:)4. 
11  en  fut  fait  deux  autres  éditions,  augmentées,  en  1860  el  en 
1866.  Voici  la  Préface  de  Théoplulc  fiaulier  : 

Voici  un  petit  livre  qui  a  l'avantage  de  ne  pas  être 
l'œuvre  d'un  poète  de  profession,  avantage  immense  en 
ce  temps  d'inspiration  factice,  où  le  procédé  remplace 
h^  sentiment,  où  des  rimes  toutes  faites  viennent  s'ajus- 


in 


for  (l'f-lles-raômes  à  des  idées  lombées  dans  le  domaine 
public.  —  Rien  ici  qui  sente  la  résolution  prise  d'avance 
de  faire  un  volume;  ce  sont  des  pièces  de  vers  descriji- 
lives  ou  philosophiques,  des  chants  gais  ou  tristes, 
venus  à  leur  heure  sur  un  rayon  de  soleil,  sur  un  souffle 
de  lu'isc  parfumée,  à  l'ombre  d'une  tonnelle,  dans  le 
calme  de  l'atelier,  au  milieu  de  la  joyeuse  agitation 
d'une  cuisine  d'auberge,  le  long  de  la  rivière  qui  sou- 
lève le  bout  des  cheveux  du  saule  ;  au  pied  des  moulins 
de  Montmartre,  dont  le  tic-tac  semble  scander  les  vers; 
à  Enghien,  ù  défaut  du  lac  d'Elvire  et  du  lac  Majeur,  ou 
parmi  les  petits  jardins  de  lilas  et  d'aubépine,  dont  les 
branches,  quand  on  les  dérange,  laissent  tomber  des 
souvenirs  avec  des  perles  de  rosée  et  des  gouttes  de 
pluie  semblables  à  des  larmes.  Une  fraîcheur  toute  mo- 
derne s'allie,  dans  ce  charmant  recueil,  à  la  franche 
saveur  gauloise.  La  stance  alterne  avec  le  couplet  le  plus 
harmonieusement  du  monde.  Si  l'auteur  est  sensible  au 
bleu  argenté  du  clair  de  lune,  le  rouge  clair  qui  scin- 
tille au  ventre  d'une  bouteille  ne  lui  déplaît  pas.  Libre, 
pur,  sincère,  il  lève  franchement  son  verre  plein  de  vin 
et  boit  sans  crainte  le  généreux  sang  de  la  vigne,  sûr  que 
son  honnête  souffle  n'amènera  aucune  parole  mauvaise, 
aucun  secret  immonde  sur  ses  lèvres  empourprées,  où 
la  chanson  voltige  comme  une  abeille  sur  une  fleur.  Il 
y  a  loin  delà  à  ces  stupides  refrains  bachiques  qui  font 
venir  la  nausée  comme  un  mélange  de  bois  de  campéche 
et  de  litharge.  M.  de  ChàtîUon  est  peintre;  l'habitude 
d'étudier  la  nature,  de  saisir  les  eff"ets,  de  suivre  les 
lignes,  d'apprécier  les  rapports  des  couleurs,  lui  a 
donné,  sans  qu'il  la  recherchât,  une  précieuse  origina- 
lité d'écrivain  ;  chez  lui,  point  de  descriptions  vagues, 


•7(5         iiisT(unF  itr.s  oi'fviîF.s  DK  TH.  (;\iTii:n. 

|>(>iiil  il.'  iiirl,i|iliii|-r-~  mal  siii\i('s:  cIiikiih'  (iIijcI  rsl  ;'i  sa 
|ilarc.  t'oiiimi'  ilaiis  iiii  lalilcaii.  aM'c  sa  liiiirK'rc.  son 
(Mil  lui'  |hmIi''i'.  sa  |iiM>pi'(li\  c  :  ses  ligures  soi  il  I  tien  |»la  li- 
totes, oui  mil'  iilixsioiioinii'  <lislin('lt\  cl  soiil  iii(li(|ii(''rs 
par  iiiir  loiicln  \\\i'  cl  s|iiriliicllr.  (>  (in'il  cliaiilc,  il 
siM'iiil  caiialilc  (Ir  Ir  (li'<^iin'i-.  ail  lirsoiii  iikmiic  de  le 
sciilplrr.  far  il  manie  aiis>i  bien  Icciscaii  (|iic  la  brosse: 
jamais  iialun'  ne  lui  pins  arlislc  Vi.uncllo,  ]iarolos  o\ 
miisiipii' (l'AnLiiislo  A*'  CJiàlilliMi  csl  iiiic  siuiialiiir  ipi'il 
poiii'rail  iiH'llic  an  lia-  dr  (•jiai'iiiir  de  s('s  (•liarmanlcs 
piècos,  donl  plusieurs  ne  seraieni  pas  di'pjaeées  parmi 
les  rliaiils  p(i|)iilaires  de  la  l''raiice,  (pie  l'ail  recueillir 
iiiainleiianl  le  Ministme  de  rinslriiclioii  piil)li(|ii('.  M.  de 
Cliàtillon.  lionne  forliine  (pie  lui  einieront  tous  les 
poiHes,  a  composé  plus  d'une  de  ces  chansons  rpii  sem- 
blent faites  par  tout  le  monde  el  n'avoir  jamais  eu  d'aii- 
leui':  telles  qu'en  inventent  les  carriei-s  en  tournant 
leur  Jurande  roue  l'ouge,  les  cliarreliers  au  linlement 
(les  grelots  de  leur  long"  atlela.ae,  les  compa.unons  en 
brandissant  leur  canne  eniiibann(''e  sur  le  (dieniin  du 
t(jur  de  l'rance,  les  villap'eois  en  vei-saiit  leur  liolle 
pleine  de  l'aisins  dans  la  cuve  de  la  vendan.t'e,  la  jeune 
lille  en  tirant  en  silence  son  aiguille  [uvs  de  la  reiuMic 
(pie  riiirondelle  libre  vient  agacer  de  son  aile.  —  Son 
auberge  de  la  Grand' Piiite,  enliv  aulres,  vaut,  par  ses 
tons  doux  et  bruns,  sa  chaude  couleur  enfum(''e,  un 
cabaret  d'Ostade.  Seulement,  la  lourde  ivresse  de  la 
])i('re  et  du  tabac  fait  place  à  l'entrain  philosophi(pie  et 
joyeux  de  bons  vivants  ti'impiant  à  ramiti(''  et  ser('\jouis- 
sant  devant  un  bon  feu,  (r(Mre  à  l'alii-i  des  frimas  rpii 
poudi'ent  la  plaine  à  blanc  et  dessinent  leurs  ramages 
sur  les  carreaux. 


1854.  77 

ApiTS  la  GranciPlnle,  indiquons  à  l'allentlon  du  lec- 
teur, Coup  d'œii  à  travers  une  f/rille,  la  Berceuse,  Vè- 
prée.  Ah/  petit  Démon,  Pigeon,  Solitude,  Monfmorenci/, 
petits  clieCs-d'œuvre  de  sentiment  et  de  grâce.  —  Tout 
en  gardant  la  note  familière,  le  poète,  qui  jadis  a  vécu 
daiis  l'intimité  amicale  des  maîtres  de  la  grande  école 
l'omanlique,  a  su  restei*  dans  les  limites  de  l'art.  —  La 
l'ime,  le  rythme,  la  coupe  des  strophes  dénotent  chez 
lui  ce  souci  constant  de  la  l'orme,  sans  lequel  il  n'y  a 
pas  d'ccuvre  durahle.  Nous  prédisons  donc,  sans  crainte 
d'être  un  faux  prophète,  un  succès  de  vogue  au  volume 
de  M.  de  Chàlillon  auprès  des  na'ifs  et  des  lettrés,  car 
il  concilie  la  simplicité  et  lail,  et  ses  chansons  peuvent 
se  brailler  au  cabaret  et  se  soupirer  au  salon. 

Celle  préface  a  encore  été  réim|)riinéo,  sous  le  litre  de  : 
Poésies  dWucjmtc  de  CMtUbm,  dans  V Artiste  du  lo  mars 
1860. 

Nous  devons  à  rainaldlilé  du  comte  de  Nieuwerkerke  et 
de  M.  Maurice  de  Chàlillon,  cousin  du  poète,  deux  quatrains 
inédits  de  Tliéopliile  Gautier,  que  nous  allons  citer  ici.  Ils 
datent  de  la  lin  du  second  empire  et  furent  adressés  au 
comte  de  Nieuwerkerke ,  surintendant  des  Beaux-Aris, 
au  sujet  d'un  secours  d'argent  destiné  au  poêle  de  la 
Levrette  en  pariot  : 

Mercredi,  13  février  f  1667),  minuit. 
Au  Surintendant  des  Beaux-Arts, 

I 

Comte,  mon  protégé,  peintre,  sculpteur,  poète, 

A  tenu,  sans  protit,  ciseau,  lyre  et  palette; 

Dans  un  artiste  seul  vous  en  obligez  trois, 

Et,  cent  francs  par  talent,  ce  n'est,  pas  trop,  je  crois. 


-8         iiiSToini;  i)i;s  (n:r\KKs  dk  th.  cm  tikil 


II 

li\i()ii.  |i(iiii' cliiuiiir  \(M>,  loiicli.iil  mil' miiiit'o; 
Vous  payez  mon  (|ii;iliMiii  (l'un  iiri\  plus  généreux, 
Va  de  ("f  laurier  tldi  mu  muse  eoiiiouuéo 
l.e  (li'taclie  et  le  tcml  à  l'ami  mallieuiVMix. 

Nous  Irouvons  aussi  ces  lif,'nes  ciiiiriiscs  dans  le  juisl- 
sei'ipluui  d'une  Irllre  de  Hrran^er,  ipi'il  adressait,  le  21)  mai 
IH.'i.'i,  il  Auirusle  do  Cliàtilloii  |i()iii'  le  riMiici'cicr  de  l'envoi 
de  son  voiiuui'  de  vers  : 

La  nolico  de  M.  Théopliilc  fiaiilier  m'a  iap|iêlé  (|iiil  y 
a  vin.ul  ans  penl-èire.  j'ai  salue  ses  débuls.  Si  j'ai  hoiiue 
iiu'iiioiee.  je  lui  pixMJjsais  t\r<.  succès  (]ui  ne  lui  ont  man- 
qué cl  (Iniii  jr  nie  suis  léjoiii  dans  mon  coin. 

<'.cUe  Jellre  a  paru,  on  cidiei',  en  lS7;i,  dans  le  volume 
irili|ipolyle  Babou,  les  Sensations  cViin  juré,  page  201. 

I:îI',».  Porte-Saint-Martin  :  Mademoiselle  Georges  dans 
la  Chambre  ardente.  —  Italiens  :  Madame  Gassier  dans  le 
Barbier  de  Séville.  —  THi':AïRi>lAniyui2  :  Le  Billet  de  Mar- 
guerite. /.'/  l'/v.vsr.  17  ocldhii'   is;;'f. 

i:i2o.  Opéra  :  La  Nonne  sanglante.  Jji  Vreai^c,  2'i  oeloliro 
I8;i'.. 

1321.  OpiiRA  ;  La  Nonne  sanglante  suite  .  —  (Nouvelles 
musicales).  —  Gaitk  :  Les  Oiseaux  de  proie.  La  l'frssr,  :\i  oc- 
lobre  dSoi. 

1322.  Gymnase  :  Flaminio.  —  ïhkatre-Lyrique  :  Schaha- 
baham  IL  La  Prcf^se,  7  noveinluc  \H'.\'t. 

1323.  Odkon  :  La  Conscience.  Vaudeville  :  Éva.  — 
Italiens:  Otello;  Matilde  di  Shabran.  —  (Nouvelles  mu- 
sicales). Lu  Vrrssi\  l-i- iiovondiic  iNii'). 

I32(.  Tiikatue-Kranoais  :  La  Niaise.  —  Tli.  des  Variétés  : 
Le  Panorama  de  la  guerre  d'Orient.  —  Théâtre-Lyrique  : 


18:;  4.  79 

Reprises  du  Bijou  perdu  et  de  Maître  Wolfram.  —  (Nou- 
velles musicales).  La  Presse,  21  iiovenibie  i8o4. 

1;J2.").  Théâtre-Français  :  Rosemonde.  —  Porte-Saint- 
Martin  :  Le  Comte  deLavernie.  La  Presse,  29  novembre  18;)4. 

i:32().  Italiens  :  Ernani;  Béatrice  di  Tenda.  —  Gaité  : 
Les  Cinq  cents  Diables.  —  Chronique  musicale.  La  Presse, 
0  décembre  18.")4. 

1327.  La  Turquie  pittoresque;  hisloiie,  ni<eins,  descrip- 
tion, par  W.-A.  Duckelt.  Préface  par  Théophile  Gautier. 
Grand  in-8°  de  20  feuilles  1/4,  xviii-304  pages,  plus  20  gra- 
vures sur  acier.  Imprimerie  Créfé  à  Corbeii.  A  Paris,  chez 
Victor Lecou,  rue  du  Huuloi,  u»  10.  Prix  10  francs.  (Daté  18;)i);. 

Cet  ouvrage  esl  inscrit  sous  le  n»  7330  de  la  Bibliographie 
de  la  France  du  9  décembre  18;)4.  La  préface  de  Théophile 
Gautier  fut  réimprimée  immédiatement  dans  ÏArtistc  du 
31  décembre  18o4,  sous  le  titre  de  :  la  Turquie  piltoresque, 
eL  en  1877  dans  le  tome  premier  de  YOrienl,  sous  celui  de  la 
Turquie. 

1328.  Théâtre-Français  :  Les  Ennemis  de  la  maison.  — 
Gymnase  :  Le  Chapeau  de  l'horloger .  —  Folies-Nouvelles  : 
La  Caravane  d'amour;  Pierrot  Dandin.  —  Beaumarchais  : 
Le  Cordonnier  de  Crécy.  —  (Musique).  La  Presse,  19  dé- 
cembre 18.")4.  L'n  fragment  de  ce  feuilleton  a  servi  de  pré- 
face, en  18oo,  à  la  pantomime  de  BIribi,  [)nrM.  Pol  Mercier. 

1329.  Italiens  :  II  Trovatore.    -   L'Enfance  du  Christ. 

La  Presse,  28  décemlne  18i)4. 


185.' 


I  :{:!(>.  Vacdkvim  K  :  Les  Parisiens  de  la  décadence.  — 
(IvMNAsic  :  L'École  des  agneaux.  —  Tiikatuh-I-yhiqui':  :  Le 
Muletier  de  Tolède;  Madame  Marie  Cabel.  J.n  l'rrssr,  2  y,\i  - 
vin    is.'i.'i. 

i:!:!i.  Itai.ii-ns  :  Il  Trovatore  suiteV  —  (Les  Albums. 
Nouvelles  musicales  .  L'i  /'/vss, ,  <i  j.uiviop  ]H:\:'>. 

1332.  OpiJHA  :  La  Fonti.  —  Amiikm-  :  Frederick  Lemaître. 

—  CiRQUii-NAPOLiioN  :  Mademoiselle  Borelli;  Le  nain.  —  Tli. 
(le  MoNT.MAiiTiii:.  —  ('oNSEnvAToiHi:  :  Distribution  des  prix. 
La  Prc.s-sc,  |()  janvier  i8oi>.  0'i*'l<l"''s  lignes  de  cet  aiiicle 
sur  Frederick  F.emailre  ont  é(é  i»iibliées  en  187i-,  à  la  snile 
lie  VHistoire  du  roman tiinnp,  dalées  par  erreur  du  \  \  janvier 
183:j. 

1333.  ÏHÉATUE-FuANÇAis  :  La  Czarine.  —  Itaijkns  :  Linda 
di  Chamouni.  —  OpÉnA-Co.MiQUR  :  Le  Chien  du  Jardinier. 

—  ^Concerts;.  LaPrcf^sc,  -2'.]  janvier  IcS.'i.'i. 

133i.  Nécrologie:  Gérard  de  Nerval.  Ln  Pz-cssc,  30  j, m - 
vier  iHiiii.  Cvl  article,  daté  du  21  janvier,  a  été  réimprimé 
incomplètement  la  même  année,  en  tèlo  du  volume  de  (ié- 
laiil  (le  Nerval  :  //■  licre  <■(  la  vie,  et,  en  1874,  comme 
deuxième  chapilre  du  travail  inliliilé  Grranl  île  Nerval,  h  la 
suite  de  Vllisfnirr  du  ruinant ismc . 

133.").  Lettre.  Le  Mian^'iurtaire,  2  février  18."):).  Voici  celle 
letlre,  adressée  à  Alexandre  Dumas  et  j'clative  à  une  sous- 
cription pour  élever  un  tombeau  à  Gérard  de  Nerval  : 


■il  janvier  1855. 

Choi'  Dumas, 

L"p]lat  a  fait  les  frais  des  funérailles  de  Gérard  de 
Nerval  ;  laissez,  de  grâce,  à  des  amitiés  jalouses  la  Irisle 
joie  d'élever  et  de  payer  sa  pierre. 

Théophile  Gautier,  Arsène  Houssaye. 

l;5:j(j.  Italiens  :  Gli  Arabi  nelle  Gallie.  —  Porte-Saint- 
MAivrm  :  Jane  Osborne:  Idalia.  —  Thkatre-I.yriqle  :  Robin 
des  Bois.  —   Concerts).  Lt  Presse,  0  IV-vriev  ISo.ï. 

1337.  Odéon  :  La  Femme  d'un  grand  homme.  —  Vaute- 
viM.E  :  La  Chercheuse  d'esprit.  —  Gymnase  :  Ceinture 
dorée.  —  i Concerts}.  Lu  l'resse,  13  IV'viici'  is;;:;. 

1338.  Italiens  :  I  Puritani.—  Pal\is-Hoval  :  Henry  Mon- 
nier.  —  OpEnA-CoMiouE  :  Miss  Fauvette.  —   Concerts).  Lt 

Presse,  20  février  18i).").  I-o  frag'iiienl  di;  crt  articio  reialil'  ;'i 
Ileiirj  Moniiier  a  servi  ùv.  |M('face,  sous  le  litre  de  Hfiwi/ 
Mminier,  au  vuluiiie  puiilié  par  lui,  eu  1860  :  Paris  et  la 
p)':iriiice,  et  il  a  été  réiiii|U'iuié  en  1874  dans  les  Portruits 
cuuteinpcD'ains  de  ïliéo]ibile  Gautier. 

1330.  Opéra  :  Mademoiselle  Beretta  dans  le  Diable  à 
quatre.  —  Italiens  :  Madame  Viardot  dans  II  Barbiere  et 
dans  II  Trovatore.  —  THÉATRE-FiiANÇAis  :  Les  Enfants 
d'Edouard.  —  (Concerts).  La  Presse,  21  lévrier  IB.i:!. 

13 io.  Vaudeville  :  Monsieur  votre  fille.  —  Th.  des  Va- 
niÉTÉs  :  Ces  Messieurs  s'amusent.  —  Concerts).  La  Presse, 
6  mars  18.")."i. 

1341.  TuÉATUE-FRA.vrAis  :  L'Essai  de  mariage.  —  Por.TE- 
Saint-Martin  :  Les  Noces  vénitiennes.  —  Théâtre-Lyrique  : 
Les  Charmeurs.  —  (Opéra  :  Mademoiselle  Cruvelli  dans  la 
Juive.  —  Concerts).  La  Presse,  14  nuirs  IH'.V.i. 

135  2.  A  Madeleine  Brohan,  quatrain.  Dreaméron  drama- 
tique, album  du  Th.éiilrc-¥raneuis,  quatrains  (autograpbiés) 
II.  C 


82  IIISTOllli:  DKS  MKIVIiKS   l)K  TH.  i.Al  TIKK. 

(Il'  MM.  Aiiifili'c  Acliiiid,  l'imili'  Aiij^ici',  (iamillc  Itiiiiccl, 
Ali  .\;iii(li  !•  Diiiii.'is,  Tlii''n|iliilt'  Ciiiuliri-.  I.i'iui  (in/|,iii,  Aisriic 
ll(iiiss;i\  I',  Mi'i\,  AlIVrd  di-  Miissrl  il  .liilr-^  ilc  l*i(Mii,ir,i  \  ; 
iiMisri'S  (l;itis;inl('S  tli'  .l.iri|urs  (  tH'nili.irli  :   |iiii  1 1  .liN  ilr  ll.inii- 

lii'im.  Iii-.|ii;iil(),  rlicz  Hi'uijil,  i\w   \  ivic I'ii\.  I(i  liMiir^. 

('.cl  .-illniiii  ili'  imisii|iii'  (roirriilt.irli  11,1  l'Ic  ni  (ir|Misi'  ni 
iiisi'it'-  (hiiis  lu  ï\iliHttiii'itj>liir  (Ir  lit  Fruiicc.  Il  |i;n  ni  ii  i,i  lin  (\r 
ni.irs  ISiiii,  iM  l'ArtisIr  dn  IS  {inlilii'  li'  |miiIi;iiI  de  M.idilcinr 
ISi'oliai)  avec  le  ijualiain  de  Tlir'ii|iliili'  (ianliri'.  Alrxaiidri' 
Dumas  |iiil)lia  aussi  dan^  /■  Mniisi/mliurr  du  2'.^  i\f  cf  niuis 
Ions  li's  i|nalraiiis  di-  n-l  allmni  :  crlni  di'  Tlii'nidiili'  (Jaiilicr 
y  lui  si^triiù  pai'  inaihi'i  lanrc  i\\\  nnni  d'Alr\a  ndi  r  Diinias, 
(|iii  ivlilia  Ir  lail  dans  jr  mnni'i'i)  dn  linuk'niaiii  ;  ccia  11  a 
liascmpr-i'lii'  ccLU'  fiii'nr  d'aili  iinilion  do  .se  roiiouvcler  fort 
soiiviMit  (li'puis.  Cl'  (|iialiain  a  iin'ore  élé  cilé  di\us  la  Pclilc 
liiru'  du  17  jinn  186i>,  cl  il  a  \\\\>  placi' m  IsTlidans  le  lonir 
iU'[i\  des  Voisicii  rnmphHrs  dr  Tln'n|i|iili'  (laniici. 

l;t'i:i.  Ambigu:  André  le  mineur.  —  V.u  dkvim.i:  :  La  Joie 
de  la  maison.  —  Tiii-:.\thi>Fiian(.;ais  :  Les  Jeunes  gens.  — 
, Nouvelles).  Li  Prcat^r,  20  mais  1.s:i;i. 

l:!li.  (IvMNAsi:  :  Le  Demi-Monde.  —  (^mw-CoM.nn-.  : 
Yvonne.  —  Nouvelles  :  Concerts  ;  Concert  de  mademoiselle- 
Ernesta  Grisi  .  Lu  /'/■cs.sr,  27  mais  is:).'i. 

I3i;i.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  Sculp- 
ture. L  Lr  .\ln)iilc)ir  inu'vi'i'sri ,  2'.)  mars  I.S.'i.i.  ('.cl  ailidc, 
(|ni  [Hinirail  a\nii-  |iimii'  [\\ie  :  Ai'>iiiI  l'iiiirn-hiri',  csl  le  |)ic- 
imci- de  ce  complc  iciidu,  doni  lutus  allons  iiidiipiei- Inus  les 
ciiapili'cs  au  t'nr  cl  à  mesure  de  leur  appaiilion:  ils  liucid 
tous  réimprimés  eu  ISoo-lS^ifj,  eu  deux  volumes,  snus  le 
lilic  de  :  1rs  Bejiux-Arts  en  Europe,  iH'.\'.'),  cl  nous  indiipions 
ici  ce  rciiscij.'ncinenl  \\n(^  l'ois  pour  toutes.  Ce  premici-  aiii- 
cle  seul,  fui  ouhlii-  et  n'enlra  pas  dans  les  volumes;  il  eu  ir- 
suite  que  les  cbllFresdes  chapitres  sonl,d^s  le  déltut  de  l'ou- 
vrao:e,  fous  eu  an-ière  d'ini  unini'i'n  dans  !e>  volumes  sur  la 
]inIilicalion  du  Joiu'ual,  cl,  comme  ou  le  verra,  ce  u'esl  là 
(pi'unc  niodilicaliou  sans  importance,  eu  comparaison  des 
aulres  modificalion.s  de  ce  classement. 


18:;;;.  83 

I3Î0.  Nécrologie  :  Froment  Meurice.  —  Italiens  (:  Clô- 
ture. —  Concerts  et  Nouvelles).  La  l'rc^Kc,  4  aviil  18:;:;.  (  jI 
ailicle  est  le  dernier  (fiie  Théophile  (jautier  ait  tienne  ii  In 
Presse,  après  une  collaboralion  assidue  de  près  de  di.\-iieuf 
ans;  en  effet  son  premier  article  à  ecjoui'nal  [»arul,  comme 
on  l'a  vu,  dans  le  numéro  du  -lO  août  183(1.  Une  partie  de  ce- 
hii-ci,  relalive  à  Fi'iincnl^.Meuiice,  reparut  la  même  année 
dans  une  brochure  non  jnise  dans  le  commerce,  intitulée  : 
Frniiient-Meuricc,  et  le  même  fragment,  très  diminué,  rejta- 
rut  encore  en  1874,  à  la  suite  de  l'Hi.sloire  du  Romantisinr, 
par  Tli(''ophili'  (iauliei'. 

Le  Conseiller  (la  Bibliophile  i\n  l^r  septembre  ISTij  a  pu- 
lilii''  l'enlrelilel  que  voici  : 

Si  Tliêopliilc  Gatiticr,  quoique  aUaclié  au  Jounial 
Officiel,  avait  conservé  une  nitièi'e  indépendance,  il 
n'en  élail  pas  de  môme  de  ses  attaches  non  oCticielles. 
ainsi  ({ue  l'atteste  la  lettre  (ju'on  va  lire  : 

Ce  28  janvier  181)1. 

«  Mon  cher  Denis, 

«  Fcce  iterum  Crispinus.  C'est  encore  moi  (jui  vous 
demande  une  hai.uiioire  })Our  ce  soir,  d'après  des  oi'dres 
supérieurs. 

«  Tout  à  vous. 

«  Théophile  Gautier.  » 

Quels  pouvaient  être  ces  ordres  supérieurs?  \ôWi  le 
devinez,  je  pense.  Oh  !  le  gaillard  ! 

Sans  chercher  à  expli(pu^î'  ce  mystère,  n<)us  rei'ons  remar- 
({uei'  aux  lectcni's  que  le  28  Janvier  18i)4,  Théophile  (Jautier 
ne  faisait  pas  la  critique  dramatique  au  Jouniol  Offiriel, 
puis(|u"il  n'est  eniré  comme  lundisto  au  Moniteur  ipi'cn 
avril  18oo;  il  ne  s'agit  donc  fort  probablement  ici  que  d'une 
loge  demandée  pour  M.  ou  madame  Enule  de  (iirai'din. 


81  IIISTOIllK  OKS  («aiVURS  DE  TH.  (;.\l  TIKIl. 

I;ii7.  TnKATiiK  DU  ("iin.a'i:  :  Hamlct,  joué  au  bénéfice  de 
madame  Person.  Reprise  des  Pilules  du  Diable  .    if 

M'Oiitiiir  iiiiii  I  rsi  l,\)-\0  a\iil  ls;i;;.(',i'|  iiiliclc,  es!  le  pi  ciiiicr 
lie  la  st'-ric  des  (''liiclfs  dp  ciiliiiiic  llii'-àlrali'  (|ih'  Tlic(i|iliil<' 
(iaiilirr  (l()iiii;i  ail  Mniiitriir  itiiii'i'rst'l  \[\>i\\\  <  [\  ISIIS;  il  ii'v 
analyse  |>lii.s  les  «l'uvifs  iiiiisicalcs,  cloiil  le  i'iiiii|ilr  icmlii 
a|)|iarl('nail  ihiiis.  ce  jniiriial  à  M.  l'iiiinilino;  (Iravaux 
(■iiti(ju('s  sifiiirs  (In  iisciKlniiynii'  A  \.  de  llovrav). 

La  collaborai  inii  de  Tiir'opliili!  ("laiilier"  au  Mmiiliin  ,  payre 
d'abord  sur  le  |iird  li.diiiv  itmIs  francs  l'ailirli',  (pii'llo  ipic 
l'ùl  son  rlcridiic,  l'iil  ciiMiili'  porlrc  au  .Unirnnl  n/'firifl.  in 
ISfi'.l,  à  deux  ci'iil  riiiipiaiili'  l'raiics.  cl  cliaipir  rhapilir  dr 
l'Hiiiaii  iMi  de  lUMiM'Ilc  iaxi'  au  iiir^mc  pii\.  |,'(''cii\aiii  ^auiiail 
ainsi,  à  la  lin  de  sa  vie,  de  i|uiii/,i'  à  dix-liuil  mille  lianes 
par  an  ii  ce  journal. 

l.'JiS.  Embellissements  de  Paris.  î.r  ]fniiili<ur  uiu'rrrsrl, 
11)  avril  \>'.).i.  (!e|  arlicli'  a  ie)iaiii  la  iiième  année  dais 
le  volume  colleclir  inlilnlé  :  paris  <i.  1rs  Pttrisicm  un  dix-nru- 
vième  sirclc  {(\alé  ISiiG),  sous  li'  liliv  de  :  Ir  Nouvodit  l'urls, 
el,  sous  le  même  lilre,  dans  l'ArlisIr  du   1  mai  18o6, 

i:!i'.).  Tni;.\Tni;-l'^!AN(jAi'^  :  Péril  en  la  demeure.  —  Odkon  : 
L'Oncle  de  Sicyone.  —  Th.  des  Vaiuktks  :  Monsieur  Beau- 
minet:  Le  Quart  de  monde.  —  Pai.ais-Hdvak  :  Minette;  Le 
Bal  d'Auvergnats;  Pilbox  et  Friquet. -  (Ambigu  :  La  Dame 
de  Saint-Tropez.  Le  Monilcur  universel,  i.)  a\ril  IS.'I.'). 

1330.  Odéon  :  Le  Mauvais  riche.  —  VAui)i:vnjj;  :  Un 
Cœur  qui  parle.  —  Th.  des  Vaiuktks  :  Philanthropie  et  re- 
pentir. —  I'alms-Royal  :  Le  Monde  Camelotte.  —  Amiuiui  : 
Jocelin  le  garde  côte.  L'  Mniiilrur  uiiirirsi-l,  30  avril  i83o. 

13oi.  Album  ethnographique  de  M.  Théodore  Valerio  : 
les  populations  des  provinces  danubiennes  en  1854.  !'■ 
Monilrtir  universel,  7  mai  d8;i;i.  Ccl  article  a  ('lé  reprodiiil 
deux  fois  dans  les  volumes  de  Théophile  (jaulier,  eL  les  deii.x 
l'ois  il  Ta  été  iiicomplèleinenl.  Il  entra  d'abord,  en  dSbCi, 
dans  le  1(uiie  deux  des  Bcaux-Arls  en  Europe,  sous  la  seconde 
partie  seule  de  son  litre,  et  il  manque  à  celte  réimpression 
six  ou  sept  des  derniers  ]iaraj:ra]>hes  de  rarlicle.  l'^n  1877,  il 


185:;.  85 

estfMiti(''  (l.ir.s  le  loiiic  jirciiiioi-  dr  ÏOrirnl,  sans  auriiii  lilrc, 
et  Inniiant  !<■  cliaiùtie  deux  du  morceau  iiUihilé  :  Lr  Dmitilir 
et  /w  popnlalioiis  dmmbiennrs.  (Voir  11°  1278).  Celle  réim- 
pression ,  plus  complète  que  la  précédente,  est  modifiée 
au  début  de  l'article,  dont  voici  la  vei'sion  originale  :  »  Nous 
avons  ici-même  rendu  coinpledu  liavail  si  important,  elc,  » 
et  contient  de  moins  cpic  la  réimpression  précédente,  le 
l>aragraphe  final,  rpie  voici: 

Mais  nous  n'avons  pas  besoin  de  pousser  plus  loin 
cette  nomenclature  incomplète.  M.  Valerio  a  fait  un 
clioix  de  ses  plus  beaux  dessins,  qtii  ligureront  à  l'Ex- 
position universelle  de  peinture  et  de  sculpture,  où  ils 
exciteront  l'intérêt  des  artistes,  des  savants  et  des  tiens 
du  monde. 

1302.  l*oRTE-S.AiM'-.M  utTi.x  :  Les  CaiTiéres  de  Montmartre. 

—  Vaudeville  :  Le  Joli  Mois  de  mai.  —  Tli.  des  Vauiktks  : 
Un  Verre  de  Champagne;  L'homme  sans  ennemis.  —  (ivM- 
NASE  :  Débuts  de  mademoiselle  Delaporte.  —  Hippodrome  : 
Les  Boschismen.  —  Fêtes  d'Orléans  :  Cavalcade  histo- 
rique. Lr  M'iniit'iir  unirei'scl,  14  mai  is:;;). 

iV.'rl  ^'\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  (II).  Le  Mnuilrnr  iiiiirirscl,  I'.)  mai  IHo.'). 

i:].').3.  Odéox  :  Hamlet.  —  Vaudeville  :  rentrée  de  Lafont. 

—  (Iaité  :  Le  Retour  du  Pharaon.  Le  Muniteur  unirersel. 
21  mai  ISii.'i. 

13:»:!  '"\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  (III).  MM.  Ansdell;  Maclise;  Lucy  :  Foggo  : 
Cross  ;  Cope  ;  Armitage.  —  IV.  M.  Mulready.  Le  Minili'ur 
i(iiirrr.'>el,  23  et  2o  mai  iH'.V.'). 

13.")i.  TiiÉATiîi':  VENTAnoLi!  :  Troupe  italienne,  etc.  —  tlir- 
PODUOME  :  Début  de  Montblanc.  Le  MunH'-ur  itnicersi'l. 
29  mai  ISii:;. 

13;i't'''\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  V.  MM.Millais;  W.  Kunt.  Le  M<,nHcue  anieer^irl, 

31  mai  is:;.;. 


8($         iii>Tiiiiii.  i)i..->  (!i.i\ui;s  m;  m.  (.ai  rii;u. 

\X'i\u  Sylvain.  Fintlniitrliliiui,  jun/siii/rs,  IriiniilcSySnKi'i'iiirs, 
fiinliiisii  .\,  |iai  (iliai  les  AsscliiuMii,  l'Ic.  Iii-1 :2  ilc  10  rciiillcs  l/M, 
;t72  |»at;('S.  Imprimerie  de  lincn)),  i\  Paris.  —  A  l'aiis,  rhez 
j/(u7i(7/(',  nie  l'iiire-Sana/iii.  11.  |iii\  :  :!  IV.  .'iO. 

Nous  Iroiivoii.s  ce  veeiieil  iiisciil  S(iii>  le  ii"  X\'.')-l  de  la  lii- 
liliniiftipliir  (If  In  Fiiiiicf  i\i\  :2  juin  is;i;i:  la  l'anlaisie  de  Tliéd- 
])hile  (iaillier,  <|iii  aliail  a  llriircuiii  I,  rniiiile  de  la  iuièlde 
Foiil;rmeldeaii,  aui|iii|  je  iciiuil  est  dédié,  a  Ole  repriMliiilc 
dans  VAIiiKiixirli  jKirisiiii  |iniir  ISfil,  puis  en  iNila,  dans 
rédilioii  in-12  de  la  l'rmi  dr  tiijrr,  enliii  en  iNTî  d.iiis  les 
Piiiti'dils  rii)i(i'Wpiir<tins,  cv[\.e  fois  sous  le  liliv  île  :  Ihiiirniir! 
Ir  Kj/lrain. 

\:\:\:'>  ''^  Exposition  univeiselle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  VI.  MM.  Webster  :  Grant  ;  Frith  ;  Frost  :  Egg  ; 
Hook.  /.e  Mdiill'iir  iiiiirrisil,  :2  jinn   j.s;i,i. 

i;t;»(î.  TiH  ATiif':  Vi-.MAiHieit  :  Myrrha,  etc.  —  IVjktk-S.unt- 
.Maiitin  :  Danseurs  espagnols,  etc.  —  Société  des  Amis  des 
Arts.  Le  Mnuili'Kr  U)iivi'i'!^i'l,  4, juin  l,S.'),i. 

I :!:•(■.  '''".  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  VII.  M.  Paton.  Le  Maiiilnir  imivcrsi'l,  S  juin   \H'.V.\. 

[:VM.  THi;.\ii!i:-l"r{.v.\(;.\is  :  Par  droit  de  conquête.  —  Tiiii.x- 
TRE  Ventadour  :  Oreste;  Myrrha.  —  Th.  des  Variiîtics  : 
Réouverture  :  La  Fosse  aux  ours;  Les  Enfants  de  troupe; 
Furnished  appartement.  —  Vaudkvii.i.i;  :  L'Hiver  d'un 
homme  marié.  Lf  Mniihiir  iniivrr^rl,  11  juin   is.iii. 

liiiiT  '".  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  VIII.  MM.  Landseer  ;  Cooper  :  Lance.—  IX. 
MM.  Collins;  Elmore:  Poole  :  Horsley  ;  Glass;  Uwins;  Salo- 
mon:  Dyce;  Dobson;  etc.  Li  Mmiid'iir  mtln'rsel,  14  et  H) 
juin  \H'.Ï.'>. 

\'.V.\S.  Tmkathi:  Vi-madouh  :  Troupe  anglaise:  Macbeth.— 
Ambigl'  :  Frère  et  Soeur.  Lr  M"nilrar  niilrri'si'l,  is  juin  !8d."i. 

i:i:i8  '".  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  X.  MM.  Danby;  Lewis;  Haag:  Corbould.  Le  Mo- 
7iitci(r  iinivcrsri,  21  juin  ISa.'i. 


is:;;;.  87 

13.'il).  Odkon  :  Médée;  le  Mariage  par  ordre.  —  (iAiiÉ  :  Le 
Sergent  Frédéric.  —  Folies-Nouveli.ks  :  Pierrot  indélicat. 

Le  Monili'itr  iniirrr^ii,  2,'i  juin  IS.'i.'i. 

i:!")0 '''.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture.  — 
Sculpture.  XI.  MM.  Cattermole;  W.Hunt;  Haghe;  Topham  ; 
Warren  ;  Fielding:  Callow;  Harding;  Nash,  etc.  —XII. 
MM.  John  Bell:  Ambuchi:  Macdowell  ;  Gott;  Gibson;  Camp- 
bell.  Li'  M'iiiilciir  iiiilrrrsrl,  2H  vi   iiOjiiiii  IS.'i.'i. 

l.iCid.  Revue  dramatique:  (Nécrologie  :  Madame  Emile 
de  Girardin.  —  La  Ristori  dans  Marie  Stuart.  —  La  Troupe 
anglaise.;  Lr  Muniteur  imirn'mi.,  2  juillet  IS.").").  La  pari ie  de 
cet  article  relative  àiiiadamc  de  (iii  anliii,  a  été  réimprimée 
en  18;i()  dans  un  petit  volume  contenant  les  articles  nécro- 
loiiiques  inspirés  par  la  mort  de  cette  i'emme  éniinente,  et 
qui  porle  pour  titre  :  Madame  Emile  de  Girardin,  née  Del- 
phine (inij. 

1300  '''\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  (XIII).  Collection  chinoise.  U  Moniteur  unirersrf, 
(i  juillet  ty.'):i.  Cet  ailiclc  ;i  ii'paiu  aussi  dans  l'Artiste  ou 
7  octobre  ISoo,  sous  le  lilic  de  :  l'Art  chinois. 

1361.  Tni:ATRi:-FaANc.\is  :  Rentrée  de  mademoiselle  Rachel 
dans  Phèdre.  —  Odéon  :  Mademoiselle  Georges  dans  Rodo- 
gune;    le  Mur  mitoyen.  —  Troupe  anglaise  :  Shylock.  Le 

Monitruf  unii'i'r^fl,  '.)  juillet  IS.'iii. 

1361  '''\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XIV  et  XV.  M.  Ingres.  Lr  Mnniti'ur  univiTsrl,  |2 
et  14  juillet  ISoiJ.  (<es  deux  articles  ayant  été  recueillis  sans 
divisions,  en  un  seul  chapitre,  dans  la  réimpression  en  vo- 
lume, le  rai)port  des  chapitres  est  de  moins  en  moins  con- 
l'oiine  enire  la  version  du  journal  et  celle  du  livre. 

1362.  I Nouvelles  théâtrales.  —  Les  représentations  de 
mademoiselle  Rachel.)  —  Hippodho-vie:  Les  Aztèques;  la  Cri- 
mée. —  DiîLAssEMENTS  :  Dziug,  boum,  boum.  —  Folies-Nou- 
vi:i-LES  :  Danseurs  espagnols  :  Concepcion  Ruiz.  Le  Moniteur 
iDiiversel,  l(i  juillet  18.'jii. 

1362'''".  Exposition  universelle  de    1855  :  Peinture, — 


88         iiisToiiU'  nr<  (H-rvHFs  nr  th.  nAiTirn. 

Sculpture.  XVI  et  XVII.  M.  Eugène  Delacroix.  Lo  Mimilriir 
iniivrrsil,  1'.»  cl  2i)  jiiilli'l  l.siiii.  l'ar  Miilr  de  l;i  iM'imioii  des 
(liMix  arliclcs  en  un  seul,  rT'cul  ciilic  les  cli.iiiitrrs  en 
vdIuiiU'S  l'I  dans  le  joiMiial  ;ni;.'ni('nlc  Af  plus  en  plus;  ;i 
l'occasion,  rnui-^  m-  relcvcrons  diuif  plus  ces  dillricnccs. 
Sainlc-Hcnvi',  diins  /<■  C'iiislilulioinicl  du  :tO  novcinhir  \H{V,\, 
cile  la  lin  du  premier  de  ces  doux  (■lia[Mlrcs,  cl  npiiiciii' 
h  Tlicopliilo  ("laulii'i-  de  les  avoir  laissé  réunir  eu  un  seul 
dans  le  volume;  il  in(li(|ni'  Ir  ilcin'hT  p,ir;it:i;iplii'  de  ce 
premiei'  ;iili(le  comme  une  [tafre  cxiiuiso,  (pii  n'es!  plus 
mise  CM  viileui'  dans  le  livre. 

1363.  Valukvii.i.k  :  Le  Mariage  d'Olympe.  —  I'ai.ais- 
HovAi.  :  La  Bégueule.  /.'■  .\hiiiliiir  miirirsrl,  2:t  juillel  is:i;;. 
lin  fra^'ineid  de  cet  juliclc  a  rlr  réinipiinn''  d.ins  l'AillsIc 
du  2  sepienduc  181)0,  sous  le  litre  de  :  /es  Lais  ilr  la  ra- 
mi'die. 

1364.  PoRTE-SAiNT-.MAnxiN  :  Paris,  /v  Monilcur  iinivcnirl, 

30  juiliei  18:;;;. 

1363.  Travaux  du  Louvre.  L<  MitiHcur  wiircrfU'l,  2  août 
18ao.  Cet  article  a  été  incomplélemcut  reproduit  la  nu'nic 
année  dans  le  volume  collectir  iiililuli''  :  Paris  et  les  Parisiens 
lia  XIX°  siècle  (daté  18o6)  ;  il  forme,  sans  titi'O,  le  chapitre  II 
du  travail  intitulé  :  le  Louvre,  dont  nous  avons  déjà  parlé 
(Voir  n°  1311). 

1360  ^'^  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XVIII  et  XIX.  M.  Decamps.  Le  Moniteur  universel, 
4  et  '.)  août  1800. 

1360.  TiiKATiiK  Ve.ntadour  :  Pia  de  Tolomei.  —  Thkatre- 
TnANCAis  :  Misanthropie  et  repentir;  traduction  de  Gérard 
de  Nerval.  —  (ivM.\Asi:  :  Madame  André.  —  A.mhkji;  :  Les 
Contes  de  la  Mère  l'Oie.  L' Munileur  uiiiversfl,  6  août  18;;.'i. 

1366  **''.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture.  — 
Sculpture.  XX  M.  Gérôme.  Le  Monilcur  universel,  Il  août, 
183o. 

1307.  TiiKATRE  nu  CinQUE  :  L'Histoire  de  Paris,  première 
partie.  —  Palais-Royai,  :  Les  Précieux.  —Th.  des  Nauhuks: 


18")  ri.  89 

Une  Femme  qui  mord.  —  Foijks-Nouvelles  :  Messire  Barbe- 
Bleue.  Lf  Mnnitiur  universel,  13  août  iS'6'6. 

l:il)7'"^  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXI.  MM.  Glaize  et  Hébert.  Lr  Mniiili'iir  iml- 
f/';>(7,  18  août  l(S;i,'). 

1308.  THKATiiE-FnAxrAis  :  Représentation  au  bénéfice  de 
mademoiselle  Demerson.— Théatre-Ventadour  :  Giovanna 
d'Arco.  —  Vaudeville  :  Le  Cousin  Verdure.  —  (îy.mnase  : 
Le  Poète  inconnu.  Le  Monilcur  wiircrsel,  20  août  i'^:v.]. 

i:ifi8 '"'.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXIL  MM.  Benouville  et  Cabanel.  —  XXIII. 
M.  Chasseriau.  Lr  MunUrnr  nnirrrsii,  23  et  2:;  août  iS.'i.'i. 

1369.  (Iv.MXASE  :  Le  Poète  inconnu  (suite).  —  Th.  des  Va- 
riétés :  Le  Pâté  de  canards.  Le  Moniteur  imivcnel,  27  août 
IBoo.  Un  fragment  de  cet  article  a  été  réimprimé  deux 
foisdana  l'Arti>ite,  soas  le  titre  de  :  Molière;  la  première  dans 
le  numéro  du  23  septeml)re  ISoo  et  la  seconde  dans  celui 
d'avril  1877. 

1369''''.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXIV.  MM.  Heim  ;  Schnetz;  Rouget;  Abel  de 
Pujol.  L''  M'iiillriir  unir(rscl,'M)  août  IS.)!). 

1370.  Tui'atp.i:-Frant,ais  :  Le  Gâteau  des  reines.  —  Th.  des 
Variétés  :  Le  Théâtre  des  zouaves;  les  Gueux  de  Béranger. 
Le  Mduiteur  unirerscl,  3  seplenilirr  IS.'i.'i. 

1370 '''^  Exposition  universelle  de  1855  ;  Peinture,  — 
Sculpture.    XXV.    MM.    Court  ;    Léon    Cogniet  ;    Couture. 

Théophile  Gautier  cite  ici  son  compte  rendu  de  iOr(/ir 
romaine  de  Coulure,  puhlié  dans  la  Prcs-.sp  du  30  mars  1S'(7. 
—  XXVI.  MM.  H.  Flandrin  ;  Gabriel  Tyr  ;  Ronot  ;  Bonnegrace  ; 
L.  Boulanger.  Le  Moniteur  universel,  6  et  8  septembre  18,'i.i. 

1371.  (Les  Étrangers  à  Paris.  —  Concert  de  Félicien 
David.  — -  FoLiEs-NouvELLES  :  Les  Deux  Gilles.  —  Troupe 
italienne).  Le  Moniteur  unieersel,  10  septembre  {H'.V.u 

1371  ''\  Exposition  universelle  de  1855  ;  Peinture,  — 
Sculpture.   XXVII.   MM.    Laëmlein;   Janet-Lange;    Yvon  ; 


ro         iiisToiui;  iii;s  (»i:i  \i;i;s  ni';  th.  (.aitii;i;. 
Millier  ;  Bouguereau:  Tabar.  /.■  M'uilliiir  imirrrsrl,  |:isi']>. 

hiiilili'    [S.t.t. 

\:\~î.  (»i)i;(iN  :  Maitre  Favilla.  —  \ 'Ariii:vii.i  i:  :  Aimer  et 
mourir.  —  I'.\i..\is-1{oyu.  :  Le  Gendre  de  M.  Pommier.  /.,'■ 
Miinitcur  itnirrrKcl,  17  ^rpli'inliiv  is.'i.'i. 

i:i"2'"'.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture.  — 
Sculpture.  XXVIII.  MM.  Henri  et  Rudolph  Lehmann.  f.ri 
arliclr  a  n>|iai'ii  (l.uis  l'AilisfrAii  iC  IVviiri'  IS.iii,  sons  le  lilrc 
(If  :    hi    J'nrsir    <//n)S    l'ili'l.     II.     Ih  iiri     IjIhiiuiiii .     —     XXIX. 

MM.  Barrias;   Lenepveu;  Jalabert.    Le  Mniiilfnr  uiiirrrsrl, 

JO  et    -22  sr|i|i'inlM  I'    IHiJii. 

1373.  THii.\ïiiK-Kii.\Ni;.Ais  :  L'Amour  et  son  train:  Rentrée 
de  madame  Arnould-Plessy  dans  Tartufe  et  dans  la  Ligne 
droite.  —  .\miiii.l;  :  La  Tour  de  Londres.  /.'  MmiHriir  imircr- 
Si'l,  :2i-  st'|tli'iiilii  {■  IS!).). 

i:!7:t'"'.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXX.  M.  Horace  Vernet.  Le  Maiiilcar  uiiiirrsi-l, 
20  sepiciiiliic  \s'.V.'). 

1374.  ÏHiiATUK-FK.wr.Ais  :  Madame  Arnould-Plessy  dans 
les  Fausses  confidences.—  V.udkvu.i.i.  :  La  Fille  de  l'avare. 

—  ÏHtATHK  iJij  Ciunii':  :  Les  Grands  siècles.  A,''  Mniiiinir  mii- 
ri'r$.i'l,  i<T  orlohre  \K.V.\. 

liiT't''-.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXXI.  MM.  Pils  ;  Appert  ;  G.  Doré  ;  Bellangé  :  Rie- 
sener:  mesdames  O'Connell  et  de  Rougemont;  MM.  Diaz; 
Timbal  et  Gigoux.  Le  Mnnilciir  unii-crscl,  0  oc.lobrc  liSil.'J.  Le 
('(ilnlniiiir  (Ir  la  vciile  des  lul)le;ui.\  de  Diaz  de  janvier  1877, 
cDiiU'iit  1111  IVagmcnt  de  cet  article. 

137.T.  Foi.iES->'ouvELLF.s  :  Le  Joujou  électrique.  —  (Iaiti':  : 
Reprise  des  Sept  châteaux  du  Diable.  Le  Moniteur  unircrsel, 
8  ()clol)re  1853. 

137."i''''.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXXII.  MM.  Picou:  Jobbé-Duval  ;  Toulmouche; 
Foulongne;  Hamon;  Leullier.— XXXIII.  M.  Camille  Roque- 
plan.  L>  Mnnilcurunii-rrfirl,  Il  el  13oclo])r('  18.j:i.  L'aitick- du 


is;;:;.  ni 

13  octoliie,  cciit  au  luoinenl  ili'  la  iiiorl  de  Camille  Roqiie- 
laii,  a  roi)aiii  en  paiiie,  en  187 i-,  à  la  suite  de  l'Histoire  du 
rniiKiulismr.  Il  contient  un  IVagiucnt  de  rarticle  de  la  Pressi' 
du  3-G  avril  1847. 

1370.  Vaudkvilu:  :  La  Bride  sur  le  cou;  Montre  perdue, 
récompense  honnête.  —  Folies-Nouveij.ks  :  Pierrot  Dandin: 
le  Petit  Mezzetin:  Jean  et  Jeanne.  Ln  Mouitcar  uiiirfisrl, 
l'.\  oclolire  18;i:i. 

I37(;  ^'-.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXXIV.  MM.  J.-F.  Millet:  Brion;  Breton;  Le- 
leux  ;  Bédouin  ;  Salmon.—  XXXV.  M.  Meissonier.  —  XXXVI. 
MM  Gendron;  Penguilly  L'Haridon;  Poussin;  Dehodencq: 
Bonvin.  -  XXXVII.  MM.  Robert  Fleury  ;  Haffner;  Marchai; 
Trayer.  Le  Mnnitrnr  uiiirrrsrl,  18,  20,  22  et  27  octo])re  18;i;i. 

1377.  Odéox  :  La  Raisin.  —  GaIié  :  Le  Médecin  des  en- 
fants. Lr  Moniti'ur  nnirersrl,  20  oelobie  i8;i.">. 

!  378.  La  Divine  Comédie  du  Dante  ;  traduction  de  M.  Mes- 
nard.  Le  Purgatoire.  Le  Moniteur  imirerscl,  31  octobre  I8;i.'i. 

1378'^'%  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXXVIII.  MM.  Isabey  ;  Vetter  ;  Célestin  Nanteuil  ; 
Antigna.  Le  Moniteur  unirersel,  2-3  novcnihre  l,s:;."). 

1370.  Théâtre-Français  :  Madame  Arnould-Plessy  dans 
le  Legs  ;  mademoiselle  Figeac  dans  le  Gâteau  des  reines. 
—  Th.  des  Variétés  :  Rose  des  bois.  —  Vaudevu.lk  :  Bouffé 
dans  Michel  Perrin. —  Cirque  de  l'Impératrice.  Le  Mfjnileur 
tinlrri'srl,  '.')  novenilire  IS.'iii. 

1370  1'-.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XXXIX.  MM.  Landelle  ;  Comte  ;  Duveau;  Eug.  Gi- 
raud  ;  Ch.  Giraud;  Garcin:  Isambert  ;  Luminais  :  Ed.  Frère  ; 
Morain:  Pezons;  Fauvelet.  Le  Moniteur  universel/.)  noveni- 

inc  18;;;;. 

138(1.  Théâtre  du  Cirque  :  Le  Donjon  de  Vincennes,  — 
Th.  des  Variétés  :  L'École  des  épiciers.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 12  novembre  IS;;;). 

1:581.  Fumée.  Revue  île  Paris,  \:>  novembre  18;;;).  Ces  vers 


9-3         iiisToniK  i)i:s  ()i:rviu:s  iti;  th.  (i.vi  tiku. 

sonl  fiilrés  vu  ISliS  djins  la  Iroisirmc  l'dilioii  des  Emaux  ri 
dnniU's  (mar(|iit''t'  sccoiidc).  iin'ils  ii'unl  plus  i|iiilh'i'  dcpiiis; 
ils  oui  (''h''  (•ilt''s,  sans  liliv,  pai^TIu'opliili' (iaiil  iii  liii-iiii'inc 
dans  un  ailiclf  du  Mniiiliiir  itiiivcrsil  tït\  27  IV\ii,r  ISll'i.  jji 
viiifi  uiu'  version  inrdilc.  en  iiiKilrr  slronlics  .m  lien  île  (l'dis, 
sons  je  lit  le  de:  Vidiirr  ilitiis  Ifs  nflircs.  Nous  I  avons  imlilii'c 
|)onr  la  [U'cniirn'  l'ois,  en  fac-sinnli',  dan>  Ir  LIrrc,  niiniiio 
i\r  mars  1882  : 

Sons  les  pairs  noxcis  s'alnilc 
l'nc  clianniièrc  an  loi!  Itossu  ; 
Le  mur  par  ('caillos  sCllVilt-, 
Le  scnil  drsorl  os(  Ion!  nutiissii. 

Une  l'onc  en  jaM'Ilc  tonibc 
Auprès  du  puits  (icini-conihlé  ; 
Ni  jtoule,  ni  coq,  nicoloinhc; 
'J'out  est  muet  et  désoh'. 

On  dirait  que  Mal)  seule  y  couclie; 
Mais  cependant,  comme  en  temps  froid 
La  tiède  haleine  d'une  houclie, 
La  respiration  se  \oit. 

Un  tire-bouchon  de  Inmée, 
Tournant  son  mince  lilet  l)Ien, 
De  l'àme  en  ce  bouge  enlermée 
Porte  des  nouvelles  à  Dieu. 

l:^S||''^  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XL.  MM.  Jadin;  Troyon;  mademoiselle  Rosa 
Bonheur  ;  MM.  Coignard  :  Philippe  Rousseau  :  Palizzi  :  Melin  ; 
Schutzenberger:  Monginot.  —  XLI.  MM.  Cabat;  Aligny  ; 
Corot;  Bellel;  Belly  ;  Rousseau;  Daubigny;  Ch.  Leroux.— 
XLII.  MM.  Paul  Huet  ;  Français;  Jules  André:  Fiers; 
P.  Flandrin:  Saltzmann.  de  Curzon;  Berchére  ;  J.Thierry; 
Lavielle;  Lafage;  Nason  ;  Wyld  ;  Ziem.  XLIII.  MM.Win- 
terhalter;  Ed.  Dubufe  ;  Ricard;    Rodakowsky  ;   Amaury- 


185  5.  93 

Duval:  Pérignon.  !'■  Mmulcav  tuiircr-srl,  i.i.  17,  II)  ri  23  iio- 

VlMIlIll'l'    I8.'ii). 

i:j<S2.  iHiiATRE-FRANÇAis  :  La  Joconde.  —  Porte-Saint- 
Martin  :  La  Boulangère  a  des  écus.  ^  Palais-Roval  :  As-tu 
tué  le  Mandarin?  L*;  Monilciir  u)iirr)'><cl,  2(5  novembre  iS.'i,';. 
Théophile  (jjuilier  a  cité  hii-inènie  quelques  lignes,  nnuli- 
(iées,  (le  cel.  article,  en  ^867,  dans  son  travail  sur  le  Miisrc 
du  L'iiirrr,  inséré  dans  le  Pdvii^-Guldi'  (voir  ii"  2122  •'*"). 

1382 '"\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture.  — 
Sculpture.  XLIV.  MM.  0.  Tassaert;  Courbet:  Hillemacher; 
Herbsthoffer;  Jolin;  Gariot;  Lanoue  ;  Hervier;  Galetti; 
Th.  Frère  ;  Flandin  ;  Laurens  :  i  Colonna  d'Istria)  ;  Guillemin; 
Pluyette;  Dauzats;  Faivre-Duffer  :  E.  Lami  ;  Vidal  ;  Saint- 
Jean;  Chabal-Dassurgey.  —  XLV.  M.  Simart.  Le  MmiHrur 
loiivcrsrl^  211  novendire  et  [<^''  (lécenit)i'i'  IH.'i.'i. 

i.383.  Odkox  :  La  Florentine.  —  Vaudevilij-:  :  Le  fils  de 
monsieur  Godard.  —  (ivM.\Asi;  :  Le  Camp  des  bourgeoises. 

Le  Mn)ii(rur  iinim'scl,  3  déeeinjjre  ISoj. 

1383  '''-.  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  —  Sculp- 
ture. XLVL  MM.  Cavelier:  Duret;  Dumont;  Etex  ;  Debay; 
Lequesne  ;  Ottin  ;  Follet;  Marcellin;  Maindron.  L'  Mmiilmir 
nniccrsel,  (i  déci'inbre  18i).').  (iet  ailiele  a  élé  [tiacé  par 
erreur,  en  vohnne,  avant  celui  sur  M.  Siinarl,  (ju'il  devait 
suivre. 

138  k  Vente  des  tableaux  et  dessins  de  Camille  Roque- 
plan.  Le  Mnnileur  universel,  7  décembre  I8ji). 

138t'''\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,— 
Sculpture.  XLVII.  MM.  Barye:  Lechesne;  Fremiet;  Jacque- 
mard;  Knecht;  Christophe;  mademoiselle  de  Fauveau  ; 
MM.  Jouffroy  :  Oudiné  ;  (Parraud  ;  Jaley  ;  Maillet  ;  Loison  ; 
Duseigneur;  Gayrard  ;  Rude;  Salmon;  Cordier  ;  etc.  Lr 
Miiiulrur  unirersel,  8  décembre  18."j;). 

138b.  Th.  des  Variétés  :  Le  Royaume  du  calembour.  — 
fiYMNASic  :  Le  Temps  perdu.  —  Ciuque  Napoléo.n  :  Les  Élé- 
phants de  Ceylan.  Le  Monileur  universel,  10  déceuibre  I8;>:). 


01         iiisTiuiii:  DKs  oi:rvi!F,s  m:  ni.  caitiku. 
138i">.    Achèvement   du    Louvre.    /.-•   Mniiiicitr   miircis,!, 

I  I    (liM'cliiluc    iNli.i. 

i:;sti'"\  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  XLVIII.  MM.  Pierre  de  Cornélius;  Kaulbach  : 
Chenavard.  /.'■  Mniiinir  ///(/ic/'sr/,  i:;  ili  riMiihic  is.;:;. 

i:îs:.  l'u.Ms-llovAi.  :  Avait  pris  femme,  le  sire  de  Franc- 
Boissy.  —  AMiticr  :  César  Borgia.  Lr  Mmillritr  ////// rysc/, 
17  décomlui-  IS.lii. 

i;J87 '"'".  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  - 
Sculpture.  XLIX.  MM.  Hubner  ;  Achenbach;  Rœder  ;  Ma- 
gnus  :  Knauss  ;  Von  Muyden  ;  Hockert  :  Ekman  ;  Exner,  etc. 
—  L.  MM.  Leys  ;  Thomas  ;  Portaels  ;  Verlat  ;  Hamman  ;  Flo- 
rent Willems  ;  Van  Moer  :  Degreux  ;  Alfred  Stevens.  Lr  Mniil- 
hiir  imirirsi'l,  20  d  -22  (lici'iiiluf  I8.'>.i. 

i;}88.  FoMES--NoLviai.Es  :  Le  Possédé;  les  Trois  Trouba- 
dours. L''  Mo)ti(cur  iinhcrsrl,  2i  (IimciuIh v  IN.'i.i. 

^:}88'''^  Exposition  universelle  de  1855  :  Peinture,  — 
Sculpture.  LI.  MM.  J.  Stevens:  Robbe;  Van  Schandel; 
Bossuet;  Knyff  ;  Weissembruck:  Bosboom;  Hayez:  Steinle; 
Bertini;  Kupelwieser;  Induno  :  Inganni  ;  Caffi:  Kuvs^asseg  ; 
F. Kaulbach:  R.  Zimmermann.  LU.  MM  Federico  et  Luiz 
Madrazo;  Cerda:  Clavé  ;  Galofre  :  Castellano;  Espinosa; 
Luca:  Ribera  :  Murillo  ;  mademoiselle  Aïta  de  la  Penuela  ; 
MM.  Rauch;  Kiss:  Fracarolli;  Galli;  Délia  Torre:  Botti- 
nelli:  Magni  ;  Marchesi:  Argenti  :  Motelli:  Van  Hove  ; 
Geeîs.  Lr  Mniiileitr  universel,  2()-27  cl  29  décenibi'C  18."i.').  Ces 
cliaiiilres  .sonl  les  derniers  de  Toiivi'age,  etvoici  ce  ({lie  disail 
Kdmiard  Tliicrry  dans  lr  Mnnltciir  universel  du  4  mars  iHiir», 
en  annoiieniil  rap]iiiiil ioii  <Iii  huiir  II  des  Beaux-Arts  en 
Enrnpe  qui  les  conlienl  ;  si  .son  oliservalion  élail  (léjii  juste  à 
celle  date,  conil)icn  ne  l'esl-i'lle  pas  (lavanlajj;e  encoi'e  au- 
joind'hui!  Mais  nous  laissons  la  |  ai  oie  à  Edouard  Thierry, 
i|iii  publiait  cet  .irlirlc  an  iiioineiit  dr  l'apjiaiil  ion  du  conli' 
d'AviUar,  dans  le  Monileur  : 

Le  second  volume  ik's  Ueaux-Arts  en  fnrape  vient 


d'èlre  mis  en  vente.  J"ai  presque  envie  de  ne  pas  tlire 
aiilre  chose.  Ceux  qui  ont  le  premier  volume  entre  les 
mains  (c'est  tout  le  momie  ou  peu  s"en  faut),  n'ont  be- 
soin (pie  d'être  avertis  pour  se  mettre  au  complet.  C'est 
éii-al,  il  y  aurait  une  belle  entreprise  de  librairie  à  faire  : 
ce  serait  île  publier,  non  pas  deux  volumes,  mais  vin.ut 
volumes;  de  reprendre' tous  les  Salons  de  Tbéopbiie 
Gautier,  depuis  le  Salon  de  183() ',  et  d'ajouter  au 
texte  un  grand  nondjrc  de  .uraviires.  Les  expositions 
passent  ti'op  vite.  Le  livret  (jui  en  l'cste  est  une  chose 
morte,  un  inventaire  après  décès,  le  catalogue  du  com- 
missaire-priseur  après  la  vente.  Ce  n'est  pas  là  ce  (jui 
l)eut  représenter  les  variations  des  beaux-arts,  les  mou- 
vements divers,  les  groupes  ipii  se  foi-ment  et  se  divi- 
sent :  ce  n'est  pas  là  que  Ion  peut  suivre  la  discipline 
des  écoles,  les  dissidences,  les  impulsions  données,  <t 
les  élans,  et  le  progrès.  Théophile  Gautier  a  écrit  toiitr 
cette  chronique  de  l'art  au  jour  le  jour;  elle  vit  dans 
ses  Salons,  et  la  passion  du  moment  y  vit  comme  les 
tableaux.  Je  demande  un  édileur  ipii  sache  faire  au 
l»ublic  de  ces  l)elles  générosités.  Voyons,  est-ce  (pie  le 
dernier  éditeur  magnificpie  est  mort  sur  l'oreiller  où 
Ladvocat  s'est  endormi  paisiblement  la  veille  de  la 
détresse?  Pauvre  Ladvocat  !  il  était  digne  de  se  ruiner 
pour  une  grande  chose  ;  mais  entln  le  système  a  changé, 
et  peut-être  vaut-il  mieux  que  les  grandes  choses  ne  rui- 
nent personne.  Les  deux  volumes  des  Beaux-Arts  en 
Furope  vont  être  dans  toutes  les  bibliotliè(pies.  Ils  atti- 
reront les  autres  un  à  un.  La  collection  Unira  par  êti'e 
complète,  et,  d'année  en  année,  de  Salon  en  Salon, 

I.  On  se  souviuut  qiK^  le  premier   Salon  île  Th('niihil(!  (iantier  est   celui 
il  ■  IS;;:;.  et  non  de  IS.'iO. 


M  lllSïtHUK  MKS  (ii:i  MtKS   \)\:   111.  i;.\l  TIKIi. 

avtT  rcllt^  pliinio  nKM'voilIcusr  (|iii  racdiilc  à  uns  \rc- 
It'iiis  la  iti(''lrin|)s\c()sr  voldiilaiii'  A*'  l>alllia/,ar  ClicrlMUi- 
iicaii.  noire  fvccllciil  ami.  ikiIiv  luillaiil  (•ollalMiralciii-, 
conlimicia  ina.uisli'alciiionl  si  ciiargi'  (riiistoriogiaiilic 
(les  musées. 

litS'.t.  Introduction.  /V/r/s  (7  /es  l'urisiiiis  itii  A/A"  sirtlc; 
iiiiriirs^  mis  (I  iii'»iiiiiii)ils :  lc\\i'  pur  M \l.  Ali'\;i iidrc  I)ii:ii;is. 
Tlifiipliili'  (iiiiiliiT,  Al'.sèiU'  ll(Hiss;i\(',  l'iiiil  de  Mussi'l.  Louis 
l'ji.iiill  il  llii  |';i\l.  Illiisli  ;ili(iiis  |i;ir  MM.  lùii^riic  l.ami,  (ia- 
ViU'iii  cl  l{(iMai'i;ii('.  (ii'aml  iii-.S'di' :.!'.M'('iiill('s  l/:2.  IV-lCi  i  |i.i;-'i's, 
plus  \  ini,M-iiiiil  ;,'i  avilies.  liii|>iiiiiL'ric  de  linilinl,  à  Paris.  — 
A  l'aiis.  chez  Moriz<il,  nu'  l'avéo-Sainl  .VinliV,  n"  :{.  l'iix  : 
■2S  francs  (daté  18:i()). 

Nous  allonsoiler  l'Inlrodiiclioii  de  ee  livre,  (|iie  noiislroii- 
voiis  iiiscril  smis  le  ii"  SiCxS  de  hi  liihlldipuiiiliir  tir  la  Vraiirr 
du  2'.'  di''cciiilii-e  I8i)i>:  colle  iiiliodiiclidii  a  l'ii'  iciiii|iriiiico 
auï'si  dans  rArliste  du  (>  jainici  iN.iC),  sous  ff  lilrc  :  l'rilii/iir  : 
Pdrifi  li  h's  l'(n'isii't)!i.  .Nous  avons  déjà  iiidi(|iir'  pliisiciiis  des 
ailicjcs  de  Théophile  (laiilicr  reprodiiils  dans  ce  voIiiiik;  ; 
aiiiiiii  article  n'est  signé,  hniinis  à  la  lahle.el  nous  ci'oyoïis 
i|iie.  sauf  le  niorcenu  (pu'  ihmis  allmis  ciler,  liuis  les  autres 
nul  clé  1  éiinpiimés  sons  le  concours  de  leur  aiileur,  icviis 
cl  remaniés,  pensons-nous,  par  .M.  .Vrséne  Uoussuye  : 

Avec  ce  litre  niatiiiiuc  "le  /V<r/s.  un  drame,  une 
revue,  un  livre  est  toujours  sur  (\n  succès,  l^aris  a  sur 
lui-même  une  curiosité  ine.\tinguiijie  que  rien  n'a  pu 
salislairc  encore,  ni  les  gros  ouvrages  sérieux,  ni  l(>s 
|)ulilicalions  légères,  ni  riiislnire,  ni  la  clii'onique,  ni 
réimie,  ni  le  mémoire,  ni  le  tableau,  ni  le  roman.  Met- 
tez ce  mot  sur  une  alliclie,  et  en  voilà  pour  six  mois  de 
queue  et  de  foule  ;  après  Guillot,  après  Félibien,  après 
Sauvai,  après  Sainte-Foix,  après  Mercier,  après  Rcstif 
de  la  Bretonne,  après  Dulaure  et  tant  d'autres  que  nous 
ne  citons  pas  de  peur  de  faire  une  nomenclature  plus 


18oo.  97 

longue  que  les  dénombrements  d'Homère  et  du  Tasse, 
l'intérêt  n'est  pas  épuisé,  tant  le  sujet  est  fertile.  — 
Arrivez  avec  un  volume  sur  Paris,  et  vous  serez  tou- 
jours le  bienvenu  :  Balzac  a  dû  le  meilleur  de  sa  renom- 
mée à  l'amour  qu'il  avait  de  la  grande  ville,  comme 
dit  la  chanson  du  roi  Henri  dans  le  Misanthrope;  et  tan- 
dis que  de  moins  bien  inspirés  s'en  allaient  fouillant 
les  vieilles  légendes  étrangères,  cherchant  le  bizarre, 
l'inconnu,  l'exotique,  faisant  accomplir  à  leur  fable  des 
voyages  de  circumnavigation  pour  raviver  une  atten- 
tion blasée,  peignaient  les  palmiers  du  tropique  ou  les 
glaces  du  pôle,  l'auteur  de  la  Comédie  humaine  prenait  h; 
chemin  de  la  rue  de  Soly  ou  du  Tourniquet-Saint-Jean; 
il  vous  montrait  la  muraille  humide  placardée  d'aftiches 
équivoques,  le  ruisseau  roulant  dans  sa  boue  noire  des 
découpures  de  fer  blanc,  l'allée  sombre  s'enfonçant 
entre  deux  boutiques,  la  fenêtre  liasse  où  meurt  un 
œillet  étiolé  ;  il  faisait  se  glisser  le  long  des  maisons  si- 
nistres une  femme,  la  voilette  rabattue,  ou  se  dessiner 
contre  la  vitre  jaune  de  la  croisée  le  profil  d'une  jeune 
lille  àson  métier,  et  déjà  l'imagination  du  lecteur  était  en 
éveil,  et  personne  ne  pouvait  résister  à  cet  entraînement 
qui  vous  menait  de  page  en  page  jusqu'à  la  fin  de  l'his- 
toire, sans  vous  laisser  apercevoir  que  les  tisons  s'écrou- 
laient en  cendres  au  foyer,  et  que  la  lueur  bleue  du 
matin  éteignait  près  de  vous  la  clarté  jaune  de  votre 
lampe. 

En  etïet,  Paris  est  la  mine  inépuisable,  le  sujet 
toujours  neuf,  le  thème  sur  lequel  l'antiquaire,  le  phi- 
losophe et  le  poète  peuvent  broder  des  variations  à 
l'inlini;  c'est  un  modèle  aux  aspects  multiples  et  que 
chaque  peintre  saisit  à  sa  manière;  et  puis,  que  de  Paris 

II.  7 


rs         iiisToiiîK  iiKS^  ni-rvi{F,>^  dk  th.  cm  Tii'.it. 

(lilïïM'i'iils  (Iniis  l*ai'is!  sans  ('(iiiiitlci'  criix  i|iii  se  Sdiil 
siip(M'|ios(''S  siri'lc  l'ai' sii'clc,  ciimiiii'  des  (■(iiiclics  j^(">()lo- 
ii'iiHios,  à  partir  ilf  la  Liilocc  {\i'  Jules  (Irsar  jiis(|iraii 
Parisilt'  NapoliMHi  111.  Oih'IIimMn  crsilr  (iiKJoxaiilc  !  Oiicllc 
|ili\-^i()ii(iinir  ni(»l)il('  !  A  iliai|ii('  lifiin',  il  laiil  faire  son 
|Hiilrail  :  celui  d'hier  ne  resseinhli'  déjà  |diis  :  sii|i|M)se/, 
(III  l'ari>ieii  reiilraiil  a|irés  (]iialre  mi  riiii|  ans  d'ali- 
senco  ;  il  tniiiM'iM  le  nom  eau  l.oinre  reiiiiant  cetlc 
vasti''  placi'  du  Cai'i'oiisel,  encomlirée  iinuiièrc  di'  ba- 
l'aijiies  el  d'écliopiies  ;  il  cliercliera  (\r>.  îles  de  maisons 
anôanlies.  {]v>  lan's  don!  il  ne  reslo  pas  in(''iiie  la  (race, 
t'I  du  ('(Mil  dii  |talais.  sorli  de  Icrre  comme  une  décora- 
tioii  (l'opéra,  il  décoiiMira.  Ion!  surpris,  au  boni  d'une 
rue  Rivoli  (|iii  n'cxislail  pas,  la  loiir  Saint-Jac(|ii('s  évi- 
(léo  à  jour;  l'Hôlel  de  \'ille  v\  le  dôme  de  Saint-Paul, 
une  [lerspeclive  inconnue  ;  de  la  [ilace  de  la  Concorde, 
il  verra  s'élancer  dans  l'air  les  clochers  pseudo-tïollii(|ues 
(le  Sainle-Clolidc;  deux  ponis  nouv(\aux  enjamber  la 
Seine;  une  immense  voùle  de  ci'islal,  d'une  demi  lieue 
(le  lon.u',  s'arrondir,  où  verdissaient  les  arbres  du  cours 
la  Reine.  S'il  remonte  les  Champs-Elysées,  à  TendroiL 
où  les  invalides  suivaient  d'un  (eil  si  allenlif  l(!s  péi'i- 
pélies  du  cochonnel,  il  Irouvei'a  le  palais  de  l'Induslrie 
avec  un  porche  géant  et  son  toit  de  verre  ;  et  s'il  i)our- 
suit  son  cliemin,  tout  en  regardant  passer  dans  leurs 
calèches  et  leurs  broughams  les  hétaïres  de  la  ine  de 
la  BouloRouge  et  de  la  rue  de  Bréda,  (jue  les  étran- 
gers naïfs  prennent  pour  des  duchesses,  il  s'arrêtera 
tlans  cet  aride  bois  de  Boulogne,  au  bord  d'une  So-- 
pentine  River;  un  parc  anglais  a  remplacé  les  maigres 
taillis,  et  l'eau  bouillonne  en  cascade  où  tourbillonnait 
la  poussière. 


1855.  99 

Ainsi,  \ous  comprenez  que  Paris  et  les  Parisiens 
arrivent  vraiment  à  l'heure  ;  il  faut  un  guide  même  à 
l'indigène  pour  se  reconnaître  dans  sa  ville.  N'allez 
pas,  de  grâce,  consulter  quelque  livre  vieux  d'un  an,  il 
vous  tromperait;  vous  y  liriez  des  choses  aussi  arrié- 
rées (jue  si  c'était  un  bouquin  piqué  des  vers,  rongé 
des  mites  et  ranci  dans  sa  couverture  de  parchemin 
jaune;  —  il  en  est  de  la  physionomie  des  villes  comme 
de  la  physionomie  des  hommes  :  des  auteurs  naïfs,  et 
qui  ne  voient  rien  par  leurs  propres  yeux,  s'obstinent 
encore  à  peindre  l'usurier  sous  la  ligure  d'un  juif  à  la 
barbe  fourchue,  à  la  simarre  élimée,  et  lui  font  donner, 
au  lieu  d'argent,  des  crocodiles  empaillés,  des  vaisseaux 
d'ivoire  et  des  trous-madame  aux  lils  de  famille  ;  d'au- 
tres décrivent  avec  beaucoup  de  conscience  et  de  gra- 
vité un  Paris  qui  n'existe  plus  depuis  cinquante  ans. 
Vous  pensez  bien  que  ce  volume  ne  fait  pas  la  biogra- 
phie de  chaque  monument,  l'histoire  de  chaque  pierre  ; 
il  laisse  ;i  de  plus  savants  le  soin  de  chercher  sous  le 
pavé  et  le  macadam  le  tracé  de  l'enceinte  de  Philippe- 
Auguste;  ce  qu'il  a  surtout  la  prétention  de  peindre, 
c'est  le  Paris  intelligent  et  vivant  ;  Paris,  la  métropole 
des  arts,  l'abbaye  de  Thélème  de  la  fantaisie,  le  grand 
bazar  du  luxe  européen,  la  Mecque  où  se  rendent,  de 
tous  les  points  de  l'horizon,  tous  les  croyants  du  plai- 
sir. Quel  spectable  admirable  que  cette  population  tou- 
jours en  fête  et  pourtant  si  laborieuse,  que  ce  tourbillon 
d'activité  dévorante,  que  cette  chaudière  en  ébullition 
dont  la  fumée  se  voit  du  bout  du  monde  !  L'univers  ne 
fait  que  ramasser  les  bouts  de  cigares  de  Paris;  il  note 
ses  moindres  mots,  il  se  récrée  à  ses  calembours,  il  se 
cotise  pour  prendre  son  esprit,  il  dévore  ses  journaux, 


100  IIISTOIHK  DRS  OJÎUVRF.S  ItK  TH.  (JAUTIEIl. 

il  ai^iMciKl  SCS  livit's  par  ciiMir.  il  cliaiUe  ses  vaiKJrvilIrs, 
il  iiiiilc  ses  pièces,  il  conli-crail  ses  modes;  ri  (jnaiid  il 
\iriil  lui  rriidrc  \  isili'.  la  iiiaicliande  d'Iiei-bes  lui  dil. 
comme  à  Théoplifasic,  ipii  ii(i\ail  avoir  rarrent  allir- 
niiMi  :  <■■  Klranger!  »  (lar  l'amlulioii  sccrèle  de  riiiii\t'i's 
l'sl  dVirc  l'aiàsiiMi,  auiiiilion  éiioniic.  di'Miii'suréc,  rt 
ipii  lit'  se  réalise  ipif  hii'ii  rarcnn'iil. 

Èlvc  Pai'isien,  cela  rsl  dillicilc  !  Kl  hcaiicoiip  son!  nés 
enirc  la  barrière  du  Trône  el  la  barrière  de  l'Etoile,  (|iii 
ne  passeraient  pas  sur  le  boulcvaid  (\i'  Gand  sans  être 
signalés  comme  des  barl)ares  ou  des  provinciaux.  Paris 
ne  consiste  pas  seulemi'iil  dans  l'élalagc  de  ses  bou- 
tiques, les  glaces  de  ses  cafés,  le  cuivre  estampé  de  ses 
théâtres,  lascintillation  de  son  gaz,  le  grondement  sourd 
de  ses  voitures,  qui  ne  s'endort  pas  plus  que  celui  de  la 
mer,  les  merveilles  de  ses  musées,  les  trésors  de  ses 
bibliothèques,  les  nuits  échevelées  de  son  carnaval,  (pil 
a  remplacé  celui  de  Venise;  Paris,  c'est  surtout  cet 
esprit  vif.  léger,  rapide,  compris  à  demi-mot,  plein  de 
sous-enlendus  et  de  réticences,  cette  causerie  entre  deux 
boulfées  de  cigare  au  perron  de  Tortoni  ou  sur  les 
divans  capitonnés  des  salons  intimes,  car  il  y  a  encore 
des  salons,  quoi  qu'on  die,  où  se  joue  à  ravir  ce  jeu 
de  raquettes  de  la  conversation.  Là,  parmi  toutes  les 
recherches  du  confort  anglais,  brille  l'inimitable  élé- 
gance parisienne;  mais  les  plus  belles  étoiles,  les  lapis 
les  plus  moelleux,  les  plus  capricieux  vases  de  Chine, 
les  bronzes  les  mieux  fouillés,  les  tableaux  de  maîtres 
les  plus  authentiques,  obtiennent  à  peine  un  regard  ; 
l'œil  charmé  se  porte  sur  les  groupes  de  femmes  qui, 
en  agitant  l'éventail,  écoutent  les  causeurs  inclinés  à 
demi;  les  yeux  scintillent  comme  des  diamants,  les 


18oa.  101 

épaules  luisent  comme  le  satin,  les  lèvres  s'ouvrent 
comme  les  lleurs.  Si  Araminte  ou  Célimène  pouvaient 
les  entendre,  saisir  cet  accent,  copier  ce  tlemi-sourice, 
retenir  un  de  ces  mots  jetés  avec  une  si  gracieuse  non- 
chalance! Si  Lawrence,  Vidal  ou  Eugène  Lami  étaient 
là  pour  esquisser  d'un  pinceau  indiscret  ou  d'un  crayon 
furtif  CCS  airs  de  tète  charmants,  ces  heaux  hras  nus, 
ces  attitudes  d'une  nohlesse  familière  et  d'un  ahandon 
décent,  ces  gazes  légères  comme  des  ailes  d'aheille, 
comme  ils  rendraient  cette  beauté,  cette  élégance  et 
ce  luxe,  qui  n'a  rien  d'insolent  et  se  cache  sous  la  grâce  ; 
mais  notre  vœu  est  rempli  ;  regardez  le  nom  écrit  au 
bas  de  la  première  gravure,  la  meilleure  préface  d'un 
livre  intitulé  :  Paris  et  les  Pm'isiens. 

1390.  Études  philosophiques.  Même  origine  que  le  précé- 
dent numéro.  Nous  allons  réimprimer  cet  article,  que 
nous  ne  croyons  pas  émané  de  la  plume  de  Théophile  Gau- 
tier, quoiqu'il  soit  signé  de  son  nom  à  la  table  du  livre; 
nous  pensons  qu'il  est  de  M.  Arsène  Houssaye.  Quoi  qu'il  en 
soit,  nous  le  citons  ici,  afin  que  le  lecteur  puisse  juger  lui- 
même  s'il  lui  semble  sorti  de  la  plume  de  l'auteur  de 
Mademoisrlle  de  Miaipin;  nous  croyons,  qu'honnis  l'Inlio- 
duction,  Théophile  Gautier  n'a  altsolument  rien  fourni  d'iné- 
dit à  ce  recueil.  Ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit,  les  autres 
articles  de  lui  qui  en  font  partie,  articles  déjà  renseignés 
dans  le  cours  de  ce  travail,  ont  été,  pensons-nous,  rema- 
niés et  choisis  par  M.  Arsène  Houssaye,  sans  le  concours 
mais  avec  le  consentement  de  l'auteur: 

Que  disent  les  historiens  :  «  Si  Rome  a  été  fondée 
((  par  un  fils  du  dieu  Mars  et  par  le  nourrisson  d'une 
«  louve,  Paris  le  fut  par  un  prince  échappé  du  sac  de 
«  Ti'oie,  Francus,  fils  d'Hector,  qui,  devenu  roi  de  la 
«  Gaule,  après  avoir  bâti  la  ville  de  Troyes  en  Cham- 


102       iii^îToinr:  nr.s  ni-rvnr.s  dk  th.  ('.aitieii. 

«l^agllC.    \illl    Inll.liT   (cllr    des   P.irivicus ,  ri   lui  (loitlia 

t(  1(>  nom  (lu  licaii  ITiris.  son  umlc.  >• 

Pour  ('\pli(|ii('i' (clir  liiiiilc  (ipiiiioii  d'iin  savaiil  liis- 
lorit'M.  im  aiilrc  hisloiicii  non  moins  sa\anl  nous  dô- 
monlri'  (|nr  le  mol  /*a)-/s  se  compost'  (le  deux  mois, 
savoir  :  k  radical  /'nr  ou  /iav,  <■!  Ii'  mol  As/s,  ((  allcndu 
u  qu'il  a  rlr  trouvé  sur  le  Icrriloire  de  Paiis  une  slaluc 
«  fie  rcll;'  dresse,  ro  (pii  [ironvc  aliontlammrnl  (pic 
«  l'i'ancus.  ipii  vi'Ul  diic  Français,  est  le  fondalfiui'do 
«  Paris.  »  V'oii'.  p(Mir  plus  de  lumirrcs,  les  Mémoires  de 
l'académie  des  Inscriptions  et  des  /k'Iles-Lettres,  ipii 
fourmillcnl  d<^  preuves  loul  aussi  aullicnliqucs. 

Il  existe  cependant  d'aulrcs  opinions  dignes  d'être 
étudiées.  Si  on  daignait  nous  écouler  sui-  ce  point,  nous 
dirions  que  le  fondateur  de  Paris,  ce  lui  le  hasard.  11  y 
avait  une  île  dans  un  pays  sauvage  :  ligurez-vous  une 
peuplade  dispersée  qui  cherche  à  s'abriter  contre  ses 
enntimis  ;  cette  peuplade  traverse  le  (leuve  et  se  barri- 
cade sur  ce  grain  de  sable  (pie  protègent  les  eaux.  Cette 
peuplade  de  bateliers  et  de  pêcheurs,  lasse  d'errer  de 
rive  en  rive,  de  la  rivière  au  fleuve,  du  fleuve  à  la  mer, 
veut  prendre  dans  l'ile  quelques  jours  de  repos.  Après 
la  palissade,  voilà  la  tente  (pii  se  dresse.  Les  vents  sont 
mauvais;  le  fleuve  est  un  autre  ennemi,  qui  vient 
menacer  à  son  tour  ;  pourquoi  ne  pas  élever  un  mur 
contre  les  tempêtes  de  l'occident?  Cependant  on  a  eu 
le  temps  de  s'apercevoir  que  l'île  était  fertile;  pendant 
que  les  pécheurs  s'aventurent  sur  leurs  barques,  les 
plus  paisibles  de  la  colonie  défrichent  le  sol  par 
distraclioii,  par  curiosité,  par  instinct  pour  l'avenir. 
Quelque  temps  se  passe  ainsi  ;  l'heure  est  venue  de 
partir,  de  marcher  <à  l'aventure  comme  autrefois  ;  mais 


18o5.  103 

l'amour  du  sol  a  pris  ces  hordes  nomades;  ils  ontsemé, 
ils  veulent  recueillir.  Ils  se  complaisent  d'ailleurs  dans 
ces  quelques  enjambées  de  terres  défendues  des  bêtes 
et  des  bommes,  des  ennemis  de  toute  espèce,  où  ils 
peuvent  avoir  cbacun  un  arbre,  un  épi  et  une  mai- 
son. Ils  se  décident  à  rester;  les  plus  aventureux  et  les 
plus  jeunes  iront  courir  au  loin  à  la  découverte,  mais 
ils  reviendront.  Dès  ce  jour,  Paris  exista.  Au  lieu  de 
quelques  palissades,  où  étaient  suspendues  toutes  fu- 
mantes les  peaux  de  bêtes,  l'industrie,  fille  de  la  paix, 
envoie  des  barques  chercber  des  pierres  sur  les  rives 
voisines,  élève  des  murs,  les  couvre  de  chaume,  et  voilà 
une  bourgade  qui  vit  et  palpite.  Laissez-la  respirer  un 
peu,  vous  la  retrouverez  bientôt  avec  des  mœurs,  gou- 
vernée par  des  lois.  Aujourd'hui,  elle  s'appelle  Lou- 
touhési  ;  plus  tard,  César  passera,  qui  lui  donnera  son 
acte  de  naissance;  plus  tai-d,  la  Itourgade  sera  la  ville 
universelle;  elle  sera  tout  à  fois  Babylone,  Athènes, 
Rome;  mais,  quelles  que  soient  sa  fortune  et  sa  gloire, 
elle  n'oubliera  pas  qu'elle  est  soi'tie  d'une  famille  de 
pêcheurs,  et,  pour  ses  armoieries,  elle  prendra  un 
vaisseau. 

J'ai  commencé  par  citer  l'histoire,  j'ai  fini  par  pro- 
duire le  roman.  Comme  il  arrive  souvent,  le  roman 
n'est-il  pas  plus  vraisemblable  que  l'histoire? 

Aujourd'hui,  Paris  n'est  plus  une  île  déserte,  une 
bourgade,  une  grande  ville,  c'est  une  nation  où  four- 
millent mille  peuples  divers.  C'est  un  enfer  où  s'agi- 
tent toutes  les  mauvaises  passions,  c'est  une  Babylone 
qui  a  les  poésies  d'Athènes  et  les  armées  de  Rome. 

Il  devient  impossible  d'aller  à  pied  dans  Paris,  à  tra- 
vers le  flot  d'omnibus,  de  fiacres,  de  charrettes  et  de 


104  HISTOIRE  DES  ŒUVRES  J)H  TH.  (iALTIKU. 

oonprs.  Wnho\  ost  on  travail  ol  on  plaisir.  Qiirllo  saliro 
for.iil  aiijourd'liiii  noilraii,  (levant  loiilo  crlic  (■■l()(|iionco 
lie  la  \io  (|iii  fiifanlc  mi  (jiii  .•^'opaiioiiil  !  An  lifii  (rimo 
salii'c.  il  IVrail  iino  odo. 

Alix  C.hanHts-Klysôos,  nn  so  croicail  Ions  les  joins  à 
la  indinciiailc  de  Lon'jchainps.  (Vcsl  ini  (•ci'clr  m  piriii 
vi'iil ,  on  liui  l'ail  jualTcr  ses  ciicNanx  cl  on  l'on  rcn- 
((Hiiic  sa  niailii'ssi'.  A  ('l'Ile  comédie  des  \anilés  pari- 
siennes, il  y  a  beaucoup  de  speclalenrs  à  deux  sous,  — 
le  prix  d'une  chaise. — (jui,  en  se  voyant  éclabousser 
par  toutes  les  élégantes  voilures,  peuvent  se  dire,  s'ils 
sont  des  philosophes  :  «  Entre  ceux  (\\\\,  a  Pai'is.  vont 
«  à  pied  et  ceux  qui  vont  en  voiliu-e,  il  n'y  a  que  la 
a  dilVérencc  du  marcbepieil ,  »  coiuuk^  disait  lui  philo- 
«  sophe  à  pied. 

Ah!  le  marchepied  !  il  y  a  un  livre  à  faire  là-dessus. 
C'est  le  point  de  départ  d'ini  pays  à  un  autre,  de  la  mi- 
sère au  luxe,  de  l'insouciance  au  souci.  C'est  le  trait 
d'union  de  celui  (pii  n'est  rien  à  celui  (pii  est  tout.  La 
question,  c'est  d'y  mettiv  Ir  pied.  Devant  la  roue  dorée 
de  la  fortune,  il  y  a  vni  marchepied  ;  mais  le  moyen  d'y 
monter  sans  se  faire  rouer  par  le  train  d'enfer  dont  va 
la  foi'tune? 

Mais,  après  tout,  parmi  ceux  qui  sont  en  voiture, 
combien  qui  voudraient  aller  à  pied  ! 

Les  Champs-Elysées,  depuis  l'Obélisque,  qui  n'est 
pas  à  sa  place,  jusqu'à  l'Arc-de-Triomphe,  qui  devrait 
être  dans  Paris,  soiH  plantés  d'un  milliei-  d'arbres  pul- 
monaires et  rachitiques,  qui  ont  l'air  d'être  les  inva- 
lides de  la  nature.  On  dirait  une  forêt  qui  marche  avec 
de?  jambes  de  bois.  Puisque  le  bois  de  Boulogne  va 
remplacer  les  Champs-Elysées,  il  faut  tout  simplement 


1855.  105 

continuer  les  boulevards  jusqu'à  rArc-tle-Triomphe , 
abattre  les  arbres  malades  qui  masquent,  d'un  côté,  le 
palais  de  l'Industrie,  de  l'autre,  le  palais  de  l'Elysée, 
continuer  en  quelque  sorte  le  jardin  des  Tuileries  jus- 
qu'au rond-point;  depuis  le  rond-point  jusqu'au  mur 
d'enceinte;  bâtir,  soit  dans  un  style  uniforme,  soit  dans 
un  style  varié,  mais  dans  un  bon  style,  des  maisons  et 
des  hôtels  destinés  à  loger  le  beau  Paris. 

Il  y  a  longtemps  qu'on  a  eu  l'idée  de  peupler  les 
Champs-Elysées  de  statues.  Le  moment  n'en  est-il  pas 
venu,  aujourd'hui  qu'on  a  découvert  des  carrières  de 
marbres;  aujourd'hui  qu'il  va  tant  de  sculpteurs  qui 
ne  font  que  des  bustes?  Le  jour  où    on  a  décrété  le 
palais  de  l'Industrie,  on  a  changé  la  destination  des 
Champs-Elysées  ;  on  a  continué  le  boulevard  de  la  Ma- 
deleine et  la  rue  de  Rivoli  ;  on  a  chassé  des  quinconces 
la  comédie  en  plein  vent.  Avant  peu,  Guignol  lui-même 
ne   saura  plus  où  percher  son  théâtre.  Quand  Jean- 
Jacques  Rousseau  vint  à  Paris  pour  la  première  fois,  il 
s'amusa  beaucoup  devant  les  parades  des  Champs-Ely- 
sées. Qu'ils  avaient  d'esprit,  le  maître  et  le  valet;  l'un, 
amoureux,  l'autre  gris!  Il  est  vrai  que  c'était  l'esprit  de 
Piron,  quelquefois  deLesage.  —  «  Où  vas-tu,  Arlequin? 
«  — Je  vais  boire.  —  Et  vous,  seigneur  Pandolphe? 
«  —  Moi,  je  vais  voir  Céliante.  —  Seigneur  Pandolphe, 
(1  donnez-moi  un  écu  au  soleil.  —  Maître  Arlequin,  ne 
«  parlons  pas  de  cela.  —  Mais,  enfin,  mes  gages.  —  Tes 
«  gages?De  quoi  t'inquiètes-tu?  Je  ne  te  paye  pas,  mais 
«  tes  gages  courent  toujours. — Relie  consolation!  mes 
«  gages  courent  toujours  ;  mais  ils  courent  si  vite  que  je 
«  saurais  les  rattraper.  —  Coquin!  n'est-ce  pas  moi  qui 
«  t'habille?  —  Tout  doux,  mon  maître,  n'est-ce  pas 


100  lllSTiMHK  l)i:S  OiaVllKS  1)K  TH.   (iAlTlIlll. 

«  moi  i|iii  vous  liahillc  le  malin?  IJicn  plus,  je  vous 
H  ilrslialijlli'  le  soir.  —  M'i'sl-ro  pas  moi  ipii  le  iioiiri-is? 
M  —  Fort  liitMi  ;  mais  ipii  ost-co  qui  vous  appoilc  à  boire 
«  el  à  maiiucr  (pianil  vous  ("^Ics  à  lalilf? —  N'csl-cc  pas 
«  moi  (|iii  11'  (ioimc  un  lil  [loiu'  If  coiu'lirr?  —  N'csl-co. 
«  pas  moi  (pii  fais  le  V(Mf<'?  —  X'osl-cc  pas  moi  (|iii  le 
«  loge?  —  N'os(-oe  pas  moi  (pii  \oiis  ouvre  voire 
(t  porte?  »  Va  ainsi  lt>  seiti'neiir  l'amldlplie  e|  maîlre 
Arlequin  s'en  voni  se  dispulanl  le  lerrain  pied  à  pied, 
arnuVs  d'une  |iliil(»sopliie  Ir.inscendante.  On  n'esl  pas 
plus  spirilu(d,  on  n'esl  pas  plus  IxMe. 

lii'.M.  ()i)i:c»N  :  Peintres  et  Bourgeois.  Le  Munilittr  uiurcr- 
sc/,  31  dùceinbre  18.'K). 


1856 


1392.  Gymnase  :  Le  Mal  de  la  peur;  Je  dine  chez  ma 
mère.  Le  Moniteur  universel,  7  janvier  1836. 

1393.  Porte-Saint-Martix  :  L'Orestie.  Le  Moniteur  zmi- 
versel,  14  janvier  1856. 

1394.  Théâtre-Français  :  Les  Muses  de  Molière.  —  Odéox  : 
La  Revanche  de  Lauzun.  —  Vaudeville  :  Lucie  Didier.  Le 

Moniteur  universel,  21  janvier  18j6. 

130o.  Thkatre-Fraxçais  :  Les  Pièges  dorés.  —  Tii.  des 
Variétés  :  Madame  Bijou;  les  Cheveux  de  ma  femme.  — 
Vaudeville  :  Le  Rat  de  ville  et  le  Rat  des  champs.  —  Am- 
nir.u  :  La  Servante.  —  (Vente  des  tableaux  de  MM.  Rioult 
et  Philippe  Rousseau).  Le  Moniteur  universel,  28  janvier  IS.iO. 

1306.  Théâtre-Français  :  Guillery.  —  Th.  des  Variétés  : 
Janot  chez  les  sauvages. —  Palais-Royal  :  Garde-toi,  je  me 
garde  ;  En  Pension  chez  son  groom.  —  Porte-Saint-Martin: 
Reprise  de  Benvenuto  Cellini.  Le  Moniteur  universel,  4  fé- 
vrier is;)6. 

1397.  Théâtre  du  Cirque:  Reprise  de  la  Reine  Margot.— 
FoLiRS-NouvELLES  :  Le  Bras  noir.  —  Vente  des  tableaux  de 
M.  Hervier.  Le  Moniteur  universel,  1  i  février  18.j6.  Le  fragment 
de  cet  article  relatif  à  M.  Hervier  a  été  réimprimé  en  tête 
du  catalogue  d'une  nouvelle  vente  qu"il  fit  le  o  avril  1873. 

1398.  Gymnase  :  Lucie.  —  Cirque  Napoléon  :  Les  bètes 
féroces  domptées  par  madame  Labarére;  le  Monstre.  — 


1(W  IIlSTOinr  PF.S  OKIVIIKS   DE  TH.  C.MTIKI?. 

Les  Contes  drolatiques  de  Balzac,  illustrés  par  Gustave 
Doré.    /-''  M"niliiir  iiiiiriisi'l,   IS  l'iNiicr   IS.'ifi. 

i:i',i'.i.  Nécrologie  ;  Henri  Heine.  —  Vaudicvii.m:  :  Les  In- 
fidèles; Madame  Lovelaco.  I'm.ais-Uoyai,  :  Le  Tueur  de 
lions  ;  les  Toquades  de  Borromée  :  Monsieur  de  Saint-Ca- 
denas. /.''  M' iiiliiir  universel,  2'.'*  lévrier  ISoii.  I.cs  lij^iics  de 
col  arlii'li^  coiisaiTres  ,'i  Iji'iiii  lliiiir,  soiil  (Icvciiiics  nue 
partie  de  la  ilrniièic  mniiii'  de  la  .Noliec  sur  llciiii  Heine, 
placée,  la  iiumih'  aiiin'c,  en  Irle  de  ses  œuvi'cs  el  donl  nous 
parlerons  plus  loin  (vtiii  n"  1407).  Le  déhid  de  l'article  a  élé 
suppriiiii'  :  li"  vdid  : 

l'iit^  ôtoili'  (II'  incmiôro  fti'aiidour  s'esl  ùtcinte  la  se- 
maine (lernit'iv  au  ciol  de  la  poésio,  sans  que  le  monde 
y  ail  fait  jii'ande  attention;  le  monde  a  bien  d'autres 
soucis  que  de  suivre  du  rcjiard  les  étoiles  niantes.  Henri 
Heine  vient  de  mourir,  ou  plutôt  la  petite  llamme 
oltstinée  qui  empêchait  de  se  dissoudre  ce  cadavre 
étendu  depuis  huit  ans  sur  le  grabat  de  la  pai-alysie, 
a  pris  son  vol  à  tout  jamais.  Henri  Heine  a  offert  le 
phénomène,  elc. 

1400.  Avatar,  conte.  Le  Munitcitr  wiivcruct,  29  février;  d, 
:j,  7,  \-2,  13,  14,  i:i,  27,  28,  29  mars  et  .3  avril  1856.  Cet 
ouvrage  fut  d'abord  publié,  en  1857,  en  un  petit  volume 
in-32;  puis  il  entra  ensuite,  en  1863,  dans  les  Romans  et 
Contes  de  son  auteur,  qu'il  n'a  plus  quittés.  11  fut  sans  doute 
question  de  tirer  un  poème  d'opéra  de  ce  conte,  car  nous 
possédons  l'autographe  suivant:  «J'autorise  M.Sant  Angelo 
à  tirer  un  libretto  de  mon  roman  intitulé  :  Avatar.  Théo- 
phile Gautier.  »  Mais  ce  projet  n'a  pas  été  exécuté. 

Avatar  a  été  traduit  en  allemand  par  M.  Kugler,  un  vo- 
lume, paru  chez  Franz  Hubert,  à  Stettin,  en  1856. 

1401,  Thkatre-Français  :  (Nécrologie  :  )  Madame  AUan;  le 
Misanthrope.  —Ambigu  :  L'Espion  du  grand  monde.  —  Th. 
des  Variktés  :  Madame  Roger  Bontemps  ;  Un  Pari  biscornu. 
Le  Moniteur  imiicrsel,  3  mars  185(3. 


1836.  100 

1402.  Catalogue  de  la  précieuse  réunion  de  tableaux  de 
l'école  française,  provenant  du  cabinet  de  M.  Barroilhet, 

dont  la  vente  aura  lieu  à  Paris  le  10  mars  I806.  In-8°  d'une 
feuille  3/4,  28  pages.  Imprimerie  de  Mnuldc,  h  Paris.  —  A 
Paris,  chez  Laneuville,  rue  Neuve-des-Mathurins,  u"  73. 

Ce  catalogue,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n»  1873  de 
lu  Bibliographie  de  la  France  du  8  mars  18S6,  renferme  un 
Avant-Propos  de  Théophile  Gautier,  qui  n'a  jamais  été  réim- 
primé et  que  nous  allons  citer  ici  : 

L'injuste  i-éaction  de  David  contre  l'École  française 
a  eu  pour  effet  de  plonger  dans  l'oubli  toute  une  géné- 
ration de  peintres  charmants,  pleins  de  grâces,  d'esprit 
et  de  couleur;  on  est  maintenant  tout  à  fait  revenu  de 
ce  préjugé,  et  l'on  recherche  comme  elles  le  méritent, 
les  œuvres  de  Watteau,  de  Lancret,  de  Pater,  de  Char- 
din, de  Boucher,  de  Fragonard,  de  Greuze,  de  Pru- 
d'hon.  M.  Paul  Barroilhet,  cet  amateur  éclairé,  a  réuni 
une  collection  de  ces  maîtres,  naguère  si  dédaignés, 
composée  de  tableaux  purs,  authentiques,  excellents, 
la  plupart  célèbres,  et  tels  que  toute  galerie  serait  fière 
de  les  posséder.  On  a  dit  que  l'École  française  était  peu 
coloriste  ;  cela  pouvait  être  vrai  des  toiles  bas-reliefs 
des  pseudo-classiques  ;  mais  Watteau,  dans  sa  gannne 
rose,  approche  de  Rubens,  et  dans  sa  gamme  argentée, 
de  Paul  Véronèse  ;  voyez  plutôt  V Alliance  de  la  Musique 
et  de  la  Comédie  :  dans  cette  composition  singulière  où 
les  deux  Muses  soutiennent  le  blason  du  vieux  théâtre 
italien,  entouré  d'une  guirlande  d'attributs  :  violons, 
marottes,  partitions,  masques,  guitares,  flûtes  de  Pan. 
Anvers  ni  Venise  n'ont  rien  produit  de  plus  lin,  de  plus 
chaud,  déplus  riche;  et  quel  peintre  de  l'une  ou  de 
l'autre  ville  y  eût  mis  cette  désinvoltiu'e,  cette  élégance, 
ce  piquant  qui  donnent  à  la  nature  les  grâces  de  l'Opéra? 


110        iiisTdiiti:  iiKs  (ii;i:viîKs  dk  th.  (;ArTiKi{. 

Ow  regarde  NValtcaii  coinmc  IViNdlc,  mais  (Irpoiiillr/, 
ces  (lt'ii\  lieiiiTs  (II'  leur  coloris  (Iriicioux,  ivalisc/lcs 
(Ml  iDailin-  liLiiic,  t'I  vous  atirc/  (i(Mi\  slaliics  d'wv.  sInIc 
sans  j)(''(laiih'rii'.  (pic  ne  (l(''sa\(tii(M'ai('iil  ni  Jean  (uiu- 
joii,  ni  (Ici'niain  l'ilon.  I.c  Parlrinl  de  initdniiw  de  Ju- 
lienne, t>n  cosliinic  ni\tlioloiii(|uo,  n'osl-il  poinl  iYwwe 
|iàlt'  Mipcilic,  et  d'inu'  fachiiT  loiilc  niafiisli'alc?  On 
1  alliilHicrail  ;'i  Hnlicns.  cela  ne  nous  ('■loiincrail  pas. 

Le  Porlrail  en  jiieil  de  Louis  .\  17,  par  Circn/.c  nous 
a  Nrainiciit  surju-is;  nous  savions  Greuzc  nn  ailisic 
(l'un  scnlinicnl  cxciuis,  d'une  grâce  cndianleresse,  d'une 
(■(iiilcur  pleine  (le  cliamie.  mais  nous  ne  le  ci'oyions 
pas  capable  de  celle  niajesli'',  de  ce  style  et  de  celle 
élégance  ro\ale  et  clievaleres(pie;  la  ligure  revêtue 
d'un  manteau  lleurdelisé,  pièle  admirablement,  avec 
une  dignité  sans  emphase;  le  mouvement  du  bras 
appuyé  sur  le  sceptre  est  d'une  tierlé  héroùpie;  la  main 
qui  lient  le  chapeau  à  plume  est  tournée  d  une  Façon 
merveilleuse;  le  rideau  dont  les  plis  étolîés  entourent 
la  colonne,  le  fauteuil  ramage  d'or  et  de  vert,  tout  est 
peint  d'une  manière  libre  et  précise,  noble  et  spii'ituelle, 
avec  la  chaleur  de  l'esquisse  et  le  Uni  du  tableau.  Le 
Charles  1"' ,  de  Van  Dyck,  n'est  ni  plus  roi.  ni  [)lus  gen- 
tilhomme que  ce  Louis  XVL,  de  Greuze. 

Diderot,  l'instauraleur  de  la  crili(iue  pitloi'es(iiu3  en 
France,  admirait  fort  Chardin,  et  il  avait  raison,  quoi- 
que peut  être  il  (ùt  plus  sensible,  selon  son  habiUule, 
au  choix  des  sujets  qu'au  mérite  même  du  peintre. 
Sans  doute  Chardin  pouvait  plaire  à  l'auteur  du  Pi^re 
de  Famille  par  linlimilé  familière  et  la  candeur  bour- 
geoise des  scènes  domestiques  qu'il  traitait  avec  une 
finesse  toute  hollandaise,  mais  ce  qui  fait  surtout  son 


18o6.  111 

lalcnt,  c'est  celte  manière  large  et  simple  de  comprentli-e 
la  nature,  cette  localité  soutenue  de  couleur,  celte  soli- 
dité de  pâte,  qui  font  aujourd'liui  rechercher  passion^ 
nément  ses  moindres  esquisses.  La  nature  morte  dési- 
gnée sous  le  nom  du  Gobelet  cV argent,  dans  la  collection 
de  M.  Barroilhet,  est  une  merveille  de  composition  et 
de  couleur;  les  maîtres  de  Flandre  et  de  Hollande 
n'ont  rien  fait  de  plus  réel,  de  plus  sincère  et  de  mieux 
rendu. 

Le  Pied-de-Bœuf  est  un  morceau  capital  de  Lancret. 
Jamais  le  spirituel  imitateur  de  Watteau  n"a  plus 
approché  de  son  modèle  :  les  groupes  s'arrangent  ingé- 
nieusement ;  le  coloris  est  blond,  vivace,  transparent. 
Le  Portrait  de  M.  de  la  Popelinière,  par  Lalour,  et 
celui  de  Lenôtre,  par  Vivien  (pastels),  valent  les  plus 
belles  peintures  à  l'huile. 

Citons  encore  les  Soùis  maternels,  de  Fragonard, 
une  étincelante  esquisse,  touchée  toute  de  sentiment, 
où  ciiaque  coup  porte,  un  vrai  bouipiet  de  palette,  illu- 
miné par  un  joyeux  rayon.  La  Gimblette,  caprice  aimable 
dans  le  goût  du  temps,  et  que  la  gravure  a  rendu  cé- 
lèbre. Le  Triomphe  de  Vénus,  lumineuse  toile  où  Bou- 
cher saupoudre  la  couleur  de  Paul  Yéronèse  de  l'esprit 
de  Tiepolo.  Les  Saltimbanques,  de  Callot,  qui,  au  mé- 
rite de  réunir  tous  les  types  de  ses  eaux-fortes  brillam- 
ment colorées,  joignent  celui  d'une  rareté  excessive, 
Callot  n'ayant  presque  jamais  abandonné  la  pointe  pour 
le  pinceau.  Puis,  en  arrivant  à  l'École  moderne,  la  Vo- 
lupté, par  Prud'hon,  un  Corrège  vu  au  clair  de  lune,  et 
la  Douleur,  une  touchante  élégie  peinte  et  caressée  dans 
l'ombre  par  une  lueur  argentée.  Une  charge  de  cuiras- 
siers^ par  Charlet,  qu'on  prendrait  pour  un  Géricault, 


II.'        iiisTiMur,  ni'.s  oKUViîRs  de  tii.  caitiku. 

laiil  l'Ile  (Si  nnporlrc  cl  xii^ourouso.  Une  nia,iiiiili(|iic 
a(|iiaiTllt'  lit'  Marillial  icprôscnlanl  iiiie  Caravane  en 
marche  à  travers  une  aride  plaine  de  Sj/rie.  Nous  ne 
pouvons  loiil  (lire,  ne  voiilanl  pas  PTiipiôlor  sur  lo  cala- 
loeuo.  mais  nmis  iiisislcroiis  oiirort'  iino  fois  siif  celle 
idée  luMircusc  d'uiit'  vente  composée  excliisivemenl  de 
maîtres  français  du  dernier  siècle  et  de  quelipies-uns 
de  celui-ci,  choisis  avec  un  goût  parfait  et  une  con- 
science scrupuleuse. 

1  i0:{.  TiiÉATHE  Vkntadour  :  Myrra.  —  ()ni:n\  :  Mademoi- 
selle Essler  dans  le  Cid.  —  (ixiiK:  Henri  III.  -  Ioliks- 
NouvELLKS  :  Madame  Mascarille.  Le  Moniteur  universel, 
10  mars  I80O. 

140k  Nativité,  i-o  Moniteur  uuircrscl,  17  mars  18o6.  Ces 
vers,  datés  dans  le  jouiiia!  du  <i  1(5  lunrs,  midi  »,  lirciil 
partie  la  inênie  année  de  deux  placards  in-quarto,  l'un 
inldulé  :  Naissance  du  Prince  imprrial,  l'autre  ne  conipren- 
naiil  i|U('  Nativité  accompagné  d'inu;  traduction  allemande, 
fl  d'une  brocluire  iidilulée  :  Baptême  du  Prince  imprridl.  En 
IHiiT,  ils  lurent  encore  inséri's  dans  un  volume  publié  par 
Curiner,  intitulé  Son  Altesse  Imprriak  Monseigneur  Napo- 
léon, etc.  Lu  Petitr  Prrue  du  8  avril  186ii  les  a  cités  de 
nouveau;  ils  ont  fait  pjirtic  aussi, en  1873,  du  volume  publié 
clandestinement  à  Bruxelles  sous  le  titre  de  :  Poésies  de 
Théitphile  Gautier  qid  ne  figureront  pas  dans  ses  œuvres,  et  en 
1876,  enfin,  ils  sont  entrés  dans  le  lomc  deux  des  Poésies 
couiptrtes  de  Théophile  fiautiei'. 

Les  deux  derniers  vers  de  la  sirophc  dix-ncul,  relevés  sur 
l'autographe,  étaient  primitivement  ceux-ci  : 

Songes,  qu'on  taxait  de  démence, 
Projets,  pour  nous  seuls  surprenants  ! 

140o.  Vaudeville  :  Calino.  —  Th.  des  Vauiétés  :  Made- 
lon   Lescaut.  —  Porte-Saint-Martin  :  Le  Sang  mêlé.  Le 

Moniteur  universel,  24-23  mars  I80C. 


1836.  113 

d406.  Théâtre  Ve.ntadour  :  Rosmunda.  —  Ambigu  :  Le 
Paradis  perdu.  Le  Moniteur  universel,  31  mars  18o6. 

1407.  Reisebilder,  tableaux  de  voyage,  par  Henri  Heiue. 
Nouvelle  édition,  considérablement  augmentée,  ornée  d'un 
porlrait  de  Fauteur  et  précédée  d'une  étude  sur  Henri  Heine 
par  Théophile  Gautier.  Deux  volumes  in-12,  ensemble  de 
21  feuilles  1/9,  384  et  376  pages.  Imprimerie  de  Claye,  rue 
Saint-Benoît  à  Paris.  —  A  Paris,  chez  Michel  Lévy  frères,  rnc 
Vivienne,  2'''-°.  Prix,  6  francs. 

Cet  ouvrage,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n"  5002  de 
la  Bibliographie  de  la  France  du  31  mars  1856,  contient  sous 
le  litre  de  :  Henri  Heine,  une  notice  de  Théophile  Gautier 
dont  le  premier  chapitre  et  le  début  du  second  .sont  inédits. 
(Voir  n"  1399  pour  la  fin.)  Elle  a  été  réimprimée  en  1875 
dans  les  Portraits  et  souvenirs  littéraires  de  son  auteur. 

1408.  Odéon  :  Michel  Cervantes  ;  le  Lièvre  et  la  tortue. 
—  Gymnase  :  Françoise.  Le  Moniteur  universel,  7  avril  1856. 

1409.  Théâtre  Ventadour  :  Medea.  —  Vaudeville  :  Le 
Collier,  —  Gaîté  :  L'Enfant  prodigue.  —Folies-Nouvelles  : 
Freluchette.  Le  Moniteur  universel,  14  avril  1856. 

1410.  Église  de  Saint-Philippe-du-Roule  :  la  Descente  de 
Croix,  de  M.  Théodore  Chassériau.  Le  Moniteur  unieersel, 
17  avril  1856.  Un  fragment  de  cet  article  a  reparu  en  1869 
dans  le  tome  trois  du  supplément  à  la  deuxième  édition  du 
Dictionnaire  de  la  Conversation  et  de  la  lecture,  sous  le  titre 
de  Descente  de  Croix. 

1411.  (Un  Théâtre  rêvé).  —  Théatre-Fraxçais  :  Comme  il 
vous  plaira.  —  Th.  du  Cirque  :  Les  Maréchaux  de  1  Em- 
pire. —  Th.  des  Variétés  :  Monsieur  le  Sac  et  Madame  la 
Braise.  —  Palais-Royal  :  La  Fiancée  du  coin.  Le  Moniteur 
universel,  21  avril  1856. 

1412.  Vaudeville  :  Les  Déclassés.  Le  Moniteur  universel, 
28  avril  1856. 

Plaçons  ici  une  lettre  inédite  de  Théophile  Gautier  à  Xavier 
Aubrvel.  Elle  est  relative  à  l'inauguration  de  la  statue  de  La 
Tour  à  Saint-Quentin,  qui  eut  lieu  le  3  mai  1856.  Théophile 
i:.  8 


111  IlISTOIHi:  DKS  OI.X'VRES  HF  TH.  CAlTIKIt. 

(iaiilicr  n'a  (lu  roslo  ixiinl  iciulii  r(iiii|ilc  de  celle  crriMiinnir 
(I:iiis  /(•  Mn)ii(ritr  : 

Paris,  .'3  mai  ISôG. 

iMOM  cIkM'   AllllINcI, 

.]c  IIP  puis  nWov  ;"i  Sninl  Quonlin.  La  rlinso  lomlin  un 
jour  (le  rcuillrliiii.  .Il'  noii-^  (indicmon  lils,  Tlirophilo 
Gaiiliri  H.  (juc  je  \()iis  prie  iracciicillir  Mniicalcinciil. 
Il  me  riMidiM  t'oiiiplc  de  la  solcniiil»"'.  Je  rcj^i'cllc  du 
n'.Mdii'  p!i  lairc  les  vers  sur  La  Tour,  mais  je  suis'cm- 
lioiiiiu'  dans  des  besognes. 

Toul  à  vous. 

Tliéopliilc  Gautier. 

1413.  TiiiATUK-FitANÇAis  :  Le  Joueur.  —  PonTrî-SAl^T- 
Mahiin  :  Reprise  de  Salvator  Rosa.  —Th.  des  Vabiktks  : 
Les  Folies  d'Espagne;  Danseurs  espagnols.  Le  Moniteur 
universel,  o  mai  \H'M. 

1414.  Odéon  :  La  Bourse.  Le  Moniteur  universel,  12-13 
mai  is;)6. 

141."i.  Odéon  :  La  Bourse  second  article). —  Vaudeville  : 
Le  Chemin  le  plus  long.  —  Palais-Royal  :  Si  jamais  je  te 
pince!  —  (jaIti':  :  Les  Aventures  de  Mandrin.  Le  Monilcur 
linivrrsel,  19  mai  l8o6. 

1416.  Thiôatuk-Fhancais  :  Le  Cid.  Le  Moniteur  universel, 
26  mai  ISiWi. 

1417.  TiiKATiiE-KiiANCAis  :  Britannicus;  les  Femmes  sa- 
vantes.—Gy-mnask  :  Les  Fanfarons  de  vice.—  Vaudeville  : 
Les  Femmes  peintes  par  elles  mêmes.  Lr  Moniteur  univer- 
sel, 2  Juin  18;t6. 

IflS.  THÉATiiE-FnANnAis:  Mademoiselle  Madeleine  Bro- 
han  dans  les  Caprices  de  Marianne  ;  les  Demoiselles  de 
Saint-Cyr;  le  Village.  —  Ambigu  ;  La  Comtesse  de  Novailles. 


IS.ïÔ.  115 

—  Théâtre  uu  Girquk  :  La  Marchande  du  Temple.  Le  Mo- 
niieur  universel,  9  juin  1856. 

1419.  Thi'Atre-Français  :  Reprise  d'Amphitryon.  — 
Ouverture  de  l'Hippodrome.  —  Cirque  de  j/Impé«atrice  : 
Mademoiselle  Angèle.  Le  Moniteur  univen^cl,  16  juin  1856. 

11  est  queslion  dans  ce  feuilleton  d'une  série  de  bustes  des 
principaux  critiques  contemporains  du  moment,  exécutés  en 
charge  par  Nadar,  exbi])ition  que  Théophile  Gautier  n'ap- 
prouva pas;  il  avait  pourtant  autorisé  Nadar  k  l'y  faire 
figurer,  et  celui-ci  publia  son  autorisation  dans  le  Figaro  du 

19  juiu  suivant;  voici  cette  lettre,  c{ui  a  encore  été  réim- 
primée dans  le  Grand  Journal  du  27  février  1881  : 

Mon  cher  Nadai-, 

Je  t'abandonne  ma  tête  pour  en  faire  tout  ce  que  tu 
voudras.  Ma  dignité  ne  sera  nullement  blessée  de  l'ex- 
position de  ma  hure;  seulement,  fais-moi  très  hideux 
pour  (jue  ma  charge  n'ait  pas  l'air  d'un  portrait,  et  que 
cette  boule  de  carton  ne  soit  pas  prise  pour  mon  buste. 

Tout  à  toi, 

Théophile  Gautier. 

1420.  Théatre-Fjîaxçais  :  Sganarelle  ;  le  Pied  d'argile. — 
Portk-Saint-Martin  :  Reprise  de  Marino  Faliero.  —  Vau- 
deville :  Un  Enfant  du  siècle.  Le  Moniteur  universel,  23  juin 
1856. 

1421.  Paul  d'Aspremont  (Jettatura),  conte.  Lr  Moniteur 
universel, io,  26,  27,  28,  i'J  juin;  5,  U,  10,  11,  16,  17,  18,  19, 

20  et  23  juillet  1856.  Cet  ouvrage,  annoncé  déjà  dans  la 
Presse  du  14  décembre  1853  sous  le  titre  de  le  Jettatore,  ensuite 
dans  le  même  journal  sous  celui  de  le  Jettator,  parut  pour 
la  première  fois  en  volume  en  1857,  in-32,  sous  le  titre  de 
Jettatura,  qu'il  a  toujours  gardé.  En  1863,  il  est  entré  dans 
les  Romans  et  Contes  de  son  auteur,  qu'il  n'a  plus  quittés 
depuis.  Théophile  Gautier  avait  d'abord  commencé  à  traiter 
ce  sujet  en  vers,  mais  il  abandonna  ce  projet,  et  le  fragment 


ne.       iiisïDiiii;  dks  uaivuKs  dI']  th.  caitikh. 

t'cril    (le  ce  iiornic  lU'    fut    |iiililii''  (|iiç  luMucoup  plus  lard. 
(Voir  11»  2307.) 

l'iJi.  TiiKM  iti.  I'i(\m;\is  :  Reprises  de  la  Diplomatie  du 
ménage  et  de  Damon  et  Pythias.  —  Odi'on  :  Qui  perd  gagne. 

—  Th.  des  V.AïuKTKs  :  La  Mcdco  de  Nanterre;  (Reprise  à  ce 
théâtre  de   Grandeur  et  décadence  de  Joseph  Prudhomme. 

—  I.K  l*iu:  ('..\ri-.i,.\N.  /.'  MiiH/liKr  iinirrrsd,  ;t()  juin  Ih.'ili. 

[\-2:\.  L'Aveugle.  {.'Artiste,  (>  juillcl  IS.IG.  Ces  vers  sont 
oiilrûs,  L'u  IS.iS,  dans  la  Iroisièiiin  édilion  des  Émaux  et 
CdfiK^cs  [nvdniuûc  (k'uxiènip)  ;  depuis  lors  ils  ont.  l'ait  parli{! 
de  toutes  les  édiiiuiis  (If  ci't  ouviM^^c.  Lt(  l'élite  Revue  du 
'S  aoill  iStK)  a  piihiic'  une  version  de  celte  pièce  où  se 
trouvent  des  variantes  dans  les  strophes  trois,  quatre  et 
six;  les  voici  : 


Do  son  ombre  où  rien  ne  peut  luire, 
Sombre,  il  entend  le  monde  obscur 
Et  la  vie  invisible  bruire, 
Comme  un  torrent  derrière  un  mur. 

Qui  sait  quelles  ciiimères  noires 
Peuplent  cet  opaque  cerveau, 
Et  quels  illisibles  grimoires 
L'idée  écrit  dans  ce  caveau  ! 


Mais  peut-être,  aux  heures  funèbres, 
Quand  Dieu  souffle  notre  flambeau, 
L'àme,  habituée  aux  ténèbres, 
Y  verra  clair  dans  le  tombeau  ! 

Cette  pièce  de  vers  a  été  réimprimée  dans  le  Réveil  du 
28juinl880. 

1424.  THÉATRr.-FRANn.\is  :  Reprise  d'Une  Chaîne.  —  Th. 
des  V.\RiÉTÉs:  La  Bourse  au  village.  —  Théâtre  du  Cirque: 
Les  Frères  de  la  Côte.  Le  Moniteur  universel,  7  juillet  ISoO. 


18S6.  m 

1425.  Porte-Saint-Martin  :  Le  Fils  de  la  nuit.  —  Gaîtk  : 
L'Oiseau  bleu.  Le  Moniteur  universel,  14  juillet  1856. 

1426.  Vaudeville  :  Les  amours  forcés.  —  Ambigu  :  Le 
Fléau  des  mers. —  Cirque  de  l'Impératrice:   Divers.  Le 

Moniteur  uuiverM'l,  21  juillet  1806. 

1427.  Théâtre-Français  :  Les  Héritiers;  reprise  de  Ma- 
demoiselle de  Belle-Isle;  Crispin  rival  de  son  maître.  — 
Th.  des  Variétés  :  Le  Camp  des  Révoltées.  —  Folies-Nou- 
velles :  Pierrot  employé.  Le  Moniteur  universel,  28  juillet 
1806. 

1428.  Contes  Bizarres,  par  Achim  d'Arnim.  Traduction 
de  Théoitliile  Gautier  lils,  précédée  d'une  introduction  par 
Théophile  Gautier.  Ia-12  de  9  feuilles,  iv-313  pages.  Impri- 
merie de  Yialat,  à  Lagny.  —  A  Pari.s,  chez.  Miehel  L'vy 
frères,  rue  Vivienne,  2  bis.    Prix  :  1  franc. 

L'Introduction  de  ce  volume,  que  nous  trouvons  inscrit 
sous  le  n°  7011  de  la  Bibtiogrcq)hie  de  ta  France,  du  2  août 
18j6,  porte  pour  titre  :  Achim  (rArnim,  titre  que  ce  morceau 
a  gardé  en  entrant  en  1873  dans  les  Portraits  et  souvenirs 
littéraires  de  Théophile  Gautier. 

1429.  Vaudeville  :  (reprise  de)  Mathilde,  ou  la  jalousie. 

—  Gymnase  :  Les  Vainqueurs  de  Lodi.  —  Th.  des  Variétés: 
Le  Musée  comique.  —Le  (théâtre  du)  Palais-Royal  à  Plom- 
bières. —  Cirque  de  l'Impératrice.  Le  Moniteur  universel, 
4  août  I806. 

1430.  Théâtre-Français  :  La  Statuette  d'un  grand  homme. 

—  Gymnase  :  Le  Mariage  à  l'Arquebuse.  —  Th.  des  Varié- 
tés :  Les  Métamorphoses  de  Chamoiseau.  —  Gaîté  :  reprise 
du  Juif-Errant.  Le  Moniteur  unieersel,  H  août  18.^6. 

1431.  La  Légende  du  Juif-Errant,  illustrée  par  Gustave 
Doré.  Le  Moniteur  universel,  l'o  août  1856. 

1432.  Vaudeville  :  Les  Absences  de  Monsieur.  —  Le  Pré 
Catelan.   Le  Moniteur  itniversel,  18  août  lSo6. 

1433.  Théâtre  du  Cirque  :  Marie  Stuart   en  Ecosse.  — 


lis  IIISTOIHF  DF.S  MKIVUF.S  DF.  TH.  CAFTlFIt. 

1'ai,ais-H(iy.\i.  :  La  Queue  do  la  poclc.   Lr  Moniteur  iiiiircr- 
S(7,  -'.■;  ;ini"ii  is:;(i. 

\V.\'i.    Les  Vierges   de   Raphaël.    L<'   M'>iiilfiir  iniircrsel, 

li^;..  Vmdkvii.i.f.  :  La  Fée.  —  Tli.  dvs  Varii';tks:  Les  En- 
fants terribles.  L<  Mouitinr  miirrrscl,  \"  scpiciiiliic  iN.'iil. 

I  i:îti.  École  des  Beaux-Arts:  Concours  pour  le  grand 
prix  de  sculpture  :  Romulus  vainqueur  d  Acron.  Le  .1/"»/- 
/('»/•  universel,  îi  seplembre  181)6. 

\VM.  OiiKON  :  Le  Médecin  de  l'Ame.  —  Cymnask  :  Un  feu 
de  Paille:  l'Anneau  de  fer.  -  Amuicu  :  Les  Pauvres  de 
Paris.  Le  M")iilriir  universel,  H  scpl(Mnl)rc  18:i(i. 

I  i:!S.  École  des  Beaux-Arts  :  Concours  pour  le  grand  prix 
de  Rome  :  gravure.    Le  M'iiiilnir    universel,    12  sciiIciiiIhc 

i,s;;o. 

1430.  Odkon  :  reprise  de  l'Honneur  et  l'Argent;  Nou- 
velles. Le  Muniteur  universel,  i'\  sppt(>ml)re  iH'M). 

\'tW.  École  des  Beaux-Arts;  Concours  pour  le  grand 
prix  de  Rome  :  architecture.  Le  Monileur  universel,  11)  sl'))- 
tonibre  ISIiô. 

liil.  Beaux-Arts:  Gravures;  Aquatintes  ;  Lithographies 
(d'après  Raphaël.  Ary  Scheffer,  Delaroche,  Jalabert, 
Leutze,  H.Vernet,  Bida  et  Benouvillej.  Le  Monileur  unirrr- 
.s'(7,  22  sopk'mbro  IS.'ii;. 

1442.  Courses  de  taureaux  à  Saint-Esprit.  Le  Monileur 
universel,  27  seplembre  18;j0.  Cet  urlicle,  complété  (voir 
n"  1443  ''■'),  a  reparu  en  1805  dans  le  volume  de  Théophile 
Gaulier,  intitulé  :  Quand  on  vnyage. 

1443.  École  des  Beaux  Arts;  Concours  pour  le  grand 
prix  de  Rome  :  peinture  historique.  Le  Moniteur  unirerscl, 
28  .septembre  l8i)U. 

1 443  '''S  et  1444.  (Courses  de  taureaux  à  Saint-Esprit  ;  suite 
et  fin.)  —  Gymnase  :  Riche  de   cœur.   —  Vaudkvillk  :  Le 


1856.  119 

Beau  Léandre.  Le  Moniteur  universel,  29  septembre  ISiifi.  Le 
début  (le  cet  article,  qui  complète  celui  du  27  sur  les  Coursea 
de  taureaux  à  Saint-Esprit,  a  été  léimprinié  avec  celui-ci  en 
186o  dans  Quand  on  voyage,  par  Théophile  Gautier.  Il  a  cité 
dans  ces  pages  sa  pièce  de  vers  de  1841,  intitulée  ÏHorloge, 
en  lui  enlevant  son  litre. 

I  ïiV).  École  des  Beaux- Arts:  Exposition  des  grands  prix; 
Envois  de  l'École  de  Rome.  Le  Mottitcur  universel,  4  octobre 
18d(3. 

1446.  Odéon:  Le  Misanthrope;  le  Jeu  de  l'amour  et  du 
hasard.  —  Vaudeville  :  Chacun  pour  soi.  —  Gymnase  :  Les 
Toilettes  tapageuses.  —  Tli.  des  Variétés  :  Les  Nèfles.  — 
TiiKATRE  DU  Cirque  :  Le  Marin  de  la  Garde.  Le  Moniteur 
universel,  6  octobre  18.")6. 

1447.  (Nécrologie  :  )  Théodore  Chassériau.  —  Gymnase  : 
Une  femme  qui  n'aime  pas  son  mari.  Le  Moniteur  universel, 
13  octobre  1856.  l.a  partie  de  cet  article  relative  à  Théodore 
Chassériau  a  été  reproduite  incomplètement  en  1874  dans 
les  Portraits  contemporains,  par  Théophile  Gautier;  il  y 
manque  l'avant-dernier  paragraphe  de  la  partie  réimprimée 
de  cet  article  ;  le  voici  : 

II  y  a  seize  mois  à  peine,  nous  étions  tons  les  deux, 
lui  et  moi,  dans  ce  même  cimelièi-e,  bien  tristes,  bien 
navrés,  et,  les  yeux  troubles  de  larmes,  nous  regardions 
en  silence  descendre  dans  l'éternité  ce  cercueil  de  notre 
amie^  Qui  eût  pensé  cjue  lui,  le  plus  jeune,  remonte- 
rait si  vite  là-liaut,  et  cette  fois  ne  reviendrait  pas  vers 
la  ville? 

1448.  Beaux-Arts.  Frise  de  la  nef  de  Saint-Vincent  de 
Paul,  peinte  par  Hippolyte  Flandrin,  reproduite  par  lui- 
même  en  lithographie.  Le  Moniteur  unirersel,  17  octobre 
18.")G.  Théophile  Gautier  cite  dans  cet  article  quelques  vers 
de  sa  pièce  de  1841  :  Saint-Christophe  d'Ecija. 

1.  Madame  Emile  de  Girardin. 


120       iiiSTitir.i:  i)i:s  ni;r\i!i;<  m',  th.  cArTiEit. 

li'iM.  Beaux  Arts.  Chapelle  delà  Sainte-Vierge  à  l'église 
Saint  Eustache.  par  M.  Thomas  Couture.  Le  MniiH, m-  mii- 
verael,  19  octohro  18.'i(). 

Il.io.  Tiii:ATHK-FnANr..us  :  Le  Mariage  de  Figaro.— (>i. ko n  : 
reprise  de  Claudie  —  Ci.s'itk  :  L'Avocat  des  pauvres.  — 
('.lugi'K-NM'oLKON  :  Ouverture  delà  saison  d'hiver,  /.r  Mn)ii- 
(rur  uiilii'rsil,  :20  (iddliiv  l.s.'it'i. 

fi-iil.  La  famille  du  Menuisier,  d'après  Rembrandt  (gra- 
vure par  M.  Veyrassat.)  LWriisic,  2(')  (icluhri'  iNiK;. 

1  'i'.'>2.  V.vi'ni-.vii.i.K  :  Le  Nid  d'amour.  —  Th.  des  V.\iuicti;.s  : 
le  Tyran  domestique.  —  I*al\is-Uoy.\l  :  Satania.  Le  Mnni- 
Icur  universel,  27  oclobio  IHoG. 

14:>:t.  Histoire  des  usages  funèbres  et  des  sépultures  des 
peuples  anciens,  par  M.  Ernest  Feydeau.  L<  MiDiihur 
tiiiirdscl,  Jl  (iiiobre  liSiiO.  (lel  arliilc  ;i  icjj.uii  on  1877  dans 
lo  lome  deux  de  VOnenl,  par  Thùopbilo  Gantier,  sous  le  lilic 
lie  :  E(j!/ple  ancienne. 

1454.  (A  l'aventure.  —  Iolies-Nouvelles  :  Les  Carabins; 
Paul  Legrand.  Le  Moniieur  universel,  2-3  novemluc  1856. 

1455.  Odkox  :  Madame  de  Montarcy.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 10  nov(MiilirL'  1850. 

14:)0.  Vaudkvilij::  Les  Faux  Bonshommes.  —  Th.  dos 
Variétés  :  La  Chasse  aux  écriteaux.  —  Amuigu  :  Jane  Grey. 
—  Cirque  .Napolicox  :  Le  Passe-temps  équestre.  L'.;  Mmileur 
universel,  17  novembre  185G. 

1457.  Théâtre-Français:  Le  Berceau.  —Cirque  Impérial  : 
La  Tour  Saint-Jacques-la-Boucherie.  —  Palais -Royal  : 
Mesdames  de  Montenfriche.  L<i  MuniUur  universel,  24  no- 
vembre 1856. 

1458.  THÉATBE-FRANr.Ais  :  Les  Pauvres  d'esprit.  Le  Moni- 
teur universel,  1"  décembre  185(3. 

1459.  Théatiik-Français  :  Zaïre.  ~  Tb.  des  Variétés  : 
L'Amour  et  Psyché,  —  Folies-Nouvelles  :  Le  Calfat.  Le 
Moniteur  universel,  8  décem])re  185G. 


18oG.  121 

1460.  Introduction.  L'Artiste,  14  décembre  1856.  Cet  ar- 
ticle est  le  premier  que  Théophile  Gautier  ait  donné  à  VAr- 
tiste  comme  directeur  de  ce  recueil.  11  a  été  réimprimé 
dans  la  Reoue  du  XIX^  siècle  du  1er  niars  1867. 

1461.  (Un  théâtre  idéal.  —  Nouvelles.)  Le  Moniteur  uni- 
versel, 15  décembre  1856. 

1461  "''.  Deburau,  par  Jules  Janin,  Gérard  de  Nerval,  Eu- 
gène Briiïault,  Théophile  Gautier,  etc.  In-8°  d'une  feuille, 
16  pages.  Imprimerie  d'Aubuason  et  Kugelmann,  rue  de  la 
Grange-Batelière,  1.3. 

La  part  de  collaboration  de  chaque  auteur  n'est  pas  indi- 
quée dans  cette  brochure,  que  nous  trouvons  inscrite  sous 
le  n°  11568  de  la  Bibliographie  de  la  France,  du  20  décembre 
1856  ;  aucune  page  n'est  signée  et  c'est  plutôt,  croyons-nous, 
un  travail  fait  d'après  les  œuvres  des  auteurs  nommés  plus 
haut,  que  des  extraits  de  leurs  propres  écrits. 

Nous  n'avons  point  donné  de  numéro  spécial  à  cette  bro- 
chme,  qui,  en  réalité,  ne  contient  pas  une  seule  ligne  de 
Théophile  Gautier. 

1462.  Gustave  Doré.  L'Artiste,  21  décembre  1856. 

1463.  (Théâtre-Français.)  —  Gymnase  :  Le  Verrou  de  la 
Reine.  Le  Moniteur  universel,  22  décembre  1856. 

1464.  Gérome  :  tableaux,  études  et  croquis  de  voyage. 
L'Artiste,  28  décembre  1856. 

1465.  Th.  des  Variétés:  La  Lanterne  magique  !  —  Porte- 
Saint-Martin  :  Esméralda.  —  Théâtre  du  Cirque  :  Le  châ- 
teau des  Ambriéres.  —  Folies-Nouvelles  :  La  revanche  de 
Vulcain.  Le  Moniteur  universel,  29  décembre  1856. 

1466.  La  Touraine  ;  histoire  et  monuments.  Publiée  sous 
la  direction  de  M.  l'abbé  Bourassé.  Le  Moniteur  universel, 
31  décembre  1856. 


1857 


14r>7.  Nécrologie  :  Ziégler.  VArtiati',  4  janvior  18:;7.  Dos 
fra;.'iiii'iils  idiil  ;i  lail  iiir(im|ilols  de  cet  article  ont  élr  r(''iiu- 
|iiimcs  l'ii  lS7i  dans  les  l'niiriiita  routi'i)ij)nrtii)i<:,  par  Tliro- 
pliiie  (jaulier. 

\'iCS.  Gaîtk  :  La  fausse  Adultère.  —  Amiugu  :  Le  Secret 
des  Cavaliers  ;  i  Joseph  Bouchardy  .  L'  Mntiiirur  itnircr^irl, 
:;  janvier  1857.  Un  Irafiiiiciit  tic  ce!  ailiclc,  l'elatif  à  Hoii- 
cliardy,  a  élé  inséré  en  l.Slii-  tians  le  touK;  premier  du  sup- 
plélnent  à  la  deuxièiue  édition  du  Diclinnwiirr  de  la  convcr- 
saduH  et  (le  ht  lecture,  sous  le  titre  de  :  Bouchardy  {Joseph). 

1469.  Gavarni.  V Artiste,  M  janvier  I8;)7.  Cet  article  a  été 
réimpiimé  intégralement  eu  1874  dans  les  Vnrlrults  niutrm- 
porains,  par  Théophile  Gautier;  il  y  est  daté  par  erreur  de 
18oo,  et  forme  la  première  partie  des  pages  sur  (lavarni 
recueillies  dans  ce  volume. 

1470.  TuKATRi'-KiiAN'r.Ais  :  reprises  de  Lady  Tartuffe,  et 
du  Jeune  Mari.  —  Ooiio.N  :  La  Réclame.  Le  M'iuilcur  itniver- 
sel,  12  janvier  18o7. 

1471.  Eugène  Delacroix  à  l'Institut.  L Artiste,  18  janvier 
1857. 

1472.  Palais-Royal  :  L'Éducation  d'un  serin;  les  Mar- 
rons glacés. —  Dklassemen'ts  :    Allez-y   tout  de  même.  Le 

Monileiir  imiiersel,  19  janvier  18ii7. 

1473.  Peintures  de  M.  'Voillemot  à  l'hôtel  du  prince 
Pierre  Soltykoff.  UArliste,  2'.'>  janvier  18.)7. 


1857.  123 

1474.  Théâtre-Français  :  reprise  de  Turcaret.  (Nou- 
velles). Le  Moniteur  universel,  26  janvier  18o7. 

147a.  La  Source,  nouveau  tableau  de  M.  Ingres.  L'Artiste, 
l--'  février  1857.  Gel  article  a  été  très  incomplètement  réim- 
primé dans  la  Revue  du  XIX^  siècle  du  l^r  février  1867,  où  se 
trouvent  réunis  et  remaniés  sous  le  seul  titre  d' Ingres,  des 
fragments  de  deux  articles  de  Théophile  Gautier.  Les  change- 
ments faits  au  texte  original,  l'ont  été  sans  doute  par 
M.  Arsène  Houssaye,  directeur  de  cette  Revue.  Théophile 
Gautier  lui-même  en  a  cité  aussi  un  long  fragment  dans  son 
article  du  Moniteur  universel  du  18  février  1861.  (Voir  n°  1743). 

1476.  Gymnase  :  La  Question  d'argent.  —  Odéon  :  Les 
gens  de  théâtre.  Le  Moniteur  universel,  2  février  1837. 

1477.  La  Reine  Topaze,  Psyché  :  Décors,  L'Artiste,  8  fé- 
vrier 1857. 

1478.  Odéon  :  Le  Tasse  à  Sorrente.  Le  Moniteur  universel, 
9  février  1857. 

1479.  Un  Martyre,  dernier  tableau  de  Paul  Delaroche. 

L'Artiste,  15  février  1857.  Un  très  court  fragment  de  cet 
article  a  été  placé,  en  1874,  dans  les  Portraits  contemporains, 
par  Théophile  Gautier,  comme  début  des  pages  consacrées 
à  Paul  Delaroche  dans  ce  volume. 

1480.  Théâtre-Français  :  Un  Vers  de  Virgile.  —  Théâtre 
DU  Cirque  :  Le  Diable  d'argent.  —  Th.  des  Variétés  :  Les 
Lanciers.  —  Cirque   Napoléon  :  Le  Gymnaste   Hanlon.  Le 

Muniteur  iiniversel,  16  février  1857. 

1481.  Un  Été  dans  le  Sahara,  par  Eugène  Fromentin. 

L'Artiste,  22  février  et  1"  mars  1857.  Ces  iiiticles  ont  été 
réimprimés  eu  1877,  dans  le  tome  deux  de  l'Orient,  par 
Théophile  Gautier,  sous  le  titre  de  :  le  Sahara.  M.  Gonse, 
dans  son  livre  sur  Fromentin,  attribue  à  Sainte-Beuve  le 
premier  coup  de  cloche  sur  le  peintre-écrivain,  alors  qu'il  a 
été  donné  par  Gautier  dans  l'article  cjue  nous  venons  d'in- 
diquer. Sainte-Beuve  n'en  a  parlé  qu'en  février  1864.  Fro- 
mentin, du  reste,  le  reconnaît  lui-même,  à  propos  de  George 


1-24  IIISTOlUi:  I)i:S  Oi:i  VHKS  DI-,  TI!.  (iAlTIl'.lt. 

Sailli  ri  (If  Tlii'oiiliili' CiMulicr,  dans  la  jurfaco  delà  tioisirmc 
('•(liliitii  d'I'ii  Elr  iluiis  Ir  Sdliarn  ij'aiis.  A.  ht'iiicirt',  l(S7i). 

11S2.  Odk.on  :  Reprise  do  la  Revanche  do  Lauzun.  — 
1'ai,ais-1{oval  :  Ce  que  deviennent  les  roses.  L(  Maiiilcur 
iiiiitrvsri,  2'^  IV'Viicr  iS'M. 

1483.  rii.  (lis  Vahiktics  :  Les  Princesses  do  la  Rampe.  Le 
Munikur  rmivcrscl.  2  mars  1857. 

1484.  Exposition  photographique.  L'ArUsIr,  H  mars  18;;7. 
Voici,  à  (^e  sujet,  le  d(''iiiii  iiirihl  il'iin  ailirlr  inachevé  di^ 
Tli('M)pIiiii'  ('laiiliiT  iiitilnli'  :  ,\/r//V/s  iilinliK/mpliv/iiis  dr 
?iiidar  : 

Quand  on  passe  i^ur  \o  bnuli^vard  dc^s  Capucines,  le 
rejiard  est  imiiiM'ieusemenl  alliiv  par  une  conslniciiou 
d'aspccl  orijiinal  qui  couronne,  à  pailir  du  deuxième 
étape,  la  maison  {li''si,un(''e  sous  le  nunKM'o  (rente- 
cinq. 

La  volonlé  d'un  artiste  a  évidemment  guidé  l'arclii- 
lecte  dans  le  style  et  lapproprialion  de  celle  immense 
vitrine  destinée  à  un  emploi  tout  spécial.  Nous  allons 
en  donner  une  description  détaillée,  car  nous  y  voyons 
comme  un  symptôme  de  ce  que  pourrait  devenir  l'ar- 
cliitecture  moderne,  tirant  de  nouvelles  formes  des 
inventions  récentes. 

Un  édillce  doit  modeler  sa  destination  en  relief  et 
chercher  ses  motifs  d'ornement  dans  son  usage.  Les 
gares  de  chemins  de  fer,  les  halles,  les  palais  d'expo- 
sition, ont  forcé  leurs  constructeurs  à  s'éloigner,  hien 
à  regret  sans  doute,  des  traditions  de  l'école  ;  mais  ni 
les  Grecs  ni  les  Romains  n'ont  laissé,  et  pour  cause, 
des  types  à  copier  en  ce  genre,  et  les  exigences  du  ser- 
vice imposent  des  lignes  nécessaires  et  fatales  qu'on 
devrait  accepter  avec  joie,  au  lieu  de  s'en  plaindre 


18o7.  125 

comme  cela  ari'ive  souvent,  car  rarchitecture  stérilisée 
depuis  longtemps,  y  puiserait  de  nombreux  thèmes  de 
rénovation  et  parviendrait  à  se  créer  un  caractère. 

Un  atelier  photographique  a  besoin  d'admettre  libre- 
ment la  lumière;  il  doit  donc  lui  offrir  de  larges  baies, 
et  ouvrir  les  fenêtres  toutes  grandes  au  soleil,  ce  col- 
laborateur si  capricieux  dans  nos  climats.  Il  faut  en 
conséquence  diminuer  les  parois  opaques  et  augmenter 
les  parois  transparentes.  Le  fer,  qui  sous  un  petit  volume 
présente  beaucoup  de  résistance,  formera  l'armature 
de  l'édifice  dont  le  verre  fournira  les  murailles  et  la 
toiture.  C'est  ce  que  M.  Nadar  a  très  bien  compris  dans 
son  élégante  et  ingénieuse  installation  du  boulevard 
des  Capucines.  La  photographie  a  enfin  son  palais, 

La  construction  contient  deux  étages.  A  l'étage  infé- 
rieur sont  les  salons  d'exposition  et  d'attente;  à  l'étage 
supérieur  est  installé  l'atelier  de  pose  pour  les  por- 
traits. La  charpente  de  fer  peinte  en  rouge  et  relevée 
de  filets  d'or,  dessine  un  fronton  avec  des  ailes  formant 
une  façade  divisée  par  des  colonne ttes  et  ornée  de 
deux  balcons,  où  des  liserons  peints  de  couleurs  natu- 
relles suspendent  leurs  clochettes  et  leurs  vrilles  à  des 
treillages  dorés. 


1483.  Ambigu  :  Les  Orphelines  de  la  Charité.  —  Folies- 
Nouvelles  :  Être  aimé  pour  soi-même  ;  Le  petit  Cendril- 
lon.  Le  Moniteur  unher.scl,  9  mars  18b7. 

1486.  Le  Roman  de  la  Momie  (précédé  d'une  dédicace  à 
Ernest  Feydeau).  Le  Moniteur  universel,  11,  12,  13,  14,  18, 
19,  20,  26,  27,  28,  30  mars;  2,  3,  8,  15,  17,  23,  24,  29,  30 
avril  et  6  mai  1857.  Cet  ouvrage  reparut  en  volume  l'année 
suivante  chez  Hachette,  et  il  en  fut  l'ail  depuis  plusieurs  édi- 
tions, dont  les  dernières  ont  paru  chez  Charpentier.  Il  a  été 


!;'()  lllbTulUL  IJLS  CiKLVKLS  DE  TH.  I.ALTIKH. 

rriiiipriinr  aussi  dans  VErliodrs  Vfiiilh  l'Ota,  nniirc  IS7()-t<S77, 
accoiiijia^iR' tic  .yraviircs  sur  ac'n'i'. 

Nous  possi'dous  iiii  II  ;ii;-nii'iil  du  niainisciil  aiil(i;4i'a|ili(' 
ilii  iiiolof,Mi('  (|iii  ('(mlioiit  (|ii('l(|ii('s  vaiiaiilcs  iiu-diU-s. 
l'.llcs  (■onmiiMicnil  à  la  pajjïc  22  de  l'rditiiiii  C.liarpcnlirr, 
dniit  le  pii'iniiT  pai"ai,'i'a|ilii'.  apccs  l<'s  imils  :  "  li"  liiii^  drs 
iiiiiiailli'S,  »  se  liTiiiiiuiil  pi  iiiiil  i\  iiiniil  ainsi  :  "  cl  (lniil. 
les  paiialliriiécs  rt'j.,'iiii('i'('s  s'ciirniiciiiciii  pi  ocL'Ssioniiclli'- 
moiil  dans  l'oinl)i'(\  » 

l,r  premier  para^^raplic  de  la  |ia;:e  2:!,  ajtrès  ses  deiniei'S 
iiinis  aeliiels:  i>  d'une  ('^'alih''  ej  d'une  piii'eli'  paiTailes  >:, 
s'iichevail  ainsi  : 

Or  rliaquc  cOlé  cliciiiiiuiicnl  loiijoui's,  s'illiimiiiaiil 
au  i»assagc  des  torches,  les  Ijande-lelles  do  fi'es(|nes, 
dont  les  couleurs  paraissaient  aussi  vives,  aussi  IVaîclies 
que  si  lo  pinceau  de  l'artislo  les  eût  applifjuées  iiiei-. 
Puis  elles  s'épanouissaient  dans  l'onibro  comme  les 
ligures  d'un  rêve,  donnant  à  peine  le  temps  à  Id'il  de 
discenicr  les  cortèges,  les  repas  et  les  danses  funèbres 
qu'elles  l'eprésentaient. 

On  parvint  bientùl  à  une  salle  assez  spacieuse  dont 
la  voûte  surbaissée  touchait  presque  la  tête  desvisiteui's 
et  faisait  se  remployer  en  nuage  horizontal  les  tire- 
bouchons  de  fumée  des  torches;  des  peintures  écla- 
tantes d'une  conservation  inouïe  en  décoraient  les  pa- 
rois; mais  le  savant  et  le  lord  poussés  par  une  curiosité 
facile  à  concevoir  ne  les  examinèrent  que  foil  sommai- 
rement, quelque  intérêt  qu'elles  pussent  d'ailleurs  pré- 
senter. 

Au  fond  de  la  salîc  une  porte  de  pierre,  etc. 

La  suite  de  ce  paragraphe  et  le  suivant  sont  conformes  à 
l'imprimé;  puis  vient  ensuite  celui-ci,  dont  malheureusement 
la  fin  nous  manque  : 


18:;  7.  127 

Cependant  la  seconde  porte  avait  cédé.  Un  autre 
couloir  descendant  par  une  pente  assez  rapide  se  pré- 
senta, noir  et  mystérieux  dans  ses  profondeurs,  que 
n'atteignaient  pas  les  j'éverbérations  vacillantes  des 
torches.  Les  parois  en  étaient  couvertes  du  haut  en  bas 
de  lljiures  finement  découpées  et  coloriées  avec  un  soin 
minutieux,  immense  travail  perdu  que 

Voici  une  curieuse  dédicace  inédiie  d"un  exemplaire  de  la 
première  édition  de  cet  ouvrage  (Hachette,  18o8)  : 

Je  dédie  ce  roman  pharmaceutique  et  ganaliforme  à 
l'embaumeur  F.  Silas,  mon  ami  insulaire  et  bientôt 
continental. 

Théophile  Gautier. 

Londres,  l^anton-sqiiare,  'J  juin  1862. 

1487.  Atelier  de  feu  Théodore  Chassériau.  UArfhli\ 
l'6  mars  18d7. 

1488.  Thkatre-I^'rançais  :  La  Fiammina.— Odéon  :  France 
de  Siraiers.  Le  Moniteur  unii'cr.^rl,  IG  mars  1857. 

1489.  Les  Primes  de  l'Artiste.  L'Artiste,  ^2  mars  18o7. 

1490.  Gaîtij  :  L'Aveugle.  Le  Moniteur  universel,  23  mais 

1837. 

1491.  (Galerie  du  XIX«  siècle:)  Ingres.  V Artiste,  o  avril 
1857.  Cet  article  a  reparu  en  partie  dans  la  Revue  du  XIX^ 
siècle  du  1"  février  1867  ;  eu  1874  il  est  entré,  moins  le  cata- 
logue des  œuvres  d'Ingres,  qui  se  trouve  à.  la  fin,  dans  le 
volume  de  Théophile  Gautier  :  Portraits  Contemporains.  Un 
portrait  d'Ingres,  gravé  par  M.  BénédictMasson,  accompagne 
ce  travail  dans  L'Artiste  ;  voici  à  son  sujet  une  lettre  inédite 
de  Théophile  Gautier  à  M.  de  Cailleux,  qui  fut  directeur 
général  des  musées  sous  le  règne  de  Louis-Philippe  : 

Monsieur, 
C'est  peut-être  bien  hardi  à  moi,  qui  n'ai  pas  l'iion- 


128  IlISTOinF  DER  OHIVRES  DF,  TH.  CAUTIEn. 

lli'lll-  (le  VOUS  COIlIKliln'  |it'l'^()lilii'lli'llicill,  (If  ((iiiiiiii'iiri'r 

par  vous  (louiandcr  un  sci'vici'. 

On  iiii'  (lit  ([uc  vous  possi'ihv,  uno  nia,iïni(i(|uo  pliolo- 
graphic  d'apivs  M.  Inunos;  vous  mo  ïor\c/.  un  bien  \if 
plaisir  on  la  pi-tMant  à  M.  Masson  pour  la  LiiaNcr.  (V 
s(>rail  pour  VArlislc  une  bonne  foiMuiic  (pic  d'asoir  un 
porlrail  exacl  ol  luon  choisi  du  dou'ii  de  nos  poinlrcs. 

Agréez,  Monsieur,  l'assurance  de  ma  considération 
la  plus  dislinguée. 

Théophile  Gautier. 

l'n  fra;.'in(^iit  do  cet  article  a  re|i;iru  aussi  dans  rallMim 
puhlié-  par  V Artiste  en  1839,  sous  le  tilrc  de  l'urtraUs  Con- 
temporains, par  divers  auteurs. 

1492.  Odkon  :  Le  Cousin  du  roi.  —  Palais-Royal  :  L'Af- 
faire de  la  rue  de  Lourcine.  Le  Moniteur  universel,  6  avril 
18o7. 

1493.  Les  Caricatures  de  Léonard  de  Vinci.  L'Artiste, 
12  avril  18:17.  Uueliides  li^'iics  de  cet  arlicle  untcli^  reprises 
par  rauteiir  pour  sou  travail  sur  Léonard  de  Vinci  publié, 
en  1863,  dans  les  Dieux  et  les  demi-Dieux  de  la  peinture. 

1494.  Thkatre-Ventadour  :  Ottavia  ;  Madame  Ristori.  Le 
Moniteur  universel,  13-14  avril  1857. 

149)).  Galerie  de  M.  Théodore  Patureau.  L'Artiste,  19 
avril  18o7. 

1496.  ïli.  des  Variétés  :  Jean  le  Toqué.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 20  avril  1857. 

1497.  Le  Siège  de  Sébastopol,  tableaux  de  M.  Durand- 
Brager.  L'Artiste,  26  avril   I8.i7. 

1498.  Théatiie  VE.NTADoun  :  Gamma.  —  Ambigu  :  Le  Fils 
de  l'aveugle.  —  Th.  des  Variétés  :  La  Comète  de  Charles- 
Quint,  ic  Mnniteur  universel,  21  awW  iS'M. 

1499.  Exposition  des  œuvres  de  Paul  Delaroche  au  palais 


18 1)7.  129 

des  Beaux-Arts  VArdstc,  3  mai  18o7.  Une  partie  de  cet 
article,  datée  par  erreur  de  1858,  a  été  réiiiipriiiiée  en  1874 
dans  les  Portraits  Contemporains,  par  Théophile  Gautier, 
comme  complément  des  pages  consacrées  à  Paul  Delaroche 
dans  ce  volume. 

Cet  article,  c{ue  Théophile  Gautier  lermine  en  comparant 
la  peinture  de  Paul  Delaroche  à  la  littérature  de  Casimir 
Delavipne,  provocjua  unesorte  de  réplique  de  M.  J.  Barbey 
d'Aurevilly  dans  le  Pays  du  21  mai  18."i7,  et  ces  pages  sont 
entrées  en  1886  dans  son  volume  intitulé  :  Sensations  d'art. 
Théophile  Gautier  eut  un  moment  l'intention  de  répondre  à 
son  contradicteur;  mais  il  abandonna  ce  projet.  Le  début 
de  l'article  fut  seul  écrit,  et  demeura  inédit.  Le  voici  : 

Un  article  du  Pays,  iiilitulé  :  «  Des  derniers  tableaux 
de  Paul  Delaroche  et  de  la  pensée  dans  les  arts..  »  par 
M.  Barbey  d'Aurevilly,  renferme  des  passages  où,  mal- 
gré notre  modestie,  nous  sommes  obligé  de  reconnaître 
que  c'esl  à  nous  qu'en  veut  le  remarquable  auteur 
iïUne  vieille  maîtresse.  Habituellement  M.  Barbey  d'Ati- 
revilly  fait  de  baut  et  à  point  de  vue  particulier  la  cri- 
tique des  livres  dans  le  journal  dont  il  est  un  des  plus 
éminents  rédacteurs,  et  c'est  une  impatience  de  justice 
qui  l'a  poussé  à  sortir  de  son  domaine  en  cette  occa- 
sion. «  On  avait  besoin,  dit-il,  que  quelqu'un  en  prît 
sur  lui  le  poids,  quand  la  voix  d'une  autorité  incontes- 
tée comparait  bier  Paul  Delarocbe  dans  son  art  à 
Casimir  Delavigne  en  littérature.  Odieux  ravalements  ! 
Si  nous  voyons  bien  l'espèce  de  rapport  que  l'on  trouve 
entre  le  poète  des  Enfants  d'Edouard  et  de  Don  Juan 
d'Autriche,  et  le  peintre  de  la  Jane  Grey  et  d'un  Epi- 
sode de  la  Saint- Barthélémy,  nous  demandons  où  est 
la  Martyre  du  Tibre  cbez  le  poète,  la  Vierge  chez  les 
saintes  femmes  et  Devant  la  couronne  d'épines,  et  même 
la  Cenci  et  Napoléon  à  Fontainebleau?  » 

n.  9 


130  lllsrollîF.  DES  OKllVllES  DK  TH.  r.AUTIKlî. 

Il  ii'\  a  lii'ii  d'otliiMix.  M'Utii  iiiiii<,  à  ((iiiiiiaici'  l'.iiil 
Dclarorlir  à  ("asimir  DclaN  i-'iir.  Ce  sniil  deux  laltMils 
(le  TUt'iiii'  iialiirc;  si'iiliiiiriil  M.  \\:\v\h'\  (I"Aiiic\  ill\  Miil 
les  t'aiilt's  (lu  iKii'lf  l'i  il  iicvdit  pas  crllcs  du  |M'inln'. 
l'AcrlIriil     criiNaiii     lui  iiiriiic .    d'un     .iKu'il     drlical    ri 

Sll|ii'rlw'.    M   r>|     cIllKlIu''.    —    ci    IKMIS   II'    SdlIlIlll'S    (•(imillC 

lui.  —  des  coiR't'plions  médiocres,  du  style  lioiii'jvdis 
el  de  la  poésie  pédestre  do.  Casimir  Dclaviuiic. 

31ais.  (|iril  iKMis  pt'i'iii''||i'  de  le  lui  dire ,  s'il  s'éiait 
occupé  dr  prininrc  a\t'c  (pirlipic  siiilf,  il  Iroiivcrait 
préciséinriil  les  mriin's  défauts  chez  [Paul  Ihdai'oclieJ. 

liidO.  OuKo.N  :  André  Gérard.  —  Vaudeyii-m:  :  La  Famille 
Lambert.  — Palais-1\ov.\i.:  La  Gamina.I''  Moniteur  universel, 
4  mai  lSo7. 

i:;0l.  Galerie  du  XIX'-  siècle  :  Madame  Emile  de  Girar- 

din.  L'ArlisIc,  lu  mai  18o7.  (>l1  ;iiliclc;i  élc  placé  la  mrme 
aimée  en  léte  du  Viromtc  de  Laiinmj,  par  madame  Emile  de 
(iiiaiilin,  cl,  en  ISUl,  en  Iric  de  ses  (Euires  complètes; 
celte  (leiiucie  version  esl  liés  remaniée  et  aiii.!nienlée.  Le 
travail  de  l'Artiste  a  été  réimprimé  aussi  intégialemcnL  en 
187;j  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier  :  Portraits  et 
souvenir^  lillrniircs.  Nous  allons  transcrii'e  ici  les  iVagmenls 
de  ce  travail,  (pii,  par  suite  des  modificiilions  faites  en  1801 
(voir  n"*  1728  et  1744 '''•),  ne  purent  plus  y  trouver  place. 
Voici  d'abord  Tintroduction  : 

Voilà  deux  ans  bientôt  qu'elle  repose  sous  la  dalle 
de  marbre  sculptée  d'une  simple  croix  en  relief,  mo- 
deste tombeau  qu'elle  avait  exigé  dans  ce  cimetière 
Montmartre  (jui  nous  a  déjà  pris  tant  d'élres  cliers,  et 
bien  souvent,  le  premier  tribut  payé.  au\  jours  mêmes 
du  deuil,  nous  nous  étions  promis  d'écrire  quelque  part, 
et  plus  au  long,  ce  que  nous  savions  d'elle  ;  mais  nous 
avions  reculé,  non  sans  remords,  devant  cette  tâche 


18j7.  131 

iloiiloiireiisc  :  noliv  CfOiir  à  peine  cicatrisé  craignait  de 
voir  so  rouvrir  sa  l)lcssure;  car,  lorsque  la  France 
déplorait  la  perte  de  la  Muse,  nous  ne  songions  qu'à  la 
perte  de  l'amie  ;  cette  mort  a  été  pour  nous  un  de  ces 
coups  auxquels  l'àme  ne  s'accoutume  pas,  et  nous  ne 
pouvons  encore  passer  près  de  la  maison  aux  ])lanclies 
colonnes  sans  que  nos  yeux  ne  deviennent  humides. 

Puis,  les  lignes  suivantes,  qui  concernent  les  Cntiy- 
ricrs  de  Paris  et  le  ThnUre  de  madame  de  (lirardin;  nous 
dirons  plus  loin  (voir  n°  1728),  quand  ees  changements  furent 
exécutés  : 

Vers  1836,  madame  de-Girardin,  sous  le  transparent 
pseudonyme  du  vicomte  de  Launay,  commença  ce  fa- 
meux Courrier  de  Paris  qui  fit  naître  depuis  tant  d'imi- 
tations plus  ou  moins  malheureuses.  Elle  le  poursuivit 
jusqu'en  1848  avec  une  verve  toujours  soutenue,  une 
linessc  d'observation  toute  féminine,  un  bon  sens  tout 
viril.  Que  de  pages  charmantes  qui  resteront  parmi  les 
meilleures  de  la  langue,  que  de  détails  en  apparence 
frivoles,  et  déjà  presque  historiques  !  Quelle  mine  iné- 
puisable pour  les  romanciers  de  l'avenir,  lorsqu'ils 
voudront  peindre  celte  époque  !  Elle  est  là,  en  etïet, 
tout  entière,  semaine  par  semaine,  avec  ses  mœurs,  ses 
modes,  ses  ridicules,  ses  tics,  ses  façons  de  parler,  ses 
engouements,  ses  fohes,  ses  fêtes,  ses  bals,  ses  soirées 
intimes,  ses  commérages,  jugée  par  cet  élégant  vicomte 
dont  la  badine  cingle  si  bien  et  qui  semble  posséder  le 
lorgnon  magique  d'Edgar  de  Lorville,  tant  il  devine 
aisément  la  pensée  vraie  à  travers  les  babillages  men- 
teurs. 

Ces  Lettres  parisiennes,  écrites  au  courant  de  la 
plume,  éparpillées  aux  quatre  vents  de  la  publicité, 


13:?  IIISTOIKI:  DF.S  OKl'VUKS  DK  TH.  (iAUTIEU. 

soiil  |HMil-t"'lir  l'iriiMi'  la  jtliis  sri'irii^o  i\r  l'aiilnir.  cl 
(•■(•>l  l;'i  i|iit'  \(iiil  lie  [ircIV'i'oiii'C  le  cliciclifi'  ceux  (jui 
l'aiinriil. 

l/AVn/c  ries  joiininiislcs,  coinrdir  en  ciiui  actes  cl  on 
vri's,  lui  II'  |ii'i'nii(M"  essai  de  iiiailaiiic  de  dirardin  pour 
le  lli(';'ili'i' :  icnic  à  riiiiaiiiinilr  an  Tlir.ilir-l'i-aiirais.  la 
pièce  lui  ariiMrc  par  la  (•ciisiirc  ii.ais  [Ktiir  (jiic  la  Iccdii 
allât  à  son  adresse,  madame  de  Girardiii  lil  iiih'  lecture 
(le  sa  coincdic,  dans  son  salon  cncondicé  de  jonrna- 
lisles,  (pii  n'ont  peut-être  pas  Imp  piolilé  à  celte  école, 
mais  (]ui  étaient  assez  spii'iliiids  poui'  vive  sous  les 
verges  tenues  par  de  si  lirlh's  mains.  —  Le  premier 
acte  ('tincellc  de  ti'ails  et  de  mots  et  démontre  une 
grande  puissance  comiipic:  la  tin  tourne  au  drame,  el 
la  pièce,  commencée  d'une  manière  éclatante,  s'assom- 
luil  trop.  Balzac,  qui  n'aimait  pas  beaucoup  les  jour- 
nalistes, assistait  à  cette  soirée  el  riait  de  son  gros  rire 
panlagruéli(|ue  :  il  n'avait  pins  la  l'ameuse  massue  à 
pommeau  de  turquoises  sur  laquelle  la  maîtresse  du 
logis  avait  fait  un  roman,  mais  il  portait  encore  ce  bel 
liahit  bleu  à  boutons  d'or  ciselés  non  moins  célèbre, 
qu'il  allait  prendre  el  remettre  chez  Chevreul  pour  ces 
occasions  solennelles. 

Nous  doutons  que  la  pièce  au  théâtre,  même  jouée 
par  les  plus  excellents  acteurs,  eût  produit  autant  d'ef- 
fet. Madame  Emile  de  Girardin  lisait  admirablement. 
Nous  lui  avons  entendu  dire  des  morceaux  de  Cléopâtre 
d'une  façon  que  mademoiselle  Rachel  n'a  pas  égalée, 
à  notre  avis,  malgré  tout  son  ai't,  toute  sa  puissance  et 
tout  son  prestige. 

Puis  vinrent  Judith,  la  meurtrière  biblique,  et  Cléo- 
pâtre «   le  serpent  du  vieux  Nil,  »  comme  l'appelle 


i8o7.  I'î3 

Sliakspeare.  Mademoiselle  Rachel  servit  d'inlerprèle 
à  ces  deux  créations.  Judith  réussit  faiblement,  malgré 
des  vers  très  purs  <^t  une  idée  ingénieuse,  —  celle 
d'avoir  supposé  à  l'héroïne  juive  un  vague  amour  pour 
le  général  assyrien  qu'elle  a  mission  d'assassiner  ;  — 
l'heure  de  la  tragédie  n'était  pas  encore  venue.  Cléo- 
patre,  traitée  à  la  fois  d'une  façon  plus  antique  et  plus 
moderne,  tragédie  et  drame,  obtint  beaucoup  de  succès 
et  restera  le  meilleur  poème  scénique  écrit  par  une 
femme.  L'apostrophe  au  soleil  est  dans  toutes  les  mé- 
moires. 

Dans  Lady  Tartuffe,  madame  Emile  de  Gii'ardin, 
fidèle  jusque-là  au  vers,  le  quitta  pour  la  prose,  tou- 
jours mieux  acceptée  d'un  puljlic  de  moins  en  moins 
littéraire,  et  qui  n'entend  plus  que  difficilement  le  lan- 
gage des  dieux.  Mademoiselle  Rachel  représentait  ce 
Tartuffe  en  jupons,  si  haïssable  et  si  charmant  qu'on 
lui  pardonne  lorsque  son  masque  tombe,  et  qu'entr'ou- 
vrant  le  noir  domino  de  l'Hypocrisie,  la  femme  laisse 
voir  son  corsage  étincelant  et  rose. 

Mais  le  triomphe  de  madame  Emile  de  Girardin  a  été 
la  Joie  fait  peur,  cette  comédie  poignante  qui  vous 
tient  haletant  de  la  première  scène  à  la  dernière,  et  qui 
a  fait  verser  des  larmes  à  remplir  toutes  les  fioles  lacry- 
matoires  des  tomheaux  antiques. 

Nous  avons  déjà  dit  que  madame  de  Girardin  avait  le 
génie  bouffe  au  même  degré  que  le  génie  tragique.  Le 
long  éclat  de  rire  du  Chapeau  de  T horloger,  après  le  long 
sanglot  de  la  Joie  fait  peur  en  est  la  première  preuve. 

Enfin,  queiques  fragments  de  celte  version  ont  aussi  pris 
place, en  1859,  dans  l'album,  par  divers  auteurs,  publié  par 
l' Artiste  sous  le  litre  de  :  Portraits  Contemporains. 


1.11        iiisToiHi'.  DKs  (ii:rviîi;s  m;  th.  f;Ai'Tir,n. 

\:\02.  (ivMNASK  :  Les  Comédiennes.  /--•  M"iuiriir  loilrcrsrl, 
11  mai  i.s;;:. 

l'!();i.  Le  Bois  de  Boulogne.  L'.\rlish\  17  mai  lSo7.  Ccl 
aitirii'  a  ii'iiaiu  dans  l'Artisd  du  !"■  ocluhrc  18()7. 

liiOi.  Thkathe  nu  Cinori:  :  Hamlet  fjoué  par)  Rouviére. 

—  Cuioi'i"   ni;  i/l.Mi'ûiiATnicK  :  Ouverture.  />'    Shimiiur  uni- 
versel, IS  iii.ii  IHIiT. 

lliO.i.  Le  Musée  d'artillerie.  I.Wiiisir,  'J'i  mai  \H'M. 

IbOO.  TiiKATRi:  m-  ("inoric  :  Hamlet  ;  Les  deux  Faubouriens. 

—  (lAÎTÉ  :  Salomon  de  Caus.  Le  Moniteur  universel,  2.')  mai 
18o7. 

KiOT.  Nouvelles  Publications  de  la  maison  Goupil  et  C'«. 
L'Artiste,  ;il  mai  iNiiT. 

1:108.  Thkatiu:  Vk.ntadouh  :  Le  Falze  confidenze.  — Vaude- 
ville :  Dalila.  — Porte-Saint-.Mauti.n  :  Jocko  ;  Le  Vampire. 

Lr  Mdiiili'iir  uiiircrsfl,  '.\  juin  ISiiT. 

l."iû'.).  Nécrologie  :  Simart.  L'Ai(i»li',  7  juin  iS',)l.  Cet 
article  a  l'iô  in((im}il(tcmcnl  i('im|iiiiné  en  187-i  dans  les 
Portraits  Contemporains,  par  Tlironhilc  Gaulier. 

lolO.  Tli.  di's  Vahiktks  :  Le  Marquis  d'Argentcourt.  — 
Gaîté  :  Antony;  les  Paysans.  —  (Piu:  (]atelan:)  Théathe 
DES  Fleurs  :  Nella.  /.'■  Mn»itrui'  universel,  S  juin  is;;7. 

loU.  Salon  de  1857.1.  Ouverture). L'A?'//;s<c,  14  juin  18:)7. 
.Sous  le  litre  de  :  1rs  I-^,rpii>lliiiiis  tic  Paris  :  Salon  dc\H',}l,  il  a 
été  publié,  en  18.")9,  au  bui-eau  de  ce  journal,  un  album  con- 
tenant les  tableaux  gravés  de  ce  Salon  et  insérés  dans  l'Ar- 
tiste en  18o7;  une  très  faible  partie  du  texte  de  Tbéopbile 
fiautior  est  jointe  à  cet  album. 

lol2.  Gv.mnasi:  :  Les  Bourgeois  gentilshommes.  —  Palais- 
Royal  :  Les  Noces  de  Bouchencœur.  Le  Moniteur  nniversei, 
iii  juin  18i)7. 

Ial2  ^".  Salon  de  1857.  IL  MM.  Baudry;  Bouguereau. 
L'Artiste,  21  juin  18:)7. 


18o7.  135 

1013.  Thkatre-Français  :  Reprise  du  Barbier  de  Séville. — 
(Une  troupe  allemande).  Le Mun/lcui' tutiversel,  22  juin  IcSilT. 

i:ii:j''-^  Salon  de  1857.  III.  MM.  Benouville;  Cabanel  ; 
Jalabert;  Hébert;  Barrias.  L'Ardsir,  28  juin  l.s.iT. 

1014.  Théatue-Français  :  Reprise  de  :  les  Comédiens.  — 
Th.  des  Variéti^s  :  Les  Gardes  du  roi  de  Siam.  —  Ambigu  : 
Le  Conscrit  de  Montrouge.  —  (CrRQUE  de  l'Impératrice).  Le 
Moniteur  universel,  29  juin  ISo?. 

i3^4t"^  Salon  de  1857.  IV.  MM.  Gérome;  Mottez.  V Ar- 
tiste, o  juillet  IcSIJT. 

lolo.  GaIté  :  Les  Compagnons  de  Jéhu.  Le  Monileur  uni- 
versel, 6  juillet  iHol. 

15i;i  ^*=.  Salon  de  1857.  V.  MM.  Matout;  A.  Lafond;  Sieu- 
rac  ;  Carlier;  Mussini;  (feu)  Ziegler.  L'Artiste,  12  juil- 
let 180? . 

1316.  Porte-Saint-Martin  :  Les  Chevaliers  du  brouillard. 
—  (Illustrations  de  Cruikshank  pour  le  Jack  Sheppard 
d'Ainsworth).  Le  Mnnilcnr  uuircrscl,  1:î  juillet  [Ku. 

lolG^i'.  Salon  de  1857.  VI.  MM.  Gigoux;  Robert-Fleury  ; 
Amaury-Duval ;  Hippolyte  Flandrin.  V Artiste,  19  juillet 
18o7. 

lol7.  Théâtre-Français  :  Reprise  de  Wenceslas;  rentrée 
de  madame  Madeleine  Brohan  ;  Bressant  dans  le  Misan- 
thrope, i'/  Mnnifrur  uiiirersrl,  20  juillet  ISoT. 

1317  ^''^  Salon  de  1857.  VII.  MM.  Glaize  ;  Savinien  Petit. 

r Artiste,  2(\  juillet  1837. 

1318.  Théâtre  du  Cirque:  Charles  XII.  —  (Pré  Catelan  :) 
Théâtre  des  Fleurs  :  La  Naiade.  Le  Moniteur  universel, 
27  juillet  1837. 

1319.  Fêtes  de  Dieppe.  Le  Moniteur  tmieerscl,  29  juillet 
1837. 

1319 ''^  Salon  de  1857.  VIII.  MM.  Henneberg;  Louis  Bou- 
langer; Célestin  Nanteuil.  L'Artiste,  2  août  1837. 

1520.  THÉATRE-FRA.xgAis  :  Reprise  de  Philiberte.  —  TU. 


13l)  lllSTiillii:  ItKS  (iKlVHKS  DI',  TH.  (lAliTIEH. 

dos  Vaiuktks  :  Lo   Poignard  de   Lconora.   Le  MnnUrnr  uïti- 
vcrscl,  Il  anill  |s;>7. 

i:)20''''.  Salon  de  1857.  IX.  MM.  Anatole  de  Beaulieu  ; 
A.  de  Curzon;  Knaus;  Comte.  L'Arlistc,  'J  amU  IH.T/. 

lliil.  .\miii(;l'  :  La  Légende  de  Ihomme  sans  tète.  Jx  Mo- 
i}Ucur  universel,  lOadùi  Is.iT. 

i:;21  •'''.  Salon  de  1857.  X.  MM.  Alfred  Stevens;  Heilbuth; 
Brion;  Hamon;  Willems:  Baron.  L'Arlinle,  dC»  aofiL  181)7. 

{'.\22.  (ivM.N.vsi;  :  L'Invitation  à  la  valse;  Le  Copiste:  Le 
Vieux  beau.—  Tli.  des  V.\uikTi:s:  Dalila  et  Samson.—  Deux 
piécettes  de  madame  Roger  de  Beauvoirj.  /.'  Mnnitcnr  nni- 
nr.'^cl,  l'.i  .-l'iùl  IS.'IT. 

i:i2:2'''\  Salon  de  1857.  XI.  MM.  Hbckert:  Caraud  ;  Lan- 
delle;   Valérie;    Maurice   Sand;    Hillemacher.    L'Arlisir, 

23  août  18:i7. 

1;)23.  Palais-Rovai,  :  Les  Quatre  âges  du  Louvre.  —  Ré- 
ouvertures de  rOdéon  et  du  Théâtre  Ventadour.  —  Gaîtk  : 
Reprise  des  Sept  Châteaux  du  Diable.  Le  M  nui  (cw  universel, 

24  août  ISiw. 

i;r23''''.  Salon  de  1857.  XII.  MM.  Penguilly  L'Haridon; 
Geffroy;  Picou;  Th.  Giraud;  E.  Giraud;  Chaplin;  Labou- 
chére;  Maréchal.  V Artiste,  30  août  IS'.il. 

1524.  Théâtre  Ventadour  :  Salvini  dans  Zaïra.  — Gym- 
nase :  L'Esclave  du  mari.  Le  Moniteur  universel,  31  août 
1857. 

l:;24'''^  Salon  de  1857.  XIII.  MM.  Meissonier;  Fauvelet; 
Chavet;  Fichel;  Pécrus;  Plassan.  L'Artiste,  0  si'[ilciiibre 
1N57. 

I;i2:i.  Thkatre-Français  :  Rentrée  de  mademoiselle  (Au- 
gustine  Brohan.  —  Thkatri;  Ventadour  :  Saùl.  —  Palais- 
Royal  :  Détournement  de  majeure  ;  Je  ne  mange  pas  de  ce 
pain-là.  Le,  Moniteur  universel,  7  septembre  1837. 

1523 bi'.  Salon  de  1857.  XIV.  MM.  Vetter;  Léman;  Bon- 


1857.  15- 

negrâce;   MazeroUe  ;  Eugène    Devéria;  Leray:  Gendron  ; 
Jobbé  Duval;  0.  Tassâert.  L'Art i.^te,  13  septembre  18;>7. 

l.)2(i.  A  Monsieur  Théodore  de  Banville;  réponse  à  son 
Odelette  (L'Art).  L'Arlislf,  13  seplembre  iS'M.  Ces  vers 
fuient  léiinpiimés  en  18o8,  sous  le  second  des  titres  que 
nous  venons  d'indiquer,  dans  la  troisième  édition  des  Émaux 
et  Camées  (marquée  deuxième);  ils  n'ont  plus  cliangé  de 
titre  depuis  et  ils  ont  fait  partie  de  toutes  les  éditions  sui- 
vantes des  Émaux  et  Caméra. 

Voici  d'abord  la  première  version  de  ia  strophe  finale  telle 
qu'elle  est  imprimée  dans  l'Artiste;  en  1858,  lors  de  sa  pre- 
mière réunion  aux  Émaux  et  Camées,  elle  a  été  remplacée 
par  celle  qui  existe  aujourd'hui  ; 

Dans  la  matière  dure 
Scelle  ton  rêve,  afin 

Qu'il  dure 
Tant  que  le  monde  ait  (in! 

Dans  la  quatrième  édition  des  Émaux  et  Camées,  parue  en 
1863  (dans  le  volume  des  Poésies  Nouvelles),  la  huitième 
strophe  de  cette  pièce  est  remplacée  par  celle  qui  s'y  trouve 
encore  aujourd'hui;  voici  sa  version  primitive  : 

Peintre,  fuis  la  détrempe, 
Et  prends  de  l'éniailieur 

La  lampe, 
Pour  fixer  ta  couleur. 

Voici  enfin  quelques  variantes  inédites;  deux  strophes 
sont  tout  à  fait  nouvelles  et  paraissent  ici  pour  la  première 
fois  : 

Oui,  je  veux  qu'cà  l'artiste 
Courbé  sur  son  travail, 

Résiste 
Vers,  marbre,  onyx,  émail. 


138  lllSTolliK  DKS  (ii:rVl!i:S  I)K  TH.  (i.\l  Tli;i{. 

l'i  (In  ivllimc  cdiriinodc, 
('.(umiic  un  iliaussoii  Iroj)  uraiiil, 

Du  iiKidc 
(Jiic  loul  |»i('(l  (luitlf  et  pn'iul  ! 


Em|)riml('  à  Syracuse 

Sdii  vieux  liionzo  où,  durci, 

S'accuse 
Le  |tr(i(il  réussi. 

D'une  main  délicate 
Poursuis,  dans  un  filon 

D'ap:alo, 
La  Iteauté  d'Apollon. 

Ou  comme  un  alcliimisfc 
Au  léu  des  chalumeaux, 

Persiste 
A  fondre  les  émaux. 

Dédaigne  la  détrempe, 
Et  prends  de  l'émailleur 

La  lampe, 
Pour  fixer  ta  couleur. 

Peins  les  sirènes  bleues, 
Tordant  parmi  les  fleurs 

Leurs  queues 
Qu'écaillent  vingt  couleurs. 

Et.  debout  sur  le  globe, 
La  Vierge  et  son  Jésus, 

En  robe 
Avec  de  l'or  dessus  ! 


iSol.  139 

A  la  matière  dure 
Conte  Ion  rêve,  alin 

Qu'il  dure 
Tant  que  le  monde  ait  fm. 


Oui,  tu  l'as  dit,  Banville, 
Ce  n'est  pas  en  courant 

La  ville. 
Qu'on  fait  rien  de  grand  ! 

lo27.  Odéox  :  Louise  Miller.  —  Thi'atre  du  Cirquii:  :  Le 
Roi  Lear.  —  Théâtre  Ventadour  :  Salvini  dans  Otello.  Le 

Moniteur  universel,  ii  septembre  iSol. 

1027  i''^  Salon  de  1857.  XV.  MM.  F.  Millet;  Courbet; 
Breton  :  E.  Bédouin  ;  Haffner  ;  Marchai  ;  Adolphe  Leleux  ; 
Armand  Leleux;  Fortin.  L'A/Z/s/c,  20  sciitembre  l'S'61. 

i:)28.  Théâtre  Ventadouh  :  Salvini  dans  Otello.  (deuxième 
article).  —  Ambigu  :  Les  Viveurs  de  Paris.  —  GaIté  :  Le 
Père  aux  écus.  Le  Moniteur  universel,  21  septembre  18o7. 

i;)2'.>.  Théâtre  de  Wiesbade.x  :  Tannhauser.  Le  Moniteur 
imiversd,  20  septembre  1837.  Théophile  Gautier  fut  accom- 
pagné à  Wiesbaden  par  d'autres  écrivains  et  musiciens  fran- 
çais. Nous  trouvons  dans  l'article  de  M.  Ernest  Reyer  sur  le 
même  sujet,  article  publié  dans  l'indépemlnnee  hchje,  cette 
phrase  relative  à  notre  écrivain  :  «  ...  Le  soir  les  chasseurs 
ont  vidé  une  prodigieuse  quantité  de  flacons  de  vin  du  Rhin, 
que  Théophile  Gautier  compare  très  ingénieusement  à  du 
vinaigre  dans  des'  quilles...  » 

i;i20''".  Salon  de  1857.  XVI.  MM.  Duveau  ;  Luminais  ; 
Guillemin  ;  Trayer  ;  E.  Frère  ;  Bonvin  :  Toulmouche  ;  C.  Jac- 
quand  ;  Langée  ;  Foulogne  ;  mesdames  Henriette  Browne  ; 
Henriette  Bertaut;  Doux;  MM.  Servin;  Fisher;  Vidal;  An- 
toine Dumas;  Amand  Gautier.  L'Artiste,  4  octobre  1857. 
L'Almanaek  Parisien  pour  18()0  contient,  dans  un  article  de 


lu)        iiisToiiif':  DKS  (ii;i  m;i:s  df  tii.  gautieu. 

l'Vniaml  Ursiiovois  inliliilc  :  Iiilrrirur  d'il)}  pi'itiln\  les  »Iim- 
iiit'Ti's  lifiiics  (li>  Cl'  cliiipid'O  du  Siilim  de.  1S.>7,  iililivcs  ;i 
Aiii.nul  (iaiitii'i . 

I.i:n'.  ^Retour  d'Allemagne.  —  (Iymnasi.;  :  Les  petites 
Lâchetés.  —  I'ai  \is-lt(i\  \i,  :  La  Veuve  aux  CamcUias.  — 
Bénéfice  de  Salvini.  —  Madame  Laurent  et  les  Chevaliers 
du  Brouillard  .  Lf  Mnnilnir  itiiiri'rsfl,  I»  oclohro  IS.'iT. 

I.ivtl.  Wieshaden.  L'Arli>^h\  Il  ocdiliic  I.S.'iT.  C.v\  ailiclc  a 
»'((''  n''iin]>riim'',  eu  ISO,"),  dans  :  (Jumul  on  voyage,  pai  Tliéo- 
|ihilo  (ùiiilior. 

\:')M.  Thkatrk-Fhamjais  :  Le  Pamphlet.  —  Vaudevim.k  : 
Jocrisse  millionnaire;  Triolet.  Lr  Mmibnr  nniversel,  M  oc- 
tuluo   l!S.')7. 

i:)33.  Stuttgart.  L'XriiMc,  18  nclobre  ISIiT.  Cet,  aili.le  a 
l'cpaiu  t'ii  I8ii.'i  dans  ijnund  nn  ro/z^f/^^, |iai'Tli(''(>|ilnlc(  (laulicr. 

\',V.\\.  Th.  des  Variktks  :  Les  Chants  de  Béranger.  — 
^Nouvelles).  Le  Moniteur  universel,  19  ortohi'e  18.")7.  Un  frag- 
ment de  cet  article  a  été  réimprimé  en  1874  dans  les  Vor- 
trnits  Contemporaine,  par  Tln'ùpliile  fiaidier. 

\■^■^'^^".  Salon  de  1857.  XVII.  MM.  Desgoffe:  Cabat; 
Paul  Flandrin:  Bellel;  Corot:  G.  Saltzmann  ;  Bodmer  ; 
Daubigny;  Théodore  Rousseau;  Ch.  Leroux;  Français; 
Anastasi;  Lambinet  ;  Jules  André  ;  Lavieille,  etc.  L'Artiste, 
2o  octobre  18i>7, 

1535.  Odéo.v  :  Le  Perroquet  gris.  —  Thijatre  du  Cirque  : 
L'Amiral  de  l'Escadre  bleue.  Le  Moniteur  universel,  20  oc- 
tobre i8;)7. 

i:i3:)i'i'-  Salon  de  1857.  XVIII.  MM.  Belly;  Fromentin; 
Imer;  Berchère  ;  Tournemine  ;  Th.  Frère;  de  Chacaton; 
Bida;  Brest  ;  Pasini;  Ziem  ;  Van  Moer  ;  F.  de  Mercey  ;  Aiva- 
sousky.  L'Artii:te,  l*^''  novenilirc  ls;j7. 

153(3.  THKATRK-FiiANCAis  :  Reprise  de  la  Calomnie.  —  Vau- 
deville :  Clairette  et  Clairon.—  Iùjlies-Nouvkllks  :  La  de- 
moiselle de  la  Hochetromblon;  les  Brigands  pour  rire.  Le 
Moniteur  universel,  2-3  novembre  1857. 


18o7.  Ul 

iim^''-  Salon  de  1857.  XIX.  MM.  Yvon:  G.  Doré  ;  Pils; 
Armand  Dnmaresq;  H.  Vernet  :  Bellangé  ;  Devilly  ;  G.  Jadin; 
J.  Stevens -,  Ph.  Rousseau  ;  Brendel  ;  Palizzi  ;  Loubon;  de 
Cock;  Verlat;  Dubuisson;  Schutzenberger;  Balleroy;  Ri- 
card; madame  O'Connell.  L'Arlisic,  8  novembre  IH'.il. 

lo37.  Odéon  :  Tartuffe.  Le  Moniteur  universel,  %  novembre 
18o7.       • 

^:;37'•'^  Salon  de  1857.  XX.  Sculpture.  MM.  Rude 
Aimé  Millet;  Duret;  Lequesne;  Gumery;  Bonaffé  .  Dubray 
Roubaud;  Truphème;  Calmels;  Guitton;  Fabisch-E.  Robert 
Lechesne.  L'Artiste,  lo  novembre  18;)7. 

i;j38.  Gymnase  :  J'enlève  ma  Femme.  —  Palais-Royal  : 
la  Vente  d'un  riche  mobilier:  Amour  et  Pruneaux.  Le  Mo- 
niteur uniecrail^  lo  novembre  l8iJ7. 

lliSS'''^  Salon  de  1857.  XXI  et  dernier.  (Sculpture.) 
MM.  Ottin;  Demesmay;  Protheau,  Grabowski;  Cordier; 
Daumas;  Marcellin  ;  Steenackers;  Perraud;  Guillaume; 
Leharivel  -  Durocher  ;  Loison  ;  Chatrousse  ;  Cailloué  ; 
Gruyère;  Becquet;  Malnecht  ;  Huguenin;  Jacquemard; 
Pollet;  Blavier;  de  Nieuwerkerke  ;  mesdames  Lefévre-Deu- 
mier;  Valérie  Simonin;  Noémi  Constant;  Dallemagne; 
Escalier.  L'Artiste,  22  novembre  l.S;}7. 

Uuoique  le  nom  du  sculpteur  Préault  ne  soit  pas  prononcé 
dans  celte  revue  du  Salon,  citons  ici  une  curieuse  lettre  inédite 
de  Théophile  Gautier  à  cet  artiste;  elle  fut  écrite  en  18o7, 
nous  apprend  M.  Paul  Meurice,  à  l'occasion  d'un  médaillon  de 
madame  Paul  Meurice,  médaillon  placé  aujourd'hui  sur  son 
tombeau  : 

Mon  cher  ami, 

J'ai  vu  ton  médaillon,  lundi,  chez  Meufice.  C'est  une 
de  tes  meilleures  choses  ;  la  ressemblance  matérielle 
est  suffisante  et  la  ressemblance  idéale  parfaite.  La 
bouche  est  épanouie  comme  une  fleur  et  sympathique 
comme  un  baiser;  quant  à  l'œil,  je  ne  croyais  pas  que 
la  sculpture  pût  rendre  ainsi  le  regard  ;  je  trouve  seu- 


11.'        iiisT(iii;i;  m.s  'ji:rvui:s  dk  th.  (,;aiitiei{. 

li'iiu'iil  la  coiii-Ih'  a(|iiiliiii'  ilii  in/,  im  |ini  hiiisiinc.  Il 
1110  somlilc  (jiii'  dans  la  iialiin'  Ir  |ilaii  ciilic  le  ne/,  l'i  le 
iliilil  fsl  iiidiiis  creux  :  je  le  muiiiicIs  crlic  ol>srr\ali(>li 
ijni'  Je  ('l'dis  jiisli'.  Oiii'l(|iit's  i{iii|is  ilOiilil  dans  les  clic- 
\i'ii\.  liés  i'l(\i:aiiiiiii'iil  (lis|ui<rs  (lu  r('slc.  ne  IVraiciil 
pas  mal. 

Eli  somnii'.  In  as  parfailomoiU  réussi,  ftladamn  O'Con- 
nrll  (Ml  (''(ail  lii's  (•(inli'iilr,  et.  ('(ininic  dil  (uljoiix.  elle 
s"\  (■(iiiiiail. 

-le  t'écris  mon  im|tressi()n.  conlre  nnni  lialiihide: 
mais  je  ne  le  Aois  [ilns  et  force  m't'sl  d'égraligiier  du 
]»ai>ier  avoc  nne  (''pinule  PeiTV. 

Je  sais  (|uo  lu  as  lait  de  iii'ands  voyages,  découvert 
Rouen,  Dieiipe  et  le  Havre,  vu  la  mer;  mais  les  péré- 
grinations sont  lei-minées  et  In  (levi-ais  bien  l'aire  l'as- 
cension matinale  de  mon  hiiig. 

Tout  à  toi  de  cœur, 

Théophile  Gautier. 

ri30.  Odkon.  Christine  roi  de  Suéde.  Le  Moniteur  univer- 
sel, 2'.\  iHivciiduo  18.")7. 

liii^o.  Une  maison  de  Pompéi,  avenue  Montaigne.  L'A;7/.s7c, 
29  novembre  IS.'iT.  (^et  article  a  été  réiMi|iriiiié  l';mnée  sui- 
vante dans  une  iMiblirallon  colleclivc  iiililnlée  :  P^/r/s  i/ui 
s'en  va,  litre  (jiii  a  étt'  coinplél(''  plus  lard  j)ar  ces  mois  : 
et  tarin  qui  vient.  Km  IHlH),  il  cuira  dans  I e.  Valais  pompéien 
de  l'avenue  Montai;/)!!',  l'tu'le  sur  la  maison  gn'eo-romaine, 
aneienne  résidenee  du  prinee  Nupulênn,  brochure  par  Théop]iil(3 
Gautier,  Arsène  Houssaye  et  (Charles  Coligny.  Disons  ici 
que  M.  Tourneux  fait  erreur,  dans  son  intéressant  travail 
LiblioL'raphifpie  sur  Tliéopbile  (laiilier,  en  supposant  que  la 
pièce  (le  vers  sur  un  spliinx,  jointe  dans  cet  opuscule  au 
travail  de  Théophile  Gautier,  est  aussi  par  lui.  Les  chapitres 
de  la  l)rochure  ne  sont  pas  signés,  et  la  collaboration  de 
l'auteur  de  Fortunio  se  borne  exclusivement  à  ses  pages  de 


18o7.  llj 

rArlislr.  En  les  insérant  comme  cliapilre  Iroisième  du  Palai:^ 
pompéien,  M.  Arsène  Houssaye,  sans  doulc,  les  aura  rema- 
niées et  augmentées  des  strophes  en  question.  On  y  a  de 
plus  inlercalé  des  ajoutés  et  des  titres. 

La  Revue  du  XUy  siècle  du  l"""  mai  1866,  a  encore 
réimprimé  cette  version  remaniée,  sous  le  titre  de  : 
Le  Palais  pompéien. 

1541.  Théâtre-Français  :  Le  Fruit  défendu.  —  Délasse- 
ments :  Les  Poètes  de  la  treille.  —  Foliks  Dramatiques  : 
Histoire  d'un  gilet.  Le  Moniteur  universel,  30  novembre 
i8:i7. 

io42.  L'Église  Sainte-Clotilde.  L'Artiste,  C  décembre  18o7. 

1343.  Gymnase  :  Le  Feu  à  une  vieille  maison;  reprise  du 
Changement  de  main.  —  Vaudeville  :  Le  Père  de  ma  fille; 
la  Botte   secrète.  —  Ambigu  :  Rose  Bernard.   Le  Memiteur 

universel,  7  décemlire  18.'i7. 

Iû44.  Sappho.  VArtiste,  13  décembre  ISiiT. 

lo4o.  Théâtre-Français:  Reprise  de  Chatterton.  Le  Mo- 
niteur universel,  14  décembre  18o7.  Un  IVagnieiil  de  cet  ai  • 
ticle  a  été  réimprimé  en  1874  à  la  suite  de  l'Histoire  du 
romantisme,  par  Théophile  Gautier,  sous  le  titre  de  :  Reprise 
de  Chatterton  en  décembre  18i)7. 

i'.'t'tC).  Gavarni;  Gustave  Doré  :  Masques  et  Visages,  Phy- 
sionomies parisiennes,  Album  lithographique.  L'Artiste, 
20  décembre  1837. 

1347.  Odéon  :  Le  Rocher  de  Sisyphe.  Le  Moniteur  univer- 
sel, 21  décembre  1837. 

1348.  École  impériale  et  spéciale  des  Beaux-Arts  (  :  Dis- 
tribution des  prix;.L'A//(.s;t',  27  décembre  18.>7. 

1340.  Gymnase  :  Un  petit  bout  d'oreille,  etc.  ;  Un  Gendre 
en  surveillance.  —  Tli.  des  Variétés  :  Ohé!  les  p'tits 
agneaux!  —  Palais-Royal  :  Les  Vaches  landaises.  Le  Mo- 
niteur universel,  28  décembre  1837. 

1330.  Art  chrétien  par  M.  Didronj.  Le  Moniteur  universel^ 
29  décembre  1837. 


1858 


l."):;!.  La  rue  Lafitte.  (Los  Étalages  des  marchands  do 
tableaux'i.  L'Artiste,  :t  j.uivici  iNii.S. 

i:).j2.  Louis  XIV  et  Molière,  tableau  de  M.  Ingres.  L'Ar- 
tistr,  If)  j.uivirr  lïSiiH. 

l'S'ô'i.  (Nécrologie  :  )  Mademoiselle  Rachel.  1a:  Manilnir 
universel,  11  janvier  18;>8.(a'I  aiiicle  a  clé  i'L'inii)rimcc'n  IHii'J 
dans  les  Porlraitfi  Contemporains,  album  par  divers  ailleurs, 
publié  par  l'Artiste,  el,  en  1874,  dans  le  volume  de  Théophile 
Gautier  porlanl  le  même  lilre.  Ces  deux  réimpressions  sont 
très  incomplètes. 

i:i:ii.  Nouvelles  de  l'art.  (Vente  de  tableaux  modernes 
du  20  janvier  1858j.  .Si-né  T.  G.  L'Artiste,  17  janvier  Ibiiiy. 

j;i.);i.  Vaudevillk  :  Les  fausses  bonnes  Femmes.  — 
TnKATRK  nu  GinnuE  :  Turlututu,  chapeau  pointu.—  Amuigu  : 
Paris-Crinoline.  Li-  Moniteur  tinirerscl,  18  janvier  ISoH. 

lo.")0.  A  M.  Ernest  Feydeau.  (Bûchers  et  Tombeaux). 
V Artiste,  24  janvier  18o8.  .\  la  fin  de  18o8,  ces  vers  sont 
enlrés  pour  la  première  fois,  sous  le  lilre  de  :  Bûchers  et 
Tombemix,  dans  la  troisième  édilion  des  Émaux  et  Camées 
{marquée  deuxième);  ils  onl  l'ail  jiarlie  depuis  de  loiiles  les 
éditions  de  ce  livre. 

La  pièce  de  vers  :  les  Joycusetés  du  trépas  (voir  n"  2386), 
n'esl  ifu'iin  fragment  coupé  de  ce  morceau. 


1858.  14J 

Voici  des  variantes  inconnues  de  cette  pièce,  parmi  les- 
quelles se  trouve  une  ou  deux  strophes  entièrement  inédites  : 


Et  quand  la  pierre  se  lézarde, 
Au  lieu  du  masque  aux  traits  charmants 
Montrant  à  l'œil  qui  s'y  hasarde 
Une  armature  d'ossements. 

Mais  au  feu  du  bûcher  ravie 
Une  pincée  entre  les  doigts. 
Résidu  léger  de  la  vie, 
Qu'enfermait  l'urne  aux  flancs  étroits  ; 


La  mort  dissimulait  sa  face 
Aux  trous  profonds,  au  nez  camard. 
Dont  la  hideur  railleuse  efface 
Tous  les  masques  du  cauchemar. 

En  oubliant  le  monstre  maigre 
Que  chacun  porte  sous  sa  peau, 
Dans  une  insouciance  allègre, 
Tous  s'avançaient  vers  le  tombeau. 


Seulement,  pour  pousser  à  boire, 
Au  festin  de  Trimalcion, 
Une  larve,  joujou  d'ivoire. 
Faisait  son  apparition; 

Des  dieux  que  l'art  toujours  révère 
Trônaient  au  ciel  marmoréen; 
L'Olympe  croule...  et  le  Calvaire 
Fait  un  Dieu  du  Nazaréen. 
II.  10 


14G       niSToinE  m:s  01:1  viu:s  dk  th.  cai'tikii. 

Lr  cu'lc  aiiliiiur  si'clol.  —  L'oiiil)i'(' 
S'('l(Mi(l.  —  C.ominc  sur  un  (li;i|i  noir, 
Siii  la  t|•i^t^'SS('  iiuiiu'ii.-c  cl  soiiilii'c 
lii'  hlanc  S(iurl.'tlc  se  lail  \(iir. 


Dos  corcuiMls  1(.'\('  II'  riiuvcrclf 
De  SOS  l)ras  aux  coudos  po'mlus; 
Di'ssino  SCS  côtes  en  cercle, 
Et  son  sarcasli<|iii'  litiiis. 

Puis,  ouviant  la  danse  nuicabre, 
Il  anvic  le  clicNalicr 
Sur  son  clicNal  ipii  se  cabre, 
En  lui  niuulranl  le  sablier. 

Ajustant  à  son  crâne  jaune 
Couronne,  tiare  ou  cimier, 
II  rùcle  ses  vers  sur  le  troue. 
Fier  comme  Job  sur  son  fumier  ! 

Et  parmi  la  foule  priée, 
llùte  inattendu,  sous  le  banc 
Glisse,  et  prend  à  la  mariée 
Sa  jarretière  de  ruban. 


Dans  cliaque  cloître  il  se  déhanche, 
Dansant  et  jouant  du  rebec. 
Et  sur  fond  noir,  en  couleur  blanche, 
Holbein  l'esquisse  d'un  trait  sec. 

Quand  le  siècle  devient  frivole 
Il  s'y  conforme,  et,  bien  plus  laid, 
Le  frond  ceint  de  roses,  il  vole, 
Prenant  des  poses  de  ballet. 


1858.  147 

Il  prend  des  manières  exquises 
Dans  les  chapelles-Poinpadour, 
Au  tombeau-sopha  des  marquises, 
Qui  se  couchent  lasses  d'amour! 

Mais  cache-toi,  masque  sans  joues, 
Que  l'art  moderne  emploie  à  tort  ; 
Depuis  assez  longtemps  tu  joues 
Le  mélodrame  de  la  mort. 

Reviens,  reviens,  bel  art  antique, 
De  ton  Paros  étincelant 
Couvrir  le  squelette  gothique. 
Sorti  de  ton  bûcher  brûlant! 

Si  nous  sommes  une  statue 
Sculptée  à  l'image  de  Dieu, 
Quand  celte  image  est  abattue. 
Jetons-en  l'armature  au  feu. 

Toi,  forme  immortelle,  remonte 
Toujours  pure  aux  sources  du  beau. 
Et  que  le  corps  n'ait  ni  la  honte 
Ni  les  misères  du  tombeau  ! 

Voici  Vcx-duno  mis  par  Théopliile   Gautier   en    (êle  d'un 
exemplaire   de  celte   édition  des  Émaux  et   Camées,  ayan 
appartenu  à  M.  Charles  Assclineau  : 

Je  suis  satisfait  de  cet  exemplaii'e  et  je  le  signe  pour 
en  aimmenler  Téclat. 

Théophile  Gautier. 


•o' 


Cette  pièce  de  vers  étant  la  dernière  de  celles  qui  furent 
ajoutées  à  ce  tirage  des  Émaux  et  Camées,  qui  parut  à  la  fin 
de  1858  pendant  que  l'auteur  était  à  Saint-Pétersbourg,  nous 
allons  citer  ici  trois  lellres  inédites  de  Théophile  Gautier, 


UM       iiisTniiu;  i)i:s  ohi  viii:s  uk  th.  cautikh. 

rci'ih^s  à   propos  (U)   vv   livif  ;i   son   rdilnir   !\l.    INmlcI-Ma- 
lussis  : 

1 

Ce  17  Juin  IHf)?. 

Monsiour, 

Voici  Ir  (l'ailr  si|;ii(''  cl  Its  |)ii''ccs  devers  à  ajoulci'  au 
volimic.  Je  n'ai  pas  ('iicort'  vu  i'Iioiiiuic  aii\  llcurons  cl 
cuIs-(lo-laiiipc  ;  je  in'fii  lie  huil  à  l'ail  à  voire  goùl  pour 
ces  choses  el  je  ci'ois  que  vous  l'crez  {\' Emaux  et  Camées 
un  petit  clief-d'dMivre  lypogi'aplii(|iie,  comme  les  Odes 
funambulesques  de  l'ami  Banville;  excuse/Je  relard  (|ue 
j'ai  mis  à  réitondre  :  le  Salon  m'occupe  tellement  (jue 
je  ne  sais  où  tlonner  de  la  tète. 

Tout  à  vous, 

Théophile  Gautier. 

Je  joins  les  pièces  de  même  rythme  qui  peuvent  se 
joindi'e  à  l'ancien  volume.  J'en  trouverai  encore  une  ou 
deux  peut-être  qui  s'ajouteront  aux  épreuves. 

Il 

Mon  cher  Monsieur, 

Je  crois  que  la  teinte  rouge  plaie  ne  peut  subsister. 
Les  dessins  noirs  s'y  perdent  el  le  tout  fait  tache  dans 
la  page;  il  faudrait,  à  mon  avis,  imprimer  en  rouge- 
rose  très  pâle  les  tètes  de  page,  les  culs-de-lampe  el  les 
majuscules,  comme  dans  les  Odes  funambulesques. 

Le  contraste  est  trop  fort;  essayez  de  celte  façon, 
l'aspect  y  gagnera. 

Tout  à  vous, 

Théophile  Gautier. 


18o8.  119 

P.  S.  L'en-tête  de  la  page  neuf  des  Odes  funam- 
bulesques me  semble  très  convenable  comme  ton  ;  c'est 
tendre  et  léger.  Celui  de  la  page  dix-huit  est  aussi  très 
bien  ;  il  serait  bon  de  rester  dans  cette  gamme. 

Le  caractère  me  semble  aussi  bien  gros  et  bien  lourd 
pour  l'étendue  de  la  page;  il  faudrait  quelque  chose  de 
plus  svelte,  de  plus  mignon,  de  plus  délicat.  Un  tel 
caractère  ne  peut  exprimer  (jue  des  idées  graves , 
lourdes,  sérieuses,  —  de  la  prose  scientifique  ! 

III 

Ce  mercredi  9  décembre  1857. 

Mon  cher  Monsieur, 

L'artiste  que  vous  avez  chargé  de  l'illustration  des 
Émaux  et  Camées,  n'a  pas  été  plus  heureux  que  moi 
dans  ses  efforts  tentés  pour  nous  rencontrer.  Je  tiens  à 
sa  disposition  plusieurs  portraits  réunis  chez  moi.  rue 
de  Grammont,  15.  Faites-les  prendre  par  votre  associé 
de  Paris,  si  votre  intention  est  toujours  de  mettre  mon 
effigie  sur  votre  charmant  volume.  Seulement  retran- 
chez le  mot  TravôTTTïîç  S  qui  me  paraît  trop  ambitieux. 

Pour  tout  le  reste,  je  m'en  rapporte  à  votre  goût  si 
sûr. 

Mille  salutations  cordiales. 

Théophile  Gautier. 

1557.  Gymnase  :  Le  Fils  natureL  —  Gaîtk  :  Les  Fiancés 
d'Albano. —  (Folies  Dramatiques  :  Reprise  de  Jobin  et  Na- 
nette).  Le  Moniteur  universel  ,  25  janvier  1858. 

1.  Qui  voit  tout. 


150  IIISTOIHR  HKS  (>:rVl{KS  |)K  TH.  (iALTIEU. 

i:;:iS.  Les  Soirées  du  Louvre.  L'Arlistr,  'M  janvier  IS.iS. 
("l'I  arlitlc  a  fié  iciiiijii  uni',  daté  de  :  l'aris  iU  mais  ISC»;», 
dans  /(•  Courrier  de  l'Aisuf  du  -iCi  mais  lsi;;i  ;  celte  ri'impi cs- 
sion  est  niodilii'e  et  l'alsiliée. 

lo.i'.).  THK.\Tni:-FHANr..vis:  Feu  Lionel.  —  Odkon  :  Le  Bon- 
heur chez  soi.  —  I'ai.ais-Movai,  :  Marcassin.  Le  Manilcnr 
iiniviisil,  1''  IV'vriiT  isii^. 

\:U\0.  Peintures  de  la  salle  du  Trône  au  Luxembourg, 
par  M.  Henri  Lehmann.  I/.\ilish\  7  iVviier  is.ls.  D.ms  ce 
même  numéro  commence  une  iiii|mi  lauli'  ('liide  de  ,M.  !•".  •]('. 
Meroey  sur  les  PtiiUres  primilif's.  'riiédpliilo  Ciautier  avait 
d'ahoi'd  soupe  à  écrire  hii-nièmoeo  travail,  sous  le  litre  de  : 
Les  Vriniilifs,  et  voici  les  lignes  de  déliul  de  cet.  article,  les 
seules  qui  riiicnl  l'criles:  elles  smii  cnm|ile|cment  inédites  : 

Quand  on  se  pi-omône  dans  les  galeries  du  Louvro, 
une  i)(Mis(''C  mi'Ianroliqiie  vous  saisit.  Un  joui-  viondi'a 
où  les  chefs-d'œuvre  des  maîtres  disparaîtront  sans  que 
rien  puisse  les  raviver.  Chaque  année  qui  passe  ajoute 
un  voile  de  plus  à  l'ombre  qui  se  fait  sur  eux;  quelques- 
uns  déjà  se  laissent  dinicileraent  pénétrer;  on  les  voit 
plutôt  avec  l'œil  de  l'âme  qu'avec  l'ceil  du  corps,  comme 
au  sommet  des  montagnes,  à  l'heure  où  la  nuit  envahit 
les  vallées,  un  drinier  rayon  persiste  sur  les  beautés 
les  plus  hautes;  mais  on  pressent  qu'il  va  s'évanouir 
bientôt  et  remonter  au  ciel. 

Les  soins  les  plus  délicats,  les  restaurations  les  plus 
scrupuleuses,  prolongeront  leur  existence  de  deux  ou 
trois  siècles  ;  puis  il  arrivera  un  moment  où  leur  spectre 
même  s'évaporera  sans  retour.  Le  travail  des  huiles,  la 
carl)onisation  des  couleurs,  la  pourriture  des  panneaux 
et  des  toiles  vainement  remplacés,  le  jeu  des  vernis 
sous  l'influence  de  la  température,  la  désagrégation 
lente  mais  inévitable  des  éléments  dont  ils  se  com- 


18o8.  151 

posent  amènera  leur  mort.  —  Cinq  cents  ans  forment 
l'éternité  de  la  peinture  ! 

Pour  nos  arrières-petits-neveux,  Léonard  de  Vinci, 
Raphaël,  Titien,  Paul  Vcronèse,  Rubens,  Rembrandt, 
ne  seront  que  des  souvenirs. 

Ces  étoiles  de  l'art  s'éteindront  une  à  une,  et  si 
parmi  ces  noms  glorieux,  nous  n'avons  pas  cité  Michel- 
Ange,  c'est  qu'il  a  confié  le  plus  souvent  sa  pensée  au 
mai'bre  :  il  ne  mourra  donc  pas  tout  entier. 

L'avenir,  et  un  avenir  prochain,  en  sera  réduit  à 
chercher,  à  adorer  les  vestiges  de  ces  grands  génies 
dans  des  copies,  dans  des  gravures  péi'issables  elles- 
mêmes.  Leur  nom  voltigera  sur  la  bouche  des  hommes, 
comme  ceux  d'Apelles  et  de  Xeuxis,  immortel  sans 
doute,  mais  à  l'état  légendaire.  Leurs  œuvres  ne  seront 
plus  là  pour  attester  leur  gloire. 

156i.  Odéon  :  La  Jeunesse.  —  (Nouvelles).  Le  Moniteur 
universel,  8  février  I808. 

1562.  La  Néo-critique;  à  propos  de  M.  Ingres.  L'Arli^le, 
"14  février  1858. 

Voici  encore,  au  sujet  de  lu  critique  d'art,  un  curieux 
fragment  inédit  de  Tliéopliile  Gautier,  ou  peut-être  bien  de 
Gérard  de  Nerval,  car  l'autographe  que  nous  avons  sous  les 
yeux  nous  laisse  quelque  doute;  c'est  une  sorte  de  canevas 
et  de  plan  d'un  article  à  écrire  : 

Enseignement  du  métier.  —  Commencement  essen- 
tiel. —  Bon  ouvrier.  —  L'exécution  n'a  de  valeur  qu'au- 
tant qu'elle  est  le  résultat  du  pur  esprit,  du  choix.  — 
L'artiste  doit  rechercher  ce  qui  constitue  la  vie.  — 
DitTéi^ence  des  artistes  et  des  bourgeois.  —  La  loi  du 
charme.  —  Accord  des  contraires.  —  Coloristes  et 
luminaristes.  —  Loi  du  dessin;  ses  rapports  avec  la 


ir.L'        iiiSToinE  DES  (HîrvRKS  ni:  m.  (iaiitieu. 

roul(Mir.  —  Dt'S  lois  de  la  licaulr  iiivai'iahlr  cl  sysU''- 
iiiali(iiir  (liez  Ips  anciens.  -  Dcilicalion  ilc  la  malicrc, 
(iiiMi  (le  rcspril.  —  Picocciiiialioii  coiili'airc  chez  los 
modernes.  —  Kiiidci  nie  n(\iiii,ué.  —  Ilapliacl  dominani 
malcrialisles .  doniiiianl  spii'ilnalistcs.  —  Le  CoiTègc 
avec  les  aur<.''olos.  —  Le  drapeau  i\<Mii.inli(|ue?)el  le  dra- 
peau \icu\.  —  l'Aéculion  en  liannouiu  avec  le  tout.  — 
Sur  Walleau  et  sur  Salvaloi'  Kosa.  —  Ce  qui  fail  un 
maître.  —  l"'aul(^  .urossièi'c  des  crili(pies.  —  Giand 
amour  pour  une  chose. —  Oubli  complclde  lalradilioii. 
—  Ils  procèdenl  du  bon  Dieu.  —  ha  i)einlui'e  au  point 
de  vue  du  daguerréolype,  art  niiséralile.  —  Art  exact 
récompense;  imitation,  vuluaire.  —  Ton  l'ougc,  mâle; 
bleu,  femelle.  —  Ligne  droite,  mâle;  ligne  courbe, 
femelle.  —  Éloignement  du  vulgaire  pour  l'amour  et 
la  passion  dans  l'art. 

lo63.  I^ortk-Saint-Mautin  :  La  Moresque.  —  Palais- 
HoYAL  :  La  Chasse  aux  biches.  Le  MmUrur  universel,  i','>  fé- 
vrier 1858. 

iofi4.  (Le  Carnaval.  —  Pai.ais-Royai.  :  Une  Soirée  péril- 
leuse; je  croque  ma  Tante.  Le  Monileur  universel,  23  février 
1858. 

1565.  L'Imitation  de  Jésus-Christ  (de  M.  Curmer).  V Ar- 
tiste, 28  février  1858. 

1566.  Vaudeville  :  Le  Pamphlétaire.  Le  Moniteur  univer- 
sel, l"  mars  1858. 

1567.  Œuvre  de  Paul  Delaroche  photographié.  L Artiste, 
7  mars  1858. 

1568.  Théâtre-Français  :  Le  Retour  du  mari.  —  I'orte- 
Saint-Martin  :  Reprise  de  don  César  de  Bazan.  pour  Fre- 
derick Lemaître.  Le  Moniteur  universel,  8  mars  1858. 

1569.  De  la  Mode.  L'Artiste,  14  mars  185^.  Ce  travail  a 


18:)8.  153 

repai'u  deux  fois  en  brochure  séparée  rannée  même  de  son 
apparition;  la  première  fois,  in-S»  de  12 pages,  imprimé  sur 
papier  rose  chez  Bonaventuie  et  Ducessois  (les  imprimeurs  de 
rArtistc),  et  servant  de  prospectus  au  Journal  des  Dames  et 
Messager  des  Dames  et  des  Demoiselles  ;  la  seconde,  en  un 
petit  in-32,  imprimé  à  trente  exemplaires,  qui  se  vendait 
G  francs,  chez  Poulct'Malassis.  En  1865,  De  la  Mode  est  entré 
dans  l'édition  in-12  de  la  Peau  de  Tigre,  par  Théophile  Gau- 
tier (datée  1866). 

1570,  Palais-Royal  :  Virgile  Marron;  Le  Mieux  est  l'en- 
nemi du  bien;  La  Nouvelle  Hermione.  Le  Moniteur  univer- 
sel, l.'i  mars  1858. 

1571.  Galerie  du  XIX"  siècle  :  Honoré  de  Balzac.  V Ar- 
tiste,2\,  28  mars;  4,  18,  25  avril  et  2  mai  1858.  Cette  étude 
fut  réimprimée  presque  simultanément  dans  le  Moniteur 
universel  des  23,  31  mars;  9,  20,  21  avril;  4,  5,  et  9  mai. 
Une  édition  belge  de  ce  travail,  format  in-18,  fut  publiée  la 
même  année,  sous  le  titre  de:  Honoré  de  Balzac,  sa  vie  et  ses 
œuvres,  ei,  l'année  suivante,  l'ouvrage  fut  édité  pour  la  pre- 
mière fois,  en  France,  chez  Pmdet-Malassis,  en  un  volume, 
augmenté  d'un  très  court  fragment  inédit  terminant  le  cha- 
pitre trois,  ce  qui  autorisa  cette  mention  au  titre  :  «  édition 
revue  et  augmentée.  »  Quelques  années  plus  tard,  des 
extraits  de  ce  travail  furent  placés  comme  préface  en  tête 
de  l'édition  Houssiaux  des  œuvres  de  Balzac,  et,  en  1874,  la 
notice  entière  entra  dans  les  Portraits  Contemporains,  par 
Théophile  Gautier.  Seulement  cette  étude  y  fut  réimprimée 
sur  le  texte  de  V Artiste,  coupé  en  chapitres,  divisions  que 
le  volume  de  1859  n'avait  pas  conservées,  et  incomplète  du 
courtfragmentajouté  à  l'édition  de  librairie,  dont  nous  avons 
parlé  plus  haut,  et  que  nous  allons  citer;  il  doit  se  lire  après 
le  dernier  paragraphe  actuel  du  chapitre  trois  des  Portraits 
Contemporains.  Disons  ici  que  la  biographie  d'Alfred  de 
Musset  par  Théophile  Gautier,  longtemps  promise  sur  les 
couvertures  de  l'Artiste  pour  sa  Galerie  du  A'LY^  siècle,  fut 
écrite  par  M.  Louis  Ratisbonne;  celle  de  M.  Frédéric  de 
Mercexj,  également  annoncée  par  Théophile  Gautier,  n'y  fut 
jamais  écrite  par  lui,  ni  par  personne. 


l.".l  lllSTOlllK  l)i;s  OKIVUI.S   1)K  TH.  (iAUTlKll. 

Ti'ail  (Mi'nrir'i'isliijiio!  A  ci'  fi'sliii  splondiih»  fourni 
par  CIicM'i.  il  UN  mail  |>as  dr  pain!  Mais  (piaiid  on  a 
le  siiprrilii,  ,1  ipidi  lidii  le  iirct'ssairc  ? 

Apirs  Ir  diiici'.  iidlii'  anipliili'NoH  Jiuiis  cniiiiciia  aii\ 
Ilalii'iis  dans  ini  snprilic  icniiso.  La  soirtV.  rlail  drià 
l'orl  a\anr(''i',  mais  lîal/.ac  ne  \onlail  pas  nianipicr, 
disait-il,  «  la  dcscrnlc  de  l'rsralicr,  »  s|ti'(ia(lt'  selon  lui 
riniiKMnnn'nl  insli  nclif. 

Nous  (lr\(ins  diiv  (pi'alourdis  par  la  hoiuu'  chère  et 
les  vins  lins.  cnNidnpprs  de  la  cliaude  alniosplièiT  de  la 
salle,  nous  nous  endormîmes  tous  les  trois  du  sommeil 
des  justes  pour  ne  nous  irveiller  (pi'à  la  félicita  linale. 

Le  piililic  dut  s"aunis(M'  beancoiii»  de  ce  trio  som- 
iU)lenl. 

Dans  ee  même  api)ailt'mcnl  de  la  nie  des  Batailles, 
dont  nous  avons  déjà  décrit  le  salon  avec  le  texte  même 
de  Balzac,  nous  nous  souvenons  d'avoir  vu  une  magni- 
Tnpii'  es(juisse  de  Louis  Boulanger,  d'ajirès  le  bas-relief 
de  Lédn  et  le  Ci/gne,  attribué  à  Michel-Ange.  C'était  le 
seul  tableau  (pi'il  contînt,  cai"  l'auteur  de  la  Comédie 
humaine  n'avait  pas  encore  le  goût  de  la  peinture  et  des 
curiosités  (jui  lui  vint  ensuite,  et  son  luxe  d'alors,  comme 
on  a  pu  le  voir,  cheirliait  plutôt  la  richesse  que  l'art. 
Son  peintre  était  Girodet.  Quelques-unes  de  ses  pre- 
mières nouvelles  portent  des  traces  de  cette  admiration 
arriérée,  qui  lui  valait  de  notre  part  des  plaisanteries 
qu'il  acceptait  de  bonne  grâce. 

Un  très  court  fragment  de  ce  travail  fut  inséré  aussi,  en 
18.")0,  dans  l'aUjum  jiar  divers  auleurs,  ])u])Iifî  au  liureau 
de  l'Artiste  sous  le  tilre  de  :  Forlraits  Contemporains  ;  voici 
les  deux  premiers  paragraphes,  un  peu  dilférenls,  de  celle 
version  écourlée  : 


1858.  15u 

En  présence  de  Balzac,  la  phrase  île  Shakspeare  sur 
César  nous  revient  à  la  mémoire  :  «  Devant  lui  la  nature 
pouvait  se  lever  hardiment  et  dire  à  l'univers  :  Voilà 
un  homme  !  » 

Henri  Heine,  lorsqu'il  alla  visiter  Gœthe,  ne  trouva 
non  plus  autre  chose  à  dire,  sinon  que  les  prunes  tom- 
bées des  arbres  sur  la  route  d'Iéna  à  Weimar  étaient 
excellentes  contre  la  soif,  ce  qui  lit  doucement  rire  le 
Jupiter  de  la  poésie  allemande.  Balzac,  à  notre  première 
visite,  nous  eut  bientôt  mis  à  l'aise,  et  pendant  le 
déjeuner,  le  sang-fi'oid  nous  revint  assez  pour  l'exa- 
miner en  détail. 

1572.  Tli.  des  Varii:tks  :  Le  Pays  des  amours;  je  marie 
Victoire.  —  Vaudeville  :  Le  Chapitre  de  la  toilette.  — 
Ambigu:  Le  Martyre  du  cœur.  Le  Moniteur  universel, 22  mars 
1858. 

1573.  Vaudeville  :  Les  Femmes  terribles.  —  Palais- 
Royal  :  Le  Hanneton  du  Japon.  Le  Monileur  universel, 
29  mars  1858. 

1574.  TaKATUE-pRANOAis  :  Les  Doigts  de  fée.  —  Gaîtk  : 
Germaine.  —  Palais-Royal  :  Le  Clou  aux  maris;  Mademoi- 
selle mon  frère.  Le  Moniteur  universel,  7  avril  1858. 

1575.  Théâtre  Ventadouu  :  Madame  Ristori  dans  Medea 
et  dans  Macbeth.  Le  Moniteur  universel,  12  avril  1858. 

1576.  Porte-.Saint-Martin  :  Les  Mères  repenties.  —  Th. 
des  Variétés  :  Macaroni  d'Italie;   Un  Homme  nerveux.  Le 

Moniteur  universel,  19  avril  1858. 

1577.  Yanko  le  Bandit,  ballet-paiitomiine  en  deux  actes, 
par  M.  Théophile  fiautier,  musique  de  M,  Deldevez.  Repré- 
senté pour  la  première  fois  sur  le  théâtre  de  la  Porte-Sainl- 
Martin,  lejeudi  22  avril  1858.  In-4"  d'une  page,  imprimé 
sur  papier  rose  pfde  par  Bonaventure  et  Duecssois,  à  Paris. 
(Les  imprimeurs  de  l' Artiste,  à  cette  époque.) 


lâti  mSTOIllK  DKS  mCUVIlRS  DE  TH.  GArTlKIl. 

('i'  Imllt'l  no  SI' vciulil  iioiiil  ;  il  lui  iiniiriiiu' à  imlios  petit 
nomln'i'  tl'cxi'iii|il;iii'i's,  ;m  dos  de  pi ni^iaiimics  (pii  t'iiiciil 
(I1--I1  liiiics  ;uix  ciilicpics,  dans  la  salk  iih'iui',  le  sdir  de  la 
prcinii'i  t'  rcpréscnlatioii  ;  il  iir  l'ut  ni  déposé,  ni  insiMv  dans 
1,1  hililiiHiriiphir  dr  ht  lÙKinf.  V'//(/i'i  /''  lidiKlK  a  jHis  idacc, 
l'ii  I.S72,djins  W  Tltrilln' di'  'riiropiiilc  (lanlici',  (pi'il  n'a  phis 
(luillé  di'piiis.  C/i'sl  .M.  i\r  Hovray  (l'iorentino)  (|ui  rrndil 
cnniplo  (If  la  picniii'ic  représentation,  dans  /c  Mmiitrur  iDii- 
rrrsrl  dn  2.">  avril  t.SilS,  et  (pii  raconta  dans  son  aiticle  lo 
t'ait  de  la  disti  ilmtion  tin  livre!  dans  la  salle. 

liiTiS.  TiiKATiiic-l'iuNç.vis  :  reprise  de  Don  Juan.  —  TaKAinK 
Ventadouh  :  Giuditta.  —  (Foliks-Nouyiîlles).  Le  Monilcur 
universel,  26  avril  1858. 

1579.  Palais-Royai.  :  Un  Avare  en  gants  jaunes.  —  Théâ- 
tre DU  Cirque  :  Ben  Salem.  —  (Nouvelles).  Le  Monitew 
universel,  A  mai  IS.'hS. 

1580.  Une  visite  chez  Barbedienne.  V Artiste,  9  mai  18:18. 

1581.  (Nécrologie  :  Briseuxi.  —  (jhque  de  l'Impératrice. 
—  Hippodrome.  Le  Mimitiitr  universii,  10  mai  18."18.  (J'iclipies 
lignes  sui"  Briseux  extraites  de  ce  feuillolon,  sont  entrées,  en 
1874,  dans  les  Portraits  Contemporains,  par  Théophile  ("lanliia'. 

1582.  A  travers  les  ateliers  :  MM.  Gérome  ;  Gleyre;  De- 
lacroix: Appert;  Paul  Huet.  V Artiste,  16 mai  1858. 

1583.  Théâtre  Ventadour  :  Fedra.  —  Odéon  :  L'École 
des  ménages.  —  Pohte-Saint-Martin  :  reprise  des  Bohé- 
miens de  Paris.  L^  Moniteur  universel,  17  mai  1858. 

l.iH'i-.  (Paris).  L'Univers  illustré,  n°  1,  22  mai  1858.  Ces 
lignes,  datées  de  :  «  Paris,  20  mai  18.")8,  »  ne  portent  le  titre 
de  :  Pons  qu'à  la  table  du  numéro;  nous  allons  réimprimer 
ici  celte  curieuse  introduction  : 

La  vie  moderne  a  pris  une  extension  singulière  à 
laquelle  la  littérature  ne  suffit  plus;  elle  s'étend  et 
s'agrandit  de  jour  en  jour.  L'intelligence  est  forcée 
d'acquérir  une  quantité  de  notions  qui  eiH  paru  dépasser 


1858.  1Ô7 

autrefois  la  portée,  du  cerveau  humain.  Jadis  l'étude 
d'une  ou  deux  langues  mortes  et  de  quelques  volumes 
classiques  formait  la  base  de  l'éducation;  les  gens  même 
bien  élevés  restaient  étrangers  aux  arts;  les  voyages 
étaient  rares  et  difficiles  ;  et  pourvu  que  l'on  pût  citer  à 
propos  quelques  vers  d'Horace  ou  de  Virgile,  débiter  la 
belle  tirade  de  la  tragédie  en  vogue,  narrer  une  anec- 
dote et  causer  des  bruits  de  la  ville  et  de  la  cour,  on 
tenait  agréablement  sa  place  dans  le  monde.  Maintenant 
c'est  tout  autre  chose  :  le  cercle  de  l'existence  va  s'élar- 
gissant  d'ondulation  en  ondulation  ;  l'espace  ni  le  temps 
n'existent  plus.  L'hélice  fait  vibrer  sa  spirale,  la  roue 
bat  les  mers  de  ses  palettes,  la  locomotive  halète  et 
gronde  dans  le  tourbillon  de  sa  rapidité;  on  cause  d'un 
monde  à  l'autre  à  travers  l'Océan  ;  le  fluide  électrique 
s'est  fait  facteur  de  la  poste  ;  le  tonnerre  dompté  porte 
des  lettres  sur  un  fil;  le  soleil  dessine  paysages,  types, 
monuments  ;  le  daguerréotype  ouvre  son  œil  de  verre 
aux  paupières  de  cuivre  sur  un  point  de  vue,  une  ruine, 
un  groupe  :  contour,  lumière,  ombre,  détail  jusqu'à 
l'infini,  tout  est  saisi  instantanément.  Un  sens  nouveau, 
le  sens  pittoresque,  excité  par  le  spectacle  des  choses, 
prend,  grâce  aux  moyens  de  la  science,  des  dévelop- 
pements imprévus  et  qu'il  faut  satisfaire. 

C'est  le  but  que  ce  journal  se  propose  d'atteindre. 

Notre  siècle  affairé  n'a  pas  toujours  le  temps  de  lire, 
mais  il  a  toujours  le  temps  de  voir;  où  l'article  demande 
une  demi-heure,  le  dessin  ne  demande  qu'une  minute. 
Il  suffit  d'un  coup  d'œil  rapide  pour  s'approprier  l'en- 
seignement qu'il  contient,  et  le  croquis  le  plus  sommaire 
est  toujours  plus  compréhensible  et  plus  explicite  qu'une 
page  de  description. 


158       iiiSTomi:  i)i:s  (ii:rvnr.s  m;  m.  cArTiKn. 

Toutes  Ii's  choses  visililos  de  l'univers,  loiilcs  les 
('n''ali()ns  (le  laii  cr  (|iii  resie  des  ancienne!;  ci\ilisa- 
lions.  ce  (nriiii|ii()\  iseni  les  nouvelles,  les  nionunienls 
en  ruines  el  ceux  (|ui  s'élèvenl,  Ninive  el  San-Francisco, 
Tlièhes  el  Melbouiiir.  le  palais  de  Karnac  cl  le  nouveau 
Louvi'e,  ce  qui  a  élé  cl  cr  (|ui  esl,  eL  iiiènie  ce  (|ui  sera. 
le  char  de  Pharaon  cl  la  dernière  locomoUvc,  la  lii- 
rèmo  (le  (',l(''oitàli'e  el  le  Lùvialhan;  tous  les  types,  Ions 
les  coslumes.  ions  les  iisaiz'es,  les  lèles,  les  revues,  les 
inauiiuralions,  les  modes  daulrefois  et  les  modes  du 
jour.  I(^s  tableaux  ou  les  dessins  de  maître  ((ue  recèlent 
nos  musées  et  les  galeries  lointaines  :  tout  cela  est  de 
notre  domaine.  Toutes  ces  mei-veillcs  et  beaucoui) 
d'aulres  encore  pas.seront  successivement  sous  les  yeux 
de  nos  lecteurs. 

Pour  égayer  ces  magnilicences,  nous  insérerons  de 
temps  à  autre  des  dessins  humoristi(iues,  des  carica- 
tures où  seront  saisis  les  aspects  et  les  l'idicules  du 
temps;  plus  loin,  l'eprenant  notre  gravité,  nous  donne- 
rons les  portraits  des  personnages  illustres  ou  curieux 
à  quehiue  litic  (jue  ce  soit.  Le  lion  du  jour  est  sûr  d'être 
croqué  par  nous  dans  la  semaine;  la  danseuse  en  vogue 
succédera  dans  nos  colonnes  à  l'ambassadeur  de  Siam, 
el  ainsi  de  suite. 

Pourtant,  nous  ne  serons  pas  seulement  un  joui-nal 
d'images,  ce  numéro  en  est  la  preuve;  nous  sei'ons  à  la 
fois  un  album  et  un  livre;  nous  contiendrons  la  chose 
sérieuse  et  la  chose  légère,  renlrelilet  du  jour  et  la  page 
qui  reste.  Si  les  enfants  qui  ne  lisent  pas  encore 
apprennent  à  connaîti'e  mille  choses  en  regardant  nos 
bois  de  leurs  beaux  yeux  étonnés  et  ravis,  nous  voulons 
que  nos  colonnes  disent  autant  à  l'esprit  que  nos  gra- 


1838.  159 

viires  à  la  vue,  et  soient  même  pour  ceux  qui  savent 
une  instruction  et  un  amusement  ! 

Est-il  nécessaire  d'insérer  ici  la  liste  de  nos  collabc- 
rateurs,  liste  trop  souvent  mensongère?  Nos  abonnés 
trouveront  au  bas  de  nos  pages  des  noms  qu'ils  aiment 
déjà  et  d'autres  qu'ils  aimeront  bientôt. 

lo8:i.  Ce  qu'on  peut  voir  en  six  jours  :  I.  Le  lac  de  Neu- 
châtel.  II.  De  Berne  à  Strasbourg.  III.  Heidelberg,  Mann- 
heim.  IV.  Le  Rhin.  V.  Dusseldorf.  VI.  Rotterdam,  la  Haye, 
Scheveningue.  VII.  La  Haye,  Dordrecht,  Anvers,  Bruxelles. 

Le  M'inilcur  universel,  29,31  mai;  3,  4,  10,  12  el  21  juin 
1858.  Ces  pages  ont  reparu  en  1865,  dans  Loin  de  Paris,  par 
Théophile  Gaulier. 

lo8G.  La  Source.  L Artiste,  30  mai  1858.  Ces  vers,  datés 
dans  i Artiste,  du  :  «  Lac  de  Neuchàtel,  »  ont  fait  partie,  eu 
1863,  de  la  quatrième  édition  des  Émaux  et  ùimées,  dans 
le  volume  des  Poésies  Nouvelles,  et  ne  les  ont  plus  quittés 
depuis. 

1587.  L'Art  dans  l'industrie.  V Artiste,  6  juin  18o8. 

1588.  Gaîté  :  Le  Pont-Rouge.  —  (Nouvelles).  Le  Moniteur 
universel,  7  juin  18.58. 

1589.  Nouvelles  publications    de    MM.  Goupil    et  C'^. 

L'Artiste,  13  juin  18.58.  Cet  article  a  été  réimprimé  dans 
le  Moniteur  universel  du  18  décembre  de  la  môme  année, 
sous  le  titre  de  :  Beaux-Arts. 

1590.  ÏHiiATRE-FRAxr.Ais  :  Les  deux  Frontins.  —  Th.  des 
Vahiktks:  Une  Dame  pour  voyager;  Ne  touchez  pas  à  la 
Tante.  —  Palais-Royal  :  Plus  on  est  de  fous  plus  on  rit  ; 
Un  Dîner  et  des  égards.  —  THÉAint;  du  <^iRQuii  :  Les  Mers 
polaires.  Le  Moniteur  universel,  14  juin  1858. 

1.591.  (Nécrologie  :  )  Ary  Scheffer.  L'A;'r/sfe,  20  juin  1858. 
Des  fragments  de  cel  article  ont  été  réimprimés  en  1874 
dans  les  Portraits  Contemporains,  par  Théophile  Gaulier. 

1592.  Revue  des  arts.  L'Artiste,  27  juin  1858. 


UiO        iiisioiiii".  DKS  (ii;rvm:s  di:  th.  (;.\itikil 

i;i'.i:t.  AMuicr  :  Les  Fugitifs.  —  l'iu:  Catelan  :  Claribella. 

Le  MoiiilniriDiivii  .-,1 1,  JS  juin   isiiS. 

i:;Oi.  Les   douze   Dieux  de  la  peinture.  I.   Léonard   de 

Vinci.  L'Aitislf,   1  vi    IS  .luilld    IS.'iN.    Cri  ;iili.lr  lui    le    seul 

|iiil)lit''  de  cette  série  itioinisc  pai'  l'Artislc;  l.i  secunilc  ino- 
nofiraphie  annoncée,  ¥ra  A^ngdico,  que  la  Revue  nniionale 
pi'uMiil  il  son  tour  (|iif'lqurs  iiniK'rs  npr^.s,  uo  fut  jamais 
«•cnlo.  CetI»'  bio^rapliii-  de  Lrouaiil  de  Vinci  ri'iuuiil  en  180;] 
tlans  les  Dieux  et  les  demi-Dieux  de  la  peinture  (volume  daté 
de  1864),  par  Tliéopliilc  Gautier,  Arsène  Ikuissaye  et  Paul 
do  .Saint-Vie! or,  doiil  les  ailieles  ne  sont  pas  si^inés.  Le  jue- 
mier  para^'raphe,  moililié,  lui  seulenienl  cité  en  note,  et 
plusieurs  adjonctions  furent  faites  au  travail  [iriniitif.  Voici 
la  première  version  du  deijul  de  cet  article  : 

En  publiant  ces  éludes  sur  les  douze  dieux  dr  la 
l)eintui-c,  notre  inlenlion  n'est  nullement  d'écrire  les 
liioiirapliies  des  grands  maîtres  de  l'art.  Leurs  vies 
physiques  sont  partout,  et  nous  ne  sommes  pas  d'humeur 
à  copier  des  anecdotes  et  des  détails  connus  de  tout  le 
monde,  d'après  Vasari,  Baldinucci,  l'abbé  Lanzi,  Féli- 
bien,  Cochin,  de  Piles,  Reynolds;  nous  voulons  seule- 
ment analyser  dans  leur  œuvre  ces  artistes  suprêmes, 
et  retrouver  la  route  par  laquelle  ils  ont  cherché  le 
beau. 

Il  contient  aussi  une  longue  citation  empruntée  par  l'au- 
teur à  son  Voyage  en  Italie,  relative  à  l'œuvre  de  Léonard 
de  Vinci  :  La  Cène.  Depuis  1882,  cette  étude  fait  partie  du 
volume  de  Théophile  Gautier  intitulé  :  Guide  de  l'amateur 
au  musée  du  Louvre. 

159;;.  Thkatue-Français  :  L'Arioste.  —Th.  des  Variktés: 
Feue  Brigitte  ;  l'Ut  dièse.  —  (Jaité  :  reprise  des  Chiens  du 
mont  Saint-Bernard.  —  Phk  Catelan  :  Claribella.  Le  Moni- 
teur universel,  5  juillet  1858. 

lo96.  La  Cassette  de  Saint  Louis.  Le  Moniteur  universel, 


18o8.  161 

7  juillet  1838.  Cet  article  a  été  réimprimé  dans  VArtistc  du 
19  sejUcmbre  de  la  iiiôme  année  et  dans  ta  Gazette  de 
Paris  du  7  juin  1872. 

1597.  Sacountala,  ballet-pantomime  en  deux  actes,  tiré 
du  drame  indien  de  Calidasa.  Livret  de  Théophile  Gautier, 
musique  d'Ernest  Reyer,  chorégraphie  de  Lucien  Petipa.  Re- 
présenté pour  la  première  fois  sur  le  théâtre  de  l'Opéra,  le 
14  juillet  18d8.  In-S"  de  16  pages.  Imprimerie  de  Bonaven- 
tiirc  et  Ducessois  h  Paris.  —  A  Paris,  chez  madame  veuve 
Jonas,  M'uhel  Lévy  frères  et  Tresse.  Prix  :  i  franc. 

Ce  ballet,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n<>  6864  de  la 
Bihliograpliie  de  la  France  du  17  juillet  18o8,  reparut  pour  la 
première  fois  dans  les  œuvres  de  son  auteur  en  1872,  dans 
son  Théâtre,  qu'il  n'a  plus  quitté.  Voici  la  dédicace  inédite 
écrite  par  l'auteur  sur  l'exemplaire  de  l'un  des  imprimeurs, 
M.  Duoessois  : 

A  Théodoi-e  Diicessois, 
qui  donne  des  ailes  à  la  pafole. 
Hommage  de  l'auteur, 

Théophile  GAUTiEii. 

A  propos  de  S«coMU<rt/a,  voici  un  fragment  inédit  de  Théo- 
phile Gautier  qui  semble  se  rapporter  à  ce  ballet;  c'est  un 
début  de  pièce  indienne  : 

PROLOGUE. 

Le  Théâtre  représente  le  Calaya,  le  troisième  des  cin(| 
paradis  des  Indiens  demeure  du  Dieu  Ixora.  Ce  paradis 
est  situé  sur  le  haut  d'une  montagne  d'argent.  Perspec- 
tive d'architecture  féerique,  dans  le  style  des  pagodes. 
Au  fond,  appuyé  sur  le  bœuf  sacré,  le  Dieu  Ixora,  avec 
son  visage  ti"ès  blanc,  trois  yeux,  seize  bras,  vêtu  d'une 
peau  de  tigre  et  d'un  cuir  d'éléphant,  le  cou  entouré  de 
colUers  de  fleurs  et  de  clochettes.  Des  bienheureux 
admis  dans  le  ciel  l'éventent  avec  des  éventails  de  plume 
II.  11 


ir.3       iiistoirf;  ors  œuvrks  1)i:  th.  (iaitikii. 

(le  jiiion.  —  l';ii\;iili ,  >;i  l'i'iimic.  cl  |iliisiriirs  ((iiicii- 
binos.  lui  Ncisriil  dans  Irs  coupes  iiu'il  liml  ;nrr  ses 
sci/.c  inaiii<.  l'ainiila  dU  auilu'disic,  puisrc  dans  l'ocran 
de  lail.  Lr  hii'U  (•(unuicncr  à  s'assoupir.  —  lu  cliipur 
dr  Irinnn's  crlrlu'i'  à  di'ini-\(ii\  le  s(MUini'il  du  Dieu  il 
lui  souliailt'  (\c<.  rêves  cosiiKiiioiiiipn's.  —  Pai'vadi  resiée 
seule  avec  Lacknii,  une  de  ses  cunipaj;ncs  célestes,  se 
plaint  de  reiniui  qu"elle  éprouve.  —  «  N'étes-vdus  pas 
InniiïMise,  vous,  simple  uioileile  élevée  au  lani:  de 
Déesse  et  d'épouse  d'tni  des  |)[iis  |)uissants  Dieux  ?  »  — 
«  Je  n'étais  pas  faite  pour  li'  ciel,  mais  Ixoi'a  me  pour- 
^uil  de  son  amour  étci'nel » 

l'un  version  inédite  de  Sarnuntiiln,  dont  nous  parlerons  ;i 
sa  dalo  irapparition,  a  été  publiée  eu  1877  dans  la  deuxième 
édition  du  ThMlre  de  Théophile  Gautier.  (Voir  n"  2:t06.)  \^'^ 

1:198.  Opkra  :  Sacountala.  Lr  Moniteur  universel,  l'i  juil- 
let ISiJS.  Cet  article  a  été  réimprimé  en  1877  dans  la 
deuxième  édition  ùuThéiUre  de  Tlirnphili"  Caiilicr. 

lo99.  Le  Diapason.  L';  Monilcur  universel,  21  jnillcl   IHiiS. 

1()00.  La  Galerie  Médicis.  de  Rubens.  Le  Mmilnir  uni- 
versel, i'-i  juillet  18o8. 

IfiOI.  Un  plafond  de  M.  Cabanel  chez  M.  Emile  Péreire). 

L'Arlislr,  2:;  juillet  18:;8. 

1602.  Porte-Saint-Martin  :  Jean  Bart.  Le  Mnuiteur  uni- 
versel, 29  juillet  18:38. 

1003.  Baden.  L'A/7/s/'',  !«■•  aofd.  18:i8.  Cet  article  a  reparu 
d'abord  dans  le  Moniteur  universel  du  Kl  du  inrine  mois; 
il  a  été  réimprimé  ensuite,  en  18G3,  dans  Quund  un  Yoijmje, 
par  Théophile  Cautier;  les  trois  derniers  [laratrraplies  sont 
supprimés  dans  ce  volume;  les  voici  : 

Mais  le  Moulin  du  Roi,  paroles  de  M.  de  Leuven, 
musique  de  M.  A.  Boïeldicu,  vous  n'en  rendez  pas 


18d8.  163 

compte? —  On  la  joué  le  lo  juillet,  nous  n"y  étions 
pas;  mais  il  n'y  a  pas  besoin  d'y  être  pour  dire  (jue  la 
musique  était  charmante  et  supérieurement  chantée  ;  le 
nom  de  madame  Miolan-Carvalho  suffit.  El  les  courses? 
Elles  n'auront  lieu  qu'au  commencement  de  septembre, 
dans  tout  l'éclat  de  la  saison  ;  vingt-sept  chevaux,  ins- 
crits au  siud-boock,  et  l'honneur  du  Turf  sont  engagés; 
l'on  dit  même  tout  bas  que  le  célèbre  Tonnerre....  des 
Indes  courra  ! 

Les  quarante-cinq  mille  francs  de  prix  royalement 
olïerts  par  M.  Benazet  seront  bien  disputés! 

C'est  alors  qu'il  sera  incongru  de  se  promener  devant 
le  passage  de  l'Opéra  !  —  Nous  repartirons,  comme  tout 
le  monde  ! 

I(i(i4.  Théâtre-Français  (Salle  Ventadouu)  :  Le  Bourgeois 
gentilhomme.  —  Théâtre  du  Cirque  :  Le  Maréchal  de  Vil- 
lars.  —  Pré  Catelan  :  Cavalcade  de  François  I".  Le  Moni- 
teur universel,  2  août   tS.'JS. 

IGOd.  Les  cinq  nouveaux  tableaux  espagnols  du  Musée. 

Le  Moniteur  universel,  d  août  1S."J8.  Cel  ailicle  a  élé  réim- 
prinié  la  niùiiie  année  dans  l'Artiste  du  8  août,  sous  le  titre 
de  :  les  Nouveaux  tableaux  du  Louvre.  Quelques  fragments 
de  ce  travail  ont  été  replacés  par  Tliéophile  Gautier  en  d863 
dans  son  élude  snr  Murillo,  publiée  dans  les  Dieux  et  les 
demi-Dieux  de  la  peinture,  volume  par  divers,  daté  de  l(Sti4, 
dont  nous  avons  déjà  parlé.  En  1880,  cet  article  a  été  réim- 
primé intégralement  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier  : 
Tableaux  à  la  plume,  et,  en  1882,  la  version  des  Dieux  et 
des  demi-Dieux  de  la  peinture,  est  entrée  dans  son  ouvrage 
intitulé  :  Guide  de  Vamateur  au  musée  du  Louvre. 

1606.  Discours  prononcé  le  5  août  1858  par  M.  J.  Pelle- 
tier, secrétaire  général  au  Ministère  d'État,  à  la  distri- 
bution des  prix  du  Conservatoire.  Le  Moniteur  universel, 
6  août  ISoS. 


Uil  IIISTOIUK  DKS  Œl'YHRS  l»K  TH.  (iAlTIKU. 

Cl'  riiriiMix  disciuirs,  donl  iimis  m-  soiipcniiiiiniis  ^mhtc 
Tli(''()pliilt>  (laulicr  d'iMic  r.iiilciii,  lui  |i()iirl;ml  rcrit  par  lui 
pour  .M.  l'i'jlciicr.  «pii  je  niiiililia  souleinciil  (pichpic  piii.  Nous 
avons  sous  les  yeux  ranlo^-raplu'  di-s  deux  lii'is  riiviion  du 
inorci'iiii  (Icdrliul  mainpic  mallicmTiisrmciil),  cl  iioiisalloiis 
les  l'ihM"  ici.  La  parlic  iclioiivr'c  se  placi;  apiôs  colle  plii'asc 
(lu  discours  iiii|ii  iiiu'"  :  n  aii^incnlcr  iii  vous  raiiioiir  df 
I  cliidc  cl  le  goùl  (lu  liavail.  .>  TlK'opliilc  (iaulicr  cunlimic 
ainsi  : 

Mais  (li^  cr  (|ii('  le  sonlimenl  de  l'arl  est  iiii  don  du 
ciel,  il  ne  faiidi-ail  pas  en  conclure  (in'il  n'ait  pas  besoin 
de  la  science.  —  L'inspiration  ne  peul  se  passeï-  de  la 
science  rpii,  à  la  riuneur.  se  passerait  [iliitôl  de  l'inspi- 
ralion.  —  Ontre  le  don  naturel,  il  faut  i)Our  devenir  un 
irrand  artisl(\  un  li'avail  Inn.u',  p.atient,  opiniâtre,  Lien 
dii'itié  surtout;  le  savoir,  loin  d'alourdir  le  génie,  lui 
donne  au  contraire  des  ailes;  il  lui  épargne  des  essais 
infructueux,  des  tâtonnements,  des  erreurs  de  route, 
et  met  à  sa  disposition  des  formules  éprouvées,  des 
procédés  sûrs,  tout  le  trésor  de  l'expérience,  tous  les 
résultats  obtenus,  mille  ressources  qui,  modifiées  par  le 
sentiment  personnel,  constituent  l'originalité,  car  nul 
n'est  original  à  moins  de  posséder  et  de  dominer  abso- 
lument les  moyens  d'expression  de  son  art.  C'est  pour 
cela,  quoi  qu'on  en  puisse  dire,  que  le  Conservatoire 
est  une  institution  excellente.  Le  dépôt  des  saines  tra- 
ditions y  est  soigneusement  gardé  et  le  feu  entretenu 
sur  l'autel  sans  éclipse.  Il  a  formé  des  artistes  éminents, 
et  n'a  empêché  personne  d'être  illustre  en  dehors  de 
lui;  mais  croyez  que  savoir  parfaitement  la  grammaii-e 
ne  nuit  pas  à  un  écrivain,  pas  plus  que  connaître  à  fond 
l'harmonie  et  le  contre-point  ne  nuit  à  un  compositeur. 
On  doit  donc  beaucoup  de  reconnaissance  à  M.  Sarrelte, 


1838.  165 

riiomme  de  bien  et  de  goût  qui  a  fondé  le  Conser- 
vatoire, cette  pépinière  de  talents,  ce  gymnase  de 
vocations,  cette  école  normale  de  la  musique,  du  chant 
et  de  la  comédie,  où  l'homme  apprend  à  l'homme  tout 
ce  que  l'art  a  de  transmissible,  car  le  reste  vient  de 
Dieu.  Il  est  regrettable  pour  nous  de  n'adresser  cet 
hommage  bien  légitimie  qu'à  la  mémoire  de  M.  Sarrette, 
mort  l'année  dernière,  avec  cette  joie  du  moins  de  voir 
le  Conservatoire  institué  par  lui  prospérer  sous  l'intel- 
ligente surveillance  du  gouvernement. 

Hélas  !  nous  n'en  avons  pas  iini  avec  les  souvenirs 
funèbres.  L'art  dramatique  a  fait  il  y  a  quelques  mois 
à  peine  une  perte  qui  bien  que  prévue  depuis  long- 
temps n'en  a  pas  moins  causé  une  douloureuse  surprise. 
—  La  mort  a  beau  se  faire  annoncer,  elle  surprend  tou- 
jours, surtout  lorsqu'elle  vient  glacer  sur  l'oreiller  du 
dernier  sommeil,  une  tête  jeune  et  belle,  toute  chargée 
de  couronnes.  —  On  a  beau  se  répéter  comme  consola- 
tion le  vers  mélancolique  de  Ménandre  :  «  Ceux  qui 
meurent  jeunes  sont  aimés  des  dieux  »,  il  est  difficile 
de  se  résigner  à  cette  idée  de  mademoiselle  Rachel  dis- 
parue dans  tout  l'éclat  de  son  triomphe,  dans  tout  le 
rayonnement  de  sa  gloire.  —  Auréole  éteinte  avec  la 
rampe,  renommée  d'un  jour,  écho  bien  vite  évanoui, 
grand  bruit  et  puis  grand  silence,  diront  quelques-uns, 
car  le  comédien  emporte  tout  son  art  dans  la  tombe. 
Le  tableau  du  peintre  se  voit  au  musée,  le  livre  du  poète 
se  range  sur  les  rayons  des  bibliothèques,  la  partition 
du  compositeur  se  réveille  et  chante,  ressuscitée  par 
l'orchestre;  mais  que  reste-t-il  de  cette  inflexion  de 
voix,  de  ce  froncement  de  sourcil,  de  cet  éclair  de  l'œil, 
de  ce  geste  superbe  qui  soulevèrent  toute  une  salle? 


itU)       msToinK  ni;s  oF.rvHEs  ni:  m.  GAUTiKn. 

Hicn.  —  l'j'rciir.  ciiciii'  ihhIhikIi'  !  —  .Ndn.  |,i  Lîluirc  du 
coiiu'-tlicn.  (le  celui  (|iii  (loiiiif  sou  àun'  aux  clicrs- 
(l'iiMiM-c  cl  (|iii,  dans  une  lanuiio  sarrco,  iuleiiucle  l(; 
lieau  dc\an(  huil  nu  iieu|ile.  u'esl  ni  fiiiiiliNe.  ui  IVa,iJ,ilo, 
ni  éphémère.  I-Jle  diii-e  au  coidiaire  pins  hui.iileinps 
i|iit'  Iniile  aiili'i'.  car  elle  esl  iual lai|iialde,  ne  laissant 
tjn  nu  uiini  lounn  de  Ions  el  pas  d'd'nvi'es  ipie  la  cri- 
litpie  puisse  di^cnh'i-.  Klle  esl  laile.  celle  gloire,  des 
souvonii's,  (l(>s  enllioiisiasnies,  des  aspiralions  de  toulc 
(une)  épo(|ue.  Chacun  y  mêle  un  peu  de  son  âme,  de  sa 
jeunesse  eL  de  son  amour.  Elle  iésiiuu\  pour  ainsi  dire, 
toute  une  génération.  —  Quelles  belles  pièces  et  quels 
grands  comédiens  que  ceux  qu'on  voyait  à  vingt  ans  ! 
Demandez  à  vos  pères  ce  (pfils  pensent  de  ïaluia,  de 
mademoiselle  Mars,  de  madame  Malihran,  et  vous  les 
verrez  tout  à  coup  rajeunir  et  vanter  avec  feu  l'immoi- 
tel  Iragédien,  la  comédienne  sans  rivale,  la  cantatrice 
comme  on  n'en  entendra  plus.  Nous-mème,  (piels  l'écits 
nous  ferons  de  mademoiselle  Raclud  à  nos  enfants, 
légèrement  incrédules,  et  lournés  vers  une  autre  admi- 
ration, mais  gardant  ce  grand  nom  dans  leur  mémoire, 
à  côté  des  noms  de  Corneille  et  de  Racine.  Roscius, 
l'acteur  romain,  n'est-il  pas  aussi  connu  que  Cicéron, 
qui  apprit  de  lui  l'ai't  de  déclamer?  —  Aussi,  n'écoutez 
pas  ceux  qui  disent  (pi'uu  profond  oubli  suit  ces  ovations 
et  ce  tumulte  du  théâtre.  Cette  gloire  vaut  qu'on  tra- 
vaille pour  la  conquérir;  elle  est  aussi  durable  que 
puisse  l'être  une  cliose  humaine.  La  tradition,  cette 
liistoire  faite  par  tout  un  peuple,  se  charge  de  la  con- 
server. 

Et  maintenant,  ne  désespérez  pas  parce  qu'un  des 
plus  grands  talents  du  siècle,  dont  les  leçons  vous  étaient 


18o8.  167 

promises,  a  été  fatalemenl  interrompu  au  milieu  de  sa 
carrière.  La  tlamme  éteinte  ici  se  i-allurae  ailleurs  et 
l'art  brille  toujours.  Hier  c'était  mademoiselle  Rachel  ; 

—  demain  ce  sera  un  autre  ;  —  qui  sait?  Peut-être  l'un 
de  vous. 

Ce  dernier  paragraphe  a  déjà  été  communiqué  par  nous 
à  Gérôme  (M.  Ludovic  Halévy)  qui  l'a  publié  dans  l'Univers 
illusirr  du  H  février  1882. 

1607.  Palais-Royal  :  Le  Fils  de  la  Belle  au  Bois-Dormant. 

—  (IvMNASE  :  M.  Candaule;  la  Balançoire.  —  Gaité  :  Les 
Crochets  du  Père  Martin  ;  le  Déjeuner  de  Fifine.  Le  Moni- 
teur universel,  17  août  1838. 

1608.  Le  Décor.  U Artiste,  22  août  !8:i8. 

1609.  Théâtre-Français  :  Réouverture.  — Th.  des  Varik- 
TF.s  :  Les  Bibelots  du  Diable   —  Gymnase  :  Monsieur  Acker. 

—  CiRQUK  DE  l'I-mpékatrick  :  Débuts,  etc.  —  (AsNiÉRES).  Le 
Moniteur  tmirersel,  24  août  18.')8. 

1610.  Le  Musée  assyrien.  L'Ai  liste,  29  août  18o8. 

16 H.  TuKATRE  Dkiurau  :  l.  Pifferari;  l'Amour  au  tam- 
bour: le  Duel  de  Pierrot.  Le  Muniteur   'unicersel,  30  août 

i8;i8. 

1612.  Cherbourg.  Le  Moniteur  universel,  3,  5,  9,  14  et  15 
septembre  18o8.  Cet  ailicio  a  reparu  en  1863  dans  Quand  on 
Voyage,  par  Théophile  Gautier,  sous  le  tilre  de  :  Cherbourg, 
hmuQuration  du  bassin  Napolvon;  les  deux  premiers  para- 
graphes manquent  à  celte  réimpression;  les  voici  : 

Qui  dirait,  à  nous  voir  arriver  si  tard,  que  nous 
sommes  parti  l'un  des  premiers  pour  Cherbourg?  Cela 
est  vrai  cependant,  mais  nous  n'avons  pas  voulu  couper 
la  chronique  sous  le  pied  à  nos  confrères  du  camp  de 
la  Gare.  A  quoi  bon  nous  hàler  d'ailleurs  ?  L'électricité 
apportait  les  détails  ofliciels  du  voyage  triomphal,  et 


108  IllRToil!!.  DIS  OKrVHRS  hl",  TH.  CAUTlEn. 

luiiis  ii'rlidiis  ii'i  (|iiVii  siiii|)l('  riiriciix,  lut'lc  à  la  loiilc. 
pour  voir  (le  loin  un  de  ces  urands  siicclaclos  (|ni  l'ont 
sontir  à  une  nation  son  nnitt''.  ot  on  il  scniblr  i|m°(iii 
cnlcnde  (lislincIcniiMil  liallii'  le  cinir  de  la  l-Vancc 

(hl  ne  doit  s'altrndic  à  lioiiMT  dans  ces  siin|)los 
noies  quo  nos  iiniircssions  pcrsonnidics.  des  aspocts  do 
paysage  et  clos  idées  snr  le  vaiactèrc  [H'opi'e  de  iioh'C 
temps. 

Il  l'aiil  ajinilci  jii  (|ii'a  la  [laf^c  42  do  Çlldiid  nu,  VnijiKji',  (iii 
renvoie  le  Irricui  a  ce  coniineiiceiiiriil  siiiipiinié,  Cf  (|iii 
rnul  le  li'xic  conservé  incoiM|U('liiiisilik'. 

1013.  École  impériale  spéciale  de  dessin  :  distribution 
des  prix;  Discours  de  M.  J.  Pelletier.  L'Aiiistc,  a  sh|i- 
Iriidur  icSiJS.  Ci'l  ailicii'  est,  le  drrnicr  donné  pai'  Tliro- 
pliilc  (iaulicr  à  ce  journal  comme  collaboiateur  iv^uiicr. 

\6H.  Gy-unase  :  Il  faut  que  Jeunesse  se  paye.  Le  M'Dii- 
teiir  unive^'scl,  6  septembre  18;i8. 

1615.  Odéon  :  Le  Marchand  malgré  lui;  Maître  Wolf.  — 
Délassements  :  La  Bouteille  à  l'encre.  Le  MoiiHciir  vnircr- 
sel,  13  septembre  18o8. 

161(5.  Esquisses  de  voyage.  (I).  Berlin.  (Voyage  en  Rus- 
sie. L)  Le  MiDtilrar  unircrscl,  il  octobre  18j8.  Ce   ciiaiiitrc 
est  le  premier  du  Voyage  en  Russie,  paru  eu  deu.x  volumes  en 
■  1866;  le  premier  paragraphe  de  ce  livre  est  inédit;  il  rem- 
place celui-ci  : 

Je  comptais  bien  ne  reprendie  la  [dame,  (|uitLée  la 
veille  même  de  mon  départ,  qu'après  être  arrivé  à 
Saint-Pétersbourg,  ne  pen.sant  pas  qu'on  s'apercevrait 
si  tôt  de  mon  absence;  je  suis  Iroj)  bien  remplacé  pour 
cela.  Vous  avez  la  bouté,  mon  cber  directeur,  de  me 
demander  une  lettre  datée  du  i)remier  endroit  où  je 
m'arrêterai  ;  j'obéis,  et  de  la   sorte  les   abonnés  du 


18^8.  169 

Moniteur  ne  m'auront  pas  oublié  tout  à  fait,  lorsque  je 
commencerai  la  relation  de  mon  voyage.  Voilà  un  motif 
que  ma  modestie  peut  accepter,  s'il  contrarie  un  peu 
ma  paresse. 

C'était  M.  Edouard  Thierry  qui  remplaçait  Théophile 
Gautier  comme  critique,  dramatique  pendant  son  voyage 
en  Russie.  Disons  ici,  pour  n'y  plus  revenir,  que  ce  livre  fut 
d'abord  annoncé  chez  Amyot,  sous  le  litre  de  :  Saint-Prtcr^i- 
hoimj,  et  qu'il  ne  fut  publié  que  huit  ans  après  l'apparition 
de  son  premier  chapitre.  Un  article  qui  devait  vraisemblable- 
ment faire  aussi  partie  de  l'ouvrage,  fut  annoncé  dans  l'Ar- 
tiiitc  du  10  septembre  i8o8,  sous  le  titre  de  :  Les  fresques  de 
Ktntlhdch  de  l'escalier  du  musi'e  de  Berlin;  il  ne  parut  jamais. 
I.a  première  édition  du  Voyage  en  Russie  porte  pour  litre 
courant:  l'Hiver  en  Russie,  auquel  s'ajoute,  en  sous-titre,  au 
haut  de  la  première  page  :  Esquisses  de  Voyage  ;  vers  le  mi- 
lieu du  second  volume,  se  trouve  une  page  blanche  portant 
seulement  rÉté  en  Russie,  litre  qui  devient  ensuite  le  titre 
courant  des  dernières  pages  du  livre.  Le  tome  premier  con- 
tient les  chapitres  I  à  XV,  et  le  tome  deux  contient  une  nou- 
velle série  de  chapitres  allant  de  I  à  VI  ;  rÉté  en  Russie  le 
termine  sans  indication  de  chapitres.  En  1875,  le  Voyage  en 
Russie  fut  réimprimé  en  un  seul  volume  où  tous  les  cha- 
pitres se  suivent  de  1  à  XXI;  celte  édition  est  terminée  aussi 
par  l'Été  en  Russie. 

Voici  des  vers  charmants  de  Théophile  Gautier  écrits  à 
Saint-Pétersbourg,  et  adressés  à  une  dame  qui  portail  à  une 
représentation  du  Théâtre-Italien  une  robe  en  mousseline 
blanche  brodée ,  doublée  de  rose  ;  ils  sont  complètement 
inédits  : 

EN     SORTANT     DES     ITALIENS. 

A  madame  Bauhry  Vailhiut. 

Parfois  une  abeille  posée 
Eperdùment  sur  une  lleur, 
En  froisse  la  feuille  rosée 
Et  la  détache  par  malheur. 


iTO         iiiSToiitK  DKS  (n:rviu;s  UV.  TH.  CAnil'.ll. 

Panloii  si  j'ai,  <'(iiiiiih'  rabcillc, 
l'ail  clHiii'  dans  iiidii  cssin-  luùlant, 
De  \o\\v  roiii',  lU'iir  vci-iiicillc, 
Au  lit'u  (11'  pt'talc,  nu  volaul  ! 

Sainl-IV'lL'i-sbuuiv'.  l'i  nci.ilni-  1858. 

imc.  2".  Esquisses  de  voyage.  II.  III  et  IV).  Hambourg; 
Schleswig.    I  et  II  .  i  Voyage  en  Russie.  II  et  IIIj.  l.iMnni- 

tCUr  llllii'  rsi'l.    |S  orlnbli',    l"r|  S   Ni  l\  rlllblc   ISiiS. 

Le  cb.ilrau  liniil  |i:ii'lc 'rb(Mi|ilii|r  (i.iiil  ici' dans  b' cbaiiid'O 
sur  Schlt'swiij,  rst  crbii  (b'  l.mlw  iii^biir;:,  prùs  Kciicriirei'(b^, 
liabili'  par  la  barminc  dAiib'IVIil  ,  IVininc  d'un  cbani- 
bcllaii  tin  loi  tic  DaiU'iuaiU,  (jui-  le  \y~:v[r  avait  coiiiukj 
(Il  IN'i.'.),  modèle  dans  l'alelier  de  Fernand  Hoissard,  sons 
le  nom  (b'  Maiv.x  (Voir  bi  nolicu  do  (iaidirr  sui-  Cbaiics 
Haudelaiie). 

liilil  3'\  riiKATRB  nK  SAiNT-Pirncnsnoiiu;  :  Éoline,  ou  la 
Dryade.  Voyage  en  Russie.  Tome  deux,  V.  L'opéra  à 
Saint-Pétersbourg).  .Jourind  dr  Sainl-Prd'ysbouri;,  1 1  no- 
vembre d8o8.  Cet  article,  le  seul  <{uo  Tliéopliile  (lautier  ait 
imblié  inédit  en  Russie,  n'est  pas  à  sa  plaee  lopiqne  dans  le 
deuxième  volume  du  V'>!Jii{je  en  Russie,  et  il  aurait  dû  eidrer 
lians  le  tome  iiremier  de  cette  édition. 

ir.Ki  4".  Esquisses  de  voyage.  V,  VI  et  VII.  Lubeck:  Tra- 
versée: Saint-Pétersbourg.   Voyage  en  Russie.  IV,  V  et  VI 

[en  partie]).  Le  Mmitew  universel,  24,  23  novembre  ;  6,  8  et 
i\\-i~i  (Ifcembre  IS.'iS.  I.e  dernier  paragraphe  du  chapitre 
sur  Lubeck  (Moniteur  du  23  novembre),  est  supprimé  en 
volume;  le  voici  : 

Enlin.  le  joudi  matin  7  octobre,  VàNc'va,  par  un  temps 
.<5iipe:-be,  commença  à  de.'^cendre  la  Trave,  et,  au  détour 
(lu  neuve,  Lubeck  disparut  de  riiorizou. 


1859 


1616  5".  Esquisses  de  voyage.  VIII.  Saint-Pétersbourg. 
(Voyage  en  Russie.  VI  |fin]).  Le  Moniteur  universel,  2-3  jan- 
vier ISdU. 

1616  60.  Zichy.  (Voyage  en  Russie.  XIV.)  L'Arti^ite,  9  pI 
23  janvier  18;i9. 

1616  '0.  Esquisses  de  voyage;  Saint-Pétersbourg:  IX, 
L'Hiver;  La  Neva.  X  et  XI,  L'Hiver.  (Voyage  en  Russie. 
VII  et  VIII).  Le  Moniteur  universel,  10  janvier,  21  février 
et  9  avril  1859. 

1617.  Odéon  :  Le  droit  Chemin.  —  (Retour  de  Russie).  Le 

Moniteur  universel,  4  avril  18o9. 

1618.  Théâtre-Français  :  reprise  d'Athalie.  —  Tli.  des 
VARncTKS  :  Amoureux  de  la  Bourgeoise  ;  le  Pays  des  échas- 
ses;  le  Capitaine  Chérubin.  —  Palais-Royal  :  Elle  était  à 
l'Ambigu.  Le  Moniteur  universel,  11  avril  1839. 

1619.  Exposition  de  1859.  (Ij.  MM.  Léon  Benouville  ; 
Hébert.  (II).  M.  Gérome.  Le  Moniteur  universel,  18  et 
23  avril   18:i9. 

1620.  Odi'Ox  :  Le  Poème  de  Claude.  —  Palais-Roval  :  Le 
Dada  de  Paimbeuf.  —  (iAixK  :  Micaël  l'esclave.  Le  Moniteur 
universel,  2.J-26  avril  18.'i9. 

1620 bi^  Exposition   de  1859.  (III).   M.   PaulBaudry.  Le 

Moniteur  universel,  30  avril  1839.  Un  frag-ment  de  cet  article 


1".?  IIISTOIHE  DES  ma'VIlES   I)i:  TU.  CArTIF-:». 

rcliilifaii  laldcaii  de  Itainlix  :  lu  T'iHiilc  de  Vnuix,  a  rlr 
rt'imin  iiiir  la  iiirmc  anin''i'  dans  la  Iroisiriim  livraisdii  t\r 
l'AlliUW,  rcriit'il  (le  drssiiis,  taliii'aiix,  l'Ic.,  |uililic  [lar 
M.  I.diiis   Mailiiicl. 

IdJl.  (iYMNAsi::  Marguerite  de  Sainte-Gemme.  —  Vaude- 
vii.i.K  :  La  Seconde  jeunesse.  Le  Munitritr  uni  ici  sel,  2  in.ii 
ISIi'.i. 

1(12 1  '  "\  Exposition  de  1859.  ;IV).  MM.  de  Curzon  ;  Bougue- 
reau  ;  Hamon.  /><  Moniteur  mincrsil,  7  mai  IHii'.i.  In  IVa^'- 
iiiciil  (if  col  ailiclc,  n'ialit'aii  lalilrau  de  M.  de  (iiii/oii  :  les 
Femiiu's  de  Mula  do  Gnetc,  a  ôlé  réiiiipriiiiû  la  mùiiie  aiinéii 
dans  la  troisième  livraison  do  :  IWlhiiin,  rcciR'il  de  dessins, 
tableaux,  elc,  publié  |  ar  .M.  Louis  .Marlincl. 

\Cti2.  ÏHKATnr.-FnANr.Ais  :  Souventhomme  varie.  — Odkon: 
L'Usurier  de  village.  —  Tli.  des  Vahu'.tks  :  L'École  des 
Arthurs.  —  Thkiatre  du  Cirque  :  Fanfare.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 10  mai  1839. 

1623.  TuiÏATRE  Ventadour  :  Cassandra.  —  Porte-.Saint- 
Maktin  :  La  Pérouse.  —  Amuk.u  :  La  Fille  du  Tintoret.  Le 

Moniteur  unieersel,  10  mai  IIS.')'.). 

102.')  '"%  Exposition  de  1859.  (V).  M.  Eugène  Delacroix.  Le 

Moniteur  uniecrsrl,  21  mai  iS,')U, 

1624.  Odéon  :  Selma.  —  Gaîtk  :  Les  Ménages  de  Paris, 
—  Folies-Dramatiques  :  En  Italie!  Le  Moniteur  universel, 
23  mai  18a9. 

1623.  Trésors  d'art  de  la  Russie  ancienne  et  moderne, 
par  Théophile  Gautier.  Ouvrage  publié  sous  le  patronage  de 
S.  M.  l'empereur  Alexandre  II.  Deux  cents  planches  hélio- 
gra])Iii(iucs,  par  Richehourg.  Première  livraison  :  Saint 
Isaac.  In-iolio  de  33  pages,  et  planches  1  à  12.  Imprimerie 
de  Cluye,  à  Paris.  —  A  Paris,  chez  Gide,  rue  Bonaparte, 
u»  3.  Prix  de  la  livraison,  100  francs. 

La  première  livraison  de  cet  ouvrage,  bien  que  portant  a 
son  titre  le  millésime  de  1839,  et  qu'un  article  d'Edouard 
Thierry  publié  dans  le  Moniteur  du  23  mai  1839,  article  que 


1859.  17J 

nous  citerons  plus  loin,  annonce  sa  mise  en  vente,  ne  parut 
qu'en  1861,  ef  nous  ne  la  trouvons  inscrite  que  sous  Je 
n°  9807  de  la  Bibliographie  de  la  France,  du  19  octolire  de  cette 
année.  Nous  la  plaçons  pourtant  dans  notre  travail  au  mois 
de  mai  1839,  puisque,  à  cette  date,  elle  était  imprimée  et 
prête  à  être  livrée  au  public.  Elle  reparut,  en  1866,  sous  le 
simple  titre  de  Saint -Isnac,  dans  le  tome  premier  du  yyyt/yc 
en  Russie,  dont  elle  forme^  le  chapitre  quinze. 

Disons  ici  que  cet  ouvrage  ne  fut  jamais  achevé;  les  cinq 
premières  livraisons  furent  seules  impiimées  ;  ce  fui  une 
très  vive  déception  pour  Théophile  Gautier,  qui  avait  fondé 
de  grandes  espérances  sur  le  succès  matériel  de  cette  im- 
portante publication.  En  voici  le  prospeclus,  introuvable 
aujourd'hui;  il  fut  publié  en  même  temps  en  russe  et  en 
français  : 

Trésors  d'art  de  la  Russie  ancienne  et  moderne,  par 
Théophile  Gautief.  Ouvrage  pubUé  sous  le  patro- 
nage de  Sa  Majesté  l'empereur  Alexandre  II.  Dédié 
ù  Sa  Majesté  l'impératrice  Marie  Alexandrovna.  — 
200  planches  héliographiques,  par  A.  Richebourg. 

Le  monde  que  nous  habitons  s'est  jusqu'à  présent 
presque  ignoré  lui-même.  Les  diflicultés  des  commu- 
nications retenaient  chaque  peuple  prisonnier  dans  ses 
limites,  souvent  restreintes  à  une  province,  à  une  ville. 
Les  voyageurs  étaient  rares  ;  les  relations  qu'ils  rappor- 
taient des  régions  lointaines,  insuffisantes,  difficiles  à 
comprendre,  les  dessins  faits  à  la  hâte,  inexacts  et  quel- 
quefois chimériques.  Notre  siècle  progressif  a,  par  ses 
découvertes,  changé  cet  état  de  choses.  Le  bateau  à 
vapeur,  le  chemin  de  fer,  le  télégraphe  électrique,  le 
daguerréotype  sont  des  inventions  solidaires  et  qui  se 
prêtent  un  mutuel  secours.  La  vapeur  transporte  le 
corps,  l'électricité  la  pensée,  avec  une  promptitude  qui 


ni  lIlSTOlIiK  DKS  l»i;i  VUKS  1)K  TH.   CAl  TlKlt. 

ci'il  |iani  ii;i,L;iit'i('  riluilciisi'.  riirliduriipliit'  ri'ciirilli' 
CDinmc  1111  miroir  les  iin;i.m's  dfs  olijcts  cl  les  lixi-  ma- 
aiiiucinnil.  riirlio.ufapliii'  (|iii  c^l  à  l'arl  ce  i|ii('  riiiipri- 
iiicric  fui  à  la  iillrraliirc  d  a  la  mIi'ihc,  un  iiKtM'n  i|c 
(liriiisioii  liildi'.  iMpiili'.  iiir|iiiis;i|i|i'. 

A  fi'iix  (|iii.  iiialt'ir  les  lai'ililrs  de  la  Inrdiiiolidii 
niotloi"nt\  lit'  \()\aui'iii  pas  niroiv.  iciciiiis  par  (Irs 
soins,  (les  devoirs,  des  anVclioiis,  riiriio.yrapliic  aiiièiic 
à  doinirilt'  Ifs  pa\s  les  plus  ('ioljinés  a\rc  leurs  lioii- 
zons.  leiiis  \ iljt'.-i,  leurs  iiioiimiieiils.  leurs  planles,  leurs 
l\|)es  el  leurs  cosiiiiiies,  —  el  l'on  peul  se  lier  à  (die  ! 
Son  (émoi.uiiagc  esl  toujours  irréciisahle;  elle  voil  idul. 
n'omel  rien,  n'a  Jamais  de  iiéi^iiticnre,  ue  .se  l'ali.iiue 
pas;  son  impression  inslaiilanée  délie  la  paliencc  de 
l'arlisle  le  pins  coiisciencieux.  Tàtdie/..  la  loupe  en  main, 
de  la  prendre  en  défaut,  el  vous  la  poursuivrez  sans 
ralteiiuirejustjue  dans  l'inlini  du  délail.  Le  soleil  dicte  : 
elle  écrit;  elqui  oserait  accuser  le  soleil  d'imposture  — 
So/e7n  quis  dicere  falsum  aiidcai  ? 

L'É,u\ple.  la  Grèce,  l'Italie,  la  France,  l'E.spa^ine, 
d'autres  contrées  encore,  ont  vu  leurs  trésors  d'art 
reproduits  et  popularisés  par  riiélio.urapliic,  dont  les 
documents  ont  la  valeur  de  pièces  historiques.  Gi'àce  à 
elle,  le  savant  dans  son  cabinet  p(>ut  lire  les  paues  liié- 
roLilypliiijues  de  Pliila'.  de  Karnac,  sans  craindre  une 
erreur  de  lranscri|)ti(ui  ;  l'arlisle,  dans  son  atelier, 
admirer  de  conliance  les  merveilles  d'Athènes,  de 
Rome,  de  Florence  et  de  Venise.  Ce  qui  a  été  fait  pour 
ces  régions  classiiiues  en  (juclquc  sorte,  nous  venons 
le  tenter  pour  la  Russie,  cette  terre  plus  neuve,  si  riche 
en  chefs-d'œuvre,  moins  connus  [)eut-étre,  mais  aussi 
(lignes  de  reproduction. 


18;;  9.  i-r, 

Sans  doute  des  travaux  de  ce  genre  ont  été  essayés 
déjà,  mais  partiels,  n'embi'assant  qu'une  branche  de 
l'ai't,  se  bornant  à  la  monogra[)hie  d'un  édifice  ou  d'une 
galerie  ;  notre  publication  plus  large,  plus  générale, 
plus  synthétique,  donnera  maintenant  une  idée  com- 
plète des  trésors  d'art  de  la  Russie  ancienne  et  mo- 
derne. Elle  révélera  aux  étrangers  et  reti'acera  aux 
nationaux  les  églises,  les  palais,  les  monuments,  les 
statues,  les  saintes  images,  les  tableaux,  les  antiquités, 
les  couronnes,  les  armures,  les  joyaux  et  les  splendeurs 
de  toute  sorte  que  renferme  ce  vaste  empire. 

Désii'ant  imprimer  un  cachet  de  certitude  absolue 
à  nos  reproductions  de  monuments  et  d'objets  d'ait, 
nous  avons  préféré  l'héliographie  au  burin  et  au  crayon, 
dont  la  fidélité  peut  toujours  être  suspectée,  et  qui. 
même  avec  un  grand  talent,  altèrent  plus  ou  moins  le 
caractère  ou  le  style  de  la  chose  représentée. 

Les  planches  seront  accompagnées  d'un  texte  expli- 
catif et  critique,  décrivant  les  aspects  que  l'héliographie 
aura  négligés,  racontant  ce  qu'elle  n'a  pu  dire,  la  com- 
plétant sans  faire  double  emploi  avec  elle,  colorant  les 
purs  dessins  qu'elle  trace  des  teintes  de  la  nature. 

Ce  projet  d'ouvrage  longtemps  mûri  a  été  soumis  à 
l'auguste  approbation  de  SA  MAJESTE  L'EMPEREUR 
ALEXANDRE  II,  qui  a  daigné  ne  pas  la  lui  refuser  et 
a  bien  voulu,  en  nous  accordant  un  privilège  exclusif, 
nous  permettre  de  le  réaliser. 

A  celte  insigne  faveur  est  venue  s'en  joindre  une 
autre  non  moins  précieuse  :  dans  Sa  haute  bienveillance 
SA  MAJESTÉ  L'IMPÉRATRICE  MARIE  ALEXAN- 
DROVNA  a  gracieusement  accepté  la  dédicace  de  l'ou- 
vrage. 


l-(î  IIISTOIHK  OF.S  (H'.rVHF.S  DK  TH.  CAITIKU. 

1  ne  luililiiiiliim  ciilrcprisf  sous  de  Icis  aiisiticcs  im- 
posi',  nous  le  savons,  de  lirands  dovoirs.  Nous  osprions 
non  avoir  iiôLrliiiv  aiirmi;  ions  les  moyens  de  succès 
oui  rir  l'riinis  |i;ir  nous. 

M.M.  'riiKOPiiiM;  (Iautier  cl  Riciierouro  assurent 
[tar  leur  collaljoralion  la  rriissilc  de  celle  (euMc  dirii- 
cil(\  inipossdile  |MMil-('lre  sans  eu\. 

Tout  le  nioiide  lecoiinail  Théophile  Gautier  pour 
un  des  érri\aiiis  les  plus  conipétenls  en  matière  d'art 
qui  lienneid  la  pliiiue  aiijouid'iuii.  Son  aplilude  spé- 
ciale, ses  travaux  lon.us  et  consciencieux,  ses  connais- 
sances théoriques  et  praliipies,  son  senliuient  élevé  du 
J)eau,  donnent  à  ses  jugements  force  d'autorité.  Chargé 
au  Monitem-  de  la  Revue  des  Bennx-Arts,  il  fait  preuve 
chaque  jour  d'une  certitude  de  goût,  d'une  sagacité 
d'oltservation,  d'une  finesse  d'aperçus,  d'une  puissance 
de  couleur  et  d'un  éclat  de  style  qu'on  trouve  rarement 
réunis  au  même  degré  :  sous  l'écrivain  se  devine  le 
peintre,  comme  sous  le  ciitiipie  se  révèle  le  poète. 

Qui  n'a  lu  ses  voyages  en  Espagne,  en  Angleterre,  en 
Italie,  en  Tui-quie,  en  Grèce,  admirable  succession  de 
talileaiiv  vaiiés  et  pittoresques  qui  présentent  à  l'ima- 
gination, on  pourrait  même  dire  aux  yeux,  tant  leur 
dessin  est  précis,  leur  coloris  vif,  leur  relief  puissant, 
les  spectacles  splendides  ou  curieux  qu'il  a  rencontrés. 
Dans  ces  livres  qui  ouvrent  une  nouvelle  ère  aux  récits 
de  voyage,  chaque  pays  a  sa  physionomie,  son  carac- 
tère, sa  couleur,  et  même  son  climat;  l'on  y  a  chaud, 
l'on  y  a  froid  selon  la  latitude  ;  dépouillant  sa  person- 
nalité, l'auteur  nous  fait  voir  directement  la  nature. 
Ses  phrases  sont  des  miroirs  pi'omenés  qui  ont  gardé 
le  l'cfiet  des  choses.  M.  Théophile  Gautier  ne  fera 


18o9.  177 

pas,  on  peut  en  être  certain  d'avance,  une  aride  nomen- 
clature; il  écrira  sur  l'art  en  Russie  à  toutes  les  époques 
(les  pages  élincelantes  que  M.  Richebourg,  joignant  à 
un  beau  livre  un  merveilleux  album,  enrichira  de  deux 
cents  illustrations  d'une  magnificence  exceptionnelle. 

A  l'abii  du  haut  patronage  qui  s'étend  sur  lui,  et 
avec  de  tels  éléments  de  bonne  exécution,  on  peut  an- 
noncer hardiment  le  succès  d'un  volume  dont  le  fond 
offre  par  lui-même  un  intérêt  général  et  qui  doit  éveil- 
ler, par  la  glorification  des  trésors  d'art  de  la  patrie 
russe,  de  vives  sympathies  nationales,  bien  qu'il  soit 
l'œuvre  d'étrangers.  Mais  le  voyageur  qui  vient  explo- 
rer un  pays  n'est-il  pas  plus  frappé  de  ce  qu'il  y  ren- 
contre que  les  habitants  mêmes,  chez  qui  l'habitude 
peut  avoir  émoussé  l'admiration  et  que  d'autres  soins 
bien  légitimes  préoccupent  d'ailleurs?  Notre  but  est  de 
faire  connaître  à  l'Europe  et  au  monde,  dans  la  langue 
la  plus  universellement  acceptée,  des  merveilles  que 
l'on  visite  encore  trop  rarement  et  vers  lesquelles  nous 
espérons  diriger  l'attention  des  amis  du  beau.  Nous 
comptons  beaucoup,  pour  l'accomplissement  de  cette 
tâche  difficile,  sur  le  concours  bienveillant  des  savants, 
des  artistes  et  des  amateurs  russes,  dont  les  renseigne- 
ments et  les  indications  seront  toujours  bien  accueillis. 
Ils  savent  mieux  que  nous,  quel  que  soit  notre  zèle,  les 
richesses  de  leur  pays.  Ainsi  comprise,  et  avec  cette 
aide  hospitalière  qui  nous  a  été  donnée  déjà  et  qui  nous 
sera  continuée,  nous  osons  le  croire,  notre  publication 
deviendra  une  galerie  sans  rivale  où  chaque  belle  chose 
célèbre,  découverte  ou  révélée,  aura  sa  place. 

L'œuvre  se  partagera  natui-ellement  en  deux  grandes 
divisions,  Saint-Pétersbourg  et  Moscou.  Notre  première 

II.  12 


1"H  IIISTOIIŒ  DES  ŒUVHKS  \)V.  TH.  (i.U  TIFJt. 

livraison  coiilii'iiilra  Sainl-Uaai'  avec  son  (hune  d'di-, 
SOS  monolillit's  de  .tiraiiil.  ses  porlcs  et  ses  riunldiis  dtj 
hroiizo,  son  l'Iilonissaiil  iconoslaso  con^lrlir  de  pirncs 
pi'i'ciousos,  sonicnii  df  ('(ddnm's  en  nialacliili'  ri  en 
lapis-laznli.  st's  niosaniucs  de  slvlc  hw.anlin.  ses  [icin- 
liires.  SCS  an{ics  dorés,  cl  hiiil  son  Inxc,  dowl  (in  ne 
piMil  hlàmor  l'cxors  pnis(|n'il  a  Uicii  pour  olijrl.  Apri's 
la  maison  du  Srii^ncnr  \ii'ndra  la  maison  Au  T/.iw.  lo 
jtalais  d'lli\('i  aii\  sailrs  de  marhri'  cl  d"or,  aii\  liùiics 
élincciaiils.  aii\  munciiscs  di'cssoirs  cliarjiés  do  vases 
el  de  plats  en  arjioni  et  en  vei-mcil;  cnsnilc  nous  pas- 
serons;! rilcrmilaiic,  si  i'cni[di  t\{'  laltieaux,  i\{'  slalues, 
d''  nicdaillcs  cl  daMlii|iiilcs.  Ïsarskdc-Scio,  Pclci'lioll", 
Galchina  el  les  aulrcs  rcsidcncrs  impériales  M'iioid 
bienlôl  leurs  richesses  ii'iu-oduiles  ;  le  palais  i\i'  la 
Grande -Dnrliesse  Marie  nous  prêtera  ses  marbres  de 
Canova,  les  trois  Grâces  et  la  Madeleine  agenouillée, 
SCS  Portraits  de  famillt>  d'un  si  haut  intérêt  liislnri(pic, 
ses  lal)leau\  de  mailrc  et  ses  intérieurs  d'un  ,uoùt 
exquis;  nous  puiserons  aussi  dans  les  églises,  les  clia- 
pelles,  les  demeures  somptueuses,  les  galeries  particu- 
lières contenant  (pieUpie  cli(d-d(euvre  national  ou 
étrangei":  nous  jic  li'acons  pas  d'avance  un  plan  lro|i 
rigoureux  jiour  laisser  une  place  aux  trouvailles  heu- 
reuses, aux  découvertes  inespérées. 

Moscou  nous  oITre  une  mine  non  moins  riche  (juc 
Saint-Pétersbourg.  Le  goût  national  y  brille  sans  mé- 
lange. Le  Kremlin,  ce  prodigieux  amas  d'églises,  de 
palais,  de  tours,  nous  fournira  bien  des  planches 
curieuses  el  pittores(jues  :  la  porte  du  Sauveur,  la  tour 
d'Jvan  Vélikij,  l'église  du  Saint-Sauveur,  le  palais  de 
Nicolas,  le  ïéréma,  le  monastère  de  l'Ascension,  la 


18  0  9.  179 

tour  (.le  Boris,  la  porte  de  Troitskoï.  En  dehors  des 
murs  du  Kremlin,  nous  certitierons,  par  des  photogra- 
phies,  cette  bizarre   et  splendide  église  de  Vassili- 
Blagennoi   qui   semble   un  rêve,   et  qu'on  prendrait, 
sans  la  croix  et  la  neige  de  ses  dômes  bulbeux,  pour 
une  pagode  de  Lahore  ou  de  Bénarès.  Nous   ferons 
croire,   car  le  dagueiTéotype  ne  ment  pas,  l'Europe 
étonnée  à  ces  trésors  des  Patriarches  et  du  Palais,  im- 
mense entassement  d'or,  de  perles,  de  saphirs,  d'éme- 
raudes,  de  diamants,  de  couronnes,  de  mitres,  d'oi-ne- 
ments  sacerdotaux,  d'armes,  de  vases,  d'aiguières,  de. 
joyaux  de  toute  sorte,  à  faire  paraître  pauvre  le  fabu- 
leux trésor  d'Haroun-al-Baschid.  Nous  irons  à  Troïtza, 
à  ce  couvent  de  Saint-Serge,  monastère-forteresse,  où 
les  iconostases  n'ont  plus  de  place  pour  admettre  les 
pierreries,  où  les  perles  sans  emploi  se  mesurent  au 
boisseau,  ou  les  livres  liturgiques  ont  des  reliures  d'or 
incrustées  d'émaux  et  de  camées  d'un  prix  inestimable, 
et  qui  lance  vers  le  ciel  tant  de  coupoles  et  d'aiguilles 
dorées,  étoilées,  peintes  d'azur  et  de  sinople.   Nous 
tâcherons  de  détacher  de  leur  fond  d'or,  de  vermeil 
et  d'argent,  les  images  vénérées  des  Madones  et  des 
Saints,  dessinées  pieusement  par  l'artiste  d'après  les 
traditions  byzantines  du  mont  Athos,  et  dont  les  lignes 
hiératiques  gardent,  dans  leur  immuabihté  séculaire, 
un  cai-actère  si  profondément  religieux. 

En  un  mot,  nous  ne  négligerons  rien  pour  faire  de 
notre  livre  un  monument  digne  des  merveilles  qu'il  se 
propose  de  repi'oduire  et  des  noms  augustes  inscrits 
sur  son  frontispice. 

L'ouvrage,  imprimé  sur  papier  grand  aigle,  paraitra 
par  hvraisons  composées  de  12  planches  et  de  24  page? 


180  IIIÏ=^T(MHE  DKS  olUVRES  DK   111.  (JAliTIRIl. 

(Ir  l('\l(\  --  l*ii\  (le  cliaiiiif  liMMisoii  :  lUO  IVaiics.  —  L;i 
plt'illii'Ii'  liM'nisdii  l'sl  cil  M'iilr:  elle  l'oillitMll  Saint- 
Jsanc. 

Ou  sdiiMiil  :  à  Paris,  dit'/  (lide,  (''dilciir,  5.  l'iic 
Ronaitarlo;  ù  8aiiil-P(''l(M'sl»oiiii;.  chez  MM.  Bcggrow  , 
r.luzcl,  Diiroiii.  .1.  Issakolï,  15.  IssakdlV,  Vrllni  ;  à  Mos- 
(■(111,  cliiv,  MM.  (laiilicr.Krogli;  à  Leipzig,  chez  M.  ï.  0. 
Wcigel;  à  Wicsliadcii.  riiez  M.  Kreiilel;  <l  ciicz  les 
principaux  lilnaircs  de  l"'raiif<' cl  de  i'(''tran,uvr. 

Pai'is.  iinpriiiiriic  de  ,1.  ('da\c.  ni<'  Saiiil-nciKiîl,  7. 

Voici,  inaiiilcnaiil,  l'arliclc  d'iùludaid  Tliici'iy  doiil  ihjiis 
avons  parl(3  plus  haut,  dans  lequel  il  annonçait  col  ouvrage 
aux  lecteurs  du  Moniteur  : 

yVésors  (Tari  de  la  Jiussie  ancienne  el  moderne,  par 
Tliéopliile  Gautier.  1"  livraison,  six  feuilles  infoliu, 
imprimées  par  Clayc  sur  papier  grand  aigle,  avec 
planches  hùliographiques  par  Richehourg.  —  Paris, 
Gide,  lil)raire;  Sainl-Pélershourg,  Carolus  Van  Raaj, 
éditeur.  1859. 

Maintenant,  je  vais  dire  à  ceux  qui  nous  lisent  pour- 
quoi notre  Tliéophile  Gautier —  et  le  leur  —  était  allé 
cet  hiver  en  Russie. —  Pour  voyager?  répond  (juelqu'un. 
C'est  une  raison,  sans  doute.  Théoiiiiile  Gautier  n'en 
avait  pas  d'autre,  loi'squ'il  a  fait  son  voyage  en  Espagne, 
son  voyage  en  Italie,  en  Afriqu<\  en  Grèce,  à  Constan- 
tinople,  ses  promenades  en  Angleterre,  en  Belgique  et 
en  Hollande.  L'hirondelle  n'a  pas  besoin  de  connaître 
les  saisons.  A  un  moment  donné,  quelque  chose  lui 
manque  où  elle  est  ;  je  ne  sais  quoi  l'attire  où  elle  n'est 
pas,  et  elle  s'envole.  Théophile  Gautier  est  de  la  nature 


1859.  181 

des  liirondelles.  Un  malaise  dont  il  a  souvent  parlé  le 
prend  tout  à  coup.  L'air  dans  lequel  nous  vivons  le  gène, 
et  il  part.  Il  va  respirer  ailleurs.  Il  va  voir.  C'est  un 
besoin  de  ses  poumons  et  de  ses  yeux.  Il  a  besoin  de 
changer  d'atmosphère,  mais  il  a  encore  plus  besoin  de 
changer  de  spectacle. 

Dieu  l'a  fait  spectateur  par  excellence.  Il  emporte  sa 
lorgnette,  et  le  paysage  peut  lui  montrer  toute  la  suite 
de  ses  horizons  changeants  ;  le  ciel,  tous  les  caprices 
du  vent  et  du  soleil  dans  les  nuages  ;  la  mer  toutes  les 
nuances  et  tout  le  jeu  renversé  du  ciel  ;  les  villes,  leurs 
rues  larges  ou  étroites,  leurs  monuments,  leurs  musées, 
leurs  marchés  querelleurs  et  leurs  églises  silencieuses; 
il  regarde;  il  voit  tout,  il  saisit  tout,  ensemble  et  détail: 
tout  se  fait  tableau  et  panorama,  mieux  encore,  sym- 
phonie de  formes  et  de  couleurs  dans  son  esprit;  quand 
il  revient,  la  symphonie  n'a  plus  qu'à  s'écrire  ;  elle 
s'appelle  Tra-los-mon/es,  Zigzags^  Italia,  Constanli- 
nople.  Impressions  de  voyage  d'un  goût  et  d'un  attrait 
particulier:  l'impression  charmante,  l'impression  com- 
plète, impression  du  départ,  du  chemin,  du  gîte,  du 
ciel  et  du  climat,  est  pour  le  lecteur.  Quant  au  voya- 
geur, il  est  si  bien  l'oul  de  son  récit  qu'il  ne  se  voit 
jamais  lui-même. 

Nos  lecteurs  n'ont  pas  oublié  les  onze  feuilletons  que 
Théophile  Gautier  leur  a  envoyés  directement  de  Saint- 
Pétersbourg.  Quand  on  a  reçu  de  pareilles  lettres,  on 
les  garde.  C'était  un  souffle  piquant  de  l'hiver  russe  qui 
nous  arrivait  par  la  poste  à  Paris.  Sans  les  lundis  du 
Moniteur,  avec  une  température  de  printemps,  nous 
aurions  perdu  le  souvenir  du  givre  et  de  la  neige.  Le 
feuilleton  du  lundi  paraissait  ;  en  le  lisant  on  avait  un 


i^i  IIISTOlIiF,  DKS  OKI  VilKS  DK  TH.  (iAlTIF.M. 

rliaiiiiaiil  IVissoii  ilc  IVspi'il.  On  l'CL'M'llail  lursqnc  l'hi- 
\tM'  ahs«Mil.  (Ml  aurail  voulu  savoir  si  on  avail  uial  jui^c 
jus(|ur-là  le  plaisir  de  l'oniilri'  ;  si  le  tVoid  n'avail  pas 
ru  l'iVrl  sa  \olii|ilr  cl  sa  Iraii'lK'  imcssc.  I  ne  \i\r  L'vlrc 
cùl  rlr  liii'n  MMiUf.  (.Jiialorze  (l(\^rés  soulnucnl,  cl,  au 
j--oi'lir  (le  lOpcia,  loulos  losvoiluros  armori(''Cs  auraiont 
UKUilc,  en  se  (Icpasvanl.  \ci's  li'  liois  dv  Ikuiloji'iie,  [lour 
aller  aussi  laii'c  l'ia|»per  le  cjiauipa.u'ne  dans  les  Iles. 
On  commonrail  à  coinprcntliv  la  mollesse  de  ces  pauvres 
rennes  (pie  la  nioileiir  cuci'nc  à  sei/.i;  degrés  au- 
dessous  dezéi'o  elque  leur  niailre  ranime  pai-  nu)uieuts 
en  les  fi'oltanl  de  neige.  Quel  joli  livre  que  celui-là. 
(|uand  il  sera  imprimé!  Tliéoi)liile  Gaulier  serait  allé  à 
Sainl-Pélersbourg  cl  n"aui-ait  i-apporlé  (pu^  lui,  (pTil 
n"aurail  pas  encore  pei'du  son  voya.uc. 

Mais  il  en  a  rapporté  bien  autre  chose,  et  l'autre 
chose  la  voici  :  c'est  cet  ouvrage  magnifique  qui  com- 
mence et  qui  n'a  encore  que  vingt  pages.  Ce  sont  ces 
six  feuilles  lourdes  et  solides  à  la  main,  (pu  contiennenl 
déjà  la  moitié  d'un  iii-di\diuil  cl  ipii  ne  sont  (pie  la 
seizième  partie  de  toute  la  publication. 

Voilà  ce  que  notre  cher  et  excellent  collahorateur  est 
allé  faire  à  Saint-Pétersbourg;  il  est  allé  y  recueillir  les 
notes  d'un  grand  travail  qui  sera  son  chef-d'œuvie  et 
qui  s'appelle  Trésors  d'art  de  la  Russie  ancienne  cl 
moderne. 

Le  monde  que  nous  habitons  est  en  train  de  se  renou- 
veler; mais  il  est  encore  le  vieux  monde.  La  race  de 
Deucalion.  née  de  la  pierre,  tient  toujours  au  sol  d'où 
elle  est  sortie.  Le  globe  lui-même  changera  plus  tôt 
qu'elle.  Les  montagnes  se  percent,  le  niveau  de  la 
vallée  monte,  le  chemin  court  sans  s'arrêter,  au-dessus 


i859.  183 

et  au-dessous  des  anciens  obstacles  ;  mais  lliomme  re- 
garde courir  le  chemin.  La  locomotive,  avec  son  panache 
(le  fumée  qui  s'enfonce  dans  le  coteau,  emporte  le 
wagon  relativement  vide.  Qu'impoite?  Le  signal  du 
mouvement  universel  est  donné.  Des  courants  mysté- 
rieux vont  d'un  bout  à  l'auti'e  du  l'ail  et  mêlent  invisi- 
blement  l'esprit  des  peuples.  Avant  qu'ils  aient  pris 
l'habitude  de  se  visiter,  ils  se  connaissent.  Ils  commu- 
niquaient déjà  incomplètement  les  uns  avec  les  autres 
par  les  livres,  par  les  écrits  des  voyageurs  et  les  arts 
du  dessin;  mais  un  art  nouveau,  dont  la  découverte 
répond  à  la  locomotion  par  la  vapeur,  comme  celle  de 
l'imprimerie  à  la  grande  navigation,  leur  donne  le 
moyen  de  communiquer  plus  sûrement  encore;  l'hélio- 
graphie  les  montre  les  uns  aux  autres,  de  visage  ù 
visage. 

L'héliographie,  c'est  le  témoignage  que  les  choses 
se  rendent  à  elles-mêmes  et  par  leur  propre  forme.  Le 
crayon  invente,  la  gravure  interprète;  la  photographie 
ne  peut  ni  inventer  ni  interpréter,  elle  reproduit  et  elle 
prouve.  L'image  qui  se  fixe  sur  la  plaque  sensibdisée, 
c'est  l'objet  lui-même  qui  la  dessine  en  se  regardant. 
Il  la  compose  avec  toute  la  lumière  qui  le  revêt  et  avec 
tous  les  rayons  imperceptibles  qu'il  renvoie.  Aucun  n'y 
manque.  Comme  dans  la  nature,  ce  que  le  regard  seul 
ne  découvre  pas,  la  loupe  le  découvre  sur  l'épreuve 
héliographiijue.  Il  n'y  a  pas  là  de  surprise  et  detrompe- 
l'œil,  c'est  la  vérité  à  toutes  les  profondeurs  de  la 
vérité. 

Avec  l'épreuve  photographique,  l'homme  peut  se 
dispenser  d'aller  à  la  montagne,  c'est  la  montagne  qui 
vient  à  lui.  Le  paysage  et  les  édifices  se  déplacent  ;  les 


ISi  lll^lolUH  l)i:s  (tKlVUKS  1)K  ni.  CAUTlKll. 

("'Nli'rmilrs  du  mondo  sp  i'('Mini>>(Mil  (l;iii>  un  rartnn  nn 
siii-  i|iii'li|iii'>  |ii('tls  (Ir  iiiiir.  KurdM'  iiiir  lois,  l'imaiic 
riil('\('r  par  li'  xtlril  nVsi  pas  un  a  peu  pi'rs  cl  une 
adroilt'  sm-prisc.  c'csl  la  loniic  la  plus  siihlilc  de  la 
ivalilt''.  A\i'iriin<'  mh'  plKiUi.i^iaphiipic  df  Jérusalcni. 
c'est  avoir  une  r('li{iiio  iinpondrralilf  du  sol,  des  oliviers 
el  (les  l'uiiies  de  la  lenv  sainle.  l-'liélio.iiraplue  rem- 
place pour  le  sa\anl  rérlianlillon  iinjipie  ipii  inaïupie  à 
son  cahini'l:  illc  Trappe  ((iniiiii'  une  monnaie  ipii  molii- 
lise  la  \aleiir  îles  anciennes  collecliuns.  I\lle  élaldil 
pour  les  ciiriosiLês,  poui'  les  oltjeis  d'arl  el  d'éliide,  nn 
nouveau  commerce  (réciian.uc 

La  Russie  devail  entrer  dans  ce  commerce  d'oi'dre 
supérieui'.  Elle  a  des  richesses  de  tous  les  genres,  (pie 
le  reste  de  l'Europe  ne  connaît  pas,  et  qu'elle  nous  in- 
vite à  connaître.  Saint-Pétersbourfï  n'est cfuère  plus  loin 
de  Paris  (|ue  ne  lélail  Marseille  au  commencement 
du  si('rle.  Tliéophile  Gautier  n'a  pas  mis  cinq  jours  à 
en  revenir,  et  la  distance  s'abrépera  encore  quand  le 
lélégue  aura  disparu  devant  la  vapeur.  Enlin,  avant  (pu' 
les  touristes  du  Midi  se  décident  à  diriger  leurs  péré- 
grinations vers  le  Nord,  l'héliographie  peut  donner  à  la 
race  latine  le  spécimen  irrécusable  des  deinières  splen- 
deurs de  l'art  byzantin  et  des  grandes  choses  que  l'art 
moderne  a  déjà  réalisées  dans  les  deux  capitales  de  la 
Russie.  Une  entreprise  s'est  fornu''e  pour  faire  une 
œuvre  nationale,  pour  publier  le  catalogue  photogra- 
phi(jU6  des  tableaux.,  des  statues,  des  merveilles  d'ar- 
chitecture et  d'orfèvrerie  qu'envoie  la  patrie  russe  au 
concours  des  peuples  artistes:  mais  une  telle  œuvre  ne 
pouvait  être  nationale  qu'à  la  condition  d'être  en  même 
temps  européenne  ;  il  fallait  que  le  texte  en  fût  écrit 


185  9.  185 

dans  la  langue  la  plus  familière  à  toutes  les  villes  stu- 
dieuses, par  un  homme  qui  eût  une  longue  et  univer- 
selle autorité  sur  toutes  les  questions  du  beau,  qui  fût 
un  critique  et  un  juge  expert,  mieux  encore,  un  peintre 
et  un  poète,  qui  pût  ajouter  à  la  photographie  ce  qui 
lui  manque,  la  couleur,  le  chatoiement  et  le  rayon,  qui 
fût  rinlelligence  et  la  vie  de  l'image  morte,  lame  rendue 
au  spectre  des  choses.  L'éditeur  des  Trésors  d'art  de  la 
Russie  a  choisi  Tliéophile  Gautier. 

Il  y  a  toujours  un  si  bon  moyen  de  bien  choisir,  qui 
est  de  laisser  faire  la  renommée,  le  temps  ou  la  distance  ! 
on  ne  se  trompe  pas  de  loin  sur  la  célébrité.  Le  vrai 
point  pour  voir  à  leur  rang  les  artistes  et  les  écrivains, 
est  de  se  tenir  hors  de  leur  siècle  ou  hors  de  la  fron- 
tière. 

La  première  livraison  des  Trésors  d'art  de  la  Russie 
ancienne  et  moderne  prouve  que  la  renommée  a  encore 
bien  choisi  cette  fois.  Elle  ne  contient  (la livraison)  que 
la  description  de  l'église  Saint-Isaac,  mais  une  descrip- 
tion complète,  minutieuse,  achevée  dans  ses  derniers 
détails,  telle  que  pourrait  la  souhaiter  l'architecte  le 
plus  scrupuleux,  telle  aussi  (jue  peuvent  la  désirer  et 
l'attendre  des  lecteurs  moins  sévères,  plus  curieux  des 
elfets  pittoresques  du  récit,  de  l'agrément  et  de  l'heu- 
reuse invention  du  style,  c'est-à-dire  la  grande  majorité 
des  lecteurs,  le  public  intelligent  et  délicat  de  Théo- 
piiile  Gautier. 

Il  y  avait  pour  l'auteur  des  Trésors  d'art  de  la  Russie 
bien  des  exigences  diverses  à  satisfaire,  et  il  les  con- 
naissait d'autant  mieux  que  la  plus  pressante,  celle  qui 
contenait  toutes  les  autres,  était  la  sienne.  Coloriste 
brillant  et  libre,  il  se  trouvait  pour  la  première  fois 


isr.       iiisToiin:  iif.^  (T.i'vuks  m:  rii.  (.ArriKii. 

(li'Naiil  iiii  iiioiiiiiiii'iil  ;'i  (Ircorci .  ('i'  iiKiniintciil  iit^  lui 
a|i|i;iili'ii,iil  p.is  (•(iiiiiiit'  siiii  rriiillt'hm.  coiiinic  l'in-dix- 
liiiil  (If  M  ici  ici  Ia'\\  ,  (If  la  l.ilir.iiric  iiitiufllc  lie  l'diilcl- 
Malassis  cl  de  de  Kroisc  ;  c'clail  riii-luiio  (illicicl.  Irdi- 
licf  (|iriiii('  iioldc  cl  i;(''ii(''i"ciisi'  iialioii.  sons  le  piilioiiagc 
de  son  soiiNciaiii.  r\c\t'  a  la  i^loirc  |)iil)li(|ii('. 

Il  soMlail  (|ii('  son  liavail  cnti'ait  dans  los  rondilions 
(le  la  pi'iiiiiirr  murale.  (|ii('  son  slvic  dcxaii  se  r(\ul('i' 
sui  rordoniiancc  de  rini|>(.^anl  l'oiaiial,  l'rcndic  la  li'aii- 
(|uill('  aniplciir  des  urandcs  lignes,  la  n('ll(d('  de  la  pago 
linninciisi^  cl  du  lican  carachMc  l\|t(),uraplii(pio  ;  il  scn- 
lail.  d'iiii  aiilrc  (•(')li''.  (pi'il  dc\ail  à  Ticum-c  loiil  son 
lalcnl.  (juil  n'avait  pas  t'Ic  appelé  pour  n'y  niollre  (pn^ 
la  moindre  pari  i]r  liii-iniMuc,  ipi'il  n'avait  pas  s(^ulo- 
iiicnl  à  rcspiMMcr  la  solennelle  dignité  du  livre,  mais  à 
Noir  loiil  ce  (pi'il  sait  voir,  à  écrii'c  comme  il  sait  écrire, 
à  laiie  aimer  ce  qu'il  aime,  à  l'aire  comprendre  ce  qu'il 
devine,  à  être  une  lumière,  nn  foyer  d'étincelles,  :'i 
rivaliser  avec  la  prodigieuse  opulence  de  la  liadilion 
byzantine,  avec  ces  trésors  de  l'art  gréco-chrélien  (pn 
sonl  (je  véritables  trésors,  éci'ins  d'or  cl  de  picrrci-ies, 
à  dire  le  «  Sésame,  ouvre-toi  I  »  et  à  produire  un  elïcl 
(l'éblouissemenl  dans  toute  l'Europe. 

Voilà  ce  que  Tbéopbile  Gautier  s'est  proposé  sans 
trop  d'infpiiélude,  avec  plusieurs  autres  cboses  encore, 
comme  d'être  un  ci'ili(pie  sûr  et  bienveillant,  de  beau- 
coup louei'  et  de  ne  louer  qu'à  propos,  de  faire  con- 
naître les  artistes  comme  les  ceuvres,  d'apprécier  les 
talents,  de  populariser  les  noms  qui  n'étaient  pas  encore 
ai'rivés  jusqu'à  nous,  et,  dans  ce  programme  si  com- 
pliqué, il  a  réussi  partout  à  la  fois,  en  fondant  toutes  les 
liabitudcs  et  toutes  les  variétés  de  son  talent  ensemble. 


18o9.  187 

C'est  notre  Théophile  Gautier,  celui  de  X Exposition 
de  I800,  ou  (lu  Salon  de  celle  année,  avec  plus  de  pré- 
cision, plus  de  sobriété  et  de  réserve.  A  lire  sa  descrip- 
tion de  Saint-Isaac,  on  sent  qu"il  n'est  pas  dans  un 
musée  mondain,  dans  une  galerie  bruyante  où  la  cri- 
tique suit  en  jouant  les  muses  profanes.  Il  est  dans  un 
temple  plein  d'une  religion  profonde  et  silencieuse.  Il 
regarde  des  tableaux  où  la  peinture  est  de  la  foi.  Ce 
qu'il  raconte,  en  les  décrivant,  tient  à  la  doctrine  du 
salut.  Sa  parole  est  simple,  courte  ;  il  passe  vite,  de 
peur  de  toucher  familièrement  aux  choses  saintes  ;  mais 
il  relève  son  sobre  récit  d'un  mot  qui  rappelle  à  chaque 
instant  la  majesté  du  lieu. 

Je  ne  puis  pas  analyser  cette  première  livraison  des 
Trésors  d'art.  On  abrège  un  roman,  une  nouvelle,  une 
comédie;  abréger  la  description  d'une  église,  à  quoi 
bon?  Ce  n'est  pas  de  l'église  Saint-Isaac  queje  voudrais 
donner  l'idée  à  nos  lecteurs,  c'est  du  travail  de  Théo- 
phile Gautier.  En  pareil  cas,  ce  me  semble,  abréger 
c'est  détacher  une  page,  et  j'en  prends  une. 

Après  avoir  exposé  brièvement  l'histoire  de  l'édifice, 
après  avoir  justement  loué  l'architecte  français,  M.  Ri- 
card de  Monferrand,  qui  eut  le  bonheur  de  commencer 
et  d'achever  lui-même  cet  immense  édifice,  après  en 
avoir  indi([ué  le  plan  général  avec  une  précision  hnéaire 
de  géomètre  et  de  théoricien,  Théophile  Gautier  se 
refait  peintre  et  coloriste.  Il  ne  mesure  plus  la  courbe 
du  dôme  et  l'angle  des  frontons,  il  s'éloigne  de  l'église 
comme  on  s'éloigne  d'un  tableau  pour  se  mettre  au 
point  d'intensité  des  tons,  pour  jouir  de  l'ensemble  et 
de  l'harmonie  des  teintes.  L'effet  peut  être  magique,  je 
le  crois;  le  style  ne  l'est  pas  moins.  Le  lecteur  va  recon- 


18H  HISTOIRE  DES  fH'.rVHKS  DK  TH.  CAITIEU. 

iiaîln' iiiic  i)i"ost' qu'il  aime;  l'ilc  ii'comiaîl  aussi  celle 
place  où  ell(>  vieiil  tout  iialuiclleiueiil.  (Veslde  la  prose 
(lu  lundi  (jui  se  Ifouipe  de  jour,  mais  ipii  ne  se  couloiidra 
pas,  inallieureusemont.  avec  celle  du  mardi  '. 

Si  IVspace  le  [nM'uiellail.  je  cilerais  encore  un  pas- 
safïo.  la  description  de  l'iconostase,  o  ce  uiur  de  saintes 
imaii:es  eiicliâssôes  dans  l'or.  i|ui  dérolte  les  arcanes  du 
sanctuaire,  »  ou  plutôt,  pour  \ariei'  le  Ion,  la  délicale 
appii'ciation  des  artistes  (piionlniis  dansceniagnili(iue 
panthéon  du  nord  r(euviT  de  leur  palette  ou  de  lein' 
ciseau.  La  Russie  aime  leurs  noms  ;  mais  nous  n'en 
connaissions  encoi'e  ipu'  (|uel(|ues-uiis.  Dès  aujoui'd'hui 
nous  commençons  à  les  connaître  tous  :  Vitali  et  le 
baron  Klodt,  Laganowski,  Bouilli  el  Salemaini;  Cli. 
Brûloir,  dont  nous  avons  mi  à  inie  de  nos  expositions 
le  Dernier  jour  de  Ponipéi;  Bruni,  Théodore  Brulolï, 
Pietro  Bassine,  Nikiline,  ZazonolT,  Plucharl,  Sché- 
bou'i'ef,  AlexiulV,  Saviololî,  Ris.deNelT,  Mussini,Givago, 
Chamchine,  Borner,  Moldawski,  Maikoll",  et  parmi  eux 
Steuben  et  Lemaire.  J'en  ai  passé  peut-être;  mais  cet 
bumhle  feuilleton  n'est  pas  le  livre  d'or  de  la  Russie. 
Ce  livre  d'or,  c'est  ce  volume  sans  pair  dont  les  six  pre- 
mières feuilles  viennent  de  paraître.  La  description  de 
Saint-Isaac  l'ouvre  avec  une  grande  solennité.  Après 
Saint-Isaac,  l'éditeur  nous  promet  le  palais  d'Hiver  du 
Isar,  le  palais  derHermilage,Tsarskoé-Sélo,Pélerboiï, 
Gatcbina  et  les  autres  résidences  impériales,  les  mar- 
bres de  Canova  et  les  clicfs-d'œuvre  de  peinture  qui 
appartiennent  à  la  grande-duchesse  Marie,  le  Kremlin. 


1.  Nous  coupons   ici  la  j).-\rtie  cMc.  qui   se  trouve  dans   le  Voyage  en 
ftitssic 


18  59.  189 

«  ce  prodigieux  amas  d'églises,  de  palais  et  de  tours.  » 
l'église  de  Vassili-Blagennoi,le  couvent  de  Saint-Serge, 
«  monastère-forteresse  où  les  iconostases  n'ont  plus  de 
place  pour  admettre  les  pierreries,  où  les  perles  sans 
emploi  se  mesurent  au  boisseau;  »  bien  d'autres  choses 
encore,  sans  compter  la  part  faite  à  l'imprévu.  Ce  (jui 
est  certain,  c'est  que  la  Russie  aura  un  livre  digne 
d'elle,  digne  du  patronage  de  l'empereur  Alexandre  II 
et  digne  de  l'impératrice  Marie  Alexandrovna,  qui  a 
bien  voulu  en  accepter  la  dédicace. 

Si  la  publication  des  Trésors  d'art  de  la  Russie  eût  été 
possible  il  y  a  un  siècle,  c'était  Diderot  qui  en  aurait  écrit 
le  texte.  L'héritage  de  Diderot  revenait  naturellement 
à  son  petit-lils  en  ligne  directe,  au  légitime  continua- 
teur de  ses  Salons,  à  Théophile  Gautier,  —  et  à  la 
France. 

L'ouvrage  entier  sera  terminé  dans  deux  ans  et  demi. 
Il  aura  coûté  quatre  cents  roubles,  c'est  beaucoup  et  ce 
n'est  rien.  Seize  cents  fi'ancs  ne  payent  pas  même  les 
deux  cents  épreuves  photographiques  de  Richebourg. 
Et  le  texte  de  Théophile  Gautier,  ces  quatre  cents 
pages  excellentes,  ce  chef-d'œuvre  d'érudition  et  de 
style,  qui  le  payera?  —  Ce  sera  un  jour  l'affaire  de 
l'Académie. 

162:;  ''''.  Exposition  de  1859.  VI.  M.  Eugène  Fromentin.  Le 

Moniteur  universel,  28  mai  1859.  Un  fragment  de  cet  article, 
relatif  au  tableau  de  Fromentin  :  Audience  chez  un  Khalifiit 
(Sahara),  a  été  réimprimé  la  même  année  dans  la  troisième 
livraison  de  V Album,  recueil  de  dessins,  tableaux,  etc.,  publié 
par  M.  Louis  Martinet. 

1626.  Théâtre-Français  :  Madame  Arnould-Plessy  dans 
Adrienne  Lecouvreur.  —  Gymnask  :  Une  Preuve  d'amitié. 

Le  Monileiir  universel,  30  mai  18o9. 


1[)U  IIISTOIUK  DKS  (Ua:VUKS  DM  TH.  (iATTIKH. 

ic.ji',i".  Exposition  do  1859.  VII.  MM.  BcUy  ;  Berchèro  . 
Gustave  Boulanger;  Pasini.  /.'■  M<iiii(rur   ituirrrscl,  :\  juin 

I('>27.  Exposition  des  œuvres  d'Ary  Sclieffer.  Le  MonUcur 
iDiirrrscl,  ojiiiii  is:i'.i. 

IC.27"".  Exposition  de  1859.  VIII.  MM.  Bida;  Valérie; 
Th.  Frère;  Thomas;  Gauthier;  Ziem;  E.  Giraud  ;  Anton 
Dumas  ;  Zo ;  Dauzats.  !.'■  Mninhin- unirrrsrl,  11  juin  is:»'.). 

|C)JS.  Tm:vïnK-rii.\N(  us  :  Le  vieux  Célibataire.  —  (iAÎT,'  : 
La  Veille  de  Marengo.  —  iN)uri:-.S.AiM-M.\RTiN  :  reprise  de 
Pierre  le  Noir.  —  .\miugu  :  reprise  des  Mousquetaires.  Le 
Miiiiitcur  universel,  \'\  juin  is:;'.t. 

I()2S'''\  Exposition  de  1859.  IX.  MM.  Picou  ;  MazeroUes: 
Daniel  Casey  ;  Lévy;  Michel  Dumas:  J  Duval  Le  Camus; 
Meynier;  Pichon  ;  Magaud.  X.  MM.  Landelle;  Benédict 
Masson  ;  Laemlein;  Nègre;  Romain  Cazes;  Eugène  Gluck; 
Glaize  fils.   LeMuniteitr  universel,  10  cl  IN  juin   ISii'.i. 

I(i29.  Thkateii-Franq.xis  :  reprise  du  Mariage  de  Figaro. 
—  C.vMSASK  :  Le  Baron  de  Fourchevif.  —  I'ai.ais-IIov.m.  :  Le 
Banquet  des  Barbettes.  —  \  aliji;vilu;  :  reprise  de  la  Vie 
de  bohème.  —  Porte-Saim -.Martin  :  Les  Gymnastes.  •— 
CiRQUK  DK  I.I.MPKRATRICE  :  Les  VirtuosBS  comiques.  L' 
MmiHrur  universel,  20  juin  is:;'.t. 

1021) '''^  Exposition  de  1859.  XI.  MM.  Clésinger:  Puvis  de 
Chavannes  ;  Lambron  ;  Chaplin:  Sieurac;  Foulongne.  XII. 
MM.  Yvon;  Pils;  Bellangé  ;  Devilly  ;  Paternostre  ;  Wasch- 
muth;  Protais.  Le  Moniteur  iiniversel,  2.3  et  2.")  juin  \H'M. 

1()30.  Th.  des  Variétés  :  reprise  du  Petit-Poucet.  —  I.e 
Pré  Catelan  (  :  Danseurs  espagnols  .  —  La  fête  des  lan- 
ternes à  Neuilly.  L''  Munileur  wiiversel,  27  juin  I.S.'l'.l. 

Kiiio'".  Exposition  de  1859.  XIII.  MM.  Rigo;  Alexandre 
Desgoffe  ;  E.  Faure;  Lenepveu;  Hugues  Merle;  Stéphane 
Baron;  Célestin  Nanteuil  ;  Jean  Aubert;  Ranvier.  XIV. 
MM.  Muller;  Cabanel;  de  Launay:  Rudolph  Lehmann.  /v 
Moniteur  universel,  29  juin  el  1<='"  juillet  ISo'J. 


iSoU.  191 

\Ch\i.  Gymnase  :  Rosalinde.  —  Porte-Saint-Martin  :  La 
Voie  sacrée.  Le  Motiitcur  iniiccrsel,  iijiiillel  18o9. 

1(1;M  i"\  Exposition  de  1859.  XV.  MM.  Penguilly  L'Ha- 
ridon;  Henri  Baron;  Voillemot.  XVI.  MM.  Breton;  Bon- 
vin;  Brion;  Laugée;  Armand  Leleux  ;  Adolphe  Leleux; 
Baudit  ;  Bédouin;  Millet.  Le  Miinilcur  unircnrl,  c,  et  7  juil- 
let 18j9. 

HVM.  iHKATRE-FitANijAis  :  repiisos  du  Philinte,  de  Molière, 
et  de  :  la  Joie  fait  peur.  —  Reprises  partout  :  )  (Iymnaï^e  : 
Paméla  Giraud.  —  Vaudeville  :  Les  Filles  de  marbre.  — 
fiAîTÉ  :  Madeleine  ;  les  Paysans.  Le  Moniteur  universel, 
Il  juillet  18o0. 

1632  ^''".  Exposition  de  1859.  XVII.  MM.  Hippolyte  Flan- 
drin;  Henri  Lehmann;  Ricard;  Winterhalter;  Lagier;  ma- 
dame OConnell;  M.  Gabriel  Tyr.  Le  Mnuileur  unirerf>el, 
13  juillet  1859. 

1633.  Tiihatre-Français  :  Madame  Arnould-Plessy  dans 
Lady  Tartuffe.   —  Palais-Uoyal  :  La  Fête   des  loups.    Le 

.U'inileur  universel,  ISjiiilIel    18;)9. 

1633  "'\  Exposition  de  1859  XVIII.  MM.  Gendron:  Louis 
Boulanger;  Toulmouche  ;  Trayer;  Vetter;  Carraud;  Guil- 
laume ;  Marchai  ;  Bonnegrâce  ;  Luminais  ;  Amand  Gautier  ; 
Sturler;  madame  Henriette  Bertaut:  MM.  Comte;  Leche- 
valier-Chevignard  ;  madame  Henriette  Browne.  Le  Moniteur 
uuirrrsel,  20  juillet  18;i9. 

1634.  Théâtre-Français  :  madame  Arnould-Plessy  dans 
Un  Caprice.  —Th.  des  Variétés  :  Un  Fait-Paris.  Le  Moni- 
teur universel,  2o  juillet  18o9. 

1634  ''i^  Exposition  de  1859.  XIX.  MM.  Mettez  ;  Diaz;  Hille- 
macher;  Magy;  Tissot;  Feyen-Perrin;  Fauvelet  ;  Chavet; 
Fichel;  Ruiperez;  Dufourmantelle  ;  Montfallet  ;  Plassan  ; 
Pécrus  ;  Pezous  ;  Biaise  Desgoffes;  Godefroy  Jadin;  Phi- 
lippe Rousseau;  Palizzi  ;  Loubon.  Le  Moniteur  universel, 
29  juillet  18o9.  Un  fragment  de  cet  article,  relatif  au  tableau 
de  M.  .James  Tissot  :  Promenade  dans  la  neige,  a  été  réimprimé 


11)2  IllSTOlUK  DES  ŒLVHRS  DE  TH.  (.AUTlEll. 

la  iiir-nio  aiiiirM'  dans  la  (|iial  riciiic  livraison  de  rMliiiiii, 
rcciKMl  (lo  dessins,  talilcaiix ,  l'ic. ,  jinMié  par  .M.  Loviis 
Marlint'I. 

l(i:i;i.  Vaudkn  iiJ.K  :  Les  Femmes  honnêtes.  —  Amhhui  : 
Le  Secret  de  famille:  Pongo.  Le  MiMidiir  )niirrr>irl,  I"  août 
iSii'.). 

It)3:i''i^  Exposition  de  1859.  XX.  MM.  Knaus;  Henné- 
bcrg:  Heilbuth;  Oswald  Achenbach  :  Hamman:  Leigîiton. 
XXI.  M.  Swertschcoff  :  madame  Gagiotti  Richards; 
M.  Stevens;  mademoiselle  Aïta  de  la  Penuela;  MM.  Bren- 
del:  Van  Muyden:  Lamorinière;  Lies;  Lanfrcdini  ;(Knyff)  ; 
Herbstoffer;  Aker;  Xavier  de  Kock  ;  Schmitson;  Zichy.  Le 
Muiiilutr  U)iii(rsvl,'d  cli)  iviù\   In:;',i. 

\<VM].  THr,.\TRF.-Fn.\Nr.\is  :  Le  Collatéral;  Mort  de  Firmin. 
—  (iAiTii  :  Les  Pirates  de  la  Savane.  —  CanQUE  uk  i/lMi'iin.\- 
TniGE.  Le  Monitew  universel,  8  août  18o9. 

ir).36''i\  Exposition  de  1859.  XXII.  MM.  Troyon;  Schut- 
zenberger;  Lafitte  ;  Haffner;  Brown;  deBalleroy;  Salmon; 
Michel;   Lambert;   Auguste  Bonheur;  madame  Peyrol.  Le 

Munilcur  uiiircr^^i'l,  lii  août  iHil'J. 

1637.  La  fête  du  15  aoiit.  L-  M'ntHrur  universel,  lG-17  août 
18;iy. 

1038.  fîvMNASE  :  Le  Brigadier  Feuerstein  ;  Risette.  — 
Th.  des  Variétés  :  Les  Chevaliers  du  Pince-nez.—  Théatiuî 
DU  Cirque  :  Cri-cri.  Le  Moniteur  unir(rsfl,  22  août  18o9. 

1fi38''".  Exposition  de  1859.  XXIII.  MM.  Bellel;  Corot; 
Aligny;  Desgoffes  ;  Cabat;  Paul  Flandrin  ;  Saltzmann.  Le 
Moniteur  universel,  25  août  18;)9.  Un  fragment  de  cet  article, 
relatif  an  tableau  de  Corot  :  Puysage  (ireepgnres,ii  été  réini- 
prinié  la  iiiènie  année  dans  la  quatrièiuc  livraison  de  l'Al- 
bum, recueil  de  dessins  Lablcaux,  etc.,  publié  par  M.  Louis 
Martinet. 

1039.  Théâtre-Français  :  reprise  du  Joueur.—  Cirque  de 
l'Impératrice  :  Débuts.  Le  Moniteur  universel,  29  août  i8o9. 


18:i9.  193 

IfiiO.  École  des  Beaux-Arts:  Concours  pour  le  Grand  Prix 
de  sculpture.  Lr  Mnnitcur  wiiversel,  3  si-pleiiilire  18;i0. 

1640 1^'^  Exposition  de  1859.  XXIV.  MM.  Daubigny:  Théo- 
dore Rousseau;  Blin;  Français:  Lambinet;  Paul  Huet: 
Hagemann;  Desjobert;  Fiers; Jules  André;  Pron;  Anastasi; 
Isabey:  Lepoitevin.  Le  Moniteur  universel,  4  septembre 
1839. 

1641.  Odéon  :  Un  Portrait  de  maître;  Noblesse  oblige.  — 
(ivMNAsr.  :  Un  Ange  de  charité.  —  V.\ldkvii.le  :  reprise  de 
la  Marâtre.  —  Tli.  des  Vakif.tks  :  Paris  hors  Paris.  —  Am- 
bigu :  reprise  de  :  le  Vieux  Caporal.  Le  Monileur  universel 
3  septembre  18ol).  Théophile  Gautier  cite  dans  cet  article  un 
lonfi;  fragment  de  sou  feuilleton  de  la  Presse  du  29  mai  1848, 
sur  la  Marâtre. 

1642.  École  des  Beaux-Arts;  Concours  pour  le  Grand  Prix 
de  gravure  en  médailles.  Le  Moniteur  unixersel,  9  septembre 
1859. 

1643.  Théatbe-Franoais  :  Iphigénie  en  Aulide.  —  Porte- 
Saint-Martin  :  La  Jeunesse  de  Louis  XI.  —  Palais-Royal  : 
Les  Turlutaines  de  Françoise  ;  Les  Méli-Mélo  de  la  rue 
Meslay.  Le  Moniteur  universel,  12  sepLenihie  18j9. 

1644.  École  des  Beaux-Arts  ;  Concours  pour  le  Grand 
Prix  d'architecture.  Le  Moniteur  unicersel,  18  septembre 
18;i9. 

164a.  Gymnase  :  Marie,  ou  les  Trois  époques.  Le  Moniteur 
universel,  19  septembre  1859. 

1646.  Ce  que  disent  les  hirondelles,  chant  d'automne.  Le 
Moniteur  universel,  19  septembre  1859.  Ces  vers,  dont  une 
version  autographe  porte  pour  titre  :  Le  Départ  des  hiron- 
delles, chant  d'Automne,  sont  entrés,  en  1863,  ayant  pour 
sous-titre  :  Chanson  d'automne,  dans  la  quatrième  édition 
à'Émaux  et  Camées  (publiée  sous  le  titre  de  Poésies  Nouvelles), 
et  depuis  ils  n'ont  plus  quitté  cet  ouvrage.  En  1873,  ils  sont 
entrés  aussi  dans  V Anthologie  des  Poètes  français,  publiée  chez 
Lemerre;  de  plus, Théophile  Gautier  en  a  cité.lui-mème  deux 
II.         "  13 


I'.i4  IIISlOll;!'.  DKS  ŒUVUKS  DK  TH.  (iAlTlKU. 

slKipllOS   aVOC   mil'   V.lli.llllr  (l.lll^   snn    .lliifli'  (lu    .l'illllDll  0//Î- 

cirl  sur  F<iiiiiiii/  (mm  1870),  cl  l.i  piiic  Imil  cnliric  diius  ht 
Ntitiirr  rlirz  elle.  Klli'  l'sl  ciichIi  Vr.  (I;iiis  l;i  n\  ne  di's  llufil  ics 
(lui  l'a  |)iil)lit''t'  (Taboril,  par  iiiMiiiiiiiicnl.iin' ih.ii  iiianl ,  (iiic 
nous  allons  roproiliiiro  ici  picxpir  Imil  cnlicr  a  mc  la  picci^  ; 
Si-uliimiil  iHuis  la  cilcidus  ,ivrr  (1rs  vaiiaiilcs  iiii'iliics  : 


En  ropfnrdanl  par  la  IVnrlir  pirs  de  laiiiiclk'  lutlro 
table  est  inslallt'e  les  pciiplicis  (|iij  se  lialancenl  à  la 
lirisc,  rninmc  des  uciis  polis  saiiiaiil  diiiit'  inaiiiri'c  aiiii- 
ralc  niic  personne  de  connaissance,  el  les  arhces  ihi 
jai'din,  naguère  encore  de  ce  Nerlépiiiaid  lanl  re|iioclié 
aux  paysagistes  et  maintenant  nuancé  de  leintes  jaunes 
et  rousses,  notre  attenlion  a  été  attirée  par  l'agitation 
extraordinaire  des  liirondelles  tourbillonnant  sui'  le 
loil  de  la  maison  voisine.  Elles  senddaieiil  alVairées, 
elles  allaientctvenaient, •babillant  avec  volubililé.  Nous 
les  avons  écoulées  tout  en  levant,  et  le  sens  de  leui-s 
petits  cris  s'est  révélé  peu  à  peu  à  notre  comprélien- 
sion.  Nous  nous  sommes  mis  à  transcrire  leurs  ga/ouil- 
lemenls  de  la  façon  la  jdus  exacte  possible.  Dupont  (b' 
Nemours  n'a-t-il  pas  écrit  les  paroles  de  l'air  (jue  clianti; 
le  rossignol'?  S'il  y  a  des  fautes  dans  notre  traduction, 
considérez  qu'il  n'existe  pas  encore  de  dictionnaire  pour 
la  langue  des  oiseaux,  et  que  nous  n'avons  pu  y  clier- 
clier  les  mots  d'un  sens  douteux  ou  d'une  acception 
rare.  Toutefois,  nous  pensons  ne  pas  nous  être  trompé 
de  Ijeaucoup.  Notre  version  est  pi'esque  toujours  litté- 
rale ;  nous  l'avons  montrée  à  inie  birondelle  tombée 
dans  notre  cbambre  par  la  cbeminée,  et  elle  n'en  a  pas 
paru  mécontente. 


18:J9.  195 


CE  QUE   DISENT  LES   HIRONDELLES. 

Chant  d'automne. 

Déjà  plus  d'une  feuille  sèche 
Craque  sur  les  gazons  jaunis; 
Soir  et  matin,  la  brise  est  fraîche, 
Les  beaux  jours,  hélas,  sont  finis  ! 

Un  \oit  s'ouvrir  les  fleurs  que  garde 
Le  jardin,  pour  dernier  trésor  : 
Les  dahlias,  portant  cocarde, 
Et  la  rose  d'Inde  aux  tons  d'or'. 

La  pluie  au  ruisseau  fait  des  bulles  ; 
Les  hirondelles  sur  le  toit 
Tiennent  des  conciliabules  : 
Voici  l'hiver,  voici  le  froid  ! 

Elles  s'assemblent  par  centaines, 
Se  concertant  |)our  le  départ. 
L'une  dit  :  «  Uh!  que  dans  Athènes 
Il  fait  bon  sur  le  vieux  rempart! 

Les  métopes  et  les  corniches 
Vous  offrent  de  si  doux  abris; 
Les  boulets  ont  creusé  des  niches 
Si  commodes,  dans  les  débris  ! 

Ou  bien  à  Bagdad  j'ai  ma  chambre 
Peinte  de  cinabre  et  de  vert, 
Pour  passer  chaudement  décendjre, 
Dans  un  café  toujours  ouvert; 

1.  Autre  variante  : 

Et  l'aster,  sa  couronne  d'or. 


l'M  UISTOUXE  OKS  OKUVRES  DE  TH.  GAUTIEK. 

A  Ifiiis  cliilioiicks,  a(roiitiinn'(\ 
Des  Turcs  accnnipis  sur  les  hunes, 
(loinnic  un  éclair  dans  la  l'unicc, 
Mon  aile  cillonre  les  lurl>ans.  » 

Celle-ci  :  «  J'IiaMte  un  (ri^'lyplie. 
Au  l'ronlon  d'un  temple,  à  iialliek.         , 
Je  m'y  suspends  avec  ma  {grille 
Sur  mes  |)etits  au  large  bec.  » 

(>  (Juanl  à  moi,  voici  mon  adresse  : 
Smyrne,  rue  aux  roses;  un  mur 
Au  midi,  dans  l'angle  où  se  dresse  ' 
Un  noir  cyprès  rayant  l'azur.  » 

Celle-là  :  «  J'ai  pour  faire  liallc, 
Gagnant  l'Kgypte  au  ciel  de  feu, 
Ces  blanches  terrasses  de  Malte, 
Entre  l'eau  bleue  et  le  ciel  bleu.  » 

La  cinquième  :  «  (Ju'on  est  à  l'aise 
Au  Caire,  en  haut  des  minarets  ! 
J'empâte  un  ornement  de  glaise, 
Et  mes  quartiers  d'hiver  sont  prêts"''.  » 

1.  Autre  variante  de  ce  vers  et  du  précédent  : 

«  Smyrne,  près  du  bazar;  un  mur 
Blanc  (ie  chaux,  à  l'angle  où  se  dresse 

2.  Autre  variante  de  ces  deux  strophes  : 

L'autre  dit  :  «  Je  passe  par  MaUe, 
Gagnant  l'Egypte,  au  sol  de  feu. 
Et  sur  un  toit  blanc  je  fais  halte 
Entre  l'eau  bleue  et  le  ciel  bleu. 

Celle-là  :  »  Moi,  j'en  prends  à  l'aise  ; 
Au  plus  aigu  des  minarets 
J'ai  mon  logis  de  terre  glaise. 
Et  mes  quartiers  d'hiver  sont  prêts. 


18:30.  197 

La  sixième  :  «  Ma  route  exacte 

Je  la  connais  ;  j'ai  fait  mon  nid 

A  la  seconde  cataracte 

Dans  le  pschent  d'un  roi  de  granit  '.  » 

Toutes  :  «  Demain  combien  de  lieues 
Auront  filé  sous  notre  essor; 
Terres  brunes,  pics  blancs,  mers  bleues 
Et  cités  aux  coupoles  d'or  !  » 

Avec  cris  et  battements  d'ailes, 
Et  parlant  toutes  à  la  fois, 
Ainsi  jasent  les  hirondelles. 
Quand  tombe  la  feuille  des  bois  ^. 

Le  lecteur  nous  excusera,  nous  l'espérons  du  moins, 
de  substituer  pour  cette  fois  des  vers  de  huit  pieds  à 
des  lignes  de  prose;  ils  sont  plus  courts,  et  l'on  pour- 
rait croire  que  c'est  paresse  de  notre  part;  mais  encore 
faut-il  accrocher  à  ces  petites  lignes,  qui  laissentdu  hlanc 
de  chaque  côté,  le  grelot  argentin  de  la  rime,  et  cette 
peine  doit  compter  pour  les  syllabes  en  moins.  Et  puis, 
songez  que  notre  premier  état  fut  d'être  poète,  et  qu'il 
est  dur  de  s'occuper  toujours  de  la  pensée  des  autres, 
sans  jamais  pouvoir  suivre  la  sienne.  Cette  semaine, 
les  autres  n'ayant  rien  pensé,  pourquoi  ne  comblerions- 
nous  pas  le  vide  avec  quelques  stances  de  notre  façon? 

i .  Autre  variante  de  cette  strophe  : 

A  la  seconde  cataracte 

Dans  le  pschent  d'un  roi  de  granit, 

J'en  ai  noté  la  place  exacte, 

Je  compte  bien  trouver  mon  nid. 

2.  Autre  variante  de  ce  vers  : 

Voyant  jaunir  la  feuille  aux  bois. 


1!>8  IIISTOmK  DES  OFIYRES  DE  TH.  CAITIER. 

Vnii'i  (Micdii-  uni'  ;mliv  vaiiaiih'   ilfs  sli'oplics  fiiuj,  six  cl 
iliiu/.i'  (le  ci'Kf  ]iirc('  : 


Le  soleil  (le  teintes  si  riches 
Dore  les  marbres  en  drldis; 
[.es  niélo|ies  et  les  eoriiiclies 
OllVent  (le  si  linles  aliris.  » 

La  sixième  :  <(  Moi,  j'ai  ma  chambre, 
Un  petit  palais  rouf,'e  et  vert, 
Avec  grains  de  corail  et  d'ambre, 
Dans  nn  café  tonjonrs  ouvert.  » 


A  la  seconde  cataracte. 

Dans  le  pschent  d'un  roi  de  granit, 

J'en  ai  noté  la  place  exacte, 

Je  retrouverai  mon  vieux  nid. 

Enfin,  Tiiéopliilc  Gautier  a  terminé  sa  pièce  par  un  rappel 
du  chant  doRuckeit  :  des  Ailes;  voici  la  traduction,  en  i»iose, 
(ju'il  avait  faite  de  ces  vers,  et  que  nous  trouvons  cilée  dans 
/((  l'elUe  Presse  du  27  octoI)re  1872  : 

Des  ailes,  des  ailes,  pour  voler 

Par  montagne  et  par  vallée! 
Des  ailes  pour  bercer  mon  cœur. 

Sur  le  rayon  de  l'aurore  ! 

Des  ailes  pour  planer  sur  la  mer 

Dans  la  pourjire  du  matin! 
Des  ailes  au-dessus  de  la  vie  ! 

Des  ailes  par  delà  la  mort  ! 

tG4r)i''\  Exposition  de  1859.  XXV.  MM.  Clésinger  ;  Clére  ; 
Maindron  ;  Marcellin  ;  Maillet  ;  Franceschi  ;  Crauck  ;  Eude  ; 


1859.  livj 

Grabowski;  Millet;  Loison  ;  Lescorné;  Etex;  Prouha;  Ro- 
chet  :  Blanc:  Valette:  Huguenin;  Gumery:  Moreau:  Poit- 
tevin  ;  Mégret  :  Oliva  :  Frémiet.  Le  Moniteur  universel,  21  sep- 
leinbrc  ISiiU.  .\ous  avons  déjà  parlé,  à  propos  du  Sulon  de 
1851,  de  fragments  de  critique  artistique  de  Théophile  Gau- 
tier publiés  comme  inédits  dans  l'Événement  du  18  janvier 
1872.  Sur  les  quatre  fragments  soi-disant  tels  cités  dans  ce 
Journal,  trois  sont  extraits,  comme  nous  l'avons  déjà  dit, 
du  Salon  de  18ol.  Le  quatrième,  relatif  au  Taureau  romain 
de  Clésinger,  est  tiré  de  cet  article  du  Moniteur. 

1647.  École  des  Beaux-Arts;  Concours  pour  le  Grand 
Prix  de  peinture.  Le  Moniteur  universel,  22  septend)re 
18j9. 

1048.  Th.  des  Variétés  :  Les  Compagnons  de  la  truelle. 

Le  Mo)iili-ur  riniversel,   26  seplcnihiv  l.s.'i'.). 

1640.  École  des  Beaux-Arts;  Envois  des  Grands  Prix  de 
Rome.  Lr  M'miteur  unieersrl,  28  septembre  l^oU. 

16.)0.  Théatri:  DÉJAZET  :  (Ouverture  :j  Le  Programme  en 
action;  les  Premières  armes  de  Figaro.  Le  Moniteur  univer- 
sel, 3  octobre  1859. 

1650 '"^  Exposition  de  1859.  XXVI«  et  dernier.  (La  prin- 
cesse Mathilde;  M.  Chifflard;  aquarelles;  gravures;  etc.) 
Le  Mnniliur  universel,  10  octobre  1850. 

1651.  Exposition  de  l'oeuvre  de  M.  Court.  Le  Moniteur 
îiniverset,  15  octobre  1850. 

1652.  TuicATRE-FiiAxcAis  :  Les  Projets  de  ma  tante.  — 
Odéox  :  Le  Testament  de  César  Girodot;  la  Fille  de  Vol- 
taire. —  Gy.\inase  :  Un  Petit-Fils  de  Mascarille.  Le  Moniteur 
universel,  17  octobre  1859. 

1653.  Vaudeville  :  Les  Dettes  de  cœur.  —  Ambigu  :  Les 
sept  Châteaux  du  roi  de  Bohème.  Le  Moniteur  universel, 
2't  octobre  1850. 

1654.  M.  Edouard  Thierry,  directeur  du  Théâtre -Fran- 
çais). —  ÛDÉo.N  :  Le  Passé  d'une  femme.  —  Théâtre  Ueja- 


•200       iiisToinE  i)r:s  oi'.i'vhf.s  of,  th.  cAUTiRn. 

7.KT  :  Madame  Absalon.  —  I'ohtk-Sai.nt-.Mahtin  :  reprise  de 
La  Reine  Margot.  I.'  Mnuiirur  universel,  '.]\  ocloliri'   is,;'.». 

lOii.'i.  La  Montre.  Il' vue  F.urupi'rinic.  !'■'■  hdmiiiIuc  is.'i'.i. 
Ces  vers,  ilmil  h'  lilif  inimilil  Tlail  :  Lu  Mniilrc  arrrlrc, soûl 
pnirés,  011  i8(i3,  tlaiis  la  (lualrii-nio  ûlilioii  dos  Evvnix  cl 
(^itiDi'm  (oonlomio  dans  Ir  voliimo  dos  Vnrsies  Nmirrllrn),  fpi'ils 
n"(tnl  jdiis  iinillrs  (lo|iuis.  I..1  si  Kiplio  sopl  a  paru  iiiôdilc  dans 
celle  version.  Sur  lo  mannsciil,  le  dernier  vci's  de  la  lioi- 
sionio  stiiiplio  est  éci  il   ainsi  : 

A  fail  l'oniltro  on  son  disque  iHroil. 

lo:>(',.  Le  Souper  des  armures.  Itevttc  Européemu,  1'''  no- 
vembre IH'M.  Mômes  renseif^nemenls  bibliographiques  que 
pour  lo  numéro  prôcôdont.  Los  strophes  vin;.;toi  nno  ol  vinf;!- 
deux  do  la  livruc,  formont  la  vinjj,l-lroisienieol  la  vingl-(|na- 
trième  dans  le  livre,  tandis  que  les  vingt  et  unième  ol 
vingl-douxiènic  actuelles  sont  les  vingt-troisième  et  vingl- 
quati'iomo  de  la  ]\rrur.  La  sirophe  vingt -cinq  riait  d'ahoi'd 
celle-ci  : 

Dans  lo  plat  où  l'un  mot  son  coudo 
L'autre  allonge  ses  pédiaux  ; 
Un  Iroisièmc  dans  un  coin  boude, 
Et  demande  des  cordiaux. 

Enlin,  ravanl-deniiore  sirophe  de  la  pièce  a  paru  inédite, 
en  1803,  dans  le  volume  des  Poésies  Nouvelles. 

1657.  Tm:ATRK-FR.\NT..\is  :  Le  Duc  Job.  —  Palais-Royal  : 
Les  Hommes  nerveux.  —  (Iaîté  :  Le  Savetier  de  la  rue 
Quincampoix.  Le  Moniteur  universel,  7  novembre  1859. 

16b8.  Th.  des  VaruViks  :  Monsieur  Jules.  —  Thkatrk  du 
CiRoi'E  :  Le  Chevalier  d'Assas.  —  (IniQUE  .Napoléon  :  Débuts 
de  Léotard.  Lr  Manili'nr  loiircrsrl,  W  novembre  IcS.'iO. 

16;)9.  Masques  et  Bouffons,  comédie  italienne.  Texte  et 
dessins  de  Maurice  Sand.  Le  Moniteur  universel,  21  novem- 
bre 1859. 

1660.  (L'oeuvre  de  David  d'Angers).  Le  Moniteur  universel, 


18o9.  201 

28  novembre  1859.  Cet  article,  qui  porte  ici  le  seul  titre  de 
Revue  dramatique ,  fut  réimprimé  sous  celui  que  nous  lui 
donnons,  dans  rArtistc  du  1"  février  1860,  et,  en  1874,  il  en 
fut  publié  des  fragments,  sous  le  titre  de  :  David  d'Angers, 
dans  les  Portraits  contemporains,  par  Tbéopbile  Gautier. 

1661.  Lettres  sur  le  Caucase  et  la  Crimée  (par  M.  Gilles). 

Le  Moniteur  universel,  "i  décembre  IS.'iU.  Cet  article  a  reparu, 
en  1877,  dans  le  tome  premier  de  l'Orient  par  Théopbile 
Gautier,  sous  le  titre  de  :  Caucase  —  Crimée;  à  propos  des 
lettres  sur  le  Caucase  et  la  Crimée, par  M.  Gilles. 

1662.  Gymnase  :  Un  Père  prodigue.  —  Vaudeville  :  Les 
Petites  Mains.  —  Ambigu  :  reprise  de  Shylock.  Le  Moni- 
teur universel,  '6  décembre  IS.'I'.). 

166:1.  Œuvres  complètes  de  Balzac,  à  un  franc  le  volume  ; 
édition  de  la  Librairie  Nouvelle.  Le  Moniteur  universel, 
10  décembre  1839. 

1664.  Palais-Royal:  Autour  d'une  marmite;  Coqsigrue. 

—  Théâtre  Saint-Marcel  :  L' Amour.  Le  Moniteur  universel, 
12  décembre  1859. 

166;;.  Théâtre-Français:  Qui  Femme  a  guerre  a;  reprise 
de  l'Amant  Bourru.  —  Vaudeville  :  La  Fille  de  trente  ans. 

—  Théâtre  Déjazet  :  Les  Veuves  turques.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 19  décembre  1859. 

1666.  Porte-Saint-Martin  :  La  Tireuse  de  cartes.  —  Tb. 
des  Variétés  :  Sans  queue  ni  tète.  —  Folies-Dramatiques  : 
Vivent  la  joie  et  les  pommes  de  terre.  Le  Moniteur  ?/«/- 
re/'.<('/,  20-27  décembre  1859. 

1666'''°.  Esquisses  de  voyage:  l'Hiver  à  Saint-Péters- 
bourg. XII.  Courses  sur  la  Neva.  XIII.  Détails  dintérieur. 
(Voyage  en  Russie,  IX  et  X).  Le  Moniteur  universel,  30  et 
31  décembre  1859. 


I  8()0 


l()()7,  AMnir.u  :  Le  Marchand  de  coco.  —  Palais-Royai,  : 
L'Omelette  du  Niagara.  L",  Monilnir  imiversel,  2  janvier 
18G0. 

l(i()7  "^  Esquisses  de  voyage:  l'Hiver  à  Saint-Péters- 
bourg: XV.  Un  bal  au  palais  d'Hiver.  XVL  Les  théâtres. 
(Voyage  en  Russie.  XI  et  XII  i.  Le  Moniteur  unicersel,  '.'}  et 
G  janvier  1860. 

16G8.  (Vaudkville  :  )  La  Pénélope  normande.  —  Les  Nains 
de  la  salle  Herz.  — Léotard.  —  (Nouvelles).  le  Monidur 
universel,  '.•  jjinvipr  ISfiO. 

1668  •'*'.  Esquisses  de  voyage  ;  l'Hiver  à  Saint-Pétersbourg  : 
XVI.  Le  Tchoukine-Dvor.   Voyage  en  Russie,  XIIIj.  Le  Mo- 

ni(etir  unieersfl,  )  3  janvier  18()<l. 

16GV».  Le  Baptême  de  la  Neva.  Le  Monde  illnsl ri-,  ii  jan- 
vier 1860.  Cet  article,  qui  reparul  tl.ins  /''  Jniirnul  illustré 
du  2o  janvier  186o,  n'a  pas  été  réuni  nu  Voyage  en  Russie 
de  Tliéophile  Gautier,  et  nous  allons  1(?  transcrire  ici.  On 
trouve  déjà,  dans  le  chapitre  huit  du  Votjage  en  liussie,  un 
récit  analogue  de  la  môme  cérémonie.  (il/on/<et<)'  universel  du 
9  avril  18o9). 

Le  baptême  ou  plulôl  la  bénôdiclioii  de  la  Neva  est 
une  cérémonie  totile  russe.  Elle  se  célèbre  le  G  janvier 
du  calendrier  grec,  en  retard  sur  le  nôtre  de  douze  jour.s. 
La  Neva  est  une  puissance  avec  laquelle  il  faut  comi)tor, 


18  60.  ■  203 

malgré  les  superbes  quais  en  granit  de  Finlande  l);ilis 
par  Pierre  le  Grand.  Déversoir  du  lac  Ladoga,  tout 
voisin,  ayant  pour  embouchure  un  golfe,  ce  lleuve  a  ses 
crues,  ses  tempêtes  et  ses  dangers.  Tantôt  c'est  le  vent 
de  mer  qui  refoule  les  eaux,  tantôt  c'est  le  lac  qui  se 
dégorge  en  nappes  trop  abondantes;  et  comme  les  rives 
sont  basses,  presque  au  niveau  du  courant,  les  débor- 
dements sont  nombreux  et  rapides,  et  le  canon  d'alarme 
fait  plus  d'une  fois,  dans  l'année,  entendre  ses  signaux 
obéis  sur-le-cbamp,  car  la  vague  monte  vite.  L'hiver 
amène  les  glaces,  le  printemps  les  débâcles,  et  toutes 
ces  opérations  de  la  nature,  sur  lesquelles  l'homme  ne 
peut  rien,  le  font  recourir  à  la  protection  céleste.  Le 
lleuve  béni  et  placé  sous  la  tutelle  de  Dieu,  on  espère 
qu'il  se  comportera  bien  et  se  contentera  d'apporter  les 
navires  au  long  des  débarcadères,  en  reflétant  dans  son 
eau  limpide  les  dômes  et  les  flèches  d'or  de  la  cité  dont 
il  est  la  gloire  et  la  fortune. 

Nous  avons  assisté  à  cette  imposante  cérémonie  d'une 
des  fenêtres  du  Palais  d'Hiver.  Nous  ne  pouvions  être 
mieux  placé  pour  en  saisir  tous  les  détails  sans  souffrir 
de  la  rigueur  du  froid,  ordinairement  très  rude  à  celte 
époque  de  l'année  ;  mais,  au  grand  regret  des  vieux 
Russes,  l'hiver  s'en  va,  et  il  ne  faisait  guère  ce  jour-là 
plus  de  sept  ou  huit  degrés  au-dessous  de  zéro,  au  heu 
de  vingt  ou  vingt-cinq,  température  noi-male. 

Une  messe  était  célébrée  dans  la  chapelle  du  palais 
par  le  métropolitain  de  Saint-Pétersboui"g.  L'empereur 
et  l'impératrice,  les  grands-ducs  et  tous  les  membres 
de  la  famille  impériale  y  assistaient,  placés  derrière  la 
cloison  d'or  de  l'iconostase  ;  et  chaque  fois  que  la  porte 
s'ouvrait  pour  livrer  passage  aux  popes  accomplissant 


3(14  IIISTOIHK  DES  ma'VHKS  DE  TH.  GAUTIIOU. 

quoique  ('■vnliition  de  la  liliiriiio  ,Q:rorquo,  on  apoirovait 
('('S  ItMt's  aii,i;iisl(>s  dans  un  laynii  de  limiiôiv  ;  puis  les 
liallanis  se  IViinaicnl.  t'I.  (•a(li(''('  pai'  rc  voilo  de  pcin- 
liirc,  de  \ciiu<'il  cl  de  iiinrciies,  la  i)arlie  socivlc  <i 
iiiyslériouso  du  servico  so  poiirsiiivail. 

Le  rt'slcdc  la  ndrlail  n'Mi|ili  par  les  firaiidsoniciors 
de  la  ((iiHoniit'  cl  dr  rarniée.  les  nicinltros  du  corps 
diplonialiipit' (i  un  ii'ilain  iKunhic  d'inNilrs,  (pii  for- 
niait'nl  une  lnidc  dnnl  (•lia(|iir  personne  élail  illustre, 
célèbre  ou  puissante. 

Les  cérémonies  du  culle  grec  ont  beaucoup  de  ma- 
jesté. Les  dalmatiques  et  les  étoles.  semées  de  croix  en 
brocart  d'ariienl  on  d'or,  conservenl  la  coupe  des  an- 
ciens Nêlements  orientaux,  et  les  tiares,  renflées  comme 
des  bonnets  de  mages,  masse  d'or  dont  le  fond  dispa- 
raît sous  la  scintillation  des  pierres  précieuses,  ont 
Taspect  le  plus  vénérable  et  le  plus  pontillcal.  Comme 
les  prêtres  grecs  portent  la  barbe  et  les  cheveux  longs, 
leur  physionomie  bil)li(|ue  est  complète.  Ils  ont  l'air  de 
vivre,  en  dehors  du  temps,  de  la  vie  éternelle  des  reli- 
gions. 

Nous  écoutâmes  avec  ravissement  les  chœurs  sans 
accompagnement  des  musiciens  de  la  chapelle  impé- 
riale, soutenant  de  leurs  voix  le  chant  des  popes,  où  se 
retrouve  plus  d'une  antique  mélodie  grecque;  puis  nous 
courûmes  à  notre  fenêtre  pour  voir  déboucher  le  cor- 
tège sur  le  quai,  où  étaient  déjà  ranges  les  Lesghiens, 
les  Tcherkesses,  les  Circassiens  et  les  Cosaques  de  la 
garde  de  l'empereur,  immobiles  dans  leurs  magnifiques 
costumes,  sur  leurs  chevaux  impatients,  qui  piétinaient 
et  mordaient  la  neige. 

Sur  le  parcours  de  l'empereur,  toutes  les  salles  du 


1860.  205 

Palais  d'Hiver  étaient  encombrées  de  troupes  d'élite,  la 
brièveté  du  trajet  ne  permettant  pas  un  grand  dévelop- 
pement militaire. 

Un  pavillon  formant  chapelle  avait  été  l)àti  sur  la 
Neva,  près  du  quai,  en  face  du  palais,  et  l'on  y  accédait 
par  un  pont  volant  recouvert  d'un  tapis.  De  sveltes 
colonnettes  supportaient  le  toit  treillissé  et  peint  en 
vert,  et  permettaient  de  ne  perdre  aucun  détail  de  la 
cérémonie.  Du  plafond  descendait  un  Saint-Esprit  pla- 
nant, les  ailes  étendues,  au  milieu  d'une  auréole  rayon- 
née,  juste» au-dessus  d'un  puits  pratiqué  dans  la  glace 
de  la  Neva. 

L'empereur,  les  grands-ducs  arrivèrent,  prirent  place, 
et,  tête  nue,  écoutèrent  les  oraisons  des  prêtres  penchés 
sur  l'orifice  du  puits  et  bénissant  le  fleuve  avec  les  for- 
mules consacrées. 

Autour  du  pavillon,  sur  la  glace  de  la  Neva,  des  sol- 
dats, debout,  leurs  casques  à  leurs  pieds,  espacés  de 
distances  régulières,  maintenaient  un  grand  cercle  vide. 
Une  batterie  d'artillerie,  en  position  sur  le  quai  de  la 
Bourse,  ponctuait  de  ses  détonations  àintervalles  égaux 
les  psalmodies  des  prêtres  et  donnait  de  la  solennité  à 
la  cérémonie. 

Les  quais,  les  escaliers  qui  descendent  à  la  Neva,  et 
la  Neva  elle-même,  étaient  couverts  d'une  foule  au 
maintien  calme  et  religieux,  s'associant  de  cœur  au 
spectacle  dont  plus  d'un  détail  lui  échappait. 

Autrefois,  s'il  faut  en  croire  une  tradition  que  répè- 
tent tous  les  Guides  du  voyageur,  et  que  nous  avons 
tout  lieu  de  croire  apocryphe,  les  mères  pieuses  pré- 
sentaient au  pope  leurs  petits  enfants  pour  les  baptiser 
dans  l'eau  de  la  Neva  par  le  trou  fait  au  plancher  de 


i'uti       iiiMtiiiU':  iti>  (n;i  VUES  de  th.  (i.uTiKii. 

lilaot".  PaiTois  il  arrivait  qiio  los  mains  IriMiihlaiilcs  ri 
roitb's  (II'  froid  du  pii'lrc  laissaicid  ridiaiipcr  leur  l'ar- 
(Icaii.  cl  l'cidaiil  di>|iai'aissail  an  iuiid  du  fidiiIVrc  liranl. 
Alors  le  pivln'.  l'aisaiil  un  signe  de  croix,  disait  (i"an- 
(jiiilli'nicnl  :  <'  A  un  .iiilic.  »  El  rinimcision  conlinuail. 
Quaiil  à  la  |iaii\iv  iiiric.  rlli' se  consolail  en  songeant 
à  la  ludji'  placr  (|ir(i(i'iiiit'i  ail  an  cirj  son  clici'  iionrri.s.son. 

1(170.  La  Femme  de  Diomède,  |imlii;:ni'  par  riir'djiliili! 
Gautier.  Hrcité  par  inadnmiisflli"  l'avarl,  le  li»  janvier  t80(>, 
à  l'iiiaugiiraliDii  de  la  iniison  pompéienne  du  piincc  Napo- 
It'-dii.  iii-l"olio  d'inii'  pagr.  a  li'ois  colonnes.  Inipiimeric 
Chai.v,  à  Paris. 

Ce  prolofj;ue,  ipii'  mms  limivons  inscrit  sous  le  n"  l'.l'.i'i 
i\i-  l;i  Uililinr/Vdjihir  ili  Id  l'r>inrc  d^  '.\  mars  1800,  ni;  se  viMidail 
pas  ft  lut  (tfTiMt  si'ulrniL'nl  aux  invités  de  la  re[)ré^entalion. 
Il  reparut  dans  l'Artiste  le  l^'  janvier  1863,  et  prit  plaeo,  la 
même  année,  dans  les  Poésies  Nouvelles  de  Théophile  (îaut  ier  ; 
il  l'ii  lit  encore  partie  en  1866, et  n'en  sortit  (pi'cn  1S72,  jiour 
entrerdans  son  Thrôtrc,  (ju'il  n'a  plus  (|uitté  depuis. 

Voici  d'abord  quatre  vers  ii:édils  de  ce  prologue,  ijui  dr- 
vraicnl  cire  placés  après  le  cinipianliènie  de  la  pièce  : 

Le  peintre  qui  traça  sur  ce  l'ond  jtonipéien 
Ces  tableaux  loujouis  neufs,  comme  le  monde  ancien, 
Nous  montre  par  sa  lorme  et  ses  lignes  certaines, 
Qu'il  vient  de  Sicyone  en  passant  par  Athènes. 

Puis  une  variante  des  vers  soixante-treize  et  soixante- 
quatorze  : 

Et  je  vois  rayonner  la  noble  ressemblance 

Sur  plus  d'un  front  pensif  qui  m'écoute  en  silence. 

Enfin,  ce  rliangemeuL  jujur  les  vers  quatre-vingt-six  et 
quatre-vingt-sept  : 

En  bas  j'ai  vu  César,  —  ici  je  vois...  Auguste; 
En  langage  moderne  on  les  nomme,  je  crois, 


18  60.  -207 

1671.  Vaudeville  :  La  Pénélope  normande.  L'  Moniteur 
universel,  ITjfuivior  1860. 

1672.  Exposition  du  système  Rarey  (au)  Cirque    ^a.'^Q- 

léon.  Le  Miinileii.r  loiircrsel,  21  janviiM'  18()0. 

1673.  Théâtre  du  Cirquiî  :  L'Histoire  d'un  drapeau.  — 
Palais-Royal  :  J'invite  le  Colonel.  —  Théatue  Saint-Mar- 
cel :  Faire  son  chemin.  Le  Moniteur  unirersel,  23  janvier 
1860. 

1674.  Tableaux  de  l'école  moderne;  Exposition  au  profit 
de  la  caisse  de  secours  des  artistes  peintres,  sculpteurs, 
architectes  (et  dessinateurs.  I.  Delacroix.  IL  Jules  Dupré  ; 
Théodore  Rousseau;  Cabat;  Isabeyj.  Le  Moniteur  uniccr- 
.sc/,  6  et  9  février  1860. 

1675.  (Le  carnaval).  —  Palais-Royal  :  La  Pénélope  à  la 
mode  de  Caen.  —  Folies-Uramatiques  :  Viv'  la  joie  et 
les  pommes  de  terre.  Le  Moniteur  universel,  13  février  1860. 

1676.  Exposition  de  tableaux  modernes  au  profit  de  la 
caisse  de  secours  des  artistes  peintres,  statuaires,  archi- 
tectes. Gazette  (tes  Be(iu.i:-Arts,  lij  février,  l»^""  etlouuus  18G0. 
Ces  articles,  quoique  consacrés  à  l'analyse  des  mêmes  u'uvres 
que  ceux  du  Moniteur,  sont  rédigés  différemment;  ils 
parlent  de  Camille  Roqueplan,  Decaniiis,  Delacroix',  Meis- 
sonier,  Troyon,  Théodore  Rousseau,  Cabat,  Jules  Dupré, 
Jadin,  Marilhat,  Isabcy,  Diaz,  .Millet,  Ingres,  Gérôine,  Paul 
Delaroche,  Hippolyte  Flandrin,  Corot,  Bonington,  Ingres 
(dessinateur),  Barye,  Decam|is,  Delaroche  et  Cérùme  (dessi- 
nateurs), Eugène  Lami,  Paul  Huet,  les  Johaiiuot,  Charlet. 
Bida  et  Théodore  Rousseau.  Ils  ont  été  réimprimés  intégra- 
lement en  1880,  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier  : 
Tableaux  à  la  plume. 

^fi76l"^  Tableaux  de  l'école  moderne  ;  Exposition  au  pro- 
fit de  la  caisse  de  secours  des  artistes  peintres,  sculpteurs, 
architectes  et  dessinateurs.  (III.  Meissonier.  IV.  Petten 
Koffen;  Leys;  Raffet;  Bonington.  V.  Decamps  ;  Marilhat; 
Tournemine;  Diaz).  Le  Moniteur  uuirersel,  20,  23  et  2i-  fé- 
vrier 1860. 


•208  IIISTiHKIÎ  l)i:S  OKUVUES  HK  TH.  C.MTIKIl. 

1(177.  TjiKATHK-FuANr.Ai^^  :  Mort  de  Fonta.  —  (iAiii;  :  Le 
Préteur  sur  gages.  !.>'  Mmidur  idiin-rscl,  21  Irviicr  isr.o. 

l(i7S.  Odkon  :  Un  Parvenu.  /.'■  Mmulrtir  imirrrsfl,  :\  ni.iis 
18(')(>. 

nnn"^'"  Tableaux  de  lécole  moderne;  Exposition  au  pro- 
fit de  la  caisse  de  secours  des  artistes  peintres,  sculp- 
teurs, architectes  et  dessinateurs.  iVI.  Millet;  Couture; 
Jadin  ;  Tassaert  ;  Papety  ;  Camille  Roqueplan;  Troyon; 
Ch.  Jacques;.  L   M"iiiti m-  iiiiln-r>^cl,  7  iiiar.s  KSdU. 

1079.  Ambigu  :  Le  Compère  Guillery.  Lr  Muiiitcur  uni- 
versel, 12  mars  18(1(1. 

1680.  Thkatre-Français  :  Le  Feu  au  couvent.  —  Th.  dis 
Vahiktks  :  Une  Femme  aux  cornichons;  Quel  drôle  de 
monde!;  les  Portiers.  —  (Iv.mnase  :  Le  Cheveu  blanc.  — 
I'alais-Hoyal  :  La  Sensitiye.  —  (Nouvelles;.  Le  Moniteur 
universel,  2(»ni;ir.s  18(10. 

1 680 '>'*■  Tableaux  de  l'école  moderne;  Exposition  au  pro- 
fit de  la  caisse  de  secours  des  artistes  peintres,  sculp- 
teurs, architectes  et  dessinateurs.  VIL  Dessins  :  MM.  In- 
gres; Gérome  ;  Decamps  ;  Meissonier  ;  Deliroche;  Gallait; 
Lami;  Charlet).  Ij'  Mnullrur  uiiirrrsrl,  -il  mai's  !!S(l(i. 

1681.  Vaudeville  :  La  Tentation.  —  (Ivmnase  :  La  Voix 
du  ciel;  les  deux  Timides;  le  Paratonnerre.  Le  Moniteur 
universel,  26  mai's  1860. 

1682.  Tli.  (les  Variétés  :  La  grande  Marée.  —  Théaïbe 
Déjazkt  :  La  Marée  démontante.  —  (Le  Palais  des  fleurs,  à 
Villiers).  Le  Mniiitrur  uiiirirscl,  2  avril  18tiO. 

1683.  Le  Mont  Saint-Michel.  Le  Moniteur  universel,  3  et 
6  avril  1860.  O,  travail  a  reparu,  en  1865,  dans  Quand  on 
voyage,  par  Théophile  Gautier. 

1684.  Gymnase  :  Jeanne  qui  pleure  et  Jeanne  qui  rit.  — 
Th.  des  Variétés  :  Les  Amours  de  Cléopàtre.  Le  Moniteur 
universel,  11  avril  18(10. 

168:;.  La  Ronde  de  nuit,  tableau  de  Rembrandt,  litho- 
graphie par  Mouilleron.  Le  Moniteur  universel,  14  avili  i8(J0. 


ISlîO.  209 

1686.  TniiATKK-t'uAxr.Ais  :  Madame  Arnould-Plessy  dans 
la  nouvelle  version  de  l'Aventurière.  —  Odicon  :  Daniel 
Lambert.  —  (iAirt  :  Les  Aventuriers.  Le  Mmiikur  wikcrsri, 
17  avril  1860. 

1687.  Thkatre-Français  :  Représentation  au  bénéfice  de 
la  petite-fille  de  Racine.  —  Ambigu  :  La  Sirène  de  Paris. 
—  (PoKTK-SAiNï-MAmi.N  :  reprise  de  la  Closerie  des  Genêts  . 

Le  M'.niti'ur  universel,  2^  avril  18<)(i. 

1688.  Peintures  murales  de  M.  Matout  à  la  chapelle  de 
l'hôpital  La  Riboisière.  Le  M'Diiteue  univi-r^el,  tll  avril  I86(i. 
Cet  article  a  été  incomplètement  réimprimé  dans  l'Artiste  dn 
lo  décembre  de  la  même  année,  avec  un  titre  général  : 
l'Art  contemporain,  précédant  son  litre  réel,  et  dans  la  Gu- 
zette  des  Beaux- Arts  du  l.'i  avril  1861,  avec  une  introduction 
ditrérente  que  nous  citerons  à  sa  date.  (Voir  n»  17ol '''*). 

Voici  une  variante  inédite  du  début  de  ce  travail  : 

L'on  se  plaint  à  chaque  Salon  de  l'importance  que 
prend  le  genre  au  déli-iment  de  la  peinture  d'histoire. 
Le  grand  art  s'en  va.  répètent  en  chœur  heaucoup 
d'honnêtes  gens  qui,  on  ne  sait  pouripioi,  aiment  à 
rabaisser  le  siècle  oii  ils  vivent  L'aspect  des  E.xposi- 
tions,  au  premier  coup  d'œil,  semble  justifier  ces  jéré- 
miades. Les  petits  tableaux  abondent,  et  plusieurs  on! 
passé  parla  rue  Laffitte,  ou  du  moins  on  peut  le  croire  en 
les  voyant.  Leur  nombre  surpasse  de  beaucoup  celui  des 
œtivres,  nous  l'admettons  volontiers;  cependant,  à  ati- 
cune  époque,  on  n'a  fait  en  France  plus  de  grande  pein- 
ture qu'aujourd'hui  ;  il  suffit  de  regarder  au  livret  la 
liste  des  travaux  exécutés  dans  les  monuments  pubUcs 
pour  s'en  convaincre. 

Les  décorations  murales  des  palais  et  des  églises 
occupent  tous  les  artistes  que  leurs  études  ont  mis  à 
même  de  remplir  ces  lâches  importantes.  Les  compo- 

ir.  14 


■JIO  mSTOIlŒ  DES  OKL'VRES  DE  TH.  CAUTIEK. 

sillons  hisloi'i(|ut's  cl  l'oliuit'iises  dispai'iu's  des  Snlo)is, 
onit'iil  les  s;illt's,  les  ciiMuclies,  les  voùles  et  les  esca- 
liers (les  nioiiiimi'iils,  cl  pour  sr  laiic  iiiir  \rril;il)le  idée, 
du  point  où  m  est  liiii,  il  l'amlrail  allci'  \o\v  où  elles 
sont  ees  compositions  (iiToii  ne  sainail  délacher  du 
mur  ponr  les  en\o\ei- an  Palais  de  l'Industrie.  I.e  pro- 
plièle  voyant  qnv  la  nionlaune  ne  venait  pas  ;i  lui  allait 
à  la  nionta.une  :  le  public  ])lns  superbe  ou  plus  pai'es- 
seux,  ne  pi'end  pas  la  peiiu'  de  se  déranger  pour  des 
peintures  qui  ne  se  dérangent  pas. 

1089.  Odkgn  :  Cinna.  —  Tiikatiîi:  nu  (aiujiK  :  Le  Cheval 
fantôme.  —  Soirée  de  madame  Ristori).  Le  Moniteur  nni- 
sii,  30  aviil  ISHO. 

KuS".)'"-.  Exposition  de  tableaux  modernes.  Tableaux  de 
l'école  moderne,  etc.  ;  VIII  .  Toiles  nouvelles  :  MM.  Boning- 
ton;  E.  Delacroix;  Ricard;  Riesener;  Gudin;  Zichy;  etc.. 
Le  Monilenv  universel,  o  mai  1800. 

1000.  Odèo.v  :  Les  Profits  du  jaloux.  —  I'alais-Hoyai.  :  Les 
Jours  gras  de  Madame.  —  Thioatiu:  Dkjazet  :  Monsieur 
Garât.  Le  Moniteur  universel,  7  m.ii  1800. 

1091.  ÏHÊATaE  Vkntadour  :  Elisabetta  regina  d'Inghil- 
terra;  Mcdea.  —  Odkon  :  Représentation  au  bénéfice  de 
mademoiselle  Trochu;  Andromaque.  Le  Moniteur  universel, 
14  mai  1S:".0. 

1092.  Collection  chinoise  rapportée  par  M.  C.  de  Monti- 
gny.  Le  Moniteur  universel,  18-19  mai  1800. 

100:i.  TnKATUK-FiiANr.Ais  :  Les  deux  Veuves.  —  Odkon  : 
Une  Veuve  inconsolable.  —  Gymnase  :  Les  Pattes  de  mou- 
che. Le  Moniteur  universel,  23  mai  1800. 

1094.  (jAiTK  :  Une  Pécheresse.  —  I'alais-Roval  :  Le  Pan- 
talon de  Nessus.  —  Théatue  Saint-Mahcel  :  Le  Barde  gau- 
lois. —  Theatue  Beau-marchais  :La  Jeunesse  de  Franklin. — 


18fi().  211 

Madame  Caroline  Gilbert  à  l'Ambigu.  Le  Moniteur  universel, 
28-29  mai  1800. 

169o.  Palais-Royal  :  Les  Trois  fils  de  Cadet  Roussel.  — 
Th.  des  Variétés  :  Sourd  comme  un  pot.  Le  Monilnir  uni- 
versel, o  juin  186Ô. 

l()0(i.  Théâtre-Français  :  Anniversaire  de  Corneille  :  La 
Mort  de  Pompée;  le  Menteur;  reprise  de  Péril  en  la  de- 
meure. —  Vaudeville  :  L'Envers  d'une  conspiration.  — 
Th.  des  Variétés  :  La  Fille  du  Diable.  Le  Moniteur  univer- 
sel, lo  juin  18(50. 

1697.  Porte-.Saixt-Martin:  Le  Gentilhomme  de  la  monta- 
gne. —  Amrigu  :  reprise  du  Juif-Errant.  Le  M'uiUeur  uni- 
versel, 20  juin  1860. 

1698.  Album  xilographique  de  Linton.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 26  juin  1860. 

1699.  Théâtre  -Français  :  reprise  de  le  Cœur  et  la  Dot. 
— Théâtre  du  Cirque  :  Le  Bataillon  delà  Moselle.  — Gaîté: 
La  petite  Pologne.  Le  Moniteur  unirirsel,  2  juillet  1860. 

1700.  Théâtre  Déjazet  :  Séances  géologiques  de  M.  Rohde. 

Le  Moniteur  universel,  10  JuilIeL  1800.  Cet  ailiclc  a  lepani 
dans  l'Artiste  du  lo  août  de  la  même  année,  sous  le  titre  de  : 
Histoire  géologir/iœ  du  monde. 

1701.  Vaudeville  :  La  Femme  doit  suivre  son  mari; 
Toute  seule  :  le  Trésor  de  Biaise.  —  Palais-Uoyal  :  Le  Ca- 
pitaine Georgette;  Fou-Yo-Po.  Le  Mnnileur  universel,  li;  juil- 
let 1860. 

1702.  Porte-Saint-Martix  :  reprise  de  :  les  Étudiants.  — 
Le  Théâtre  et  l'Architecte  (brochure),  par  M.  Tréiat.  Le 
Moniteur  universel,  l^""  août  1860. 

1703.  Théatre-Fraxqais  :  L'Africain.—  Vaudeville  :  Ce 
qui  plaît  aux  Femmes.  Le  Moniteur  universel,  14  août 
1860. 

1704.  Les  Vosges,  par  J.  .1.  Hellel.  Viiif^t  dessins  d'après 
nature,  lithographies  par  J;  Laureiis.  Texte  descriptif  par 


212  IIISTOIIIR  l)i:S  Oi:iVHKS  1)K  TH.  HAl'ïlKK. 

'riR'(i|ilul.'  daulKT.  lu-liilio  (II-  JO  paj-'i's.  liii|ii  iiiii'iii'  il'' 
Clm/r,  à  Paris.  —  A  Paris,  dw/.  Mnrcl  ri  Compdijuir,  IS,  mr 
Vivit'iiiic,  à  P;iris.  l'rix.  lit)  IVaiics. 

Nous  IriniVdiis  col  mivra^-o  insciil  smi-;  li'  n»  7200  de  la 
hililiiiijritpltir  dr  l>i  Vnincr  du  IS  août  I.S(iO.  Son  le\\v.  a 
l'cparu.  on  1881,  dans  le  volunic  do  Thr-opliilo  ('.aiilii'i'  inli- 
lidé  :  /('S  Vacances  iln  hindi  :  (nblcaux  de  mnnhiiines.  IJiir 
particularilt''  ciiiiouse  s'allaclin  à  ces  pafios;  c'csl,  depuis 
VVH/sc'(voir  II"  771.  runi(|ue  voyage  que  l'auleiif  n'ait  pas 
exécuté  liii-inrine  avani  d'en  rendre  compte.  Il  a  été  écrit 
sur  le  seul  examen  des  dessins. 

170;).  Représentations  gratuites.  —  TmiATRE  du  Cirque  : 
reprise  de  la  Poule  aux  œufs  d'or.  />'■  Mintitciir  univcnci, 
■2[  auùl  IS()(i. 

1700.  ^Nécrologie  :  )  Decamps.  L  Munilinr  iniiierarl, 
27  août  1800.  In  iVagmenl  de  cet  article  a  été  réimprimé 
en  1879,  sous  le  titre  de  :  l'Enterrement  d'un  peintre,  dans  les 
CheCs-d' œuvre  dei>  proantriirn  français  au  XIX^  siC'cle,  recueil- 
lis par  MM.  Victor  Tissot  et  Louis  Collas. 

ro7.  Exposition  du  boulevard  des  Italiens;  ancienne 
école  française.  ,1.  Largillière  ;  Rigaud:  Nattier  ;  Tocquéj. 

Le  Moniteur  universel,  W  août  ISOO. 

1708.  THÉATi\i:-FiiANr.Ais:  Débuts  de  M.  Guichard  et  de  ma- 
demoiselle Ponsin:  reprise  d'Horace  et  Lydie.  —  (ivMNASE  : 
La  Folle  du  Logis.  —   La  Chronique  universelle  illustrée). 

Le  Monileur  universel,  3  sepLemlire  1800. 

I708'''\  Exposition  du  boulevard  des  Italiens  ;  ancienne 
école  française.  (II.  Watteauj.  Le  Moniteur  universel,  '6  sej»- 
lembre  1860. 

1709.  École  des  Beaux-Arts  :  Concours  pour  le  Grand 
Prix  de  sculpture.  Le  Moniteur  universel,  7  septembre 
1 800. 

1710.  Odkon  :  Le  Parasite;  les  Mariages  d'amour.  — 
Porte-Saint-Marti.n  :  Le  Pied  de  mouton.  Lr  Moniteur  uni- 
versel, H  septembre  1800. 

Il  il.  École  des  Beaux-Arts:  Concours  pour  le  Grand  Prix 


1800.  21:j 

de  gravure  en  taille-douce.  Le  Monilcur   imiverscl,  i:]  sop- 
I  ombre  1860. 

1712.  GyMNASi-:  :  Le  Voyage  de  monsieur  Perrichon.  — 
Th.  des  V.AHiÉTKs  :  Monsieur  Joseph  Prudhomme  chef  de 
brigands;  Une  Chasse  à  Saint-Germain.  —  Cihque  de  i/1.m- 
pÉnATRicE  :  L'Homme  incombustible.  Le  Moniteur  universel, 
18  septembre  1860. 

1713.  École  des  Beaux-Arts  :  Concours  d'architecture 
pour  le  Grand  Prix  de  Rome.  Le  Monilcur  universel,  21  sep- 
tembre l.SOO. 

1714.  Odéon  :  Débuts  de  mademoiselle  Karoly  dans  les 
Horaces.  —  Ambigu  :  La  Maison  du  Pont-Neuf.  Le  Moniteur 
universel,  2b  septembre  1860. 

1715.  École  des  Beaux-Arts:  Concours  de  peinture  pour 
le  Grand  Prix  de  Rome.  Le  Moniteur  universel,  28  septembre 
1 860. 

1716.  Vaudeville  :  Une  Tasse  de  thé.  —  Palais-Royal  : 
Un  gros  Mot;  La  Famille  de  l'horloger.  —  Di'lassements  : 
Le  Spectacle  du  ciel,  de  M.  Rohde.  — (La  Chronique  uni- 
verselle illustrée  .  Le  Moniteur  nnirersel,  \'^^  octobre  1860. 

1717.  École  des  Beaux-Arts  :  Envois  de  Rome.  Le  Moni- 
teur universel,  5  octobre  1860. 

1718.  Odéon  :  Les  Vertueux  de  province;  Débuts  de  ma- 
demoiselle Karoly  dans  Andromaque.  —  Th.  des  VAniÉxÉs  : 
Ce  qui  plaît  aux  Hommes.  Le  Moniteur  universel,  0  octobre 
1860. 

1719.  Gaîté  :  L'Escamoteur.  Le  Moniteur  universel,  la  oc- 
tobre 1860. 

1719''"*.  Exposition  du  boulevard  des  Italiens;  tableaux 
de  l'école  française  ancienne.  (III-  Pater;  Lancret;  Des- 
portes; Lemoine;  Boucher).  Le  Moniteur  universel,  18  octo- 
bre 1860. 

1720.  Vaudeville  :  Rédemption.  Le  Moniteur  universel, 
2.3  octobre  1860. 


214  IlISTOinR  OF.S  ma'VUKS  l)K  TH.  (.AITII',!!. 

ITOn'i*.  Exposition  du  boulevard  des  Italiens;  tableaux 
de  l'école  française  ancienne.  (IV.  Chardin).  I.r  M^niliiir 
universel,  2>  oclnliic  ISdO.  (loi  articli"  a  (Hr  i'(''iiii|ii  iim''  iti- 
roinplt'lomcMil,(laiis  l'Arliste  du  \',\  IV'vricr  liSCii,  sous  le  lilic 
(le  :  /(',s'  Co/i )?7.s7i  s  frinii''ii>^:  (lutnlin. 

1721.  Oiii:oN  :  La  Vengeance  du  mari.  —  (Iymnask  :  Le 
Capitaine  Bitterlin;  Un  Tyran  en  sabots.  Le  Maiiilciir  imi- 
rersel,  29  ocloltro  l.sc.O, 

17-22.  TnK.\TRE-riUNn.\is  :  Cinna.  —  Tli.  des  VAuiiVriis  : 
Un  Troupier  qui  suit  les  bonnes  :  le  Guide  de  l'étranger  à 
Paris.  Le  Monileur  uitirersrl,  (l  iinvcnilirc  ISCiO. 

1723.  Les  Joujoux  de  la  morte.  lUettc  Naliumile  et  Elran- 
(/rre,  i(l  novi'iulii'c  1S(il».  Ces  vers  soiil  entrés,  ou  iSii;}.  dans 
1,1  (juatiirme  édilion  des  Kmini.r  et  r^//»(rs  ffaisaiiL  iiarlicdii 
vnluin  '  ^\^^^:>■  P'iésics  Noiivclli'^},  cl  ils  ne  les  rnil  |iliis  (|iiill(''S 
depuis. 

1724.  Théatue-Fr.^nç.xis  :  La  Considération.  Le  Moniteur 
2tnirersel,  12  iinvpinhre  ISCiO. 

i72i''\  Exposition  du  boulevard  des  Italiens;  tableaux 
de  l'école  française  ancienne.  (V.  Fragonardy.  Le  Moniletir 
vnieemelj  10  n()vend)r('  l(Stl(). 

172r>.  Odkon  :  L'Épreuve  avant  la  lettre.—  Palais-Roy.\l: 
J'ai  perdu  mon  Eurydice.  —  Thkatre  Déjazet  :  Trottmann 
le  Touriste.  —  Nouvelles).  Le  Moniteur  universel.  11)  mi- 
veiiibie  l<Sli(t. 

1725'^''.  Exposition  du  boulevard  des  Italiens;  tableaux 
de  l'école  française  ancienne.  VI.  Greuze  .  Lr  Mimitrttr 
îiniversrl,  2(i  novembre  IHiin.  Cet  ailicle  a  été  réimprimé 
deux  fois  {\)  dans  l'Arlisle,  numéros  des  lo  octobre  18(51  et 
1er  octobre  ISti.S  :  la  premièi'C  fois  sons  le  titre  de  :  Chardin 
et  Greuze,  la  seconde,  sous  relui  de  :  Greuze  et  Chardin. 

1726.  Ambigu  :.La  Dame  de  Monsoreau.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 27  novembre  1860. 

1727.  Vaudeville  :  Les  Mitaines  de  l'ami  Poulet.  — 
Palais-Rotat,  :  Le  Passé  de    Nichette:  le  Serment  d'Ho- 


ISfiO.  215 

race.  —  Gymnase  :  reprise  de  la  Dame  aux  Camellias.  — 
(Porte  Saint-Martin  :  reprise  du  Pied  de  Mouton).  Lr  Mo- 
niteur universel,  3  déceinl)re  ISliO. 

1728.  Odf.on  :  L'Oncle  Million.  Le  Monileur  universel, 
10  décembre  1860. 

1728  2°.  Exposition  du  boulevard  des  Italiens;  tableaux 
de lecole  française  (ancienne  .  VII.  Prudhonj.  Lr  MunUcur 
îtniversel,  lii  déconiltie  18G0. 

1728  30.  Bibliographie  :  Théâtre  de  madame  Emile  de 
Girardin.  L-^  Mntiilcur  uairersrl,  20  décembre  ISiiO.  Iji  INOI, 
Théophile  Gautier  refondit  ce  travail  avec  cehii  ({iTii  avait 
publié  dans  l Artiste  en  1857  (Voir  n»*  liJOl  et  1744  *>'•),  et  en 
forma  la  notice  qu'il  mit  en  tête  des  Œuvres  complètes  de 
madame  Emile  de  Girardin.  Le  texte  de  cette  notice  est  le 
plus  complet  de  tous,  et  c'est  celui  qiu  doit  étie  pris  pour 
base  en  cas  de  réimpression.  Lors  de  la  refonte,  dans  celte 
notice,  des  articles  en  question,  certains  passages  de  celui 
qui  nous  occupe  ici  ont  été  supprimés;  nous  allons  les  citer, 
en  commençant  par  l'introduction  : 

Les  Œuvres  complètes  de  madame  Emile  de  Girardin 
n'avaient  pas  encore  été  réunies  dans  un  format  digne 
d'elles.  Cette  lacune  regrettable  vient  d'être  comblée, 
et  désormais  les  amoureux  de  ce  charmant  esprit  ne 
seront  plus  obligés  de  le  chercher  à  travers  des  volumes 
disparates  peu  faits  pour  les  rayons  d'une  bibliothèque 
sérieuse.  Ces  (ouvres  formeront  six  tomes  grand  in- 
octavo,  sur  beau  papier,  imprimés  avec  le  soin  que 
Henri  Pion  apporte  aux  ouvrages  qu'il  publie,  et  d'une 
irréprochalde  correction  de  texte.  C'est  un  monument 
élevé  à  une  chère  mémoii*e,  plus  durable  que  la  tombe 
de  marbre  blanc  ornée  d'une  simple  croix  qui  recouvre 
la  dépouille  terrestre. 

Parmi  les  tomes  parus  se  trouve  celtii  où  sont  rassem- 


^>l(i  HISTOIRE  DES  ŒUVRES  DE  TH.  nAUTIER. 

\)\{'0>  les  (l'iiM'cs  (IraiiialitiiK's  de  inadaiiic  Mmilc  df 
Giranliii  et  qui  l'issoi'lcnl  du  IViiilIcloii  de  llii'àlrc.  C/cst 
un  lioidit'iir  iiour  nous  de  rcNcnir  sur  ces  pièces,  à 
l'éclosion  desquelles  nous  avons  pour  ainsi  dire  assisté', 
e(  dont  nous  avons  suivi  la  lorlunc  avec  une  (Muolion 
que  nos  propres  œuvres  ne  nous  eussent  certes  pas 
inspirtV\ 

Eiisuilo,  avant  do  reproduire  dans  /c  Moiiilcttr  m\  passade 
de  son  feudlflon  do  Ui  Prctisr  du  l.'i  novembre  1847  sur  Cliv- 
pâtre,  Tliéopliilc  (".aiiliiT  Ir  fail  précéder  de  ces  lignes  : 

Dans  le  leiiillcluii  (|iie  nous  écrivîmes  sur  la  pièce 
diMiiadanie  Emile  de  Girardin  se  trouve  cette  apprécia- 
tion du  caractère  de  Cléopâtre,  qui  alors  nous  préoc- 
cupait vivement.  Notre  enthousiasme  pour  la  reine 
d'Egypte  n'avait  peut-être  pas  été  sans  quelque  inlkience 
sur  le  choix  du  poète  cherchant  parmi  les  sujets  tra- 
giques un  rôle  pour  Rachel.  Voici  ces  lignes  pi'ofon- 
dément  oubliées,  que  nous  jugeons  inutile  de  récrire 
en  d'auti'es  termes,  car  elles  seront  à  coup  sûr  nouvelles 
pour  nos  lecteurs  : 

Aujourd'hui,  dans  la  uolice,  le  inrnie  fragment  du  feuil- 
leton de  la  Presse  est  conservé,  mais  non  plus  comme  cllation, 
el  rien  n'indique  qu'il  soil  enqjrunté  à  un  article  déjà  paru 
ailleurs  11  faudrait  donc  rétablir  le  fragment  qu'on  vient  de 
lire  dans  la  version  définitive  de  ce  travail.  Après  sa  citation, 
Théophile  Gautier  disait  (dans  le  Monileitr)  : 

Ce  programme,  madame  de  Girardin  ne  l'a  pas  rem- 
pli complètement.  Le  cadre  restreint  du  drame  s'y 
oppose,  et  Shakspeare  lui-même  n'a  pu  qu'ébaucher 
la  figure  de  Cléopâtre. 

(iCtle  phrase  est  modiliéo  dans  la  notice. 


1860.  217 

1729.  Théatre-Fiiançais  :  Phèdre,  et  les  Plaideurs,  pour 
l'anniversaire  de  Racine.  —  Le  Lac,  de  M.  Alphonse  de 
Lamartine,  illustré  par  M.  Alexandre  de  Bar.  Le  Moniteur 

uniccrsel,  24  déceiuhre  ISHO. 

1730.  Voyage  en  Orient,  par  Gérard  de  Nerval.  Revue 
Nationale  cl  Êli<in(jèi'c,2'6  décembre  1860.  Cet  article  a  servi, 
en  1873,  de  Préface  à  une  nouvelle  édition  du  livre  de  Gérard 
de  Nerval,  et,  en  1877,  il  est  entré  dans  le  tome  premier  de 
l'Orient  par  Théophile  Gautier,  sous  le  titre  de  :  Syiic,  à 
propos  du  Voyage  en  Orient  de  Gérard  de  Nerval. 


18G1 


ITiil.  VArni'Vii.i.i:  :  Les  Femmes  fortes.  —  Tli.  des  Vaiuk- 
TKS:  Oh!  là!  là!  qu' c'est  bête  tout  çà  !  Le  Moniteur  inii- 

VO'Scl,  2  j;iii\  ii'l'  1801. 

1732.  Thi'athe  du  Cirquic  :  Les  Massacres  de  Syrie.  Lr 
Moniteur  universel,  7  janvier  1801. 

1733.  Panorama  de  la  Prise  de  Sébastopol.  Le  Moniteur 
universel,  K'  janvier  1801. 

1734.  Le  Jésus  des  neiges:  Noël.  LePapillrm,  n"  1,  10  jan- 
vier 1861.  Kn  1803,  ces  vers  onl  reparu,  sous  le  seul  titre  de 
Xocl,  qu'ils  ont  toujours  gardé  depuis,  dans  la  qualriènie 
édition  des  Émaux  et  Camées  (faisant  partie  ilu  volume  des 
Poésies  N'iureUes),  qu'ils  n'ont  plus  quittés.  Ils  onl  été  réim- 
primés en  fac-similé  dans  la  livraison  du  PunlhéiDi  des 
ilItistratiiiHA  franryiises  au  dix-neuvième  siècle  eonsaerée  à 
Théophile  Gautier,  et  se  trouvent  aussi  dans  VAntholoQie  des 
poètes  français,  publiée  ciicz  Lemerre  en  1873,  et  dans  le 
Glohe  hebdomadaire  du  27  décembre  1879.  Enfin  ces  strophes 
ont  été  mises  en  musique,  sous  le  titre  de  :  Nocl ,  par 
MM.  V.  Mas.sé,  Hillemaclicr.  Cli.  I.er()(([,  U.  Cottier,  G.  Spetz 
el  J.-i5.  (le  Rongé:  sous  celui  de  :  Aoc/.'  Nocl!  par  M.  Em, 
Cliaze;  sous  celui  de  :  le  Jésus  des  neiijes,  chant  de  Nocl,  jtar 
M.  .1.  Baudot:  sous  celui  de  :  l'Enfant  Jésus,  par  M.  A.  Cœdés 
el  sous  celui  de  :  Les  Cloches  de  Nocl,  par  M.  F. -A.  Gevaerl. 

1733.  Théatre-Fhaint.ais  :  Les  'Lilïoxiié^.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 14  janvier  1861. 


18  01.  219 

1736.  Gymnask  :  La  Famille  de  Puiméiié.  —  GaItij  :  Reprise 
d'André  Gérard.  Le  Moniieuruniversei,  ii  yamiev  iSirl. 

1737.  Un  portrait  de  femme,  par  Holbein.  Ja'  Moniteur 
universel,  2()  janvier  1861. 

1738.  Thkatre-Franqais  :  Les  Fourberies  de  Scapin;  le 
Sicilien.  —  Odéon  :  Les  Frelons.  —  Palais-Royal  :  Les 
Pénates  de  M.  Gif  lard.  Le  'Mu)ii(eur  universel,  28  janvier  1 861 . 

1739.  (Nécrologie  :)  Henry  Murger.  Le  Monileur  unirersel, 
1"  février  1861 . 

1740.  Les  Nuits  d'Hiver,  par  Henry  Murger.  Le  Moniteur 
universel,  4  février  1861.  Ce  morceau  a  reparu  quelques 
semaines  api^ès,  incomplètement  réimprimé,  en  télé  du 
volume  même  de  Murger,  et  en  1874,  toujouis  inromplel, 
dans  les  Forlrails  Contemporains,  pai'  Tliéopliile  Gautier, 
sous  le  titre  d'Henry  Murger;  il  y  est  daté  par  erreur  de  : 
Moniteur  universel,  !«''  février  1861. 

1741.  Concours  pour  le  nouvel  Opéra;  exposition  des 
projets.  Le  Moniteur  universel,  11  février  1861. 

1742.  Appartements    du  nouveau  ministère  d'État.    l-,e 

Moniteur  unirersel,  lii  février  1861. 

1743.  Exposition  du  boulevard  Italien  ;  La  Source,  tableau 
de  M.  Ingres.  Le  Mnnitenr  universel,  18  févriei-  1861.  Cet 
arlicle  contient  un  long  fragment  de  celui  de  l'Artiste  du 
l"  février  18o7  (Voir  n»  1475).  11  y  est  question  ensuite 
d'autres  tableaux  exposés  par  MM.  Decamps,  Gustave  Bou- 
Janger,  Corot,  Ricard,  Ronnegrâce,  Hreton,  Rousseau,  Cabot 
et  G.  Doré. 

1744.  (Nécrologie  :  Eugène  Scribe.)  —  Palais-IJoyal  :  La 
Mariée  du  Mardi-Gras.  —  Gaîté  :  Les  Trente-deux  duels 
de  Jean  Gigon.  —  Vaudeville  :  Vingt  francs,  s.-v.-p.  — 
Gymnase  :  Le  Sacrifice  d'Iphigénie  ;  J'ai  compromis  ma 
femme;  le  Gentilhomme  pauvre.  Le  Moniteur  universel, 
2.')  février  18GI. 

1744''''.  Œuvres  complètes  de  Madame  Emile  de  Girardin, 


■i-^0       iiisToiiti:  nr.s  okivuks  dk  th.  cmtiku. 

née  Delphine  Gay.  roiiu'  I  d  II.  (InlKidui'lion  par  Tliropliiic 
li.iiilicr.^  Poili.iil  par  Cliassôrian,  j^iavi''  |>ar  l-'lainciif,'.  iii-S», 
l'iiscmlilc  (II'  \.\  -  '.I  l'.l  paL;i'S.  Iiiipi  iiin'iir  ri  liluaii  ic  de  l'Inn, 
8,  1  lie  (iaïaiii'it'ii'.  à  l'aii>>.  I'ii\  :  (i  lianes  le  voliiiiio. 

Km  Irlt'  de  cctlc  rdilioii,  (pic  nous  Irmivoiis  iiisci'ili'  sixi.s 
If  11"  2()7(>  do  l(t  BibliiKjniphic  de  ht  France  du  2  mars  1801, 
Tlirophilc  riaiitici-  a  placô,  en  lui  dnnnaiil  piuii  lih c  :  Muildiiif 
Kiiiilr  lie  liii'dnti)),  sa  iiolicc  pulilii'c  dans  l'Aitistf  eu  \H'M, 
et  son  arliclo  sur  le  Tliriilrc  de  iiiadaiiic  du  (iirardiu  paru  ou 
1800  dans  le  Moniteur  nnircrsel.  (Voir  n"'  IVA)\  et  1728  3°.) 
Ces  deux  morceaux  sonl  relbiulus  ici,  coiiinii'  nous  l'avons 
dt'jà  dil,  pI  si  nous  les  indi(|iions  de  nouveau,  c'osL  parce 
(pi'ils  couliemient  plusieurs  passaj^es  inédils,  enlre  auli-es  le 
début  du  travail,  où  se  trouve  la  phrase  que  nous  avons  citée 
à  la  lin  de  noire  préface.  C'est  celte  version,  la  plus  com- 
plète de  toules,(pii,  augmenlée  encore,  devrait  l'estei^l'édilinn 
t^pe;  nous  avons  cité  déyà  les  fragments  des  autres  articles 
de  Théophile  Gautier  supprimés  ici. 

A  propos  de  madame  Emile  de  Girardin,  voici  un  billet 
inédil  de  l'auteur  de  Fortunin  qui  lui  est  adressé  : 

iMadame, 

Excusez-moi  de  ne  pas  me  rendre  à  voire  invitation  ; 
il  vient  de  m'arriver  le  plus  afTreux  malheur  ;  Maman 
s'est  cassée  la  cuisse  en  venant  chez  moi  ;  elle  est  restée 
sur  la  place  et  l'on  n'a  pu  la  rapporter  à  la  maison. 

Croyez  qu'il  me  faut  un  aussi  triste  motif  pour  nr.e 
priver  du  plaisir  d'aller  mollro  mos  hommages  à  vos 
pieds. 

Théophile  Gautier. 

Lundi,  1"  janvier  1838. 

174o.  Odko.n  :  Une  fête  de  Néron.  —  Vaudeville  :  Je 
vous  aime.  —  Cirque  Napolko.x  :  Débuts.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 4  mars  1861. 

1746.  Ambigu  :  L'Ange  de  Minuit.  —  Th.  des  Variétés  : 
Les  Rameneurs  :    Paris   quand   il  pleut  ;    la  Chasse  aux 


1861.  -^-^l 

papillons.  —  (Un  Proverbe  de  M.  Charles  Edmond).  Le  M'- 

niteur  universel,  11  mais  1861. 

1747.  Odron  :  Le  Portrait  d'une  jeune  femme.  —  Vaudk- 
viLLR  :  Ma  femme  est  troublée  ;  les  Vivacités  du  capitaine 
Tic.  Ln  Moniteur  uiiirrrsel,  21  mais  186!. 

1748.  Thi:atrf,  du  Cirque  :  Le  Prisonnier  de  la  Bastille. 
—  Gaîté  :  La  Fille  des  Chiffonniers.  Le  Moniteur  universel, 
2.")  mars  1861. 

1749.  Odéon  ;  Jaloux  du  passé;  Béatrix.  —  Gy.mnase  :  Les 
Trembleurs.  —  Th.  des  Vaiuktks  :  Yamenheirr.  —  Théâtre 
Déjazbt:  Panne-aux-airs.  Le  Moniteur  universel,  8  avril  1861. 

i7:)0.  Porte  Saint-Martin  :  Les  Funérailles  de  l'hon- 
neur. Le  Moniteur  universel,  lo  avril  1861. 

1751.  Vieille  guitare  romantique  :  Carmen.  Revue  fan- 
laisiste,  la  avril  1861.  Ces  vers  out  reparu,  en  1863,  sous 
le  seul  titre  de  Carmen,  dans  la  quatrième  édition  des 
Énunix  et  C'«//i'it'.s"  (volume  des  Poésies  Nenivelles);  depuis,  ils 
ont  toujours  fait  partie  de  ce  recueil.  En  1869,  Carmen  dut 
être  réimprimée  aussi,  en  fac-similé  de  l'autographe,  dans 
l'album  intitulé  :  rObole  de  la  Vie  Moderne  aux  inondés  de 
Mureie;  mais,  au  dernier  moment,  la  censure  n'a  pas  autorisé 
la  publication  du  dessin  qui  devait  accompagner  cette  repro- 
duction. Carmen  a  élé  mise  en  musique  par  MM.  A.  Cœdés 
et  E.  Lespinasse. 

Vieille  Guitare  romantifjue  a  reparu  aussi  dans  la  Revue  de 
Paris  du  20  novembre  1864. 

17ol  ''''.  Peintures  murales  de  M.  Matout  à  l'hôpital  La 
Riboisiére.  Gazette  des  Beaux- Arts,  lij  avril  1861.  Cet  article 
n'est  que  la  reproduction  de  celui  du  Moniteur  universel  du 
27  avril  1860  (voir  n"  1688);  l'introduction  que  voici,  est 
seule  ditférente. 

Les  Paiisiens,  lorsqu'ils  sont  en  voyage,  ne  manquent 
pas  de  visiter  les  églises  que  les  Guides  indiquent 
comme  ornées  d'objels  d'art  et  de  peintures;  mais  ils 
négligent  ce  soin  dans  leur  patrie,  et  la  plupart  igno- 


•iJJ  IIISTOIUK  1H;S  (IHIVUKS  l>K  TH.  (..M  TIKIÎ. 

iTiil  li's  iioinliiciix  l'I  iiii|ioiia:ils  lra\aii\  iluiil  uns 
Icinples  sr  soiil  (Miricliis  depuis  ('(«s  dciwiièrcs  années. 
—  niMUi'Oiip  (le  chapelles  iiiéi'ileraieiil  di'lie  ('(inmies 
el  déeriles,  eai"  des  ailisles  recdiiiiiiandahli's  \  oui 
cnlolli  le  ineilleiii'  de  leur  lalriil.  Le  lahleaii  d'é^ylise 
a  éli''  iviiiplaré  par  la  pi'inliii'e  nmi'ale.  cl  c'est  ce  ipii 
l'Vpliipie  p(iiiC(pini,  ;'i  cli.npic  Saloil,  011  sc  pl.Hid  de  la 
dispaiilion  de  la  .urande  ininliire,  cai-  en  ne  sait  pus 
assez  à  iiucls  labeurs  sc  sonl  livrés,  dans  le  demi-jour 
des  cliai)elles,  aux  plafonds  des  palais,  sur  les  liéini- 
cyclcs  iU'>  nionumenls.  les  peinli'es  dont  on  lioui'rnande 
la  paresse.  La  nudité  de  nos  églises  se  revêt  pailoul 
d"un  splendide  vèlenienl  de  fresques;  mais  riiez  nous 
la  dévotion  seule  attire  le  lidèleaii  temple  :  il  \  clierchc 
Dieu,  et  non  fart.  L'image  du  saint  le  satisfait,  mémo 
mal  dessinée  cl  mal  peinte.  Ce  catholicisme  dilettante, 
si  fréquent  en  Italie,  n'existe  pas  en  France.  Les  ama- 
teurs ne  vont  qu'aux  musées.  —  Cependant,  même  au 
point  de  vue  le  plus  sévèrement  religieux,  c'est  une 
(cuvre  pie  que  d'aller,  dans  les  intervalles  des  oflices, 
admii-er  les  peintures,  les  statues,  les  orfèvreries,  les 
vitrines  que  l'enferment  les  édifices  consacrés  au  culte. 
Ce  nouveau  système  de  décoration  les  rend  tout  aussi 
intéressants  que  telle  chapelle  ou  telle  loggia  qu'on  sc 
reprocherait  de  ne  pas  voir  en  tout  autre  pays  :  Saint- 
Séverin  ,  Saint  -  Germain  -  des-Prés  .  Saint -Germain- 
l'Auxerrois,  Saint-Meni,  Sainte-Clolilde,  Notre-Dame- 
de-Lorette,  Saint-Roch,  Saint-Philippe-du-Roulc,  Saint- 
Eustache,  Saiut-Suli)i('e.  la  cliapelle  de  l'hôpital  LaRi- 
hoisière,  pour  ne  parler  (pie  des  églises  renfermant  des 
richesses  trop  dédaignées.—  Là  se  trouvent  les  œuvres 
les  plus  remarquables  de  Delacroix,  de  Flandrin,  de 


1861.     .  n:i 

Gérôme,  de  Lehmann,  dAmaiiry  Diival,  dOrscl,  do 
Perrin,  de  Coulure,  de  Cliassériau,  de  Matout,  cl  de  bien 
d'aulres  dont  la  nomenclature  serait  trop  longue. 

J7;i2.  Vaudeville  :  La  Poule  et  ses  Poussins.  —  Tli.  des 
Variétés  :  Le  Menuet  de  Danaé  ;  Un  Hercule  et  une  jolie 
Femme.  Le  MonKcnr  inurersel,22n\n\  I8G1. 

17:)3.  PohTE  Saint-Martin  :  Reprise  de  la  Tour  de  Neslc. 
—  Théâtre  Déjazet  :  La  maison  Saladier:  l'Amour  du 
Trapèze.  —  Salle  Kiurd  :  A  la  porte.  —  (Ciuqlie  d'Kté). 
Le  Moniteur  wiirersel,  2'.)  avril  ISlil. 

ITiii.  Salon  de  1861.  L  Coup  d'oeil  général.  II.  Peinture). 
A.  MM.  0.  Achenbacli;  Aligny:  Amaury-Duval;  Anastasi  ; 
Anker;  Antigna;  Appert;  Aubert.  III.  B.  MM.  Balleroy; 
Baron  (Henri  ;  Barrias;  Baudry.  Le  Moniteur  universel,  1, 
(i  et  lU-il  mai  1801.  Ce  .salon  fut  réimprimé  en  volume  la 
même  année,  chez  Bentu,  sous  le  titre  de  :  Abécédaire  du 
Salon  de  1861  ;  nous  donnons  ici  ce  renseignement  une  fois 
pour  loulcs.  Dans  le  parai!ra|>lic  relatif  à  Alieny,  Théophile 
(iautier  cite,  sans  s"en  déclarer  l'auteur,  cpielques  vers  de  sa 
pièce  :  A  trois  2^'iy gagistes,  parue  dans  la  Presse  du  27  avril 
1830.  Il  faut  remaripier  aussi  (|ur  roidie  alphaljétique  des 
noms,  étahli  en  volume,  landis  qu'il  ne  l'est  dans  le  Moni- 
teur que  pour  l'ordre  successif  des  lettres  initiales,  a  fait 
transposer  de  place  plusieurs  noms  dans  le  livre;  de  plus 
toutes  les  indications  de  chapitres  étant  supprimées  en 
volume,  il  en  résulte  (pie  l'ordre  de  lecture  n'est  pas  le 
même  dans  le  journal  que  dans  le  livre. 

17:;;;.  Cymnase  :  La  Vertu  de  Céliméne.  —  Ambigu  : 
(reprise  d'Angéle;  la  Mère  Grippetout.  —  Théâtre  du 
Cirque  :  L'Éléphant  du  roi  de  Siam.  —  (Mademoiselle 
Juliette  Beau  à  la  Salle  Lyrique.  —  Statuette  d'Emma 
Livry.)  Le  Monitrur  uiiirersel,  i;i  mai  1861. 

17;;;;  ^'\  Salon  de  1861.  IV.  B.MM.Bellel:  Belly;  Bérard: 
Berchère  ;  Biard  ;  Madame  Bertaut.  V.  B.  Madame  Henriette 
Browne.  MM.  Bouguereau  ;  Boulanger  ^Gustave);  Boulan- 


•AM  IIISTOIHI':  DES  OJiLVllES  DE  TH.  HM  TIKIÎ. 

ger  >Louis\  VI.  B.  MM.  Bonheur;   Bonnegràce  ;   Bodraer; 
Brendel  ;  Brest;  Bernier;  Breton  ;  Briguiboul  ;  Brion;Blan 
chard.    VII.  C.   MM.  Cabanel;  Chavannes    Puvis  de  .   L' 

Moiiilciir  miirrrsil,  17,  l'.l,  2:i  il  2.'i  iiuii  INSl.  I.'iiiliclc  du 
23  mai  se  ti'imiiic  par  ce  |)aia;.'ia|ilii'.  sii)iiirini(;  en  voliiiiu-. 
par  suilr  (Ir  I'okIii'  (les  noms,  rlalili  alpliahéliqui'inciil  ; 

nianchard  [Phnrnmond).  Disons  un  mol  on  passant 
à  Blanclianl  pour  sa  jolie  Prche  aux  éqnUles,  (nous  le 
ivtrouvcrons  parmi  les  aquarcllislos),  ol  arrivons  enlin 
à  la  lollre  C. 

C.iloiis  ici.  a  pi()iio.s  dr  .\1.  l'iiaraiiioiid  Hlancliai d,  iiih' 
lettre  qui  lui  fut  adressée  pai-  Théophile  (laulicr  If 
l"""  mars  1861,  lettre  que  nous  trouvons  imprimée  en  fac- 
similé,  (Ml  1878,  dans  rinléressant  voiuiiic  de  M.  Cliailrs 
C^ousin;  :  Vuyayc  dans  un  ijrcnicr  : 

Mon  cher  Pliaramond. 

Sais-lu  (|ue  ('"esl  ma  lèli'  le  o  mars?  Tu  .serais  bien 
gentil  de  venir  la  célébrer  et  me  coiu'onner  de  lleurs 
mardi  prochain,  à  Neuilly,  avec  quelques  compagnons 
littéraires  et  i)illoresques  qui  sont  dévots,  à  cause  de 
moi,  à  ce  saint  grec  assez  rare  sur  les  almanachs.  On 
lâchera  de  s'amuser  et  de  jaboter  sur  les  étranges  pays. 
en  engloutissant  des  nourritures  grossières ,  mais 
salubres,  telles  que  peut  les  fournir  la  banlieue  boueuse 
où  je  vis  enterré  à  mi-corps. 

Viens  de  bonne  heure  et  que  Dieu  te  tienne  en  joie, 
ù  mon  exotique  ami. 

Tuus, 

Théophile  Gautier. 

(Neuilly,  rue  de  Longchamps,  n.  32.) 

17o6.  Théatrk-Fr.xnçais  :  Reprise  d'Un  Mariage  sous 
Louis  XV.  —  Palais-Royal  :  La  Poularde  de  Caux;   Bébé- 


1861.  225 

Actrice.  —  (Th.  des  Variétés  :  Reprise  de  :  Le  Sylphe.  — 
Théâtre  de  Guignol,  par  Fernand  Desnoyers).  Le  Moniteur 
universel,  27  mai  18()1. 

^736''i^  Salon  de  1861.  VIII.  C.  MM.  Caraud;  Campo- 
tosto;  Castan;  Cermak  ;  Chaplin;  Chintreuil;  Clément; 
Clére;  Comte;  Corot;  Courbet;  Curzon.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 31  mai  1861. 

1737.  Vaudeville  :  Onze  jours  jours  de  siège.  —  Th.  des 
Variétés  :  La  Tour  de  Nesle  à  Pont-à-Mousson.  —  (Repré- 
sentation au  Ministère  d'État.  —  Représentation  à  la  Pré- 
sidence :  Sur  la  Grand'Route;  Monsieur  Choufleury.)  Le 
Moniteur  universel,  .3  juin  1861. 

i7o7bi'.  Salon  de  1861.  IX.  D.  MM.  Dana;  D'Argent; 
Daubigny;  Dauzats:  Dehodencq;  Déjonghe  ;  Debon  ;  Dela- 
main  ;  Delamarre;  Desgoffe  :  Desjoberts;  Devéria;  G.  Doré. 

Le  Moniteur  universel,  7  .juin  INOI. 

17;i8.  Théatre-P'rançais  :  représentation  pour  l'anniver- 
saire de  la  naissance  de  Corneille.  Le  MmiHenr  universel, 
10  juin  1861. 

1759.  Vaudeville  :  Esther  Ramel.  —  Palais-Roval  : 
L'Ami  des  femmes  ;  Deux  nez  sur  une  piste.  —  Gaîté  :  Le 
Crétin  delà  Montagne.  Le  Miorifeur  universel,  17  juin  1861. 

1739  ^i'.  Salon  de  1861.x.  D.  et  E.  MM.  Doneaud;  Dubois; 
Dubufe  fils;  (Duc:)  Durand-Brager;  Durangel;  Dussaussay; 
Duval-Le-Camus  (Jules);  Elmerich;  Escallier  (madame 
Éléonore).  —  XI.  F.  MM.  Faure;Fauré;  Feyen-Perrin ; 
Tlahaut.  Le  Moniteur  universel,  21  el  23  juin  1801. 

1760.  Gymnase  :  La  Vie  indépendante.  —  Tli.  des  Varié- 
tés :  Les  Domestiques.  —  A-muigu  :  Reprise  de  le  Monstre 
et  le  Magicien.  Le  Mmileur  universel,  2'i-juiii  1861. 

iim^'^\  Salon  de  1861.  XII.  F.  MM.  Hippolyte  Flandrin  ; 
Paul  Flandrin;  Fichel;  Fiers;  Français;  Edouard  Frère  ; 
Théodore  Frère;  Fromentin.  XIII.  G.  MM.  Gérôme  ;  Ghé- 
quier;  Gautier;  Giacomotti  ;  Charles  Giraud  ;  Eugène  Giraud; 
Gariot;  Gigoux;  Auguste  Glaize;  Léon  Glaize  ;  Gudin;  Guil- 

II.  lij 


■2J()  lll--T(ill!i;  DF.S  ŒUVIIKS  Di;  TH.  (i.VL'TIKH. 

leinin.  XIV.  H.  MM.  Hébert;  Hamon:  Hamman  ;  Hano- 
teau.  Harpiynies,  Hcdouin  ;  Heilbuth;  Hennebcrg;  Hcrb- 
stoffer;  A.  Hesse  ;  Hillemacher  ;  Huet.  XV.  I.  J.  K. 
MM.  Israëls;  Iincr.  Isainbcrt.  madame  Isbcrt;  MM  Jac 
quand;  Jacquc  ;  Jadin  ;  Jalabcrt:  Jcanron  ;  madame 
Jeiichau  ;  MM.  Jourdan;  Jundt  ;  Knyff  ;  Kuvasseg.  XVI. 
L.  MM.  Lafon;  Lagier  ;  Lambron  :  Landelle  ;  Lanoue  ; 
Langée:  Lazerges;  Lcleiix  Ad.  ;  Leleux  Ar.  ;  Léman; 
Lies;  Luminais.  XVII  M.  MM.  Madarasz  ;  Manet  ;  Mar- 
chai; Marcke  ivan);  Masson  B.  ;  Matout  ;  Mazerollcs. 
XVIII.  M.  La  princesse  Mathilde  ;  MM.  Meissonier;  Ménard 
(Louis  et  Renéi;  Merle.  XIX.  M.  fin  .  N.  0.  P.  MM.  Mil- 
let; Moer  van);  Monginot  ;  Moschelès;  Moulignon  ;  Mul- 
ler  (L.)  ;  Muyden  (van)  ;  Nanteuil;  Navlet-  Nazon  ;  Nègre  : 
madame  O'Connell;  MM.  Palizzi;  Patrois  ;  Penguilly- 
L'Haridon.  XX.  P.  fin)  Q.  R.  MM.  Philippe;  Pichat;  Picou, 
mademoiselle  Piédagnel,  MM.  Plassan;  Portevin;  Protais; 
Quantin;  Ranvier;  Reynaud;  Ribot:  Riedel  ;  Rodakowski; 
Rousseau  (Ph.);  Rousseau  Th.  .  XXI.  S  T.  U.  Madame 
Sabatier  ;  MM.  Schuler:  Schutzenberger;  Sieurac;  Springer; 
Stevens  (A.  :  Stevens  J.,;  Tidemand;  (Timbal  ;  Tissot; 
Toulmouche  ;  Tournemine  ;  Tourneux  ;  Tyr  ;  Ulysse. 
XXII.  V.  W.  Z.  MM.  Valérie;  Verlat;  Vetter  ;  Veyrassat  ; 
Vidal;  Voillemot  ;  Washington;  Winterhalter  ;  Ziem;  Zo: 
Zuber-Buhler.  XXIII.  Batailles.  MM.  Pils;  Armand 
Dumaresq;  Eeaucé;  Paternostre:  Yvon  ;  Janet-Lange;  De- 
villy;  Rigo;  Couverchel  ;  Bellangé.  XXIV.  Sculpture. 
MM.  Clésinger;  Cavelier;  Guillaume.  XXV  et  dernier. 
MM.  Thomas  G.-J.  ;  Perraud  ;  Barre;  Maillet;  Marcellin; 
Schoenewerke  ;  Ottin  ;  Franceschi  ;  Le  Harivel-Durocher  ; 
Cordier  ;  Pollet;  Frémiet  ;  Gaston-Guitton;  Sanzel;  Cha- 
trousse;  Robinet;  Prouha  ;  Aizelin  ;  Cumberworth;  Clère  ; 
Crauck,  Etex.  /.'•  Mnnilnir  miirrrscl,  2:i,  27,  2'.>  juin,  1,  2, 
3,  ;>,  (j,  7,  9,  10,  12.  13  cl  I  1  juillel  1861.  Il  l'iiiit  remarquer 
que  par  suite  (Yuwii  erreur  de  numéros  qui  n'a  pas  été  rec- 
tifiée, le  cliapiire  dix-liuil  porte  dans  Ir  Moniteur  le  numéro 
di.x-neul';  donc,  tous  les  litres  des  chapitres  restent  jus- 
qu'au dernier  en  avance  d'un  numéro;  il  en  résulte  que 
celui-ci  indique  vingt-si.x  cli.ipitre»  au  Snlnn  <(r  1861,  lundis 


ISÔl.  -227 

qu'il  n'en  ajamais  eu  que  vingt-cinq.  Dans  le  chapitre  dix- 
huit  (marqué  dix-neuf),  inséré  dans  le  Monitew  universel 
du  i)  juillet,  se  trouve  l'analyse  d'une  a(juarel]e  de  la  pi-incesse 
Mathiide,  ht  Fellah,  qui  a  inspiré  aussi  une  pièce  de  vers  à 
Théophile  Gautier,  pièce  placée  aujourd'hui  dans  les  Émaux 
et  Camées,  et  dont  nous  parlerons  à  sa  date  (Voir  n»  22:)8). 

1761.  Vaudeville  :  Un  Mariage  de  Paris;  Ma  sœur 
Mirette.  —  Palais-Royal:  Le  Songe  d'une  Nuit  d'Avril; 
reprise  du  Phénomène.  Le  Munitcur  luiicirscl,  i;i  juillet  1801. 

1762.  Théophile  de  Viau.  Les  Poètes  français.  Reeueil  des 
ehcfs-d'œiare  de  la  jwésir  française  depuis  les  nrigines  jusqu'à 
.nos  jours,  avec  une  notice  lilleraire  sur  chaque  poêle;  pai' 
MM.  Charles  Asselineau,  Hippol.vte  Babou,  Charles  Baude- 
laire,  Théodore  de  Banville,  IMiiloxéne  Boyer,  Edouard 
Fournier,  etc.;  précédé  d'une  iniroduction  par  M.  Sainte- 
Beuve,  de  l'Académie  française.  Puhlié  sous  la  direction  de 
M.  Eugène  Crépet.  Tome  I  et  H.  In-8°,  XXXIX- 1470  pages. 
Paris,  imprimerie  Claye,  librairie  Gide.  Chaque  volume, 
7  fr.  oO.  Tome  deux. 

Cette  notice,  qui  n'a  lieu  de  commun  avec  le  chajjilre 
consacré  pai-  Théophile  Gautier  à.  Théophile  de  Viau  dans 
les  Grotesques,  parut  pour  la  première  fois  dans  le  tome 
deux  de  la  publication  que  nous  venons  d'indiquer,  volume 
inscrit  sous  le  n°  6339  de  la  Bibliographie  de  la  France  du 
16  juillet  1861.  Elle  a  été  réinqirimée  intégralement  en  1880 
dans  le  volume  de  Théophile  Gautier,  intitulé  :  Fusains  et 
Eaux-forles. 

1763.  Saint-Amant.  Renseignements  en  tous  points  sem- 
blables à  ceux  du  numéro  précédent.  Nous  avons  relevé  sur 
le  manuscrit  de  l'auteur  un  paragraphe  inédit  de  cet  article; 
il  a  paru  pour  la  première  fois  en  1880,  mis  à  sa  place  dans 
l'article  cunqjlet,  dans  son  volume  des  Fusains  et  Eaux- 
fortes.  11  y  est  imprimé  entre  crochets. 

1764.  Théatre-Fbançais  :  Reprise  de  trois  pièces  de 
Molière.  —  Gymnase  :   Piccolino.  —  GaIté  :  Loin  du  Pays. 

Le  Moniteur  iinivrrsel,  22  juillet  1861. 

176:;.  Nécrologie  :  Madame  Luther  Félix.  —  Théathe  uu 


•2-JH  IIIMolHK  l)i:S  n|;i  \UI>  IH.  TH.  (iAlTIlîU. 

C-iHOi'i::  La  Prise  de  Pékin.   /--   M'Oiilciir  iiiiirrrsil,  2',i  juil- 
let ISC.I. 

1700.  L'Enfer  du  Dante,  illustré  par  Gustave  Doré.  /.<• 
Moniteur  univcrarl,  W ']n\\\r\  ,-\  I''  .kpùI   IHCtI. 

1707.  La  Chapelle  des  Saints  Anges  ,  à  Saint-Sulpice, 
par  M.  Eugène  Delacroix.  Lr  Maiiiliiir  universel, '.\  .mùl  IK(H. 
l'.t'l  ailicK-  a  rt'iiaiu  dans  l'ArlisIr  du  1"  seplciiildc  de  la 
jHi'Uié  annÛL-,  sous  le  titre  tic  :  licaux-Arls  :  la  Chapelle  des 
Saints  Auycs. 

Dans  le  iuun(.''io  du  Mnnitrur  univrrsil  du  ii  aoiU  siiivaiil, 
CiU.'itavc  Claiidiii,  en  |iii'iiaMl  iiosscssinii  du  ffiiillcloii  dia- 
lualiiiuo,  auru)ii('i'  ijuc  Tlu''u[,diili'  (iaiilier  retourne  à  Mos('.(jii 
pour  leriniuer  sou  faraud  ouvrage  sur  les  arts  de  Russie, 
commencé  il  y  a  deux  ans.  cl  (jui'  son  ahscnrc  sera  de 
courte  durée. 

17(')S.  Description  du  sacre  et  du  couronnement  de 
LL.  MM.  l'Empereur  Alexandre  II  et  l'Impératrice  Marie 
Alexandrowna.  Paris,  Lemercier.)  Lr  Mmùlear  uiiiensrl, 
22  et  2.3  août  18iil. 

1768''''.  Esquisses  de  voyage  :  le  Volga  :  De  Tver  à  Nijni- 
Novgorod  I.)  (Voyage  en  Russie,  fin.  L'été  en  Russie  ;  le 
Volga  de  Tver  à  Nijni- Novgorod).  Le  Mnnilcur  a)iirvrsr[, 
31  uclobre  i8(Jl.  Eu  icinipriniant,  cet  article  en  18(3(5  dans 
son  Voyage  en  Bussie,  dont  il  forme  en  quelque  sorte  l'ap- 
pendice, Thcophile  Gautier  y  a  ajouté  un  paragraphe  d'iu- 
troduclion  pour  le  relier  au  restant  de  l'ouvrage. 

1700.  (Retour  de  Moscou.  —  La  Vie  pour  le  Czar).  — 
Odéon  :  Débuts  de  mademoiselle  Dinah  Félix.  —  I'alais- 
HoYAL  :  La  Belle-Mére  a  des  écus.  Le  Mnaiteur  universel, 
4  novemljre  dSOi. 

1709^''  Esquisses  de  voyage;  le  Volga  :  De  Tver  à  Nijni- 
Novgorod.  II  et  III.  Voyage  en  Russie,  fin.  L'été  en  Russie  : 
le  Volga  de  Tver  à  Nijni-Novgorod).  Le  Mnnitrur  univcn^rl, 
11  et  17  novembre  1801.  Lu  iragmeut  de  ce  dernier  orticle 
a  été  réimprimé  dans  le  Journal  de  Musique  du  22  juin 
1878  sous  le  titre  de  :  Throphile  Gautier  chez  les  BoMmiens. 


1861.  2-29 

1770.  Vaudeville  :  Nos  Intimes.  —  Gaîté  :  Valentine 
Darmentière.  —  Représentations  de  la  troupe  allemande 
à  l'École  Lyrique.  Le  Moniteur  universel,  18  noveinlire  1861. 

1770''''.  Esquisses  de  voyage:  Le  Volga  :  De  Tver  à 
Nijni-Novgorod.  IV.  (Voyage  en  Russie,  fin.  L'été  en  Russie  ; 
Le  Volga  de  Tver  à  Nijni-Novgorod).  Le  Mouiicur  unirrrsel, 
23  novenibre  ISlH. 

1771.  Théâtre-Français:  On  ne  badine  pas  avec  l'amour. 
—  Portk-Saint-Martin  :  Reprise  de  la  Grâce  de  Dieu.  Le 
Moniteur  universel,  25  novembre  1861. 

1 77 1  '''\  Esquisses  de  voyage  ;  Le  Volga  :  De  Tver  à  Nijni- 
Novgorod.  V.  (Voyage  en  Russie,  fin.  L'été  en  Russie;  Le 
Volga  de  Tver  à  Nijni-Novgorod).  Le  M'jnilfnr  universel, 
30  novembre  1801 . 

1772.  Peintures  de  M.  Hippolyte  Flandrin  dans  l'église 
de  Saint-Germain-des-Prés.  Le  Mnailcnr  uniiersel ,  2  dé- 
cembre 1861.  Cet  article  a  reparu  dans  rArtiste  du  15  jan- 
vier 1862,  sous  le  titre  de  :  Peintures  de  M.  Flandrin. 

1773.  L'Aquarium  du  jardin  zoologique  d'acclimatation. 

Le  Moniteur  universel,  9  décembre  1861. 

C'est  cet  article  que  Sainte-Beuve  quaHlie,  dans  le  Consti- 
tutionnel du  30  novembre  1863,  de  petit  chef-d'œuvre  de 
diction  scientifique  et  descriptive. 

1774.  Après  le  feuilleton.  Revue  Nationale  et  Étrangère, 
10  décembre  1861.  Ces  vers  sont  entrés  eu  1863  dans  la 
quatrième  édition  des  Émaux  et  Camées,  (volume  des  Poé- 
sies nouvelles);  ils  ne  les  ont  plus  quittés  depuis. 

1774'''^  Esquisses  de  voyage:  Le  Volga:  De  Tver  à 
Nijni-Novgorod.  VI  et  dernier.  (Voyage  en  Russie,  fin. 
L'été  en  Russie;  Le  Volga  de  Tver  à  Nijni-Novgorod).  Le 
Moniteur  universel,  12  décembre  1861. 

1775.  Odéon  :  Le  Mur  mitoyen.  —  A.mbigu:  reprise  de  la 
Vie  de  Bohême.  —  Folies-Dramatiques  :  Les  adieux  au 
boulevard  du  Temple.  —  Le  Théâtre  de  Cervantes,  publié 


MO       ni«;T0inE  des  OF.rvRES  de  th.  caiitieh. 

et  traduit  pour  la  première  fois,  par  M.  Alphonse  Royer. 

L»     Miiiiih  iir  iiniri'isrl,  1  (>  (Ii'ci'IIiIhi'   iSCil. 

i77('i.  Les  Contes  de  Perrault,  illustrations  de  Gustave 
Doré;  la  Mythologie  du  Rhin,  de  M.  X.-B.  Saintine  ;  illus- 
trations de  Gustave  Doré.  Lf  M'uiiiciir  uiiircrsfl,  \\)  dt'-- 
i'ciulir(^  I.SllI.  La  ini'Uiit'ir  |iaitii'  tic  ccl  article  a  rlé  réiiii- 
liriinro  dans  l'ArtisIr  du  I''' Jaiivici'  IN('>2,  sous  le  litre  do: 
les  Contes  de  Perniuli. 

1777.  TnKATHK-ruANÇAis  :  Anniversaire  de  Racine:  Baja- 
zet:  Athalie:  les  Plaideurs.  —  (ivM.NASii  :  Les  Ménages 
d'autrefois.  L'  M"ni(itir  universel,  i'.i  lirienihie  1801 .  l  ii 
iV;i;.'moiit  do  col  nrliole  a  été  réimprimé  dans  f  Artislr  du 
|."i  mars  IS(52.  sons  le  lilri'  dr  :  .\rt  iliiniinliiiiii' :  du  sli/lr 
ilims  le  jeu  des  chefs-d'œuvre. 

1778.  Le  Capitaine  Fracasse.  I.  Le  Château  de  la  misère. 

Revue  ?i(Uiu)i(dc  cl  EIniwjrec,  :2;>  décombro  18(11. 

11  s'aitil  ici  d'une  dos  œuvros  les  plus  imporlanli  s  de 
Théophile  Gauliov,  et  (iiii  l'ocetipa  presque  tdiile  sa  vie.  Il 
y  pensa  immédiatement  .ipiès  Mademoiselle  de  Maupi»,  et, 
en  effet,  c'est  bien  iù  i'o'uvre  qui  devait,  à  cette  époque, 
succéder  dans  l'imagination  de  l'auteur,  à  ce  personnage 
féminin.  Le  Capitaine  Fracasse  n'est  du  reste,  par  quelques 
côtés,  qu'une  sorte  de  oonlre-jiarfio  do  Madeiit'dsi'lle  de 
Maupin.  Dés  1836,  nous  trouvons  ce  litre  du  Capitaine  Fra- 
casse déjà  annoncé,  entre  autres,  sur  les  catalog-ues  de  Ren- 
duel ,  l'éditeur  de  Mademoiselle  de  Maupin  et  des  Jeunes 
France.  En  1838,  on  le  retrouve,  avec  JJolhreuse,  un  l'omaii 
de  Gérard  de  Nerval  qui  no  parut  jamais,  sur  la  couverture 
des  Aventures  de  Victor  Augerol,  par  Allaroche,  publiées  chez 
Déscssart,  sur  la  couverture  de  la  Comédie  de  la  Mort,  et  au 
faux-titre  do  Fnvhniio.  En  1830,  il  est  encore  inscrit  au  faux- 
titre  d'L'»e  Larme  du  Diable;  la  Fresse  du  '6  janvier  1840  le 
promet  pour  la  Revue  des  Deux-Mondes,  rjui  l'annonce  en 
effet  sur  sa  couverture  du  mois  de  mars  de  celte  même 
année  ;  après  la  rupture  de  l'auteur  avec  la  Revue  des  Deux- 
Mondes,  la  Revue  elel'aris  le  promit  à  son  tour  sur  ses  cou- 
vertures, du  l^'' octobre  1853  au  1*'  mars  18o6,  et  la  Librairie 
Nouvelle,  à  la  même  époque,  l'annonça  sur  ses  catalogues 


1S61.  231 

et  sur  les  couvertures  de  ses  publications,  entre  autres,  en 
deux  volumes  in-octavo,  édition  dite  de  cabinet  de  lecture, 
sur  la  couverture  du  Nil,  par  Maxime  Du  Camp,  volume  paru 
en  mars  18.")4.  Enlin,  \a  Revue  Xatioivtle  et  Élr(ingcre,cA^i^*iO  et 
dirigée  par  l'éditeur  et  l'ami  de  Théophilo  Gautier,  M.  Cliai-- 
penlier,  le  fondateur  de  labildiothèque  qui  a  donné  son  nom 
au  format  que  cette  collection  a  inauguré,  lu  R-vue  Nutin- 
nule,  après  l'avoir  promis  longtemps  à  ses  lecteurs,  de  mémo 
que  les  autres  revues  dont,  nous  venons  de  parler,  eut  la 
chance  de  pouvoir  tenir  sa  promesse  et  d'en  commencer  la 
publication.  11  faut  ajouter  que  le  premier  chapitre,  le  Chû- 
teau  de  lu  misère,  avait  été  écrit  vers  1854  ou  18oo  et  remis 
aux  directeurs  de  \a.Reviie  de  Puris,  cpii  le  lirent  imprimer  en 
placards,  en  attendant  la  fin  du  livre,  qui  ne  leur  fut  jamais 
livrée.  La  Revue  de  Puris  supprimée,  ses  directeurs  s'enten- 
dirent avec  MM.  Charpentier  et  Théophile  Gautier,  et  l'œuvre 
fut  enfin  continuée  et  mise  au  jour. 

La  publication  dura  un  an  et  demi  (jusqu'au  10  juin  1863), 
et  l'ouvrage  fut  mis  en  vente  à  la  fin  de  la  même  année, 
en  deux  volumes  in-douze,  qui  ont  été  fréquemment  réim- 
primés. En  1866,  il  en  fui  fait  une  édition  in-octavo  illustrée 
par  Gustave  Doré,  qui  compte  aussi  de  nombreux  tirages. 
Pour  ne  pas  faire  double  emploi  avec  les  détails  que  nous 
venons  de  donner,  à  l'avenir  nous  inscrirons  seulement  les 
chapitres  dans  leur  ordre  et  à  leur  date  de  publication, 
réservant  pour  celle  de  l'apparition  de  l'ouvrage  en  volumes 
ce  qu'il  nous  reste  à  dire  encore  du  Cupituine  Frucusse. 
(Voir  n«  1891.) 

1779.  Le  Château  du  Souvenir.  Le  Moniteuv  universel, 
30  décembre  1861.  Ces  vers,  qui  sont  datés  ici  du  :  «  29  dé- 
cembre 1861  »,  tandis  que  l'autographe  porte  :  «  25  dé- 
cembre 1861  »,  sont  entrés,  sans  date,  eu  1863,  dans  la 
quatrième  édition  des  Éinuux  et  Cumécs  (faisant  partie  des 
Poésies  Nouvelles),  qu'ils  n'ont  plus  quittés  depuis. 

Il  y  a  deux  variantes  à  relever  dans  la  version  du  jour- 
nal; le  dernier  vers  de  la  cinquante-quatrième  strophe  y 
est  imprimé  ainsi  : 

Causer  Shakspeare  avec  Scarron. 


232  IllSTOlllE  DES  OKrVIlKS  DR  TH.  (UUTIER. 

cl  lo  doniioi'  vers  de  l.i  (li'iiiii'rc  slro|iIu\  ainsi  : 
El.  me  conseille  (rotililici'. 

Voici  maiiilt'iianl  Innlc  mir  sriic  de  vaiiaiilcs  im'-dilos  de 
ce  morceau;  nous  ferons  siulonl  rcniaiiiuer  colle  du  (jua- 
Irain  relatif  à  Viclor  Hu}^o  ;  cclli'  iircmiortî  version  ne  put 
passer  au  Moniteur,  join  iial  onii-iel,  el  la  variante  cnnseivt''(f 
en  volume  y  l'ut  ini|iiiiuée  à  sa  place.  Celle  ipic  ikhis  pu- 
blions pour  la  pieinièie  fois  l'ail  honneur  au  dévouement  el 
à  la  constante  atlection  de  Tii(''opliile  CiaMtier  poiu"  son  pre- 
miei'  maitre  littéraire. 

La  main  au  froni,  le  pied  dans  l'ùlre, 
Je  songe  el.  cherche  à  revenir, 
Las  du  journal  et  du  lliéùtro, 
Au  vieux  château  du  souvenir. 

C'est  loin!  —  Un  brouillard  dense  estompe 
Arbres,  maisons,  i>laines.  coteaux, 
Et  l'œil  au  carrefour  (pii  trompe 
En  vain  consulte  les  poleau\. 

Il  faut  cheminer  dans  des  ombres 
Qu'éclaire  à  peine  un  joui'  pâli, 
Parmi  des  monceaux  de  décombres, 
A  travers  des  limbes  d'oubli. 

Mais  voici,  blanche  et  diaphane, 
La  Mémoire,  au  bord  du  chemin, 
Qui  me  remet,  comme  Ariane, 
Son  peloton  de  (il  en  main. 

Malgré  l'ortie  et  la  ciguë, 
La  roule  ancienne  reparaît. 
Et  du  château  la  tour  aiguë 
Perce  au-dessus  de  la  forêt. 


Du  couchant  la  rougeur  oblique 
Glisse  aux  clairières  de  ce  bois, 
Où  Jacques  le  mélancolique 
Consolait  les  cerfs  aux  abois. 


Vol  de  la  nature  jalouse 
Au  riche  écrin  de  Murillo, 
Une  vierge  au  teint  d'Andalouse 
Sourit  dans  un  autre  tableau. 

Et  par  un  caprice  exotique, 
Notre  climat  brumeux  para 
D'un  rayon  chaud  et  poétique 
Cette  autre  Petra  Camara. 

De  ses  paupières  prolongées, 
Papillons  noirs  d'un  teint  vermeil, 
Les  palpitations  frangées 
Montrent  et  cachent  le  soleil. 

Un  œillet  à  sa  tempe  éclate. 
Sur  le  jais  point  rouge  tremblant, 
Et  sa  lèvre,  lleur  écarlate, 
Laisse  passer  un  éclair  blanc. 

C'était  bien  l'idéale  Espagne, 
Qu'Alfred  de  Musset  célébra, 
Et  mon  cœur,  battant  la  campagne, 
L'eut  moins  exacte  à  l'Alhambra. 


Tel,  romantique  opiniâtre, 
Soldat  d'un  chef,  hélas  !  banni, 
Il  se  ruait  vers  le  théâtre, 
Quand  sonnait  le  cor  d'Hernani  ! 


■jy4  IIISTOIUK  DES  ŒlJVUliS  UE  TH.  GAUÏIEU. 


Potrus  liiiiit'  imc  (•iL.'iii'ctti^ 
(Ju'il  l>aptis('  papclild. 
(A>lil)ii,  i|iriui  jaloux  nialtraitc, 
Nous  rend  xisitc  iiicoi^Miito. 


CcIui-Ià  me  lit  un  pormo 
Incendié  de  tons  vermeils 
A  rendre  gris  Hnhens  liii-mème. 
—  Une  omelette  de  soleils  !  — 

Voici  oiu'oi-e  une  soeonde  variante  do  la  strophe  I renie 
do  ce  morceau  : 

De  longues  paupières  frangées 
Voilent  ses  yeux  pleins  de  soleil, 
Et  des  nuances  orangées 
Se  mêlent  à  son  teint  vermeil. 

Arsène  Houssaye,  dans  ses  intéressantes  Confessions  (4  vol. 
in-S",  ISSii,,  a  donné  de  piquants  détails  sur  Victorine,  la 
(lame  à  laquelle  se  rapporlonl  les  strophes  trente  sept  à 
(|uaraiite  et  une  de  ce  morceau. 

Ces  vers  ont  été  publiés  aussi  dans  VAlmanach  Parisien 
pour  1804. 

1779'»'*.  Trésors  d'art  de  la  Russie  ancienne  et  moderne. 
par  Théophile  Gautier,  etc.  Livraisons  II  et  111.  II.  Palais  de 
Tsarkoé-Sélo.  III.  Palais  de  Tsarkoé-Sélo  (fin  .  Arsenal 
de  Tsarkoé-Sélo.  (Voir  n"-  lO^ii  et  171)8 '"'.j 

On  liouvo  l'annonce  di;  la  mise  en  vente  de  ces  deux 
livraisons,  ainsi  que  de  la  première,  dans  le  feuilleton  de  la 
Bibliographie  de  la  France  du  :}0  novembie  1801.  .Alalgré  cet 
avis,  elles  ne  furent  livrécîs  au  publie  qu'en  décembre  18fil. 


1862 


1780.  Une  esquisse  de  Velasquez.  Le  Monitrur  universel, 
2  janvier  1862.  Cet  article,  coiiiplètemenl  transformé  et 
refondu,  est  entré  en  1863  clans  le  travail  de  Théophile 
(îautier  intitulé  :  Don  Diego  Vclas<juez  de  Siiva,  qui  fait 
partie  du  volume  collectif:  les  Dieux  et  les  demi-dieux  de  ht 
Peinture.  (Voir  n»  1900.)  La  veision  du  Moniteur  a  été  réim- 
primée intégralement  en  1880  dans  le  volume  de  Théophile 
Gautier  :  Talileaux  à  la  plume,  et  celle  des  Dieux  et  des 
demi-dieux  de  la  Peinture,  en  1882,  dans  son  Guide  de  l'ama- 
leur  au  Musée  du  Louvre. 

1781.  OiJÉON  :  Gaëtana.  Le  Moniteur  universel,  6  jan- 
vier 1862. 

1781  ''''.  Le  Capitaine  Fracasse.  II.  Le  Chariot  de  Thespis. 

Revue  Nationale  et  Étrangère,  10  janvier  1862. 

1782.  Gaîtk  :  La  Fille  du  Paysan.  —  Th.  des  Variétés  : 
Les  Mille  et  un  Songes.  Le  Moniteur  universel^  13  jan- 
vier 1862. 

1783.  OnÉoN  :  Vente  au  profit  des  pauvres;  débuts  de 
mademoiselle  Agar  dans  Phèdre.  —  Palais-Roval  :  La 
Demoiselle  de  Nanterre  ;  Un  Jeune  homme  qui  a  tant 
souffert.  —  Ambigu  :  La  Bouquetière  des  Innocents.  Le 
Moniteur  universel,  20  janvier  1862. 

1783  ^''.  Le  Capitaine  Fracasse.  III.  L'Auberge  du  Soleil 
bleu.  IV.  Brigands  pour  les  oiseaux.  Uevue  Nationale  et 
Etrangère,  2'6  janvier  1862. 


236  IlISTOlltK  m:s  (^aiVllKS  l)K  TH.   (.MTIF.R. 

nSi.    Tiii:atiii>I"iiam'ai<    :    L'Honneur   et    l'Argent.    — 
CiVMNASF.  :  Les  Invalides  du   Mariage.  —    La  mise  au  tom 
beau,  du  Titien,  xylographiée  par  M.  Linton).  /.'•  M^inhiir 
tniivcrsil,  27  j.uivicr  |si,2. 

ITS;;.  Odkon  :  Le  Comte  de  Boursouffle  :  mademoiselle 
Agar  dans  les  Horaces.  —  Bout  de  l'an  et  tombeau  de) 
Henry  Murger.  /.'   MmiHritr  iinircrsrl,  '.\  ri'viici'  1S(;:2. 

ITSf..  OiiidN  :  La  Dernière  Idole;  la  Jeunesse  de  Grani- 
mont.  —  Lectures  à  l'Académie,  par  E.  Legouve.  Lr  M"iii- 
trnr  universel,  10  lévrier  18(»2. 

iTSfii»'*.  Le  Capitaine  Fracasse.  V.  Chez  Monsieur  le 
Marquis.  Ikvur  Nationale  et  Étrangère,  !(•  IVvriL-r  18(12. 

1787.  Th.  (les  Variiîtks  ;  Les  Moulins  à  Vent.  Lr  Mnnii'mr 
universel,  2o  févrior  18fi2. 

1788.  Théâtre  du  Cirque  :  Rothoraago.  Le  Monitcitr  nni- 
versel,  :t  mais  I8()2. 

1781».  Exposition  du  Boulevard  des  Italiens.  Nouvelle 
série.  I.  Delacroix;  Henri  Lehmann;  Millet;  Konvin; 
Meissonier;  Wyld;  Brion;  Dehodencq;  Bonnegràce  ;  Car- 
rier-Belleuse  ;  Whistler  .  Le  Moniteur  univcrsii  (\  mars  1862. 

1790.  Théâtre-Français  :  La  Loi  du  Cœur.  —  Odéon  : 
Diane  de  Valneuil.  —  Palais-Royal  ;  La  Station  Champ- 
baudet.  —  (École  des  Beaux-Arts  ;  statue  d'Ugolin,  par 
M.  Carpeaux).  Le  Miaiilciir  uniecrscl,  Id  m;us  18(12. 

17'.il.  Ciym.nask  ;  L'Échéance;  Après  le  Bal.  —  fMademoi- 
selle  Céline  Montaland  dansant  le  boléro).  Le  Monileur  uni- 
versel, 18  mars  18fi2. 

1792.  Tli.  lies  Variétés  :  Les  Poseurs.  —  Gymnase  ;  Le 
Pavé.  Le  Moniteur  universel,  24  mars  1862. 

1792  •>''.  Le  Capitaine  Fracasse  VI.  Effet  de  neige. 
Revue  Nationale  et  Étrangère,  2.'1  mars  1862. 

1793.  Alger,  par  Ernest  Feydeau.  I.r  Moniteur  universel, 
27  mars  1802. 


1862.  ^Jl 

1793  '*'*.  Exposition  du  Boulevard  des  Italiens.  Nouvelle 
série;  II.  Peintures  de  M.  Paul  Baudry  pour  le  Duc  de 
G  alliera);   L.  Cogniet;  Champmartin;  Eug.  Lavielle).   Le 

Moniteur  uniccrscl,  28  niar.s  1802.  La  fraiij;meut  de  cet  article 
a  été  réimprimé  dans  i Artiste  du  I*""  mars  1863,  .sous  le 
titre  de  :  Feinltircs  décoratives  de  M.  Paul  Baudry;  salon  de 
M.  le  Dur  dr  GalUera.  A  la  table  du  volume  i!  porte  .seule- 
ment pour  titre  :  Peinture  'murale.  C'est  encore  un  fragment 
du  même  travail  cjui  reparut,  sous  le  litre  de  :  la  Peinture 
décorative,  dans  la  Gazette  de  Paris  du  23  juin  1872. 

179'f.  L'Art  du  dix-huitième  siècle,  par  MM.  Edmond  et 
Jules  de  Concourt.  Le  Moniteur  universel,  1^'"  avril  1862. 

nOi).  Revue  des  arts  :  Jésus  enfant  parmi  les  docteurs, 
tableau  de  M.  Ingres.  Le  Moniteur  universel,  10  avril  1862. 

1791).  THÉ.\TRE-FRANr..\is  :  La  Papillonne.  —  Gymnase  ;  La 
Perle  Noire.  —  Palais-Royal  :  L'Ami  du  Café   Riche.  Le 

Moniteur  u)iirersel,  14  avi-il  1862. 

1797.  Revue  des  Beaux- Arts  :  Publications  photogra- 
phiques de  MM.  Faucheur  et  Danelle.  Le  Moniteur  universel, 
26  avril  1862. 

1798.  Porte-SaiiM-Martin  :  Les  Volontaires  de  1814.  — 
Thkatre  Déjazet  :  Les  Prés  Saint-Cervais.  —  (Ambigu  :  Les 
Beaux  Messieurs  de  Bois-Doré).  Le  Moniteur  ttnixcrsel, 
28  avril  1862.  L'auteur  termine  cet  article  en  promettant 
pour  la  semaine  suivante  l'analj'se  du  drame  joué  à  l'Am- 
bigu ;  mais  à  celle  date,  Tliéophile  Gautier  était  parti  pour 
Londres,  et  celte  analyse  fut  faite  par  Gustave  Claudin  qui, 
pendant  l'absence  de  l'écrivain,  tint  à  sa  place  la  plume  de 
critique  dramatique. 

1798'^''.  Trésors  d'art  de  la  Russie  ancienne  et  mo- 
derne, par  Thrnphile  Gautier,  etc.  Livraisons  IV  et  V.  IV, 
Arsenal  de  Tsarskoé-Sélo  (fini.  Palais  Marie.  V,  Palais 
Marie  1  fin  .Monument  de  Nicolas I'^^(VLlir  ii"M62oct  1779'"*.) 

La  première  de  ces  deux  livraisons  fut  mise  en  vente  à  la 
fin  d'avril  1862,  et  nous  inscrivons  la  seconde  à  cette  même 
date,  bien  que  nous  ne  l'ayons  obtenue  (pi'en  février  1866, 


•JÂH  HISTOIRE  DES  OliLVUES  DE  TH.  (.Al  TIKH. 

p;irrr  ([iip  nnns  croyons  fiTmciiiciit  ini'cllc  rl.iil  iinpiinir'p 
ili's  cclti'  ('iioiiiic,  ri  |iivti'  à  |i,ii;iilir  ;nissi  ;  il  y.  maïKiii.iil 
snili'iiu'ul  i|iiiliiiii's  |i|;mrlii's  ili'  .M .  l{i('Iif'l)oiirg  ;  ollos  ne 
l'iiiTiil  jamais  aciievécs  et  rtvlilciii  li's  .illcinlil  in  v.iin  |1(hii- 
iiirltic  fil  vcMilo  colli»  livraison,  la  (Ifinicrc  de  cil.  iiiipiii- 
laiil  ouvra},'!'  t|iii  ail,  Ole  iiii|)riiiir'c.  Torl  liriirciiscinciil 
Ir  Icxlc  tics  siijcis  Iraitôs  est  complet,  Tliiopiiilc  (ianliiM' 
ne  poussa  pas  plus  loin  la  rç(la<'lion  de  ce  livre.  i,e  (Jahi- 
liH/ur  (jrnrrul  dr  hi  lifintiiir  fnninihc,  lHiO-I.S7:i,  par  M.  tMIn 
LorcMilz.  (laie  ces  cinq  livraismis  de  160i-i«();j.  A,jouloii> 
'liH'  la  (Icrnicic.  (|iii  ne  t'iil  dniic  jamais  mise  eu  vente,  esl 
presque  inlrouvaiiic. 

1799.  Artistes  contemporains  :  Meissonier.  Gazelle  des 
Beuux-Arh,  l"  mai  18(12.  Travail  réimprimé  eu  ISHU  dans  le 
volume  de  Tliéopliile  (lautier  :  Souvenirs  'le  thnUre,  d'art  et 
de  crilique. 

1800.  Exposition  de  Londres  I.  Le  Bâtiment  ;  l'Inaugu- 
ration. II  et  III.  Les  Beaux-Arts;  école  anglaise  :  intro- 
duction. IV,  V,  VI,  VII.  William  Hogarth.  VIII.  Joshua 
Reynolds.  IX.  Gainsborough.  X.  La  peinture  d'histoire).  />' 

Mniiidiir  iniirrrsrl,  i,  10,  H,  [H,  io.  -l't,  :11  mai;  2,  '6  «l 
H  juin  1862.  Ces  articles  sont  datés,  dans  le  Moniteur  iini- 
ocrsel,  le  premier  do  :  <c  Londres,  2  mai  1802  »  ;  le  seconde! 
le  troisième  de:  «  Londres,  8  mai  I8(;2  )>  ;  le  (pialriémc  cl 
lecinrjuiéme  de  :  «  Londres,  1(>  mai  1862  »  ;  le  si.xiéme  de  : 
«  Londres,  20  mai  1862  »  ;  le  septième  de  :  «  Londres, 
24  mai  1862  »  ;  le  huitième  de  :  c  Londres,  30  mai  1862  »  : 
le  neuvième  de  :  «  Londres,  3  juin  1862»;  el  le  dixième  de  : 
«  Londres,  9  juin  1862  ». 

Des  fragments  des  articles  des  10,  18,  20,  l'i  et  27  mai 
ont  été  réimprimés,  en  1863  dans  le  volume  colleclit'  (les 
articles  non  siju'nés)  :  lex  Dieux  et  les  demi-dieux  de  la  pein- 
ture, sous  le  titre  de  :  William  Huyarlh;  celle  version  incom- 
plète, et  qui  ne  |)cut  servir  de  type  lors  d'une  réimpression, 
n'a  qu'une  seule  variante;  la  phrase  d'introduction  de  l'ar- 
ticle du  Moniteur  du  18  mai  a  élé  remplacée  par  celle-ci  : 

Il   ne  sera  pas  Iior.s  de  propos,  avant   de  décrire 


18(72.  -i.W 

l'œuvre   d'Hogarlli,  de  parler  du  portrait  du  peintre 
tracé  de  sa  propre  main. 

Une  partie  de  l"ailirlc  du  Mnnilcur  tlii  2  juin  a  été  l'éini- 
primée  dans  le  oiênie  ouvrage  et  dans  les  mêmes  conditions, 
sous  le  titre  de  Sir  Jnshiia  BrynoUU  II  y  a  quelques  change- 
ments entre  cette  vei'sion  et  celle  du  journal,  qui  doit  pour- 
tant servir  «le type  en  cas  de  réimpression;  ainsi,  par  exem- 
ple, voici  le  premier  paragraphe  de  la  version  du  volume, 
qui  ditîère  de  celle  du  journal  : 

Reynolds  possède  le  don  de  la  grâce  ;  il  sait  rendre 
avec  toute  leur  délicatesse  la  beauté  de  la  femme  et  la 
IVaicheur  de  l'enfant,  et.  comme  ayant  conscience  de 
cette  faculté  précieuse,  il  se  plaît  à  les  représenter. 
Aussi,  pour  le  peindre  et  le  caractériser,  mettrons-nous 
sous  les  yeux  du  lecteur  un  cadre  où  se  trouvent  réunis 
un  enfant  et  une  femme,  le  portrait  de  la  vicomtesse 
Galway  et  de  son  fds. 

Les  trois  dendei'S  paragraphes  de  l'ariicle,  sont  un  peu 
moditiés  aussi  dans  le  volume;  voici  celte  dernière  version  ; 

Reynolds  a  peint  aussi  l'histoire,  mais  nous  n'avons 
pas  eu  l'occasion  de  voir  beaucoup  de  tableaux  de  sa 
main  en  ce  genre.  Le  Cymon  et  Iphigmie,  sujet  mytho- 
logique dont  le  sens  nous  échappe,  est  une  toile  des  plus 
remarcjuables.  Sous  les  rameaux  d'un  bois  que  le  soleil 
crible  de  ses  flèches  d'or,  une  nymphe  s'est  endormie 
dans  le  costume  de  VAntiape  du  Corrège.  Guidé  par  un 
Amour,  un  jeune  homme  qui  semble  être  un  chasseur, 
s'approche  de  la  belle  et  contemple  ses  charmes  avec 
un  trouble  plein  d'amour  ;  le  torse  de  la  nymphe  cou- 
chée est  d'une  couleur  magnitlque  et  titianesque,  e( 
l'etïet  de  lumière  est  un  des  plus  hardis  que  jamais 
peintre  ait  risqués. 


:^10  IIIST(^inK  DKS  OlîliVllKS   DK  TH.  (iAUTIEIl. 

>\tiiis  Mimons  iiKiins  les  (in'tccs  dccuranl  inir  slaliic  île 
rHi/mcn  lailli'c  fii  lli-inirs.  Ces  GrAcrs.  pi'dltalilt'iiiriil 
(les  porli'ails,  siisiifiidriil  des  uiiiilaiidcs  de  llciirs,  et 
soiil  NiMiirs  coininr  les  (ii'àcfs  (UVcnlcs,  mais  à  la  modo 
aiii:laist'  du  Icinps,  cr  (|iii  Ifiir  ùlc  un  pm  de  Icin' 
(•harnn\ 

ArriMons  là  colle  éhide  snr  Hevnolds.  et  eoiilenlons- 
nous  des  spécimens  siipeiites  qno  nous  venons  de 
décrire.  Xous  pourrions  sans  doute  rendre  nolie  tiavail 
plus  complel,  uiais  ce  ijue  nous  avons  dil  siillil,  nous 
l'espérons,  pour  caractéi'iser  ce  maître,  honneur  de 
l'école  brilannitiue. 

T.'aT'IicIo  sur  Willluin  lliiiurlli  a  riirorc  t'-fé  imjirini*''  finii.s 
l'Arlislc  du  !"■  aoùl,  \HijH,  cl  CL-lui  sur  Hir  Jnshici  Ibijuukb 
dans  le  même  recueil,  numéro  du  ï"  oclobre  i8()8. 

En  1882  les  versions  de  ces  deux  articles  tirées  des  Lieux 
et  1rs  demi-d'uux  drln  peinture,  sont  enlréesdaiis  le  volume 
de  Tiiéophilc  (Jaulier  :  Guide  de  iamalcur  au  musée  du 
Louvre. 

Dans  le  Moniteur,  les  articles  ne  portent  aucun  autre  titre 
que  celui  d' Expos itio)i  de  Londres.  (Voir  n"  180.")  3°). 

1801.  Revue  des  Beaux-Arts  :  Vues  de  Savoie  et  de 
Suisse ,  de  MM.  Bisson  frères.  Lr  Monilrur  unlrcrsrl , 
Kl  juin  lS(i2.  Itéiniprimé  inlégralemoni,  en  1881  dans  le 
volume  de  Théophile  Gautier  intitulé  :  les  Vacances  du  lundi  ; 
tableaux  de  montagnes. 

isn2.  Thkatre-Fhaxçais  •  Rentrée  de  madame  Madeleine 
Brohan  dans  les  Caprices  de  Marianne  et  dans  les  Jeux  de 
l'Amour  et  du  Hasard.  —  Vauduville  :  Delphine  Gerbet. 
Le  Moniteur  universel,  18  juin  18(12. 

180:j.  Nouveau  système  de  décors,  par  M.  Foucault.  Lr 

Moniteur  unirrrsrl,  23  juin  1802.  Desfraf^'menls  de  cet  aitifie 
ont  reparu  eu  18(19  dans  la  première  livraison  du  tome  trois 
du  supplément  du  Dietionnaire  de  la  conversation  et  de  la  lec- 
ture, à  l'article  :  Décor,  décorai  ion. 


1804.  Théatke-Français  :  Débuts  de  mademoiselle  Dinah 
Félix  dans  Les  Jeux  de  l'Amour  et  du  Hasard  et  dans  les 
Folies  amoureuses.  —  Th.  «les  Variétés  :  reprise  d'Une 
Semaine  à  Londres.  —  Porte-Saint-Mauti.n  :  reprise  d'An- 
tony.  Le  Moniteur  universel,  30  juin  1862. 

180.").  Théâtre-Français  :  Débuts  de  Coquelin  dans  le 
Mariage  de  Figaro  ;  Maubant  dans  Cinna  ;  future  reprise 
de  Psyché.)  Le   Monilrur  uniarscl ,  7  juillet  18G2. 

180.J-'.  Le  Capitaine  Fracasse.  VII.  Où  le  roman  justifie 
son  titre.  Ikruc  Niilinwih'  cl  Elnnujcrc,  Kljuilicl  1802. 

180.) 3°.  Exposition  de  Londres.  (XI  et  dernier;  Law- 
rence.) Le  Mnitilcur  universel,  12  juillet  1802.  Article  non 
daté  dans  le  jouinal.  UArliste,  du  le""  novembre  de  la  même 
année  l'a  reproduit  en  partie,  sous  la  litre  do  :  Peintres 
anglais,  l.  Lawrence.  (Voir  n"  1800). 

1806.  Gymnase  :  Les  Maris  à  systèmes.  —  Vaudeville  : 
Au  Bord  du  précipice;  la  Volonté  de  mon  Oncle.  —  Pohte- 
Saint-.Martin  :  André  Rubner.  Le  Moniteur  universel,  18 juil- 
let 1862. 

1807.  Théatre-Krancais  :  débuts  de  mademoiselle  Dinah 
Félix  dans  Tartufe.  —  Vaudeville  :  reprise  d'Un  Duel  sous 
Richelieu.  —  Ambigu  :  Reprise  des  Filles  de  Marbre.  — 
(Nouvelles).  Le  Moniteur  universel,  21  juillet  1802. 

1808.  Porte- Saint-Mautin  :  Les  Étrangleurs  de  l'Inde.  Le 
Moniteur  universel,  28  juillet  1802. 

1809.  Charles  Baudelaire.  Les  Pejètes  franniis,  etc.  (Voir 
11°  1762).  Tome  quatre. 

Cette  notice  fait  partie  du  tome  quatre  des  Poètes  français, 
que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n°  6715  de  la  Bibliographie 
de  la  France  du  2  août  1862.  Elle  a  été  réimprimée  intégra- 
lement en  1880  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier:  Fu- 
sains et  Eaux-fortes. 

On  sait  que  les  Fleurs  du  mal  de  Charles  Baudelaire  soûl 
dédiées  à  Théophile  Gautier.  Voici  la  version  primitive  de 
cette  dédicace  que  l'auteur  dos  Émaux  et  Camées  lit,  parait- 
II.  16 


->l>  IIISTOlllK  DES  (HAVUES  1)K  TH.  CAUTIKR. 

il.  sii|)|iiiiiu'i',  piii'i'i' (iiià  son  avis,  iiiic  ilùdioaiT  ne  duil  pa^ 
l'Irr  une  |trolVssi()ii  de  lui  : 

A  mon  lirs  clitM-  cl  vénrir  niaîlri\ 
'riiropliili'  (".aiilicr. 

IiiriMiucji'  le  prie  de  srr\ii-  de  paiTaiii  aii\  F/ciirs 
du  mal,  ne  crois  pas  (|iu'  je  sois  assez  perdu,  assez 
iiuli.ene  du  nom  de  poète,  |Miiir  iiriina.uiner  (jiie  ces  llcurs 
maladives  mérilenl  lun  noble  palionage.  Je  sais  que 
dans  les  régions  éllR'rées  de  la  vi'ritable  poésie,  le  Mal 
n'est  pas.  non  [dus  ipie  le  Ilicn,  el  (|iie  ce  misérable 
dictioiiiiaiiv  de  mélancolie  el  de  crime  peiil  légitimer 
les  réactions  de  la  HKuale,  idiniiie  le  Idaspbémateur 
conlirme  la  Kelif/'ion.  IMais  j"ai  voidii.  autant  (ju'il  était 
en  moi,  en  espérant  mieux  peut-être,  rendre  un  liom- 
mage  profond  à  l'auteur  {\'Albertus,  de  la  Comédie  de  la 
mort  et  d'L'spana,  au  poète  impeccable,  au  magicien  ès- 
langue  française,  dont  je  me  déclare,  avec  autant  d'or- 
gueil que  dbumilité,  le  plus  dévoué,  le  plus  l'espec- 
tueux  el  le  plus  jaloux  des  disciples. 

Charles  Baudelaire. 

l/excmplaiie  des  Flcw-x  du  Mid  oITert  pur  son  auleurà  celui 
des  Émaux  et  Cdincrs,  porte  en  onire  cet  cx-do/io  autographe, 
cité  en  1884  par  M.  Jides  Le  l^elità  la  page  loi)  de  son  inté- 
ressant volume  :  L'Arl  d\thner  les  livres  et  dr  les  miDiiulrc, 
lettres  ù  un  Jeune  hdilinphilr  : 

3Ion  bien  clierTliéoi>bile, 

La  dédicace  imprimée  à  la  première  page,  n'est 
([u'une  ombre  très  l'ailde  de  l'amitié  et  de  l'admiration 
véritables  que  j'ai  toujours  éprouvées  pour  loi,  lu  le 

sais. 

Cil.  Baudelaire. 


18(3:2.  ii.i 

1810.  Thi:atre-Fiian(:ais  :  reprise  de  Turcaret.  —  Gym- 
nase :  reprises  de  Yelva  et  de  l'Étourneau.  —  (Les  nou- 
veaux) Théâtres  de  la  place  nu  (Ihatelet.  —  (Corneille  à 
la  Butte-Saint-Roch,  par  Edouard  Fournier).  Le  MonUcur 
unh'i:rsfl,  4  aoùl   18(12. 

^8Î0'''^  Le  Capitaine  Fracasse.  VIII.  Les  Choses  se  com- 
pliquent. lirvKC  Ndtionidc  et  É(rnii(jrn\  10  août  18()2. 

1811.  Inauguration  du  chemin  de  fer  de  Blidah.  Le  Mn- 

niteur  universel,  24  août  18(i2.  Cet  ailicle  a  ôlé  reproduit 
en  186o  tlans  Loin  de  Paris,  par  Théophile  Gaulier,  comme 
chapitre  sept  de  la  série  intitulée  :  En  Afrique.  Le  dernier 
alinéa,  que  voici,  a  seul  été  enlevé  de  celte  réimpression  : 

Mais  le  joue  luit,  hi  r(^'alitc  nous  rappelle,  il  faut 
aller  faire  sa  malle  et  son  feuilleton  sur  Psyché. 

1812.  Théatre-Fran(;;ais  :  reprise  de  Psyché.  Le  Monileur 
universel,  25  août  1802. 

1813.  (Nécrologie  :  )  Mort  de  Bocage,  —  Oueon  :  Le  Pa- 
radis trouvé  ;  le  Marquis  Harpagon.  —  Gaîié  :  La  Nou- 
velle salle  ;  le  Château  de  Pontalec.  Le  Monileur  univer- 
sel, 8  septembre  18(>2.  L'n  l'iagmeat  du  début  de  cet  article 
a  été  réimprimé  eu  1874  à  la  suite  de  VHistoire  du  Roman- 
(isme,  par  Théophile  Gautier,  sous  le  lilic  de  :    Bnenge. 

1813 '''^  Le  Capitaine  Fracasse.  IX.  Coups  de  bâton, 
coups  d'épée  et  autres  aventures.  Revue  Nationale  et  Étran- 
gère, 10  sej»teudjre  18tj2.  La  lin  de  ce  cbapitre,  <[ui  termine 
le  premier  volume  du  tjupitaine  Fraeasse,  est  augmentée  de 
deux  paragraphes  dans  l'édition  de  librairie  ;  dans  la.  Revue, 
on  lil,  à  la  lin  du  paragraphe  qui  précède  les  deux  derniers 
du  volume,  ces  mots  :  «  le  duel  était  (iui  »,  ([ui  sont  aujour- 
d'hui lemplacés  par  le  récit  de  la  lin  du  duel  entre  Sigo- 
giiac  et  Vallondjreuse. 

1814.  (ivMNASE  :  Les  Fous.  —  Vaudeville  :  La  Comtesse 
Mimi.  —  Porte-Saint-Martin  :  Le  Bossu.  Le  Monileur  uni- 
versel, lo  septembre  I8()2. 


..'4  1  lllSTOnU':  DKS  OF.rVUES  l)K  TH.  (.AlTIKIt. 

isi.i.  Tin'ATUK-l'uA.MMs  :  débuts  de  M.  Randoux  dans 
Tartufe.  —  (im.oN  :  L  Indiscret  ;  débuts  de  mademoiselle 
Pauline  de  Mélin  (dans  Phèdre).  /.'  Mmiiciir  tmirirsi'l, 
22  si'IiUmiiIhv  iSCi2. 

ISKl.  TnKATHi:-Kn.\Nr.Ais  :  Dolorès.  /.'■  M"iiHriir  iinlrcn^cL 
•J'.t  st<i)loiiilin'  I8C.-2. 

INI7.  Beaux-Arts:  Exposition  des  envois  et  des  prix  de 
Rome  ;    Nouvelles    salles  du    Palais  des    Beaux-Arts,   /v 

Mniiiinir  tiiiirrrscl,  ii  ocIoIji'c  l<S(i2.  l'ii  rr.iyiiiciil  de  col 
arlicle  a  élô  ivimpriuié,  sans  soiililrt",  dans  l'Arli^lr  du 
l.'i  (lu  nii'nii'  nmis. 

1818.  Odicon  :  Les  Mœurs  du  temps.  —  ('iaîtk  :  reprise 
du  Courrier  de  Lyon.—  i Nouvelles;  Errata  de  l'article 
précédent;.  Li'  )l"i>itinr  iiiiirns:'!.  i\  dcidln"  tsii:.*. 

ISIS'"'.  Le  Capitaine  Fracasse.  X.  Amours  nouveaux  et 
anciens.  licruc  ?\iiliiiiiitlr  et  Elraugrir,  10  ocloln'c  1802.  Duns 
les  éditions  de  lilnaiiic.  ce  flia|iilrc  poiic  le  lilie  de  :  J')ie 
tcte  dmifi  ïnic  Iwurnc. 

1810.  Odéon  :  Le  Mariage  de  Vadé.  Le  Monileur  universel, 
13  oclohro  1802. 

1820.  Vauukville  :  Les  Ivresses.  —  .Amuigi;  :  Cadet- 
Roussel.  —  Délasskmkntqs  :  La  Reine  Crinoline.  —  Sali.k 
i{iii:TH0VEN  :  représentations  de  la  troupe  allemande.  Le 
Moniteur  universel,  20  octobre  1862. 

1821.  Le  Paradis  artificiel.  —  Odéon  :  débuts  de  made- 
moiselle Pauline  de  Mélin.  —  ('.iiinui;  Napolkon.  —  Raffet, 
par  M.  H.  Giacomelli.  —  Société  des  Aquafortistes  (:  Li- 
vraisons une  et  deuxl  Li'  Mnniliiir  wurrrsrl.-Il  nclolue  1852. 

1822.  (Ancien  ÏHKATnE  Historique  :  Le  More  de  Venise. 
—  Gymnase  :  Les  Ganaches.  Le  Monilcur  universel,  2-3  no- 
vembre 1862. 

1823.  (ivMNASE  :  Les  Ganaches  deuxième  article).  Le 
Moniteur  universel,  10  novembre  1862. 

1824.  Aventures  du  baron  de  Munchausen.  Traduction 


180  2.  21.-) 

de  Tliéopbile  Ganlicr  fils.  (Préface  par  Tln-ophile  Gautier). 
Illuslrations  par  Gustave  Doré.  In-quarto  de  238  pages. 
Imprimerie  de  Lahior,  à  Paris.  —  A  Paris,  chez  Charles 
Fume,  rue  Saint-André-des-Ârts,  u''4;j. — Prix  :  i;i  franrs. 
Nous  trouvons  ce  volume  inscrit  sous  le  n»  10076  de  /'/ 
Bibliographie  de  la  France  du  15  novembre  1862.  La  préface 
a  été  réimprimée  inféi.'ralement  en  1880  dons  le  volume 
de  Théophile  Gautier  :  Fii^aiiix  d  Kaii.r-ford's. 

182:;.  Th.  des  Variétks  :  Les  Finesses  de  M.  Boucha- 
vannes  ;  le  Minotaure  ;  le  Bouchon  de  carafe.  —  Vauue- 
viLLE  :  Le  Dernier  Couplet;  Piisonnier  sur  parole.— Ancien- 
Théâtre  Historique  :  Les  Premières  dents  du  Lionceau; 
la  Femme  coupable.  —  Amiikut  :  reprise  du  Juif-Errant. 
—  Gaîté  :  reprise  de  Monte-Cristo.  Le  Moniteur  univerurl. 
17  novembre  1862. 

1826.  Odéon  :  Le  Doyen  de  Saint-Patrick.  —  (Une  nou- 
velle édition  des  Voyages  de  Gulliver.)  —  Th.  des  Varié- 
tés :  Nos  Petites  Faiblesses.  Le  Moniteur  universel,  24  no- 
vembre 1862. 

1827.  Vaudeville  :  Les  Brebis  de  Panurge  ;  la  Clé  de 
Métella.  —  Th.  des  Variétés:  Les  deux  Chiens  de  faïence. 
Le  Moniteur  universel,  l"  décembi'e  1862. 

d82S.  Théatre-Franç.ais:  Le  Fils  de  Giboyer.  Le  Moni- 
teur universel,  8  décembre  1862. 

1828'''=.  Le  Capitaine  Fracasse.  XI.  Le  Pont-Neuf.  Revue 
Nationale  et  Étrangère,  10  décembre  1862. 

1829.  Odéon  :  L'Ami  du  Mari;  Niobé.  —  Vaudeville  : 
Le  Pari  de  la  Marquise.  Le  Moniteur  universel,  16  dé- 
cembre 1862. 

1830.  Salammbô,  par  Gustave  Flaubert.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 22  décembre  1862.  Cet  arlicle  a  été  réimprimé 
en  1877  dans  le  tome  deux  de  VÙrient,  [tar  Théophile 
Gautier,  sous  le  titre  de:  Salammbô. 

1831.  Chatei.et  :  reprise  de  la  Prise  de  Pékin.  —  Livres: 
Atala,   de  Chateaubriand,  illustré  par  Gustave  Doré.    />'• 

Moniteur  universel,  23  décemljrr  ls62. 


2J6  IllSTOlUK  DRS  ol'.rvilES  DE  TH.  GAUTIER. 

\S^i.  Dessins  de  Victor  Hugo.  ;:i;i\r's  11,11  l'aul  (,licii;i\. 
Ti'xti'  |i,ir 'riu''0|>liili'  (l.iuticr.  l'iiTc'dr'  il'iiiii'  li'llic  de  l'aii- 
loiir  il  l'cMlitoiir.  lii-i|iiarlo  df  :2S  jia^'cs,  plus  2i)  (ii'ssiiis. 
Iinpriiiioi'it'  ilf  Cldi/c.  à  l'aris.  A  l'aiis  clicz  dtstrl,  passa^'o 
.le  lOprra.  Prix,  2(1  IVaiics.  (Daté  \HtV.\.] 

Nous  1  pouvons  co  Vdlunic  iii--riil  sons  Ir  n"  ll(;(>i  de  la 
liibliogrdpliie  de  la  Frniici'  tlii  27  (Irceiuino  IS()2. 

La  pn-l'aoe  de  Tlu''0|)liilr  (iaulii-r  a  irp.arii  imi  1(S.s:î  dans 
son  volume  :  Scurmir^  dr  tlirdirr,  d'ait  ri  df  friliii)ii\ 

1833.  TiiKATiiK-i'nwrAis  :  Anniversaire  de  Racine.  — 
Odéon  :  Misanthropie  et  Repentir.  —  Th.  des  Variktés  : 
Eh!  Allez  donc!  Turlurette !  -  iL" Amour  et  Psyché, 
illustré  par  Lorentz  Froelich  .  L'  Moiiilmr  i(iiircr:^rl  2U  dT- 
ceiubri'  1N('(2. 


i  8(i3 


1834.  Ambiou  :  La  Mère  et  la  fille.  —  Ancien  Théatuf, 
Historique  :  Léonard.  Le  Moniteur  unwcrsel,  o  janvier  186:i. 

^834'''^  Le  Capitaine  Fracasse.  XII.  Le  Radis  couronné. 
XIII.  Double  attaque.  Revue  Natiunnlc  et  Étrangrre,  10  jan- 
vier 18G3. 

1835.  Gaîté  :  Philidor.  Lr  Moniteur  unirersel,  12  jaii- 
vif-r  1863. 

1836.  Théâtre-Français  :  Anniversaire  de  Molière.  — 
Odéon  :  La  Fille  de  Molière.  Le  M>»iiteur  universel,  l'J  Jan- 
vier 1863. 

1837.  (Nécrologie  :  )  Horace  Vernet.  Le  Moniteur  universel, 
23  janvier  1863.  (^et  article  a  été  incomplètement  reproduit 
en  1874,  dans  les  Portraits  Contemporains,  par  Théophile 
(iautier  ;  un  fragment  en  a  été  réimpi'imé  aussi  dans /e 
Courrier  artistique  du  1*''  février  1863. 

183S.  Théâtre-Français  :  reprise  de  Mérope.  —  GaIté  : 
reprise  de  Cartouche.  —  (Nouvelles).  Le  Moniteur  universrl, 
28  janvier  1803. 

1839.  Ambigu  :  François  les-Bas-Bleus.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 2  février  1863. 

1840.  Théâtre-Français  :  reprise  de  Le  Philosophe  sans 
le  savoir.  —  Vaudeville  :  La  Germaine.  Le  M^nil'  ur  uni- 
versel, 9  février  1863. 

1840 '''S.  Le  Capitaine  Fracasse.  XIV.  Les  Délicatesses  de 


5I«  MISTOinF  DES  OKl'VRHS  HK   ril,  (^.AlITIEH. 

Lampourde.  XV.  Malartic  à  l'œuvre.  Hfinie  Niitiaiialr  cl 
Etniniién:  l<t  tVviici   IS03. 

isil.  TiiKATHiî-FiiANr.Ais  :  reprise  de  l'École  des  Bour- 
geois. -  OuKDN  :  Macbeth.  L'  M><niliiir  miii'fisi'l.  l(i  {'{■- 
vrioi'  IM(>:{. 

1S4-2.  TiiKATni-.-KuANr.Ais  :  Attendez  moi  sous  l'Orme: 
(retraite  prochaine  de  Samson  .  —  (Iymnasi:  :  Sortir  seule; 
Permettez  Madame  ;  le  Défaut  de  Jeanne.  Li  Mmiitiur  imi- 
rrrsrl,  23  février  1803. 

1843.  Notes  sur  le  Japon,  la  Chine  et  l'Inde,  par  le  Baron 
Ch.  de  Chassiron.  Le Mnnilcitr  imircrsrl,  H]  IV-viici'  18(13.  Cel 
jirtirlt'  a  reparu  en  1877  dans  le  tome  premier  de  l'Oriml, 
par  Tliéophile  Gantier,  sons  le  titre  de  :  Jdpnn  ;  d^ipi-rs  les 
nnlrs  du  Baron  Ch.  di'  Chassiron. 

|8'(i.  Tin  AT1U-.  FuANÇAi?  :  reprises  de  Phèdre,  du  Barbier 
de  Séville.  et  des  Fourberies  de  Scapin.  —  (luATELiix  : 
Marengo.  Lr  Moniteur  universel,  2  mars  d8(i3. 

1845.  Théatrk-Français  :  Adieux  de  Samson  :  le  Joueur; 
Sganarelle;  l'Étourdi.  —  VAUDEvn.i.K  :  reprise  du  Mariage 
d'Olympe.  Lf  Mniiid  nr  unirrrscl,  ',)  mars  18(i:î. 

1845  '''■.  Le    Capitaine    Fracasse.     XVI.    Vallombreuse. 

Revue  Nationale  et  Elranyrrc,  10  mais  18G3. 

1840.  (Chanson  à  boire.)  lieme  Nation(de  et  Étrangère, 
10  mais  1803.  Ces  vers,  parns  sans  litre  dans  le  chapitre 
seize  du  Capitaine  Fracasse  qne  nous  venons  de  renseigner, 
ont  été  réimprimés  sous  celui  que  nous  indiquons,  en  1876, 
ilans  le  tome  deux  des  Poésies  Complètes  de  Théophile 
dantier.  Dans  la  Revue,  le  dernier  vers  de  la  pièce  est 
celui-ci  : 

Gomme  s'il  eût  raillé  Gérés. 

qui  a  été  changé  lors  de  l'impression  en  volume  du  Capi- 
taine Fracasse.  Cette  chanson  a  été  mise  en  musique,  sous 
le  titre  de  :  Chanson  bachique,  tirée  du  Capitaine  Fracasse, 
par  .M.  A.  Lafilte,  et  sous  celui  de  :  Chanson  à  boire,  ji.ir 


1863.  04ii 

M.  F.  Raynal.  La  version  de  M.  Lafitlf,  qui  a  été  corrigée 
par  Théophile  Gautier,  contient  plusieurs  variantes  impor- 
tantes que  nous  relevons  sur  l'auto^ïraphe  : 

De  Bacchus,  biberon  insigne, 
Chantons  les  louanges  en  chœur! 
Vive  le  pur  sang  de  la  vigne 
Qui  sort  des  grappes  qu'on  trépigne! 
Vive  ce  rubis  en  liqueur! 

Nous  autres,  prêtres  de  la  treille, 
Du  vin  nous  portons  les  couleurs. 
Notre  fard  est  dans  la  bouteille 
Qui  nous  fait  la  trogne  vermeille, 
Et  sur  le  nez  nous  peint  des  fleurs. 

Avec  l'eau,  qu'on  se  débarbouille! 
Honte  à  qui  boit  au  pot  de  grès! 
Le  ventre  aussitôt  lui  gargouille; 
Il  est  changé  d'homme  en  grenouille, 
Comme  les  moqueurs  de  Cérès  ! 

i847.  Théathk  Fram.ais   :  Adieux  de   Samson  :  Amphi- 
tryon;  Don  Juan;  le  Bourgeois   Gentilhomme.  —  Cihqub 
Napoléon  :  Le  Dompteur  Crockett.  Le  Monileur  universel, 
\C,  mars  1863. 

1848.  La  Terre  avant  le  Déluge,  par  M.  Louis  Figuier. 
Première  partie.  Le  Muuilcur  unicersel,  21  mais  iHO'.i. 

184"J.  Théâtre-Français  :  Adieux  de  Samson  :  le  Men- 
teur. —  Gymnase  :  reprise  de  le  Fils  Naturel.  —  (lAirÉ  : 
reprise  de  la  Belle  Gabrielle.  Le  Monileur  universel, 
23  mars  1863. 

ISaO.  Thkatre-Français  ;  Adieux  de  Samson  :  la  Camara- 
derie; le  Mariage  de  Figaro:  le  Vieux  Célibataire;  le  jeu  de 
l'Amour  et  du  Hasard.  — -  Gymnase  :  La  Maison  sans  enfants; 
le  Bout    de  l'An  de   l'Amour.  —    Porte   .Saint-Maktin    : 


•îno       msToinF  ors  ofa'vnrs  m;  ni.  (iviTiKn. 

reprise  de    Don  Juan  de  Marana.  h'   MonihKr  unircrs'l, 
:t(l  m;iis  I.Sd:!. 

i8.il.  TiiKATiiE-FiiANÇAis  :  Dernière  représentation  de 
Samson:  mademoiselle  delà  Seigliére.  —  Amiuc.u  :  L'Otage. 
Le  Moititnir  imirrrscl.  Ci-"/  asiil  IS(;:t. 

is.ll  '''\  Le  Capitaine  Fracasse.  XVII.  La  Bague  damé- 
thyste.  li'riit'  Muliniiiilt:  ri  Elniinji  ri\  10  ,i\iil  iMlil. 

is:i2.  TiiiATitK-JMiANr.Ais  :  Coquelin  dans)  le  Barbier  de 
Séville;  Tartufe.  Lf  Mnnilrur  imiri rsri,  \:\  aviil  l.sii:i. 

iH:\.].  Tiii:ATiii;-l"iîAN(;Ais  ol  (".ymnask  :  représentations  de 
retraite  de  Maillart  et  de  Ferville.  —  Tli.  di-s  Vahikids  :  Le 
Mariage   de  Césarine.  I.f  Mniiiii  tir  universel,  20  uvril  18(>;j. 

18:i4.  VAunEViLi.K  ;  Un  Homme  de  rien  /.'  Mnniiciir  imi- 
rerael,  27  avril  1803. 

C'est  à  co  moment  que  Tbr!0|)liilc  (laiitier  icriil  une  poii- 
.^ion  de  trois  mille  francs  du  Miiiislt'iiMriitat,  et  qu'il  éciivil 
l;i  lettre  inédite  suivante  an  Ministre  d'Ktal,  le  comte 
NN'alewski.  Le  don  de  cette  pension  lui  annnnci''  dans  les 
jouinaux  de  mai  18(i3  : 

Fin  Avril  1863.) 

Monsieur  le  Ministic. 

Je  ne  veux  pas  altendi'e  1»^  jour  oi'i  j'aufai  l'honneur 
de  voir  Voli'e  Excellence  pour  lui  l(''moigner  ma  vive 
reconnaissance  de  la  mesure  par  laquelle  Elle  a  bien 
voulu  récompenser  mes  travaux. 

Dans  l'espérance  d'une  i)rocliainc  audience,  je  vous 
prie,  Monsieur  le  Ministre,  d'agréer  l'assurance  de  mon 
respectueux  dévouement  et  de  ma  profonde  gratitude. 

Théophile  Gautier. 

18o.).  Théatrk-Français  :  Le  Misanthrope;  les  Femmes 
savantes;  Phèdre.  —  Portk-Saint-Maktin  :  reprise  de 
Charles   VII  chez  ses   grands   vassaux.    —   Hippodrome  : 


i863.  251 

M.  Hermann  et  sa  ménagerie.  Le  Moniteur  universel,  4  mai 
1863. 

18:i:;i'\  Le  Capitaine  Fracasse.  XVIII.  En  Famille.  XIX. 
Orties  et  toiles  d'araignée.  Herne  Nationale  et  Étrangère, 
K»  mai  1803. 

I8;;6.  Odéon  :  représentation  au  bénéfice  de  la  veuve  de 
Fichât;  le  Mariage  de  Figaro.  —  Fomes-Dra.maïiques  : 
reprise  de  la  Dame  aux  Camélias.  Le  Moniteur  itniverset, 
11  mai  18(33. 

iS'M.  Le  Nouvel  Opéra.  Lp  Menite^ir  nnivcrsel,  13  mai 
1863. 

1838.  Théâtre- Français  :  Mademoiselle  Agar  dans 
Phèdre.  —  Odkon  :  débuts  de  mademoiselle  Deschamps  et 
de  M.  Bina  dans  Andromaque.  —  CaIté  :  reprise  de  la 
Fille  du  Paysan. — Ambigu:  reprise  de  la  Poissarde. — 
Chatei.et  :  reprise  de  Rothomago.  Le  MonUeur  nnirert^rl, 
18  mai  1863. 

1839.  Le  Nouvel  Opéra  :  Intérieur.  Le  Moniteur  universel, 
20  mai  1863.  Cet  article  a  été  incomplètement  réimprimé, 
sou.s  le  titre  de  :  le  Nouvel  Opéra,  dans  l' Artiste  du  lii  avril 
1866. 

1860.  Salon  de  1863.  I.  Le  Salon  carré  :  MM.  Hippolyte 
Flandrin  ;  Winterhalter  ;  Puvis  de  Chavannes  ;  Yvon  ;  Pro- 
tais ;  Armand  Dumaresq;  Eugène  Bellangé;  Couverchel  ; 
Mettez;  Robie;  de  Winne.  Le  Moniteur  iiniverfiel,  23  mai 
1863. 

1861.  Théâtre-Français  :  reprise  de  Louis  XI.  —  r,vM- 
NASE  :  Nos  Alliées.  —  (Madame  Key-Blunt.  h'  Moniteur 
universel,  25-26  mai  1863. 

1862.  Porte-Sai.nt-Martin  :  reprise  de  les  Pilules  du 
Diable.  —  Les  dompteurs  Hermann  et  Crockett.  Le  Moni- 
teur universel ,  le  juin  1863. 

1863.  Théâtre-Français  :  Anniversaire  de  Corneille.  — 
Vaudeville  :  débuts  de  mademoiselle  Laurence  dans  la 
Chercheuse  d'Esprit.  Le  Mo)iiteur  universel,  8  juin  1863. 


■2.V»        iiisTiniii;  i)i:s  (ii:i  vhf.s  dr  th.  cAirir.u. 

ISikV".  Le  Capitaine  Fracasse  ffin' :  XX.  Déclaration 
d'amour  de  Chiquita.  XXI.  Hymen,  ô  hyménée  !  XXII. 
Épilogue  :  Le  Château  du  bonheur.  Ilrn(i'?\iiliiiii(il(.'  et  Etni))- 
ijrrc,  10  juin  I.S(»3. 

ISHSi".  Salon  de  18G3.  II).  MM.  Baudry;  Cabanel; 
Amaury-Duval  :  Giacomotti:  Meynier  :  Briguiboul.   Lf  )h>- 

uihur  iinlrcisd.   II)  juin   ISlil!. 

IH(ii.  TiiK.\ïiu:-l"i(.\N(;\is  :  débuts  de  mademoiselle  Agar 
dans  Phèdre:  la  Loge  d'Opéra.  —  (.ii.\tki,i..t  :  Frederick 
Lemaitre  dans  Don  César  de  Bazan.  Le  Moniteur  itHirnsrl, 
i;i  juin  I8fi:t. 

1804''''.  Salon  de  1863.  III.  MM.  Gérônie  :  Hébert:  Jala- 
bert;  Brion.  IV.  MM.  Bouguereau;  G.  Doré;  Belly;  Gustave 
Boulanger;  Fromentin.  />-  Mniiiirur  loiiiii-f^rl,  [h  cl  2(>Jinn 
ISOIl 

i86b.  Théâtre-Français  :  Mademoiselle  Agar  dans  An- 
dromaque.  —  (Iymnask  :  Le  Train  de  minuit.  —  Th.  des 
Variktks  :    Les    Médecins.    Le  Mouilnn-    uiiireryrl^    22  jnin 

^8r1:;•''^  Salon  del863.  V.  MM.Heilbuth;  Knaus  ;  Comte  ; 
Ch.  Marchai;  Bonnat.  Lr  Moniteur  universel,  26 juin  1863. 

1860.  Théâtre-Français:  Trop  curieux;  mademoiselle 
Agar  dans  Iphigénie  en  Aulide.—  (Nouvelles).  Le  Moniteur 
universel,  2'Jjuin  1863. 

ISOO''''.  Salon  de  1863.  VI.  MM.  Marchai;  Bonnat;  Tis- 
sot;  Laugée  ;  Eugène  Giraud;  Charles  Giraud;  Victor 
Giraud.  Le  Moniteur  inilm-srl,  3  jnillcl  i8()3. 

1867.  Vaudeville  :  Les  Coups  d'épingle;  C'était  Ger- 
trude.  —  (-hati:let  :  Le  Secret  de  Miss  Aurore.  Le  Moni- 
teur universel,  6  juillet  1863. 

1867 ''>^  Salon  de  1863.  VII.  MM.  Millet;  Adolphe  et 
Armand  Leleux;  madame  Armand  Leleux;  MM.  Caraud  ; 
Compte-Calix;  Bonvin  ;  Ribot.  VIII.  MM.  Sieurac;  Grellet; 
Casey  ;  Tabar  ;  Bureau  ;  Matout;  Appert;  Merle.  Lr  Monilnir 
universel,  8  et  11  juillet  1863. 


1868.  Théatre-Fra.nçais  :  débuts  de  M.  Gibeau  dans  les 
Enfants  d'Edouard;  Souvent  homme  varie;  la  Joie  fait 
peur;  Phèdre.  —  (Champs-Elysi;es  ;  Théâtre  de    Guignol}. 

Le  Moiiilcur  universel,  13  jiiillel  I8()3. 

1808 '"^  Salon  de  1863.  IX.  MM.  Valérie;  Guillaumet  ; 
Magy;  Hauguet;  Breton;  Van-Hove;  Willems;  L.  MuUer. 

Le  Moniteur  ttnirernel,  17  juillet  i8()3. 

186'J.  Gymnase  :  Le  Démon  du  jeu.  Le  Moniteur  unieenel, 
21  juillet  18(33. 

1870.  Théâtre-Français  :  La  France  dans  l'Extrême- 
Orient,  poème  par  H.  de  Bornier.  —  Folies-Dramatiques  : 
représentations  d  Henri  Monnier  :  La  Mère  de  la  Débu- 
tante; la  Famille  improvisée;  le  Roman  chez  la  Portière. 

Le  Moniteur  iinireraej,  21  juillet  1803. 

1870  bi^  Salon  de  1863.  X.  MM.  Giaize  fils;  Leroux; 
Anker;  Henner;  Lévy;  Chazal  ;  Guillaume;  Lechevallier- 
Chevignard;  Léman;  Chaplin;  Lehmann.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 3!  juillet  1863. 

1871.  Un  mot  sur  l'Eau-forte.  Sejciété  des  A.qiu  i- for  listes  ; 
eaux-fortes  meider)ies  uriijinules  et  inédites;  première  année, 
premier  volume,  douzième  numéro,  l"'  août  1803. 

Ce  travail  doit  se  placer  en  tête  de  la  publication,  com- 
mencée le  l"""  se|)tembre  1862.  11  a  été  réimprimé  intéf^rale- 
ment  en  1880  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier  :  Tableaux 
à  la  plume. 

1872.  (Nécrologie :)  Emma  Livry.  —Théâtre-Français :  La 
Jeunesse.  Le  Moniteur  universel,  3  août  1863.  Un  très  court 
fiagment  de  ce  feuilleton,  daté  par  erreur  du  2  août  1863,  a 
été  réimprimé  on  1874  dans  \esPortraits  Contemporains,  par 
Théophile  Gautier,  sous  le  titre  de:  Mademoiselle  Emma  Lirrij. 

1872  ^'".  Salon  de  1863.  XI.  MM.  Français;  Benouville; 
Bellel;  Daubigny;  Corot;  A.  Bonheur;  Brendel  ;  Ph.  Rous- 
seau; de  Balleroy;  Bonnegrâce;  Laroche;  Madarasz; 
Richorame  ;  William  Wyld;  Bernier  ;  Penguilly-L'Hari- 
don.  Le  Moniteur  universel,  7  août  1863. 


■.>51  IIISTOIUK  DIS  (tr.rVUKS  l»K  TH.  i.ALTIKlt. 

\s',:\.  .\\iiiii;i'  :  La  Sorcière.  —  VAini:vii,i,K:  reprise  de  : 
les  Faux  Bonshommes.  I.<   Mnuitrur  imircrsil,  K»  ;miùI   Inc.:;. 

1871.  iNécrologie  :)  Eugène  Delacroix.  Le  MnHilcur  uiii- 
vrrsrl,  14  Jt'uU  ISCi.i.  lu  IViiiiiiinil  dr  cfl  arlicle  a  repaiii 
dans  VAInunKtrh  piirisirii  |i(}iir  ISCi'i,  ri,  en  1.S7i,  dans  les 
Vuflrnits  contcmjwidliis,  pai  Tlpii|iliilc  (laulicr. 

IS7.').  La  Rose  Thé.  NiiHs  inuivoiis  iiiiur  1,-1  ]iM'iniric  luis 
l'i's  vers  dans  la  qualrii-nic  odilion  des  Linnii.r  il  l'inin'i'^ 
dniblirn  sous  lo  tilrc  de  /'"r.s/r.s  iA'n»L't'//t'.s") ,  édition  inscrilc 
.s(ins  le  n"  7;!Ui  de  la  liHilinuraphic  de  In  Frimer,  dn 
i:»  août  18():5.  Lr  Nain  Jitunr  du  l(i  juin  ISO:»,  cl,  apics  lui, 
lo  Pclilr  Ecnic  (hi  2't  jnin  ilSIlii,  uni  |inldi('  Irs  drn.x  |)rc- 
mit'ress(roi)hcs  de  celle  pièce  en  les  iiidi(juanl,  coiuine  Urées 
d'un  album.  Ces  vers  ont  fait  partie,  depuis  1863,  de  toutes 
les  éditions  iVÉmaiix  rt  Camées.  Ils  ont  été  écrils,  |iarail-il, 
pour  la  piincesso  Clnlildc,  cl  lui  snni  di'dir's,  dit-on,  sui' 
l'autograplii'  de  la  |iircc. 

187(î.  La  Fête  du  15  août.  Lr  ]lniii(eHe  tmirersel,  If.- 17 
août  ist;!{. 

\HH\^'''\  Salon  de  1863.  XIL  MM  U.  Achenbach: 
Swertchow  :  Tchoumakoff;  Patrois;  A.  Stevens:  J.  Ste- 
vens;  Palizzi:  Lanoue;  Harpignies;  Blin  ;  Saal  ;  Worms; 
Voillemot;  Thierry;  madame  Escallier;  MM.  Monginot  : 
Ghéquier  :  Grobon  :  Lays  :  d'Haurel.  Le  Muuiicur  unkersel, 
22  aoni   18C.:i. 

J877.  (J.xiTii  :  Peau  d'Ane.  —  ^Nouvelles.;  Le  Monileiir 
universel,  24  août  1863. 

1878.  (Rectification).  —  Thk.\tre-Français  :  reprise  d'Eu- 
génie. Le    Moniteur  imivcrsel,  31  août  1863. 

lS78l'i^  Salon  de  1863.  (XIII  et  dernier  .  M.  Bida;  la 
princesse Mathilde :  M.Bodmer;  madame  Henriette Browne: 
MM.  Calamatta;  de  Lemud;  Perraud;  Carpeaux;  Carrier- 
Belleuse:  Dubois:  Marcello;  Chatrousse;  Gumery  ;  Gaston 
Guitton;  Fremiet;  Franceschi  ;  Millet;  Michel  Pascal;  Che- 
valier ;  Bartholdi  ;  Clésinger:  Cordier;  Demesmay:  Debay; 


1863.  25-) 

Lequesne  ;  Maindron  ;  Préault.  Le  Moniteur  universel,  i"  sep- 
tembre 1863. 

1879.  École  des  Beaux  Arts  :  Concours  pour  le  grand 
prix  de  sculpture.  Le  Moniteur  universel,  3  septembre  1N63. 

1880.  Odéon  :  Les  Ouvrières  de  qualité;  la  Fille  de  Dan- 
court.  —  Th.  (les  Vaiiiktés  :  Dans  mes  meubles  ;  la  Chan- 
son de  Marguerite.  —  Vàudeviluc  :  reprise  d'Un  Homme 
de  rien.  Le  Mnn Heur  universel,  7  septembre  dise.:!. 

1881.  École  des  Beaux- Arts  :  Concours  pour  le  grand  prix 
de  gravure  en  médailles.  Le  Moniteur  universel,  10  sep- 
tembre 1863. 

1882.  Tli.  des  Vabiétks:  Débuts  de  M.  Charles  Mathews 
dans  Un  Anglais  timide.  —  Ambigu  :  Débuts  de  mademoi- 
selle Agar  dans  la  Sorcière.  Le  Moniteur  universel,  14  seji- 
Icmljre  18(13. 

1883.  École  des  Beaux-Arts  :  Concours  pour  le  grand  prix 
de  peinture.  Le  Moniteur  universel,  26  septembre  1863. 

188i.  (Nécrologie  :)  Alfred  de  Vigny.  —  Thkatre-Fhan- 
r.Ais  :  La  Mère  Confidente.  —  Vaudeville  :  Macbeth  (joué 
en  anglais  par  madame  Key-Blunt).  Le  Moniteur  universrl, 
28  septembre  1863.  Lu  l'ragment  du  début  de  cet  article  a 
été  réimprimé,  en  1874,  dans  ]cs  Purlraits  Contemporains  de 
l'auteur.  L'Artiste  du  lii  novembre  1863  en  a  aussi  donné 
un  extrait,  sous  le  titre  de  :  PJn/sionoinic  litlrroire  cVAIfred 
de  Viynij. 

188.).  École  des  Beaux-Arts  :  Exposition  des  grands  prix 
et  des  envois  de  Rome.  Le  Moiiiteur  unirrrsri,  l^oitobre  1863. 

1886.  THÉATBK-FuANrAis  :  Débuts  de  mademoiselle  Jaillet. 
—  Chatelet.  Aladin.  Le  Moniteur  universel,  6  oclobre  1863. 

1887.  Théâtre  dk  la  Porte-Saint-Martin  :  Le  Carnaval 
de  Naples.  Le  Moniteur  universel,  12  octobre  1863. 

1888.  Odéon:  Diane  au  bois.  -^  Vaudeville  :  reprise  de  : 
les  Ressources  de  Quinola.  —  Champ  de  Mars  :  Le  Géant, 
ballon  de  Nadar.  Lr  Mmilinir  u)uversel,  21  oclobre  1863.  In 


•AV)  IIISTOIIIK  l)i:S  UKL  ViŒS  D\i  TH.  C.AlTlEll. 

fiiiLTiMoiil  (le  et'  IVuilli'lon  a  lopani  dans  VArlhlc  du 
t'''"  iiovfinbre  1803,  mhis  le  lilir  de  :  Lu  i'oincdic  aidiijuv; 
Diane  au  boia. 

18S'.>.  I'hkatric- Khan(;ais  :  Jean  Baudry.  —  Ambicu  : 
L'Aioule.  —  rii.  des  Vauiktks:  Les  Voyages  de  la  Vérité,  b- 

Muniltur  iiiiirirsfL  -'i  nchilni'  INd:!. 

18*.)0.  OoKON  :  Les  Indifférents.  — (IvMNAsic  :  Montjoye.  — 
I\Mni>SAiNï- Mahiin   :    reprise  de  Benvenuto   Cellini.    /.'• 

Miiitiliiir  ?/)(/r('j-sr/.  2-il  luivciidur    ISd:!. 

IS',11.  Le  Capitaine  Fracasse,  par  Tliéoiiliilc  (iaulici'.  Deux 
volumes  in- 12,  cnscniiilc  de  iv-7(i8  pages,  inifirinierie  de 
Bijui'dicr  et  enmpdi/ïiir,  k  Paris.  —  A  Paris,  elle/.  Cliaeprn- 
tier,  quai  de  Tileole,  n"  28. 

Nous  indiquons  ici  ect  ouvrajj;e,  que  nous  trouvons  inseril 
sous  le  u°  10270  de  la  Jiililiixjntphie  de  la  France,  du  7  no- 
vembre, 186;!,  à  -ause  de  la  Préface  inédile,  datée  d'Or- 
(nbre  ISfi'.i,  qu'il  eontienl  en  plus  des  cliapilies  donl  nous 
avons  déjà  parlé,  l'ne  erreur  singulière  du  liitidc  du  Libraire' 
antiquaire  et  du  bibliophile  {ln-S°,  1882-....)  indique,  page  23, 
la  première  édilinn  ilu  Capitaine  Fracasse  comme  parue 
en  18;)2,  el  fornianl  trois  volumes  in-oclavo.  Ce  renseigne- 
nit^il  esl  alisolunient  ine.xacl. 

M.  Arnold  Mortier,  (pii  signait  :  In  Monsieur  de  TOr- 
cbeslre,  en  j>arlant  dans  le  Figaro  du  :{  juillet  1878  de 
ro]téra-coini(pu' tiré  de  ce  roman,  donne  ces  intéressants 
détails  sur  le  [)lan  primitii'  de  Théopliile  Gautier;  nous  lui 
laissons  la  parole  : 

A  propo.s  (lu  roman  de  Gaulipr,  on  me  raconte  le  fait 
suivant,  connu  seulemenl  de  ceux  (|ui  ont  vécu  dans 
lintimilé  du  grand  poète. 

Vous  savez,  —  tout  le  monde  le  sait,  —  quel  est  le 
dénouement  du  Capitaine  Fracasse. 

Sigognac  s'est  battu  avec  Vallombreuse,  frère  d'Isa- 
liclle,  et  il  la  grièvement  blessé;  mais  Vallombreuse 
guérit  de  sa  blessure,  Sigognac  épouse  Isabelle  et  rentre 


i8r):{.  257 

triomphalement  dans  son  château  restauré,  qui  a  étôlc 
château  de  la  misère  et  qui  est  devenu  le  château  du 
bonheur. 

Tel  est  le  dénouement  heureux  qui  termine  le  roman 
à  la  satisfaction  de  tous. 

Eh  bien,  cette  fin  satisfaisante  n'est  point  celle 
qu'avait  primitivement  conçue  Tliéopiiile  Gautier. 

Dans  la  pensée  première  de  l'illustre  écrivain,  Val- 
lombreuse  ne  guérissait  pas,  Sigognac  ne  pouvait 
épouser  la  sœur  de  celui  tiu'il  avait  tué,  et  le  triste 
capitaine  Fracasse  rentrait  seul  dans  le  château  de  la 
misère,  où  il  retrouvait  plus  mornes,  plus  maigres,  le 
vieux  chien  Mirant,  le  vieux  chat  Belzéhuth,  le  vieux 
maîti'e  d'armes  Pierre  ! 

Sûr  de  son  admirable  palette,  le  poète-peintre  repre- 
nait la  description  déjà  si  désolée  du  château  de  la 
misère. 

Il  mettait  plus  de  toiles  d'araignée  dans  les  angles, 
plus  de  poussière  sur  les  meubles  rompus,  plus  de  tris- 
tesse dans  les  yeux  des  ancêtres  peints. 

Les  jours  se  passaient  horriblement  moroses.  Le  chien 
moui'ait,  le  chat  mourait;  un  matin,  le  vieux  serviteur 
ne  se  relevait  plus  de  son  grabat  dans  la  salle  basse,  et 
Sigognac  pauvre,  délaissé,  oublié  par  Isabelle  elle- 
même,  se  mourait  d'inanition  dans  le  Château  de  la  mi- 
sère, devenu  le  Château  de  la  famine. 

Poui-quoi  Gautier  a-t-il  changé  son  dénouement  pri- 
mitif? A-t-il  été  vaincu  par  le  préjugé  des  dénouements 
heureux?  A-t-il  cédé  à  quelques  conseils?  Je  l'ignore. 

Quant  à  dire  s'il  a  eu  raison  ou  tort,  si  la  version 
publiée  est  préférable  à  la  version  rêvée,  cela  me  paraît 
bien  inutile.  L'œuvre  est  lancée,  l'ouvrier  est  mort. 
II.  n 


258  lllSTdllUi:  DES  ŒUVUKS  DK  TH.  f.ArTIRH. 

I)('|)iiis  r.'i|i|).'ii  itioii  (II'  l'i's  li;;'ni'>,  iii.'iil.'iinc  .Imlilli  (niiiliiT. 
la  lilli*  aiiK'c  du  |Hirlt>,  a  (''Ci'il  |iiMn  uni'  luiiivrllr  idilinii 
illusln'o  (lu  Ciipiltiine  Fracasse  ('.i  \i>\..  .liMiau>i,  i,ss'i-IS8i>), 
une  lr(''s  iulci'cssanli'  iin-faci'.  pulilirc  d'alKU'd  dans  h'  liil 
lilus  (lu  1(1  (lôcindui'  iSSî.  ipii  riuilirnu'  Inus  rcs  di'lails. 

Kll(^  y  raconlr  m  uiilii'  la  ruiiiiiM'  lii>li)iii' du  Mianusiril 
di'  r(uura;;i'.  i|ui  lui  pavi'-  \):\Lsr  à  pafii'  a  sou  aulcui',  cl  dmil 
cliacuur  ri'cevail,  au  tcvlM's,  rciupri'iiilc  d'iui  liudur  piu'- 
laiil  le  uiol  :  pai/rc.  Nnus  i^ossi'dons  jilusicurs  do  risiiiiu?us(>s 
pages.  Ajouloiis  que  le  prix  de  iliacune  ('iail  (ixé  à  viiijil 
francs.  I,a  soinnie  lolah'  inurliii'  ainsi  pai  Tlirii|diilr  (ian- 
lier  fui  dr'riiui|ili''e  de  ses  dmils  d  aulrui'  sur  le  Cajtilaiiic 
Fracasse. 

Le  livrclde  l'opéra-coniiquo  en  trois  acics  "I  riui|  laldiaiix, 
joiK"  en  1878,  (jue  M.  Calidli'  Mendrs  a  tiré  i\c  re  nuiiau 
pour  M.  Kniile  l'essardiCoulient  le  lac-siniili''  de  raulorisalion 
anlo,:rraplie  doiiii(!'e  par  Tla'ojiliile  Gaulier  à  son  j^endre,  le 
27  juin  i872,  d'exéculeT-  ce  dii'licilr  iiavail. 

Disons  aussi  ([ue  Tluiopiiili'  (iaulirr  n"a  jamais  dcssini; 
d'alTu'lie  pour /e  Capilaine  Fracasse.  U"<>i  qn  <'ii  dise  M.  lù'- 
nest  Maiudron,  paf;e  li.'jD  de  la  Gazette  des  Beaux-Arts  de 
tlécemlire  1884,  il  n'en  fui  pas  ex(jcut(^  d'aulre  que  celle  de 
(îustavc  Dorié. 

Nous  allons  cilei'  maintenant  ((uatre  lettres  de  Théopiiile 
Gaulici',  (écrites  toutes  les  ((uati'e  à  la  lin  de  1866,  lors  de  la 
mise  en  vente  du  Capitaine  Fracasse,  illustré  par  Gustave 
Doré,  jinur  ji's  T'I rennes  de  1867.  La  |iii'mière  est  adressée 
à  M.  Charles  Monsclet,  qui  Ta  citée  plusieurs  fois;  d'abord, 
en  décembre  1871,  dans  le  Catalogue  dclaillv,  raisonne  et 
anecdoticiuc  d'une  jolie  collection  de  livres  nm's  et  curieux, 
puis  dans  la  Chronique  illustrée  du  1"  novembre  1S72,  et 
dans  l'Événement  du  18  juillet  1878.  La  voici  : 

Mon  clier  Monselet, 

Acccple  ce  Fmcosse  illustre'',  et  parles-en  clans  les 
papiers  où  tu  reluis  comme  une  casserole  de  cuivre  bien 
écurée  dans  une  cuisine  flamande.  Considère  cet 
ouvrage  au  point  de  vue  gastronomique;  l'absence  de 


18();{.  259 

nourriture  y  eM  déplorée  amèremeiil,  ••!  quand  la 
bonne  chance  ramène  les  mets  succulents  et  les  bons 
vins,  ils  sont  célébi'és  avec  non  moins  de  soin  que  les 
charmes  de  l'héroïne.  Protège  ces  goinfres,  ces  ivrognes, 
et  ces  canailles  variées;  saupomlrc-les  de  quelques 
mots  spirituels  en  guise  de  muscade  râpée.  A  pi-opos 
de  muscade,  si  on  en  mettait  partout  au  (emi)s  de 
Boileau,  on  n'en  met  plus  nulle  part  aujourd'hui;  le 
monde  dégénère. 

Adieu;  soigne  ton  bedon  et  ne  t'elïorcepas  de  le  con- 
tenir au  majestueux,  comme  cet  imbécile  de  Brillât- 
Savarin. 

l'a  us. 

Théophile  Gautier, 

La  seconde  fut  envoyée  ;i  M.  l*aiil  ['"oucher;  elle  a  été 
imprimée  en  fac-similé  dans  CAmateur  cVautof/rophes  de 
février  1876  et  dans  le  Siipi^l/'inent  à  rho(;rit}ihie  des  /tommes 
ccicbvcs  : 

Mon  vieux  Paul, 

Au  nom  de  l'ancien  romantisme,  prends  sous  ta  pro- 
tection ce  Fracasse  annoncé  dès  1833  sur  les  couver- 
tui'es  des  bouquins  de  Renduel,  en  même  temps  que  la 
Qiiiquengvogne  de  l'illustre  Victor  (Hugo).  Il  est  rafraî- 
chi de  soixante  dessins  de  Gustave  Doré.  Fais-le  sortir 
de  son  château  de  la  Misère  pour  entrer  dans  le  castel 
doré  sur  tranche  du  succès. 

A  loi,  un  vieux  iïHernani. 

Théophile  Gautier, 

La  Iroisièine,  qui  est  inédite,  fut  écrite  à  M.  Edouard 
Fouruier  : 


■MO        iiisTtiiiii,  lus  (ii:i  \  iu;s  di:  th.  (.aitikk. 
MoiisitMif. 

Vous  i|lli  aiin<'/.  le  \  irii\  l';iiis.  je  \(iiis  niMiic  /r  (.'(ipi- 
laùif  Fracassi\  [Mnir  li'i|iii'l  Noirc  //isio/'n'  tlu  Pont-Neuf 
m"a(''l{'>  il'im  Liraml  sccoiiis.  CVst  un  peu  Milrt- ouvi'age. 
Proti'}ivz-l('  (loue;  vous  poiiviv,  le  l'aire  avi'C  d'atilaiil 
plus  irassiiranro,  (|uo  la  iuIsîmt  du  icxlc  s'psI  ciiricliic 
(losoixanlc  hi^aiix  dessins  de  CiMsIaM'  Doiv. 

Mille  compliments  el  remerriemenls  d'avance. 

Tliéopliile  Gautier. 

Voici  tMiliii  l.i  (|ii;iliicm(' .  iiir'dilc  aussi,  cl  adresséo  à 
M.  (".liarlcs  Vriaitt>  : 

Mon  cher  Yriai'to, 

A  vous,  (|iii  èles  mon  champion  el  fpii  bataillez  pour 
moi  avec  votre  bonne  lame  de  Tolède,  j"adrcs.se  ce 
volume  illustré  du  Capitaine  Fracasse.  Dites-en 
(piehiuesmols  dans  votre  chronique'  avant  que  la  pluie 
de  dragées  el  de  bouquins  gaullrés  d'or  ne  commence. 

Pongo  mis  espreciones  a  los  pies  de  U'L 

Théophile  Gautier. 

Quelques  années  plus  lard,  M.  Charles  Yriarte  devint 
directeur  du  Grand  Journal.  Théophile  (laulier  lui  écrivil 
alors  le  l)illi'l  iiirdil  suivant  : 

RIon  cher  Yriarte, 

Si  vous  pouviez  faire  passer  l'article  de  Tin-Ton-Lin, 
vous  me  feriez  plaisir  et  lui  rendriez  service.  Il  ne  doit 
pas  ôtre  très  doré  sur  tranche,  mon  pauvre  Chinois  ! 

A  vous  de  cœur. 

Théophile  Gautier. 

1 .  Du  Monde  illustré. 


18  6:{.  261 

Tiii  Ton-Lin  est,  un  ("hiuois,  recueilli  Miilrei'ois  par  Tlu'-o- 
|»hile  (îautier,  qui  a  publié  depuis  la  luoil  du  poclc  une 
traduction  fi'ançaise  d'une  nouvelle  de  son  pays  ;  elle  forme 
un  volinnc  sous  le  titre  de  :  laPctile  ranlnuflr. 

Théophili'  Gautiei'  avait  écrit  une  lettre  au  destinataire 
de  chacun  des  exemplaires  du  Capitaine  Fiymisse  illustré 
donné  par  lui.  M.  Pierre  Guy,  le  secrétaire  de  M.  Charpentier 
de  I860  à  1867,  prit  copie  de  toutes.  Mais  on  n"a  pu  mnl- 
heureusement  retrouver  ce  travail. 

1892.  Odko.n  :  Le  Dernier  quartier.  —  Giuque  Napoléo.x  : 
Les  vingt-quatre  Ben-Zoug-Zoug.  —  (Copies  des  grands 
maîtres  par  M.  Colin),  ic  Moniteur  iinirrrsel,  Ki  novendire 
1863. 

1893.  Th.  des  Variéiés:   Ajax  et  sa  Blanchisseuse.    Le 

Mottilcur  universel,  23  novendire  18()3. 

1894.  Vaudeville  :  Les  Diables  noirs.  —  (Nouvelles).  Le 
Moniteur  universel,  30  novembre  1863. 

189o.  (A  propos  de  la  Société  Nationale  des  Beaux-Arts). 
Le  Courrier  Artistique,  6  décembre  1863.  Il  ne  s'agit  ici  que 
d'une  courte  allocution  prononcée  par  Théophile  Gautier  à 
l'assemblée  générale  de  cette  société,  dont  il  était  président, 
allocution  citée  dans  l'article  de  M.  P. -G.  Parent  publié 
dans  ce  numéro  sous  le  tilre  de  :  ht  Société  Nationale  des 
Bi^aux-Arts  :  tpielques  nuits  sur  son  principe;  r exposition 
aniiuelle  des  œuvres  inédites  des  sociétaires.  Voici  les  paroles 
de  Théophile  Gaulier: 

Ici,  messieurs,  vous  sei'ez  cliez  vous;  celle  inaisou 
est  la  vôtfe;  cette  place  si  grande,  si  belle  et  si  bien 
clioisie  est  à  vous.  Et  comme  l'œuvre  d'un  artiste  com- 
porte non  seulement  la  perfection  qu'il  peut  atteindre, 
mais  encore  et  surtout  la  voie  nouvelle  qu'il  doit  cher- 
cher, vous  pourrez  profiter  d'une  propriété  qui  vous  est 
acquise  à  tous  égards,  potir  y  donner  un  hhi^e  essor  aux 
élans  et  aux  tentatives  de  votre  pensée.  L'exposition  du 
gouvernement  représentei^a  pour  vous  le  côté  officiel 


•262  IIISTOIllF  DES  OKllVRES  DK  TH.  <;ArTIKR. 

(le  r;irl.t'l  crllc-ci  son  cAIr  ;i\  l'iililiriix.  L'illlt',  ('Oin|tl('- 
It'ia  l'aiilrt'.  cl  loiitfs  les  deux  nous  ((tiniiIrliMoiil  voiis- 
UiT'iiics  :  là-lias  vous  Iroincir/,  la  iinrcctioii  (|ui  est 
l'idriil  Icrrosiro;  ici  muis  cliciclicrcz  rinconnii  iiiii  est 
l'idcal  (li\iii. 

Tlico|iliil('  (iaiilirr  nous  a  dit,  lors  de  uolir  uiiiinii-  entre- 
vue,  t|nil   avait    inèli'   en  18()i  à  M.  Martinet,  directeur  du 
Courrier  (irli^ti(/iir,  un  caliii  r   rn.ouiscrii,  coniiiiisr'  d'arlicles 
de  s;i  jeunesse  C()i)iés  ])ar  son  pèie  ;    c'est   de  ce  rocui'il  (|ue 
furent  tin-s  les  deux  morceaux  extraits  de  la  Chartr  dr  l(S;t(), 
réintpriniés  dans  le  Courrier  arthtiquo,  des  10  et  2()  juin  1804. 
(Voir  n"  230  el239.)  il  i rdcniamla  smivrnl  ce  caliicr  à  M.  Mar- 
tinet, et,  depuis  la   mort    di*  TlifO|diile  (iaulier,  toutes  les 
démarches  laites  pour  le  retrouver  ont  été  vaines.  ])"aprés 
M.  Martinet,  il  aurait  été  remis  au  secrétaire  de  la  réduction 
ilu  jdinnal.  M.  P. -C.  Parent,  (pii  monnil  dans  les  premiers 
jours  de   1805  (/c  Cmirrirr  (irlistiquc  du  8  janvier  de  cette 
année  contient  sur  lui  une  notice  nécrologiipie),  M.  Parent 
a  laissé  un  frère,  et  sans  doute,  si  ces  lignes  tondjent  sous  ses 
yeux,  sera-l-il  possililc,  avec  son  concours,  de  idrouvcr  ce 
précieux  cahier,  (]ui  contient  pcut-êtrf^  la  co|)ie  des  articles 
introuvables  éci'its  par  Théuphile  (iaulier,  en  18;i(),  dans  l<i 
Charte  (le  1830. 

180().  Porte-Saint-Maktin  :  reprise  de  la  Jeunesse  des 
Mousquetaires.  —  Livres  illustrés  :  le  Sabot  de  Noël: 
l'Oraison  dominicale:  mademoiselle  Bébé  aux  bains  de 
mer,;.  Le  Mnnilciir  ntiiirrsfl,  S  (li'ccinlirc  IS(V.\. 

IK07.  THÎATRK-rHANCAis  :  Rodogune  :  Tartufe.  —  A 
propos  de  la  liberté  des  théâtres  (  :  ce  que  nous  rêvons 
à  ce  sujet.  Le  Muniti'nr  wiiversel,  1 4  décembre  t8(i:î. 

1898.  Introduction.  Les  Dieux  et  les  demi-Dieux  de  la 
peinture,  par  M.M.  Théophile  Gautier,  Arsène  Houssaye  et 
Paul  de  Saint-Victor.  Illustrations  par  M.  Calamalta.  Grand 
in-8%  lV-444  j)apres  et  7  gravures.  Paris,  irnjiriniei'ie  hamii 
et  Cie.  Librairie  Morizat,  rue  Pavée-Saint-André-des-.\i'ls, 
n°  ;t.  Prix  :  20  francs. 


ISO.'l.  263 

Les  articles  de  cet  ouvrape,  qiu;  nous  trouvons  inscrit 
sous  le  n"  11710  de  lu  Bibliographie  de  lu  France  du  19  dé- 
cembre 1863,  ne  sont  pas  signés;  le  nom  des  auteurs  ne  se 
trouve  qu'au  titre  de  l'ouvrage.  Nous  avons  déjà  renseigné 
dans  le  cours  de  notre  travail  certains  articles  de  ce  volume 
(voir  n««  t:)94,  160o,  1780  et  1800);  nous  allons  indiquer  les 
autres,  après  avoir  cité  l'Introdueliou  écrite  spécialement 
par  Théophile  (lautier  pour  ce  livre: 


Ce  livi'c  n'est  pas  une  hisloire  complète  de  l'art,  — 
aucune  histoife  n'est  complète,  —  chacun  des  noms  illus- 
tres qui  en  remplissent  les  pages  eût  nécessité  un  gros 
volume.  On  a  voulu  seulement  diesser  un  trône  d'or 
aux  douze  grands  dieux,  aux  olympiens  de  la  peinture 
et  sur  les  marches  d'ivoire  de  ces  trônes,  poser  à  un 
degré  plus  ou  moins  élevé  les  demi-dieux  qui  méritent 
d'être  admis  dans  ce  ciel  d'un  azur  lumineux.  Tous  ont 
cherché  le  beau  et  l'ont  trouvé  par  des  routes  divei'ses  ; 
peut-être  nul  d'entre  eux,  si  grand  qu'il  soit,  n'adonné 
son  rêve  tout  entier,  car  devant  les  elVorts  de  l'artiste, 
l'idéal  recule  jusque  dans  l'absolu.  Si  l'idéal  n'était  pas 
au-dessus  de  toute  réalisation,  il  cesserait  d'être  l'idéal 
et  de  luire  comme  une  étoile  au  bout  de  cette  perspec- 
tive sans  Un  qu'on  n'atteindra  pas  plus  qu'on  ne  soulè- 
vera le  voile  sacré  d'Isis.  C'est  là  précisément  ce  qui 
fait  la  gloire  et  la  supériorité  de  l'art;  derrière  ses  types 
les  plus  purs,  les  plus  nobles,  les  plus  divins  on  sent 
un  type  plus  pur,  plus  noble,  plus  divin  encore  qui  se 
fait  deviner,  comme  un  visage  rayonnant  à  travers  la 
(b^mi-transparence  d'un  voile.  La  forme  montre  et  cache 
à  la  fois  l'idée,  quelque  perfection  qu'elle  atteigne;  elle 
a  ses  bonheurs  et  ses  trahisons,  elle  a  aussi  ses  impos- 
sibilités. Pour  s'élever  à  l'expression  du  l)eau,  elle  ne 


264        iiisToiiii:  i)i:s  ()i;i  viii:s  di,  th.  caitiku. 

|ioss(m1(M|ii('  les  liiiiicscl  Icscoiilnirsfoni'nios  par  la  na- 
tiii"o,  car  rinvciilioii  iriinc  rdiiiitMin'iin'  daiisla  (■liiin("'r(\ 
uo  saurait  se  f(>ii(r\(»ir.  (ycsldoiic  la  lifiiirc  d»,'  riuiiiuiic. 
(|iii  est  l'uiiivoi-s  arri\(''  à  se  roiiiitifiidir,  doiil  l'ail  se 
siM'vira  jutiir  ruiiiiidcr  st»ii  coiu'ciil.  m  rrlcNaiiI,  en 
l'opuraut.  t'ii  la  d(\uaf40ant  (hM'afcidciitid  ri  du  parliou- 
licr.  Les  Grecs  l'aNairni  diNinisrc  a\rc  Inir  ndifrioii 
aiillii'opomorpliiiiiit'.  Vcniisaii  inonde,  dans  laji'nnesse 
dt'  riiiinianilé.  en  {drinr  Iraiclicnr  cl  rn  plein)'  linnièr*'. 
eiix-iiiènies  beaux,  intelligents,  sereins,  ils  s'étalcMit 
approciiés  du  l\pe  suprêiue  dont  ils  élaienl  voisins 
encore.  Leur  poésie,  leur  architecture,  leur  statuaire, 
sont  restées  les  plus  brillants  lémoignajïes  du  fjjénie 
liumain.  il  devait  en  être  de  mêm<'  de  leur  peinture, 
dont  malheureusement  les  siècles  jaloux  onl  elïacé  jus- 
qu'au plus  léger  vestige.  Sans  nul  doute  Apelles  égalait 
Phidias.  Puis  vinrent  les  cataclysmes  de  la  barbarie  et 
les  ténèbres  profondes  du  moyen  âge,  et  l'idée  du  beau 
se  perdit  pour  reparaître  à  la  Renaissance,  cette  seconde 
aurore  du  monde,  avec  les  manuscrits  grecs  et  les  mar- 
bres antiipies  retrouvés  sous  les  décombres  des  civili- 
sations ensevelies.  Du  premier  coup,  le  grand  Léonaiil 
de  Vinci  réinventa  tous  les  arts  perdus  et  créa  une  for- 
mule du  beau  si  rare,  si  exquise,  si  parfaite  qu'on  ne 
l'a  jamais  dépassée.  Michel-Ange,  sans  connaître  Phi- 
dias, dont  poui'tant  les  chefs-d'œuvre  existaient  intacts 
encore  sur  les  frontons  d'Ictinus,  sut  être  aussi  grand 
que  lui  et  mit  le  beau  dans  le  terrible.  Rapbaël,  bapti- 
sant l'art  grec,  ressuscita,  avec  ses  madones,  la  Vénus 
de  Cléoméne  plus  belle  et  toujours  vierge;  Corrége  fit 
.  sourire  l'idéal  et  le  baigna  mvstérieusem<^nt  dans  les 
transparences  argentées  de  son  clair  obscur,  Titien  le 


1863.  265 

dora  de  sa  couleur  d'amlire,  Rubens  rfinpourprade  ses 
tons  flamboyants,  Paul  Vth'onèse  rbal)illa  de  ses  ricbes 
brocarts  ramages,  Rembrandt  l'entoura  de  ses  ombres 
fauves  et  le  fit  briller  comme  un  microcosme,  au  fond 
de  ses  ténèbres  magiques.  Van  Dyck  lui  prêta  une  élé- 
gance aristocratique.  Poussin  lui  donna  la  pbilosopliie. 
Le  Sueur  la  grâce  tendre  et  la  mélancolie  religieuse, 
David  la  rigueur  classique,  Prudhon  le  cliarme  volup- 
tueux, Reynolds  le  satiné  et  la  fraîcheur  de  la  santé 
anglaise,  HogarUi,  infidèle  à  ses  théories  sur  la  ligne 
courbe,  la  roideur  puritaine  et  britannique  trop  préoc- 
cupée de  morale.  Chaque  pays,  depuis  cette  glorieuse 
époque,  tendit  toujours  vers  ce  noble  but.  En  Espagne, 
Velasquez,  par  le  caractère,  dégagea  le  beau  du  réel; 
Murillo  l'aperçut  dans  une  vision  céleste  et  osa  le  faire 
descendre  sur  la  terre.  Bien  avant,  l'Ange  de  Fiesole 
l'avait  dessiné  sur  le  fond  d'or  de  l'art  gothique  ;  Holbein 
l'avait  fixé  par  son  dessin  d'une  exactitude  si  naïve  et 
si  savante,  Hemling  l'enluminait  de  ses  tons  fins  et  purs 
dans  ses  tableaux  pieusement  légendaires.  Tous  ces 
grands  artistes  ont  représenté  une  face  de  l'idéal  que 
nul  ne  peut  voir  tout  entier,  et  cela  suffit  à  leur  gloire. 
D'autres  points  de  vue  se  révéleront  peut-être  avec  le 
temps,  et  le  beau  de  l'avenir  se  fera  entrevoir  sous 
d'autres  masques,  déposés  à  leur  toui';  car  il  faut 
l'étreindre,  comme  Protée,  d'une  étreinte  bien  vigou- 
reuse, pour  le  forcer  à  se  montrer  sous  sa  véritable 
forme.  Après  une  longue  lutte,  parfois  le  génie  vient  à 
bout  de  dompter  ce  fuyant  adversaire.  Il  court  à  son 
chevalet,  il  saisit  sa  palette,  il  regarde,  mais  déjà  le 
modèle  a  disparu.  Heureusement  il  parvient  à  en 
esquisser  de  mémoire  quelques  traits  sur  la  toile,  et  les 


266  IIISTOIRK  DKS  (  iKl  VUKS  DE  TH.  (JALTiEK. 

siiTlos(''tonn(''satlniinMil  rollofflorioiiso  iinaûc.  (|ni  n'oM 
poiirlaiil  i|iriiiit'  (iii)Im-i'  et  (nriiii  rrllci. 

Dans  ce  Hmc.  du  a  essaye''  par  iiin'  ligure  clioisic.  t|iii 
acooinpaunc  cliaipio  l(\ti('ii(lc  ilc  pt'inli-c,  d'expriincr  d 
(le  résuuii'r  l'idéal  ipul  poiirsiiivail.  la  loiiiic  laNorilc 
où  sa  pons{''p  cl  son  amour  s'iiicariiaii'ni  le  plus  Irr- 
(picminciil.  ri  (|iii  laii  i ri'oiinaîli'e  son  d'iivre,  comme 
une  tète  gravée  sur  Ioiinx  d'iiii  caclict,  désigne,  sans 
même  quoii  ouvre  la  lettre,  la  main  (pn  la  écrite. 

iS'J'.i.  Corrège.  Ménu'  provenance  que  le  précédonl.  Cet 
article  a  été  léiiiiprinu',  signé,  dans  l'Arlisti-  des  i",  15  jan- 
vier et  l""-  février  ISOli,  et  il  osl  entré  on  t882  dans  le  Giiidr 
lie  l'ainalrur  nu  mnsi'r  du  Leurre,  par  Théopliile  Gaulicr. 

11)00.  Don  Diego  Velasquez.  Même  provenance  que  les 
précédents.  Ce  travail,  dont  un  fragment  est  enq)runlé 
comme  nous  Tavons  déjà  dit,  au  MunUeur  universel  du  l'J  mai 
1867  (voir  n°  1780),  a  été  réimprimé,  signé,  dans  C Ariifiti' 
du  1"  mais  18G8,  sous  le  litre  de  bon  Dicyo  Velnzqucz  de 
Silva.  En  1882,  il  est  entré  dans  le  volume  de  Théophile 
Gautier  :  Guide  de  Vainateur  au  musée  du  Louvre. 

1901.  Murillo.  Même  provenance  que  les  précédents.  Ce 
travail  ipu  eoutieni,  comme  nous  l'avons  déjà  dit,  des  frag- 
ments de  l'aiticle  du  Mnnihu)'  uuirrrsrl  du  3  août  ISIiS 
(Voir  n"  1  o94),  a  reparu,  signé,  dans  l'Artiste  du  1''  décembre 
1867,  et  en  1882,  il  est  entré  dans  le  volume  de  Théophile 
Gautier  :  Guide  de  ramate}U'  au  musée  du  Louvre. 

1902.  TnÉ.\Tiu;-Fii.\Nç..\is  :  La  Maison  de  Penarvan.   Le 

Mnuitcur  uniri'rsel,  21  d(''e('mhrc  t86;î.  C'i'st  à  lu  prendére 
représentation  de  cette  i)ièce  (jue  nous  avons  aperçu  pour 
la  première  fois  M.  Théophile  Gautier. 

190:].  Don  Quichotte,   illustré  par  Gustave  Doré.  (I).  Le 

Moniteur  universel,  20-27  décejnhre  I8().3. 

1904.  ()r)i:o\  :  Electre:  les  Relais.  —  Th.  des  Varu;tf.s  : 
L'Infortunée  Caroline.  L'  Moniteur  universel,  28  dé- 
cembre 1863. 


1864 


190;j.  Photosculpture.  Le  Moniteur  universel,  4  janvier 
1864.  Cet  article  a  été  réimprimé,  la  même  année.  Il  forme 
une  brocliure  porlant  le  même  litre,  etservani  de  prospectus 
à  l'inventeur  de  ce  genre  de  travaux. 

190.1  '''\  Don  Quichotte,  illustré  par  Gustave  Doré.  ^11  et 

III.)  Le  Manileur  wurerscl,  7  et  13  janvier  l!Sti4. 

1906.  Lettre.  Le  Courrier  artistique,  10  janvier  1864.  Voici 
cette  lettre  et  la  note  qui  la  précédait  dans  le  journal  : 
«  M.  le  Président  de  la  société  nationale  des  Beaux-Arts  a 
adressé  à  MM.  les  sociétaires  la  leltre  suivante  »  : 

Cher  Monsieur, 

L'exposition  de  la  Sociélé  nationale  des  Beatix-Arls 
approche;  il  dépend  de  voti.s  de  la  faire  glorieuse  el 
riche  :  pour  cela  il  suffit  de  votre  talent,  dont  je  suis 
sûr,  et  de  votre  zèle,  que  je  ne  veux  pas  mettre  en 
doute.  Vous  n'avez  pas  ouhlié  votre  promesse  d'envoyer 
ù  notre  exposition  au  moins  une  de  vos  œuvres  iné- 
dites. Si  je  prends  la  liberté  de  vous  la  rappeler,  c'est 
que  la  réussite  générale  a  besoin  du  concours  de  cha- 
cun. Toute  absence  en  ce  moment  sei-ait  une  désertion 
à  la  veille  d'une  l)ataille  :  cette  bataille,  nous  la  gagne- 
rons si  nos  troupes  sont  complètes.  Elle  pi'ouvera  que 


\H\H        iiisToiiti,  itKs  ((i:i  \i(i;s  m:  m.  t.MTir.it. 

l'arl,  (Ml  Kiaiicc,  pciil  \i\iT  de  sa  piMitit'  iiiilialiM',  so 

pi'oiluiit'.  s'Iidiutrcr  cl  se  ir-compriiscr  liii-inriiic. 

A.mvi'z,  clirr  ."Moiisiciir.  lassiiianiL'  de  mes  lucilkuiis 

scnliiiUMils. 

Tliéopliili'  Gautier. 

Neuilly,  0  janvier  18()1. 

l'.KiT.  Tli.  (lis  Vaiuktés  :  La  Revue  au  cinquième  étage. 
—  Thkatuk  Dkjazkt  :  En  Ballon;  Singuliers  effets  de  la 
foudre.  —  (Nouvelles.)  LcMniiitcitr  u)iivcr.'>il.  Il  j.mivk  r  isc.l. 

1908.  LAlbum  de  la  Société  nationale  des  Beaux-Arts. 

Le  Cuinrkr  Arlisliijw,  17  Janvier  1804. 

Nous  allons  transcrirt'  en  entier  cet  arlielc,  ipii  est  par 
M.  P.-C.  Paienl.  niais(iiii  lonlient  la  citation  d'au  discours 
de  Tlié(i|dnlr  Ciaulier  : 

Dans  nue  des  dernières  séaiiees  du  Comilé  de  la 
Sociélé,  M.  Théophile  Gautier  émit  un  vœu  qui  eut 
loutes  les  sympathies  de  la  réunion,  viqnï  ne  manquera 
certes  pas  davolr  celles  de  nos  lecteurs.  Nous  allons 
leur  dire  ce  dont  il  s'agissait. 

La  séance  était  réservée  à  la  discussion  tU'^  statuts 
de  la  réunion  du  soir,  et,  comme  à  ce  i)ropos  Ion  avait 
à  examiner  certaines  réclamations  qui  demandaient 
rinstallalion  des  jeux  de  cartes  dans  nos  salons,  M.  le 
président  prit  la  parole  et  s'exprima  à  peu  près  ainsi. 
Je  dis  à  peu  i)rès,  car  quelle  plume  au  monde  ressemble 
assez  à  un  pinceau  pour  pouvoir  rendre  les  allocutions 
colorées  de  notre  illustre  président?  Mais  c'est  l'idée  et 
non  la  couleur  ijuc  je  \v\\\  vous  exposer  avant  tout. 

«  11  est  inutile,  je  crois,  dit  M.  1<'  |)résident,  d'insister 
plus  longtemps  sur  la  question  des  cartes  :  elle  a  été 
vidée  en  assemblée  générale,  et  il  a  été  spécialement 
entendu  que  nous  n'aurions  d'autres  jeux  que  ceux  de 


1864.  269 

lainille  :  les  dominos,  les  échecs,  les  dames,  le  tric-lrac 
et  le  billard.  Nous  n'avons  point  formé  un  cercle  où  l'on 
viendra  pour  jouei";  nous  avons  disposé  un  foyer  où 
l'on  se  réunira  pour  causer.  Une  fois  pour  toutes,  lais- 
sons à  d'autres,  qui  ne  peuvent  rien  imaginer  au  delà, 
les  étranges  et  faciles  distractions  du  lansquenet,  du 
baccarat  et  de  la  bouillotte  ;  nous,  plus  tiers  sinon  plus 
ingénieux,  cherchons  des  moyens  moins  vulgaires,  et 
nous  les  trouverons  facilement,  de  passer  entre  nous 
les  quelques  heures  du  soir. 

«  De  ces  moyens,  il  en  est  un,  par  exemple,  que  je 
viens  vous  proposer. 

«  En  Russie,  je  faisais  partie  d'une  société  d'artistes 
et  d'amateurs  appelés  les  Vendrediens  :  ainsi  que  son 
nom  l'indique,  cette  société  se  réunissait  tous  les  ven- 
dredis, et,  ce  jour,  chaciue  sociétaire  recevait  à  son 
tour  ses  autres  collègues.  Du  papier,  des  couleurs,  des 
crayons  et  des  pinceaux  étaient  préparés,  et  tout  le 
monde  se  mettant  au  travail,  on  procédait,  chacun  selon 
sa  fantaisie,  à  un  dessin,  à  une  sépia  ou  à  une  aquarelle. 
Tout  en  crayonnant,  on  mangeait  et  l'on  buvait  ce  que 
l'amphitryon  était  en  mesure  d'offrir  :  des  trutïes  et  du 
Champagne  si  l'on  était  chez  un  prince,  des  pommes  de 
terre  et  de  la /5z"çMef^e  de  Saint-Pétersbourg,  si  l'on  se 
trouvait  chez  quelque  jeune  artiste.  A  la  lin  de  la  soirée, 
toutes  les  œuvres  ainsi  improvisées  étaient  réunies  et 
vendues  le  lendemain  même  à  (juelque  marchand,  qui 
les  payait  fort  bien.  On  formait  ainsi,  en  l'accroissant 
chaque  vendredi,  un  capital  dont  l'emploi  était  réservé 
à  aider  les  sociétaires  dans  les  quelques  moments  difli- 
ciles  que  chaque  artiste  est  exposé  à  rencontrer  sur  son 
chemin.   A  part  le   comité  de  la  société,  à  qui  tous 


r.O  IIISTOlHK  liF.S  ()|-:iiVHKS  ItK  TH.  <i.U  TIKH. 

pouvoirs  (''laiciil  (Iniiiirs  ;i  cri  (\iiaiil.  pcrsoiiiu'  ne  cdii- 
naissait  la  soimiii'  doimôo.  cl  moins  encore  le  iioin  de 
relui  (|ui  la  recevail.  C-e  iiétail  du  l'esir  ni  une  ainiMinc 
ni  ini  secours,  ni  iiu'iih'  un  [niM  ipie  l'on  ronsliliiail 
ainsi:  c'élait  le  liénélice  iionoralile  el  l'orl  acceplalile 
d'un  lra\;iil  ((dlechr.  ni'i  ton!  poinail  ("Ire  en  réaiilé 
parlaLçé,  rexéciilioii  el  le  résullal. 

«  Orles,  Messieui's.  c'est  là  un  forl  bel  exemple  fine 
nous  donnenl.  nos  confrères  de  Sainl-Pélershourg,  et  si 
jamais  lumière  nous  est  venue  du  Nord,  c'est  assuré- 
ment celle-là.  Je  \iens  donc  vousproposer  d'avoir  aussi, 
nous,  noire  jour  de  iravaii  colleclil',  el  d'en  \endi'e 
le  résultat  au  prolit  d'une  caisse  utilisée  comme  celle 
des  Vendrediens.Se  crois  que  ce  projet  peut  être  le  plus 
grand  charme  de  notre  l'éunion  du  soir,  et  même  une 
des  bases  de  notre  force  et  de  notre  aulorité.  » 

Il  va  sans  dire  ipie  la  proposition  fut  acceptée  à  l'una- 
nimité, et  que  chacun  en  remercia  vivemenl  notie 
excellent  président.  La  chose  est  donc  décidée,  le  mardi 
est  choisi  pour  le  jour  demandé  et,  dans  peu  de  temps, 
nous  l'espérons,  paraîti'ale  premier  alluim  de  la  Société 
nationale  des  Beaux-Arts.  Avons-nous  besoin  de  dire 
que  les  acheteurs  se  le  disputeront,  puisque  chacun 
sait,  à  l'heure  qu'il  est,  qu'il  sera  signé  Corot,  Dau- 
higny,  Pils,  Baudry,  Hébei't,  Barrias,  etc. 

J'en  passe,  et  cent  des  meilleurs,  parmi  lesquels 
M.  Théophile  Gautier  lui-même,  qui  lit  dire  à  notre 
Homère  exilé  : 

«  Ah  !  si  Gautier  voulait  me  prêter  son  crayon  !  » 

1909.  Odéon  :  Une  Journée  à  Dresde.  —  Chatelet  : 
reprise  du  Naufrage  de  la  Méduse.  —   Cirque  Napoléon  : 


1864.  -271 

Les   Jongleurs    Chinois.   Le  Moniteur    universel,    IS  j;ui- 
vier  1804. 

1910.  Théatre-Fh.xnçais  :  reprise  du  Verre  d'Eau;  le 
nouveau  Foyer.  —  Gymnase  :  reprise  du  Demi-Monde.  — 
(Nouvelles.;  Le  Moniteur  unirrr^^el,  2i)  Janvier  l!S(i4. 

1011.  Vaudeville  :  Monsieur  et  Madame  Fernel.  — 
FoLiEs-D;<AMATiQUEs  :  Le  Carnaval  des  Canotiers.  —  Concert 
de  madame  Key-Blunt.  Le  Mnnilenr  vnirersel,  i"  fé- 
vrier 1804. 

1912.  Gaîté  :  La  Maison  du  Baigneur.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 8  février  180  i. 

1913.  Ambuju  :  Les  Fils  de  Charles-Quint.  Le  Moniteur  uni- 
versel, io  février  1804. 

1914.  Revue  des  Beaux-Arts  :  Exposition  de  la  Société 
nationale  des  Beaux-Arts.  Le  Moniteur  universel,  18.  27  fé- 
vrier et  9  mars  1864. 

19 lo.  Porte-Saint-.Martin  :  YdMSiinQ.Le  M<inileur  univer- 
sel, 23  février  1804. 

1916.  Théatke-P'ranqais  :  reprise  d"  Il  ne  faut  jurer  de 
rien.  —  Cirque  Napoléon  :  Le  Brigand  malgré  lui.  — 
Folies  Ura.matiques  :  Les  Cochers  de  Paris.  Le  Moniteur 
universel,  29  février  1804. 

1917.  OoEox  :  Le  Marquis  de  Villemer.  —  Th.  des  Vaiué- 
TÉs  :  La  Vieillesse  de  Brididi.  Le  Moniteur  universel, 
7  mars  1864. 

1918.  Gymnase  :  L'Ami  des  Femmes.  —  Th.  des  Varié- 
tés :  L'Homme  n'est  pas  parfait.  Le  Moniteur  universel, 
14  mars  1864. 

1919.  Thé.atre-Français  ;  Voltaire  au  Foyer.  Le  Moniteur 
universel,  21  mars  1864. 

1920.  Nécrologie  :  Hippolyte  Flandrin.  Le  Moniteur  uni- 
verset,  2i  mars  1864.  Gel  article  a  été  incomplètement  réim- 
primé  en  1874  dans  les  Portraits  ('.onteir)j)ornins,]ya.v  Théo- 
phile  Gautier,   daté  inexactement  du    24  juillet  1864.   Un 


■r.J  IIISTOIKK  DKS  (MJVHF.S  IH:  TH.  (lAlTIlîU. 

ri'iifimoul  (le  irl  .iiliilc  ,1  ic|iani  aussi  dans  li;  Cuiaricr  dilis- 
//'/»(•  (lu  27  mars  iSlii. 

I'.I2I.  THKATll!■.-l•'nA^(;,Als  :  Moi.  —  C.iiATKM-.r  :  La  Jeunesse 
du  roi  Henri.  /.'•   Munidnr    loiirnsrl,  28-2'J  mais   ISOl. 

1022.  Poutk-Saint-.Mahtin  :  Le  Capitaine  Fantôme.  — 
Anniversaire  de  la  naissance  de  Shakspeare.  Lr  Mcnihiir 
iniinrsd,  i  avril  18(11. 

I02:K  Amiik.u  :  Le  Comte  de  Saulles. —  Vaudevii.i.k  :  Aux 
Crochets  d'un  Gendre.  L<    Moiiihiir  uiilrcrsd,  Il  avril  ixc.i. 

102i.  TiiKATiii:  I)i;jazi;t  :  Le  Dégel.  —  Tii.  d<'S  Vaiuictics  : 
Le  Joueur  de  flilte.  Le  MmUntr  unirtrsrl,  \H  avril  1804. 

102;i.  (Iy.mnask  :  Question  d'amour;  Un  Mari  qui  lance  sa 
femme.  Lf  Moniteur  iinhierucl,  2o  avril  18fi4. 

192(1.  La  Mort,  l'apparition  et  les  obsèques  du  Capi- 
taine M Le  Parnasse  satyrique  du  dix-neuvième  siècle. 

Tome  premier. 

Ce  recueil  de  vers  clandestins  pariil  en  deux  volumes  à 
Bru.xelles  en  avril  1804,  publié  par  l'édileur  Pnulet-Midassis, 
elles  pièces  de  vers  de  Théophile  Gautier  (ju'il  contient  sont 
toutes  signées  A,  par  suite  d'un  désaveu  écrit  par  leur 
auleiir  (voir  plus  loin). 

Malgré  ce  désaveu,  motivé  par  l'à^jc  (pi'avait  Théophile 
(iaulierà  l'époque  de  cette  publication  et  par  son  désir  d'en- 
trer à  l'Académie  française,  ces  pièces  n'en  sont  pas  moins 
auliienti({ues  ;  celle-ci  est  accompagnée  de  sa  musi(]ue 
par  M.  Krnest  Reyer.  Le  Rabelais  du  1"  juillet  i8.")7a  publié 
une  variante  de  la  strophe  trois  delà  pièce  qui  nous  oi-cupc, 
la  voici  : 

En  vain  la  foule  désolée, 
Pour  lui  dresser  un  mausolée, 
Pendant  huit  jours  cherrlia  son  corps... 
L'abîme  ne  rend  pas  les  morts. 

Klle  se  trouve  encadrée  dans  un  article  de  M.  Charles 
Bataille  qui  la  cite  en  racontant  une  anecdote  sur  Théophile 


1864.  273 

Gautier.  Celte  pièce  toute  entière  était,  dit-il,  la  seule  con- 
nue de  l'auteur  de  la  Comédie  de  la  Mort,  dans  un  endroit  de 
France  qu'il  ne  nomme  pas. 

Ces  vers  ont  reparu,  ainsi  que  toutes  les  pièces  suivantes, 
siguées  cette  fois,  en  1873;  à  Bruxelles,  dans  le  volume  publié 
encore  par  M.  Poulet-Malassis ,  sous  le  titre  de  :  Poésies  de 
Théophile  Gautier  qui  ne  figureront  pas  dans  ses  œuvres;  c'est 
là  que  se  trouve  racontée  l'histoire  du  désaveu  de  l'auteur; 
voici  la  lettre  inédite  qu'il  écrivit  dans  ce  but  à  M.  Poulct- 
Malassis  : 

Ce  16  octobre  1863. 

Mon  cher  Poulet-Malassis, 

Il  m'est  revenu  que  vous  aviez  l'intention  de  faire 
imprimer  à  Bruxelles,  sous  le  titre  ûe  Parnasse  satyrique 
moderne,  un  choix  de  ces  poésies  qu'on  appelait  gayetés 
au  seizième  siècle  etjuvenilia  au  dix-septième. 

On  me  dit  aussi  que  quelques  pièces  qui  me  sont  à 
tort  attribuées  et  que  je  désavoue  formellement,  doivent 
y  figurer  avec  ma  signature. 

J'espère  de  votre  délicatesse  et  de  votre  obligeance 
bien  connues,  que  vous  n'insérerez  pas  ces  rimes  dans 
un  recueil  dont  la  publication,  même  à  Tétranger,  me 
semble  inopportune  et  dangereuse. 

Agréez,  cher  éditeur,  l'expression  de  mes  plus  sin- 
cères cordialités. 

Théophile  Gautier. 

Rue  de  Longchamp,  uo  s;;,  à  Neuilly-snr-Seine.  jn'ès  Paris. 

1927.  (Question).  Mêmes  indications  qu'à  la  pièce  précé- 
dente ;  le  titre  ne  se  trouve  qu'à  l'édition  de  t873. 

1028.  (Bonheur  Parfait.)  Mêmes  indications  qu'à  la  pièce 
précédente. 

1929.  (Concordances.)  Mêmes  indications  qu'à  la  pièce 
précédente. 

ji.  18 


274  IIISTOinE  DES  OKl'VRKS  DK  TH.  (.AlTIKIt. 

lO'îO.   Le  G de  la  gloire.  .MT'ini's  iiuliculKni.s  luMm- 

f,'ra]>liit[iios  que  i>oiir  lu  Mmi,  l'iipixirilinii  il  li;s  obscijiii!^  ilii 
Capitaine  M 

l'.t;U.  Musée  secret.  .Mriiics  rcnscignciiniiK  i|iii'  ihhhIos 
VOIS  prôcrdcnts.  Cette  siipi-rlii'  |iii'c'c,  t'ciili'  ru  sejilfiiilur  I8!»0 
pour  UKulamo  ***,  peiidanl  uu  séjour  l'ail  ii  Vi  iiisc  uvcr 
rllt>  et  M.  Louis  de  Corinouiii,  devait  faire  partie  de  la  pre- 
luiéie  Oïlili""  »Ii'^  Kiiidttx  cl  Cdini'rs,  et  n'en  l'ut  retirée 
(|u'au  dernier  moment.  Klle  a  élY'  imprimée  aussi,  en  1870, 
joiulo  à  einij  ou  six  exemplaires  sur  papiers  de  elioix  du 
tome  deux  des  Porsica  compUtcs  de  Tlpnpliile  Gautier,  dans 
l'Appendiee  qui  termine  ce  volume,  lui  1879,  M.  I']milc  Her- 
serai l'a  placée  déliniliveineiit  sous  les  veux  du  faraud 
public,  dans  son  volume  intitulé:  T/wophile  Guulicr ;  cnlrr- 
ticns,  souvenirs  et  correspondance.  Il  y  a  quelques  variantes 
assez  importantes  entre  cette  dernière  version  et  les  précé- 
dentes: toutes  deux  existent  aulof,'ra plies  et  sont  par  con- 
séquent aulhenli(iues.  Le  premier  jet  du  la  |)ièee  se  trouve 
écrit,  de  la  main  du  poêle,  sur  un  petit  carnet  de  voyage 
que  M.  Louis  de  Cormenin  avait  emporté  à  Venise.  Ce  pré- 
cieux agenda  appnrlient  aujourd'hui  à  son  tils,  qui  a  bien 
voulu  nous  le  communiquer.  Ajoutons  ici  que  nous  connais- 
naissons  encore  plusieurs  pièces  inédiles  du  même  genre, 
par  Tiiéophile  Gautier,  dont  l'une  est  un  morceau  de  style 
pres(|uc  aussi  remarquable  que  Mus(:e  secret,  ^ons  possédons 
laulographe  de  ces  vers  absolumenl  inconnus.  Quelques 
lettrés  en  connaissent  d'autres,  intitulés  :  l'Épouseiir  de 
famille,  mi' Sixain  sur  le  peintre  Chenavanl,  etc.,  etc. 

1932.  Cirque  dk  LlMPiinATmcE  :  L  Écuyer  quadrumane.  — 
Folies-Dramatiques  :  Jocko.  Le  Mnnilcur  universel,  2  mai 
1804.  Publié  aussi  dans  le  numéro  du  Moniteur  universel  du 
soir,  portant  la  même  date.  Ce  journal  paraissait  depuis  la 
veille  seulement. 

19.33.  Théatre-Francais  :  Le  Gendre  de  Monsieur  Poi- 
rier. —  Th.  des  Variétés  :  Les  Coiffeurs.  Lf  Moniteur  uni- 
versel, 0  mai  1864. 

1934.  (Théâtre  de  la  Puésidence  :  Les  Finesses  du  mari. 


1864.  27.-) 

—  L'Hôtel  de  la  Présidence.  —  Nouvelles. j  L:  Mnnitfur  tmi- 
oersel,  16-17  mai  1864,  et  le  Monilcur  univcvscl  du  suir  du 
17  mai  1864. 

193;;.  Salon  de  1864.  I.  M.  Meissonier.  (léimprimô  dans 
le  Moniteur  unirerscl  du  suir  du  l'J  mai  1864,  sous  le  titre 
de  L'Empereur  à  SuZ/ermo  ;  1814  ;  par  Meissonier.  Salon 
de  1864.  Vn  fragment,  de  cet  article  a  reparu  aussi  dans 
l'Artiste  du  lo  août  1860,  sous  le  titre  de  :  L'Art  Contempo- 
rain: Mi'issnnicr  peintre  d'histnire).  II.  MM.  Puvis  de  Cha- 
vannes;  Faure;  Briguiboul  ;  Amaury-Duval;  Bouguereau. 
(Un  passage  de  ce  morceau  a  été  réimprimé  dans  l'Artiste,  du 
i:;  mars  186o,  sous  le  titre  de  :  Les  Œuvres  contem.poraines ; 
les  Artistes  contemporains  :  l'Automne,  de  Fuvis  de  Chu- 
vannes.)  Le  Moniteur  universel,  18  et  21  mai  1864.  Le  second 
de  ces  articles  a  paru  aussi  dans  le  Moniteur  universel  du 
soir  du  21  mai  1864. 

1936.  G.AiTÉ  :  reprise  de  Paris  la  nuit.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 23  mai  1864.  Un  fragment  de  ce  feuilleton  a  paru 
dans  le  Moniteur  universel  du  soir,  portant  la  même  date, 
sous  le  titre  de  :  Paris  la  nuit. 

1936  bî*.  Salon  de  1864.  III.  MM.  Gustave  Moreau  ;  E.  Lévy; 
Perrault;  Hugrel,  Riesener;  Tony  Faivre;  Feyen-Perrin : 
Jourdan;  Carlier.  Le  Moniteur  universel,  et  le  Moniteur  uni- 
versel du  soir,  du  27  mai  1864. 

1937.  Porte -Saint-Martin  :  reprise  de  la  Nonne  San- 
glante. Le  Moniteur  universel,  'M)  mai  1864.  Reparu  le  même 
soir,  sous  le  titre  de  la  Nonne  Sanylante,  dans  le  Moniteur 
universel  du  soir. 

1938. (Nécrologie  :  Pier-Angelo  Fiorentino  délia Rovere.) 

Moniteur  universel  du  soir,  i^""  juin  1864.  Voici  cette  notice 
qui  n'a  jamais  été  réimprimée  : 

Unemoi't  aiissiiiiatteiuliie  que  si  elle  avait  été  subite 
vient  d'enlever  M.  Pier  Angelo  Fioi*entino  délia  Rovere. 
La  maladie,  dont  l'issue  devait  être  si  funeste  et  qui  ne 
laissait  pas  soupçonner  sa  gravité,  n'avait  pas  inter- 


■2'{^  IllSTOinE  DES  OKrVUES  DE  TH.  CAUTlKlt. 

rompu  los  lr;iv;iii\  du  l'ciiillcloiiislc  (Iramalitiiic  cl  iiiii- 
sical. 

■  Le Munïlcin-  loiircrse/  coiilciiail  (liiiiaiiiiic,  22  mai.  un 
ai'liclt'  sur  l Hclnii\  siii"  Sijlric,  un  ai'liclc  où  no  s(>  Ira- 
lii.'^sail  mille  l'aliuiir.  nul  invs.soiUimnil  ddiiloniriix.  Le 
('rili(Hii' \  iriidail  à  la  iiiriiidirc  d'llalr\\  un  li(imma;.it' 
(■'clalanl  ri  iiciiiiiail.  en  \  miMaid  des  anrcdoies  char- 
mantes, les  drliulsdii  cr'lrhn'  composilcnr  à  la  rcclicr- 
clic  d'un  poôuK^;  puis  il  appircjail  la  pièce  nouvidh' 
avec  la  nelleli*  et  la  line.s.si!  de  ses  meilleurs  jours. 
Mal.urc"' son  nom  ilalien.  Fiorenllno  êlail  un  espiil  cl 
un  lalenl  (oui  IVancais.  Il  avait  résolu  cet  impossildr 
prohièmc  de  faire  d'une  langue  étran,<2;ère  sa  lan,uiH' 
maternelle;  il  écrivait  avec  une  propi'iété,  une  aisance 
et  une  clarté,  que  beaucoup  d'entre  nous  auraient  pu  lui 
envier,  dans  un  idiome  (|ui  nétail  pas  le  sien,  des  cri- 
tiques pleines  de  goût,  d'esprit  et  de  bon  sens. 

Mais  ce  n'est  pas  là  son  seul  titre  littéraire.  Il  avait 
rendu  accessible  à  tous  la  Divine  comédie  du  Dante  par 
une  traduction  d'une  lidélité  scrupuleuse,  où  cependant 
la  gêne  du  mot  à  mot  ne  se  faisait  sentir  en  aucune 
façon.  Pour  accomplir  cet  immense  travail,  qui  lui  valut 
la  croix  d'honneur,  il  fallait  être  à  la  fois  Italien  et 
Français,  et  peut-être  encore  plus  Finançais  qu'Italien. 

Cette  ti'aduction  restera  comme  un  cbef-d'œuvre  de 
difticulté  vaincue  et  fera  vivre  son  nom,  quand  bien 
même  ses  appréciations  musicales  si  judicieuses  et  si 
attrayantes  ne  sul'liraient  pas  à  le  sauver  de  cet  oubli 
qui  vient  vite  pour  le  journaliste. 

Théopbile  Gautier. 

1938  >»".  Salon  de  1864.  IV.  MM.  Matout;  Schopin; 
Grellet  (Frère  Athanasej;  Jobbé  Duval-,  Brune;  Magaud; 


Bonnegràce;  Giacomotti;  Biennoury;  Landelle;  Dubufe; 
Lepére.  Lr  Monifiur  universel  et  le  MnnUeur  unicer^el  du 
du  siiir,    1"  juin    1864. 

1939.  Les  Gladiateurs.  Rome  et  Judée;  luiuaii  anliiiue 
par  G.-J.  Wythe  Melville;  traduit  do  l'anglais  par  Cli.  Ber- 
nard-Derosne,  avec  préface  par  Théopliile  Gautiei".  Deux 
volumes  in-8»,  ensemble  de  XII-85G  pages.  Imprimerie  de 
Poupart  Davyl  et  C'«,  à  Paris.  —  A  Paris,  chez  Didier, 
quai  des  Grands-Augustins,  n"  3.").  Prix,  12  francs. 

Cet  ouvrage,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n°  3098 
de  la  Bibliographie  de  lu  France  du  4  juin  1864,  reparut  la 
même  année  en  deux  volumes  in-12.  La  préface  de  Théophile 
Gautier  a  été  réimprimée  en  1883  dans  son  volume  :  Sou- 
venirs de  ihrâtre,  d'art  et  de  critique. 

^939bi^  Salon  de  1864.  V.  MM.  Hamon;  Gérome;  G.-R. 
Boulanger;  Aima  Tadema.  L'  Munitcur  imirersel,  4  juin,  et 
/''  Moniteur  unieersel  du  .so/r,  o  juin  1864.  Dans  ce  dernier 
journal,  le  paragraphe  sur   Aima  Tadema  est  supprimé. 

1940.  (Discours  prononcé  le  4  juin  1864,  aux  obsèques 
de  Fiorentino).  Le  Moniteur  universel,  5  juin  1864.  Nous 
allons  reproduire  ce  remarquable  discours,  le  seul,  croyons- 
nous,  que  Théophile  Gautier  ait  jamais  prononcé.  11  est  facile 
de  voir  combien  il  songe  à  ses  propres  travaux  en  parlant 
de  ceux  de  Fiorentino  : 

La  mort  vient  de  nous  faire  une  tle  ces  surprises  dou- 
loureuses qu'elle  ne  nous  ménage  pas  depuis  quelque 
temps.  Hiei'  c'était  Halévy,  Delacroix,  Flandrin,  Meyer- 
beer;  aujourd'hui  c'est  Fiorentino.  Après  les  maîtres  le 
critique,  comme  dans  ces  funérailles  barbares  où  l'on 
enterrait  le  serviteur  avec  le  clief.  Qui  aurait  pu  le 
croire  malade,  à  lire  son  dernier  feuilleton  si  récent,  à 
le  rencontrer  si  jeune  et  si  robuste  encore?  Cette  perte 
est  un  deuil  sensible  pour  nous  tous,  que,  dans  le  groupe 
des  écrivains,  relie  plus  étroitement  le  même  devon-. 


^TH  llISTitH{F  DF.S  OKIVUF.S  DF,  TU.  CATTIER. 

oxorcr  dans  le  intMiic  niili(Mi,  sur  le  mrme  siijcl.  n 
|)ariMll(>  (''(•li(''aiH'(\  cl  (|iii  pdiinions  nous  aiipclcr  1rs 
IVri't's  ilii  Lundi. 

Alil  (•"est  t|u"rlli'  est  l)ii'ii  loin'dc.  celle  Ificlie  (|ur  l'on 
croit  si  l(\uèi'('!  Lrs  |dus  viuoureuv  y  succoudienl.  Il  y 
l'aiU  un  coi'ps  d'aliilèle,  uni'  pensée  ailée,  iid'alii^able, 
toujours  on  éveil,  l-llre  s|)ii'ilii(d  à  joiu"  li\e,  sans  lonir 
compto  jamais  {\c<.  li'islessos,  {]c,<<  déraillanrcs  ot  des 
malaises  de  la  \ie,  à  propos  de  tout  el  de  lien.  mal.mc 
lalispnce  ou  l'inanité  du  sujet,  être  soi  à   liavers  les 
autres,  diriicidlé  immense!  improviser  sur  le  tlièmejelé 
au  hasard  par  le  théâtre,  avoir  sur  toute  matière  une 
érudition  prête;  transformer,  en  lui  gai'dant  son  carac- 
lère,  la  pièce  inepte  en  rendu-compte  charmant;  con- 
naître à   fond  le  répertoire  et  le  personnel  de  l'art; 
manier  avec  urbanité  cet  amour-propre  du  comédien, 
plus  irritable  encore  que  celui  du  poète;  ne  rien  garder 
pour  soi  de  sa  vie,  de  son  temps,  de  son  loisir  ;  courir 
du  bout  de  la  ville  au  premier  appel  de  l'idée,  s'occuper 
toujours  de  la  gloire  d'autrui  et  jamais  de  la  sienne; 
être  la  trompette    rpiand  on  pourrait  être  la  lyre; 
joindre  l'activité  de  l'homme  du  monde  au  travail  de 
l'homme  de  cabinet;  jeter  au  vent  sans  les  compter  des 
pages  qui  seraient  l'honneur  d'un  livre;  c'est  là,  per- 
sonne n'en  doute  dans  le  public,  un  métier  frivole  et 
qu'on  pratique  en  se  jouant  ;  mais  bien  des  tiens  sérieux 
seraient  embarrassés  de  le  faire. 

Eh  bien,  ce  rude  labeur  qui  nous  écrase  tous,.  Fioi-en- 
tino  l'accomplissait  deux  fois.  11  parcourait  une  double 
carrière;  il  était  en  même  temps  le  feuilletoniste  du 
Moniteur,  et  le  feuilletoniste  de  la  France.  Ce  fardeau, 
il  le  portail  sans  peine,  et  cependant  il  n'écrivait  pas. 


1864.  279 

ilifliculté  de  plus,  dans  son  propre  idiome.  Italien,  il 
parlait  français,  mais  avec  une  telle  perfection,  une  telle 
propriété,  une  telle  entente  des  finesses,  qu'on  eût  dit 
qu'il  avait  deux  langues  maternelles.  Cette  vivacité 
napolitaine,  jointe  au  bon  sens  français,  formait  1(> 
caractère  de  son  talent.  Il  savait  rendre  la  raison  gaie 
et  la  critique  amusante  comme  un  roman  de  Dumas. 

C'était,  en  sa  langue,  un  poète,  et  nous  avons  vu  des 
vers  de  lui  qui  rappelaient,  par  leur  beauté  grave  et 
mélancolique,  la  mâle  inspiration  de  Léopardi;  car  cet 
esprit  si  joyeux  avait  aussi  ses  côtés  sombres,  et,  tout 
en  analysant  un  vaudeville,  pouvait  traduire  la  Divine 
comédie  du  Dante.  Cette  traduction,  un  cbef-d'œuvre, 
qui  valut  la  ci'oix  à  Técrivain,  paye  largement  l'hospi- 
talité que  la  France  lui  donnait;  elle  nous  a  ouvert  cet 
admirable  poème  jusqu'ici  fermé  pour  nous  à  sept 
sceaux. 

Tout  en  étant  devenu  Français,  Fiorentino  n'avait 
cependant  pas  oublié  l'Italie,  la  sainte  mère,  Aima 
pareils;  il  y  songeait  souvent,  et  s'arrangeait  dans 
quelque  ])lanche  villa  de  Sorrente  ou  d'AmaKi,  en  face 
de  la  mer  bleue,  sous  les  orangers  fleuris,  une  de  ces 
existences  paresseuses,  rêve  de  tous  les  grands  travail- 
leurs. Il  ne  disait  pas  comme  les  Anglais  :  Voir  Naples 
et  mourir.  Il  disait  :  Revoir  Naples  et  vivre.  Tout  rêve 
humain  s'accomplit  ;  on  arrive  toujours.  Quelquefois,  il 
est  vrai,  on  arrive  mort.  Fiorentino  retourne  à  Naples, 
mais  dans  un  cercueil.  Que  la  terre  natale  lui  soit 
légère  comme  la  terre  étrangère  lui  a  été  douce,  et 
qu'il  repose  en  paix  près  des  tombeaux  de  Virgile  et  de 
Cimarosa  ! 

1941.    Thé.\tre-Frant.ais  :   Adieu  Paniers.   —  Gymnase: 


■.'80  IllSTOllli;  l)i:S  OKI  VllKS  \)K  TH.  CAIITIKU. 

Les  Oiseaux  en  cage.  —  Théâtre  de  la  Présidence:  ).  Les 
bons  Conseils;  la  succession  Bonnet.  Li  Mmiilim-  iinirirsil, 
c{  le  Mn)ii(ciii'  iDtiverscl  du  suii\  0  Juin  ISO'i-. 

I'.);i''.  Salon  de  1864.  VI.  MM.  Henri  Lehmann  ;  Hector 
Leroux  ;  Girard  :  Faivre-Duffer  :  Mazerolles  :  Cambon  ; 
Barrias  ;  Gendron.  Le  M'iiiilcitr  iDiiierstl,  lo  Juin,  cl  le  Mn- 
tiitiiir  iiiiivnstl  ilii  siiir,  10  cl  12  Juin  iHiW.  (Ici  ailii'lc  csl 
aujiinciilc.  dans  ce  dernier  Joui'iial,  dti  IVagmenl  mii  .\Iim;i 
Tadenia.  omis  dans  le  iiinnéid  du  ;i  juin. 

1942.  THK.\T»K-FuANn.\is  :  Anniversaire  de  Corneille  ; 
Héraclius:  Psyché.  —  Tli.  des  Vaiukii's  :  La  Postérité  d'un 
bourgmestre  ;  Une  Femme  qui  ne  vient  pas.)  Le  Muitilnir 
itiiicersel  et  le  Mnnili  iir  universel  du  suir,  \'.i  Juin  1804.  l/ai- 
licle  porte  pour  litre  dans  ce  dernier  journal  :  Le  iWS""' (nnii- 
versaire  de  Corneille. 

I<.»42'''\  Salon  de  1864.  VII.  MM.  Hébert  ;  Tissot  :  Véry  : 
Vannutelli  ;  Bonnat.  Le  Mniiileur  universel  el  le  Mnnitvur 
universel  du  suir,  17  Juin  18(U.  Dans  ce  dernier  Journal 
manque  le  parafirajilie  (jui  termine  l'arlicle  dans  le  Moniteur 
universel. 

1943.  Nécrologie:  Delphine  Fix;  Ribes.  —  Oi'kka  :  re- 
prise des  Vêpres  siciliennes.  — Thi;.\thk-Lvriquk  :  Norma. 
—  Vaudkvii.i.k  :  Les  Fourberies  de  Nérine  ;  les  Marion- 
nettes de  l'amour.  —  Th.  des  Vahiktks  :  Les  Mémoires 
d'une  femme  de  chambre.  Le  Monilcur  universel  et  le  Moni' 
leur  universel  du  soir,  20  juin  1864.  Dans  ce  dernier  journal, 
l'arlicle  n'est  reproduit  qii'inconiplétemcnl.  C'est  le  premier 
article  où  Théophile  (iaulier  parle,  au  Munileur  universel, 
des  théâlres  lyriques  ;  il  y  succéda,  à  partir  de  ce  jour,  à 
Fiorentino. 

1943  ^i^  Salon  de  1864.  VIII.  MM.  P.  Boyer;  Schutzen- 
berger:  Poncet:  A.-L.  Leloir  ;  Bin  :  Lazerges  ;  Manet  ;  Fan- 
tin-Latour  :  A  Gautier  ;  Dehodencq  ;  Hugues  Merle  ;  Lobri- 
chon  ;  de  Curzon  ;  Voillemot  ;  Chaplin  ;  Canon.  Le  Moniteur 
universel,  2li  ivùn  18(j4. 

1944.  Opéra  :  débuts  de  mademoiselle  Camille  de  Maë- 


1864.  281 

sen.  —  Projet  d'un  nouveau  Théâtre-Italien.  —  Thkatre 
Déjazet  :  Les  Danseurs  Hongrois.  —  Ambigu  :  La  Fille  du 
Bandit.  Lr  Mnnilciir  Knicefsel,  27  juin  1864.  Un  rragiiieiit  de 
cet  arlicle  a  paru  dans  le  Moniteur  universel  du  soir,  jiorlant 
la  même  date,  sous  le  litre  de  :   Un  nouveau  ThMtrc-Ualien. 

1945.  Théatre-Fkançais  :  La  Comtesse  d'Escarbagnas; 
Mélicerte.  —  Salle  du  Théathe-Lyrique  :  représentations 
de  madame  Ristori  dans  Medea  et  Maria  Stuarda.  —  Pokte- 
.Saint-Martin  :   Le  Barbier  de   Séville,  opéra-comique.  Le 

Mo)iiteur  universel,  4  juillet  iSlii. 

1940  '  K  Salon  de  1864.  IX.  MM.  Wetter  ;  Willems  ;  Comte  ; 
Arnold  Scheffer;  Madarasz  ;  Dauban;  (etc.).  Le  Monilcur 
universel,  8  juillet  1864. 

1946.  THÉATiiE-FRANnAis  :  reprise  d'Esther.  —  Port::- 
Saint-Martin  :  Norma;  Tartufe.  —  Th.  des  Variétés  :  Les 
Pinceaux  d'Héloïse.  —  Théâtre  Déjazet  :  Tartufe;  le  Dépit 
amoureux.  —  Nouvelles).  Le  Moniteur  universel,  11  juillet 
1864. 

l946'*'^  Salon  de  1864.  X.  MM.  Marchai:  Brion;  Fernan- 
diz;  L.  Duveau;  J.Breton  ;  Millet:  E.  Leroux;  Bource; 
Luminais  :  Adolphe  Leleux:  Armand  Leleux;  Otto  Weber  ; 
Osv^^ald  Achenbach;  Schreyer:  Swertschkow;  E.  Giraud; 
Belly:  Fromentin:  Washington.  Le  Moniteur  universel, 
16  juillet  1864. 

1947.  Opéra  :  Néméa.  Le  Moiiiteur  universely  IS iuiWeUSQi. 

1947 ''i-'.  Salon  de  1864.  XI.  MM.  Anker:  Appert;  Glaize 
père  et  fils;  Tony  Robert-Fleury  ;  Ranvier;  Ribot;Vollon 
Monginot  ;  Zo  :  Jundt;  Janet-Lange;  A.  de  Neuville 
Armand-Dumaresq  ;  Protais;  la  Princesse  Mathilde 
madame  la  Comtesse  de  Nadaillac  ;  madame  la  Baronne 
Nathaniel  de  Rothschild;  MM.  Galbrund;  PoUet;  Tourny. 
Le  Moniteur  universel,  2:5  juillet  1864. 

1948.  Gymnase  :  Don  Quichotte.  —  (Nouvelles).  Le  Moni- 
teur universel,  1«"'  août  1(S64. 

1948  l'i^  Salon    de    1864.  XII.    MM.    Cabat;    Français; 


28?  mSTOlRR  DKS  fU-UVRES  DV.  TH.  CM  TIKI5. 

Th.  Rousseau;  Corot:  Lanouo ;  Daubigny  père  et  fils; 
Bavoux  ;  Chintreuil  :  Nazon  ;  Blin;  Baudit  ;  Paul  Huet:  G. 
Castan  ;  Emile  Breton:  Bernier;  Bcnouville  :  A  Weber; 
Gosselin  :  Paul  Guigou  :  Hanoteau  :  Ballet  :  Pasini  :  Berchcre  : 
Brest,  b  M'iiiiliiir  iminisil,  ;t  août  ISiii.  A  pailir  i\r  ff 
i-liapilio,  (]iii  [lorle  par  ononr  \o  cliillVc  \l  dans  le  Munilinr, 
il  V  a  dans  li>  joiinial  iiin'  r.iiili'  de  iiiiniri()l;i;,'i'  en  li'lc  do 
ci'l  artiflo  cl  du  siii\aid,  (|iii  Id  inim'iil  \i- Sulnii  i/f  tS(')'i. 

l'.i'i'.i.  TnK.\Tiu:-l''ii.\N(;,.\is  :  débuts  de  madame  Victoria 
Lafontaine  dans  l'École  des  femmes;  Coquelin  dans  les 
Fourberies  de  Scapin.  Concours  du  Conservatoire,  b 
Monilrur  wnrencl,  8  août   IHilk 

l'.t'i'.»'"\  Salon  de  1864.  XIII  et  dernier.  MM.  Ziem;  Imer: 
Balfourier;  Brendel;  Wervée;  Jadin;  Ch.  Jacques;  Ph.  Rous- 
seau: Brown;  Brandon:  Maisiat;  Biaise  Desgoffe;  Palizzi  ; 
Giacomotti  :  madame  Henriette  Browne  ;  MM.  Jalabert; 
Herst;  mademoiselle  E.  Morin;  mademoiselle  Elvire  Leroy: 
madame  Marie  Alexandre-Dumas;  MM.  Paul  Balze;  Clé- 
singer:  Crauk;  Paul  Dubois:  Fremiet;  Sussmann-Hellborn; 
Sopers;  Brian;  Falguière;  Cambos  :  Ottin;  Bartholdi  :  Ma- 
dame Bertaux;  MM.  Franceschi;  Carpeaux;  Chatrousse  ; 
Prouha,  Carrier-Belleuse  ;  Cordier;  Desprey;  Foyatier  ; 
Jacquemard  ;  Thomas;  Protheau;  A.  Préault.  /.'■  Mimiteur 
nnivcrsi'l,  1  j-  aoùl  iSlii. 

19o0.  Th.  des  VAniÉTFs  :  La  Liberté  des  théâtres.  — 
(Livres  :  )  Mademoiselle  Cléopatre,  par  Arsène  Houssaye. 

Le  Moniteur  iDiirifsrl.   I.'iaoùl   ISfii-. 

l'.i:;i.  De  Paris  à  Madrid.  I.  El  Ferro  Carril,  inaugura- 
tion du  chemin  de  fer  du  Nord  de  l'Espagne.  I.).  Le  Muni- 
Irur  ia)ii:rrsel  lia  i^oir,  18  août  iNlii.  Cv\  article  et  tous  ccii.x 
([iii  l'ont  suivi,  ont  reparu  en  186.'),  .sous  le  titre  d'El  Ferm 
(Uirril,  etc.,  dans:  Qioind  onvoyage,  par  Théophile  Gautier; 
nous  ne  répéterons  donc  plus  ce  renseignement.  Ce  premier 
article  est  le  seul  qui  ait  paru  dans  le  MnnUcur  universel  du 
soir;  toute  la  suite  a  passé  dans  le  Monilcur  universel.  C<; 
juemier  chapitre,  en  farme  de  lettre,  commence  dans  le 
journal  par  :  «  Moucher  directeur,  »  tandis  qu'en  volume 


1864.  283 

il  débute  par  «  Mon  cher  édileur;  »  la  date  qu'il  porle  est 
aussi  enlevée  dans  le  livre;  la  voici  :  «  Ce  16  août,  six  heures 
du  matin.  Viilareal-de-Zumarraffa.  »  La  lettre  est  lermiiKM' 
par  les  mots  :  «  Bien  ii  vous,  )>  (pii  manquent  en  volume. 

19:)2.  Inauguration  de  la  ligne  directe  de  Paris  à  Madrid. 

Anonyme.  Le  Mnnileur  universel,  19  août  18<)4. 

Ce  compte  rendu,  anonyme  dans  le  numéro,  mais  sit;né 
à  la  table  du  journal,  est  précédé  de  ces  lignes  : 

Nous  avons  publié  dans  le  Moniteur  d'hier  soir, 
18  août,  une  lettre  de  notre  collaborateur,  M.  Théo- 
phile Gautier,  datée  de  Villarealde-Zumarraga,  sur 
l'inauguration  de  la  ligne  qui  relie  directement  Paris  à 
Madrid.  Voici  une  autre  correspondance  qui  nous  est 
adressée  de  Saint-Sébastien,  le  16  août. 

Ces  lignes  n'ont  pas  été  recueillies  dans  Quand  on  voyage; 
elles  y  feraient  en  quehpies  parties  double  emploi  avec  le 
premier  chapitre  d'El  Ferra  Carril ;  les  voici  : 

L'inauguration  du  cheiuin  de  fer  du  Nord  a  eu  lieu  à 
Saint-Sébastien  le  15  de  ce  mois.  Dès  le  matin,  la  popu- 
lation de  cette  ville,  presque  doublée  par  un  immense 
concours  d'étrangers  et  d'Espagnols  accourus  de  France 
et  de  toutes  les  parties  de  la  Péninsule,  occupait  tout  le 
pourtour  de  la  gare  et  le  vaste  amphithéâtre  qui  avait 
été  construit  pour  cette  grande  solennité. 

Les  tribunes  étaient  ornées  de  draperies  de  velours 
cramoisi,  rehées  les  unes  aux  autres  par  des  guii landes 
de  feuillage  rattachées  à  des  mâts  surmontés  de  dra- 
peaux aux  couleurs  nationales.  Une  chapelle  richement 
parée  avait  été  élevée  en  face  d'une  estrade  splendide- 
ment décorée  et  sur  laquelle  avaient  été  placés  les  sièges 
destinés  au  roi  et  à  son  cortège. 

A  onze  heures  vingt  minutes,  des  salves  d'artillerie 


2KI  IIISToim:  1)K8  OKrVUKS  liK  TH.  CAUTIKH. 

nimoii(;;ii('nl  l'ari'ix rc  du  vol.  (pii  a  rtr  rcrii  pni'  son 
IVri'i'  l'iiifaiil  (Imi  lliini.  pai  les  iniiiciiialrs  aiiloi'ilrs  de 
la  |tm\iiirr  cl  par  M.  \r  coiiili;  dt;  Huiidy,  cliai'jj.i' 
d'alVaire?;  de  Kiaiicc  à  >ladiid. 

La  ('(''rôinonio  rcli.uitMiSi^  a  nisiiilc  ('•((''  rôlclucc  par 
r(''\('(pir  (II'  Villoi'ia.  Apirs  la  lu'MKMliclidii  tlc^  iiiacliiiirs. 
!M.  Isaac  Peroii'C  a  prononcî^  un  discours,  dans  Icipicl, 
après  a\()ii' soiiliailr  la  liii'ii\i'iiii<'  à  raugiisic  pivsidcul 
ne  celle  lelc  inleriialioiialc,  il  a  dil  ipi'il  éiail  rrscivr  à 
rai'i'ière-pelili'-lilli' de  Louis  \IV  de  réaliser  la  paiole 
du  .urand  roi. 

Le  banqucl  a  eu  lieu  près  de  la  gare;  le  nombre  des 
invilés  dépassail  s('[il  cent  cimiuanle.  Trois  tables 
avaient  été  dressées  devant  celle  du  roi. 

A  deux  heures,  le  roi  est  allé  visiter  la  ville.  Un  aie 
de  trionii)lie  avait  été  élevé  sur  le  pont  deSainte-Catlie- 
rino,  à  un  demi-kilomètre  de  Saint-Sébastien.  Des  mâts 
vénitiens  surmontés  (rorillammes  bordaient  tout  le  pai- 
cours  du  chemin  (pii  conduit  de  la  garcàla  ville.  Après 
avoir  passé  quelques  instants  à  l'alcadia  et  à  Téglise,  où 
Sa  Majesté  a  été  reçue  avec  la  plus  grande  pompe,  le 
roi  a  pris  congé  des  autorités  et  est  retourné  à  la  sta- 
tion, d'où  il  est  parti  à  trois  heures. 

Le  suir,  la  proFuenade  de  Sainte-Calberine,  où  se 
pressait  une  foule  élégante,  a  été  brillamment  illumi- 
née. Il  y  a  eu  des  feux  d'artilice  et  des  danses  natio- 
nales. Sur  la  place  de  la  ville,  où  circulait  une  foule 
innombrable,  la  musique  n"a  cessé  de  faire  entendre 
des  airs  populaires. 

Saint-Sébastien  gardera  longtemps  le  souvenir  de 
cette  fête  émouvante  dans  laquelle  la  France  et  l'Espa- 
gne semblaient  venir  se  donner  la  main. 


1864.  ^T 

{Q'.'ùL  Gaîté  :  Les  Mohicans  de  Paris.—  Amrigu  :  Rocara- 
bole.  —  Théâtre-Français  :  débuts  de  M.  Randoux.  Le  Moni- 
teur universel,  29  août  1864. 

1933-2'.  Pierrot  Posthume,  ailequinade  en  un  acte  et  en 
vers,  par  MM.  Théophile  Gaulier  et  Paul  SiraLulin.  Repiis 
au  Théâtre  du  Vaudeville,  le  30  août  18G4.  (Voir  n"  896.) 

Cette  version  de  Pierrot  Pnsthume,  qui  a  été  très  remaniée 
par  Théophile  Gautier,  n'a  point  été  imprimée;  nous  allons 
en  indiquer  et  en  citer  les  modifications  principales.  Elles  tint 
toutes  pour  but  de  rendre  la  pièce  plus  rapide  et  plus  comte, 
et  de  ne  pas  répéter  trois  fois  une  scène  de  consultation 
avec  le  docteur.  Disons  avant  tout,  que  les  vers  inédits 
adressés  au  public,  à  la  lin  de  la  pièce,  que  Théophile  Gau- 
tier a  écrits  pour  cette  reprise,  ont  été  imprimés,  ajoutés  à 
la  i^ièce  primitive,  en  1877,  dans  la  deuxième  édition  de  son 
Théâtre,  et  que  pour  cette  raison  nous  ne  les  citerons  pas 
ici. 

Les  scènes  I  à  V  sont  restées  à  peu  près  telles  qu'elles 
étaient  à  l'origine,  sauf  de  fortes  coupures;  la  fin  de  la 
scène  V  et  la  scène  VI  sont  supprimées;  la  scène  VU  (le 
monologue  de  Pierrot),  se  débite  d'emblée,  sans  que  Pierrot 
ait  vu  le  docteur  et  sorte  de  sa  maison,  comme  cela  est 
indiqué  dans  la  pièce  primitive;  il  se  termine  par  ces  vers 
qui  sont  nouveaux,  ainsi  que  tout  le  début  de  la  scène  VIII, 
la  VII^  de  cette  version  nouvelle,  la  scène  VI  ayant  été 
coupée,  comme  nous  l'avons  dit  : 

PIERROT. 


(Après  une  pause.) 

Un  scrupule  me  vient.  Si  je  n'étais  pas  mort? 
Pour  éclaircir  ce  point  qui  m'intéresse  fort, 
Il  faudrait  consulter  un  homme  de  science. 
Justement  le  docteur  de  ce  côté  s'avance. 


286  lllMiUlU':  DES  Œl'VUKS  lUÙ  TH.  (.ALTlHli. 

SCÈNE  VII. 
IMKIUIOT,  l.K  DOCTKIU. 


PIERROT. 


Docloiir! 


LE   DOCTEUR, 
l'arlcz,  mon  lils,  conloz-moi  voire  cas. 

l'IERROT. 

Mon  cas  est  des  plus  neufs  et  des  plus  délitais. 

LE   DOCTEUR. 

Est-ce  gravello,  lou\,  ï\v\  de  vonliv,  apostliuiiic? 

PIERROT. 

Oh  1  li  donc  !  Vous  voyez  un  malade  posthume  ; 
Un  \Lul  que  je  sois  mort  ayant  été  |)endu, 
Et  chacun  me  renvoie  au  cercueil  (|ui  m'csl  du. 
Pourtant,  quoique  déliint,  à  vivre  je  persiste. 

LE  DOCTEUR. 
Oh  !  oh  ! 

PIERROT. 

J'ai  les  besoins  qu'on  a  (piand  ou  existe; 
J'estime  le  poulet,  j'aime  la  venaison, 
Et  le  vin  me  plaît  plus  qu'avant  ma  pendaison. 

LE   DOCTEUR. 

Vous  êtes  mort  I  J'en  ai  la  triste  certitude. 
J'ai  d'accidents  pareils  fait  une  longue  élude  ; 
Croyez  en  ma  science  et  soyez  convaincu 
Que  les  pendus  jamais  n'ont  bien  longtemps  \écu. 

Ici  le  docleur  débite  dix  vers  empruntés  à  la  scène  XVi 
de  son  rôle  primitif,  sur  Galien,  Hippocrate  et  autres  mé- 
decins de  l'anliquilé;  puis  il  lennine  sa  tirade  parées  deux 
vers  : 

L'ankylose  se  fait,  on  devient  raide  et  sec, 
Et  la  langue  vous  sort  d'un  empan  par  le  bec. 


1804.  287 

après  quoi  la  scène  s'achève  à  peu  près  coiniae  dans  la  pre- 
mière version.  Les  scènes  IX  à  XII  sont  presque  conformes 
aussi  au  premier  texte,  sauf  la  fin  de  la  scène  XII;  voici  cette 
variante.  Apiès  levers  de  Pierrot: 

Si  fait,  mais  mon  état,  rend  tes  soins  superflus. 

il  faut  lire  : 

COLOMBINE. 

Rêves-tu  ? 

PIERROT. 

(Jne  non  pas!  La  chose  est  délicate  1 
El  tu  ne  peux  savoir,  toi,  tout  ce  qu'Hi[ipocrate 
Et  l)ien  d'autres  ont  dit  là-dessus  en  liant  lieu  ! 
Il  faut  qu'à  tout  jamais  nous  nous  disions  adieu. 

Colombine  réplique  par  six  vers  empruntés  à  la  scène 
primitive,  commençant  par  celui-ci  : 

Je  comprends.  En  Espagne  une  brune  coquine. 

el  Pierrot  répond  comme  dans  la  version  de  1847  par  ce  vers  : 
Je  suis  sec;  mais  vit-on  jamais  squelette  gras? 

après  quoi  le  nouveau  texte  reprend  ainsi  : 

COLOMBINE. 

Retourne  à  la  maison  et  tu  t'engraisseras  ; 

J'ai  justement  au  four  une  tourte  aux  boulettes  ! 

PIERROT. 

Tentatrice! 

COLOMBINE. 

Le  gril  attend  les  côtelettes, 
Le  vin  est  dans  la  glace.  Allons,  viens, 

PIERROT. 

Non,  jamais  ! 
COLOMBINE. 

Prends  mon  bras. 


v.'H8  MliSTOlRK  l)i:s  OKIVIIRS  1)E  TU.  (iAUTIRH. 

rjEllllOT. 
Liiissc-nioi. 

COLOMlllNK. 

Iti'stc  iloMc.  ^l'.'ind  dallais  I 
Mais  je  sais  un  iimyni,  (|iii,  si  je  ne  me  llallo, 
roiirra  conti'ccanci'  les  arrrls  d'Ilipiiocial»'. 
Gràco  à  lui  tu  pourras  clioisir  ou  d'(''trc  ainic'", 
(Ml  d'rlrc,  iU'i^  vv  soir,  clic/  les  fou^  ciilcrinc! 

[VA\c  sorl.) 

La  scciu'  MU  psl  restée,  niuiiis  (|uc|{|uos  coupures,  la 
iin"iMC  tju'à  roi'i|ziue.  Les  seize  pn'Uiiers  vers  de  la  scène  \IV 
soûl  remplacés  par  ceux-ci  : 

PIKRlîOT,  seul. 

Le  docteur  est  un  gueux  payé  par  Arlequin, 

Il  m'a  trompé,  c'est  clair!  Sur  cet  atïreux  coquin 

Je  voudrais,  si  j'étais  un  corps  et  non  une  ombre. 

Applique!'  à  pleins  points  des  gourmades  sans  nombre, 

De  ses  grilles  tirer  le  ducat  qu'il  m'a  [»ris, 

Et  lui  cracher  au  nez  son  inlàme  souris. 

Je  battrais  Arlequin,  je  reprendrais  ma  femme... 

Mais  comment?  Avec  quoi?  Je  ne  suis  plus  qu'une  âme, 

Un  être  de  raison,  tout  immatériel  ; 

L'hymen  veut  du  |»alpable  et  du  sidislanliel  ; 

On  se  rirait  de  moi,  mon  tréi)as  est  notoire, 

Et  c'est  un  fait  acciuis  désormais  à  l'histoire. 

Pourquoi  vouloir,  objet  de  risée  ou  d'ellroi, 

Rester  en  ce  bas  monde  où  je  n'ai  plus  de  moi  ? 

Quelle  perplexité!  Pour  sortir  de  ces  doutes, 

Suicidons-nous,  là,  mais  une  fois  pour  toutes, 

La  fin  de  la  scène  et  la  scène  XV  sont  conformes  au  texte 
primitif;  mais  la  scène  XVI  et  dernière,  devenue  la  XV" 
dans  la  nouvelle  version,  est  si  changée  que  nous  allons  la 
transcrire  tout  entière,  malgré  les  quelques  vers  de  la  ver- 
sion primitive  quelle  contient: 


180  4.  -289 

IMEUROT,  COLOMBLNE,  l.l-:  DUCTEUK. 

LE   DOCTEUR. 
(Jiialrc,  mon  i\h... 

PIERROT. 

Docteur!...  Vous  êtes  un  vieux  drôle. 
J'ai  bu  votre  souris,  reprenez  cette  fiole. 

LE   DOCTEUR. 

Merci. 

PIERROT. 

Je  suis  vivant  !  Colomhino  le  veut  ! 
Très  dispos,  très  gaillard... 

LE   DOCTEUR. 

Non.  Gela  ne  se  peut! 
Chimère  I 

PIERROT. 

Cette  tape  est-elle  de  main  morte? 

LE    DOCTEUR. 

Oui. 

COLOMBINE,  à  rienot. 

Uonno-lui  plus  bas  une  |treu\e  [lUis  Ibrte. 

PIERROT,  lui  (iouiiant  de  sou  pied  au  derrière. 

Cet  argument  est-il  de  pied  mort  ? 
LE  DOCTEUR. 

Non. 

PIERROT. 

Ces  coufis, 
Pour  venir  d'un  défunt,  comment  les  trouvez-vous? 

LE   DOCTEUR. 

Fort  rudes  ;  vous  frappez  à  rompi'c  les  vertèbres. 

PIERROT. 

Tenez. 

LE   DOCTEUR. 

J'ai  des  amis  dans  les  pompes  funèbres, 
II.  l'J 


290       iiibï.iiUK  iii;>  (iia\ui;s  i»i:  rii.  i.altiei;. 

Va  si  vous  nriii>|tli(|ii('Z  des  soiilllols  iiiissi  loris, 
Je  \(iiis  r.iis  t'iii|Mii,mi('r  par  (|UiUi'i'  (•in(|ii('-iii(>rls. 

l'IKUUOT. 
.Mainloii.inl,  le  boulon? 

LE   DOCTEUll,   rciulanl  la  c.ipbdio. 

Le  voilà. 

riEimOT,   a\fc  meuacfs. 

Mais  le  iiiuulc, 
\a-  (I liait? 

LE   DOCTEUll. 
Tenez  doue  ! 

COLOMHINE. 

Près  de  lui  je  me  coule, 
Et  ne  1(>  quitte  |iius.  —  l'ii  mari  eousii  d'or, 
Kl  dont  cliaiiue  bouton  caclie  et  garde  un  trésor, 
Quel  aubaine  grands  dieux  !  —  Cher  Pierrot  de  mon  àine 
Allons  donne  un  baiser  à  ta  petite  femme.... 
Je  le  dorloterai,  je  te  bichonnerai.... 
S'il  le  manque  un  bouton,  je  le  le  recoudrai.... 

Elle  lui  coupe  les  boutons  de  son  habit. 
ARLEQUIN,  rentrant. 

J'avais  pris  mal  au  ventre  à  force  d'avoir  ri  ; 
Un  coup  de  vin  ou  deux  m'ont  tout  à  fait  guéi'i. 

PIERROT,  il  Arlequin. 

Je  suis  Pierrot  vivant  et  non  Pierrot  posthume; 
A  celle  idée  il  faut  que  chacun  s'accoutume. 
Conviens-en,  ou  je  vais  jiour  te  le  faire  voir, 
Te  pocher  l'œil  et  mettre  au  bleu  ton  museau  noir. 

ARLEQUIN. 

Vous  vivez,  j'en  conviens. 

PIERROT,  à  part,  tant  que  Colombine  coupe  encore  un  de  ses  boutons. 

Encore  un  qu'elle  coupe  ! 

ARLEQUIN, 

Ce  tableau  clocherait  si  je  manquais  au  groupe. 


>  I 


I 


1864.  291 

COLOMBINE,  à  Arlequin. 

Mais  il  VOUS  faut  partir,  Pierrot  est  de  retour; 
Tâchez,  l'espoir  perdu,  d'oublier  votre  amour..,. 
Voyagez,  retournez  au  pays  bergamasque. 

ARLEQUIN. 

Mon  cœur  se  fend!  les  pleurs  ruissellent  sous  mon 
PIERROT.  [masque. 

Il  ne  partira  pas!  je  ne  suis  pas  jaloux, 
Ensemble  nous  vivrons  dans  l'accord  le  plus  doux. 
LE   DOCTEUR. 

Grand  Pierrot  ! 

ARLEQUIN. 

Je  serai  vertueux. 

COLOMBINE. 

Et  moi  sage. 

PIERROT. 

Un  ami  très  souvent  est  commode  en  ménage. 
Il  me  divertira  lorsque  je  m'ennuierai. 
Et  sera  le  parrain  des  enfants  que  j'aurai. 

Après  ces  vers  vient  le  couplet  inédit  adressé  au  public, 
imprimé  depuis  1877  ù  la  lin  de  la  pièce. 

19333".  De  Paris  à  Madrid.  (li.)  (El  Ferre  carril,  etc., 
II).  Le  Moniteur  unù:ersel,  4  septembre  1864.  Cet  article 
débute  par  ce  paragraphe,  supprimé  au  volume  : 

Il  a  été  parlé  ici  niéiiie  de  riiiaiiguralion  du  chemin 
de  fer  des  Pyrénées,  et  du  banquet  de  Saint-Sébastien. 
Nous  pouvons  donc,  simple  touriste  désormais  libre  de 
tout  compte  rendu  officiel,  reprendre  notre  récit  où  le 
laissait  notre  première  lettre. 

Ce  paragraphe  fait  allusion  au  fragment,  non  reproduit 
en  volume,  que  nous  avons  cité  plus  haut.  (Voir  n»  l'ô'M.) 

19b4i  Théathe^Francais  :   La   Volonté.   —  Odkon  :   Les 


H'M        iii>T(>ii;i;  i>i:s  di.rvHKS  dk  th.  i.ai  tii;i;. 

Plumes  de  Paon.  —  N  M  mvii.i.i.  ;  Le  Florentin  ;  le  vingt- 
quatre  février;  le  Devin  du  village;  Pierrot  posthume.  — 
Tmkatkk-Lyhioi  ic  :  Réouverture,  h'  Mitnilnir  loiicrrsrl , 
i»  si'ptonibri'  ISili, 

Voici  ii'S  (it'ii.v  |t;n'a;iia|ilii'.s  df  et;  Iciilllrhui  nlalils  il 
lu  reprise  de  Pinrul  ))nslliiiinc  : 

Los  liens  (le  raiiiillc  ([iii  nous  l'allaclieiil  à  Pierrot 
f)osl/ninie\\v  iioiisiicrnuilciil  |ias(IVii  pailoravcc  grands 
ilélails.  On  ne  Iroiivcra  |)()inl  mal  ciiMiKlanl  (|uc  nous 
renicri-iions  le  ilirrclt'iii-  (|iii  a  l'cmis  à  la  scène  celle 
œuvre,  où  nous  avons  essayé  de  faire  revivre  la  franche 
houtVuniicrir,  cl  a\ec  liiilesacleurs  (jui  lonl  inlei-prélée 
d'iiiie  façon  si  alerte. 

Sainl-Gerniain,  avec  sa  facr  Itlrinc  rend  admirablc- 
nienl  les  perplexités,  les  transes,  les  Iremblements,  les 
épouvantes  qui  se  heurtent  etsebousculenldans  l'esprit 
Itusillaninie  de  Pierrot.  Grivot  frétille  son  rôle  d'Arle- 
quin aulanl  qu'il  le  joue.  Rictpiier  est  le  docteur  le  ])lus 
solennellenienl  âne  qu'on  puisse  voir,  et  mademoiselle 
Hianca,  si  elle  fait  excuser  les  projets  criminels  d'Aile- 
(|uin,  rend  presque  invraisendjlable  la  froideur  de 
Pierrot. 

I0;i4'j'\  De  Paris  à  Madrid.  III.  El  Ferro  carril,  etc., 
III.)  Le  Munileur  universel,  8  septembre  18(i4. 

1953.  Pobte-S.\int-Martin:  Les  Flibustiers  de  la  Sonore. — 
Odkon  :  Une  défaite  avant  la  victoire.  —  Théâtre-Lyrique  : 
L'Alcade  ;  Don  Pasquale.  Le  Moniteur  universel,  12  sep- 
tembre 18f)i. 

IDoo^-i^  De  Paris  à  Madrid.  IV.  (El  Ferro  carril,  etc  ,IVj. 

Le  Munileur  unieenel,  IG  septembre  1804. 

19o6.Chatelet  :  reprise  de  :  les  Sept  Châteaux  du  Diable. 
—  Théâtre-Lyrique  :  reprise  de  Faust.  Le  M'viHiiir  auircr- 
sel,  19  septembre  1864. 


186 'h.  29.{ 

iu;)(i'''\  De  Paris  à  Madrid.  V.  (El  Ferro  carril,  etc..  F. 
Le  Moniteur  universel,  24  septembre  18(54. 

19:j7.  Vaudeville  :  Le  Drac.  —  (Ma  visite  à  Nohant).  Lf 
Moniteur  universel,  30  septembi'fî  1 8<)4. 

lO.j?"''.  De  Paris  à  Madrid.  VI.  (El  Ferro  carril,  etc.. 
VI.)  Le  Moniteur  unirersrl,  ;j  octobre  18G4, 

19i)8.  Opéra  :  Roland  à  Roncevaux.  Le  Moniteur  univer- 
sel, 7  octobre  ISrik 

10;;s'''\  De  Madrid  à  Paris.  VII,  VIII  et  IX.  Fin.  (El  Ferro 
carril,   etc..  VII,  VIII  et  IX).  Le  Moniteur  universel,  10,  17 

et  10  octobre  1864. 

UKil).  Gymnase  :  Les  Curieuses  ;  Un  Ménage  en  ville.  — 
Odéon  :  reprise  du  Marquis  de  Villemer.  —  Gaîté  :  Le 
Marquis  Caporal.  —  Italiens  :  Réouverture.  —  Premier 
concert  populaire  de  musique  classique.  Le  Moniteur  nni- 
versel,  2 'i- octobre  186i-. 

1960.  Opéra-Comique  :  Les  Absents.  —  Théatre-Lyrioue  : 
Débuts  de  mademoiselle  Nilsson  dans  Violetta.  —  Portr- 
Saint-Martin  :  Les  Drames  du  cabaret.  Le  Moniteur  univer- 
sel, 31  octobre  1864. 

1961.  Théâtre-Français  :  Maître  Guérin.  —  Italiens  : 
Roberto  Devereux.  —  Opéra-Comique  :  Le  Trésor  de  Pier- 
rot. Le  Moniteur  unirirsel,  7  novembre  18(')i-. 

1962.  Vaudeville  :  La  Jeunesse  de  Mirabeau.  —  Cirquf- 
Napoléon  :  Concerts  de  Pasdeloup.  Le  Moniteur  universel, 
14  novembre  1864. 

1963.  Exposition  du  boulevard  des  Italiens  :  Eugène 
Delacroix.  Le  Memittiir  unirersel,  17  et  18  novembre  1864. 
Ces  articles  ont  été  bien  souvent  el  toujours  incomplèle- 
ment  réimprimés;  nous  trouvons  d'abord  le  premier,  sous 
le  titre  de  :  Delacroix  et  Gœthe,  dans  l'Artiste  du  lo  janvier 
1867  el  dans  la  Gazette  de  Paris  du  18  janvier  1872.  PZn  1874, 
ils  ont  repara  aussi,  toujours  incomplets,  sous  le  litre  d'Eu- 
yène  Delaeroix,  k  la  suite  de  llfisloire  du  Jinnnnitisine,  par 


2J14        iiisToiiir.  in:s  oi;r\uRS  de  tu   liAiTiKu. 

TliT'oidiilo   (inuli(M'.   \.c  Coiirrirr  arlisliiiiif  des    2(*  <■!  27  no- 
Vfiubrt'  ISCi'i  les  a  n'|ii otliiils  ('■lialcinciil. 

l'.iiii.  Oi'iua  :  Ivanhoe,  (cantate).  —  Itamkns  :  L'Elisire 
d'amore;  Divertissement.  —  Amuigu  :  L'Ouvrière  de  Lon- 
dres, i.''  M  "Il  Unir  iniirrr^il,  ■2\  iiovriiilirc  IHOV. 

i^MV.').  Italie.ns  :  Don  Giovanni.  —  (i.\iri';  :  reprise  de:  le 
Fils  de  la  nuit.  — Tiik.\thk  dk  S.uNT-dnnMAiN  :  Inaugura- 
tion. Le  M"iiiliiir  iiiiiifisi'l,  iX  iiovrininr  1S(iV. 

I  •.)(■>(■■.  Toast  porté  le  3  décembre  186^  au  banquet  de  la 
Société  Nationale  des  Beaux-Arts,  l.c  Cniirrirr  nriisiiiiiic, 
4  (ItM'oinltn!  18(ii.  Nous  allons  r(>i)ro(luin'  ro  toasi,  (|iii  a  t'-lr 
n'-iniprinu' dans  l'Enlructe  du  11  décenilui'  iscil  cl  dans 
l'Artiste,  du  )'■■•  janvier  ISO:;  (pap-e  22): 

Mossienrs. 

Ce  n'c^i  i)ns  un  haïKjucl  ordiiuiirc  (juc  le  iiùlif  ;  il 
réunit  IValornellcmenl,  des  artistes  que  leurs  travaux 
l'etiennent  dans  la  solitude  et  le  silence  de  l'atcliei'; 
chaque  convive  est  illustre,  ou  bien  près  de  Tètre.  Le 
présent  est  assis  à  côté  de  l'avenir.  Dire  au  hasard  le 
nom  d'un  de  ceux  qui  prennent  part  à  cette  fête,  c'est 
désigner  ({uelque  belle  (niMc.  Je  suis  lirr  de  présider 
une  tt'Ue  réunion,  moi.  (|iii  ne  .sais  me  servir  de  la 
brosse  ni  du  ciseau,  et  qui  nai  pour  oulil  qu'une  i)lume; 
on  a  voulu  sans  doute  récompenser  en  moi  le  cons- 
tant amour  du  beau  et  le  pur  dévouement  à  l'ai'l. 

Rarement  il  y  eut  une  salle  de  ban((uetplussplendide 
(pie  la  niMre.  Nous  avons  une  tapisserie  que  le  plus 
riche  palais  pourrait  nous  envier,  une  tapisserie  faite 
par  Delacroix.  L'art  dîne  au  milieu  des  chefs-d'œuvre, 
parmi  les  magies  de  la  couleur  et  les  rayonnements  du 
génie. 

Bientôt  ces  tableaux  vont  retourner  aux  musées,  aux 


IHOi.  295 

heureux  amateurs  qui  les  possèdent;  mais  pour  cela  nos 
murailles  ne  resteront  pas  nues.  Vous  allez  les  couvrir  de 
vos  jeunes  œuvres,  qui  sauront  tenir  leur  place  sur  ces 
panneaux  illustrés  par  la  Source,  \c  Jésus  parmi  les  doc- 
teurs, le  Pont  de  Taillebourg  et  l'Entrée  des  croisés  à 
Constantmople. 

A  propos  de  ce  toast,  rappelons-oii  un  autre,  datant  de  la 
jeunesse  de  Tliéopliile  Gautier,  quand,  romantique  exalté 
et  prétendant  qu'il  fallait  tuer  deux  fois  les  écrivains  classi- 
ques: eux  d"al)ord  et  leur  mémoire  ensuite,  il  portait  cette 
santé  célèbre  :  «  A  la  mort  des  morts  !  » 

M.  Achille  Denis  en  parle  encore  dans  VEntractp  du 
30  octobre  188t. 

1967.  Itamkns  :  Il  Ballo  in  Maschera:  Marta;  rentrée  des 
sœurs  Marchisio.  —  Opéra  :  débuts  de  mademoiselle  Bau- 
grand.  —  Bouffes-Parisiexs  :  rentrée  d'Arnal  dans  Passé 
Minuit.  —  Théâtre-Beaumarchais  :  Surcouf.  —  Lectures 
sur  la  littérature  allemande  moderne,  par  madame  Ida 
Brùning.  —  Almanach  de  la  société  des  Aquafortistes 
pour  1865.  Li'  M'inilmir  uniriwsrl,  :>  di^'cndjce  1804. 

1967 1''%  Moscou  (Voyage  enRuscie.  Tome  deux.  I.j.  Revue 
Nationale  et  Étrangère,  10  décendjre  1864.  Le  premier  para- 
graptie  de  l'article  est  dilferent  en  volume  ;  voici  sa  pre- 
mière version  : 

Pendant  l'hiver  de  18o8,  nous  nous  trouvions  à  Saint- 
Pétersbourg  occupé  à  prendre  des  notes  et  des  rensei- 
gnements pour  un  gi'and  ouvrage  sur  les  trésors  d'art 
de  la  Russie. 

Un  fragment  de  cet  article  a  reparu  en  1879,  sous  le  titre 
de  :  Paysage  Russe,  dans  les  Chefs-d'œuvre  des  prosateurs 
français  au  dix-neuvième  siècle,  recueillis  par  Victor  Tissol  et 
Louis  Collas. 

1968.  Opéra   :  reprise  de  Moïse.   —  Théatre-Lyriour  : 


^^!)r.        iiiSToinK  DES  ofiirvHF.s  ni-,  th.  i;\i  tikh. 

Bégaiements  d'amour;  le  Cousin  Babylas.  —  Livres  :  Le 
Tour  de  Marne;  la  galerie  des  tableaux  des  peintres  les 
plus  célèbres  de  toutes  les  époques.  /.'•  M'uilnir  iniircrscl, 
12  (h'-ct'inliiv  IsCi'i.  lu  iV;i|4mi'iil  do  ccl  aiticlc  a  tHô  rélin- 
priint'',  sniis  Ir  lilic  di'  :  Ir  T'iiir  (le  Mniiir,  dans  l'Artistr  du 
lii  janvier  ISii;!;  il  .ivail  lepani  |>ri''ci'(lcniin('nl  dans  la 
seconde  édition  du  Tniir  ilr  Morm,  piililiiT  iii-li;i  1,1  lin 
de  1864,  dali'i'  ISilii. 

I9(V.).  Tableaux  et  dessins  offerts  par  divers  artistes  à  un 
confrère  paralysé.  Vente  du  15  décembre.  /.»!  Mniiilcur 
viiiiersi'l.  Il  (Iccemlire  ISOV.  C.el  arliile  esl  ii''iiii|iiiMié  dans 
le  Courrier  (ivdstique  du  18  déeenilii'e,  ri  dans  /'/  <'lini)n(iuc 
(IcS(trl>i  cl  dclii  riifidSitr  du  2ii  déci'nilu  I'  de  la  même  année. 

1070.  TuÉATiîK-FuANrAis  :  Le  Cheveu  Blanc;  début  de 
madame  Victoria-Lafontaine.  Tiii:\rin:-Lvitinii:  :  reprise 
de  Mireille.  —  (Iymnase  :  Le  Point  de  Mire;  les  Truffes. 
Lr  Moniteur  unireracl.  10  déeendire  'ISfik 

1071.  La  Statue  de  Vercingétorix.  L:  MmiHeur  universel, 
23  décemlue  1804.  Cet  arlicle  a  ie])aiu  d;u\^  le  Courrier  arlia- 
liiiuedn  i"  janvier  iSfio.el  dans /'Ar//.s'/^  du  i:i  orlnhre  ISfifi. 

1072.  Thiîatrf.-Fuant.ais  :  Anniversaire  de  Racine  :  la 
Thébaïde  ;  les  Plaideurs.  —  OriinA  :  reprise  de  la  Mas- 
chera.  —  Italiens  :  Linda  di  Chamouni;  Poliuto.  —  Vauok- 
vii.i.K  :  Racine  à  Uzès  ;  les  Plaideurs.  —  Tli.  dt^s  Variktks  : 
La  Belle  Hélène.  —  linuriKs-l'AïusiENs  :  Le  Serpent  à  plumes. 
—  Concerts  populaires  de  musique  classique.  —  Livres  : 
La  Petite  Princesse  Usée  ;  Fables  de  M.  de  Ségur;  le 
Robinson Suisse^.  Le Mniiiliiiritnlrirr^el,  26-27  décoiiilire  IStiV. 

197:î.  Les  Bonaparte,  (ialerie  Bonaparti'.  In-quailo  de 
II-32pajies.  Inipiinierio  de  Bmiovendirr  et  Durcssois,  h  Paris. 
A  Paris,  chez  E.  Glaeser,  30,  rue  de  I{(!rlin.  Prix  (Ht  fi'ancs. 

Cet  ouvrage,  qui  parut  en  décembre  1864,  ne  fut  ni  déposé 
ni  inséré  dans  hi  Bibliographie  de  la  France,  i.e  curieux  lia- 
vail  de  Théopliile  fiautier'  qui  serl  de  préface  à  ce  recueil 
des  poriiails  de  la  famille  HonapaiLe,  a  été  réimprimé 
en  I8S3  dans  son  volume  :  Souvenirs  de  Ihédlre,  d'art  et  de 
irili<ini\ 


I 


1«H'k  297 

Avant  (le  jKisser  à  IKfi.'j,  citons  un  projet  de  lettre,  rédigé 
par  Théophih!  (Jaiiticr,  cl  (pi'il  se  [)roposait  d'adresser  à 
i'Empereur  Napoléon  lii.  Il  s'a.i^issait  de  demander  Tau- 
toiisation  d'une  loterie,  dont  le  produit  élait  indispensable 
pour  aider  à  créer  une  nouvelle  organisalion  des  B(>;nix- 
Arts,  imaginée  par  M.  Bogino,  slatu;iirc  de  talent,  et  ({ne  le 
grand  Théo  approuvait  fort.  ("eUe  organisation  faisait  des 
Artistes  leurs  propres  marchands,  et  leur  donnait  im  ])alais 
d'Exposition  permanente.  C'élail  une  sorte  d'agrandissement 
et  de  consécration  de  la  Société  nationale  des  Beaux-Arts. 

Il  y  eut  à  ce  sujet  plusieurs  réunions  piivées,  et  d'autres 
publiques,  au  Grand  Ih'» tel,  présidées  par  Théophile  (iaulier. 

La  chose  semblait  devoir  réussir,  el  l'on  n'a  jamais  bien 
su  ce  qui  a  pu  entraver  la  marche  de  celle  affaii'e,  si  profi- 
table pour  tous,  et  si  désirée  par  tous.  Le  surintendant  des 
Beaux-Arts,  le  comte  de  Nieuwerkerke,  était  aussi  très 
enthousiaste  de  cette  combinaison,  pres(pie  plus  enthou- 
siaste que  les  artistes  eux-mêmes,  .\ussi  le  bruit  courut-il, 
à  cette  époque,  qu'une  haute  personnalité  parisienne  avait 
reçu  cent  mille  francs  des  marchands  de  tableaux,  poui' 
empêcher  le  succès  du  projet. 

Voici  la  demande  inédite  do  Théophile  Gautier,  dont  nous 
devons  la  connaissance  à  M.  Kdouard  Pierre  (de  Boesse. 
I^oirel)  : 

Siro, 

J'ose  appoléi'  la  haute  liienveillance  de  Votre  Majesté 
sur  un  projet  de  M.  Bogino,  statuaii^e,  qui  permellrait 
de  faille  entrer  immédiatement  dans  le  budget  des 
Artistes  un  capital  important,  et  laisserait  libre,  pour  la 
rétribution  et  la  commande  des  gi'andes  œuvres,  les 
sommes  que  le  gouvernement  consacre  chaque  année 
aux  Beaux  Arts. 

Il  s'agirait  d'une  loterie,  dont  les  billets  seraient  en 
grande  partie  placés  à  l'étranger,  et  dont  les  lots  ga- 
gnants, composés  de  tableaux  et  de  statues  désignées 


•J'.tS  mSTttlHK  DKS  OiaVUF.S  l)K  TH.  «JArïIKR. 

à  racluit  IKU'  im  .jiii'V  d'artistes.  IVraioiil  coiiiiailiv  au 
dehors  (les  *euMes  enfeniK'es  iiisiiti'à  présenl  dans  un 
ceivle  lin|i  l'eslreint  de  réiHitatidii. 

Cette  idée  a  olilemi  I  ,i|i|ir()liatioii  d'un  .L:i'and  nombre 
d'artislos  statuaires  dU  peintres,  ijui  rappiiient  de  leur 
siunatiue.  et  si  Vntie  i\lajes|é  daiunail  accordei-  rauto- 
ri.sation  nécessaire,  reii.'  Ia\rui'  serait  accueillie  avec 
lopins  \ir  asseiitinienl  et  la  plus  prolunde  recoiuiais- 
sance.  Un  iiHllion  serait  dépensé  snr-le-iliainp  en  achat 
d'œnvre.s  d'art  ',  cai-  loulesh:'s  mesures  linancières  ont 
été  prises,  et  M.  I/.onard.  direcicnr  du  soiis-roniptoii' 
du  roninierce  et  de  l'Industrie,  s'est  ciiai'gé  de  l'exécu- 
tion matérielle  de  ce  projet,  pour  lecpiel  j'ai  la  hardiesse 
d'imitloi'er  la  liracicuse  laveur  de  Votre  Majesté. 

Tliéophile  Gautier. 


I.  Tout  Cl'  qui  suit  le  mot  :  «  art  ",  a  ('té  rayé  sur  Tautop^raphi'  [pai-  li- 
baron  de  Rolhschild,  j)ai-ait-il.  dont  M.  Izo\iard  représentait  les  intérêts 
dans  cette  combinaison. 


1865 


1974.  Les  Rôdeurs  de  nuit.  L'Aulnr/raphr,  1er  janvior 
iSn;).  Ces  vers,  qui  am"aienl  dû  entrer  dans  Émaux  r( 
(Uimèes  et  qui  furent  oubliés  par  Théophile  Gautier  lors  do 
la  réimpression  de  1872,  n'ont  été  réunis  à  ses  œuvres  qu'a- 
près sa  mort;  ils  sont  enirés  en  1876  dans  le  tome  deux  de 
ses  Poésies  Complètes.  L'Autographe  les  a  publiés  en  fac- 
similé  et  annonce  qu'ils  ont  été  faits  pour  servir  d'épigraphe 
aux  Bôdrars  de  nuit,  romance  sans  paroles  de  M.  Arthur 
Kalkbrenner,  laquelle  a  été  imprimée  en  effet,  avec  les  vers 
de  Théophile  Gautier  en  épigraphe,  dans  la  Gazette  des 
abonnies  du  20  janvier  1865.  Voici  une  variante  inédile  de  ces 
stances  : 

Minuit  résonne  au  beffroi  sombre!... 
Minuit!...  Diane  des  hiboux 
Dont  l'aube  commence  avec  l'ombre, 
Et  qui  le  soir  quittent  leurs  trous. 

Spadassins,  coureurs  d'aventures, 
Gentilshommes,  fils  de  la  nuit. 
Font  sauter  sous  leui's  couvcrlun^s 
Les  bourgeois  réveillés  au  bruit. 

Le  choc  du  fer  sous  les  lanternes, 
Les  cris  des  ribaudes  qu'on  bat, 
Les  pots  cassés  dans  les  tavernes, 
Forment  un  glorieux  sabbat! 


.loo        iiisT(iii;i    iii'.s  (h:i  \iii>-  hk  th.  cmiikh. 

....  Tout  st'  l;iil.  —  \a\  |t;ili(iiiill('  juissc, 
Marquiiiil  stiii  pas  sur  le  |>a\c. 

Le  noirossaiin  l'oiui  dans  ri's|iac'o 

Le  Travail  lioniirlc  est  l('\r  ! 

I'.)7:i.  Oi'KHA-C.iiMiorK  :  Le  Capitaine  Henriot.  ~  Vaidk- 
vir,i,K  :   La  Charmeuse.  —  Amuigu  :  Marie  de  Mancini.   /-( 

Mmiiliur  Kiiirrrsrl,  i  j.iiivicr  ISi;;». 

197(».  Thkatuk  Kkaumahciiais  :  Jacques  Burke.  —  Spec- 
TAi-.i.K  HoiuN.  —  (Livres:)  Grenoblo  Malherou.  Le  Maiilhiir 
iinircrscl,  '.I  jaiiN  ifi    ISiiii. 

1077.  Œuvres  de  M.  Cordier:  Statues,  bustes,  statuettes 
et  médaillons.  Le  Mioiitrur  utiirrt'scl,  i;!  iiinvici-  isii.;. 

l'.t7N.  Itamkns  :  débuts  de  M.  Verger  dans  Ernani.  — 
Théâtre  Drjaziît  :  Les  Plaisirs  de  l'hiver.  —  Foliks  Dra- 
.MATiQiKs  :  reprise  de  la  Fille  de  l'Air.  ("mori'  Napo- 
i.KON  :  débuts  des  frères  Bonheur  :  expériences  de  lucidité 
magnétique.  /.<■  Mii)iit>'in'  uiiiriTsrl,  Ki  jjinvirr  iso.'i. 

I'.)7U.  fiYMNASE  :  Les  Vieux  Garçons.  —  Odkon  :  Lisez 
Balzac  ;  l'Oncle  Sommerville.  /.'■  M'iniiiur  unin-rsrl , 
2'-i  janvier  INCii;. 

lOSO.  Galerie  Pourtalés:  Peinture.  /.'■  M'Diilnir  inilrfrspl, 
28  janvi(;r  hSCiii. 

l',)Sl.  Thkatre  Kmançais  :  Bressant  dans  Tartuffe;  reprise 
du  Fruit  Défendu.  —  Odéon  :  Le  Second  mouvement.  — 
Théatiu:  I.vriqur  :  L'Aventurier.  -  Chatki-kt  :  Les  Mys- 
tères du  Vieux  Paris.  —  VALiin.viLi.K  :  Madame  Doche  dans 
la  Jeunesse  de  Mirabeau.  Lr  Moniteur  itnirrrscl,  30  janviiT 

tsc.;;. 

1982.  Théâtre  Beaumarchais  :  Le  Secret  du  Docteur.  — 
(Iaîté  :  Le  Mousquetaire  du  Roi.  —  Houffes  Parisiens  : 
Jupiter  et  Léda.  —  ConcertsL  Lr  Mniiiinir  nniversel, 
{')  lévrier  ISOii. 

19S3.  ^Nécrologie  :  Eugène  Devéria.  —  Vente  d'esquisses 
et  de  tableaux  de  Bouvière.  —  Italiens  :  Débuts  de  made- 
moiselle   Vitali.    —    Concerts    populaires.    /.<     Mnniliur 


18(>;i.  301 

universel,  13  février  186.').  Un  fi'agnieuL  de  cal  article  a  été 
reproduit  en  1874,  sous  le  titre  de  Roiivivrc,  dans  les  Vnr- 
traits  ContfmjJorains  par  Théophile  Gautier,  et  un  autre, 
sous  le  titre  A' Eugène  Devéria,  a  reparu  dans  l' Artiste  dn 
II)  septembre  1866,  cl  ensuite,  en  1874,  à  la  suite  de  lllis- 
toire  du  B.O)nantisrnc  par  notre  écrivain. 

11)84.  L'Épicurien,  par  Thomas  Moore.  Traduit  par  Henri 
Bulat  ;  les  vers  par  Théophile  (lautier  ;  préface  par  Edouard 
Thierry.  Dessins  de  Gustave  Doré.  Tn-8"  de  XXXH-311  pages 
et  quatre  yravui'es.  Imprimerie  de  Panckoncke  et  compaijnir , 
à  Paris.  —  A  Paris,  chez  E.  TJrntu,  au  Palais-Rojal.  Prix  : 
5  francs. 

Ce  volume,  que  nous  trouvons  inscril  sous  le  N»  1479  de 
la  Bihliitg rapide  de  la  France  du  18  février  186ij,  avait  été 
annoncé  en  ces  termes  dans  le  Moniteur  universel  du  0  du 
même  mois  : 

M.  Heni'i  Bulat,  chef  de  iiotfe  iniprimei'ie,  vient  de 
traduire  l'Épicurien  de  Thomas  Moore  ;  cette  ti-adiic- 
tion  du  poète  anglais  est  pi-écédée  d'une  l'emarquablc 
préface  de  M.  Edouard  Thierry,  directeur  de  la  Comé- 
die-Française. M.  Théophile  Gautier  a  bien  vouhi 
renrichir  en  interprétant  les  vei's  du  poète  anglais. 
Des  dessins  de  Gustave  Doré  ornent  l'ouvrage,  aussi 
intéressant  par  les  noms  de  ses  collaborateurs  que  par 
les  soins  typographiques  exceptionnels  qui  en  font  un 
livre  de  bibliopliile.  C'est  chez  l'éditeur  Dentu  cju'on 
peut  se  procui^er  ce  volume,  sorti  des  presses  du  Moni- 
teur  universel. 

Les  fragments  en  vers  de  cet  ouvrage,  traduits  par  Théo- 
phile Gautier,  ont  été  réimprimés  en  1876  dans  le  tome  deux 
de  ses  Poésies  Complètes,  sauf  quatre  distiques  que  nous 
allons  citer  ici  : 

Des  oracles  pour  moi  plus  certains  et  plus  vrais 
(Ju'oiseaux,  chênes,  trépieds  ne  le  furent  jamais. 


Mi        iiisTdiKi';  i)i;s  (j;rvi!i:s  dk  th.  (.aiiiku. 

Le  Iruit  mùi'  (|ni  s'(  iii|i(iiii'|>ro,  et  dit  par  ses  tous  loiix 
i)\U'  les  siM's  (le  s(Hi  i  (iiir  coiiiillc  Ii^  miel  soiil  (I(tii\. 

l'Icxihlos  coiniiie  sont  les  hiaiiclics  du  lilleul, 

Où  les  oiseaux  eirauls  Irouveiit  roml)re  et  l'accueil. 

Secrets,  sans  celte  clef  à  loul  jamais  perdus 
Dans  la  profonde  nier  des  âges  disparus. 

A  |ii(i|i(is  de  M.  Henri  Miitiil,  voici  (|iialio  vois  latins  iiié- 
dils  tpie  'riiropliilc  (iaulicf  lui  ;ip|)(»ita  <■{  (|iii  l'iirciit  iiii- 
piiniés  ;i  nu  seul  exemplaire  à  riin|)rinierie  dn  Mimidur 
iinivcrsi'l,  le  mot  lutrc  impi-iuié  eoinnu'  ci-dessous.  iNons  eu 
devons  l'ohli.iroante  comniniiicalion  a  M.  Mani'icc  Droyfous, 
el  nous  les  faisons  snivre  d'une  (ladnclion  tiu  vers"  IVancjais 
qui  essaie  ilCu  dnniiei  au  nniins  le  sens: 

Phidiaca  arte  polens  sculpsil  Marcelin  Medusam 
Formosam  vullu  vipereamqne  comis. 

Angues  hacc  monstrat  quos  perfîda  femina  condit 
Ac  tantum  exterius  sibilal  hydra  ferox. 

Tliéophile  Gautier. 

Marcella.  rival  de  Tliidias,  a  sculpté 

La  Méduse  au  front  ceint  d'un  serpent  irrité  ; 

Une  perfide  femme  au  fond  du  cœur  le  cèle, 

Tandis  qu'aux  yeux  de  tous  l'hydre  au  moins  le  révèle  ! 

M.  Pnvis  de  Chavannes,  (pii  possède  l'autograpiie  de  ces 
vers,  écrits  au  crayon,  assure  qu'il  s'ag-il  de  la  tête  de  .V(7??/se 
sculptée  par  Marcello,  pseudonyme  de  la  duchesse  Colonna, 
et  exposée  au  salon  de  18()."j  sous  le  titie  de  :  Une  Gorgone. 
Les  vers  de  Théophile  Gautier  dateraient  donc  du  moment 
où  il  parla  de  ce  buste  (Voir  n»  2001  ''''). 

198;».  Vaudeville  :  La  Belle  au  Bois-Dormant.  —  (Nou- 
velles). Le  Moniteur  universel,  20  février  1865. 

1980.  Op};fiA  :  Reprise  de  la  Muette  de  Portici.  —  Théa- 


1800.  303 

TRK  Lyhujue  :  La  Flûte  enchantée.  —  Théathe  l'HA.xr.Ais  : 
Représentation  de  retraite  de  Geffroy.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 27  février  18<>:». 

1987.  Théâtre  Français  :  Régnier  dans  le  Bourgeois  Gen- 
tilhomme. —  Italiens  :  Madame  Frezzolini  dans  Lucia.  — 
Théâtre  Déiazet  :  Les  Vieux  Glaçons;  la  Tentation  d" An- 
toine. Le  Moniteur  universel,  6  mais  180o. 

1087i''^  Moscou.  IL  Le  Kremlin  :  Voyage  en  Russie; 
tome  deux.  IL).  Revue  Nationale  et  Étrangère,  10  mars  1865. 

1988.  Opéra-Comique  :  Le  Saphir.  —  Ambigu  :  Les  Deux- 
Diane.  —  (Concerts  populaires).  Le  Moniteur  ïiniversel , 
13  mars  1865. 

1989.  0;^ÉON  :  Madame  Aubert.  —  Théâtre  Dkjazet  : 
Lantara.  —  Préface  du  catalogue  de  la  vente  de  tableaux 
de  M.  Alexandre  D(umas)  fils).  Le  Moniteur  univcr!<el, 
20  mars  186.T.  La  vente  des  tableaux  en  question  eut  lieu  le 
2o  mars  suivant,  et  la  préface  du  catalogue  est  signée  seu- 
lement Th.  G.  Mais  VEntracte  du  27  mars  l'a  reproduite, 
signée  en  toutes  lettres  ;  la  première  phrase  seule  est  diffé- 
rente dans  le  catalogue  ;  la  voici  : 

La  vente  que  nous  annonçons  se  compose  d'œuvres 
d'un  choix  rare  oti  se  reconnaît  le  goût  d'un  esprit 
délicat. 

1990.  Histoire  de  Jules  César.  I.  La  Préface.  Le  Moniteur 
universel  du  soir,  i'â  mars  1865.  (Voir  n"  1994^''  et  2077  3°.) 

1991.  Italiens  :  La  Duchessa  di  San  Giulano.  —  Vaude- 
ville :  Jean  qui  pleure  et  Jean  qui  rit.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 27  mars  1865. 

1992.  Thkatre  Français  :  Adieux  de  Geffroy  dans  le 
Misanthrope.  —  Théâtre  Lyrique  :  Le  Mariage  de  Don 
Lope.  —  Chatelet  :  Les  premières  pages  dune  grande 
histoire.  —  Concert  de  madame  Viard  Louis.  —  Remenyi, 
violoniste  hongrois.  Lr  Moniteur  univer>iel,  3  avril  1865. 


uoi        iiisïoiiU':  DKs  (ti;i  Mii;>  m;  tm.  (.AiTiiiit. 

I'.t".t:t.  TiiKATur  l'nANÇAis  :  L'œillet  blanc.  —  Itaiiicns  : 
Crispino  e  la  Comare.  Lr  Mnu/iiiir  iniinrst  I,  l(i;i\ril  ISdIi. 

l'.i'.ii.  Amuic.u  :  Les  Enfants  de  la  Louve.  —  Remenyi^. 
Le  Miinilrur  iiiiivrvsrl,  I'.)  avril  IS(i.i. 

IO'.iV'''\  Histoire  de  Jules  César.  II .  Le  livre  :  Temps  de 
Rome  antérieurs  à  Jules  César.  Lr  Mnniiriir  uiilrcrscl  iIk 
siiir,  22  iiM-il  l.s(i;i.  (Voir  ii»^  1".»'J0  el  2077^°.) 

IDO;».  Thkatde  Lvriquk  :  Macbeth.  Lr  Monihiir  iniircrscl, 
•JV  avril   ISC.?;. 

lyJO.  Opkha  :  L'Africaine.  /.-  M'iiitntv  nnivermi,  J^''  tuai 
18(5:;. 

l'.tOT.  Salon  de  1865.  (r.  Sculpture  :  MM.  Paul  Dubois: 
F.  C.  Moreau;  G.  J.  Thomas:  Begas:  Cam.bos;  Salmson.  Le 
Monifcur  iinirerscl,  (1  mai  \HiV.'>. 

1998.  Tuéatrk-Fran(;A1s  :  Le  Supplice  d'une  femme.  — 
Vaudevimj;  :  Monsieur  de  Saint-Bertrand.  —  Concours 
régional  de  Versailles).  L'    Mnniieur  universel,  8  mai  180o. 

1999.  Ambigu  :  La  Voleuse  d'enfants.  Le  Moniteur  univer- 
sel, lii  mai  18()."i. 

20(1(1.  Galerie  de  M.  le  duc  de  Morny.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 18  mai  l.SOil. 

2IMM.  Vaudi-viili;  :  reprise  de  Béatrix;  le  Talisman;  le 
Sommeil  de  l'innocence.  —  (^hatklet  :  reprise  de  les 
Aventures  de  Mandrin.  /.-    MnnUiur  universel,  22  mai  l86o. 

2001  ii\  Salon  de  1865.  II.  Sculpture:  MM.  A.  Millet;  Le 
Veel;  Doublemard:  Gumery;  Capellaro;  A.  Jacquemard; 
Etex  ;  Roubaud:  Taluet  ;  Varnier:  Falguière  :  Zoegger; 
Ponsin  :  Andahary  ;  Itasse  :  Augustin  Moreau-Vauthier  ; 
Truphéme:  Chapu  ;  Blanchard:  Ch.  Gauthier.  III.  Sculp- 
ture :  MM.  Crauk;  Daumas;  Cugnot  ;  Durand;  Sussmann- 
Hellborn  :  Picault;  Protheau;  Buhot;  Courtet:  deVercy; 
Lebourg:  Michel-Pascal;  madame  Bertaux;  MM.  Sanzel; 
Cordier;  Carrier-Belleuse  :  Marcello,  /v  Mnnilear  imirersel, 
28  mai  et  .3  juin  1805. 


18  ().■;.  ;JU.') 

2U02.  LiBAND  Théathiî-Parisien  :  Les  Gardes  forestiers.  L<- 
Moniteur  universel,  5-6  juin  186j. 

2003.  Thkatre-Lyrique  :  Le  Roi  Candaule  ;  Lisbeth.  — 
Gaïté  :  Le  Clos  Pommier.  Le  Moniteur  universel,  12  juin 
lS6o. 

2003  i'i\  Salon  de  1865.  IV.  Peinture  :  MM.  Puvis  de  Cha- 
vannes;  Paul  et  Raymond  Balze;  Cabanel;  Baudry;  Gérome. 
V.  MM.  Hébert;  Schreyer;  Matejko;  Smits;  Duveau;  Bin; 
Robert-Fleury ;  A.  L.  Leloir;  Debon;  Corot;  Français: 
Lewis  Brown.  Le  Moniteur  unirerfiel,  13  et  18  juin  18('>;). 

La  notice  sur  madame  Judith  Gautier,  j)ar  Frédéric  Bazin, 
mise  en  tète  des  Étrennes  aux  dames,  année  1883,  rapporte 
i|ue  l'analyse  du  tableau  d'Héberl,  te  Banc  de  pierre,  insérée 
dans  ce  feuilleton,  est  par  la  lîlle  de  Théophile  Gautier,  et 
qu  elle  inspira  au  poète  sa  pièce  de  vers  sui-  le  même  sujet 
(voir  no  2006). 

2004.  Thkatre-Français  :  Anniversaire  de  Corneille  ;  ma- 
demoiselle Ponsinet  Provost  fils  (sociétaires).  —  Gymnase  : 
Les  Victimes  de  l'argent.  —  Vaudeville  :  Les  Petites  comé- 
dies de  l'amour  ;  le  Nid  ;  Vermouth  et  Adélaïde.  Le  Moni- 
teur universel,  19  juin  186o. 

2004 '"^  Salon  de  1865.  VI.  Peinture  :  MM.  Ribot;  Gis- 
bert;  Vollon;  Manet;  Fantin;  "Whistler;  Lambron;  J.-J. 
Lefebvre;    Giacomotti;    Ehrmann;   Lecomte-Dunouy.    Le 

Moniteur  universel,  2i- juin  180."!. 

200o.  Oi'ÉRA-CoMiQUE  :  reprise  des  Mousquetaires  de  la 
Reine.—  Th.  des  Variétés:  La  Troupe  espagnole;  Dans  les 
Cornes  du  Taureau;  Un  Bandit;  Une  Fête  de  Gitanes.  Le 
Moniteur  universel,  26  juin  186 j. 

2006.  Le  Banc  de  pierre,  à  E.  Hébert.  Le  Moniteur  uni- 
versel du  soir,  28  juin  1863.  Ces  vers,  après  avoir  reparu  en 
1866  dans  le  Parnasse  contemporain,  sont  entrés  en  1876 
dans  le  tome  deux  des  Foésies  Complètes  de  Théophile  Gautier, 
sous  le  litre  de  :  A  Ernest  Hébert  sur  son  tableau  :  le  Banc  de 
pierre.  La  pièce  est  précédée,  dans  le  Moniteur  universel,  de 
ce  petit  commentaire  : 

11.  ~^0 


SO(i  lllMdUil',  DKS  ŒlîVUKS  I»K  Tll.  (.Al  TIKIi. 

Nous  iuoiis  la  lioiiiio  rurliiiic  dr  |Miii\(iii-  olIVir  ;i  nos 
leclcms  iiiic  |)i(''ct'  do  vers  de  ^\.  'riiropliilc  CiiiMlicr. 

Maliiir  le  lr;i\;iil  iiiccssaid  du  joiii'iialisinc  rt  de  l;i 
i'rili(|iir.  Tli('(i|dnlt'  Ciaiilicr  ni'ii  rrvsic  pas  moins  lidrlc 
à  la  |>(>r>ir  :  la  science  iiii'il  en  possède  l'a  ivmlii 
inailiv  dans  la  prose  coinine  il  l'est  dans  les  vers, 

(".eux  (|ni  on!  xisilùle  Salon  de  IHUÎ)  on!  ceilaine- 
incnt  roniarciui',  à  cOlé  de  la  lèle  de  l'enHuc  signéf 
d'E.  Hébert,  et  (ju'il  a  nonuiiéc  la  Perle  noire,  un  |)i'lit 
lalileau  niysléiicux  el  inlinie,  le  Banc  de  pierre. 

(".liaiies  Gounod,  lauleur  i\Q Faust  cldc Mirei/le,  pas- 
sant devant  ce  dernier  tableau,  en  saisit  tout  aussitôt  le 
senliiuent  tendrement  poétique,  et  l'idée  lui  vint  de  le 
nietlre  en  nuisi(|ue.  Mais  comment  expliquer  le  rapport 
entre  l'œuvre  du  peintir  et  l'ceuvre  du  compositeur  à 
ceux  (pii  n'avaient  pas  vu  le  tableau?  Dans  cet  embar- 
ras, les  deux  muses  appelèrent  à  leur  secoui's  une  de 
leurs  sœurs,  la  Poésie,  pour  (lu'elle  leur  servit  d'inter- 
médiaire, el  voici  comme  elle  s'en  est  acquittée. 

Nous  ferons  remarquer  à  ce  propos  que  les  paiiile>  de  la 
mélodie  de  Ch.  Gounod,  inlilulée  le  Banc  de  pierre,  ne 
sont  point  de  Théophile  Gautier,  mais  bien  de  M4  Paul  de 
Clioudens.  l/analvs(;  en  j)rose  du  tableau  d'Hébert  se  trouve 
dans  l'ailiili^  de  Théophile  Gautier  sur  le  Solun  publié  le 
d8  juin  (Voii-  n°  200:5^'*).  Ces  vers  ont  été  mis  eu  musique 
liai'  MM.  II.  Mai'échal,  G.  Deneuboui'ir,  A.-E.  Vaucorbeil, 
<'.1j.  Lclebvrc ,  A.  Lalille,  II.  (iodard  el  15.  Godaid ,  cette 
dernière  mélodie  sous  le  Lilie  de  :  /c  B<ttir. 

2007.  Théatue-Français  :  La  Pomme.  —  I'outk-Sai.\i- 
Martin  :  centième  représentation  de  la  Biche  au  bois.  — 
CntQUE  DE  l'Impéhatricf.  :  Rigolo.  —  Le  Théâtre  à  Bade.  Le 

Moniieur  universel,  '.i  juillet  ISli.'i.  \jn  fraiiinenl  de  cet  article, 
sur  la  Pomme,  a  été  réimprimé  dans   r Artiste  du  lo  juillet 

soi\a]d. 


18(Jo.  ;J07 

20(»7'"^  Salon  de  1865.  VII.  Peinture  :  MM.  Gustave  Mo- 
reau;  Delaunay:  Amaury-Duval  :  Henner:  Bouguereau: 
Bonnat;  Lenepveu:  Chifflard  :  Faure  ;  Ranvier;  Riesener; 
Hugues  Merle  ;  Brisset.  Li-  M'Oiitrur  ttnircrscl^  0  juillut  isn.i. 

21)08.  TiiiiATRE-l'R.\M;.\is  :  débuts  de  mademoiselle  Ra- 
molli dans  Le  Verre  d'eau.  —  Val  dkvii.i.r  :  Les  Yeux  du 
cœur;  la  Jeunesse  de  Piron:  la  Grève  des  portiers.  — 
Gymnase  :  La  Voisine  :  le  Supplice  de  Paniquet.  —  Le  Mv- 

nileur  unircisfi,  lOjuiilel  I.Silii. 

20(18'"-.  Salon  de  1865.  VIII.  Peinture  :  MM.  J.  Breton: 
Laugée  :  Sellier;  Aubert;  Mazerolles  ;  G.  Doré:  Antigna  : 
Madarasz:  Michaud:  Saint-Pierre;  Glaize:  E.  Lévy  ;  Vi- 
bert:  Jobbé  Duval:  Bellet  du  Poizat;  Poggi:  Perrault.  Le 

Moniteur  universel,    lO  juillet  ISOii. 

200'.i.  Opéra-Comique  :  reprise  de  Marie.  —  C.aitk  :  re- 
prise du  Paradis  perdu.  Le  Monileiir  universel,  17  juilIeL 
186.;. 

2000 1-'^  Salon  de  1865.  IX.  Peinture  :  MM.  Meissonier 
(Ernest  ;  Meissonier  (Jean -Charles  ;  Aima  Tadema  ; 
Feyen-Perrin  :  Vetter  ;  G.  Boulanger;  E.  Fromentin:  Hu- 
guet  :  Valérie  :  Brandon  ;  madame  Henriette  Browne  ; 
MM.  Bonnegrâce;  Amand  Gautier;  Heilbuth  ;  Tissot; 
Brion  ;  Dieffenbach.  Lr  Mnniteur  universel,  22  juillel  \Hf)'.'>. 

2010.  Opéka  :  débuts  de  madame  Lichtmay  dans  les 
Huguenots.  —  Tli.  des  Variétés  :  Les  Contributions  indi- 
rectes; Une  Femme  dégelée.  Le  Moniteur  universel,  24- juil- 
let i8;i;;. 

20l0''i'.  Salon  de  1865.  X  et  dernier.  Peinture  :  MM.  Pen- 
guilly-L'Haridon:  Lepoittevin;  Lambert;  Chaplin;  Protais; 
Van-Lérius:  Adolphe  et  Armand  Leleux;  Patrois:  Luminais: 
Toulmouche;  Vannutelli;  Hector  Leroux;  Rodakousky:  Ka- 
plinski  ;  Romain  Cazes  ;  Daubigny:  Blin  ;  C.  de  Cock; 
Herst:  Cabat;  Harpignies;  Anastasi  ;  Saint-François;  Be- 
nouville  ;  Lanoue  ;  Hanoteau;  Lansyer;  Héreau;  0.  Achen- 
bach;  Valen^ano;  S.  A.  I.  madame  la  princesse  Mathilde; 
MM.  Brandon;   G    Nanteuil  ;  madame  N.  de  Rothschild; 


•îiis        iii>T(tii;i-:  l)K^  (Ha  viu>  dk  iii.  «.ai  Tii;ii. 

M.  Tourny  ;  madaïue  de  Tourmont;  MM.  E.  Giraud  ;  Gal- 
brund;  Ciaudius  Popelin.  L  M"nil(iir  imirirscl,  -*,i  juillcl 
1805.  L'uni'  des  (L'iivres  oxposéfs  jiai'  l;i  iiiiiiccssc  Miilliildc 
tlonl  il  osl  parlé  tians  ce  ioiiillelon,  a  inspiré  à  Tbéiipliilr 
(ianliei'  inie  pièco  de  vers  doiil  nous  nous  occiipcrdiis  plus 
laril  :  (fujnt's  Vdiuitilclli.  (Voir  m"  :22.i2.) 

A  partir  de  celle  dalc,  Théopliilc  Gautier  pril  un  ooii^é, 
conune  ('rititjiie  lliéàlral  du  MoiiKciir  toiicerscl,  jus(iu"au 
:J0  novonibre  suivant.  Il  en  profita  poin'  aller  éci'ire  riiez 
madame  Cariotia  (irisi,  à  Saiiil-.lean,  près  de  (lenève,  son 
ouvrage  intitulé  :  Spiiiti  .  L'inlirim  de  son  l'euilleton  lui 
lait  par  .M    Théophile  (îauliei  lils, 

2011.  (A  Marguerite;  à  madame  Marguerite  Dardenne  de 
la  Grangerie.  sonnet  I)  L;  Journal  des  Puslcs,  l"'^  aoùl  18(;;>. 
(îe  sonnet,  publié  d'abord  sans  litre,  a  l'eparu  dans  la  Vclilc 
Revue  du  ."I  août  1805,  sous  le  litre  de  :  S(i)tuet  à  madame 
Margucrile  1).  de  la  G.  En  1866,  il  est  entré  dans  le  Parnasse 
contempoiain  sous  le  litre  de  :  la  Manjuerlte,  et  en  1870, 
enfin,  dans  le  tome  deux  des  J'or.s/cs  Complètes  de  Tliéo|)liile 
(iaulier,  sous  le  lilre  (pie  nouslui  avons  donné  en  lêle  de  eel 
article.  Il  esl  accoinpaffné  dans  le  Journal  des  Postes  d'un 
piquant  commentaire  que  nous  allons  citer  : 

Comme  Dumas,  comme  Méij,  cummc  bien  d'aulfes, 
Théophile  Gautier  ne  sent  pas  sa  gi'andeur  l'allaciier 
au  rivage.  II  court  la  Suisse  depuis  dimanche.  Je  vous 
resserve  de  lui  une  perle  littéraire  tout  à  fait  inédite  et 
même  encore  ignorée  des  habitués  des  primeurs  :  sous 
vos  yeux  elle  commencera  le  tour  du  monde. 

Une  spirituelle  fantaisie  en  est  le  préambule.  Théo- 
phile Gautier  dinait  chez  un  de  ses  amis  oi!i  se  trouvai! 
réunie  une  nombreuse  et  arislocraliijue  société.  Les 
ouvrages  du  raaitre  fournissaient  le  menu  du  dîner, 
aussi  a\ait-oii  distribué  aux  convives  des  cartes  dont 
voici  le  modèle  : 


180:;.  ;jof) 

COMÉDIE  DE  LA  MORT  D'UN  DINEI5. 

Julienne  ù' Emaux  et  Camérs. 

Hors  d'œuvres. 

Chinois  teints ^ 

Saucisson  MUitona. 

Olives  farcies  à  la  Sacounlaln. 

Gigot  fairi  des  Trésors  de  l'art  de  la  fli/ssic. 

Escalopes  (le  veau  Grotesques. 

Timbale  à  Vltalia. 

Chapon  de  la  Juive  de  Conslauthie. 

Choux-Heurs  sauce  Gemma. 

Petits  pois  Roués  Innocents. 

Salade  de  la  Péri. 

Primeurs. 

Radis  du  Banc  de  pierre. 
Beurre  frais  du  Tricorne  enchanté. 
Fromage  de  Constantinople. 
Crème,  vanille  et  Poésies. 

Vins. 

Claret  de  la  Momie. 
Fleur  y  Zigs-Zags. 
Champagne  Maupin. 
Madère  Tra  los  Montes. 
Lacryma-Christi  et  du  Diable. 
Eau  de  Seltz  des  Jeunes  Frani'c. 
Eau  frappée  à  la  Fortunio. 


1.   Tin  est  le  nom  d'un  mandarin  lettré  charge  de  la   rédaction  du  dic- 
tionnaire franco-chinois,  et  recueilli  à  Paris  par  Théophile  Gautier. 

(IVoffi  du  journal.) 


;Uii  Ill^Ttillti;   |»F.S  CH-U'Vm'.S   l)K  m     (.AITIKH. 

INiiir  criix  (|iii  ii"i,mion'iil  pas  la  sriic  dc^  clifls- 
(I  u'iiMc  iii'i  sdiil  prises  CCS  (léiioininalioiis,  le  sens  en 
sera  clair  el  ils  en  saisiront  l'esprit. 

Tliéopliile  ("lauliei-  a  renihi  en  poêle  celle  ui-acienso 
alleiiiioii:  ajournani  son  n'iiiercinnenl  an  Jonr  de  la 
[(■'le  (Il  la  niailressr  de  la  maison,  il  i'(''innssail  derniè- 
ci'inrnl  la  iiiimiic  sociéh' dans  son  ainialile  l'elraite  de  l.i 
nii' de  Lon,u'cliaiiiiis.  Voici  les  xei'sdonl  il  a  composé 
son  prrcieiiN  lioiiipid  : 


Ce  ra\issanl  sonnid.  est  écrit  au  lias  d'uTie  inia.ue,  el 
c'est  dans  nn  cosliimc  de  liai  emprunté  à  la  souveraine 
(lu  Céloslc-Kmpire  que  la  jeune  femmetpiien  est  rohjet 
a  inspiré  le  poète. 

Ce  sonnet  a  ('{.(•  mis  en  miisit|iie  pac  M.  11.  de  la  llaulie, 
sons  le  titre  de  :  la  Soinle-Marr/urnlr,  sonnri. 

2012.  La  Fête  des  vignerons  à  Vevey.  Le  Mo}u(eiir  univer- 
sel, i"  août  18().").  Le  Mmi/d'iir  iiuiirriiel  du  soir  des  2  et  n 
août  t80;>  a  réimprimé  cet  article  en  l'accompagnant  d'ioi 
commentaire  «pu  (explique  l'oiigine  de  cette  fête.  Ce  mor- 
ceau a  reparu,  avec  sa  suite  (voir  n"  2014),  en  1881  dans  te 
volume  de  Tliéophile  (iautior,  inlilulé  :  les  Vneanees  dn 
Lundi,  inhJnnix  de  montar/ncs. 

20i;j.  A  l'Impératrice.  Le  Maniteur  imiverfiel,  t.'i  août  186!). 
Ces  vers  ont  reparu  en  1873  dans  le  volume  intitulé  :  Poésies 
de  Tlii'nphitf  Gmilier  qui  ne  fuiurerimt  pa?.  dans  ses  œurim,  el, 
en  1S76,  dans  le  tome  deux  de  ses  Voésics  ComplHei^.  Celle 
dernière  réimpression  est  augmentée  des  strophes  vingt- 
deux  et  vingt-trois  qui  n'avaient  point  paru  dans  le  Monileur 
universel  et  qui  ont  été  retrouvées  par  M.  .Jules  Claretie, 
rayées  sur  l'autographe,  dans  les  )>apiers  des  Tuileries;  il 
les  a  publiées  en  1871  dans  son  volume  inlilulé  :  l'Empire, 
les  Bo7inpnrte  il  lu  Cmir.  île. 


i8o:;.  ju 

2014.  (La  Fête  des  vignerons  à  Vevey(fin).).— Vaudeville  : 
Les  Deux  sœurs.  Le  Moniteur  univenel,  21  août  I860.  Réim- 
primé intégralement,  ainsi  que  nons  l'avons  dif  plus  liant. 
(Voir  n"  2012.) 

201,;.  Les  Salles  de  l'Alhambra,  par  M.  Tomaso  Père?,. 

Le  Moniteur  universel,  10  septembre  18(;;;. 

2016.  Spirite,  nouvelle  iantastique.  Le  Moniteur  riniverscl , 
17.  18,  19,  21,  22,  23,  24,  2:î,  26,  28,  29,  30  novembre, 
!'='■,  2,  3,  o  et  6  décembre  186;».  Cette  nouvelle,  longtemps 
annoncée  sous  le  titre  de  Sj)irit,  parut  pour  la  première  fois 
eu  volume  en  1866,  et  cet  ouvrage  a  souvent  été  réimprimé 
depuis.  Disons  ici,  pour  le  désespoir  des  bibliophiles,  (pfil 
existe  un  seul  et  uni((uc  exemplaire  de  la  première  édition 
de  S^urite,  tiré  pour  madame  Carlolta  Grisi,  qui  contient 
une  dédicace  imprimée  dont  on  ne  possède  aucune  copie. 
Pour  comble  de  malheur,  ce  volume,  relié  en  veau  bleu,  a 
été  perdu  ou  volé,  soit  à  Genève^  soit  en  Espagne  pendant 
un  séjour  qu'y  fit  la  créatrice  de  Ciiselle  et  de  la  Féri  en  1870- 
1871.  Cette  édition  de  Spirite  a,  été  imprimée  chez  Claye,  et 
voici  la  lettre  inédite  qu'il  écrivit  à  Théophile  Gautier  au 
sujet  de  cet  e.vemplaire  unique  : 

7  février  1866. 

Mon  cher  Maître, 
Je  tiens  à  votre  disposition  l'exemplaire  unique  (par 
sa  dédicace)  du  Spirite. 

La  crainte  qu'en  vous  l'adressant  sur  un  point  ou  sur 
un  autre,  il  ne  se  détourne  de  sa  voie,  et  n'arrive  pas 
à  son  but.  fait  que  je  le  détiens  jusqu'à  votre  première 
visite. 

Bien  à  vous, 
J.  Claye. 

C'est  à  propos  de  Spirite  aussi  que  Théophile  Gautier  reçut 
d'une  dame  médium  qui  ne  se  fit  pas  connaître  les  vers  sui- 
vants, attribués  par  elle  à  Alfred  de  Musset.  Ces  vers,  datés 


.'U?  mSTOIRF.  DES  OEIVRES  HF,  TH.  CATTIER. 

(lu  2  (it'i'onihro  lS(i:i,  tV:ipi»i'iriil  l';iulciii  (W  {''irliniin  :  il  en 
lit  i^liisit'uis  copios.  t-l  rime  d'cllos  roiniso  à  Paul  do  .Miisscl, 
lit  parlii\  (sous  li»  miiin  ro  liV  ilii  calalo^'-uc),  <ir  la  vcMiUf 
(l'autninaplirs  (IWIfu'd  cl  de  P;nil  (!'•  Miis^.'i  du  (1  avril  l8S:î. 
Vdiri  res  sliojdn's  : 

Mo  voilà  ri'vcim.  Ponriant  j'avais,  inadainc, 
.TuiT  sur  mes  grands  dieux  de  no  jamais  rinior; 
C'est  un  triste  métier  que  de  faire  impriinei- 
Les  (Ouvres  d'un  auteur  rt'-duit  à  ['(''lai  d'ànu'. 

J'avais  fui  loin  de  vous  !  Mais  un  esprit  charmant 
Itisquo  on  parlant  do  nous  d'c\citer  le  sourire, 
.le  pense  qu'il  on  sait  plus  long  qu'il  n'en  veut  dire. 
Kt  (pi'il  a,  (piohpie  part,  trouvé  .son  revenant'. 

Un  revenant  !  A''raimcnl  l'aventure  est  étrange  ! 
Moi-même  j'en  ai  ri  quand  j'étais  ici-bas, 
Mais  lorsque  j'affirmais  que  je  n'y  croyais  pas, 
J'aurais,  comme  un  sauveur,  accueilli  mon  bon  ange. 

Que  je  l'aurais  aimé,  lorsque  le  front  jauni. 

Sur  le  coude  appuyé,  la  nuit,  à  la  fenêtre, 

Mon  esprit,  en  pleurant,  cherchait  le  grand  peut-("'tro 

Et  parcourait  au  loin  les  champs  de  l'infini  1 

Amis,  qu'attendez-YOUs  d'un  si(''cle  sans  croyance? 
Quand  vous  aurez  pressé  votre  fruit  le  plus  beau. 
L'homme  trébuchera  toujours  sur  un  tombeau 
Si,  pour  le  soutenir,  il  n'a  plus  l'espérance. 

Mais  ces  vers,  dira-t-on,  ils  ne  sont  pas  de  lui  !.., 
Que  m'importe,  apn'-s  tout,  le  blâme  du  vulgaire? 
Lorsque  j'étais  vivant,  il  ne  m'occupait  guère, 
A  plus  forte  raison  en  rirai-je  aujourd'hui!... 

1 .  Allusion  k  .'^fiifil''. 


iso;;.  313 

2017.  Opéra  :  Débuts  de  mademoiselle  Mauduit  dans 
Robert-le-Diable.  —  Gymnase  :  Le  Passé  de  M.  Jouanne.  Le 
Moniteur  universel,  20  novemlire  186.). 

2018.  Italiens  :  Il  Basilico  ;  Linda;  Poliuto.—  Odkon  : 
La  Tante  Honorine,  h'  M<milrur  universel,  27  novembre 
ist;:;. 

20111.  Italiens:  Poliuto.  —  Kantaisies-Pakisiennes  :  La 
Fantaisie  ;  la  Dernière  nuit;  la  Pantomime  de  l'avocat;  Il 
Campanello.  Le  Moniteur  universel,  4  décembre  18(3ii. 

2020.  Prologue  d'Henriette  Maréchal.  Le  Moniteur  uni- 
versel du  soir,  7  décembre  186i>.  Ce  prologue  en  vei's,  qui 
iiccompagna  lotîtes  les  éditions  de  la  pièce  de  MM.  de  Gon- 
couil,  lit  partie  en  186()  de  la  seconde  édition  des  Poésies 
Nouvelles  de  Théopbile  Gautier,  d'où  il  est  sorti  en  1872  pour 
entrer  dans  sonThéâtre,  qu'il  n'a  plus  quitté  depuis.  L'auto- 
jïraphe  de  ce  prologue  déposé  aux  archives  de  la  Comédie- 
Française  contient  quelques  variantes.  Il  est  précédé  de  cette 
phrase  expliquant  la  situation  au  lever  du  rideau  :  «  Uue 
femme  costumée  se  débarrasse  des  étreintes  d'un  masque 
qui  la  lutine,  et  fait  qui^lques  pas  vers  l'avant-scène.  »  Les 
deux  derniers  vers  sont  écrits  ainsi  : 

Quand  on  a  feuilleté  l'album  de  Gavarni 
L'action  apparaît,  terrible.... 

TIN   MASQUE   la  prend  par  la  taille  et  Pemmène  au  fond  du  théâtre, 

en  disant  : 

As-tu  tini? 

Le  début  de  ce  piologue  a  été  reproduit  aussi,  en  fac- 
similé,  dans  l'Art  du  15  mars  1885. 

2021.  Théâtre-Français  :  Henriette  Maréchal.  Le  Moni- 
teur universel,  11  décembre  iM',). 

2022.  OpÉnA-CoMiouE  :  Le  Voyage  en  Chine. —  Chatelet  : 
La  Lanterne  magique.  —  Concerts  populaires.—  (Livres:) 
Le  Bois  de  Vincennes.  Le  Moniteur  universel,  18  décembre 
186:;. 


.111  IIISTOinK  \WS  OjaVRES  HE  TM.  nAUTIRR. 

•J(V2:i.  La  Sainte  Bible,  avec  les  dessins  de  Gustave  Doré. 
I  cl  II.  /,'■  Mniiiiriir  iiiiirrrsi'l,  -JO  l'I  '22  (Irci'inliic  ISC.:;. 

■J(V2î.  rni:.KTiu:-rn\M  Aïs  :  Anniversaire  de  Racine  :  Mi- 
thridato  ;  Hommage  à  Racine:  les  Plaideurs.  —  Tiikathi.- 
I.Mtiui'i'  :  reprise  de  Martha.  —  ()i'i:ha-(',o.vik>ue  :  reprise  de 
l'Ambassadrice.  L'   Mniiiiciir  iniirrrscl,  2.'i  diM-ciiilni'  isn:i. 


PORTRAIT    DE    THEOPHILE    GAUTIER 

EN     1865    OU     1866. 

D'après  une  photographiu    du    M.   Thiercj'  (de   Lyon) 


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',!::: 


1866 


202o.  (Nécrologie  :)  Provost.  —  Opéra  :  Le  Roi  d'Yvetot. 
—  Théâtre-Lyrique  :  La  Fiancée  d'Abydos.  —  (Nouvelles). 

Le  Mimitcur  itnivrvsel,  l"""  janvier  1860.  l]n  fraiimeiit,  de  rot 
article,  ii)liUilé  Provost,  a  reparu  en  1874  dans  les  Poiiraih 
Contemporains,  par  Théophile  Gautier. 

2026.  Odéon  :  reprise  de  la  Vie  de  Bohême.  —  (lAiTÉ  : 
Le  Hussard  de  Bercheny.  Le  Moniteur  vnirersel,  8  janvier 
1866. 

2026'''^  La  Sainte- Bible,   avec  les  dessins  de  Gustave 

Doré.  III  (fin).  Le  Moniteur  universel,  0  janvier  18(i6. 

2027.  Italirns  :  Léonora.  —  Concerts  populaires  de  mu- 
sique classique.  —  Le  Tour  du  monde,  collection  d'aqua- 
relles, par  M.  Hildebrandt.  Le  Moniteur  universel,  Li  janvier 
1866. 

2028.  Théâtre-Français  :  Le  Lion  Amoureux.  Le  Monitmr 
universel,  22  janvier  1866. 

2020.  Opéra  :  reprise  de  Le  Dieu  et  la  Bayadére.  —  Ita- 
liens :  rentrée  d'Adelina  Patti.  —  Gymnase  ;  Héloïse  Paran- 
quet.  —  Cirque  Napoléon  :  Le  dompteur  Batty.  Le  Moniteur 
universel,  29  janvier  1866. 

2029'*'-".  Troïtza  (Voyage  en  Russie.  Tome  deux.  III). 
Revue  Nationale  et  Étrangère,  l^^  février  1866. 

2030.  Théâtre-Français  :  Le  Bourgeois  Gentilhomme.  — 
Statues  delà  Tragédie  et  de  la  Comédie,  par  MM.  F.  Duret 
et  Thomas.  Le  Moniteur  universel,  ;i  février  1866. 


nc>  HISTOIRE  DE>  DRIVRF.S  DF.  TH.  r.AlTIF.n. 

'2<i,1|.  OpKRA-r.^Miot  K  :  Fior  d  Aliza.  —  Italif.xs  :  La  Patti 
dans  II  Barbiere  .  —  Thkatre  Dkjazet  :  Les  Trous  à  la 
lune\  Lr  Moniteur  universri,  a  février  ISfi»'». 

203.2.  Disette  dramatique.  —  Musée  Talrich.  —  Concerts 
populaires.  —  Vente  des  tableaux  de  M.  Court.  L>'  Moni- 
hui  unit'K- 1.  l'.t  livrui  l-stii.,  lu  tiairiiifiil  »!♦'  ce  travail  a 
été  rt^mprimé,  sous  le  liliv  do  :  Ira  Fiijuirx  de  cire,  dans  /<• 
Moniteur  universel  du  soir,  du  21  février  18fi«3. 

2033.  fiAiTK  :  Le  Coup  de  Jarnac  —  It.vliens  :  Gli  Ele- 
menti.  —  Fam.ais  es-Parisie\ne>  ;  reprise  de  Avant  la  Noce  : 
l'Amour  est  un  enfant.  Le  Monitrur  umiersel,  20  fi\riti-  iM.i.. 

2i' :t:{  ''\  Troïtza.  II  .  L  Art  byzantin.  Voyage  en  Russie  : 
tome  deux.  IV.  L  Art  byzantin  .  li'  i  lo-  yiitinn<il>  ,t  Eti-m- 
iji'i'\  l"  mars  I8fi«. 

2034.  A  L.  Sextius.  Le  Parnasse  contemporain,  premier»' 
livTaison,  3  mars  1866.  Ces  vers  ont  reparu  en  1876  dans  lo 
tome  deux  des  Poésies  Complètes  de  Théophile  Gautier,  sous  le 
titre  de  :  A  L.  Sextius  :  ode  IV.  traduite  d'Horace . 

l'ne  lettre  de  Théophile  Gautier  à  Jules  Janin,  dont  nous 
reparlerons,  apprend  que  ces  vers  ont  été  écrits  en  février 
1861.  Celte  lettre  a  été  pubHée  seulement  en  1884. 

203j.  Peintures  de  M.  Robert-Fleury  au  Nouveau  Tri- 
bunal de  commerce.  —  Opéra  :  débuts  de  mademoiselle 
Mauduit  dans  la  Juive.  —  Italiens  :  Don  Giovanni.  —  Con- 
cert de  1  Œuvre  des  Faubourgs.  L-  Moniteur  universel. 
5  mars  1866.  Le  début  de  cet  article  a  été  réimprimé,  sous 
le  même  litre,  dans  l'Artiste  du  15  décembre  1866. 

2036.  Porte-Saint-Martix  :  Les  Chanteurs  ambulants. 
—  (^NouTelles  .  L  Moniteur  universel,  12  murs  i8t}0. 

2037.  Odeox  :  La  Contagion,  le  Monitettr  univeisel , 
i<)  mars  1866. 

20:i<^.  Italien?  :  La  Fidanzata  Valacca.  —  Chatelft  : 
reprise  de  Fanian-la-Tulipe.  —  Théâtre  Dejazet  :  reprise 
de  Monsieur  Garât.  —  Concerts  .  Le  Moniteur  tmiverjicl, 
26  mars  1866. 


18G0.  un 

2030.  Mademoiselle  Dafné  de  Montbriand  ;  eau-forte 
dans  la  manière  de  Piranèse.  Revue  du  XIX«  siècle,  N°  1, 
l'--  .ivril  186b. 

Celle  nouvelle,  la  dernière  que  Tbéopliile  Gautier  ail 
écrite,  porte  comme  titre  sur  le  manuscrit  autographe  : 
Mademoiselle  Dafné  de  Boisfkury,  eau-forte  à  la  Piranèse, 
sons-titre  qui  fui  changé  sur  l'épreuve  en  celui  de  :  Eau- 
forte  dans  la  nmnièrc  de  Viranèse.  Le  nom  qu'elle  porte  dans 
la  Rctue  a  dû  lui  être  donné  par  M.  Arsène  Houssaye,  son 
directeur.  11  en  a  été  fait,  en  1807,  sous  le  titre  de  Made- 
moiselle Dafné  de  Montbriand,  une  édition  de  contrefaçon 
chez  G.  Paetz  à  Naumbourg  (Allemagne);  elle  forme  un  petil 
volume  in-24  de  cent  quarante  pages  ;  l'œuvre  de  Théophile 
(iautier  n'en  a  que  cinquanle-six  ;  le  volume  est  terminé  par 
un  récit  de  Champtleury. 

Les  2,  3,  4,  ÎJ,  6,  7,  8  et  9  avril  1872,  celle  nouvelle 
reparut  dans  la  Gazette  de  Paris,  journal  dirigé  aussi  par 
M.  Arsène  Houssaye,  sous  le  litre  de  :  le  Prince  Lothario ; 
elle  y  est  allongée  et  modifiée. 

Voici  la  lettre  d'envoi  du  manuscrit  au  directeur  de  la 
Revue  du  XIX'  Siècle  : 

Genève,  7  mars  1860. 

Mon  cher  Arsène, 

Voici  la  nouvelle  promise.  J'ai  travaillé  jour  et  nuit 
pour  arriver  à  temps.  Je  souhaite  qu'elle  te  convienne. 
Fais  composer  bien  vite  et  envoie-moi  l'épreuve  à  cette 
adresse  :  monsieur  Théophile  Gautier,  chez  madame 
Carlotta  Grisi,  villa  Grisi,  par  Saint-Jean,  Genève, 
Suisse.  Je  te  la  renverrai  immédiatement. 

A  toi  de  cœur;  ton  plus  jeune  et  ton  plus  vieil  ami. 

Théophile  Gautier. 

Eu  1881  enfin,  cette  nouvelle  a  paru  chez  Charpentier  en 
im  petit  volume  in-32,  illustré  de  deux  vignettes,  sous  le 
litre  de  :  Mademoiselle  Dafné.  Elle  est  suivie  de  :  la  Toison 


J18  IIISTIMHK  I»KS  (HaMîKS  DK  TH.  (.Al  Tll.l!. 

d'or,  Arn'd  Mdiccllit  et  If  l'rlil  C/iirii  dr  In  uutniiiisf.  I.c 
feiiilloloii  (1rs  livics  (r(''lrciiiios  dr  la  l(ilili<ii/r(iiiliii'  ilc  In 
Viiiwi'  (lu  :2ti  iidvcmlirc  ISSI  coiiroiul  hiiis  ces  lilrcs  en  les 
aimoiic'aiil,  cl  iiuli(|H('  (•(iiiiiiic  suite  de  MiKlciitnisrlh'  Diif'nc  : 
h'  Pclit  Adiiiii,  la  Muniuisc  l'i  lu  Tuisun  d'or.  Deux  de  ces 
lidis  litres  sont  inexacts  cl  ii'unt  jamais  existé. 

Il  iKHis  faut  (lire  ici  (|W  plusieurs  (cuvres  d'iiuavinalidn 
de  Tliédidiile  (iautier,  (|ui  devaient  suect'der  à  eclle  nou- 
velle el-foniicr  enscinlih'  un  \nlunK',  n'ont  jamais  paru, 
l/uiii'  :  le  Sccrcl  de  Geonjellr,  ou  Tldriil  de (jcor(jctte,riiv  nWi- 
iiMU\elle  l'ut  promise  sous  ces  deux  litres,  est  annoncée 
d  abord  sous  le  premier  dans/c  Mouilintr  iiiiirrrscl  lUi  [{)  .ivril 
1800,  et,  sous  le  seciuul,  dans  le  nn''nie  joiuiial,  luiméro  du 
l>  octobre  1867;  pourlaiil  elle  ih'  paiiii  jamais,  l'no  autre  : 
Di'noueincnl  lur<\  ibuil  il  avail  trouvé  le  sujet  à  t^onstanti- 
nople  en  18o2,  i'ut  destinée  d'aliord  à  l' Artiste  et  annoncée 
sui"  la  couverture  du  numéro  du  :>  avril  1857  ;  elle  passa 
ensuite  à  la  Revue  du  A7A'*  sièele,  dont  le  numéro  de  sep- 
leudire  18()(î  Tannonf^a  à  son  tour;  le  ninn(''i-o  (roctol)r(^  de 
la  même  année  la  promet  même  jiour  le  jnois  suivant.  Plus 
lard,  après  la  disparition  île  celte  i»evue,  l'œuvre  fut  réser- 
vée à /rt  GAi^^f/e  de  P«;/n  (pi  i  l'annonça  sous  le  litre  de:  le 
Di'noiieinenl  turr,  depuis  son  num(''ro  du  21  mai  jiisiiu'à  celui 
du  18  juillet  1872,  sans  la  publier  jamais,  lùilin,  un  grand 
roman  d'aventures ,  le  Vieux  de  la  MonUigne,  promis  vers 
1865  a\\  Moniteur  universel  du  soir,  d  annoncé  dès  1845,  ne 
parut  jamais  non  plus. 

Lors  de  notre  entrevue  avec  le  yrand  écrivain,  en  juin 
1871,  il  nous  dit  que  de  ces  ouvrages,  tous  trois  prêts  dans 
son  cerveau,  pas  une  ligne  n'était  écrite.  1!  est  mort  sans 
avoir  donné  à  ces  (ciivres  la  foi'uie  et  la  vie. 

2040.  Opéra  :  reprise  de  Don  Juan.  Le  Moniteur  uni- 
verset,  4  avril  1866. 

2041.  GAixii  :  Bas-de-Cuir.  —  (Nouvelles).  Le  Moniteur 
universel,  0  avril  1866. 

2042.  Beaux-Arts  :  Galerie  de  M.  Boittelle.  Le  Moniteur 
universel f  20  avril  1860;  Ce  morceau  a  servi  d'introduction 


IJ^OCt.  31!) 

au  catalogue  de  la  CullccUondi:  M.  Boitlelle,  sénateur,  vendue 
les  24  et  2o  avril  18G6.  Il  a  été  réiuipriuié  aussi  dans  bt  Chro- 
nique des  arts  et  de  la  curiosité  du  22  avi'il  1806. 

2043.  (Disette  théâtrale.  —  Bleak-House,  par  Charles 
Dickens).  Le  Moniteur  universel,  2.)  avril  18(36. 

2044.  Italiexs  :  débuts  de  mademoiselle  Mêla.  —  Ouéon  : 
nouveau  dénouement  de  la  Contagion  ;  retraite  de  made- 
moiselle Thuillier.   —  Ambigu  :   Le   Mangeur  de  fer.   Le 

Moniteur  universel,  30  avril  1860. 

204:;.  Italiens  :  Il  Casino  di  Campagna.  —  Salle  Éuaru  : 
Tobie.  —  (Livres  :)  Idées  et  Sensations,  par  Edmond  et 
Jules  de  Concourt.  Le  Moniteur  universel,  7  mai  1860. 

2046.  Opéra  :  reprise  de  Giselle.  —  Théâtre  Lviuole  : 
Don  Juan.  —  Gymnase  :  Le  Tourbillon.  —  Concerts.  Le 

Moniteur  universel,  14  mai  1800. 

2047.  Salon  de  1866.  I.  MM.  Emile  Lévy  ;  Gustave 
Moreau  ;  Gérôme.  Le  Moniteur  universel,  l'.\  mai  1800. 

2048.  Barye.  L'Illustration,  19  mai  1806.  Cet  article  a 
reparu  iiicom[)ict  eu  1868  dans  les  Sommités  eontempor aines, 
j)ubiication  entreprise  par  l'illustrution  et  qui  n"a  pas  été 
achevée,  et,  en  1874,  incomplètement  réimprimé  encore,  à 
la  suite  de  VHistoire  du  Romantisme  par  Théophile  (iauticr. 

2049.  Théâtre-Français  :  Mérope.  —  Concert  de  Vivier. 
—  Exposition  rétrospective  (au  Palais  de  l'Industrie).  Le 

Moniteur  universel,  22  mai  1800. 

20.)0.  Salle  Ventadour  :  Ernesto  Rossi  dans  Amleto.  — 
Théâtre  Lyrkjce  :  Les  joyeuses  commères  de  Windsor.  — 
(Nouvelles).  Le  Moniteur  iiniversel,  28  nuii  1806. 

20ol.  La  Nue.  lievue  du  XIX'^  Siècle,  l*""  juin  1806.  Ces  vers 
ont  fait  partie  la  même  année,  de  la  cinquième  édition  des 
Émaux  et  Camées  (seconde  édition  des  Poésies  Nouvelles)  ;  ils 
ne  les  ont  plus  quittés  depuis.  Dans  la  Revue  ils  sont  datés 
ainsi  :  «  Nuii  du  jeudi  13  mai  1866,  en  waggon,  entre  Genève 
et  Paris.  ».  Dans  le  volume,  cette  dale  est  corrigée  ainsi  : 


•juo        iii>T(Mi;i;  i)i;s  (»i;i  mîi;s  di,  th.  i.altikk. 

«  .Initli  i;;  inai-5!  (ISfiO),  nml.  lùilrc  (iciirvi-  ri  P.iris.  lui 
wafT^MHi  ».  (]'osl  ccIIl'  (Icrnit'i»'  dalc  (jiii  est  la  viair.  ('i-lli' 
iiiciilioii  a  ('[('.  suppriiiK'O,  i-ii  1872,  dans  la  sixirnif  cdilidii 
di's  EiiKiii.r  rt  Ctimirs,  la  (Irniirrc  t|iic  'riiéctidiilc  (laulicr  ail 
iiMir.  Il  a  lail,  lui'S  do  cdlf  dn  iiiric  rt'iiniuTssioii,  (|U('ltnU's 
coiii'ilioiis  à  celle  pièce  ;  les  vers  iiciil',  (|uiiize  cl  seize  cl 
viiifjl-ciiKi  élaieiit  éciUs  ainsi  dans  la  Hcviir,  ci  dans  la  pi'e- 
mit'iv  rdiliiin  de  lilnairic  : 


Kilo  assouplil  en  inulles  pu^cs. 

Dans  ce  clair-obscur  du  Corrègc, 
Argenté  coninic  nu  jour  dormant. 

La  laison  <lit  :  «  Creuse  fumée, 


20o2.  Opkha  :  Mademoiselle  Granzow  dans  Néméa.  — 
Opkra-Comique  :  Zilda.  —  Sallk  VENTAroun  :  Ernesto  Rossi 
dans  Otello.  —  1*ortk-Saint-Maktin  :  reprise  de  Richard  III. 
Le  Moniteur  iiniversel,  4  juin  186(). 

2053.  OpiiuA  :  reprise  du  Prophète.  —  Théâtre  I^YKiouii  : 
débuts  de  madame  Ferdinand  Sallard  ^dans  Rigoletto).  — 
Opéra-Comique:  La  Colombe.  ^  Chatei.et  :   Cendrillon.  b 

Monik'ur  universel,  1  i  juin  t8G(». 

2(t;;3^i'.  Salon  de  1866.  II.  MM.  Hamon  ;  Curzon  ;  Sain  ; 
Raynaud  ;  Dubufe  ;  Puvis  de  Chavannes  ;  Delort  :  Donnât. 

I.c  Monileur  uiiircrscl,  12  jnin  ISfiii. 

20:>4.  Théâtre  Lyrique  :  Les  Dragées  de  Suzette  ;  le 
Sorcier.  —  Eaux-fortes  de  Karl  Bodmer.  Le  Mmùteur  uni- 
cersel,  18  juin  1866.  Une  partie  de  cet  article  a  reparu  dans 
riUustrallim  du  30  juin  t86G  sous  le  titre  de  :  les  Eaïu- 
furles  de  Karl  Bodmer. 

20oo.  (Nécrologie  :)  Méry.  Le  Moniteur  universel,  19  juin, 
et  le  Moniteur  universel  du  soir,  20  juin  1866.  Cet  article  a 


ISGC).  301 

été  incomplolcment  réimpiiiné  on  1874  dans  les  Pdilniils 
Confrmpnrains  par  Théophile  (îautier. 

20oo'>i^  Salon  de  1866.  III.  MM.  Jalabert  ;  Jourdan  ;  de 
Coninck  ;  Henner  ;  Lecomte-Dunouy  ;  Glaize  fils  ;  Ehr- 
mann  ;  Baader  :  de  Beaumont  ;  Glaize  père  ;  Antigna  ;  Fir- 
min  Girard  :  Hébert.  Le  Moniteur  universel,  21  Juin  1806. 

20i)6.  Thkatre-Français  :  Gringoire.  —  GaIté  :  Jean  la 
Poste.  Le  Moniteur  universel,  25  juin  1866. 

2007.  ÎHÉATRE-FiiANr.Ais  :  reprise  de  Péril  en  la  demeure: 

—  Gymnase  :  reprise  de  Célimare  le  bien-aimé  ;  le  Sabot 
d'Aurore  ;  le  Waggon  des  dames.  Le  Moniteur  universel, 
2. juillet,  18(')6. 

20;;7i'i%  Salon  de  1866.  IV.  MM.  Tony  Robert-Fleury  ; 
Gisbert;  Mercadé  ;  Merino  ;  Ribot  ;  Roybet  ;  Gustave  Doré; 
Carolus  Duran  ;  Brandon  ;  Courbet.  Le  Muniteur  uiiirrrscl, 
4. juillet  1866. 

2008.  Opéha  :  reprise  de  la  Juive  ;  le  pas  des  Abeilles. 

—  Ambigu  :  La  Bergère  d'Ivry  ;  reprise  des  Chevaliers  du 
Pince-nez.  —  (Thkatre  de  Salon  :  )  Le  Bois  de  Daphné.  L- 

Moniteur  universel,  U  juillet  18(i(). 

2059.  Dpéra  :  reprise  de  Roland  à  Roncevaux.  —  Opi:i{a- 
CoMiQUE  :  rentrée  de  madame  Ugalde  dans  Galathée.  — 
^Livres  :  )  Les  Voyages  imaginaires  de  M.  Jules  Verne.  — 
Nécrologie  :  Edouard  Martin.  Le  Moniteur  universel,  16  juillet 
1866. 

2060.  A  Claudius  Popelin,  sonnet.  La  Gazette  des  Étran- 
gers, 16  juillet  1866.  Ce  sonnet,  réimprimé  le  lendemain 
dans  le  Soleil,  et  la  même  année  en  tête  du  voltune  de 
M.  Claudius  Popelin  :  lÈmail  des  peintres,  est  entré  en 
1876  dans  le  tome  deux  des  Poésies  Complètes  de  Théophile 
Gautier.  La  première  version,  datée  du  28  juin  1866,  est 
quelque  peu  difîérenle  ;  les  vers  cinq,  neuf  et  dix  étaient 
d'abord  écrits  ainsi,  contrairement,  pour  ces  deux  derniers, 
à  la  règle  des  alternances  masculines  et  féminines  des  rimes  : 

II.  21 


.•{;';'        iii,sT(iii!i.  iii:>  (»i;i  \iii;s  m:  ni.  (.\i  tii:k. 

Ce  qui'  nos  sciix  ont  \ii,  ((Miiliicii  dviMix  le  \i'ii(tiil  ? 

Mais  toi.  mon  (llamlius,  i'imiiiiirccssihlc  ciniiil, 
'l'cl  (|ii('  raiiihrc  vu  son  or  une  llciii'  ('ncliiisst''t', 


La  version  rorrij^éc  esl  cilcL'  aiis>i  dans  Ir  Maiiili  m  imi- 
rcrsrl  dn  '10  ^\r^■vu\\>rv  ISCdl. 

20(»0'"\  Salon  de  1866.  V.  MM.  Landclle  :  Eug.  Giraud  ; 
Ch.  Giraud  ;  Dehoddcncq  ;  Fromentin  :  Pasini  ;  Berchére  : 
Magy  :  Huguet  ;  Mouchot  ;  Guillaumet  :  Brest  ;  Delamain  : 
Belly  ;  Tournemine  :  Penguilly-L  Haridon  ;  Bouguereau  ; 
Andrieu  :  Hugrel  ;  J.-J.  Lefebvre.  VI  MM.  Gustave  Bou- 
langer :  Louis  Boulanger  :  Anatole  de  Beaulieu  :  Comte  ; 
James  Tissot  ;  Goupil  :  Marchai  :  Gide  ;  Heilbuth  ; 
Jundt  ;  Meyei  heim  ;  Vautier  ;  Patrois  :  madame  Anselma  ; 
MM.  Schreyer  ;  Protais,  Hippolyte  Bellangé.  Le  Moniteur 
universel,  17  et  :2l.jiiillrl   |S(i(i. 

2061.  Opkka-Cosiiuuk  :  José- Maria.  —  I'oute-Saint- 
Mautin  :  reprise  de  Salvator  Rosa.  /.  ■  Moiiibur  universel, 
•l.\  .jnilli't  INOC. 

201)1 1"\  Salon  de  1866.  VIL  MM.  Bin  ;  Sirouy  :  Vannu- 
telli  ;  Luminais  ;  Valerio  ,  Worms  ,  Zamacoïs  :  Van  Tho- 
ren  :  Wetter  ;  Meissonier  fils  .  Schutzenberger  ;  Lambron  ; 
Faruffini  ;  Anker  ;  Eugène  Feyen  ;  Feyen-Perrin  ;  Mada- 
rasz  ,  Bonnegràce  ;  madame  Henriette  Browne  ;  Schle- 
singer.  VIII.  MM  Lanoue  ;  Masure  ;  Paul  Huet  ;  Karl 
Bodmer  :  Busson  ;  d'Alheim  :  Chintreuil  ;  César  de  Cock  ; 
Herst.  IX.  MM.  Corot  ;  Théodore  Rousseau  ;  Oswald 
Achenbach  :  Anastasi  ;  Gosselin  :  Appian  ;  Jules  Didier  ; 
A.  Bonheur  :  Lewis  Brown  ;  Otto  Weber  ;  Harpignies  ; 
Bellel .  Hanoteau  ;  Guiaud  ;  Lansyer  ;  Groiseilliez  .  Auguste 
Boyer  ;  Nazon  .  Breton  :  Blin  ;  Philippe  Rousseau  ;  madame 
Escallier  ;  M.  Blaize  Desgoffe.  Le  Munileur  univernel,  24,  2(5 
el  20  juillet  ISCil. 


18  HT..  323 

2062.  CiYM.NASK  :  Mesdames  de  Montanbréche.  Le  Muni- 
leur  universel,  30  juillet  1866. 

206;!.  La  fleur  qui  fait  le  printemps.  Renie  du  XIX'^  Siècle, 
{«f  août  1866.  Ces  vers,  écrits  le  21  mars  1n66,  lurent  datés 
inexactement,  dans  la  Revue,  du  21  juin  1866.  Ils  sont  entrés 
sans  date,  en  1872,  dans  la  sixième  édition  dos  Emaux  et 
Camées.  Leur  premier  titre  fut  :  /rs  Marrnnniers  de  Saint- 
Jean,  et  voici,  à  partir  de  la  stropbe  six,  toute  une  série  de 
strophes  différentes  el  même  inédites  de  cette  première 
version  ; 


Vous  pouvez,  de  la  base  au  tiulc, 
Pendre  vos  grappes  sans  péril, 
Marronniers,  et  vous  mettre  en  t'èle, 
Car  Mai  déjà  talonne  Avril. 

Belles  Heurs,  pressez-vous  d'éclore 
Et  d'éblouir  mes  yeux  ravis  ; 
11  me  faut  retourner  encore 
Au  cercle  d'enfer  où  je  vis. 

Oh!  de  grâce,  faites  la  joie 
Au  poète  dans  sa  douleur 
Qu'avant  de  s'en  aller  il  voie 
Votre  magnilicence  en  Heur! 

Grands  niaronniers  de  la  terrasse, 
Je  connais  vos  splendeurs  d'été  ; 
Montrez-vous  à  moi  dans  la  grâce 
Qui  précède  votre  beauté. 

Je  connais  votre  écrin  d'automne, 
Vos  tons  de  pourpre  et  de  safran, 
Chamarrure  dont  l'œil  s'étonne. 
Diadème  d'or  de  Saint-Jean. 


.i.'l  IIISTnlIîl,  IH.>  (H;1  \HI-.>   Kl.  TU     i.AlTIKIi. 

.le  \tiii>  ai  MIS,  hiaiiclics  rainées, 
Pareils  aux  dessins  (|ue  le  IVoid 
Aii\  Vitres  d  argent  l'Iaiiiées 
Trace,  la  nnil,  a\ec  son  doigl. 

Je  sais  (mis  vos  asiiecls  siiperhes, 
Arhres  m'-anls,  vieiu  mai  rdiiiiiers, 
,l\Iais  j'ignore  vos  lilaiiclies  geilies 
Et  vos  arômes  prinlaiiiers. 

.le  [lais;  adieu.  —  Le  vrai  soniiro 
Le  vrai  lK>U(iiiel.  le  vrai  printemps, 
Ce  n'est  pas  vous,  il  faut  le  dire  : 
■le  iriillciidiai  |)as  plus  loiigleinps. 

Sous  le  eiei  d'azur  ou  de  liriiiiie, 
Une  lleiir  rare  s'ouvre  ici, 
(Jui  loiijouis  rayonne  et  parfuiue; 
Son  nom  est  :  Carlotta  Grisi. 

:Î003'''\  Salon  de  1866.  X.  S.  A.  I.  madame  la  Princesse 
Mathilde  :  MM.  Bellay.  H.  Lehmann  ;  Gustave  Moreau  ; 
Amaury-Duval  :  mesdames  la  comtesse  de  Nadaillac  ;  la 
baronne  Nathaniel  de  Rothschild;  MM.  Allongé;  Saintin; 
mesdemoiselles  Baubry;  Louise  Rochat  ;  MM.  Gluck;  Clau- 
dius  Popelin  ;  Carpeaux  ;  Carrier-Belleuse  :  Falguiére  ; 
Chapu  ;  Feugéres  des  Forts  ,  Capellaro  ;  Cambos.  Lr  Moiii- 
trar  itnii:if.<cl,'.i  noùl  lMi(i.  Au  iiiunliir  d(  s  ouvia^L'S  exposés 
par  la  Princesse  Malliilde  se  trouvait  une  aquarelle  iulitulée  : 
Profil  po'du,  sur  laquelle  Théophile  Gautier,  avant  de  l'ana- 
lyser en  prose  dans  cet  article,  avait  fait  une  pièce  de  vers 
dont  nous  parlerons  plus  loin.  (Voir  N"  22i)9). 

20(1 'i.  Oi'KiiA  :  reprise  de  Don  Juan.  —  Tukathk-F.vhiquk  : 
réouverture.  —  Exercices  de  Blondin  au  plateau  de  Gra- 
velle.  Le  Moniteur  universel,  6  août  1866.  Le  Moniteur  uni- 
versel du  soir  du  lendemain  a  reproduit  un  fragment  de  cet 
article  sous  le  titre  de  :  les  Exercices  de  Blondin. 


INOt).  325 

2064'''^  Salon  de  1866.  XI  (et  dernier  .  MM.  Roubaud  ; 
Delaplanche  ;  Démaille  ;  Lebourg  ;  Léon  Perrey  ;  Blan- 
chard ;  Bogino  ;  Claudet  ;  Lavigne  ;  Aizelin  ;  Moreau- 
Mathurin  ;  Leroux  ;  Conny  ;  Cotti  :  Desprey  ;  François 
Lepére  ;  Loison  ;  Maindron  ;  Marcellin  ;  Bourgeois  ;  Caillé  ; 
Félix  Sanzel  ;  E.  Thomas  ;  Bartholdy  ;  Préault  ;  Santa- 
Coloma  ;  Ottin  ;  Doublemard  ;  Klagmann  ;  Prouha  ; 
Devaulx  ;  Gumery  ;  Marcello.  L  Mniiitenr  universel  , 
10  août  1866. 

2065.  Théatre-Françats  :  reprise  d'Atrée  et  Thyeste.  — 
Vaudevillk  :  Les  Don  Juan  de  Village.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 13  août  186((. 

2066.  Exposition  des  prix  de  Rome.  Le  Moniteur  vui- 
verscl,  15  aoùL  iHiW. 

2066'''\  Histoire  de  Jules  César.  iIII.)  Tome  deux. 
Guerres  des  Gaules  d'après  les  commentaires.  L'  M'miteur 
universel  du  soir,  15  et  25  anûl  1866. 

2067.  Théâtre-Français  :  Fantasio.  Le  Moniteur  universel, 
20  août  1866. 

2068.  École  des  Beaux-Arts:  Envois  de  Rome.  Le  Moni- 
teur imiversel,  22  août  1866. 

2069.  OpÉnA-CoMiQUE  :  reprise  de  Joseph.  —  Théâtre- 
Lyrique  :  reprise  de  Don  Juan.  —  Gymnase  :  L'Épreuve 
nouvelle  ;  Nos  Gens.  —  Cirquk  de  I'Impératrice  :  débuts 
de  l'écuyer  quadrumane.  Le  Moniteur  universel,  27  août 
1860. 

2070.  École  des  Beaux-Arts  :  Envois  de  Rome.  L'Illustrn- 
tion,  1<"'  seplcmbro  1866.  Cet  ailiclc  est  dillerent  de  celui 
du  Moniteur  universel  du  22  août.  11  a  été  léimpriiné  inté- 
gralement, en  1880,  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier: 
Tableaux  à  la  plume. 

2071.  Odéon  :  Le  Maître  de  la  Maison.  —  Vaudeville  : 
Madame  Ajax  ;  le  Nouveau  Cid.  Le  Moniteur  universel, 
3  septembre  1866. 

2072.  Opéra-Comiouk  :    L'Épreuve  villageoise.   —  Gym- 


3?(5        iiisToim".  hi:s  ^n■^  miks  m;  m,  (.aitikii. 

NASK  :  L'Amour  d  une  ingénue  ;  le  Mariage  à  l'enchère. 
—  Th.  (ifs  Vahiktks  :  reprise  de  :  le  Royaume  des  Femmes. 
Lr  Moiiiliiii-  iiiiim-srl.   lO  si'|ilriiilin'  IHdl). 

2073.  Nécrologie  :  Léon  Gozlan.  /.'  \hniihiir  miliirsrl. 
17  scplfiiiliiv  I8(')(i. 

2074.  Une  Visite  dans  la  Montagne.  L'  MnnUair  uni- 
rrrsrl,  Si  st'|i|('mlirc  LSiKl.  |{i'iiii|>riiiii''  iiitrur.'ilcmoiil,  on 
IS8I,  lians  If  voluiiio  di-  Tln-upliilc  (iaulirr,  iiililiilr  :  hs 
Vacanccu  <iii  Lundi  ;  liOdvnnx  de  nvndmjws. 

2071).  Retour  de  Suisse  .  —  Vauokvii.lk  :  La  Confession 
d'un  enfant  du  siècle.  —  I'oktiî  Saint-Martin  :  Les  Pari- 
siens à  Londres.  /-'•  Monikur  riiircrscl,   !«■•  ocinhic  \Hm. 

2070.  Le  Merle.  Hcvue  du  XIX'  Sicdc,  l"  octobre  1866. 
Ces  vers,  aocoiii|iagiirs  dans  la  Hcviio  de  oolle  iiolo  :  «  Villa 
(iiisi,  (lOiu'Vf  )»,  oui  (■[{'•  réiiii|ii  iriirs  sans  cello  inenlion,  en 
1872,  dans  la  si.xiènie  édilioii  des  Émaux  cl  Canules  ;  ils  ne 
les  ont  plus  quittés  depuis.  Une  version  aulopra|>lio  en  notre 
possession  porte  celle  date:  «  12  mars  1866»,  et  les  deux 
dirnières  strophes  sont  ilillérentes.  Voici  ces  variantes  ; 


Il  voit  l'azur  derrière  l'ombre, 
Comme  un  croyant  sûr  de  son  Dieu, 
Et  sait,  en  dépil  du  temps  sombre. 
Que  la  grande  lète  aura  lieu. 

A  la  nature  il  se  confie, 
Avec  amour,  espoir  et  foi. 


2077.  Adelina  Patti  ;  sonnet.  Revue  du  XIX'  Siècle , 
I"  octobre  18(iO.  (le  sonnet,  anonyme  dans  la  Revue  et 
accompagnant  le  portrait  gravé  d'Adelina  PaKi,  est  par 
quatre  auteurs,  s'il  taiil  «-n  croire  le  chroniqueur  du  Bul- 
h(i)i  francdia  du  1.'!  oclobr*»  1874  :  le  Bien  public  du  22  répète 


18  ()('..  3-27 

cette  inênic  uffirmation  qu'il  empriuite,  dit-il,  au  Journal 
du  Havre,  qui,  lui-même,  l'avait  sans  doute  empruntée  au 
Bulletin  francak.  Voici  ce  sonnet  avec  les  noms  des  auteurs 
désignés  : 


'r' 


Es-tu  le  rossignol,  la  rose,  l'harmonie, 
Jeune  divinité  du  ciel  italien? 
Es-tu  l'amour,  l'esprit,  le  charme,  le  génie, 
Etoile  aux  éclairs  d'or  de  l'art  cécilien? 

Théophile  Gautier. 

0  diva  radieuse!  ô  musique  infinie  ! 
Tu  nous  suspens  à  toi  d'un  céleste  lien. 
Tu  portes  dans  ton  œil  le  pleur  d'Iphigénie, 
La  gaîté  de  Ninon  et  l'éclat  de  Tallien. 

Arsène  Houssaye. 

Chante,  ô  ma  Lucia  !  chante,  ô  mon  Adeline! 
Tressaille  sous  ton  lys  et  sous  ta  mandoline. 
Respire  dans  ta  pourpre  et  dans  ta  floraison  ! 

Théodore  de  Banville. 

0  hrune  Adelina!  comme  Vénus  la  blonde 
De  la  pointe  du  pied  boit  l'écume  de  l'onde, 
Tu  semblés  une  fleur  qui  boit  une  chanson! 

Charles  Coligny. 

Sans  être  en  mesure  de  démentir  ou  de  confirmer  l'au- 
thenticité de  ces  renseignements,  si  nous  avions  dû  cher- 
cher la  part  de  collaboration  de  Théophile  Gautier  dans  ce 
sonnet,  nous  lui  aurions  plutôt  attribué  le  tercet  final  que 
le  premier  quatrain. 

2077  2°.  Voyage  en  Russie  :  Retour  en  France.  (Voyage 
en  Russie,  tome  deux,  VIi.  Revue  Nntionale  et  Étrangère, 
le'  octobre  1866.  Ce  chapitre,  comme  rindi([ue  son  titre,  est 
le  deinir-r  de  l'ouvrage,  ({ui  parut  en  deux  volumes  le  mois 


:h>H  lll'-ldllvi;  DFS  ma'VHKS   \)V.    l'Il     CMTIKU. 

suivaiil.  Voiri  lu  didicict-  .mldiiiMiilii'  iiiic  |inil;iil  l'cNriii- 
|il;iiiv  oH'cil  |»;ir  'riiruplMlr  (i.iiilii'r  à  Ncsini'  I^O(|ii('pliin  ;  elle 
n  é\('  pul»lii'<>  ilaiix  /<■  t'oiisiiiiiliniiiiil  (lu  I •.'  M'iviMiiliii'  ISdO  : 

Mnw   l'Iii'i'  ll(ii|ii<'|ilaii. 

Toi  (|iii  is  rciiiit'Mii  [x'isoniiol  du  soleil,  ce  livre  nei- 
uviix  el  liiiiiiKMiv  (loil  le  ])l;iii('.  .le  le  renvoie  |)niir  !.• 
(Nmiici'  roil'jlrr  cl  Ir  lilaiirliif  le  Iciiil. 

liieii  à  loi , 

Théophile  Gautier. 

il  cillr  ilr  rexoniplaiio  udressé  à  Sainle-Bcnve,  leciicillic 
en  1877  dans  l'Élude  aitr  Ica ex-Bonn  cl  dédicaces  aidor/rophrs, 
|iai   M.  Aloxis  Martin  ; 

A  Idnele  Beiive,  son  dévoué  neveu. 
Théoi)hil('  Gautier. 

2077  3».  Histoire  de  Jules  César  (III,  fin),  tome  deux. 
Guerres  des  Gaules  d'après  les  Commentaires.  L  MuniUur 
universel  du  soir,  6  octobre  1806.  (Voir  \\°^  l'.iOO  et  1994'^''.) 

2078.  Italiens  :  réouverture;  rentrée  de  la  Patti  dans  la 
Sonnambula;  madame  Emmy  Lagrua.  —  Gvmnase  :  Nos 
Bons  Villageois.  L'  M'iitiliiir  iinirirscl,  Hoclobie  186(i. 

J070.  (Nécrologie  :  Joseph  Thierry.  —  Opéra  :  reprise 
d'Alceste.  —  Concerts  populaires  de  musique  classique. 

Le  Monileur  universel,  il)  oclobi'o  1866.  Vn  IVaitiineiii  du  (iébu!, 
de  cet  article  a  été  réimprimé  en  1874  dans  les  Portraits 
Contemporains  par  Théophile  Gautier,  sous  le  titre  de  .luseph 
Thierry. 

2080.  Italiens  :  Adelina  Patti  dans  Crispino  et  la  Co- 
mare.  —  V.^uokville  :  Le  Fou  d'en  Face.  —  Amiugu  :  Les 
Amours  de  Paris.  Le  Moniteur  universel,  22  octobre  18GG. 

2081.  Gaîté  :  Le  Major  Trichmann.  Le  Moniteur  universel, 
29  octobre  1860. 


18  66.  :i->u 

2082.  Odkon  :  La  Conjuration  d'Amboise.  —  Italiens  : 
Don  Pasquale  ;  Otello.  —   Nouvelles).  Le  Moniteur  univei'scl, 

.')  novembre  1866. 

2083.  THÉATRE-FRANr.Ais  :  Le  Fils.  —  Itame.ns  :  La  Tra- 
viata.  —  Fantaisies-Parisiennes  (:  réouverture).  Lr  Memi- 
Iciir  iniirrrurl,  12  novembre  1866. 

208 i.  Opkra  :  La  Source.  —  Théatre-Franqais  :  reprise 
de  Par  Droit  de  Conquête.  —  Th.  des  Variétés  :  Les  Chaines 
de  fleurs;  les  Deux  Sourds.  Le  Moniteur  universel,  11)  iio- 
vemltre  1866. 

2083.  Nécrologie  :  Gavarni.  —  Opéra-Comique  :  Mignon. 
—  Gaîté  :  Cadet  la  Perle.  —  Joachim  aux  concerts  popu- 
laires. —  L'Athénée  de  la  rue  Scribe.  Li  Mmiiienr  unirer- 
sel,  26  novembre  1866.  Le  début  de  oet  arlidc,  sous  le  seul 
litre  de  Gavarni,  a  reparu  incomplètement  dans  le  Moniteur 
nniversel  du  soir  du  7  noveml)re  1866,  et,  en  1874,  dans  les 
['iirtraits  Contemporains  par  Théophile  fiaiitier. 

2086.  Théâtre- Français  :  Le  Joueur;  Sganarelle.  — 
Italiens  :  Saffo.  L'  MiDiitenr  iimvi'rsri,  :]  déccnibre  1866. 

2087.  Vaudeville  :  Maison  Neuve.  —  Porte  Saint-Mar- 
TLN  :  La  Reine  Cotillon.  —  Séances  musicales  de  l'Athénée. 
Le  Moniteur  universel,  10  décembre  1866. 

2088.  Théâtre  Lyrique  :  Freyschutz.  —  Théâtre-Fran- 
çais :  reprise  de  Mademoiselle  de  la  Seigliére.  Le  Moniteur 
universel,  17  décembre  1866. 

2089.  Chatelet  :  Le  Diable  Boiteux.  Le  Moniteur  universrl, 
24  décembre  1866. 

2090.  Sonnet.  Le  Mnniteur  universel  du  soir,  24  décemlire 
1866.  Ce  soniiel,  adressé  à  M.  Ingres,  était  accompagné  de 
(;ette  note,  dans  le  journal  : 

M.  Ingres  ayant  envoyé  à  M.  ïhéopliile  Gautier  une 
réduction  d'un  fragment  de  son  Apothéose  d'Honii^re. 
représentant  les  trois  tragiques  grecs,  M.  Tliéopliilc 


330  IIISTOIIIK  UKS  (H  IVIIKS  DK  TH.  (,Al  llKli. 

(îautiiM',  fil  .i:iiisc  d  acciiM'  de  rrccidion,  a  ailrcssr  à 
rilliisln^  pt'inlri'  la  piôcc  siiivanlc.  (|iir  nous  soniiiirs 
liciiri'iix  ili'  |iou\oir  ('oniiniini(|ii(M'  à  nos  Icrd'urs. 

(".(•s  vfis  (iiil  él(''  roprodiiils  dans  le  Vhinro  du  (>  luillcl 
1870  l't  dans  la  Gnuttr  dr  l'nris  du  ((janvier  1S72.  Kii  J87(», 
ils  sont  onliV'S  dans  le  loinc  deux  des  Poésies  Coinplctes  de 
Théophile  (iaulier,  sous  le  litre  de  :  A  Ingres,  sonnef.  En 
réponse  à  rDimi d'ni)  fruqnirnt  ib'  IWpothi'ose  d'Ilnmrrr. 

2001.  Revue  de  l'année  théâtrale.  —  Ambigu  :  La  Du- 
chesse de  Montemayor.}  L'  Mmilnir  imirrrscl,  31  déccnuiic 

ISUCi. 


1867 


2002.  Ambigt  :  La  Duchesse  de  Montemayor.  —  fiAiTÉ  : 
miss  Adah  Menken  dans  les  Pirates  de  la  Savane.  —  Nou- 
velles). Le  Moniteur  universel,  7  janvier  1867. 

2093.  Nécrologie  :  mademoiselle  Georges.  —  Théâtre- 
Français  :  Un  Cas  de  Conscience  ;  reprise  de  la  Ciguë.  Le 

Moniteur  universel,  ii  janvier  1807.  Un  fragment  du  début 
de  cet  article  a  été  réimprimé  dans  le  Moniteur  universel  du 
soir  du  l'o  janvier  18(37,  et  il  a  reparu  en  1874  à  la  suite  do 
l'Histoire  du  Romantisme  par  Théophile  Gautiei',  sous  le  titre 
de  :  Mademoiselle  Georges. 

209i.  E.  Hébert.  L'Illustration,  19  janvier  1867.  Cet  article 
a  été  incomplètement  reproduit  en  i87i  dans  les  Portraits 
Contemporains  par  Théophile  Gautier. 

209o.  Italiens  :  (La  Patti  et)  Gardoni  dans  le  Barbier  de 
Séville.  —  Théatbe-Lvrique  :  Deborah.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 21  janvier  1867. 

2096.  (Nécrologie  :  Ingres.  Le  Moniteur  universel,  23  jan- 
vier 1867. 

2097.  Hommes  et  Dieux,  par   Paul  de  Saint-Victor.  Le 

Moniteur  universel,  28  janvier  1S67. 

2098.  (Théâtre -Lyrique  :  remise  de)  Sardanapale.  — 
Exposition  des  œuvres  d'Hippolyte  Bellangé.  —  Histoire 
d'Apelles,  par  M.  Henry  Houssaye.  —  (Nouvelles).  Le 
Moniteur  universel,  4  février  1867.  Le  fragment  de  cet  ar- 
ticle relatif  au  livre  de  M.  Henry  Houssaye,  a  été  réimprimé 
dans  r Artiste  du  15  du  même  mois. 


J3-.'       I1ISTOIHK  i»i:s  oiirvHKS  ni;  th.  cm  tiku. 

20'.)'.!.  'riiKATHK-l-vHKtn-;  :  Sardanapale.  /.'  Mniillinr  uni- 
versel, 11  frvrior  iHCtl.  Le  ilduil  di'  cri  Jiiiiili'  a  rh-  rriiii- 
|iiini»''  dans  /c  Mtwiliur  utiircrstl  du  snir  t\\i  12  tVviici,  sous 
II'  lilri*  (II'  :  .\  })ri>pns  tir  Sin'(i(iiiii))iil<'. 

JKKt.  Tm  athe-I"»an(;ais  :  madame  Arnould-Plessy  dans 
L'Aventurière.  —  Ami'.ici'  :  Maxwell.  Li  M'iiiiltur  iniim-scl, 
JS  iV'viin-  |Sti~. 

•2 lui.  Un  spectacle  d'amateurs.  —  Athénée.  —  Les 
femmes  de  Corneille  conférences)  par  madame  Ernst  (née 
Siona  Lévy).  —  Henri  Kowalski.  U  Mouiteur  univorael, 
•_>:i  IV'vritT  IS07. 

2102.  Le  Rose,  sonnet.  îlcnte  du  XIX'  Siècli:,  \"  iiiai-s  1807. 
C.i^  sonnet,  di-tlir  sur  l'auloyiaplie  ;i  inadanie  .\di'iiue  PIuu- 
ketl,  fut  écrit  à  Clianiaïaiidi',  chez  le  duc  de  Pei'signy,  le 
3  juillet  18()()  ;  il  a  reparu  dans  la  Gazette  de  Paris  du  1"  jan- 
vier 1872  el  dans  le  Mniiitrar  universel  du  1"  février  187V.  Il 
est  entré  en  187(")  ilans  le  tome  deux  des  Poésies  Comph'trs 
(le  Th('0{)hile  (îautier. 

210:i.  L'Hirondelle,  sonnet.  Revue  du  .VLY«  S/èc/c,  l"'  mais 
18(»7.  Ce  sonnet  a  reparu,  a\ec  le  précédent,  dans  les  luènies 
conditions.  La  version  du  Moniteur  est  différente,  el  de  plus 
donnée  comme  inédite;  il  est  joirt  à  cette  pièce,  dans  ce 
journal,  deux  sonnets  sans  titres,  nui  ne  sont  autres  que 
l'un  des  deux  sonnets  publiés  aussi  sans  titres  en  1870  dans 
le  tome  deux  du  Parnasse  Contemporain,  et  Modes  et  chiffons 
paru  en  janvier  1802  dans  la  Revue  de  Paris;  les  trois  pièces 
sont  intitulées:  Trois  sonnets  de  Théophile  Gautier,  et  accom- 
pagnées de  cette  note  : 

Nous  avons  on  la  lioiinr  roiliiiie  de  découvrir  trois 
.sonnets  inédils  de  Théophllr  Gautier.  Nous  nous  hâtons 
de  les  olîrif  en  primeur  à  nos  lecteurs.  Le  petit 
bout  de  billet  (jui  précède  le  premier  a  à  peine  besoin 
d'explication.  Tl  est  adressé  à  une  dame  un  peu  blasée 
sur  les  complimenls  physiques.  Le  poète  bii  écrivait  : 


18  0  7.  -Ui 


Janvier  18b5. 


Je  veux  commencer  raniiée  par  un  sonnet  en  voli-e 
iionneur. 

—  De  grâce,  qu'il  n'y  soit  plus  question  de  mes  yeux, 
de  mon  teint...  J'ai  aussi  des  qualités  morales  : 

Je  suis  une  hirondelle  et  non  une  colombe, 

—  Soit,  je  garde  ce  premier  vers  et  vais  faire  un 
sonnet  avec  des  rimes  en  ombe,  ce  qui  n'est  pas  abso- 
lument aisé. 

.\|it("'s  quoi  venait  la  version  de  V Hirondelle,  (jne  nous 
Irauscrivons  ici  : 

Je  suis  une  hirondelle  et  non  une  colombe, 
Ma  nature  me  force  à  voltiger  toujours. 
Le  nid  où  les  ramiers  roucoulent  leurs  amours, 
S'il  y  fallait  couver,  serait  bientôt  ma  tombe. 

J'habite  des  créneaux  que  le  soleil  surplondje, 
Et  vole,  quand  l'hiver  a  raccourci  les  jours. 
Pour  les  blancs  minarets  quittant  les  vieilles  tours. 
Vers  l'implacable  azur  d'où  jamais  pleur  ne  tombe! 

Je  pars,  mais  je  reviens,  et  la  vive  hirondelle', 
Aux  plus  lointains  climats  garde  une  àme  hdèlc. 
Elle  songe  à  l'absent,  et,  triste,  se  souvient. 

Car  son  goût  est  constant  si  son  aile  est  légère; 

Et  sans  craindre  l'oubli,  la  folle  passagère, 

D'un  bout  du  monde  à  l'autre  au  même  cœur  revient  ! 

I .  Autre  variante  : 

Ma  fuite  a  sa  mémuire,  et  la  vive  hiroiidelle. 


J3I        iii>r(>ii!i-;  ni:>  (H.i  \i!i;s  di;  iii.  (.aiiii.i;. 

Ik'iiiaKjiiiHis  (|ii('  II'  jii'ciiiici'  Icrct't  de  cvMc  M'isiitii  lui 
cliaiii;!'  parci'  (jiril  coiiliriil  iimi-  faille  dans  Tordi'i'  do  suc- 
cession ilt'S  rimes,  jiar  ia|)|i(iii  au  (jualiain  précrdi'iil . 

2101.  (Idkon  :  Les  Ambitions  de  M.  Fauvelle.  —  V.w  i»i;. 
Mi.i.K  :  Les  Brebis  galeuses.  —  (ti'KiiA-tlo.Minin,  :  Le  Fils  du 
Brigadier.  —  Tiu  miik-I.vhii.ii  k  :  débuts  de  mademoiselle 
Schrœder.  /.'   M<>iiiti  itr  iiiiiurscl,  'i  mais  ISCiT. 

:ilti.l.  Sommités  Contemporaines.  M.  Théophile  Gautier. 
L'UliisIntlinii,  ",i  mars  Iblu.  Celle  curieuse  éliiili'  liiu;j;ia- 
|iliii[uc  a  l'Ii-  ri'impiinu'c  en  ISliS  dans  les  Sninniil''s  cimcin- 
pnraiuis,  |uildicalion  (-dili'i'  par  rilliislriitinn  c\  (|iii  n'a  pas 
été  achevée  ;  clic  a  icpani  cnsiiilc  à  i!rii\idlcs  eu  IcSTitdans 
le  volume  iiililnii'  :  l'orsies  dr  Throph'de  (iaulicr  )fitl  ne  srronl 
pas  ri^imprimrrs  ilans  .sr.s  truvri'fi,  el,  en  187i,  enliii,  elle  est. 
entrée  dans  ses  Porlrails  Cnnlrtirporains.  N'ouidiuns  pas  d'in- 
(li(|ucr  aussi  une  i('iiiipiessiiMi  de  ed  arliele  accompapiiauL 
le  |iniirait  di'  Théopinle  (iaulier  dans  Ir  l'inilhinit  des  HIks- 
l)-iiliiins  fraiiriiiscs  du  dw-nuivirmc  siècle. 

Tliéojiiiile  fiaulier,  on  le  suil,  lonail  beaiicnup  à  sa  force 
physique  el  il  en  paili;  avec  complaisance  dans  ce  curieux 
article.  Ce  (pinn  sail  moins,  c'est  qu'aux  Jours  de  sa  jeu- 
nesse, en  pleine  fuuyiie  romanli(jue,  il  avait,  parail-il,  i»os<' 
comme  modèle  dans  un  petit  cénacle  d<>  sculpteurs,  ses 
amis.  Voici  quelques  mots  à  ce  sujet,  em|)iuiil(''s  à  la  page  (>3 
du  curieii.x  volume  in-12  du  marquis  de  Villenier  (Cliailes 
^rial■le;,  l'nrlraKs  Cnstnopulites,  volume  paru  chez  Lacliaiid 
en  1870  : 


La  lofce  cui-|iu!('lle  ».'l  la  buaiité  plastique  comiiLciil 
paimi  ses  faluilés  légiliiiies.  Faut-il  rappeler  qu'au 
beau  temps  du  fomantisinc,  Gautier  laissant  un  jour, 
en  sa  verve  d'artiste,  tomber  un  à  un  tous  ses  voiles, 
posa  au.\  lueurs  des  lampes  devant  un  cénacle  de  poètes 
et  de  sculpteurs?  —  Si  la  tradition  ne  m'a  point  égaré, 
quebjues  muses  éprises  de  l'art  plasti(|ue  soublièrenl 


186  7.  ;jy,-, 


;m  nom  dApollon-Sminthée  jusqu'à   contempler  cet 
Endymion  aussi  nu  que  lantique. 


2I0().  'Ihéaike-Franoais  :  Galilée.  —  Nécrologie  :  Louis 
Boulanger.  Le  Monileiir  universel,  H  murs  1867.  Le  fragiiiont 
de  cet  article  relatif  à  Louis  Boulanger,  a  été  incomplète- 
ment réimprimé  en  1874,  à  la  suite  de  Vllistoire  du  Roman- 
tisme par  Théophile  Gautier. 

2107.  Opkra  :  Don  Carlos.  —  (Nouvelles).  Le  Monileur 
universel,  18  mars  1807. 

2108.  fÎYMNASE  :  Les  Idées  de  madame  Aubray.  Le  Moni- 
teur universel,  2j  mais  l(S(')7. 

2109.  Ambigu  :  La  Chouanne.  —  Théâtre  Rossini.  —  Con- 
certs. —  Nécrologie  :  Eugène  Appert.  —  (Rectification 
relative  à  Louis  Boulanger).  Le  Moniteur  universel,  !«■  avril 
1867.  La  notice  sur  Appert  et  la  rectilication  sur  Poulanger 
ont  été  incomplètement  réimprimées  en  1874,  la  piemière 
dans  les  Portraits  Contemporains  par  Théophile  Gautier,  cl, 
la  seconde,  datée    par  erreur  du   1'^'  mars   1867,  à  l;i  suite 

de  son  Histoire  du  Romantisme.  (^ 

2110.  La  Grande  Galerie  du  Louvre.  L'Artiste,  1"  avril 
1867.  Ce  morceau  n'est  qu'un  i'rajU'ment  de  l'important  (ra- 
vail  écrit  par  Théophile  Gautier  pour  le  Paris-Guide,  doul 
nous  parlerons  plus  loin.  (Voir  n"  21223».)  La  publication 
de  ces  pages  dans  r Artiste  y  fui  accompagnée  de  cette 
noie  : 

Les  éditeurs  do  ce  livre  célèbre  avant  d'être  publié 
{Parù-Gm'de),oat  eu  le  bon  esprit  de  confier  à  M.  Tliéo- 
phile  Gautier  l'appréciation  des  tableaux  du  Louvre. 
Ce  travail  considérable  nous  a  fait  attendre  le  Dénoue- 
ment Turc,  comme  si  les  œuvres  d'imagination  devaient 
passer  après  la  critique.  Il  est  vrai  qu'ici  c'est  plus  que 
de  la  critique,  c'est  de  l'bistoire  d»'  l'art.  Il  était  bien 


jj(i       msToiiiK  !)!■>  i'i;i  Mil  s  i)i:  iii.  cm  ni.r,. 

iialtiirl  (|iir  la  Liliiairi*'  liilciiialioiialr  nous  donnai  la 
|iriini'Ui' (Ir  ci's  paufs  coloivcs  cl  liiininciiscs,  |)oni' (|iic 
nos  Ictli'ins  ailcndisscnl  plus  palicninu'nl  If  roman  de 
M.  Tlu'ophik'  GaïUicr. 

Nous  avniis  di'ia  ilil  qiir  Ih'nniicmoit  Tiirr  nr  lui  jamais 
t'-n'it.  A  |iro|ii>s  ûv  f  \rlislr,  nous  dirons  ici  (juc  la  coiiver- 
lin'f  du  niiinori)  du  1"  JiiilK-l  lISliT  itiirK|iic  qu'il  cor.liciil  un 
Smuirl  de  Tlii'Oidnli' (laulier  ;  c'csl  uni'  riicMi(|Mc  la  laide 
du  voluMU'  it'clilit' ;  aucun  sunin'l  de   lui  ii"\  rsl  un'nlinnni'. 

JIM.  liAïaicNs  ;  Débuts  de  mademoiselle  Krauss  dans  II 
Trovatore.  —  Tmkatrk-Krançais  :  Il  ne  faut  jurer  de  rien. 
—  Vente  des  tableaux  de  M.  Chaplin.  —  iVente  par  suite 
du  départ  de  mademoiselle  Ozi:  15-16  avril.  Lr  M'inilciir 
iniinrsil,  N  a\  i  il   ISCiT. 

Nous  ne  savons  si  c'est  à  la  venle  dont  il  sajrit  dans  ce 
reuillelon,  ou  h  toute  aulie  venle  faite  par  mademoiselle 
Alice  Ozi.  (pie  M.  Haro  acheta  pour  trois  cents  francs  le 
pastel  de  Ti)éopliile  (îaulier  placé  ensuite  dans  sa  collec- 
tion particulière,  et  ([ui  ra|ipelle  vaguement  les  traits  de 
la  spirituelle  aitiste.  Nous  voulons  dire  seulement  que  ce 
jiastel  n'y  lifriu'a  cpTavcc  l'assentimenl  formel  du  poêle,  et 
même  sur  son  désir  d'apprécier  l'inllueuce  commerciale  de 
sasignaluic  au  lias  d'uiir  (l'iivrr  da  i  j.  il  lut  ravi  du  prix' 
atteint  par  son  étude,  et  |)iomit  à  sa  |tremiére  propriétaire 
d'en  exécuter  une  autre  «  plus  réussie, dil-il,  sinon  plus  res- 
semblante »,  en  échange  d'une  es({uisse  de  Delacroix,  le 
Combat  du  Giaour,  ([ue  mademoiselle  Ozi  lui  olfrit  à  cette 
époque,  et  qu'elle  racheta  près  de  quatre  mille  francs  à  la 
vente  après  décès  du  grand  poète.  îl  ne  tint  malheureuse- 
ment pas  sa  promesse,  et  ce  pastel  n'eut  jamais  de  pendant. 
En  revanche,  il  a  écrit  pour  la  créatrice  de  son  Voyage  en 
Espagne,  anx  Variétés,  trois  quatrains  que  nous  allons  citer, 
et  dont  le  dernier  a  paru  à  Bruxelles  en  1864,  dans  le  Var- 
nnsse  sah/rigue  du  X!X«  siècle,  portant  la  signature  inexacte 
de  Victor  Hu,::o.  De  plus,  il  n'y  est  pas  exactement  trans- 
rrit.    Nous   avons    eu   l'autographe  signe  sous  les  yeux  et 


1807.  :j.j7 

nous  pouvons  donc  le  cilor  ici  toul  ;i  l'ait  conforme  ;ï  lori- 
fiinal  : 

IMPROMPTU 

Pentélique,  [laros,  marbres  neigeux  de  Grèce, 
Dont  Praxitèle  a  fait  la  chair  de  ses  Vénus, 
Vos  blancheurs  suffisaient  à  des  corps  de  déesse!... 
Noircissez,  car  Alice  a  montré  ses  seins  nus! 

•  BOUTS-RlMlis 

Sur  la  rose  pompon  de  la  bouche  d'Alice 

Le  jour  vole  un  sourire,  abeille  au  dard  méchant  ; 

Le  soir  l'abeille  .  {,  et  tendre  et  sans  malice, 

f  P«'  i  ) 

La  rose  désarmée  embaume  le  couchant. 

Q  U  A  T  R  A  I  .N 

Herscliell  et  Leverrier,  ces  dénicheurs  d'étoiles, 
Cherchent  des  astres  d'or  au  sombre  azur  des  soirs  ; 
Mais  moi,  sur  ton  beau  flanc  que  nuagent  tes  voiles. 
J'ai  dans  un  ciel  de  lait  trouvé  deux  astres  noirs  ! 

2112.  OuÉoN  :  La  Vie  Nouvelle. —  Vaudeville  :  Les  Sou- 
venirs; les  Idées  de  M.  Beaucornet.  Le  Moniteur  unirerscl, 
1.")  avril  18G7. 

2113.  (Livres:  Goya,  par  Charles  Yriarte.  ~  Versailles: 
Tobie.— Les  Templiers,  opéra.  Le  Monileuv  universel,  22-23 
avril  1867. 

2114.  Autour  de  l'Exposition  universelle  (I.).  L'Orient. 

Le  Moniteur  universel,  iô  avril,  et  le  Moniteur  universel  du 
soir,  26  avril  1867.  Le  début  de  cet  article  a  été  réimprimé 
en  1877  dans  le  tome  deux  de  l'Orient  par  Théophile  Gau- 
tier, sous  le  titre  de  /((  Perse;  il  ne  forme  que  les  six  der- 
niers paragraphes  de  ce  chapitre.  La  suite  et  la  fin  de  cet 
article  sont  entrées  dans  le  même  volume  sous  le  titre  de  : 
Egypte;  vue  générale,  morceau  dont  elles  forment  le  début. 
(Voir  nos  2122  2'  et  2133 '''^) 

II.  22 


33«  IIISTOimC  DKS  <>Kl  VUl.S   l>l.  TU     «.M  TH:i!. 

Jl  11.  Nécrologie  :  Henri  Varlct.  —  (Livres  :  Les  Pères 
et  les  Enfants,  par  Ernest  Lcgouvc.  h'  Muiiiltiir  luiircrsi'l, 

•J'.l  ,iviil    ISii", . 

■Jl  t(i.  Une  Préface,  i  Préface  du  Catalogue  de  la  Vente  de 
quatre  vingt-six  tableaux  dessins,  aquarelles  et  études 
provenant  de  l'atelier  de  M.  Ingres).  Lr  Muiiiliur  iinirn-sd, 
1  mai  ISC.T.  I,;i  vente  l'ul  lii'ii  les  (i  et  7  mai  1807.  Une 
parlie  (le  cet  arliole,  jointe  a  im  IVap-meiil  relalil"  à  une 
veille  dé  livres  t|ui  n'a  eeilaiiiemeiil  pas  élé  éci'it  par  Tln-n- 
phile  Gautier,  a  élé  réimprimée  sous  sa  si;.'ii.itiire,  en  un 
seul  morceau  intitulé  :  Vetilcs prochainrs,  dans  lu  ('Inimiijiii' 
lies  ai'tsvidi'  1(1  riiriofiilr  (In  :28  avril  18()7. 

2M7.  (L'Odalisque  à  Paris. j  L(t  Lihcrlr,  i mai  1S()7.  (les 
vers,  pulilies  sans  litre  dans  le  imirnal,  ont  (''té  i'éimprini(''S 
sous  celui  (jne  nous  jeiii'  ddiininis  iei,  en  1870,  dans  le  Inine 
deux  dos  Poésies  Conqjlctcs  de  Tlu'ophile  (iaulier.  lis  f'taienl 
arcompacnés  dans  Ut  Lihrvlr  de  ce  cnmmenlairc  : 

Nous  avions  aiiiioiicé  une  maliiiéede  lahleaux  vivants 
cliez  madame  la  comtesse  de  Castcllane,  dans  son  liùlcl 
de  la  rue  Spontini.  Dans  un  tableau  représentant  If 
Harem  de  Tunis,  madame  Rimsky  Koi'sakow,  reviHue 
(l"un  splendide  "1  imM-\eilleux  costume,  présent  du  lje> 
(le  Tunis,  qui  lui  e\|iiimait  ainsi  avec  cette  clo(|iience 
si  orientale,  sa  gratitude  pour  le  séjour  (ju'elle  avait 
fait  à  Tunis,  était  gracieusement  étendue  sur  un  soplia 
tunisien,  appuyée  sur  un  coude,  tenant  dans  une  main 
une  guitare,  et  exprimant  par  son  attitude  la  volup- 
tueuse nonchalance  des  l'emmes  du  harem.  Dans  la 
coulisse,  une  voix  chantait  une  mélopée  de  circonstance; 
la  toile  s'est  baissée  au  milifii  des  plus  vifs  applaudis- 
sements. 

Au  second  tableau,  on  a  vu  en  scène  madame  Rimsky 
Korsakow  et  M.  Théophile  Gautier.  Ce  dernier  n'a 
pourtant  i)as  paru  en  personne  ;  il  était  représenté  par 


I.SC.T.  lidd 

une  pièce  île  vers  iiiiil  avait  improvisée  le  malin  poiii- 
la  belle  sullane,  el  que  celle-ci  est  venue  dire  à  un 
public  (l'élite  avec  un  grand  cliarme  de  diction.  Voici 
ces  vers  :  c'est  une  pi'inieui-.  croyons-nous  : 

De  bien  jolis  vei's,  mais  dans  la  bouche  de  madame 
Korsako^\,  exprimant  un  peu  d'ingratitude  pour  ce 
pauvre  bey  de  Tunis,  (pii  lui  a  si  galamment  envoyé  ce 
beau  costume. 

La  iiialinée  en  question  eut  lieu  le  nieiri'edi  l'''  inui  18(i7. 

Madame  Rimsky  Koisakow  avait  publié  en  1863  un  volume 
signé  :  madame  R***  K***,  et  intitulé  :  Une  Saison  à  Faria; 
ce  livre,  quoique  portant  le  nom  de  Dendi,  comme  éditeur, 
ne  fut  pas  mis  en  vente;  il  est  très  rare,  et  Théophile  Gau- 
tier passe  pour  l'avoir  revu  et  en  avoir  corrigé  les  épreuves; 
il  est  parlé  du  poète  à  la  paj^e  101  de  cet  ouvrage. 

2118.  THÉAT.iE-kvr.iuL'i';  :  Roméo  et  Juliette.  —  Théatri:- 
Fbançais  :  Les  Roses  jaunes.  —  Porte  Saint-Martin  :  re- 
prise de  la  Closerie  des  Genêts.  —  Théâtre  Déjazet  : 
reprise  de  :  les  Prés  Saint-Gervais.  —  Concert  de  Vivier.  — 

Le  Mniiilciii'  itiiii'rrsi'l,  (1  mai  18(17. 

2ll'J.  UrEiiA  :  Débuts  de  mademoiselle  Granzow  dans  la 
Source.  —  (Livres:)  Les  Jardins,  par  Arthur  Mangin, 
illustré  par  divers.  Le  Monilrnr  anirerscl,  13  mai  18tj7. 

2119 '''^  Autour  de  lExposition.  II.  (La  Chine;.  Le  MonUeur 
universel,  19  mai  1867.  Cet  article  a  reparu  en  1877  dans  le 
tome  premier  de  rOr/cn/  par  Théophile  Gautier,  sous  le  titre 
de  Chinois  et  Russes  à  VExposition  universelle  de  Paris,  1867. 
Il  a  été  aussi  reproduit  dans  l'Artiste  du  1<^''  novembre  1867 
sous  le  titre  de  :  rUnivcrs  à  Paris,  souvenirs  de  C Exposition. 

2120.  Odéon  :  Les  Deux  Jeunesses.  —  GaItè  :  Le  Testa- 
ment d'Elisabeth.  —  (Nouvelles).  Le  Mi.niteur  universel, 
20  mai  1807. 

2120 '''^  Autour  de  l'Exposition.    III.  Au  bord  de  l'eau)> 


340  FIISTOIUK  DKS  n|;i  Mil, s   Hl.  ill.  <.Al   lllili. 

L<-  Miilliliur  iiiiirrr^rl.  Jti  iii.ii  ISllT.  1  il  l'i;i^'llH'iil  de  Cfl 
ai'liflf  il  rf|i.iin  li"  limli'iiiain  dans  If  M'uulciir  nniwrscl  du 
mir,  sous  If  lilu'  de  :  If  Si(ii>lt(iii(lic. 

■2\2\.  \  AUDKViu.K  :  reprise  de  la  Dame  aux  Caméllias.  — 
PoHTK  Saint-Mautin  :  mademoiselle  Duverger  dans  Phèdre. 
—  (Fête  au  Ministère  de  l'agriculture  .  /.<■  M'>iillnir  idiim- 

Si'l,  2~  mai    I  Si, 7. 

-M  JJ.  Salon  de  1867.  MM.  Gustave  Doré;  Puvis  de  Cha- 
vannes.  Le  Mii)iiliur  iDilvirsfl,  ;t  juin  1807. 

(Ici  arlirlo  est  le  seul  (|iic  Tlircipliile  Gaiilirr  ail  ('(ril  sur 
If  .^aldii  do  1807;  ahsorlic  par  les  coiiiiitcs  rendus  de  \'\i\- 
pdsilion  iniivorst'lle,  l'écrivain  renouca  ;ï  faire  son  travail 
annuel;  il  a  viù  réiniprinn  m  partie  dans  l'Arlisli'  du 
i"  îiviil  18G9,  sous  le  tihv  t\c  :  lis  TitblniKX  dr  la  rie  o<n- 
teinpiirainc. 

2122-'.  Autour  de  l'Exposition.  YV.  L'Egypte).  Lr  Mmilnur 
unircrsrl,  7  juin  1807.  (Irl  urlicic  a  tHi';  r(''inii)rinié  en  1877 
dans  le  (onic  deux  do  /'0/"?('»/ par  Théophile  Ciaulicr,  conimo 
lin  du  oliapiire  intitulé  :  É(j]iple,  vue  générale;  il  en  l'orme 
les  treize  derniers  paragraphes.  (Voir  n"  211  i-.) 

2122^".  Le  Musée  du  Louvre.  Vari>i  Guide;  |iar  les  prin- 
cipaux écrivains  et  arlisles  de  la  France.  Première  partie  : 
la  Science,  l'Art,  ln-18  Jésus,  LVIll-930  papes.  (Pap-e  ;{0:i). 
Paris,  imprimerie  Poupart-Daiyl ;  Librairie  intcrnaliunalc. 
Pri.\  :  10  francs  (Voir  n"  2110.). 

Cet  important  travail  fui  écrit  pour  le  Paris  Guide,  ou- 
vrage que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  n°  4711  de  la  Bihlio- 
graphle  de  la  Vranrc  du  8  juin  18(37.  !1  contient,  comme 
citation,  un  fragment  du  feuilleton  du  Motiiteur  universel dn 
20  novembre  iS.'i.'i,  sur  la  Joconde  de  Léonard  de  'Vinci.  Sous 
le  litre  de  :  Guide  de  l'amateur  au  musée  du  Louvre,  et  com- 
plété par  d'autres  iravau.x,  il  forme,  depuis  1882,  uu  volume 
des  œuvres  de  Théophile  Gautier. 

212.3.  Opéra  :  La  Muette  de  Portici.  —  Opkra-Comique  : 
reprise  de  lÉtoile  du  Nord.  —  (-irqce  dk  l'Impératrice  : 
1  équilibriste  Antonio:  Léotard;  les  lutteurs;   les  améri- 


1867.  .-ill 

cains.  —  Concerts  de  Strauss  de  Vienne,  et  de  Bilse.  Lr 

Moiiitrur  universel,  l(i-ll  juin  lîSGT. 

2124.  Théathe-Lyuiqui-:  :  débuts  de  mademoiselle  Devriés 
dans  la  Somnambule.  —  Sai.m:  Ventadouk  :  Elisabetta.  — 
FoLiKs-DuAMATKjUES  :  Le  Pérc  Gâchette.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 17  juin  1867. 

2123.  Thkatre-Français  :  reprise  d'Hernani.  Le  Moniteur 
universel,  2o  juin  1867.  Cet  article  a  reparu  en  1874  à  la 
suite  de  l'Histoire  du  Romantisme  ]mv  Théophile  Gaiilier, 
sous  le  titre  de  :  Reprise  d'Hernani,  le  2i  Juin  1867. 

2126.  OiiKON  :  Athalie.  — Thkathe-I.yrique  :  madame  Van- 
denheuvel-Duprez  dans  Faust  et  mademoiselle  Balbi  dans 
la  Flûte  enchantée.  —  Ambigu  :  reprise  de  Rocambole.  — 
(PoRTE-SAiNT-MARriN  :   reprise  de   la   Biche  au  Bois  .  Le 

Moniteur  unieersel,  l-r  juillet  1867. 

2127.  A  madame  Marguerite  Dardenne  de  la  Orangerie, 
sonnet,  (iazette  des  infants,  7  juillet  1867.  Ce  sonnet  existtî 
aussi,  imprimé  sur  une  page  à  part,  et  intitulé  :  Marguerite, 
sonnet.  A  Madame  Dardenne  de  la  Orangerie.  Nous  croyons 
qu'il  fut  écrit  pour  la  fêter  le  20  juillet  1866,  car  s'il  eût  dû 
lui  être  offert  le  20  juillet  1867,  Théophile  Gautier  ne  l'eût 
pas  laissé  imprimer  dans  un  journal  quelques  jours  aupa- 
ravant; il  porte  du  reste  la  date  du  19  juillet  1866  dans  le 
tome  deux  de  ses  Poésies  Complètes,  où  il  est  publié  sous  le 
litre  de  :  A  Marguerite  ;  à  madame  Marguerite  Dardenne  de 
la  Grangerie ;  sonnet  H. 

2128.  Vaudeville  :  reprise  de  la  Famille  Benoiton.  — 
(Livres  :)  Thorvaldsen,  sa  vie  et  son  œuvre,  par  Eugène 

Pion.  Le  Moniteur  unieersel,  8  juillel  1S67. 

2i2U.  Nécrologie  :  François  Ponsard;  Lambert  Thiboust  ; 
Eugène  Tourneux.  —  Salle  Vkntadouk  :  Troupe  Anglaise. 
—  Odéon  :  reprise  du  marquis  de  Villemer.  Le  Moniteur 
universel,  lo  juillet  1867. 

2130.  Cirque  du  Prixce  Impérial  :  Troupe  Japonaise.  — 
C.AiTP:  :  Le  Casseur  de  Pierres;  l'Ours  et  le  Pacha;  troupe 
espagnole  ;  la  Perea  Nena.  Le  Mnnifear  unin'rsrl,  22  juillet 


.11.'        iii-roiHF.  nr:>;  <^:rvni:s  ni:  m.  cArriKi!. 

18r»7.  I,<'  (li'liiit  (II'  ci'l  arlicli'  ;i  de  iiiroiiiiilrlciiit'iil  iviiii- 
priinr  l'ii  IS77  diiiis  If  lotnr   |iii'mi(i   ilr  l'Oiiciil    \m\v  Tliro- 

|illili'  (ijllllirr.  sniis  I"  lilli'  A'  \iriiliilhx  il  >:illliliil"illiilirs 
nrlintiiii.r. 

•2\.i\.  (iYMNAsi;  :  La  Cravate  Blanche.  —  Tiikatiu;  Intf.ii- 
NATioNAL  :  La  Smala,  danses  moresques,  les  Aïssaouas. 
Le  Mouiti'ur  unii'crsrl,  2'.l  juillcl  ISIIT.  I..1  di-i  iiiiif  |i;irlir  de 
n»  roiiilli'liHi  ;i  t''l('  I  rimpriiiii'i'  t'ii  1K77  ilaiis  k'  Idiiic  second 
di'  l'Oriiiil  |i.ii  'riiiiipliil"'  ("i.inlirc.    sous  le  lidr  t\\\i>iS(i(iii(i.<. 

i[.\[  '"'.  Autour  de  l'Exposition.  V.  L'Isthme  de  Suez.  />< 

Mnititrur  uuivcrsri,  '.\  iuiûl  IsilT.  <".rl  ail ic le  a  vW'  iriinpiiiiir 
t'ii  1877  dans  le  Ininc  scrniid  de  rihiiiil  par  Tlié()[»liil(' 
♦  laiilior,  sous  le  lili'c  de  :  rirllniii'  'If  Siirz.  dans  la  si't'h' 
inliliili'c  :  K(i!/jili\ 

2132.  Le  Nouvel  Opéra.  Lr  Mnuid'ur  viiim'srl,  :»  aofil,  cl 
/('  Mnuilnir  miirrrsil  ihi  siiir,  7  aoTil  ■|S()7. 

■2i:t;!.  Tni:ATiu.;-l'H.\.Nr.\is  :  reprise  du  Duc  Job.  —  (IaItm  : 
reprise  du  Juif-Errant.  —  Ambicu  :  reprise  de  la  Tour  de 
Londres.  —  (.ir(jue  Napoléon  :  Les  Japonais  du  Taïcoun.  — 
Concert  de  Bilse.  L^  M"iiihui-  iiiiiicrscl,  12  aoùl  1807.  In 
rra;;in('iiL  de  ce  leiiilieton  a  élé  i(''ini|iiiiiié  en  1877  dans  le 
lome  premier  de  rCh'ient  par  Tln'opliile  (laiilier,  sous  le 
litre  de  la  Troupe  iln  Titii-iiiin  ,  d  ilalé  par  eireur  du 
29  aoAl  1867. 

2 1 :]o '•'.  Autour  de  l'Exposition.  VI.  Missions  évangé- 
liques  protestantes.  Le  Moniteur  iiiiirrrsi'L  Ki-17  aonL  1807. 
Cet  ailiele  a  reparu  en  1877  dans  le  lonie  d(Mix  de  fOriml 
par  Tliéopliile  Gautier,  sons  le  litre  de  :  .1//,ss/ri».s  rnniné- 
litjucs  ;  ro,li(jin}iA  l'I  supci'><tiliiiiis. 

2i:{t.  Odkon  :  reprise  de  François  le  Champi.  —  Photo- 
graphies de  M.  Ad.  Braun.  de  Dornach  Haut-Rhin),  d'après 
les  dessins  originaux  des  grands  maîtres.  Le  Munili'ur  uni- 
versel, 19  aofit  1867. 

2135.  École  des  Beaux-Arts  :  Envois  de  Rome;  Prix  de 
peinture,  de  sculpture  et  d  architecture.  Le  Mnnileur  vni- 

leisel.  21   aoùl    lS(i7. 


1867.  ri  13 

2135 '''^  Autour  de  l'Exposition.  VII.  La  Perse.  Le  Moni- 
teur universel,  24  aoùi  1867.  Cet  article  a  été  réimprimé  en 
1877  dans  le  lome  second  de  /'Or/ett^  par  Théophile  Gautiei', 
comme  déhiil   du  chapitre  intitulé  :  la  Prr^e  (Voir  n"  2ili\ 

2136.  Théâtre  Déjazet  :  reprise  de  les  Mystères  de  l'Été. 
—  Hippodrome  :  débuts  de  maderaoisella  Azella.  —  (Livres  : 
Paris,  par  Gustave  Claudin).  Le  Moniteur  universel,  2()  août 
1867. 

2137.  (Disette  théâtrale.  —  Livres  :  Voyage  alunis,  par 
M.  Léon  Michel.  Le  Moniteur  universel,  2  soptemhre  1867. 
Une  partie  de  cet  article  a  reparu  en  1877  dans  le  tome 
deux  de  l'Orient  par  Théophile  Gautier,  sous  le  titre  de  : 
Tunis. 

2138.  (Nécrologie  :)  Charles  Baudelaire.  —  Italiens  : 
réouverture.  —  Gaîté  :  reprise  de  Peau  d'Ane.  —  15oufi-es- 
Parisiens  :  La  Main  leste  ;  la  Bonne  aux  Camélias.  — 
(Concerts).  Le  Moniteur  universel,  9  septembre  1867.  Un 
fragment  de  cet  article  a  été  réimprimé  en  1874  dans  les 
Portraits  Contemporains  par  Théophile  Gautier,  sous  le  tilre 
de  :  Charles  Baudelaire. 

2139.  Sur  les  toits  (de  lExposition  universelle).  —  OpÉnA- 
CoMiQUE  :  débuts  de  mademoiselle  Derasse.  —  Cirque  du 
Prince-Imperial  :  Les  frères  Hanlon.  Le  Moniteur  universel, 
17  septembre  1867. 

2I39'''^  Autour  de  l'Exposition.  VIII.  Exposition  Belge. 
Le  Moniteîir  universel,  22  septembre  1867. 

2140.  OoKON  :  Les  Beaux  messieurs  de  Bois-Doré.  — 
Gymnase:  Albertine  de  Merris.  Le Monittur  universel, 23 sep- 
tembre  1867. 

2141.  Grammaire  des  arts  du  dessin,  par  Charles  Blanc. 

Le  Moniteur  universel,  30  septembre  1867. 

2142.  Thkatre  dks  Folies-Saint-Germain  :  reprise  d'An- 
tony.  —  Italiens:  débuts  de  Mongini.  —  Théâtre-Lyrique  : 
débuts  de  Massy.  —  (Madame  Ernst  à  Bade).  Le  Moniteur 

universel,  7  octobre  1867.  Un  l'raj^nient  de   cet  article  a  été 
réimprimé  en  1874  à  la  suite  de  l'Histoire  ilu  Ihunantisme  par 


yi4        lll^T(llUl■;  i)i:s  (»i:lvhi:>^  m;  th.  (i.viTii'it. 

Tliroiiliili'  Cijiulii'i',  sons  le  lilic  de  :  /'/  Hi'i>risc  (VAntunij  cti 
octobir  ISCiT. 

•2\V\.  Comédies  d'Aristophane,  traduites  par  M.  André 
Feuilltiuorte.  —  lUu  ii  i  s-I'musikns  :  L'Heure  du  Diable; 
les  Forfaits  de  Pipermans.  Lr  Mniiiinn  /(/(/rr/sc/,  :21  octtilirt' 
18G7. 

21 JV.  Opkha  :  La  Fiancée  de  Corinthe;  reprise  du  Cor- 
saire.—  TiiÉATHK-I.viiiui  I-::  Les  Bluets.  //'•  Mniiiliur  aniirr- 
srI,  -28  orlobiT   IStlT. 

■2\\:>.  L'Iliade,  traduction  de  Leconte  de  Lisle.  —  Réou- 
verture des  Concerts  Pasdeloup.  Le  Monitcuv  universel, 
4  novembre  18G7. 

2146.  Gymnask  :  Le  Roman  d'une  honnête  femme.  Le 
Moniteur  universel,  11  novembre  18G7. 

2147.  Nécrologie  :  Philoxéne  Boyer.  Le  Mmileur  universel, 

19  novcnihio,  cl   Mimiliur    iinireiscl  du  soir    (en     partie), 

20  novembre  1867.  Dos  fragments  de  cet  article  ont  été 
réimprimés  en  1874  dans  le  volume  de  Thôophilo  Gautier, 
iiititulé  :  Partniits  Cn)ilemj)ornins. 

Théophile  fiaiilicr  fut  l'cmplacé,  comme  rrilKjiu!  théàliiil 
an  Monileur  unieersel,  par  M.  Xavier  Aubryct,  pourrarlicle 
(lu  lundi  suivant;  il  sa|,,'issail  de  rendre  compte  du  Robinson 
Crusoé  d'OtTenbach,  et  par  une  bizarre  superstition,  l'au- 
teur des  Émaux  et  Caini'es  ne  voulut  jamais  pailer  de  ce 
compositeur,  qui  passait  pour  jetlalor.  Bien  qu'installé  à 
Neuilly,  sa  résidence  ordinaire,  il  se  dit  absent  a  lin  do  se 
soustraiie  à  cette  obligation. 

2148.  Portraits  littéraires;  Gérard  de  Nerval.  ITn/rcrs 
illustré,  23,  M  iiovouibro,  7  et  14  docombio  1867.  Cette 
notice  reparut  l'année  suivante  en  lôte  du  tome  premiei" 
des  Œuvres  Complètes  de  Gérard  de  Nerval  {les  Deux  Fdust),  et 
en  187b  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier  :  Portraits  et 
souvenirs  lilti'rairrs,  Klle  est  datée  du  :  «  2  Novembre  1867, 
jour  des  Morts.  » 

2140.  Opéra  :  reprise  de  Guillaume  Tell.  —  iTAUtxs  : 
reprise  de  Linda  di  Chamouni.  -    (Fantaisies-Pahisfennes  : 


18  fi  7.  3ir, 

reprise  du  Planteur).  —  Quelques  mots  préalables  sur 
Hamlet  (joué  par  madame  Judith).  Le  Moniteur  iinivemct, 
2  décembre  1867.  L'n  fraymeiil  de  cet  article  a  repaiu  en 
1874,  complétant  le  cbapitre  intitulé  :  Monpou,  à  la  suite  de 
VHisfoire  du  Romantisme  par  Tliéopbile  Gautier.  Un  autre 
fragment  du  même  feuilleton  a  été  réimprimé  en  janvier 
1808  dans  une  brocbure  intitulée  :  Madame  Judith  dans 
Hamlrl. 

SIjO.  Les  Quatrains  de  Kéyam,  traduits  du  Persan  par 
M.  J.-B.  Nicolas.  Le  Moniteur  universel,  8  décembre  1867. 
Cet  article  a  reparu  en  1877  dans  le  tome  deux  de  l'Orient 
par  Tbéopliile  Gautier,  sous  le  titre  de  :  Poésie  Persane;  les 
quatrains  de  Kéyam;  il  a  été  réimpiimé  aussi  dans  l'Artiste 
du  1"  janvier  1869. 

2101.  Gaîtf,  :  Hamlet.  —  Gy.mnask  :  Miss  Suzanne.—  (Le 
monument  de  Méry).  Le  Moniteur  universel,  9  décembre  1867. 
l'u  fragment  de  cet  article  a  aussi  reparu  en  janvier  1868 
dans  la  brocbure  intitulée  :  Madame  Judith  dans  Hamlet. 

2102.  Beaux-Arts  :  Collection  Khalil-Bey.  Le  Moniteur 
universel,  14  décembre  1867.  Cet  article  a  servi  de  Préface 
au  Catalogue  de  la  Vente  de  Khalil-Bey,  qui  eut  lieu  les 
16,  17  et  18  janvier  1868. 

2i.i3.  Théâtre-Lyrique  :  Cardillac.  —  Chatelet  :  Gul- 
liver. Le  Moniteur  universel,  16  décembre  1867. 

2153'''*.  Le  Château  de  Chambord,  photographié  par 
Mieusement  ;  avec  un  texte  historique  et  descriptif  par 
Auguste  Millot,  précédé  d'une  introduction  par  Théophile 
Gautier.  Première  livraison  ;  in-folio,  quatre  pages  et  plan- 
ches. Imprimerie  de  Poupart  Davyl,  à  Paris.  —  A  Blois,  ehez 
l'auteur.  Prix  :  6  francs  par  livraison. 

L'édition  de  cet  ouvrage,  que  nous  trouvons  inscrite  sous 
le  n»  11039  de  la  Bibliographie  de  la  Franee  du  21  décembre 
1867,  ne  fut  pas  continuée,  et  l'introduction  de  Théophile 
(iautier,  qui  devait  paraître  avec  la  dernière  livraison,  no 
fut  pas  écrite. 

En  187d  seulement,  celte  monographie  fut  publiée  com- 


.11(1        iiisToiitK  i)i:s  (H  r\i!i:s  dk  th.  cattiku. 

jilt''lt',  il.iiis  iiii  .iiilic  t'oiiiial.  Il  nv  l'sl  |iliis  (iiirsliim  ilr  l'iii- 
troiliK'lidii  pioiiiisc. 

.Nous  M'.ivdiis  point  (loiiiii'  dr  mmit'io  spr-cial  h  col  oii- 
viai>-(*,  pai'  la  laisdii  (|ui'  Tli('i>itliilc  (lautiiT  ny  pailicipa 
n''(Miom»'iil  pas. 

2l.i».  riii;ATiii:-l'BANr..MS  :  Madame  Desroches.  —  VAUDr- 
vii.i.K  :  Le  Frère  aine,  h'  Moiiilnir  imirrrsrl,  SA  décombi'i' 
IStiT. 

2l...i.  Les  Livres  :  Jehan  Foucquet;  les  livres  illustrés: 
Le  Nouveau  Testament  de  N.  S.  Jésus-Christ;  Histoire  et 
légende  des  plantes  utiles  et  curieuses,  par  M.  Rambos- 
son:  Paul  et  Virginie.  Lr  Mnnihur  iiiiirn-sel,  2o  décenilno 
\H(\~.  lue  |>ailit'  (le  ccl  ailicli'  a  r('|iaiii  (lan?  l'Avlhte  iln 
l"  tiovciiiliri'  ISCiO.  snus  le  titre  de  :  Ji'Ihdi  V(Hirrpic(. 


1868 


21.)6.  Nécrologie  :  Théodore  Rousseau.  Le  Monileitr  nni- 
verxrl,  4  janvier  1808.  Un  iVagiiienl  de  cet  article  a  été 
réimprimé  en  1874,  à  la  suite  de  l'Histoire  du  Rnmantiamc 
par  Théophile  Gautier,  et,  dans  l'Artiate  de  novembre  1871, 
cette  fois  sous  le  titre  de  :  Pai/sagisfea  contemjwrmns  ;  Théo- 
dore Roii.<if<eaH. 

21.i7.  Opkra  :  mademoiselle  Fioretti  dans  la  Source.  — 
Thkatre-Lyrioue  :  La  jolie  Fille  de  Perth.  —  Gaîté  :  Les 
Treize.  —  Théâtre  Ci.uny  :  Les  Sceptiques.  Le  Moniteur 
universel,  fi  janvier  1808. 

2io8.  Odéon  :  Didier  ;  la  Saint-François  ;  les  Amoureux 
de  Marton.  Le  Moniteur  universel,  l'.i  janvier  1868. 

2i;»9.  Théophile  Gautier  à  Charles  Garnier.  L'Univers 
illustré,  18  Janvier  1868.  UUnirrrs  illustré  accompagna  la 
publication  de  ces  vers  de  la  note  que  voici,  note  signée 
N.  P.  et  due  à  la  plume  de  M.  Noël  Parfait. 

Par  une  de  ces  bonnes  fortunes  qui  n'arrivent  qu'aux 
indiscrets,  il  nous  est  tombé  sous  la  main  un  délicieux 
bijou  poétique,  dont  nous  nous  empressons  de  parer 
noire  journal.  L'éniinent  artiste  qui  l'a  ci.selé  en  se 
jouant  ne  nous  saura  pas  mauvais  gré,  nous  l'espérons, 
d'avoir  emprunté  à  son  riclie  écrin  ce  joyau  littéraire, 
pour  le  plus  grand  profit  du  public.  Nous  avons  alTaire. 
Dirii  merci,  non  point  à  un  Cardillac  égo^iste  et  farou- 


348       iii^TMiiir:  DKs  oinviii-.s  m:  th.  cm  iiKii. 

tlir.  rcrociMnonl  jaloux  di's  itrodiiclifuis  di'  son  lalciil, 
mais  hicii  iiliilôl  à  un  Iw'iiM'nulo .  insoiicioiisciui'iil 
proiliuMc  (les  tr(''Sors  de  son  i^rnir. 

In  MKd  d  r\|di(  alioii.  loiildois. 

Driiiièronn'iil .  M.  ('.liai  les  Ciariiior,  l'an'InliMic  du 
noiiM'l  ()|)(''ra,  a\ail  in\di'  M.  Tliropliilc  (iaulicr  à  dinci' 
flu'/  lin  avi'c  (|ii('li|iirs  amis.  i>a  veille  du  jour  li\é  jioii!' 
fode  auape  rialeiiirll(\  M.  (laiiiier,  sacliani  par  cteiir 
son  Théophile, — (pii  ne  ré|)ond  Jamais  aux  hîllres  cl 
n"a  clioz  lui  ni  idiime,  ni  papier,  ni  encre,  car  il  ne 
travaille  que  dans  les  imprimeries,  —  envoya  an  poèle 
une  enveloppe  avec  une  belle  lenille  de  papier,  une 
plume  (le  Humboldl  a  poinle  de  diamaid,  de  la  poudre, 
enlin  ><  (oui  ce  «pi'il  l'aiil  pour  écrii'e,  »  comme  dit 
M.  Scrihe.  InspiiT  sans  duiile  par  la  splendeur  azurée 
(lu  vélin,  l'auteur  d'Émnu.v  et  Camées  improvisa,  à 
Tadresse  de  M.  Garnier.  l'épitre  suivante  en  vers  mo- 
nnrimes  ;  jeu  d'esi)i'it  dont  lui  seul  pouvait  se  tirer  avec 
tant  de  bonheur,  tour  de  force  littéraire  qui  se  résume 
en  un  petit  chef-d'ieuvre  ! 

M.  Garnier,  qui  s"aide  de  la  pliiuu'  aussi  bien  (jiie  du 
crayon,  répondit  sur-le-champ  par  uneépîlrc  également 
monorime,  et  contenant  le  même  nombre  de  vers.  La 
lecture  des  deux  épitres  ne  fut  pas  la  moindre  friandise 
du  dessert. 

Le  XIX'  Sii'flc  (lu  (i  iiuvL'iiibre  1872  les  publia  de  nouveau 
sous  le  litre  de  :  les  Annisemcnls  de  Gautier,  datés  du 
26  octobre  1867,  et  accoiiipa^més  d'un  commentaire  de 
M.  Francisfjue  Sarce^-  ;  nous  allons  le  reproduire  avec  celte 
version  des  vers  qui  est  très  ditl'érente  de  Ja  première  ;  nous 
ignorons  laquelle  des  deux  est  conforme  à  l'autographe  ; 

Hier,  je   dinais   chez  Garnier,  et   la   conversation 


1868.  319 

loniba  sur  noire  pauvre  Théophile  Gautier.  Garnier  se 
mit  à  rouiller  dans  ses  tiroirs  et  à  chercher  les  lettres 
qu'il  avait  de  lui. 

Parmi  ces  papiers,  je  trouvai  une  pièce  de  vers,  par 
laquelle  Gautier  acceptait  une  invitation  à  dîner.  Elle 
me  parut  amusante,  et  je  demandai  permission  de  la 
copier. 

La  voici.  J'imagine  iiuon  aura  (juelque  plaisir  à  lire 
cette  fantaisie,  en  ne  la  prenant  que  pour  ce  qu'elle 
est  :  un  amusement  de  société.  Mais  c'est  l'amusement 
d'un  homme  d'esprit,  qui  maniait  la  rime  comme  pei"- 
sonne. 

26  octobre  1867. 

Garnier,  grand  maître  du  fronton, 
De  l'astragale  et  du  feston. 
Mardi,  lâchant  là  mon  planton, 
Du  fond  de  mon  lointain  canton 
J'irai  chez  toi,  tardif  piéton, 
Aidant  mes  pas  de  mon  bâton 
Et  précédé  d'un  mirliton. 
Duilius  du  feuilleton, 
Je  viendrai  portant  un  veston 
Jadis  couleur  de  hanneton. 
Sous  mon  plus  ancien  hoqueton, 
Les  gants  et  le  col  en  carton. 
Les  poitrails  à  la  Benoiton 
Et  les  diamants  en  buuton 
Te  paraîtraient  de  mauvais  ton 
Pour  ce  fraternel  gueuleton 
Qu'arrosera  le  piqueton. 
Que  ce  soit  poule  ou  caneton, 
Perdrix  aux  choux  ou  miroton, 
Pàlé  de  veau  froid  ou  de  tlion, 


3:.ii        iii>-iitii;i;  iii:s  (»i;i miks  m.  m.  (iViTiKU. 

Nids  il  liii'oiitlcllt's  lie  (laiilon, 
(Ml  pousse  d'ail  sur  un  «Torildii, 
iNiisnn  ou  liacliis  de  iiKnilmi, 
I*aiii  liis,  lirioi'lii'  nu  pinialnn, 
Ai;;('iil('uil  (tu  Hiannc-MouloiK 
(lidrc  on  pale  aie  de  lUiilun, 
(".lie/.  Lucnllns  on  clir/  («ilon 
.1)'  m'cniplii-ai  ins(|u°au  menton, 
Avalanl  lout  i'(Muiui'  un  i^louton 
Sans  laisser  un  soni  logaton 
Ponr  la  dossortc.  an  niaiiniton. 
Pendant  co  l)an(|Uîi  de  Platon. 
Mèlant'Atliènc  à  C.liarcnton, 
On  parlera  do  Welliiiyton 
Et  du  soldai  de  Marathon, 
D'Aspasie  ou  de  Mous(|uelon 
Et  du  Saint-lV'rc  et  du  santon  ; 
Chacun  lanceia  son  dicton, 
Allant  du  char  de  l'haéton 
Aux  locomotives  Crampton, 
De  V  Iliade  il  V Oncle  Tom 
VX  de  Bahjlone  à  lioston. 
A  très  graud"peine  saura-t-on 
Si  c'est  du  lias(|ue  ou  du  teuton, 
Du  sanscrit  ou  du  has-hreton... 
Puis,  vidant  un  dernier  rhyton, 
Le  ténor  ou  le  haryton, 
Plus  faux  qu'un  cornet  à  piston, 
Sur  l'air  de  :  Tonlaine,  tonloii, 
Chantera  Philis  ou  Gothon 
Jusqu'à  riieure  oi'i  le  vieux  Tilou 
Chasse  l'Aurore  au  frais  téton. 
Mais  il  faut  finir  ce  centon 
A  la  manière  d'Hamilton, 
Où  j'ai,  pour  mieux  rimer  en  lan, 


4  868.  3.:.l 

Fait  de  la  muse  Jeanneloii. 
Dans  mon  lauteuil  à  capiton, 
En  casaque  de  molleton, 
Coillé  d'un  bonnet  de  coton. 
Je  m'endors  et  je  signe  :  Ton... 

Ami  (le  cœur  et  de  iiluaic. 

Théophile  (Iautieij. 

Cette  même  version  a  reparu  eucorc,  en  1873,  dans  le 
volume  publié  à  Bruxelles  et  intitulé  :  Pocsies  de  Théophile 
Gautier  qui  ne  figureront  pas  dans  ses  œuvres,  puis  dans  le 
supplément  du  Figaro  du  .30  avril  1876,  sous  le  titre  d'Un 
tuur  de  force  poétique.  Kn  1870,  on  les  trouve  encore  dans 
le  volume  de  M.  Louis  Loire  inlituiés  :  Les  joyeux  propos  de 
table,  d'où  la  Gazette  uneedotique  du  30  juin  les  extrait  sous 
le  lilre  A' Acceptation  à  diner.  En  1876  aussi,  leur  pre- 
mière version  est  enlin  entrée,  datée  par  erreur  du  28  octo- 
lire  1867,  dans  le  tome  deux  des  Poésies  complètes  de  Tbéu- 
phile  Gautier,  sous  le  titre  de  :  A  Charles  Garnier ;  réponse 
à  une  invilation  à  diner  ;  épitre  monorime. 

Voici  enfin  des  variantes  inédites  di;  ce  niorce.iii;  nous 
en  (levons  cnc(ue  l'intéressanle  (  oinniuniealion  à  M.  P.  L;i- 
laime  : 

Garnier,  grand  maître  du  Ironlon, 
De  l'astragale  et  du  feston, 
Abandonnant  le  feuilleton 
Où  l'on  me  retient  de  planton, 
Du  fond  de  mon  lointain  canton, 
Par  omnibus,  puis  en  piéton. 
Aidant  mes  pas  de  mon  bâton, 
Précédé  par  un  mirliton. 
Qui  jouera  fontaine,  tonton, 
Comme  au  consul  le  fut,  dit-on. 
Je  viendrai  vêtu  d'un  veston. 
Sans  gants  et  sans  col  en  carton. 


3r.-2        iiisïoiiti;  i»Ks  (h;i  \ui:s  ih;  th.  i.ai  tikii. 

Sans  cliomiso  à  lu  Hciuiildii 
Avec  des  perles  pdiir  lioiitoii  ', 
Mais  en  Itoliènic  df  Ikhi  ton. 
Prendre  ma  |iarl  «lu  i^iiiiilrloii. 
Kl  siroter  I(>  |)i(|iiel(tn. 
(Jiie  ce  sdil  poule  ou  eaiieton, 
Filet  madère  ou  miroton, 
Pâté  de  veau  Iroid  ou  di'  thon, 
Nids  d'hirondelles  de  Canton 
Ou  f,'ousse  d'ail  sur  un  eroùton, 
Paisau  ou  rata  de  mouton, 
Pain  Itis,  luioelie  ou  paualou, 
Artjenteuil  ou  Branne-Mouton, 
Chez  Lueullus  ou  chez  Caton, 
Je  m'en  mettrai  jusiju'au  menton; 
J'avalerai  comme  un  glouton. 
Sans  laisser  un  seul  rogaton 
Pour  la  desserte  au  marmiton. 
Mais  il  faut  linir  ce  centon, 
A  la  manière  dllamilton, 
Qui  pour  muse  prend  Jeanneton, 
La  grande  Itiune  au  dur  téfou, 
Et  prendrait  aussi  bien  (Jotlion, 
Mademoiselle  Mousqueton 
Ou  toute  autre  drcMesse  en  ton, 
Arrivant  du  pays  breton. 
Dans  mon  fauteuil  à  capiton, 
En  casaque  de  molleton, 
Coillé  d'un  bonnet  de  colon 
Je  m'endors  et  je  signe  :  Ton... 

Ami  de  cœur  et  de  plume. 

Théophile  Gautier. 

I.  Variaute  effacée  de  ce  vers: 

Me  «Jécouvrant  jusqu'au  téton. 


1868.  353 

2160.  Théâtre-Français  :  Anniversaire  de  Molière  :  la 
Valise  de  Molière.  —  Théâtre  (^lijny  :  Les  Sceptiques.  Le 

Moniteur  uuiri'rael,  20  janvier  1868. 

2161.  Théâtre-Français  :    Paul    Forestier.    Le  Moniteur 

universel,  28  Janvier  1868. 

2162.  Voyage  en  Bateau  sur  la  Meuse.  Les  Anlennes 
illustrées,  {France  et  Belyiqui);  i)ulili(''rs  par  Elizé  de  Monla- 
•finac.  Premier  volume.  Grand  iii-quaito.  133  pages  et 
12  planches.  Paris,  imprimorie  ('l'ii/e.  Librairie  L.  Uitehetlr 
it  C^e.  Prix  :  quarante  francs. 

Ce  volume  est  indiqué  sous  le  n»  87o  de  la  Bibliographie 
de  la  France  du  ter  février  1868. 

Ce  récit  d'une  excursion  exécutée  en  juin  1867  a  reparu 
en  1881  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier,  intitulé  :  les 
Vacances  du  Lundi,  tableaux  de  montagnes,  sous  Je  titre  de  : 
Voyage  d'exploration  sur  la  Même  pur  le  chaland  :  la  Beauté. 

2163.  Italiens  :  Il  Templario.  —  Gymnase  :  Le  Comte 
Jacques.  Le  Moniteur  universel,  3  février  1868. 

2164.  Ambigu  :  Le  Crime  de  Faverne.  —  Athénée  : 
L'Amour  et  son  carquois  ;  reprise  de  :  C'est  pour  ce  soir  : 
mademoiselle  Moya.  Le  Moniteur  universel,  10  lévrier  icStiS. 

216:;.  Opéi\a-(^omique  :  Le  premier  jour  de  bonheur.  — 
Fantaisies-Parisiennes  :  La  Croisade  des  Dames  ;  l'Élixir 
de  Cornélius;  reprise  du  Farfadet.  —  Concert  de  M.  Lamou- 
reux.  Le  Moniteur  universel,  17  février  1868. 

2166.  Italiens  :  Don  Giovanni.  —  Théatre-Francais  : 
Don  Juan.  —  Nécrologie  :  Dauzats  ;  Gabriel  Tyr.  Le  Moni- 
teur universel,  2i-  février  186N.  Ces  deux  dernières  notices 
nécrologiques  ont  été  réimprimées  incomplètement  en  1874 
dans  les  Fortraits  contemporains  par  Théophile  Gautier. 

2167.  Odéon  :  reprise  de  Kean.  —  Vaudeville  :  Les 
Rivales.  —  Gymnase  :  Un  Mari  comme  on  en  voit  peu  : 
Comme  elles  sont  toutes.  —  Athénke  :  Soirée  de  lecture 
de  Madame  Ernst.  Le  Moniteur  universel,  2  mars  1868. 

2168.  Portraits  littéraires  :  Charles  Baudelaire.  L'U)ii- 
11.  23 


351  MlSTOinF  DFS  OIvrvnKS   Di;  TH.  <..\l  TIKI!. 

vas  iilusln,  7.  li.  21.  -JS  mais.  î.  Il  ri  IS  ,ivnl  INC.S.  Celle 
nolice,  dat»n-  dHii>  li'  innni.il  du  JO  lévrier  IHllH,  re|i.i- 
riit  la  mr-iiif  aiiiire  m  Irle  des  Fleurs  ilii  tixil,  loiiie  pre- 
inier  des  H'.iints  inmiihiis  de  Charles  Hauddaiie.  Kn  187."», 
olie  ct^l  entrée  aussi  dans  le  volume  de  riir(i[iliil(!  (iaiilier: 
VitHi'itifs  cl  Souvenirs  litlvrdiirs. 

2 il)'.».  Italiens  :  Matilde  di  Shabran.  —  Concerts.  — 
TnK.xTiiK-FHANnAis  :  Lc  Baiser  anonyme.  —  Le  Portrait  de 
Molière.  —  Aquarelles  et  études  de  Pils.  L'  Mnniliiir  tmi- 
vcrsJ,  0  mars  18tj.S.  l.a  deriiu'ri'  parlie  de  ee  Iruillelon  a 
servi  de  préfaee  au  Cutniotjiic  de  la  vente  de  PiLs,  ijni  eiil 
lieu  le  2!J  avril  snivaid  ;  elli'  a  été  réimpiimée  aussi  dans  la 
Chrnniijitr  des  nrh  cl  de  la  ririositr  du  12  avril  de  la  menu- 
année,  sous  le  titre  de  :  Vinlrs  jirorhaiivs  ;  CnlIcrliiDi  de  M.  li. 

2170.  Opkra  :  Hamlet.  —  Chatklkt  :  Le  Vengeur.  Le 
Munitrur  itinvcrsel,  i(i  mars  tSOS. 

2171.  La  Bonne  Soirée.  l'aris-Majaziih  ,  22  mars  [HM. 
Ces  vers  ont  reparu,  en  1872,  dans  la  sixième  édition  des 
Émaux  et  Camées  qu'ils  n'ont  plus  quitlés.  Dans  le  journal, 
ces  vers  sont  datés  de  «  janvier  1808.  » 

2172.  TiMOATiiK-l.viuQUK  Salle  Ventadour  :  reprise  de 
Faust.  ---  Concerts  populaires.  —  TuKATUK.-l-HANrAis  : 
reprise  de  Bataille  de  Dames.  —  Cvmnase  :  Les  Grandes 
Demoiselles.  —  Vaudeville  :  reprise  des  Parisiens  de  la 
Décadence.  —  Porte-Sain r-.M a iîtin  :  reprise  de  Glenarvon. 
—  vVente  de  M.  Horsin-Déoni.  Le  MuiiUcur  utiiccrsel , 
2:1  mars  1808. 

217:;.  Itai,ii:.\s  :  Giovanna  d'Arco  ;  les  époux  Tiberini 
dans  I  Puritani.  —  Théâtre-Français  :  La  Revanche  d'Iris. 
Le  Moniteur  wiiversel,  30  mars  1808. 

2171^.  Monsieur  Saint-Maurice,  le  bon  chevalier,  émail 
de  Claudius  Popelin).  L'Artiste,  I't  avril  18G8.  Voici  cet 
artirle  : 

Quel  ai'l  admirable  que  celui  du  peintfe  émailleur  ! 
Léniail  seul  se  rit  du  temps  cl  conserve  dans  leur  vierge 


1868.  355 

pureté  les  œuvres  qu'où  lui  conûe.  Lorsque  tout  se 
fane,  se  décolore,  s'enfume  et  disparaît,  il  garde  son 
éclat  immarcescible  comme  une  pierre  précieuse.  Il  ne 
change  pas  plus  de  ton  que  le  rubis,  le  saphir,  l'éme- 
raude  ou  la  topaze.  Pour  le  déti-uire,  il  faut  le  briser  à 
coups  de  marteau  ou  de  hache,  mais  les  années  qui 
useut  tout  de  leur  lime  silencieuse  n'y  peuvent  pas 
mordre. 

L'émaillerie  est  un  art  essentiellement  français,  et 
Limoges  paraît  en  avoir  été  l'Athènes  ou  la  Rome  ;  si 
bien  que  le  mot  opus  lemovi'cense  désigna  partout  un 
travail  de  ce  genre,  quelle  qu'en  fût  d'ailleurs  l'origine. 
L'émail,  si  llorissant  au  Moyen -Age  et  pendant  la  Re- 
naissance, a  subi  une  sorte  d'éclipsé  ou  plutôt  de  dégé- 
nérescence depuis  deux  ou  trois  siècles.  Sans  qu'il  fût 
totalement  abandonné,  on  lui  demandait  des  effets 
contraires  à  sa  nature,  par  suite  de  la  même  erreur  qui 
faisait  chercher  la  vérité  dans  la  peinture  sur  verre. 
Sans  vouloir  méconnaître  d'estimables  travaux,  on  doit 
à  Claudius  Popelin  d'avoir  ramené  l'émaillerie  dans  sa 
véritable  voie.  Les  superbes  émaux  qu'il  a  exposés  aux 
dei-niers  Salons  sont  présents  à  toutes  les  mémoires  et 
montrent  l'excellence  de  son  système,  c'est-à-dire  la 
libre  interprétation  de  la  nature  relevée  par  l'élégance 
llorentine  des  galbes,  le  caractère  ornemental  des  ajus- 
tements et  la  franchise  conventionnelle  des  colorations. 
Un  émail,  on  ne  saurait  trop  insister  sur  ce  point,  n'est 
pas  un  taldeau.  Son  but  et  ses  moyens  sont  autres.  Il 
ne  faut  pas  penser  à  l'imitation  exactement  minutieuse 
des  teintes  réelles  que  présentent  les  objets  lorsqu'on 
exécute  un  émail,  non  plus  que  lorsqu'on  peint  une 
fresque.  L'important,  c'est  l'originalité  de  la  conccp- 


350  lll>T(>IHK  DliS  ni;i  Mil.S   DK  TH.   (.AI  Tll.l;. 

Iidii.  Il'  .i:raii(l  >l\l('  ilii  ilc^>iii,  la  iicrir  des  Imiriiiircs  •'! 
l'asiicii  inaiiislral  (|iit'  sail  (lniiiicr  an  inuindi'c  drlail 
Tarlislc  vraimnil  diLiiir  Av  cv  iioiii.  Il  \  a  corU's,  clioz 
rciiiaillctii',  1111  alcliiiiiislf.  iiiic  cspèco  di'  sonniciii'  lici- 
liu''li(Hi('  pciirlir  a\('c  iiii|iiirliid('  sur  ses  fourneaux,  ri 
(|ui  Iransiinir  les  iiiélaiix.  sillon  en  ov.  du  moins  rn  cou- 
leurs sidendidt's,  el  lai!  de  lernes  oxydes  \iliiHables, 
d'élincelanles  pieiierics.  Mais  il  l'anl  prendre  j^ardc 
(jue  le  lalioraloiii'  ne  reinpnrle  sur  l'alejier,  el  l'ou- 
vrier  sur  l'ailisle.  I>"iiiip(»rlanl .  c'esl  le  dessin,  la 
science,  le  .lioùl  ;  le  lourde  iiiaiii  s'actpiieil  bien  vile, 
el  la  plus  liourense  cuisson  ne  liansforme  pas  une  com- 
position mal  Iracée,  mèiiie  quand  les  o>'s,  les  transpa- 
rences sur  paillons,  les  roufies,  les  Mous  el  les  verls 
seraient  nialcM-iellemenl  bien  réussis.  Claudius  Popelin 
a.  mieux  (|ue  nous  ne  saurions  le  faire,  posé  ces  prin- 
cipes dans  son  excellenl  livre  inlitulé  :  VEmail  des 
Peintres,  émail  bien  dilTérenl  de  celui  des  orfèvres  et 
des  copistes  de  tableaux.  A  la  théorie,  ce  traité  ex-pro- 
fesso  joint  les  préceptes  les  plus  pratiques  et  les  plus 
sûrs,  dans  un  style  à  dessein  légèrement  vieilli  qui  fait 
penseï-  au  langage  naïvement  signilicatif  et  plein  de 
bonhomie  familière  des  anciens  traités  d'art.  On  y 
retrouve  l'accent  paternel  de  Bernard  Palissy  el  de 
Cennino-Cennini  découvrant  au  lecteur,  comme  à  un 
élève,  les  secrets  du  mélicr. 

Quand  on  veut  donnei-  l'idée  d'un  auteur,  on  choisit 
dans  son  livi'c  une  citation  qu'on  découpe  el  (ju'oii 
enchâsse  dans  une  page  de  revue  ou  de  journal.  i.a 
meilleuie  manière  de  faire  connaître  un  artiste,  c'est 
de  monlrei'  la  gravure  d'une  de  ses  œuvres.  Aucune 
phrast^  n'étpiivaut  en  ce  cas  au  moindi-e  croquis.  Voici 


18»)  8.  3.-W 

donc  un  Iraii  sur  liois  de  M.  Prunaire,  qui  a  iïrav<''  axoc 
tant  de  goût  les  iigures,  les  lettres  ornées  et  les  enca- 
drements de  V Émail  des  Peintres.  Ce  bois  représente 
«  Monsieur  Saint Mavrice,  le  Bon  Chevalier  »,  encadré 
dans  un  petit  portique  d'ébène,  style  Renaissance.  Le 
saint  guerrier  est  figuré  de  profd  sur  un  fond  bleu-noir 
que  moucbètent  des  croix  d'or  recroisetées,  comme  on 
dirait  en  termes  de  blason.  Un  nimbe  d"or  s'arrondit 
derrière  sa  tête,  et  une  couronne  de  vert  laurier,  noué 
d'un  ruban  blanc,  presse  ses  cbeveux  blonds  coupés 
carrément  à  la  mode  du  moyen  âge,  comme  pour  mêler 
la  gloire  du  soldat  à  celle  du  saint.  Les  traits,  nette- 
ment dessinés  et  arrêtés  comme  un  ci-ayou  d'Ingres, 
ont  une  fermeté  douce  qui  convient  à  un  cbrétien  et  ;"i 
un  chevalier.  Les  cbairs,  préparées  en  grisaille,  sont 
légèrement  rehaussées  d'un  rose  pâle  tirant  sur  le  sau- 
mon, qui  exprime  suftisamment  la  couleur  de  chair 
dont  il  ne  faut  pas  chercber  les  nuances  exactes  dans 
un  émail  décoratif.  Une  armure  d'acier  bleuâtre  avec 
deux  cercles  imbriqués  au  gorgerin  recouvre  et  protège 
la  poitrine  du  preux  sanctifié.  Sur  cette  armure  joue  une 
ccharpe  verte  hachée  de  lumière  d'or  et  retenue  à 
l'épaule  par  une  plaque  blasonnée  «  à  la  croix  d'argent 
sur  champ  de  gueules.  »  La  main  droite,  ramenée  dans 
le  cadre  étroit  par  un  raccourci  savant,  se  ferme  avec 
une  décision  vigoureuse  sur  la  poignée  de  fer  d'une 
grande  épée,  comme  prête  à  défend i-e  dans  un  élan  che- 
valeresque les  ennemis  de  Dieu  et  du  souverain. 

Il  n'est  pas  besoin  d'insister,  puisque  le  dessin  est 
sous  les  yeux,  sur  le  caractère  de  cette  figure  à  la  fois  si 
héro'ique  et  si  naïve,  sorte  d'Achille  sorti  de  la  légende 
dorée,  et  qui  justifie  si  bien  la  légende  inscrite  dans  un 


3bH        iiiSToiiii:  iii>  Mi.i  \i;i;s  in'.  ïii.  i;\iTii;it. 

(•arloiu'lir  an   lias  du  cailrc  :  «  Moiisioui'  Sainl  Maiii'icc, 
|r  l>on  ClnnalitT.  » 

Tliropliilo  Gautier. 

•2I7!>.  Sai.i.k  m;  C.onskuvatoihi.  :  Le  Dante  ;  le  Jugement 
dernier.  —  (»i'i-h.k-(;o.mhji'i:  :  reprise  de  la  Part  du  Diable. 
L>  Mouitritr  iniiirrsrl,  fi  aviil  1808. 

2170.  Odkon  :  Le  Roi  Lear.  —  Concerts.  Le  Mnnitcur  iiiti- 
rfr.se/,  1:1-1»  avril  ISCH. 

2177.  (Rapport  sur  les  progrés  de  la  poésie.  Rapport 
sur  le  progrés  des  lettres  depuis  vingt-cinq  ans,  |i;ii 
.MM.  S\  l\  l'sli'f  (II-  Sar\ ,  l'icil  l''cv;il,  Tliropliilc  (laulirr  cl 
Kduuanl  Tliii-irv  ;  ;;raii(l  in-nclavo.  188  pafjcs.  Paris,  iniprl- 
mcrie  iinpt^ridlr.  l.iliraiiif  L.  liarluilc.  et  C'«.  Prix  :  7  IV.  i>(l. 

Nous  trouvons  cet  ouvrage  iiist  rit  sous  le  numéro  3201  do 
/'.'  Bllilin(iriiphie  de  la  Fruurr  du  18  avril  18t)8,  cl  l'Artistf 
du  !*■'  di't'ciiilire  di'  ccllç  inèine  année  en  cita  un  frafrmr'nl 
sous  le  lilii'  di'  :  /"  Poi^aie  cnntemjxiraine.  Kn  1874,  il  lui 
ivimprimé  à  la  suite  de  Vllisloive  du  Romantisme  par  Théo- 
phile (lautier,  sous  le  titre  de  :  les  Profjrès  de  la  pnrsie  fraii- 
eaise  dr2)uis  1830;  el  Théodore  de  Haiiville  lui  emprunta,  en 
i878,  les  lignes  (jui  le  courei  n;iient  |Miur  les  mettre  en  tèle 
de  la  nouvelle  édition  de  ses  ExUrs.  Voici  Vex-dono  inédil 
(pie  Tlié'ophile  Gantier  avait  écrit  à  la  première  pape  d'un 
exemplaire  d'épreuves,  daté  du  31  janvier  18G8,  qu'il  olïrit 
à  Sainle-Heuve  : 

A  roiulo  Beuvc,  poitlirc  tic  Magiiy,  docteur  ès- 
sciences,  poésie  et  critique  : 

Son  très  Imnible  neveu  et  disciple  présente  ce  rap- 
port, qui  aurait  dû  être  fait  parle  maître. 

Théophile  Gautier. 

Voici,  en  oidre,  un  l'raf^îment  inédit  de  ce  travail  ;  c'est 
un  autre  déiiut  de  l'ouvrage. 

Ce  n'est  pas  une  tàclie  aisée  que  de  déterminer  le 


1868.  30<t 

rôle  joué  par  la  poésie  clans  la  littérature  française  pen- 
dant les  dix-huit  années  qui  nous  séparent  déjà  de  la 
l'évolution  de  Février.  Il  n'y  a  pas  eu,  après  ce  renver- 
sement soudain  de  tout  un  ordre  de  choses,  d'Auguste 
Barlùer  secouant  le  fouet  de  ses  Ïambes,  de  poète  surgi 
tout  à  coup,  exprimant  dans  une  forme  inventée  les 
rancunes  anciennes  et  les  espérances  nouvelles.  L'ef- 
fervescence fut  politique,  l'épublicaine,  sociale,  mais 
nullement  littéraire.  Les  journaux,  les  brochures,  les 
pamphlets,  les  utopies,  les  systèmes,  inondèrent  les 
carrefours  ;  quant  à  la  poésie,  elle  garda  le  silence,  ou 
du  moins  les  clameurs  de  la  rue  couvrirent  sa  voix.  Il 
n'est  resté  dans  la  mémoire  des  lettrés  ni  du  peuple 
aucune  ode,  aucune  satire,  aucun  volume  de  vers,  qui 
date  et  caractérise  précisément  cette  époque.  Les  cou- 
rants poétiques,  grands  fleuves,  rivières,  ruisseaux, 
(|ui  avaient  leurs  sources  plus  haut  et  plus  loin,  con- 
tinuèi'ent  à  couler,  sans  que  la  foule  montrât  un  empres- 
sement bien  vif  à  y  puiser  pour  sa  soif. 

Les  noms  célèbres  qui  reviennent  dans  loutes  les 
citations  lorsqu'il  s'agit  de  poésie,  demeurèrent  les 
mêmes,  et  l'on  ne  voit  pas  bien  nettement  quel  nom 
nouveau  viendra  s'y  ajouter.  La  France,  d'ailleurs,  se 
contente  d'un  très  petit  nombre  de  poètes;  deux  ou  trois 
au  plus  lui  suffisent.  On  a  dit  :  Béranger  et  Casimir  De- 
lavigne,  plus  tard  :  Lamartine  et  Victor  Hugo,  et  depuis 
quelques  années  seulement  Alfred  de  Musset  a  obtenu 
son  escabeau  d'ivoire  à  côté  de  ces  trônes  d'or.  Main- 
tenant son  nom  se  place  naturellement  dans  la  phrase 
sacramentelle.  Cela  vient  de  ce  qu'il  n'y  a  pas  en  France 
de  poésie  populaire  dans  le  vrai  sens  du  mot,  car  on 
ne  peut  donner  ce  titre  aux  complaintes,  ballades,  et 


MO        iii^i'oiiii,  i(i:s  tii.i  \iii;s  i)i;  rii.  (..\i  tiku. 

cliansoiis  (li>  ('aiii|iaL:iii'  iriiiic  laiiniic  si  iniparrailc,  (riiii 
iviliiiii'  si  in\iiiim\  malj^ri'  tics  iiaïvoti''s  rliarinanti's. 
(les  jiassa^it'S  pleins  de  liaicliriir  cl  de  sciilitncnt.  (les 
cliaiils  sans  aiilriir  s(inl  aussi  inconnus  aii\  lialiilaiils 
(les  \ill('s  (|iii'  les  u'iiMcs  saNanti's  [\f^  aiilnn's  de  pru- 
rcssiiui.  I.i'  hasard  seul  en  fail  cnlcndit'  (pirhiuc  coii- 
pii'l.  ('(ininir  lin  clianl  d'oiscan  dcniric  iinr  liair,  dans 
i|iii'li|iu'  rare  excursion  au  fond  (riiiic  pru\ince  t'lui|j,iiée 
dos  fonlros. 

I.a  l'rance  n'il.  |iar  niallifiir.  son  urand  nioiivcnicnl 
pot'liipii'  à  une  rpoiiuo  où  sa  langue  n'était  pas  form(''n. 
Les  niaunilitpies  épopôos  du  cycle  carlovin^icn,  cos 
i/iades  aux(pit'llt's  n'a  niantiué  que  l'idiome  d'Homère. 
ne  sont  plus  inlelliaibles  deimis  i](">  siècles  ipie  ]ionr 
les  lellrés  ri  les  ènidils. 

Nous  t'eroiis  it'iiiai(jiU!i'  (|ui'  Tiii''i»iiliilc  (iaiilicr  scinIiIc 
avoir  écrit  ces  lignes  en  1800,  puisqu'il  dit,  au  début,  (pie 
dix-huit  ans  sont  éroidés  depuis  la  Tb-voliition  de  févriei- 
18  W. 

•2\18.  Opéra  :  rentrée  de  mademoiselle  Granzow  dans 
le  Corsaire.  —  Opkra-Comique  :  Mademoiselle  Sylvia.  — 
Athknick  :  Fleur-de-Thé.  Le  Moniteur  universel,  -20  avril 
1868. 

'217'>i.  rii.  dis  Variktks  :  Les  Abrutis  du  feuilleton;  le 
Régiment  qui  passe  ;  la  Comédie  bourgeoise.  Le  Monilcttr 
univerael,  27  avril  1868. 

2180.  Salon  de  1868.  I.  MM.  Gérôme  ;  Puvis  de  Cha- 
vannes  ;  Bin  ;  Czermack  :  Erhmann  ;  Laurent  Bouvier  ; 
MazeroUe  :  Guillaumet.  II.  MM.  Gustave  Doré  ;  Alma- 
Tadema  ;  Victor  Giraud  ;  Marchai  ;  Jacquet.  Lf  Mmiilein- 
universel,  2  et  3  mai  1868. 

2181.  Thratre-Fkanqais  :  Inauguration  du  Buste  d'Alfred 
de  Musset.  —  Italiens  :  La  Contessina.  —  (iv.MNASE  :  Le 
Chemin  retrouvé.  Le  Manil'  nr  nuln  rsvl,  4  mai  1808. 


1S(>8.  :n\[ 

21S2.  Catalogue  des  tableaux  anciens  et  des  marbres 
précieux  dépendant  de  la  collection  de  M.  le  comte  d'Es- 
pagnac,  doiil  la  vcnle  aura  lieu  le  8  mai  1868.  In-S". 

Ce  catalogue  est  précédé  d'une  préface  de  Théophile 
(îaulier;  elle  a  été  réimprimée  en  1883  dans  son  volume  : 
Soiivcnir.'i  df  thrâtre,  d'art  H  dr  rritit/Ki'. 

•2i82'''^  Salon  de  1868.  III.  MM.  Bouguereau  ;  Lévy; 
J.  Lefebvre  ;  de  Coninck  ;  Perrault  ;  Ranvier  ;  Lecomte- 
Dunouy  ;  H.  Leroux  ;  Foulongne  ;  A.  Legros  ;  Reynaud.  Le 

Monilcur  universel,  9  mai  1868. 

2183.  Catalogue  de  tableaux,  esquisses  et  études  par 
M.  JoUivet,  dont  la  vente  aura  lieu  les  11,  12,  13  et  14  mni 
1868.  ln-8«. 

Ce  catalogue  est  précédé  d'une  préface  par  Théophile 
(iaulier,  reproduite  en  1883  dans  son  volume  :  Sonvcnirs  de 
théUre,  d'arf  et  de  critiffiie. 

2183'^''.  Salon  de  1868.  IV.  MM.  Courbet;  Manet;  Monet , 
de  los  Rios;  Vollon  ;  Regamey;  Smits  ;  V.  MM.  Ribot; 
Schutzenberger;  Fromentin;  Jundt;  Zamacoïs.  Le  Mnnilciir 
imii-ersel,  11  et  17  mai  1808. 

2184.  OpÉRA-CoMiouE  :  La  Pénitente.  —  Fantaisies-P.\ri- 
siENNEs  :  Le  Barbier  de  Séville,de  Paisiello.  — (Nouvelles), 

Le  Moniteur  unirersrl,  18  mai  1868. 

2185.  Vente  de  Clésinger  ;  marbres,  terres  -  cuites , 
bronzes.  Le  Moniteur  universel,  21  mai  1868.  Cet  article  a 
reparu  en  tête  du  Catalogue  de  la  vente,  qui  eut  lieu  le  ;>  juin 
1868.  Il  y  contient  un  paragraphe  de  plus  que  nous  allons 
recueillir  ici  et  qui  doit  se  placer  après  le  vingt-quatrième 
de  l'article  : 

Les  bustes  du  roi  Jérôme,  du  prince  Napoléon,  sont 
d'une  exacte  ressemblance  et  d'une  grande  beauté  ; 
celui  du  roi  Jérôme  rappelle  un  buste  de  César  romain, 
et  dans  la  salle  des  antiques,  sur  une  demi-colonne  de 
brèche  jaune  ou  violette,  il  ne  se  distinguerait  pas  des 


'M'yj       iiisToiHF,  ni:s  (h:i  viiKs  i)i;  th.  caitikii. 

.iiitiTs.  KtMlni-Holliii.  All'icd  de  hiciix  cl  ('.l(''siiif>vi'  \)av 
liii-iiiriin'.  >o\\\  (les  iiiorct'aiix  lirs  n'inari|ii;ilil('s. 

In  ria,yiiii'iil  (le  ci'  iiiriiic  ailiili'  a  l'h'  iiisiTi'  aussi  dans/d 
i'hriiiiiiiiir  ilrs  aiis  ri  ilr  lu  niriusitr  du  :il  ni.ii  iStiS;  il  \  csl 
lit'.N  diniiiMM'  cl  liiv  i(  iii.inu' ;  ces  t'Iian^'Oini'iiis  ii'oiil  rcr- 
taiiioiiii'iil  pas  (Hé  exrfiili's  |iai  l'aiilcni',  Itit'ii  i|iu'  ci'llu 
1  ciiiiidui  liiui  ialsirirc  soit  si^^Ufr  di-  son  scid  nom. 

Jls..'  -.  Salon  de  1868.  VI.  MM.  Antony  Serres:  Hugrel; 
Lesrel;  Ch.  Letebvre;  Parrot  ;  A.  Weber;  Louis  Baader; 
Cambon  :  Chevallier;  Leyendecker.  VII.  MM.  Chenu;  James 
Tissot .  Scipione  Vannutelli;  Lucio  Rossi  :  Vautier;  Brion; 
Roybet;  Vibert  :  Calderon.  VIII.  MM.  Jules  Masse;  Viger  ; 
Worms  ;  Carraud  ;  Picou  ;  Brandon  ;  Antigna;  Saal;  Schle- 
singer;  Schreyer  ;  Madarasz.  IX.  MM.Brown;  Luminais; 
Adolphe  Leleux:  Armand  Leleux  ;  madame  Leleux;  MM. 
Lambron  ;  Huguet  ;  Mouchot  ;  de  Tournemine  ;  Toulmouche  ; 
Debon;  Bonvin  ;  Heilbuth.  7.'  .)/"/;//(7(/-  unii(rsrl,-2:>,-J.i\  mai, 
1-2  cl   V  juin  ISliS. 

2I.SG.  Tni:.^Tiii:-rR.\N(;,Ais  :  Le  Coq  de  Mycille.  — Vaudi> 
vii.i.ic  :  L'Abîme.  Lr  Muniteur  îinivrrsil,  \:\  .luin  1868. 

2187.  TnKATRES  ;  Madame  de  Chamblay;  Les  Orphelins 
de  Venise;  La  Czarine.  —  Nécrologie  :  Jules  de  Préraaray  ; 
Reliquiae  ,  par  Louis  de  Cormenin  .  Le  Mimilnu-  wrivcmcl, 
22  juin  1808.  LU  Ira.i^iiirnl  iuc,omi»lel,  de  la  dernicrc  partie 
de  cet  article  a  été  réinipiinié  dans  l'Artiste  du  l'-'''août  18fi8 
sous  le  litre  de  :  lirliqnix,  recueil  'poisthume  de  Louis  de  Cor- 
menin, et,  en  1874,  dans  les  Portraits  Contemporains  par 
Théophile  Gautier,  sous  celui  de  :  Louis  de  Cormenin. 

2187'".  Salon  de  1868.  X.  MM.  Corot;  Hanoteau;  Chin- 
treuil  ;  Bellel  ;  Belly;  Berchére  ;  Daubigny  (Charles-Fran- 
çois); Daubigny  Karl  -  Pierre)  ;  Camille  Bernier;  Mac- 
Callum  ;  César  de  Cock.  Le  M'uiilew  unirersel,  27  juin  1808. 

2188.  Thuatre-Fkançais  :  Agamemnon.  —  (Iy-mnase  :  Une 
Journée  de  Diderot;  les  Amendes  de  Timothée.  Le  Muni- 
Uur    unirersel ,  -1\)  '\u\n  1808. 


1868.  363 

2188 '•'^  Salon  de  1868.  XI.  MM.  Anatole  de  Beaulieu; 
Jules  Noël;  Ch.  de  Beaumont;  Arnold  Scheffer;  Schenck; 
Charles  Giraud  ;  Eugène  Giraud  ;  Saintin  ;  Clairin  ;  Détaille; 
Meissonier  fils;  Biennoury;  Roux;  Voilleraot:  Monginot. 
Le  MonUcur  universel ,  2  juillet  1808. 

2189.  Opéra  :  reprise  d'Herculanum.  —  Théatre-Fran- 
CAis  :  reprise  d'Une  Chaîne.  —  Nécrologie  :  Camille  Fiers. 

Le  Moniteur  unirersel,  G  JLiillel  18G8.  La  lia  de  cel  aiticio  a 
été  reproduite  eu  1874,  à  la  suite  de  l'Histoire  du  Roman- 
tisme par  Théophile  Gauliei,,  sous  le  lilio  de  :  Camille  Fiers, 
et  datée  par  erreur  du  G  juillel  18GG. 

SlSObis.  Salon  de  1868.  XII.  MM.  Giacomotti:  (Henri) 
Regnault;  mademoiselle  Nélie  Jacquemart;  MM.  H. 
Lehmann;  Cabanel:  Bonnegràce  ;  Olivié;  Dubufe;  Dehod- 
dencq  ;  mesdemoiselles  Isabelle  de  Nieberr  ;  Isidorine 
Mikulska  ;  MM.  Haro  :  Chaplin  :  madame  Henriette  Browne; 
MM.  Jalabert;  Méry  ;  Philippe  Rousseau;  Maisiat;  made- 
moiselle Brosset;  MM.  Valérie;  Ziem;  Oswald  Achenbach; 
Appian;  Lansyer;  Guigou;  Guillaumin;  Harpignies:  Nazon; 
de  Curzon;  G.  Castan;  Potter.  Le  Moniteur  universel,  %  juillet 
18C8. 

'2190.  Opéra-Comiqur  :  Le  Docteur  Mirobolan. —  Théatre- 
Cluny  :  La  Bohème  d'argent.  —  Tableaux  décoratifs  pour 
la  gare  de  Lyon,  par  M.  Despléchins.  Le  Monileur  universel, 
13  juillel  1868.  Un  court  frayaient  de  cet  article  a  été  cité 
aussi  daas  la  Cli)'rini(jue  des  arts  et  delà  euriosite  du  19  juil- 
let suivaat. 

2190  i-i^  Salon  de  1868.  XIII  et  dernier.  MM.  Falguiére; 
Carrier-Belleuse;  Frèmiet  ;  Crauk;  Jacquemart;  Carpeaux; 
Deschamps;  de  la  Planche;  Courtet;  Cordier;  Perraud  ; 
Fulconis:  Préault  ;  Valtat  ;  Amy;  Franceschi  ;  Deloye; 
Barre  ;  Bogino  ;  BuUier  ;  Bulio  ;  Cambos  :  Textor  ;  Vital- 
Dubray;  Manigher;  madame  Nicolet;  mademoiselle  Du- 
bois-Davesnes;  MM.  Ottin;  Mégret  ;  Herst;  Vibert;  Appian; 
Amaury-Duval  ;  madame  Escallier;  MM.  Stattler;  Cèlestin 
Nanteuil  ;  PoUet  ;  Tourny  ;  Jules  Crosnier.  Le  Munitear 
unicersel,  19  juillet  1808. 


;iiii        iiiSToiiu:  i»i:s  iti;i  viti:s  i»k  th.  caitikii. 

-JI'.M.  OpKUA  :  débuts  de  mademoiselle  Hisson  dans  le 
Trouvère.  —  (Iymnask  :  Les  Maris  sont  esclaves;  les 
Souliers  de  Bal.        CAin;  :   reprise  des  Fugitifs.   Lr  Mn- 

iiili  itr  iniiiiisrl.  'Jd  jiiilli'l    IHCiN. 

til'.t:'.  Revue  des  Théâtres.  (Sans  titre  .  /.'  Mnnilriir  imi- 
rrr^irl,  '21  jnillrl  ISf.S. 

-Jl'.):i.  Les  Vacances  du  lundi,  tableaux  de  montagnes. 
I.  Le  Mont  Blanc  Lr  Mouitcur  umverscl,  ',]\  août,  l",  'J,  ;t, 
7,  8  cl  23  scplcmliro  18(18.  (>.><  pages  avaient  Hi'  annoncées 
(l;ms  lr  Mioiitriir  uuirrrsrl  du  2'i- jiiillel  sons  le  simple  lilre 
(le  :  lr  Miiiit-ltlniic.  La  si'iie  loiil  l'iilirr»',  doiil  cet  article  n'es! 
ipie  le  ju'eniici'  cliapilic.  a  été  insérée  en  1881  dans  le 
volume  lie  Théophile  (iaulierqiii  porte  le  même  litre. 

Voici  il  propos  de  cclti'  séi-ic  une  lellie  inédile  de  Sainte- 
heuve  ù  Tlicopliile  (iaulier,  lettre  adressée  à  (ienève,  et  la 
plus  renianpiable  assurément  ipie  le  ciiliipie  ait  écrite  sur 
le  poète.  Nous  en  devons  encore  la  conununicalion  ;ï  M.  1'. 
Lalannr,  et  nous  l'en  lemercions  de  nouveau  hicn  viveuienl. 
Théophile  (iaulier  avait  cité  dans  son  article  du  23  septendtre 
(piel([ues  vers  de  Sainte-Beuve  sur  le  lac  de  Genève  : 

(Paris),  ce  '24  septembre  1868. 
Clior  Neveu, 

Toujours  le  même,  iinluliient  poiic  l'oncle,  lequel 
est  bien  étoniiù  qu'on  se  souvienne  de  lui,  en  face  de 
si  beaux  Hetix.  après  de  si  jïrands  noms,  mais  encore 
plus  charme;  et  reconnaissant  qu'cHonnt!*.  Ce  Léman, 
sais-tu?  est  une  merveille,  couronnant  cette  st'îrie  de 
merveilleuses  peintures;  cette  fois  je  suis  juge  des  plus 
compétens;  j'y  ai  v(*cu,  j'y  ai  pa.s.sé  des  saisons,  toutes 
les  révolutions  du  soleil.  Que  c'est  vfai,  que  c'est  saisi 
dans  le  moindre  détail  et  rendu  comme  personne  ne 
l'aurait  jamais  cru  possible  !  El  la  diversité  des  nuances, 
et  celle  des  vents,  des  bises  et  des  brises,  et  le  coté 


186  s.  365 

grec  de  celle  Helvélie  adoucie  :  «  C'est  là  que  linil, 
recourbé  comme  une  faucille  cVazur,  le  Léman,  ce  lac 
merveilleux,  morceau  de  Méditerranée  transporté  en 
Suisse.  »  Il  a  fallu  cent  ans  de  touristes  et  d'admira- 
teurs pour  trouver  cela.  Ton  Salève  et  cette  vue  pano- 
rama de  la  lin,  du  haut  de  ce  belvédère,  sont  d'un 
raaitre,  —  en  détail.  Cela  va  de  soi,  —  mais  aussi  en 
composition.  Tout  s'y  résume  sous  le  regard. 

A  toi,  cher  neveu, 

Sainte-Beuve. 

P.  S.  Le  précipice  est  de  quinze  —  pieds?  Un  mau- 
vais point  à  Fourché^  pour  cette  coquille.  Mais  qu'ils 
sont  jolis  ces  ânes  ! 

Nous  avons  lu  cette  lettre  avec  d'autant  plus  d'intérêt  que 
notre  appréciation  personnelle  est  tout  à  lait  d'accord  avec 
celle  du  grand  critique.  Cet  ouvrage,  trop  peu  connu,  de 
Théophile  Gautier  est  un  vrai  chef-d'œuvre.  Nous  avons 
trouvé  du  reste  dans  ses  lettres  de  cette  époque  la  preuve 
qu'il  avait  soigné  tout  particulièrement  ses  lécits  de  voyages 
en  Suisse  et  qu'il  y  attachait  un  grand  prix. 

2194.  (Retour  de  Suisse).—  Odéon  :  Jeanne  de  Ligneris. 
—  (Thkatbe-Français  :  reprise  des  Fâcheux).  Le  Moniteur 
universel,  14  septembre  1868. 

2195.  Théatre-Fiunçais  :  rentrée  de  madame  Arnould 
Plessy  dans  le  Misanthrope  ;  A  deux  de  jeu.  —  (Nouvelles^. 

Le  Moniteur  uniocrsel,  21  septembre  1868. 

2106.  Théatre-Francais  :  débuts  de  mademoiselle  Héri- 
court  dans  Andromaque.  —  (iAîrÉ  :  Nos  Enfants.— Théatre- 
Clunv  :  Les  Inutiles.  Le  Moniteur  universel,  28  septembre 
1868. 

1.  Pi'ote  au  Moniteur  universel. 


.•J66        iiisTdiKi.  Dis  (ii:rviii>  m:  th.  r.ArriKu. 

îl'.tT.  Italikns  :  la  Patti  nt  Fraschini  dans  Lucia  di  Lam- 
mermoor.  —  I'outk  Saint-Mahtin  ;  Cadio.  /.<•  M'^iulnir 
)(ni(i  iM  I .  .'i  oclohr.'  ISCiS. 

•JI'.tT'".  Les  Vacances  du  Lundi,  tableaux  de  montagnes. 
II.  Le  Mont  Cervin  :  I.  De  Bex  à  Viéqe.  II.  De  Viège  au 
Riffelhorn.  /,'■  Mnniliiir  loiircrsrl,  il  cl  10  ocIoIhi'  IHCiS. 
I(.'iiii|ii-imi'  ;iin>i  i|iii'  li'^  rliiipili  l's  siii\;nils,  <l;iiis  Ir  Vdliiiin' 
lie  Tllt'uiiliili'  (i.illIitT  |MiMii'  l'ii  INSI,  (|iii  [loilr  li'  liirliM 
liln\  r.t'i'i  ilil   iiiio  fois  |mmii   Imilr-.. 

Jl'.is.  lr.\i,ii:Ns  :  Crispino  e  la  Comare;  la  Traviata  ;  Il 
Barbiere.  —  Vaudkvii.i.i;  :  Ou  l'on  val  Lr  Mniiilnir  universel, 
19  oclobrt'  1808. 

2!08i"  .  Les  Vacances  du  Lundi,  tableaux  de  montagnes. 
II.  Le  Mont  Cervin  :  III.  Le  Mont  Cervin.  Le  Monilciir  iini- 
i-ir6cL  21  ocloliif  I.SCxS.  Des  lia^niciils  duce  reuillcton  ont 
été  nMin|triint''s  dans  le  Moniteur  imiversel  du  soii'  du  22, 
sous  \e  tilro  do  :  Un  Lever  de  soleil. 

2199.  TiiKAïuK-KuANÇAis:  Mercadet.  —  Italikns  :  la  Con- 
tessina  :  Marta:  Don  Pasquale.—  Thkathk-I.ybiqui':  :  reprise 
de  le  Val  d'Andorre.  —  Concerts  Populaires.  Le  Munilcur 
universel,  2(1  {iclolue  liSllH.  lii  rra<;in('nl  de  cet  article  a  été 
réimprimé  sous  le  lilic  de  :  Itnhac  auteur  et  comédien,  dans 
/''  Petit  Moniteur  universel  du  27  odobrr  1S0S. 

2109'"'.  Les  Vacances  du  Lundi,  tableaux  de  montagnes. 
(II.  Le  Mont  Cervin  i  :   IV.  De  Saint-Nicolas  à  Viesch.  L- 

M'inidtir  uniri'rscl,  28  (jclolirc  1808. 

2200.  Odkon  :  Le  Comité  de  lecture.  —  Cy.mnase  :  Thé- 
rèse Humbert;  Suzanne  et  les  deux  vieillards.  —  Vaude- 
VII. LK  :  Les  Affaires  avant  tout.  —  Ambigu:  Le  Sacrilège. 

Le  Monib'iir  nnirerscl,  2-i!  iiovciidirc  18(i8. 

2201.  TiitATKE- FiiANÇAis  :  Une  Histoire  ancienne.  — 
Peintures  au  Palais  de  justice  par  MM.  Lehmann  et  Bon- 
nat;.  Le  Moniteur  universel,  9  novembre  1868. 

22(tl  '''.  Les  Vacances  du  Lundi,  tableaux  de  montagnes. 
ill.  Le  Mont  Cervin;  fin)  :  V.  De  Viesch  àHospital.  Le  Moni- 
teur universel,  li  iiuvendtre  1SG8. 


18G8.  .167 

2202.  Odéon  ;  Le  Drame  de  la  rue  de  la  Paix.  Le  Monilcur 
universel,  18  novembre  1808. 

2203.  Vaudeville  :  LEnfant  Prodigue.  —  Gymnase  :  Le 
Monde  où  l'on  s'amuse.  Le  Monitiur  universel,  23  noveinhio 

18(18. 

2204.  Nécrologie  :  Félicien  Mallefille.  —  Théatre-Fran- 
r.Ais  :  Le  Lion  Amoureux;  Horace  et  Lydie;  Vers  à  Pon- 
sard,  par  Henri  de  Bornier.  —  Italiens  :  Semiramide.  — 
ÏHÉAiRE-l-vKini  E  :  Iphigéuie  en  Tauride;  l'Irato.  —  La  Fil- 
leule des  anges,  opéra  inédit.  Le  Monileur  unircr^el,  30  no- 
vembre 1868.  Un  fragment  du  débul,  de  cet  article  a  été 
réimprimé  en  1874  à  la  suite  de  YHistoire  du  Bomantisine 
par  TIiéo]ihile  Gautier,  sous  le  titre  de  :  Fclieien  Mallefille. 

220;>.  Sonnet  (La  Fuméej.  Lu  Vogue  Furhieime,  4  décem- 
bre 1808.  Ce  sonjiet  a  reparu  en  1870  dans  le  tome  deux  des 
Poésies  Complètes  de  Théophile  Gautier,  sous  le  titre  que 
nous  indiquons.  Dans  le  joui-nalle  tercet  tinal  est  écrit  ainsi  : 

J'allume  un  havane,  et  ma  bien-aimée 
Un  papelito  roulé  par  ses  doigts, 
Et  l'on  ne  voit  rien  dans  cette  fumée. 

Il  a  été  en  outre  réimprimé  conforme  à  la  version  de  la 
Vogue  Parisienney  et  sous  le  titre  de  Sonnet,  dans  l'Artiste 
du  l^<-  mai  1869. 

2206.  Opéra  :  madame  Miolan-Carvalho  dans  les  Hugue- 
nots. —  Opéra-Comioue  :  Le  Corricolo.  —  Vaudeville  :  Miss 
Multon;   Autour  du  Lac;   le  Petit  Voyage.    Le  Moniteur 

U7iirersel,  7  décembre  1808. 

2207.  Porte-Saint-Martin  :  reprise  de  la  Dame  de  Mon- 
soreau. —  Gaîté  :  La  Madone  des  Roses.  Le  Moniteur  uni- 
versel, 14  décembre  1868. 

2208.  Catalogue  des  tableaux  modernes,  dépendant  de  la 
collection  du  comte  de  ***,  dont  la  vente  aura  lieu  le 
17  décembre  1868.  ln-8». 

Ce   catalogue    est   précédé  d'une   préface   de    Théophile 


mn       iiisKiiiiK  i)i:s  oiaviiKS  dk  th.  cautier. 

(iaiilit'i-,  rf|ti(t(liiilt'  (Mi  18K3  ilaiis  son  voIiiiik"  :  Siiuvcuii'n  dr 
(lirtiln-,  (l'dil  cl  ilr  rrili(/U('. 

■lHy.K  riiKATiiK-l'RANfjAis  :  débuts  de  mademoiselle  Rei- 
chemberg  dans  l'École  des  Femmes.  —  Atiik.ni:ic  :  Les 
Horreurs  de  la  guerre.  —  La  Venise  de  Ziem.  /.'  Mniiih  ur 
i(nivt'rsrl,'i{  (K''0(Mnl)ro  ISliS.  ('.n  rt'iiillilnii  roiilicnl  1rs  para- 
^•raplies  trois  ri  i|ii.ili'i'  tli-  l;i  Pu  l'arc  ilii  (',.ilaln;^iic  ili-  la 
Vi'iilr  ili'  Zii'iii  iIiMil  nniis  allims  |iai  liT. 

i:\(K  Catalogue  de  la  vente  de  trente-quatre  aquarelles 
de  Ziem,  (Imil  la  venir  aura  lini  le  -21   tircciiiljic  [i^ijH.  Iii-N". 

La  im'lact'  de  Tlir(t|iliile  (lauticr  (lui  prt''ct''(l(;  ce  Oalalo^iic 
a  été  n'' imprimée  confornif  ri  inlép-alcnirnl  dans  l! Arlisli' 
(lu  1'' janvier  ISfiO,  sons  le  îilie  de  :  1rs  Ai/iKtivllfs  de  Zir)ii. 
Il  n'y  a  qu'un  seul  elian;,'enieni  dans  le  texte;  iorscjne  Théo- 
phile Ciaulier  dit  que  Ziem  fait  des  courses  dans  «  las  Camai- 
guas  »,  l'Arlistr  inqtrime  «  la  Camargue  ».  Celte  préiace  a 
M'paiu  aussi  en  1H83  dans  It^  volume  de  Th(''ophile  (iaulier 
intitulé  :  Snuccnitx  de  lln'iilrr,  irml  ri  dr  rrll il/Kl'. 

■21\  I.  IrAMKNs:  Otello  ;  la  Serva  Padrona.  —  Cmatklkt  : 
Théodoros.  Lr  Mmiili m-  unirrrsil,  2H  décembr'c  IHfiîS.  Ci'l 
article  est  le  dernier  rpie  Théophile  (iautiet  ail  énil  au 
Moniteur  imiversel;  on  sait  qu'à  dater  du  !«■•  janvier  18()!t,  le 
gouvernement  français  publia  lui-même  son  JnKinnl  Df'fi- 
ricl,  où  nous  letrouverons  i'auleui-  de  Farluiiin. 


1869 


2212.  Italiens  :  Mademoiselle  Minnie  Hauck  dans  la 
Sonnambula.  —  Opéra  Comique  :  bénéfice  de  madame 
Ugalde  ;  mademoiselle  Wertheimber.  —  Théatre-Fran- 
(jAis:  mademoiselle  Dinah  Félix  dans  les  Femmes  Savantes. 

—  Gymnase  :  Séraphine.  —  Amuigu  :  La  Princesse  Rouge. 

—  Palais-Royal  :  Le  Carnaval  d'un  merle  blanc.  Jounvil 
Officiel,  4  janvier  1869. 

2213.  Histoire  de  mes  bétes.  (I.).  Temps  anciens.  La 
Vogue  Parisienne,  8  janvier  1869.  Cet  article  a  reparu  clans 
le  Journal  Officiel  du  soir  du  22  janvier  suivant,  et  toute  la 
série  de  VHistoire  de  mes  bêles  a  été  réimprimée  en  un 
volume,  en  1869,  sous  le  titre  de  :  Ménagerie  intime;  nous 
donnons  ici  ce  renseignement  une  fois  pour  toutes.  La 
Vogue  Parisienne  avait  annoncé  cette  publication  dans  son 
numéro  du  !«■•  janvier  ;  elle  devait  former  alors  quatre  arti- 
cles sous  ces  titres  :  /,  Temps  anciens  ;  II,  Dynastie  blanche 
et  rats  de  Noruiège  ;  III,  Dijnastie  noire  ;  IV,  Coté  des  chiens 
et  la  Gazza  Ladra.  Un  fragment  de  l'article  qui  nous  occupe 
a  été  réimprimé  en  1874  dans  ï Anthologie  des  prosateurs 
français,  sous  le  titre  de  :  Madame  ThéojMb. 

2214.  Promenade  hors  des  murs,  sonnet.  Sonncls  et 
Eaux-fortes.  1869.  In-quarto,  9j  pages  et  42  planches.  Paris, 
imprimerie  Ctaye,  librairie  Lcmcrre.  Prix:  cinquante  francs. 

Nous  trouvons  le  volume  qui  contient  ce  sonnet  indiqué 
sous  le  N»  ,370  de  la  Bibliographie  de  la  France  du  9  janvier 
1869.  En  1876,  ces  vers  sont  entrés,  datés  du  25  octobre 
1868,  dans  le  tome  deux  des  Poésies  Complètes  de  Théophile 
Gautier, 

ji.  -21 


T,0  IIISTOIUE  DES  ŒUVIUîS  DE  ïll.  (.AUTIKH. 

•22i;i.  livi.ii.Ns:  Piccolino.  —  TiiKATiiK-l'itANÇAis  :  Les 
Faux-Mcnagos.  .hiiiriKil  Offuirl,  I  I  janviiT  1809. 

221.")''''.  Histoire  de  mes  bètes  ;  II.  Dynastie  Blanche.  In 
Viiijtir  l'iirifticunc ,  11»  jaiivici'  ISti'.l.  Hiiiii|M  iiiii'  dans  le 
Joiir))<il  Officiel  (lu  silir  du  SA  jainici  siiivaiil. 

22 1().  Sonnets  et  Eaux  Fortes  (un  volume  par  divers). 
Jiiurnol  (>ffi<i(l,   17  jaiivici'  ISCi'.!. 

2217.  TiiKATur.-l-iiAM.Ais  :  Anniversaire  de  Molière.  — 
Odicon  :  Le  Passant;  les  Droits  du  cœur.  .Inumal  Offirid, 
18  janvier  18C.'.l. 

221  S.  Itai.ikns  :  Mesdemoiselles  de  Murska  et  Hauck 
dans  Lucia  et  II  Barbiere.  —  (Opkha).  —  Tli  des  Variict^s: 
La  Roulette  :  le  Mot  de  la  fin.  —  Nécrologie  :  Paul  Huet. 
—  ^Vente  de  Paul  Lefort>.  .hiunidl  Uf/iilrl,  l*:>  janvici'  isci'.i. 

2218''''.  Histoire  de  mes  bêtes.  III.  Dynastie  Noire.  /-" 
Vogue  ParisioiHC,  2'.l  janvier  180'J.  En  ii''iiii|iiiiiiant  ce  cha- 
pitre en  volume,  l'aiileur  y  ajonla  l'avanl-dcrnier  para- 
firaphc  tel  qu'on  le  lit  aujoiird'lnii. 

2219.  Adrien  Guignet.  Magasin  pHloresquc,  janvier  1809 
(page  27).  lue  noie  de  cc^l,  arlicle  in(li(|ne  qu'il  est  écrit  j)ai- 
Théophile  (îauLier.  On  sait  que  les  travaux  publiés  à  celte 
époque  dans  ce  recueil  ne  sont  pas  signés.  Il  a  été  réim- 
primé intégralement,  eu  1880,  dans  les  Tableaux  à  la  plume 
jtai'  Théophile  Gautier.  (Vnii'  ii"  2264.) 

2220.  Oi'KHA  :  La  Juive  ;  Hamlet.  —  Italie.vs  :  Mademoi- 
selle de  Murska  dans  Linda  di  Chamouni.  —  Tiikatui:  Lviu- 
oi'K  :  Don  Juan.  —  iJoiii-i  s  pArusiicxs  :  Gandolfo  :  l'Écossais 
de  Chatou.  —  (Livres  :  Madame  Gervaisais  (par  Edmond 
et  Jules  de  Goncourt).  Journal  Of'fi'id,  l''-'  février  1809. 

2220'"'.  Histoire  de  mes  bêtes.  IV.  Côté  des  chiens,   bi 

Vogue  rarisienne,  '6  février  1809.  Cet  arlicle  a  reparu  dans 
le  Journal  Officiel  du  soir  des  17  et  18  février  1869.  En  l'im- 
primant eu  volume,  l'auteur  y  a  ajouté  une  courte  note. 
L'Almnnaeli  Parisien  pour  1871-1872  eu  a  cili'  un  fragment, 
cl  /''  Brreil  du  7  juin  1880  eu  a  aussi  reproduit  une  iiartie, 


1809.  371 

sous  le  lilre  d'Un  chien  chori^(jraphc.  Le  Gaulois  du  dimanche 
du  22  mai  1881  a  publié  de  nouveau  ce  chapitre  sous  le 
titre  de  :  Histoire  de  mes  chienti. 

2221.  Italiens:  Tamberlick  dans  II  Trovatore  ;  Made- 
moiselle de  Murska  dans  la  Sonnarabula.  —  Théatke 
Lyrique  :  mademoiselle  Orgenyi  dans  Violetta.  —  Ambigu  : 
Frederick  Lemaître  dans  Don  César  de  Bazan.  Journal 
Officiel,  8  février  1809. 

2221 '''^  Histoire  de  mes  bétes.  V.  Caméléons,  lézards  et 
pies.  La  Vogue  Parisienne,  12  février  1809.  Réiniitriiné  dans 
le  Journal  Officiel  du  soir,  le  23  mars  suivant. 

2222.  Odéon:  Mademoiselle  la  Marquise.  —  Vaudeville  : 
Le  Sacrifice  ;  Une  Vendetta  Parisienne  ;  Une  Nuit  au 
Champagne.  —  (Concerts).  Journal  Officiel,  13  février  1809. 

2223.  Italiens  :  Rigoletto  ;  Don  Pasquale  ;  Il  ballo  in 
maschera.  —  Tli.  des  Variétés  :  Une  fausse  joie  ;  l'Astro- 
nome du  Pont-Neuf.  —  (Concerts.  —  Vente  de  M.  Fourau). 

Journal  Officiel,  22  février  1809. 

2224.  Ambigu  :  La  Famille  des  Gueux.  Journal  Officiel, 
1"  mars  1809. 

2223.  A.  de  Lamartine.  Journal  Officiel,  8  mars  1869.  Un 
fragment  de  cet  article  a  été  réimpi'imé  dans  V Artiste  du 
1"  mai  suivant  sous  le  titre  de  :  les  Morts  vont  vite:  Lamar- 
tine, Calamatta  ;  il  a  été  aussi  incomplètement  réimprimé 
en  1874  dans  les  Portraits  Contemporains  par  Théophile 
Gautier,  et  dans  la  Gazette  de  Paris  du  1^''  juin  1872. 

2226.  Opéra  :  Faust.  Journal  Officiel,  9  mars  1869. 

2220 '"^  Histoire  de  mes  bêtes.  VI  et  dernier.  Chevaux, 

La  Vogue  Parisienne,  12  mars  1809. 

2227.  Nécrologie  :  Hector  Berlioz.  Journal  Officiel, 
16  mars  1809.  Un  fragment  de  cet  article  a  reparu,  en  1874, 
à  la  suite  de  l'Histoire  du  Romantisme  par  Théophile  Gai:- 
tier,  daté  par  erreur  du  10  mars  1870. 

2228.  Gavarni  :  Les  Douze  mois.  L'Illustration,  20  mars 


;n„>       iiisToiin:  i)i-:s  œuvres  de  ïii.  (..alitikh. 

ISG'.I.  C-i'  inomMii.  il  un  mur,  ;i  servi  tir  [uiriicc  à  liilliiiin  loii- 
U'iiaiil  li's  dessins  de  (tuvarni  |iidilir>  |i(uir  les  étreniies  de 
1S70,  sons  11-  lilre  de  :  /es  Itonn'  mnis,  ilcniirrc  œuvre  de 
(iaviinti. 

222',i.  IrAi.iKNs:  Petite  Messe  de  Rossini.  —  I'oute-Saint- 
Mahti.n  :  Patrie,  .fownal  Officiel,  22  mais  ISO'J. 

22;wi.  Nécrologie  :  Calamatta.  —  I'.u.ais-Hoyai,  :  Le  Dos- 
sier de  Rosafol  .  Madame  Pot  au  feu  ;  Deux  Portières 
pour  un  cordon.  —  Concert  de  M.  E.  Delaborde.  Jniinml 
Of/hiil,  2'.l-:i(l  mais  ISC.'.l.  lii  li  ai.'nienl  de  eel  aiiiele  a  re|.ai'n 
dans  rArtiste  i\n  1''''  mai  suivani  a\ee  eelui  s[\i  Ijiiiii'ivtine, 
sons  le  lilre  de  :  /«s  Mnrts  mut  rilc  :  LnnKiiiiiic,  ('iiliiiiKilld. 

l-l'.W.  Le  Jardin  d'Hiver  de  S.  A.  I.  madame  la  Princesse 
Mathilde.  L'Ulitslratinn,  :\  avril  18G'.).  il  inan(|iie  ilans  le 
|iaiai4ia|ilie  trois  (!eu.\  phrases  ((ni  ont  été  oubliées  snr 
l'épreuve  de  eclailiele;  d'aixod  apiès  :  c  élroile  semelle  », 
il  l'aul  ajouter  : 

Il  11}  a  [las  dt'  terre  clans  ce  jaidin  où  les  plantes  les 
plus  rares  s'élancent  de  magniliques  vases  du  Japon  et 
de  la  Chine,  de  superbes  majoli(pies  italiennes,  de 
faïences  de  Deck,  et  de  tout  ce  que  la  cùramiciuc  antique 
et  moderne  a  produit  de  plus  merveilleux.  Ces  i)lantes, 
qui  semblent  là  aussi  à  l'aise  que  dans  leur  climat 
naturel,  montent,  vertes  et  vivaces,  d'un  jet  vigou- 
iTux,  etc. 

Puis,  le  paragraphe  doil  se  terminer  ainsi  : 

d'attitude  ou  de  port,  la  manière  élégante  dont 

elles  s'ajustent  dans  les  urnes  ornées  d'oiseaux,  d'ara- 
besques et  de  chimères  qui  les  con tiennent,  et  l'air  de 
bonheur  qu  elles  ont  de  vivre,  elles,  filles  de  la  solitude, 
dans  celte  atmosphère  parisienne . 

2232.    Ambigu  :    reprise    de    Vautrin.    Journal   Officiel, 
o  aviil  18(39. 


iSC^\).  373 

2233.  Théâtre  I.vniQUE  :  Rienzi.  Journal  Officiel,  12  avril 
1860. 

2234.  Odéon  :  Gutenberg.  —  Le  Gutenberg  de  madame 
Louis  Figuier  ;  l'Imagier  de  Harlem  de  Méry  et  Gérard 
de  Nerval.  J'iumul  offuirl,  V.)  avril  1800. 

223.>.  Vaudeville  :  La  Salle,  prologue  ;  les  Oublieuses  ; 
le  Contrat:  le  Choix  d'un  Gendre.  —  Palais -Royal  : 
Gavaut ,  Minard  et  compagnie.  —  Concert  de  mademoi- 
selle Belin-Delaunay.  .hnirml  Officiel,  26  avril  1800. 

2236.  (Aux  mânes  de  l'empereur),  15  décembre  1840.  Le 
Figaro,  2  mai  1860. 

Cette  pit'ce  de  vers  fut  récitée  par  mademoisollo  Agar 
chez  la  Princesse  Malliilde,  devant  l'Empereur  Napoléon  III  cl 
l'Impératrice  Eugénie,  le  29  avril  1860  ;  après  le  Figaro  du2, 
le  Soir,  qui  porte  la  même  date,  l'a  reproduite  également. 
Elle  fut  tirée  à  quarante  ou  quaranle-quatre  exemplaires, 
in-quarto  de  14  pages,  imprimerie  de  Wittersheim  et  eampa- 
gnie  à  Paris;  cette  brochure  est  indiquée  seulement  sous  le 
n«  8409  de  la  Bibliographie  de  la  France  du  18  septembre 
1860,  inscrite  par  erreur  sous  le  prénom  de  Victor  (au  lieu  de 
Théophile)  Gautier,  et  soi-disant  extraite  du  Journal  Officiel, 
ce  qui  n'est  pas  moins  inexact.  L'édition  est  datée  du 
29  avril  1869.  Cette  brochure  est  de  toute  rareté,  la  plupart 
des  exemplaires  ayant  péri,  parait-il,  en  1871,  dans  l'in- 
cendie des  Tuileries.  Un  exemplaire  en  a  pourtant  été 
annoncé  en  vente  au  prix  de  quinze  francs  sur  le  N°  46  du 
catalogue  de  la  librairie  Pincel)ourde  (novembre  1872).  En 
1873,  ces  vers  reparurent  à  Bruxelles  dans  le  volume  : 
Poésies  de  Théophile  Gautier  qui  ne  figureront  pas  dans  ses 
œuvres,  et,  en  1876,  ils  sont  entrés  dans  le  tome  deux  de  ses 
Poésies  Complètes.  Cette  dernière  version,  réimprimée  sur 
celle  du  Figaro,  n'est  pas  tout  à  fait  conforme  au  texte 
authentique  de  la  brochure  ;  dans  celle-ci  les  strophes  neuf, 
douze  et  treize  sont  écrites  ainsi  : 

Comme  autrefois  le  peuple  autour  de  vous  s'empresse; 
Cris  d'amour  furieux,  délirante  tendresse, 


874  IIISTOIUR  DRS  OKUVRES  DE  TH.  CAl  lllllt. 

A  f;('iimi\,  cliaiM'aii  bas! 
Dans  l'acclaiiiation,  les  priidoiils  cf  l(>s  saj^os 
Murimncnl,  au  Crsar  l'aisanl  sa  paît  (i'Iiominages 

«  Dieu  !  ne  rrvcilloz  pas!  » 


Sur  le  pa\s,  le  pi.'Uplc,  (''toile  iiidc  cl  loi'tc, 

S't'leud,  couiuic  un  niantoau([ui  vaillauinuMit  suppinlc 

L'orago  et  les  frimas. 
Mais  ces  grands  si  petits,  clianiairés  de  dorures, 
Oui  cacluMif  leur  néant  sous  de  rielies  parures, 

Ne  les  regrettez  pas. 

Coiunie  ils  ont  renié,  troupe  au  parjure  agile, 
Votre  nom,  votre  sang,  vos  lois,  votre  évangile. 

Pour  vous  suivre  trop  las! 
Et  quaiul  j'ai  devant  eux  ])arlé  de  votre  cause. 
Gomme  ils  ont  dit,  tournés  déjà  vers  autre  chose  : 

«  Nous  ne  comiirenons  pas  !  » 

et  Il'S  vers  trente,  (juaranle-si.x  el  ciiuiiuiate-liuit  sont  impri- 
més de  cette  manière  : 

Jusqu'au  hout,  du  vautour  affrontant  les  coups  d'aile... 

De  sa  prunelle  d'ombre  entrevit  dans  l'aurore 

Mais  sur  ton  sol  sacré,  patrie  autrefois  crainte 

Napoléon  III  se  souvint  de  eos  vers,  et  voici  la  lettre  iné- 
dite et  autographe,  aujourd'hui  entre  nos  mains,  qu'il  écrivit 
à  leur  sujet  au  poète  : 

Palais  de  Saint-Cloud,  ce  20  août  1869. 

Monsieur, 

Je  n'avais  oublié  ni  les  beaux  vei's  que  vous  avez  titrés 
de  ma  mauvaise  prose,  ni  la  toucbante  poésie  que  vous 
avez  consacrée  aux  vieux  débris  de  la  .arande  armée. 


i869.  3T5 

Mais  l'anniversaire  du  16  août  en  a  réveillé  plus  vive- 
ment en  moi  le  double  souvenir.  Je  saisis  cette  circons- 
tance pour  vous  envoyer  ces  deux  vases  de  Sèvres 
comme  un  témoignage  de  ma  satisfaction  et  de  ma  gra- 
titude. 

Croyez  à  mes  sentiments. 

Napoléon. 

Voici  la  réponse,  inédite  aussi,  que  Théophile  Gautier  fit 
à  cette  lettre  ;  il  l'écrivit  de  Neuilly  à  la  fin  du  mois  de  sep- 
temhre  : 

Sire, 

Lorsque  Votre  Majesté  a  daigné  par  l'envoi  d'une 
gracieuse  leltre  et  de  deux  magnifiques  vases  de  Sèvres 
me  prouver  qu'EUe  n'avait  pas  oublié  ma  faible  traduc- 
tion en  vers  de  Sa  belle  ode  en  prose  sur  le  15  Dé- 
cembre, je  me  trouvais  en  Italie.  Revenu  à  Paris  depuis 
peu  de  jours,  je  me  hâte  de  Lui  exprimer  ma  profonde 
gratitude,  et  j'ose  La  prier  de  m'accorder  la  permission 
de  Lui  oflVir  sous  une  apparence  plus  respectueuse  la 
poésie  qu'Elle  a  bien  voulu  favoriser  de  Sa  baute 
approbation. 

J'ai  Ibonncur  d'être,  Sire,  avec  le  plus  profond  res- 
pect, de  Votre  Majesté,  le  très  humble  et  très  obéissant 

serviteur. 

Tbéopbile  Gautier. 

2237.  OoÉON  :  reprise  de  Lucrèce.  —  Ouverture  de  l'Hip- 
podrome. Journal  Officiel,  3  mai  1S69.  Ce  feuilleton  contient 
des  extraits  de  celui  de  Id  Presse  du  14  février  1843  relatifs 
à  Lucrèce. 

2238.  A.  Le  Salon  de  1869  :  I.  MM.  Chenavard;  Puvis  de 
Chavannes  ;  Bin  ;  Bouguereau  ;  Bonnet;  Monchablond). 
1,'Illustration,  8  mai  1860.  Cet  article  et  tous  les  suivants 


876  HISTOIRE  DFS  CHaVRES:  DK  TH.  GAUTIER. 

sui'  le  salmi  de  IHd'.t,  iuil)li(''s  dans  niliislr(ili"ii,  cl  dmil  li- 
mimi'TO  t'sl  suivi  ici  d'un  A,  ont  été  ri'iiMpiinii's  iiilf^iialcnu'iil 
CM  18S0  dans  \o  volinno  de  Tlu'opliilc  (iaiiliiT  :  Tdbliaii.r  à 
lu  jiluiiir  :  t'pci  dil   Miu'  lois  |miiii'  loiilcs. 

■2-2W.  Leçons  professées  à  l'École  des  Beaux-Arts,  par 
M.  HippolytcTaine.  Jniinntl  nffiiiil,  ".)  mai  IsCi'.i. 

2240.  ïukathk-Khamjais  :  Le  Post-Scriptura ;  Julie. — 
(iYmnask:  (Un  mot  sur)  Le  Filleul  de  Porapignac.  .hninuil 
officiel,  10  mai   1869. 

22H.  U.  Salon  de  1869.  I.  Sculpture:  MM.  Cambos  ; 
Perraud:  Hiolle;  Lepère:  Denécheau  ;  Leenhoff ,  Falguiére. 

.h>tii)iiil  t'f'firirl,  \  1  mai  iStil»  iNoiis  avons  l'ail  |ir('Ct''dpr  ces 
articles  du  Jniirnul  Officiel  sur  le  Salon,  de  la  lellro  lî,  afin 
d(^  les  distinguer  ici  de  ceux  de  VUh(slration  sui'  le  mc^me 
sujet. 

2241  '"'.  .\.  Le  Salon  de  1869.  II.  i^MM.  Delaunay;  Leul- 
lier;  Gustave  Moreau;  Manet:  Courbet;  Servin.j  L'Illun- 
tfiUion,  i;>  mai  lcS()0. 

2242.  fiYMNASK  :  Le  Filleul  de  Pompignac.  —  Tukatre- 
Lyriquk  :  Don  Quichotte.  —  Sai.i.k  VK.\TAi)oru  ;  Rossi  dans 
Struensée,  Hamlet  et  Otello.  —  (Nouvelles),  Joitrndl  offi- 
ciel, 17-18  mai  1869. 

2242  2°.  ]].  Salon  de  1869.  II.  Sculpture  ;  MM.  Carrier- 
Belleuse  ;  Franceschi;  Lebourg;  Schœnwerck;  Clésinger  ; 

Eiex.  .h'iiriinl  officiel,  19  mai  1809. 

2242-°.  A.  Le  Salon  de  1869.  III.  MM.  Parrot;  Henner; 
Hébert;  de  Beaumont:  Léon  Glaize;  Regnault;  Fromentin; 
Luminais;  Colin  ;  Détaille.)  UlUuslralion,  22  mai  1869. 

2242  i°.  H.  Salon  de  1869  III.  Sculpture:  MM.  Carpeaux  ; 
Barre;  Follet;  Ottin;  Semain;  Cordier  ;  Mathurin  Moreau  ; 
E.Thomas;  Truphème;  Gumery  ;  Jacquemard;  Moreau- 
'Vauthier  ;  Loison.  Jotimul  officiel,  24  mai  1869. 

2242  •'°.  Un  douzain  de  sonnets  ;  pièces  diverses,  par 
Théophile    Gautier.    Ln    volume   i^rand    iu-octavo   de    neuf 


18r,0.  377 

feuilles  d'impression,  composé  de  72  pages.  11  n'a  point,  de 
faux-titre,  mais  seulement  un  titre  qui  forme  la  première 
page  du  livre.  Tiré,  païaît-il,  à  quatre  exemplaires  seulement, 
chez  Claye,  à  Paris,  il  fut  offert  par  l'auteur  à  la  princesse 
Matbilde,  auquel  il  est  dédié,  le  27  mai  d869  pour  son  anni- 
versaire de  naissance,  et  ne  fut  ni  déposé  ni  inséré  dans  la 
Bibliographie  de  la  France.  Il  a  reparu  en  entier  en  1876  dans 
le  tome  deux  desPoésies Complétcîi  de  Théophile  Gautier,  sauf 
la  pièce  intitulée  :  la  Fellah,  déjà  réimprimée  en  1872  dans 
la  sixième  édition  des  Émaux  et  C-imrcn,  qu'elle  n'a  fihis 
quittés.  Ceci  dit  une  fois  pour  toutes. 
Voici  le  contenu  de  ce  volume  : 

2243.  Sonnet-Dédicace.  Daté  du  24  avril  1869. 

2244.  Sonnet  I  ;  Mille  chemins,  un  seul  but.  Daté  d(! 
Saint-Gratien. 

2243,  Sonnet  II  :  Ne  touchez  pas  aux  marbres.  Daté  du 
4  avril  1867. 

2246.  Sonnet  III  :  Baiser  rose,  baiser  bleu.  Daté  de  .Saint- 
Gratien,  2.'i  juillet  1867.  Voici  une  variante  inédile  des  deux 
tercets  : 

Mais  de  l'autre  côté  les  feux  des  lampes  d'or 
Au  jour  ambitieux  disputant  son  trésor, 
Opposaient  leur  ton  pourpre  à  son  rayon  bleuâtre. 

Les  deux  teintes  luttaient  dans  leur  tendre  fraîcheur; 

Moi,  du  combat  surtout  j'admirais  le  théâtre, 

Disant  :  «  Heureux  reflets,  s'ils  savaient  leur  bonheur!  » 

2247.  Sonnet  IV  :  La  vraie  Esthétique.  Daté  de  Paris. 

2248.  Sonnet  V  :  Bonbons  et  pommes  vertes.  Daté  du 
12  février  1868. 

2249.  Sonnet  VI  :  Le  Pied  d'Atalante.  Daté  de  Trianon 
1867. 

22o0.  Sonnet  VII  :  L'Étrenne  du  poète.  Daté  du  1"  jan- 
vier 1868. 


378  IIISTOIIIF,  DES  OHIVUKS  DK  TH.  nATTir^ll. 

2-2:>l.  Sonnet  VIII  :  Les  Déesses  posent.  D.ilr  du  IS  mars 
iSliS.  N'diri  mil'  v.iiiaiilr  iiicdilc  de  ic   sniiiid  : 

C'est  lùiMi  vous  ;  xdilii  voli'c  poso, 
Votre  éclal  de  iiiaiinc  sculpté, 
Et  votre  air  de  (li\inilé 
Dans  lin  relli't  (ra|Mdli(''ose. 

Mais  (le  l'àiiic  onc  j^i-iice  ('closo 
Attendrit  eetle  majesté, 
Et  la  lèvre,  à  l'arc  arrêté, 
Garde  un  sourire  à  p(ui  coin  l'ose. 

Des  perles  au  rayon  trend)lant 
Scinlili(>nt  à  votre  cou  lilanc 
('oMinic  des  iroultes  de  luniiéi-e. 

Mais  si  le  collier  vous  manquait 
Vous  seriez  dans  une  chaumière 
Heine  encore  avec  un  bouquet  ! 

22d2.  Sonnet  IX  :  D'après  Vannutelli.  Dalé  de  i800. 

22o3.  Sonnet  X:  L'Égratignure.  Daté  du  21  avril  1869. 

22:it.  Sonnet  XI  :  La  Mélodie  et  l'accompagnement. 
Daté  du  2:!  avril   I.SC.'.l. 

22oD.  Sonnet  XII  :  La  Robe  pailletée.  Datée  davril  1800. 
Voici  une  variante  imnlilc^  du  vecs  dix,  mais  qui  doit  alors 
ri  If  lu  le  ni'iiviéme  : 

En  tremblollant  ainsi  luisent  les  gouttes  d'eau. 

22")6.  Quatrain  improvisé  sur  une  robe  rose  à  pois  noirs. 
Daté  de  Saint-tiraticn,  mention  oubliée  dans  les  Poêsic^i  Com- 
plètes. 

2257.  L'Esclave  noir,  stances  sur  une  aquarelle  de  la 
princesse  M  athilde).  Cette  pièce,  datée  du  14  janvier  1809, 


dSnO.  379 

est  le  pendant  de  celle  sur  la  Fellah.  Elle  a  donc  reparu  aussi, 
avec  raison,  en  1884,  dans  Tédition  in-32  des  Émaux  et 
(kimi'cs. 

22.'i8.  La  Fellah,  sur  une  aquarelle  de  la  princesse  M(a- 
thilde).  Une  version  autographe  est  datée  du  21  mai  1861. 
Ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit,  cette  pièce  a  reparu  en  1872 
dans  les  Émaux  et  Camées. 

2209.  Le  Profil  perdu,  stances  sur  une  aquarelle  de  la 
princesse  M(athilde).  Da((''  du  22  mai  I8(ij.  (Voinv  2(i0:f 


Li: 


22:i0''i'.  A.  Le  Salon  de  1869.  IV.  ;MM.  Breton  (Julesi  ; 
Breton  Emile)  ;  Brandon  ;  James  Bertrand  ;  Heilbuth , 
Jundt  ;  Gustave  Boulanger;  Gérôme  ;  Baudry:  Gabanel  ; 
Dubufe  ;  Carolus  Duran;  mademoiselle  Nélie  Jacquemart  ; 
MM.  Bonnegrâce:  Giacomotti;  Paul  Huet  ;  Ghintreuil  : 
Cabat:  Daubigny;  Camille  Bernier;  Hanoteau;  Potter; 
Français  :  Lansyer.)  L Illustration,  29  mai  1869. 

2260.  GAîTt:  Le  Moulin-Rouge.—  Livres:)  Parisine, 
par  Nestor  Roqueplan.  Journal  officiel,  31  mai  1869. 

2260  2°.  A.  Le  Salon  de  1869.  V.  /MM.  Nazon;  Mac-Cal- 
lum;  Robinet;  César  de  Cock;  Bierstadt;  Anastasi;  Corot; 
de  Curzon  ;  Pille  ;  Vibert  ;  Zamacoïs  ;  Brunet-Houard  ;  Vau- 
tier;  Isabey;  Mouchot;  Guillaumet;  Huguet:  Belly;  Ber- 
chére;  Brest:  Tournemine;  Delamarre.)  Ulllustration, 
a  juin  1869. 

2260  3\  B.  Salon  de  1869.  IV.  Sculpture  :  MM.  Marcel- 
lin;  Delhomme;  d'Épinay;  Chabar;  Perrey  ;  Charles  Gau- 
thier; E.  Hébert;  Chappuy:  Boisseau;  H.  Giraud;  Taluet  ; 
Sobre;  Frison;  Maindron;  Ferrât;  Marins  Montagne;  Du- 
maige;  Rosse;  Dalou;  Tournois;  Hector  Lemaire;  Cha- 
trousse:  Codine;  Claire;  Doussaut:  Sanson  ;  Bartholoni  ; 
Rochet;  Captier:  Devaulx  :  Gélon;  Robinet;  Chabaud;  Dé- 
loye;  Marcello;  Chenillion;  Mégret.  Joimial  officiel,  6  juin 
1869. 

2261.  OpÉRA-CoMiorE:  La  Fontaine  de  Berny.  —  Gymn.\se  : 
Mon  Premier;  les  Mensonges  innocents.  —  Ambigu  :  Les 
quatre  Henri.  Journal  nfficicl,  7  juin  1869. 


.•!N0  IIISTdlliK  DIÎS  Oia'VIil'S   DK  TU,  CAUTIKH. 

22()li".  \.  Le  Salon  de  1869.  VI.  iSculpturc  :  MM  Per- 
raud  ;  Cambos:  d'Épinay,  Carrier-Belleuse;  Clésinger  ; 
PoUet  ;  Lcenhoff:  Lebourg  ;  Schœnwerck;  Lepére  ;  Fal- 
guière  ;  Hiolle;  Ottin  ;   Divers;  Gain.  L'illiislndinn,  12  juin 

2201  3°.  I!.  Salon  de  1869.  V.  Peinture  :  MM.  Puvis  de 
Cliavannes;  Tony-Faivre;  Emile  Lévy ;  Eugène  Froment; 
Bouvier;  feu  Roussel.  .\nuiii«l  iiffuicl,  i;(  juin  iMii".). 

\()ici,  ;i  i)i(i|>os  lit'  c"t'l  ailiclc,  do  ciii'icui.scs  notes  iin'diUis 
(|iii  luonfreiil  lo  système  de  Iravitil  do  Tliôopliilo  (laidiiT 
pour  ses  oludos  sur  los  ails;  r'csl  le  |»i'('inicr  jet  do  son 
ailiolo,  ôoi'il  dovaiil  los  fahli'aiix  iiiriiics  doni  il  pai'lc;  nous 
le  copions  sur  i'aulograplio  : 

ESCALIER  :  —  PUVIS  DE  CHAVANNES. 

Massilia,  colonie  grecque.  Proniier  plan  :  Icri'asse  do 
maison  lilanrlio.  Doux  fenimos  assisos  ;  l'nno  licnl  un 
rond  d'osioi-,  l'aulre  a  les  mains  croiséos.  Enfant  à  plat 
vontre  rogai'dnnt  ruiro  un  poisson.  Moutard  dohoni, 
robo  rolevî'c,  tenant  un  poisson  blanc  ii  la  main.  Filouso 
sur  un  banc  avec  une  autre  femme  à  qui  l'on  montre 
dos  étoiles  et  dos  écbevaux  de  fil.  A  terre,  corbeille  de 
fruits  et  de  fleurs.  Au  delà,  <ii-and  paysa^ïo,  pulvérulant 
de  lumière.  La  baie  arrondie  avec  l'eau  bleue.  Ville  en 
construction,  blocs  de  pierre  qu'on  taille,  arcbitocte 
montrant  le  plan  à  un  directeur  de  travaux.  Édifice  à 
moitié  élevé.  Des  arbres,  dont  quelques-uns  en  fleurs. 
Femme  en  rose  à  .saucbe,  cueillant.  Femme  au  second 
plan,  revenant  do  la  fontaine  avec  ampbores.  Navires 
en  construction.  Voiles  sur  la  mer.  Activité  et  fourmil- 
lement lointain  sur  le  rivage.  Bordure  de  fruits  et  (leurs 
avec  médaillon  de  terre  cuite  aux  angles. 

Marseille,  porte  d'Orient.  Premiei"  plan  :  tillac  de 
navire.  Famille  orientale  accroupie  sur  tapis  de  Smyrne. 


1869.  381 

Femme  avec  enfant  renversé  sur  les  genoux.  Autre 
femme  avec  miroir,  gazelle,  et  Persan  accoudé  au  bas- 
tingage; robe  verte,  ceinture  de  cacliemire.  Indien  à 
tiare  d"or,  dont  le  manteau  rouge  flode,  établi  lisant. 
Matelot  en  cbemise  rouge  sortant  à  demi  de  la  foule. 
Quelques  Juifs.  Turcs,  Arabes,  Nègres,  groupés  sur  la 
dunette.  On  va  bisser  le  pavillon  blanc  avec  le  croissant 
et  l'étoile  d'or. 

Au  fond,  la  mer,  un  port;  vaisseaux  qui  vont  et 
viennent.  Paysage  superbe;  le  port.  La  ville  se  détaclie 
d'un  fond  de  collines  pelées.  Bordure  de  fruits  et  Heurs 
avec  cactus,  bananes,  produits  algériens. 

TONY   FAIVRE. 

Lq^  Premières  heures  du  jour.  L'Aurore,  reconnais- 
sable  à  son  écbarpe  rose,  ouvre  les  portes  du  jour.  Le 
quadrige  du  Soleil,  noyé  dans  la  vapeur,  se  met  en 
marclie.  Les  quatre  premières  Heures  de  la  matinée, 
dont  l'une  baille  en  s'étirant  les  bras,  descendent  du 
ciel  sur  la  terre,  tandis  que  dans  le  liaut  du  tableau  ou 
distingue  celles  qui  n'en  descendront  que  plus  tai'd. 
Deux  petits  Génies,  un  Amour  avec  arc  et  llècbes. 
L'une  des  Heures  a  une  guirlande  de  pavots  violets  et 
rouges.  Un  bibou.  Costume  des  Heures  :  bleu,  violet- 
rose,  rose,  jaune.  A  droite,  dans  la  brume,  une  figure 
bleuâtre,  couchée,  étoile  au  front,  très  jolie. 

BOUVIER. 

Alp/iée,  Aréthuse.  Panneau  oblong,  rappelant  la 
Sieste  d'Alma  Tadema.  Figures  allongées,  se  toucbant 
par  la  tête.  Fond  de  roseaux,  iris,  glayeuls.  Source 
répandue  d'une  urne.  Égyptien  debout  contre  un  mur 
blanc.   Corbeille  de  citions  sur  la  tète.  Amphore  de 


Js-2        iiisi(>ii!i;  nKs  (ii;i:vHi-:s  ni';  m.  cautiku. 

tiTiT  loiipv.  Corlifillr  (iriiniivs,  raisins,  ligues.  Aulojul. 
ligiiicr  on 

KUOKNK    KROiMKNT. 

Im  C/i(iniici(sc.  ImiikI  d'or,  ('nratlrcincnl  [lislaclir. 
Fommo  msàliT.  Draperie  groseille.  Serpents  de  l'aii- 
laisie. 

'■22Ci2.  'riiKATHK-l'is.\M.\is  :  Juan  Strenner.  .Tniirnal  nfl'irifl, 
1  »•  juin  I.SC.'.I. 

■2-2i\l  ^".  H.  Salon  de  1869.  VI.  Peinture  :  MM.  Bouguereau  ; 
Bonnat;  Monchablond;  LeuUier;  Priou  ;  Mercadé  ;  Mottez; 
Courbet.  VII.  M.  Fromentin:  mademoiselle  Nélie  Jacque- 
mart; MM.  Détaille;  Protais;  Lewis-Brown  ;  Armand  Du- 
maresq;  Viger;  Patrois;  H.  Lehmann;  Vetter;  Bonnegrâce  ; 
Mac-CoUum  ;  feu  Paul  Huet.  VIII.  MM.  Delaunay;  Legros; 
Henner;  Gendron;  Hector  Leroux:  Gustave  Boulanger; 
Huguet;  Guillaumet.  .Iniirnal  ufjkiel,  Ki,  18  et  I'.»  juin  1809. 

■l-liVl>\  \.  Le  Salon  de  1869.  VII  et  dernier.  (Sculpture  : 
MM.  Comte:  J.  Bonheur;  Falguiére;  Cambos;  Carlier;  Etex: 
Cordier:  Franceschi;  Jacquemard;  Barre;  Boisseau;  Frison; 
Perrey;  Thabard.)  L'IlliLsIratinn,  19  juin  1H(39. 

2-262  i-.  M.  Salon  de  1869.  IX.  MM.  Chenavard  ;  Gustave 
Moreau;  Bin.  Journal  offU-icI,  20  juin  i<S()9. 

2263.  Théâtre  Ci.u.ny  :  Le  Juif  Polonais.  .\'>nrnnl  uf'jkici, 
21  juin  1869. 

2263''î'.  lî.  Salon  de  1869.  X.  Peinture  :  MM.  Regnault  ; 
Carolus  Duran  -,  Baudry;  Edouard  ;  Cabanel;  mademoiselle 
Cécile  Ferrère  ;  MM.  Chaplin;  Adolphe  Leleux.  (in  Ira;.;- 
nienl  de  cet  urlicle  a  reparu  en  1872  dans  le  catalogue  des 
Œuryrs  de  Henri  Regnault  exposées  à  r École  des  Beaux- Arts.) 
XI.  MM.  Heilbuth;  Hébert;  Coninck  ;  Reynaud;  Sain; 
Magy:  Tournemine  ;  Comte;  Eugène  Giraud;  Léon  Glaize  ; 
James  Bertrand.  XII.  MM.  Brion;  Jules  Breton;  Vautier  ; 
Brunet-Houard;  Bridgman;  Beyle;  Servin:  Edouard  de 
Eeaumont;  Taylor  ;  Schenck;  Lambron.  XIII.  MM.  Cabat  ; 


1869.  383 

Corot;  Curzon;  Chintreuil  ;  Français;  Albert  ;  Bierstadt; 
Gustave  Doré;  Daubigny;  Dardoize;  Camille  Dernier.  XIV. 
MM.  Charles  Le  Roux;  Emile  Breton;  Potter  ;  Nazon;  Ca- 
basson  :  Masure  ;  Herst;  Yan  Dargent;  Jundt:  Emile  Lévy  ; 
Léopold  Lévy;  Voillemot;  Dehodencq;  Toudouze  ;  Isabey. 
XV  et  dernier.  MM.  Ulmann;  Parrot;  Cordier;  Humbert; 
Jacquet;  Foulongne;  Gérôme;  Fabius;  Brest;  Berchére  ; 
Mouchot  ;  Tissot;  Saintin;  Toulmouche;  Schreyer;  Chenu; 
de  Flogny;  Heullant:  Giacometti;  Healy;Haro;  madame 
Escallier;  MM.  Philippe  Rousseau  ;  Vallon;  Biaise  Des- 
goff es  ;  Maisiat;  Méry;  Mac-CoUum;  Herse;  Vibert  ; 
Français;  Harpignies;  Moreau.  Journal  officiel,  2'.i,  24,2,1, 
26,  27  cl.  28  juin  1869. 

22Li4.  Une  vedette,  par  Adrien  Guignet.  Magasin  ivtto- 
resqiie,  juin  1869.  (Page  193.) 

Cet  article,  anonyme,  est  le  complément  de  celui  de  jan- 
vier; il  contient  l'analv-se  d'un  la])]eaa  de  (ùiignet.  Il  a  aussi 
été  réimprimé  intégralement  en  1880  dans  le  volume  de 
Théophile  Gautier  :  Tableaux  à  In  plume.  (Voir  no  2219.) 

2263.  Opér.\  :  reprise  du  Prophète.  —  (Iymxasi':  :  L'homme 
aux  soixante  et  seize  femmes.  Journal  offriel,  ."i  juillet 
1869. 

2266.  Chatei.et  :  Botany-Bey.  —  CinguE  de  l'I.mi'Ku.\- 
trice:  La  Princesse  Félicie.  Journal  offvjiel,  12  juillet  1869. 

2267.  Théaïri:-Fr.\>çais  :  Mérope.  —  .\mbigu  :  Richelieu 
à  Fontainebleau.  —  (Souvenirs  de  collège  :  Talma  dans 
Andromaque.)  Journal  officiel,  19  juillet  1869. 

2268.  Nécrologie  :  Louis  Bouilhet.  —  (ivjjNASE  :  Le  Gar- 
çon d'honneur.  —  Folies-Marigxv  :  Changement  de  garni- 
son. —  Opéra  :  débuts  de  Delabranche.  Journal  officiel, 
26  juillet  1869.  Un  pa.ssage  du  début  de  cet  article  a  été  réim- 
primé en  1874  daus  les  Porh'aits  contemporains  par  Théo- 
phile Gautier,  sous  le  litre  de  :  Louis  Bouilhet. 

2269.  Le  Nouvel  Opéra.  —  Th.  des  Variktf.s  :  L'affaire  de 
la  rue  Quincampoix;  débuts  de  mademoiselle  Desclauzas 
dans  Fleur  de  thé.  Journal  officiel,  2  août  1869. 


381  IIISTOIIŒ  DKS  Œl  VUES  DE  TH.  tiALïIEH. 

J27(t.  CiAiiK  :  La  Chatte  blanche.  —  Le  Feu  d'artifice. 
Journal  offhiiL  IS  nunl  isCi'.l. 

irA.  Exposition  du  concours  pour  le  prix  de  Rome. 
Journal  nffirk'l,  !'.•  -loùl  IHO'.t.  Voici,  ù  eu  piopos,  un  ])io- 
j.'raiiiiiic  (k'  oonrdurs  iiuf  ikhis  fopiniis  sur  l';uitoi;i;i|ili(> 
niùiiio  de  Tlii'Opbik' Gaulici'.  Nous  m-  savons  s'il  lui  jiiniiiis 
soiunis  aux  élèves  : 

Pronirllirt'  a  (ItTolii'  le  l'en  du  eiel  el  il  en  a  lail  iiail 
aux  lioimnes.  Pour  ren  punir  .liipilcr  l'a  condaniiiè  à 
vivre  cncliainé  sur  la  cime  la  plus  ("«levée  d'une  raon- 
(a,une  de  Scythie.  Vidrain  accouipagné  de  la  Force  et 
de  la  Puissance,  doit  exécuter  l'ordre  terrible  du  maître 
{W<-  Dieux.  Il  a  pilié  du  Titan,  du  liienfaileur  des 
Iimnains  :  il  hésite.  Mais  la  Force  el  la  Puissance  sont 
là,  (jui  pi'essent,  (jui  coniniaiulent;  Vulcain  ohéil.  Il 
cloue  Proniélliée  à  son  rocher. 

Ce  sujet  est  pris  du  Prométhce  enc/udné,  tragédie 
d'Eschyle,  dont  û  forme  la  i)remière  scène  que  nous 
allons  transcrire  pour  aider  les  élèves  à  bien  com- 
prendre le  programme. 

2272.  Vaudeville  :  Les  Rêves  de  Marguerite  ;  Pourquoi 
l'on  aime.  — Gy.mnase  :  Le  coup  d'éventail;  Ernest.  — 
Hippodrome:  Le  dompteur  Lucas.  Journal  officiel,  23  .loùl 
1869.  A.  partir  de  ce  jour,  la  (U'ilique  dramatique  fut  rédi- 
gée par  Xavier  Auhryet  au  Journal  officiel,  jusqu'à  la  fin  de 
rannéc. 

227.3.  Exposition  des  envois  de  Rome.  Journal  officiel, 
30  août  1809.  Un  fragment  de  eel  article  a  été  réimprimé 
en  1872  dans  le  catalogue  des  (Murres  de  Henri  Reynaull 
cjposées  à  l'École  des  Beaux-Arls.  Ce  moiceau  fut  le  dernier 
(ienné  en  1869  par  Théophile  (iautier  au  Journal  officiel;  il 
partit  pour  l'Egypte  el  s'embaïqua  à  Marseille  le  9  octobre 
sur  le  paquebot  le  Mœris,  afin  d'assister  à  l'inauguration  du 
canal  de  Suez.  11  fit  une  chute  sur  le  pont  du   navire  qui 


1809.  385 

J'emmenail,  et  c'est  à  cet  accident  que  se  rapporte  la  lettre 
dont  nous  allons  parler.  Il  ne  reprit  sa  collaboration  au 
Journal  officiel  qu'en  janvier  1870. 

2274.  Lettre  à  ***.  Le  Gauloh,  19  octobre  1869.  Voici 
cette  lettre  : 

Le  déhiit  tle  mon  voyage  en  Egypte  n'a  pas  été  heu- 
reux :  j'ai  fait,  samedi,  une  chute  dans  l'escaher  de 
l'entrepont  (hi  Mœris  et  je  me  suis  démis  Tépaule  et 
écorné  l'huniéi'us,  à  ce  qu'il  paraît.  Heureusement  se 
trouvait  là  l'excellent  docteur  Broca,  qui  a  remis  les 
choses  en  place;  mais  il  faudra,  pendant  six  semaines 
au  moins,  avoir  le  hras  attaché  au  corps,  ce  qui  n'est 
pas  drôle. 

Je  mange,  je  bois,  je  fume,  je  dors,  et  je  puis  encore 
écrire  passablement,  quoique  je  sois  sur  un  paquebot 
en  marche.  Les  médecins  disent  que  je  puis  continuer 
le  voyage,  et,  comme  ils  le  font  avec  moi,  je  trouve 
cela  plus  sûr  que  de  m'en  retourner  tout  seul  ;i  Paris, 
de  Messine  où  nous  allons  aborder,  loucher  dans  quel- 
ques heures. 

Je  suis  soigné  et  surveillé  avec  une  touchante  solli- 
citude par  L.  de  Lacroix,  Florian  Pharaon  et  Auguste 
Marc. 

Théophile  Gautier. 

(^et  accident  troubla  tout  le  voyage  de  l'écrivain.  Arrivé 
au  Caire,  il  ne  put  accompagner  les  autres  invités  dans  leurs 
différentes  excursions  et  passa  plusieurs  semaines  instahé 
à  riiôtel  Sheppcard.  Il  y  fut  très  bien  soigné  et  donna  au 
chef  de  cuisine  français  de  l'hôtel,  Louis  Michel,  pour  le 
remercier  de  ses  attentions,  une  recette  des  différenls  risot- 
tos, dont  nous  devons  l'intéressante  communication  à  l'obli- 
geance de  M.  Edouard  Pierre,  de  Boésse  (Loiret).  Nous  allons 
la  transcrire  ici  ;  elle  est  inédite  : 

II.  25 


•m;       iiiSToïKK  inis  («aviiKs  dk  th.  <.ai tiku. 

/{isolto  (1  la  Mildnnisf. 

Kaiic  dans  une  cassciolr  un  roux  doiil  on  ciiIcnc  les 
oij;noiis  avec  iiiir  rciimoiiv.  lorstm'il  a  siiriisaininciit, 
pris  coiili'iii-.  cl  011  l'on  vorso  un  (Ipini-vonv  de  vin 
blanc,  Saiilciiit'  on  ('iia\r, 

Mcllrt'  l(>  ri/.  Iiicii  iicIIom'.  mais  non  lave'',  dans  le 
i'()ii\  clriidii  |i;ir  le  \in  hlanc  cl  l'y  loiniici'  (iindijiKiS 
inslanl,<i  avec  une  siialuic  on  cnillcr  de  bois;  cela  bii 
doinic  (b'  la  consislance.  Li'  ri/  dn  Piémont,  est  le  meil- 
leur; un  peut  aussi  employer  le  riz  romain. 

MonilltM-  le  riz  avec  du  bouillon,  à  létal  d'ébullilion. 
cl  (juand  il  a  bu,  en  se  lionllaid.  le  i)onillon  versé,  con- 
tinuer, mais  sans  noyer  le  làz. 

Graisser  et  nouri-ir  le  risotto  de  moi'ceaux  de  moelle 
de  bœuf  bâchés  menu,  qu'il  ne  faut  jeter  dans  la  casse- 
role que  lorsque  le  riz  fait  des  bulles  et  commence  à 
cuire. 

Faire  infuser  dans  du  consommé  liouillanl  une  dose 
de  safi-an,  en  poudre  ou  en  lilaments.  proportionnée  à 
la  (piantité  de  riz,  et  en  colorer  le  risotto;  à  ce  moment 
on  peut  y  joindre  des  champignons  ou  des  trulfes,  cou- 
pés menus,  mais  en  petite  (piantité,  car  la  saveur  propi-e 
(lu  mets  doit  dominer. 

Lorsque  le  riz  est  cuit  à  la  manière  italienne,  c'est-à- 
dire  en  conservant  une  certaine  fermeté,  on  enlève  la 
casserole  du  fourneau  et  l'on  mêle  au  riz  une  assiette 
de  Parmesan  râpé. 

L'on  dresse  sur  un  plat  et  l'on  sert  avec  du  Parmesan 
sur  une  assiette  pour  en  saupoudrer  le  risotto. 

Avoir  soin  de  poivrer  assez  fortement  pendant  la 
cuisson,  ne  jamais  enlever  la  casserole  de  dessus  le 
feu  et  tourne)'  toujours  le  riz  dans  le  même  sens. 


186  9.  ;J87 

Risotto  à  la  Bisque. 

Choisir  vingt  ou  (rente  belles  écrevisses,  les  faii-e 
cuire  dans  un  court  bouillon  très  relevé  d'épices,  pro- 
céder comme  dans  la  recette  précédente,  en  remplaçant 
la  moelle  de  bœuf  par  quelques  dés  de  beurre,  et 
mouiller  avec  le  court  bouillon;  mettre  le  fromage, 
lorsque  le  risotto  est  enlevé  de  dessus  le  feu,  et,  après 
qu'on  y  a  versé  la  bisque,  pilée  très  tin  au  mortier, 
dresser  et  parer  avec  queues  d'écrevisses  épluchées. 
On  peut  mettre  aussi  des  crevettes. 

Théophile  Gautier. 

Pour  M.  le  Chef  de  VHÙtd  Sheppconl. 

On  sait  que  Tliéophile  (liiulier  adorait  les  r«,so<<os  et  qu'il 
invitait  souvent  ses  amis  à  manger  cliez  lui  ce  plat  favori. 


1870 


227;».  La  Nature  chez  elle,  pu  Tlicoitliilo  (îiinlior.  Eaiix- 
forles  (h'  K(i)l  liodiiicr.  (iraiid  iii-(|iiailo  de  li]l)  pufios,  avec 
;t7  gravures.  Impiiinerie  ol  librairie  d'A.  Marc  cl  annjpdijnic, 
rue  Richelieu,  à  Paris.  Prix  :  .K»  lianes. 

Cet  ouvrage,  tei'inim'-  au  Caire,  parut  à  la  fin  de  {HCi^ 
])Our  les  étrennes  de  1870,  et  nous  le  trouvons  inscrit  sous 
le  N»  74  de  la  BHiUngrapliic  de  ht  France  du  l^'' janvier  i870. 
In  fragment  en  a  tHé  publié  comme  citation,  avant  la  mise 
en  vente,  dans  l' Illustration  du  H  décembre  1869.  Après 
l'apparition  de  l'ouvrage ,  le  même  recueil  en  a  encore 
léiinprimé  des  IVaginenls  dans  ses  numéros  des  25  juin, 
2,  9,  l()  juillet,  3  septembre  1870,  5  août,  2,  9  septembre, 
7,  21  octobre,  4,  Il  novembre  1871,  i:{  janviei',  3  février  et 
6  avril  1872. 

2270.  Opéra  :  Mademoiselle  Marie  Roze  dans  Faust.  — 
Théâtre  Lvhiouh:  :  La  Bohémienne.  —  (^uatei.kt  :  Paris- 
Revue.  Journal  Officiel,  2-3  janvier  1870. 

2277.  Opéra  :  rentrée  de  mademoiselle  Nillson  dans 
Hamlet.  — Italiens:  Don  Pasquale.  —  Théâtre-Français: 
débuts  de  mademoiselle  Croizette   dans  le  "Verre  d'Eau. 

JinunalUf'firicl,  14  janvier  187(t. 

227S.  Italiens:  Don  Giovanni.  —  Palais-Royal  :  Le  Plus 
heureux  des  trois.  Journal  Officiel,  17  janvier  1870.  Lu 
fragment  de  cet  article  a  été  réimprimé  dans  le  supplément 
du  Fif/aro  du  4  mai  1879,  sous  le  titre  de  :  Un  Feuilleton  de 
Théophile  Gautier  sur  Bon  Juan. 


1870.  :m 

2279.  Théatrr-Français  :  Les  Ouvriers.  Journal  Officiel,, 
24  janvier  1870. 

2280.  Odéon  :  L'Affranchi.  —  Vaudeville  :  Jacques  Cer- 
nol  ;  la  Chasse  au  bonheur  ;  les  Curiosités  de  Jeanne.  — 
Théâtre  Cluny  :  Le  Médecin  des  dames.  Journal  Officiel, 
31  janvier  1870. 

2"J81.  Collections  de  San  Donato.  L'Illustration,  li,  12  et 
19  février  1870. 

2282.  Porte  Saint-Martin  :  reprise  de  Lucrèce  Borgia. 
—  Ambigu  :  La  Charmeuse.  —  Athénke  :  Les  Brigands.  — 
Concerts  populaires  :  M.  E.-M.  Delaborde.  Jounial  Officiel, 
7  février  1870. 

C'est  à  l'occasion  de  ce  feuilleton,  dont  nous  possédons 
l'autographe,  que  l'auteur  reçut  de  Victor  Hugo  la  belle 
lettre  suivante,  également  en  notre  possession.  Elle  est 
accompagnée  d'une  photographie  du  maitre,  le  bras  appuyé 
contre  un  fauteuil,  et  avec  cette  dédicace  : 

Je  vous  offre  un  fauteuil. 

A  Théophile  Gautier, 

Victor  Hugo. 

2  février  1833.  —  2  février  1870. 

On  se  souvient  que  Théophile  Gautier  avait  échoué  à 
l'Académie  française,  en  1869,  quelques  mois  auparavant, 
lors  de  l'élection  d'Auguste  Barbier. 

Les  deux  dates  que  porte  cette  photographie  sont  celles 
de  la  première  représentation  et  de  la  reprise  de  Lucrèce 
Borgia. 

Voici  maintenant  la  letti-e  en  qu(>stion  : 

Hauteville  lieuse,  9  février  [1870]. 

Mon  Théophile,  comment  vous  dire  mon  émotion? 
Je  vous  lis,  et  il  me  semble  que  je  vous  vois.  Nous  re- 
voilà jeunes  comme  autrefois,  et  votre  main  n'a  pas 


;J9(I  IIISÏOIHK  l)l>  MKIVHKS   DK  TH.   CM  TII'.II. 

i|iiitlr  nui  main.  (Jiicllc  .m'aiidi^  pa,u;o  vous  voncz  (l'ôcriro 
sur  I.ucrhr  liorgia  ! 

Jo  vous  aime  Www.  \'o\\^  ries  toujours  It>  jjrand  poMo 
t'I  le  Lil'aiiil  ami. 

V[lCTOR|    H|UGO|. 

Vdicl  mon  porlrail  :  il  \(»l<'  pour  vous. 

ïbéopliilo  (laiilici-  liiiiiiriiif  a  di-jà  Iranscril  ces  H^mips 
dans  une  lollrc  ([n'il  r'crivil  en  1870  à  sa  lillc  Kslcllc.  (Iclli- 
lollre  a  rli"  iinpiiMU'c  en  IST.)  |)ar  M.  Kmilo  Hcrfifial  dans 
son  voliinii'  iiililnlc:  T/iruphilr  Gmilirr. 

2283.  Une  Galerie  Romantique.  .IniinKilofficicl,  i't  fVvrici 
1870.  r,et  ailiilo  a  été  réiniprinié  en  hMe  du  Cuialoyue  '/'■  lu 
vente  de  iableaux  modernes  de  M.  lùlwurds,  dont  la  vente  eut 
lieu  le  7  mars  1870.  ni  dans  rArlisIc  du  1*'  avril  de  la  mT-mo 
année. 

2284.  Egypte.  I.  Sur  le  Mœris.  Jnional  Offiekl,  17  février 
1870.  Cet  article  a  été  réimprimé  dans  le  Joiirmd  Officiel  du 
soir  des  17  et  18  du  mrme  mois,  et,  on  1877,  dans  le  tome 
second  de  l'Orient  \inv  Tliéopliile  fiautier,  série  de  l'?Jiyplr. 
Tous  les  chapitres  (jui  vont  suivie  \()nt  rli'  joints  à  celui-ci; 
nous  donnons  donc  ce  renseignement  une  lois  pour  toutes. 

228.").  Italiens;  Guide  e  Ginevra.  —  Théatrk-Fr.ançais  : 
Don  Juan.  —  Odkon  :  Au  bénéfice  du  monument  de  Louis 
Bouilhet.  —  Festival  en  l'honneur  d'Hector  Berlioz,  .l'nmvd 
U//iri('.l,  21  féviiiT  1870. 

2280.  Odéon  :  L'Autre.  —  Opkua-Comique  :  L'Ours  et  le 
Pacha  ;  la  Cruche  cassée.  —  Vaudkviij-e  :  reprise  des 
Pattes  de  Mouche  :  Une  femme  est  comme  votre  ombre  ; 
le  Cachemire  X  B  T.  Journal  Of'IkicI,  28  février  1870. 

2287.  Théâtre  des  Menus-Plaisius  :  Malheur  aux  vaincus. 
—  Théathe  Clunv  :  La  Tache  originelle.  —  Pénélope  et 
Phryné  par  Charles  Marchai;.  Joiinutl  Officiel,  7  mais  1870. 
Un  fragment  de  cet  article  a  été  réimprimé  sous  le  litre  de: 
/'(  Gloire  du  Comédien,  dans  le  Journal  Offuiel  du  soir  du 
8  mars  1870. 


1870,  391 

2288.  Opéra  :  reprise  de  Robert  le  Diable.  —  «Iymnase  : 
Fernande.  —  Ambigu  :  Henri  de  Lorraine  (Un  mot  sur). 

Juurnal  Offirirl,  lii  mars  1870. 

2288 '''^  Egypte.  II.  Alexandrie.  III.  D'Alexandrie  au 
Caire.  Journal  Officiii,  16,  19  mars,  et  Journal  Offin'cl  du 
<<oir,  18,  19,  20  ol  21  mars  1870. 

2289.  Italiens  :  Alina,  regina  di  Golconda.  —  Ambigu  : 
Henri  de  Lorraine.  —  Théâtre  Cij-ny  :  reprise  de  Claudie. 
Journal  Officiel,  21  mars  1870. 

2290.  Catalogue  de  la  vente  après  décès  des  tableaux  et 
des  études  de  Benjamin  de  Francesco,  dont  la  vente  aura 
lieu  le  20  mars  1870. 

La  Préface  de  Théophile  Gautier  qui  précède  ce  catalogue 
a  été  réimprimée  en  entier  et  presque  conforme  au  texte  ori- 
ginal, dans  r Artiste  du  1er  juin  ■1870,  sous  le  titre  de  :  Ben- 
jamin (le  Fi'ancesco.  Elle  est  entrée  aussi,  en  1883,  dans  le 
volume  de  Théophile  Gautier  :  Souvenirs  de  théâtre,  d'art  et 
de  antique. 

2291.  L'Impassible  ;  sonnet.  Le  Diable,  28  mars  1870.  Ce 
sonnet  a  reparu  la  même  année  dans  le  Parnasse  Contempo- 
rain (deuxième  série),  et  en  1876  il  est  entré  dans  le  tome 
deux  des  Poésies  Complètes  de  Théophile  Gautier,  d.vlé  de 
Chamarande,  juillet  1866.  On  sait  que  Chamarande  était  à 
cette  époque  la  propriété  du  duc  de  Persignv. 

Voici  une  variante  inédite  des  vers  huit  à  douze  de  ce 
sonnet  : 


Ne  voient  dans  l'avenir  qu'un  passé  déjà  vieux. 

Vous  avez,  sans  vous  élre  à  nos  banquets  assise, 
Des  mets,  des  vins,  des  fleurs,  la  vision  précise; 
Avant  d'avoir  été,  tout  est  Uni  pour  vous. 

Et  dans  votre  froideur,  seule  au  milieu  de  nous. 


Mi  IIISTolIiK  DKS  (IKIVIÎKS   |)K  TH.  (iVlTIlllt. 

L'Iiiipa^sihlr   a   (''li'-   rt''iiii|ii  imt';   aussi    dans    le    ^<'   222   df 
l'Ainiilriir  (rAului/viiphcs  {iioù\  IST.t). 

2-102.  Oi'i  iiA  :  Festival  en  l'honneur  de  Berlioz.  —  (',ii.\- 
TELET  :  Les  Cosaques.  JuiiihuI  n/'/ir/,/,  2.S  mais  l,S7(i. 

220:1.  TiiK.xTiiK-lMi.XNc.us  :  Dalila.  .lournal  Officiel.  4  avril 
1S7(I. 

220 'k  ^ Vente  de  Clésinger  ;  Marbres,  terres  cuites , 
bronzes).  Le  Catalogue  des  œuvres  de  Clésinger.  Jnnninl 
Officiel.  ;;  aviil  ISTO. 

C.r  iiKirccaii  a  servi  de  iirr-farc,  sous  le  prciiiicr  lilrc,  an 
(".alalo^'iio  di;  la  vi-nlc  île  (^lésin^cr  qui  eul.  lieu  le  0  avril 
1870  ;  il  a  été  réimprimé  aussi  dans  l'Arlisle  du  l"""  juilhîL 
1870,  sous  lo  lilre  de  :  lu  nnrslimi  <lii  marhrc  cl  doi  shttuca 
f/'/H.s-  le  Ik.ï'C  purisicii. 

220;;.  rHi:.\Tni-:  Kviuqur  :  reprise  de  Charles  VI.  —  (Li- 
vres :  1  Les  Patriciennes  de  l'amour,   par  Xavier  Aubryet. 

J'iiintal  OffirirI,   Il  avril  I.S70.  La  deiiiière  pallie  île  cd  arli- 
êle  a  été  reproduite  dans  l'Artiste  du  It""  Juin  suivant. 

2206.  Porte  Sai.nt-Martin  :  reprise  de  Mathilde.  .Immuil 
Officiel,  10  avril  1870.  Ce  feuilleton  ((inlienl  quelques  extraits 
de  celui  do  la  Prcssn  du  5  octobre  1842. 

2207.  (Catalogue  de  la  vente  de  la)  Collection  de  feu 
M.  le  Marquis  de  Villafranca,  «iont  la  viiile  ama  lieu  le 
21  avril  1870.  lu-S». 

Ce  catalogue  est  précédé  d'une  préface  de  Théophile  Gau- 
tier, réunie  en  1883  à  ses  œuvres  dans  lo  volume  intitulé: 
Souvenirs  de  thMtre,  d'art  et  de  critique. 

2208.  Thé.athe-Fhancais  :  Deux  Douleurs.  Journal  Officiel, 
2o  avril  1870. 

2298  .  Egypte.  IV.  D'Alexandrie  au  Caire  (suite).  Jonr- 
nal  Officiel,  28  avril,  el  .Iminiol  Officiel  du  st,ir,  30  avril  et. 
i"  mai  1870. 

2200.  Musée  impérial  du  Louvre  ;  tableaux  légués  par 
M.  Louis  La  Caze.  Journal  Officiel,  \"  mai  1870. 


1870.  393 

•2300.  Nécrologie  :  Nestor  Roqueplan.  —  Opéra-Comique  : 
Déa.  —  Athknék  :  Valse  et  menuet.  —  (Publications  musi- 
cales:) Chants  Pyrénéens  de  M.  Pascal  Lamazou.  Journnl 
Officiel,  2  mai  1870.  Vn  fiagnient  du  début  de  cet  article  a 
été  reproduit  en  1874  à  la  suite  de  VHistoire  du  Romaniisme, 
par  Tiiéopliilc  Gautier,  sous  le  titre  de  :  Nestor  Roqueplan  ; 
il  est  daté  par  erreur  du  21  mai  1870. 

2300f'=.  Egypte.  V.  La  Place  de  l'Esbekieh.  VI.  Ce  qu'on 
voit  de  l'Hôtel  Sheppeard.  JourtKd  Officiel,  1,  8  mai,  et 
Journal  Officiel  du  soir,  8,  9,  10  et  12  mai  1870.  Ce  sont  les 
derniers  chapitres  écrits  par  Théophile  Gautier  relatifs  à 
son  voyage  en  Ég-ypte,  resté  malheureusement  incomplet 
comme  le  récit  de  ses  excursions  en  Algérie,  en  Italie  et  en 
Grèce. 

11  avait  commencé  encore  le  chapitre  YII,  qu'il  ne  termina 
pas.  Nous  avons  retrouvé  ces  lignes,  et  voici  ce  fragment 
inédit  : 

L'ISTHME  DE   SUEZ. 

Sans  (loule,  il  eut  mieux  valu  prendre  le  chemin  de 
fer  d'Alexandrie,  et  de  là  nous  embarquer  pour  Port- 
Saïd,  comme  la  plupart  des  invités  à  l'inauguration  de 
l'Isthme  de  Suez.  Mais  on  fait  ce  qu'on  peut,  et  qui  a 
une  aile  cassée  doit  borner  son  essor.  Il  fallut  réduire 
notre  ambition  au  voyage  d'Ismaïlia,  qui  se  trouve  à 
peu  près  à  la  moitié  du  trajet.  Nous  n'avons  pas  tout 
vu,  mais  nous  avons  vu  de  belles  choses. 

Dès  le  matin  six  heures,  c'était  dans  le  Caire  une 
course  insensée  de  voilures  se  dirigeant  de  tous  les 
hôtels  vers  la  gare,  précédées  de  leurs  sais  faisant  ran- 
ger la  foule,  de  baudets  talonnés  par  leurs  âniers,  de 
portefaix  chargés  de  malles,  de  drogmans  aiïairés  por- 
tant des  ombrelles  et  des  manteaux,  et  de  voyageurs 
naturellement  exaspérés,  car,  nous  ne  savons  pourquoi, 
tout  le  monde  est  furieux  en  voyage. 


.I!"l  lllSTomr.  DFS  (•KrVHF>^  ItF  TH.  CAITIKH. 

Les  wauoiis.  iiii|i  [it'ii  iKtinltrciix  iioiir  iinr  IcUr  af- 
lliit'iii't'.  fiiiciil  ;itl;u|ii(''s  cl  cmporlcs  d'assaiil,  coimii"' 
(les  rcdoiilcs.  Déjà  liors  de  coiiiliat,  à  caiisc  de  nnlrr 
liras  en  ('cliaiitc.  nous  ne  pouvions  iircndiv  pari  à  cos 
liillt's  dont  iiitiis  atlciidioiis  Iraïupiillcincnl  l'issiio,  assis 
sur  noire  malle  en  l'iinianl  un  ciuare. 

Nullement  elTravés  par  ce  liimulle,  {\t'>,  piciiols  cl  des 
liiiniidclies  du  (-aiii'.  (jui  ne  ressemhlenl  pas  loul  à  fail 
au\  noires,  cl  onl  le  vcnti'c  jaunâtre  au  liou  de  l'avoir 
blanc,  pépiaient  et  volelaionl  parmi  les  poulrollos  dn 
ter  de  la  toitinv.  loules  masli(pu''es  de  leurs  nids.  Ceux- 
là,  si  la  l'anlaisic  d'allci-voir  linau.iïuration  de  l'isllime 
les  eût  pris,  n'avaient  |ias  besoin  de  se  disputer  les 
places  ! 

Le  Irain  pai'lil  sans  (pi'il  se  Irouvàlun  coin  pour  nous 
dans  une  des  voitures.  Un  autre  convoi,  mais  celui-là 
omnibus,  cest-à-dire  s'arrêlanl  à  loules  les  slalions, 
devail  lui  succéder  dans  une  heure.  C'étail  l'alTaire 
d'un  autre  cigare.  Ses  dernières  boulîées  s'évanouis- 
saient à  peine  que  nous  étions  installés  dans  un  wagon, 
presque  vide  et  très  confoitable.  Le  premier  train  avait 
emporté  les  pressés ,  les  nerv^^ux ,  les  ardents ,  les 
inquiets,  ceux  qui  onl  toujours  peur  de  ne  pas  arriver. 


2301.  Vaudkvillk  :  La  Révolte.  —  Opéra  :  Adieux  de 
mademoiselle  Nillson  ;  rentrée  de  mademoiselle  Marie 
Sass.  —  Théatrk-Fhancais  :  mademoiselle  Dinah  Félix, 
sociétaire.  Jnunhil  Officiel,  •,»  nuii  1870. 

i'Myl.  Italiens  :  Jeanne  d'Arc,  symphonie.  —  Odéon  : 
Flava.  —  Th.  des  VAuiicTks  :  Ferblande. —  Théâtre  Cluny: 
Boule  de  Neige.  J'iwnal  Officiel,  10  mai  1870. 

230:{.  Fortuny.  .Journal  Officiel,  19  mai  1870.  Cet  article 


1870.  39,-) 

a  reparu  sous  le  litre  de  :  l'École  Espagnole  ;  Fortunij,  dans 
l'Artiste  du  l"  juin  1871.  Théophile  Gaulier  y  cite  huit  vers 
de  sa  pièce;  Ce  que  disent  les  hirondelles,  et  fait  une  variante 
au  vers  vingl-septiènie  du  morceau  ;  la  voici  : 

Et  coupant  des  flots  de  fumée. 

230'f.  Ambigu-Comique  :  Tout  ou  rien  ;  Ote-toi  d'ià  que 
j'm'y  mette.  —  Palais-Royal  :  Les  Deux  Bébés.  Jaurnol 
itffinet,  2:{  mai  1870.  Une  partie  de  ce  l'cuillelon  a  été  réim- 
primée en  1874  dans  les  Portraits  Contemporains,  par  Théo- 
phile (iauticr,  sous  le  titre  de  :  Panl  de  Koek. 

!230o.  Opéra  :  reprise  de  Freyschutz  :  Coppélia,  débuts 
de  mademoiselle  Bozacchi.  Journal  Officiel,  30  mai  1870. 

2306.  Marine,  fragment  d'un  poème  inédit.  (Jettatura, 
fragment  de  poème).  Le  Farnasse  Contemporain,  deuxième 
séiie,  neuvième  livraison,  pai'ue  en  mai  1870. 

Ce  fragment  entra  en  1876  dans  le  tome  deux  des  Poésies 
Complètes  de  son  auteur,  sous  le  second  titre  c[ue  nous 
venons  d'indiquer.  Ce  morceau,  à  notre  avis  l'un  des  plus 
remarquables  de  Théophile  Gautier,  est  pourtant  l'un  des 
moins  connus.  C'est  le  début  d'un  poème  qu'il  voulait  écrire 
sur  le  même  sujet  que  Jettatura,  roman  publié  d'abord,  on 
s'en  souvient,  sous  le  titre  de  :  PauUrAspremont,  après  avoir 
été  longtemps  annoncé  sous  celui  de  :  le  Jettator.  (Voir 
IN'o  1421). C'était  du  reste  l'habitude  de  Théophile  Gautier,  s'il 
faut  en  croire  MM.de  Concourt  et  leur  intéressant  journal  (voir 
le  Figaro  du  22  septembre  1886],  de  commencer  en  vers  les 
ouvrages  qu'il  finissait  par  écrire  en  prose.  Pour  notre  part, 
nous  connaissons  deux  exemples  de  ce  fait  :  celui-ci,  et  ses 
vers  sur  la  Péri  (voir  n»  624).  Ce  fi^agmeut  seul  fut  écrit,  et 
l'auteur  renonça  ensuite  à  son  projet.  C'est  une  des  pièces 
auxquelles  il  a  le  plus  travaillé,  et  nous  tenons  à  citer  ici 
comme  preuve  de  notre  affirmation,  toutes  les  variantes  iné- 
dites que  nous  en  avons  recueillies;  il  ny  a  pas  moins  de  six 
versions  du  début  de  l'oeuvre,  et  il  existe  de  la  pièce  entière, 
outre  le  texte  publié,  deux  versions  presque  complètes  extrê- 
mement différentes  ;  nous  commencerons  par  celles-ci  : 


396  IlISTonu-  DES  ("flaVHF.S  HK  TH.  CAlTir^n. 

LK   .1  KTTATOli 

1" 

Le  venl  sourUc.  L;i  mer.  «•oiilrc  l'rciicil  (|iii  riiiiu', 
Pousso  l(>  liliiiic  Irmiiinm  de  ses  coiii'sicis  (l'cciiinc; 
Dans  les  liraiscs  du  soir,  le  soleil,  rlarj^i 
(^.ommo  un  houclicr  d'or  avoc  du  sang  rougi, 
Plonge.  —  Sur  l'arc  des  cioux,  sans  ronronne  d'étoiles, 
l^a  Nuit  s'accoude  et  prend  les  plus  Ihihis  de  ses  voiles. 

N'apercevez-vous  pas  au  bord  de  l'iiorizou 
Où  du  couchant  éteint  luit  le  dernier  tison 
Un  point  presque  invisilile? 

(  hii  ;  sans  doute  une  mouette 
Qui  Iiiliiie  la  vague  et  de  son  vol  la  fouette. 
Un  albatros,  joyeux  du  i>rorlinin  ouragan, 
Et  dont  la  gaîté  folle  insulte  l'océan. 
Ou  bien  (pielque  baleine,  un  requin  en  voyage, 
Trahissant  àlleur  d'eau  son  dos  gris  qui  surnage? 

—  Non  pas.  C'est  un  steamer,  et  déjà  l'on  peut  voir 

S'écheveler  au  loin  l'aigrette  de  fumée 

Que  pousse  la  vapeur  de  sa  bouche  enllammée. 

Le  voilà  qui  s'arrête,  —  on  est  près  des  îlots,  — 
Et  sa  roue  a  cessé  de  son  fileter  les  Ilots. 

Du  navire  immobile  un  canot  se  détache; 

L'eau  qui  s'enfle  et  s'abaisse  et  le  montre  et  le  cache  ; 

Par  instants  sous  la  vague  on  le  croit  englouti  ; 

Mais  du  vallon  amer  avec  bonheur  sorti. 

Il  reparaît  bientôt,  à  la  crête  des  lames 

Ouvrant  et  refermant  l'éventail  de  ses  rames. 

Auprès  du  gouvernail,  tout  seul,  silencieux. 
Morne,  ne  regardant  ni  les  flots  ni  les  cieuv, 


187(1.  397 

Un  jeune  liomme  est.  assis.  —  Les  vagues  en  tumulte 

Se  dressent,  lui  jetant  leur  hâve  et  leur  insulte; 

L'aquilon  convulsif  tourmente  son  manteau 

Et  de  son  dur  genou  fait  craquer  le  bateau  ; 

11  rêve,  et  penche,  en  proie  à  ses  noires  chimères, 

Son  front  marmoréen  [tiein  de  perles  amères. 

Le  sel  des  océans  est  doux  près  de  son  liel, 

Et  son  cœur  orageux  tonne  plus  que  le  ciel!... 


On  approche  du  hord.  —  Déjà  les  avirons 

Battent  l'eau  qui  s'enfuit  avecdes  coups  moins  prompts; 

De  sa  quille  de  fer  ouvrant  le  sable  humide 

L'esquif  s'est  arrêté.  —  D'un  bond  vif  et  rapide 

L'inconnu  saute  à  terre,  et,  faisant  quelques  pas, 

Gagne  une  place  sèche  où  la  mer  n'atteint  pas  ; 

Puis,  d'un  geste  royal,  jette  au\  marins  sa  bourse. 

L'esquif,  remis  à  flot,  comme  un  cheval  de  course 

Secouant  l'écuyer  à  son  mors  suspendu, 

S'élance!  —  L'étranger,  par  le  sentier  ardu 

D'où  plus  d'un  caiUou  roule  et  dans  le  goull're  tombe, 

Gravit  jusqu'au  sommet  du  rocher  qui  sur|)lond)e; 

Là,  pour  reprendre  haleine,  il  s'arrête  un  instant. 

Quoiqu'il  soit  nuit  la  mer  brille  sinistremenl  ; 

Comme  un  visage  humain  pâli  par  la  colère. 

De  livides  lueurs  sa  face  au  loin  s'éclaire  ; 

Ces  blafardes  clartés  montrent,  comme  en  plein  jour. 

Le  canot  s'élevant,  s'enfonçant  tour  à  tour, 

Et  tâchant  de  gagner  l'immobile  navire; 

A  chaque  coup  de  lame,  il  chancelle,  il  chavire, 

Car  des  troupeaux  de  flots  à  l'horizon  blanchi 

Floconnent,  et  le  vent  tout  à  coup  a  fraîchi. 

Un  nuage  répand  son  carquois  qui  ruisselle; 

Un  orage  soudain  s'abat  sur  la  nacelle  ; 


318       iiistoihh:  des  («a'viuîs  dk  iii.  i.ai  tii;u. 

I>('s  ('(Hirsiois  (le  hi  mer,  iiii|iirs  d'elle  iiii,mMiil, 
Ikilleiit  SKii  IiokI  (iiii  Ireiiible  avec  leurs  pieds  (raij^eiil, 
Et  hieiitùt,  contounianl  son  énorme  volute, 
Une  va}j;ue  a;éante  a  lorminé  la  lutte! 

TauM'es  lanieuis!  ICii  \aiii  ils  laidis.-enl  les  bras; 
Leurs  lits  seront  faits  d'al;j;ue  et  d'éeunie  leurs  diaps! 
Leur  tèle  pressera,  bleue  et  méconnaissable, 
Dans  une  ;ileùve  verte  un  (ireiller  de  sable! 


L'étranger  a  tout  vu.  Mais  (luel  regard  étrange, 
Inexplicable  !  Non,  le  Corse  qui  se  venge. 
Sous  le  pied  du  pasteur  l'aspic  crispant  ses  nœuds. 
N'ont  pas  dans  la  prunelle  un  éclair  plus  liaineux. 
Plus  livide!  —  l'ourlant,  sa  figure  témoigne 
Une  pitié  profonde,  et,  tout  itàle,  il  s'éloigne. 


lime 

C'est  le  soir,  —  et  la  mer  contre  l'écueil  qui  fume 

Avec  un  bruit  sinistre  écrase  son  écume; 

Dans  un  nuage  noir,  le  soleil  élargi 

Plonge  son  bouclier,  de  tons  sanglants  rougi. 

Et  comme  un  forgeron  allumant  ses  fournaises 

Se  penche  au  bord  du  ciel  i)our  souffler  sur  ses  braises. 

N'apercevez-vous  pas  au  bout  de  l'horizon 
Où  du  foyer  éteint  luit  le  dernier  tison. 
Un  point  presque  invisible? 

Oui  ;  sans  doute  une  mouette 
Oui  lutine  la  vague  et  de  l'aile  la  fouette, 
Du  prochain  ouragan  un  albatros  joyeux, 
Se  riant,  sur  les  flots,  des  menaces  des  cieux  ; 


1870.  399 


Le  voilà  qui  se  range  à  l'abri  des  îlots, 
El  sa  roue  a  cessé  de  soulfleter  les  flots. 


Auprès  du  gouvernail,  tout  seul,  silencieux. 
Un  jeune  homme  est  assis,  le  chapeau  sur  les  veux. 
Rien  n'existe  pour  lui.  Vainement  la  mouette 
L'agace  de  ses  cris  et  de  l'aile  lo  fouette, 
Vainement  l'aquilon  tourmente  son  manteau, 
Et  le  flot  qui  se  brise  au  rebord  du  bateau 
Sur  son  front  incliné  croule  en  perles  amères. 
Rien  ne  peut  l'arracher  à  ses  noires  chimères  ! 


L'esquif,  remis  à  flot,  comme  un  cheval  de  course 

Secouant  l'écuyer  à  son  mors  suspendu 

S'élance!  —  L'étranger,  par  un  sentier  ardu 

D'où  plus  d'un  caillou  roule  et  dans  la  mer  retombe 

Gravit  jusqu'au  sommet  le  rocher  qui  surplondje. 

Là,  pour  reprendre  haleine,  il  s'arrête  un  instant. 

Et  regarde.  —  La  mer  brille  sinistrement  ; 

Gomme  un  visage  humain  blanchi  par  la  colère, 

De  livides  lueurs  sa  face  au  loin  s'éclaire  ; 

A  cette  clarté  pâle  on  peut,  comme  en  plein  jour. 

Voir  l'esquif,  s'élevant,  s'enfonçant  tour  à  tour, 

Tâchant  de  regagner  l'impassible  navire. 

A  chaque  coup  de  lame,  il  chancelle,  il  chavire; 

Les  coursiers  de  la  mer  autour  de  lui  nageant, 

L'assaillent,  secouant  leur  crinière  d'argent, 

Eparpillant  en  l'air  leur  queue  échevelée. 

Se  prenant  au  poitrail,  comme  dans  la  mêlée, 

A  travers  le  combat,  se  mordent  des  chevaux 

Au  limon  d'un  quadrige  attelés  et  rivaux  ! 


10(1  lllSTiillU'  ItKS  («LVIIES  \)K  Tll.  (i.M'TIKH. 

iMais  liit'iilnl,  nnoiilaMl  son  (Miornic  \oliili'. 
Une  vairiio  pranic  a  IciiniiH'  la  liillc. 
l'aiivrcs  laiiii'uis,  en  vain  \uiis  raidissez  les  bras, 
l'our  lits  vous  aurez  l'algue  et  Trcume  jmur  draps, 
Kl  \ous  iic/,  à  moins  (pic  le  ricl  ne  \ous  sauve, 
SouiUK'illcr  cette  nuit  dans  une  liuinide  aleùvc! 


W 


Le  soir  au  bord  du  ciel  attise  ses  fournaises 

(iOuinie  un  liouniie  penclié  (pii  souille  sur  des  braises, 

Et,  parmi  ses  cliarbous,  du  soleil  élargi 

iMifonce  cl  l'ait  cliauller  le  l)0uclier  rougi. 

Le  vent  pleure,  et  la  mer  contre  Técueil  qui  l'unie, 

Avec  un  bruit  lugubre  écrase  son  écume. 


Auprès  du  gouvernail,  tout  seul,  silencieux, 
Un  jeune  liomme,  tenant  une  main  sur  ses  yeux, 
Est  assis  dans  l'esquif.  Vainement  la  mouette 
L'agace  de  ses  cris  et  de  l'aile  le  fouette, 
La  rafale  s'engouiïrc  aux  plis  de  son  manteau, 
El  de  son  dur  genou  fait  craquer  le  bateau  ; 
il  rêve,  et  tout  entier  à  ses  noires  cliiuières. 
Courbe  son  front  pensif,  plein  de  perles  amères. 


L'esquif,  remis  à  Ilot,  comme  un  cheval  de  course 
Secouant  l'écuyer  à  son  mors  susjtendu, 
Bondit,  se  cabre  et  fuit.  —  }*ar  un  sentier  ardu, 
L'étranger  grimpe  au  haut  du  rocher  et  regarde  : 
Quoiqu'il  soit  nuit,  la  mer  d'une  lueur  blafarde 
Scintille,  et  l'on  peut  voir  les  rameurs  sur  leur  banc. 
Avec  un  rythme  égal  se  levant  et  tombant. 


1870.  iOl 

Contre  l'onde  et  le  vent  l'embaication  lutte; 
Mais  bientôt  contournant  son  énorme  volute, 
La  vague,  dans  un  pli  de  son  blanc  chapiteau 
A  noyé  les  maiins  et  tordu  le  bateau. 


lymo 

C'est  le  soir.  Le  couchant  attise  ses  fournaises, 
Comme  un  homme  courbé  qui  soufUe  sur  des  braises. 
Dans  l'ardente  vapeur  le  soleil  élargi 
Plonge  son  bouclier,  de  tons  sanglants  rougi. 


(Juoiqu'il  soit  nuit  la  mer  brille  sinistrement, 
Et  l'on  peut  voir  au  loin  le  canot  qui  chavire. 
Cherchant  à  regagner  l'impassible  navire, 
Pauvres  rameurs,  en  vain  vous  raidissez  les  bras, 
Vos  lits  seront  faits  d'algue  et  d'écume  vos  draps! 


C'est  le  soir.  Le  couchant  allume  ses  fournaises 
Et  s'empourpre  la  joue  en  soufflant  sur  ses  braises  ; 
Dans  la  rousse  vapeur,  le  soleil  élargi, 
Plonge  son  bouclier,  de  tons  sanglants  rougi. 

2307.  Sonnet:  «  J'aimais  autrefois  la  forme  païenne  '>. 
Même  renseignement  que  pour  Ja  pièce  pi'écédcnte. 

2308.  Sonnet  :  «  Un  ange  chez  moi  parfois  vient  le 
soir  ».  Mêmes  renseigneinonts  ({ue  pour  les  deux  pièces 
précédentes. 

2300.  Salon  de  1870.   L  MM.  (Henri)  Regnault  ;  Tony 
II.  26 


10;?  IIISTOIIIR  DES  ŒUVllKS  DE  TH.  tiALTIKH. 

Robert  Floury  :  Matcjko.  .\'>urtiii}  Offiriil,  2  juin  I87(».  In 
Ira^'iiii'nl  do  l'i'l  artiolf  a  rcpaiii  en  1872  dans  le  (lalaluf^ui' 
ilrs  Œlirirs  (fr  llcuii  l\tiii\iiitU  c.rpm^rrs  à  /'/v'o/c  ilrs  Ui'iiux- 
Arts. 

-':tl(i.  Nécrologie  ;  J.  Bouchardy.  —  'riiKATnK-l'iUNr.Ais  : 
Maurice  de  Saxe,  .l'umnl  offii-irl.  (i-7  jnin  1870.  l'ii  IVa^"-- 
nii'nl  de  ccl  ailii'lc  a  r\r  i't''ini|iiirni'  rw  IS7'i  .sons  le  litre 
de:  ./.  linuihiinh/,  a  la  snilr  de  \' llisdiirc  du  llnmimtismc  par 
Tli('()|)liil('  (iaiilicr. 

:'.ili.  Tiii:\  riii:-l'u.\N(;Ais  :  Anniversaire  de  Corneille:  Au 
Pays  des  âmes  :  Polyeucte  ;  le  Menteur.  Junntal  (J/pirl, 
lii  jnin   1870. 

2311''''.  Salon  de  1870.  II.  MM.  E.  Hébert,  J.-J.  Lefebvre; 
Cabanel.  III.  MM.  Victor  Giraud  ;  Puvis  de  Chavannes  : 
Blanc;  Bouguereau  ;  Schutzenberger.  .Inmiiiil  Oflidcl,  Hi 
l'I  17  juin  1870. 

■2'^\2.  On-nA-CoMioiK:  reprise  de  Lalla-Roukh.  —  Ambigu: 
Le  Passeur  du  Louvre.  Jniinnd  offuirl,  :2o  juin  1870. 

'J:!I2'"-.  Salon  de  1870.  IV.  MM.  Camille  Chazal  ;  Bin  ; 
Romain  Cazes  ;  Delaunay  ;  H.  Lehmann.  Joumul  Ufliriil, 
21  jnin  1870. 

2313.  (Nécrologie:}  Jules  de  Concourt.  .IniaiKit  Offlcirl, 
2o  juin  1870.  Cet  article  a  tHô  iniumplrlcmcnt  réimprimé  en 
1874  dans  les  Vorlraits  Contemporains  par  Throjtliile  Gau- 
tier. 

2314.  Porte  .Saint-.Martin  :  Michel  Pauper.  —  Théathk 
(Iluny  :  Père  et  mari  ;  la  Folie  persécutrice.  Journal  Offi- 
ciel, 27  juin  1870. 

23I4'''\  Salon  de  1870.  V.  MM.  Mazerolles  ;  Tony  Faivre; 
Bonnat;  James  Bertrand;  Munkacsy.  VI.  MM.  G.  Doré; 
Zamacoïs  ;  Vibert  ;  de  Beaumont  ;  Eugène  Giraud  ;  James 
Tissot  ;  Marchai.  Joiinml  OfprirI,  2U  .juin  el  3  juillet  1870. 

2313.  Spectacle  dans  un  fauteuil  :  Florise.  —  Lectures 
poétiques  de  madame  Ernst.  Jutini>U  Officiel,  4  juillet  1870. 


1870.  403 

23l;i^i^  Salon  de  1870.  VII.  MM.  Emile  Lévy;  Hector 
Leroux  ;  Angelo  Bachetta  ;  Lecomte-Dunouy  ;  Heullant  ; 
de  Curzon  ;  Comte  ;  Cabasson  ;  Gustave  Boulanger,  .loanidl 
Officiel,  7  juillet  187(t. 

^ 

2316.  Oi'ÉRA-Co.MiQUE  :  L'Oïûhre.  Journal  Officiel,  Il  juillet 
1870. 

2316'''.  Salon  de  1870.  VIII.  MM.  Jundt;  Brion  ;  Heil- 
buth  ;  Chaplin  ;  Détaille  ;  Luminais  ;  Leloir  ;  Chenu  ; 
Feyen-Perrin  ;  mademoiselle  Henriette  Browne  :  MM.  Pro- 
tais ;  Ribot  ;  Bonvin  ;  Manet.  Journal  Officiel,  18  juillet  1870. 

2317.  TiiicATRK-Fn.^Nr.Ais,  Opéiîa,  Oi-éra-Comique,  Gaité  : 
La  Marseillaise.  Journal  Officiel,  2;j  juillet  1870. 

2318.  Opéra-Comique  :  Le  Kobold  ;  le  Rhin  Allemand  ; 
madame  Galli-Marié  chantant  la  Marseillaise).  —  Nécro- 
logie :  Pierre  Dupont.  Journal  Officiel,  1"  août  1870. 

2318'''=.  Salon  de  1870.  IX.  MM.  Jalabert  ;  Carolus  Duran  ; 
mademoiselle  Nélie  Jacquemart  ;  MM.  Bonnegrâce  ;  Péri- 
gnon  ;  Corot  ;  Adolphe  Guillon  ;  Karl  Bodmer  ;  Bellel;  Paul 
Flandrin  ;  Harpignies  ;  Emile  Breton  ;  Chevandier  de  Val- 
drome  ;  Guiaud  ;  Bernier  ;  Daubigny.  X  et  dernier.  Sculp- 
ture :  MM.  HioUe  ;  Guillaume  ;  Falguière  ;  Delaplanche  ; 
Bourgeois  ;  Marcello  ;  Chapu  ;  Millet  ;  Leroux  ;  Fremiet  ; 
Bartholdy  ;  Bourjault  ;  Delhomme  ;  Carpeaux  ;  Leharivel- 
Durocher  ;  Dalou  ;  Barrias  ;  Rochet  :  Lequesne  ;  Peiffer  ; 
Carrier-Belleuse.  Jninnal  Officiel,  2  et  8  août  1870. 

2319.  Tbéatre-Frakqais  :  Une  fête  de  Néron  ;  représen- 
tation au  bénéfice  des  armées  de  terre  et  de  mer.  — 
Ambigu  :  Le  Gladiateur  de  Ravenne.  Journal  Officiel, 
16  août  1870.  Un  IVa^nieut  de  ce  feuilleton,  intitulé  :  A. 
Soumet,  a  reparu  en  1874  à  la  suite  de  l'Histoire  du  Roman- 
tisme, par  Théophile  Gautier. 

2320.  Gymnase  :  reprise  de  Diane  de  Lys.  Journal  Offici'  l, 
22  août  1870. 

2321.  Gymnase  :  reprise  de  Séraphine.  Journal  Officiel, 
20  août  1870. 


101  IIISTOIIIK  l)i:s  (HUVHES  DE  TH.  (iAlTIKIl. 

2322.  Beaux-Arts:  Envois  des  prix  de  Rome.  .Iniinial  offi- 
rii'l,  ;i  sc|»l('iiil)rt>  ISTd.  I  ii  IVa^Mnciit  de  rcl  arlii-lc  a  rcparii 
en  iS72  dans  le  Calald^juc  des  (H'iiinrs  ilr  llniii  Ui'ijndiill, 
cxpnsih-;;  Il  rflrnlr  ,/,•>■  Uraii.i-Ails,  cl  dans  l'arlii-lc  dr  Tliro- 
idiilr  (iaiilirr  sur  ll<  mi  Itriiiiaiill  ,.lniini<il  i)f'j\rii'l  du  2  IV'vrirr 
1871. 

Tons  les  IViiilIchiDs  du  .ImiDiiil  Offi'irI  jinrlfid  m  Irlc 
la  lialc  du  mumu'to  dans  l(((url  ils  oui  paru;  crlui-ri  scid 
l'ait  i'\ii'|(|i(iu.  Il  est  dali'  du  :tl  a(M'd  l«70,  cl  |Miurlanl  il  a 
•  élé  iiis»''i'é  si'ulcnicnl  dans  le  iniin('iii  du  .li'urwil  Officiel  du 
5  sc|)lonil)ro  suivant.  .Mais  rnlir  le  :tl  adfd  ri  If  il  soitlcinhrc, 
IVin|iiiv  rlail  tondu"',  cl  l'ailirlr  de  Tlirnipliili'  Ciaulicr,  liNnivt! 
I(ud  pirt  sur  le  niarliro  do  l'inipriineiàc,  lit  parlic  ainsi  du 
premier  nunién)  du  .hnmuil  Officiel  de  la  Héptddi(pie. 

Le  4  seplendire  1870,  Tlié()|ilnle  (lauliei'  rlail  à  la  poii- 
sioii  Hnnport,  sous  .Monlreu.x  (Suisse),  avec  sa  lillr  Kstelle  et 
madame  «..iilolla  Grisi.  Le  ','},  aprt^s  avoir  appris  les  évôiic- 
nieuls  de  Sedan  et  do  Paris,  il  écrivit  J'inléressaute  lettre 
inédite  (pie  nous  allons  citer,  afin  d'avoir  des  uoiivcdles 
exactes.  Mais,  dans  son  iiupalience,  il  se  rendit  à  (ienéve 
pour  en  avoir  sur-le-champ.  Là,  le  bruit  ine.xact  de  l'arrcs- 
lalion  de  la  princes.se  Malhilde  le  décida  à  partir  iininédiu- 
tenient  pour  Paris,  où  il  arriva  le  0  soplendire  au  matin. 

(IcUc  lellre  est  adi'esséc  à  M.  Adoljdie  liazin,  surnommé 
Rodoifo  [»ar  le  poète.  Ce  jeune  homme,  (^u'il  connaissait 
depuis  son  enfance,  lui  envoyait  des  notes  en  Suisse  pour  ses 
articles  de  Ihéâli'C  et  de  salon,  d'après  lescpielics  Théophile 
Gautier  écrivjut  ses  feuiilelous.  M.  Bazin  est  mort  il  y  a 
fj[ueh|ucs  années. 

Bonport,  sous  Montreux,  5  septembre  1870. 

Mon  cher  RodoUo, 

Le  lélcgramme  que  je  prenais  pour  une  invention 
prus.sienne  et  que  je  l'ai  envoyé  était  encore  bien  au- 
(lessou.s  de  la  vérité.  Quelle  série  de  catastrophes  î 
Quel  écroulement!  Quelle  débâcle!  Que  devient  VOffi- 


1870.  405 

ciel  sous  la  Pa'publiqiie?  Norbert  Billiard ,  Michel, 
Diipiiy,  et  moi  sans  doute,  nous  allons  être  remplacés 
par  de  nouveaux  venus.  La  lessive  est  complète.  Avec 
quoi  vivrons-nous  le  mois  prochain?  Je  l'ignore.  Faire 
de  la  copie,  la  placer  et  la  faire  payer,  en  ce  moment- 
ci,  c'est  de  la  démence.  Écris-moi  bien  en  détail.  ïl  faut 
que  j'avise  et  prenne  mes  mesures.  Je  suis  assommé, 
abruti,  inquiet.  C'est  bien  terrible,  à  l'Age  que  j'ai  de 
voir  la  France  envahie,  Paris  peut-être  bomljardé,  ma 
vie  si  laborieusement  arrangée,  renversée  et  perdue  en 
une  minute  ! 

Pour  ce  pauvre  Empereur,  quelle  fin  lamentable 
d'un  rêve  éblouissant!  Et  ma  chère  Princesse!  Quelle 
affreuse  douleur  !  Quel  inconsolable  chagiin  !  La  voilà 
détruite  à  jamais  celte  abbaye  de  Thélème  de  Saint- 
Gratien  !  Fermé  comme  un  tombeau,  ce  gracieux  déca- 
méron  où  se  sont  tenues  tant  de  conversations  étince- 
lantes  !  Où  est-elle  maintenant,  cette  bonne  et  belle 
créature,  si  aimée  et  si  sympathique?  Que  devient  Toto 
dans  tout  cela?  Je  n'ai  pas  reçu  une  ligne  de  Paris.  Il 
s'y  passe  pourtant  des  choses  qui  valent  la  peine  d'être 
écrites.  Et  les  sœurs,  comment  vont-elles?  Se  sont-elles 
un  peu  remises?  Quelles  résolutions  prennent-elles?  Cela 
dépendra  sans  doute  du  siège  de  Paris.  Le  défendra- 
l-on,  ou  ne  le  défendra-t-on  pas?  Écris-moi  tous  les 
jours  une  lettre,  n'eût-elle  que  quatre  lignes  en  style  de 
télégramme,  car,  ici,  tous  les  journaux  ont  des  rensei- 
gnements allemands  ou  prussiens,  et  je  voudrais  en 
avoir  de  français,  bien  qu'on  dise  que  la  France  ne  sait 
rien  de  sa  situation. 

Je  t'avoue  que  je  crois  physiquement,  mais  non  mo- 
ralement à  ce  qui  est  arrivé.  Cela  ne  m'entrera  jamais 


lOti  IIIî^TOIHE  DKS  (HirVURS  Iti:  TH.  CAl'TIKU. 

dans  la  hMc.  Le  plus  clair,  v'i'M  (Hi 'a\rr  hcaiicmiii  d'rco- 
noiiiic  (If  par!  cl  d'aiilrt',  nous  avons  à  poinc  de  (jiKti 
NJMr  un  mois.  K( coinhicn  \a  diiicr  ccllr  .uiicrr»'  A'r\- 
Icrininalion  ?  l'cnl-iMic  lr  clian.Lrcint'ni  de  lîouvci'iic- 
iiKMil  l'cnd-ii  lUK'  liansacUon  possiltlr  i|iii  ne  suil  pas 
(Irslionoranlc.  Mais  loiM  ce  que  je  dis  là  cl  puis  rien, 
c'csl  la  nirnie  cliosc.  ]a'  lidcan  do  la  haraquc  csl  IVrnié; 
(|iiand  apparaîlra  le  Mai  INdichincllc,  il  ret'o piilcinella? 
Nul  ne  \o  sali. 

•le  iMTve  di'  rauv  cl  dcinnii  dans  ma  peau,  rnal,ui'<'  la 
rompaiinir  de  ('arlolla,  lirlas,  liicn  inquirlc  aussi.  I.c 
plus  clair  de  sa  loi'lunc  csl  à  Paris.  Plus  de,  loyers,  ol 
la  posslbililé  d'une  bomlie  dans  l'immeuble.  Du  reste, 
la  charmante  femme  pi-end  son  parti  en  brave,  et  reste 
toujours  aimable  pour  tout  le  monde.  Quelle  délicieuse 
nature  ! 

Enfin,  mon  bon  vieux  Rodolfo,  qui  es  venu  me  cber- 
cber  en  Egypte,  et  qui  as  manqué  te  noyer  avec  moi 
sur  le  Prince  de  Carignan,  accomplis  soigneusement 
mes  ordres,  et  n'abandonne  pas  trop  aux  mouches  ces 
pauvres  créatures  de  Neuilly.  Elles  ont  eu  bien  tort  de 
ne  pas  venir  avec  moi.  Il  est  vrai  qu'elles  étaient  dans 
un  tel  état!... 

Ton  pali'on  à  la  côte, 
Théophile  Gautier. 

M.  Théophile  Gautier,  à  Bonport,  sous  Montreux, 
pension  Bonport.  Canton  de  Vaud  (Suisse). 

2323.  La  Statue  de  Strasbourg.  (Tableaux  de  siège  ; 
Paris,  1870-1871.  I.  Une  nouvelle  Madone  ;  la  Statue  de 
Strasbourg).  Journal  Offincl,  17  septemjjie,  et  Journal  Offi- 
lii'l  du  soir,  19  septembre  1870. 


\H10.  407 

(]('[  articl(^  cl  jircs([iic  lous  ceux  (iiU'  Th(H)|iliili'  (iautiiT 
piiltlia  eusuile,  en  1870-1871,  ont  été  réunis  piir  lui  en  nu 
volume,  paru  à  la  tin  de  1871,  et  intitulé  :  Tableaux  destègr. 
Pariii,  1870-1871.  Nous  donnons  ici  ce  renseignement  une 
fois  pour  toutes,  cha(pie  titre  d'ai'tiele  étant  d'ailleurs  suivi 
dans  notre  tiavail  du  numéro  de  chapitre  ([u'il  porte  dans 
le  volume. 

2323-".  Voyages  dans  Paris  :  I  et  II.  Navigation.  (Ta- 
bleaux de  siège  ;  Paris,  1870-1871.  II.).  Jnuntal  Offuid, 
;)  et  10  octobre,  et  Jnurnal  Of'jkirl  du  snir,  G  et  12  octobre 
1870. 

23233°.  Voyages  dans  Paris.  III.  La  Place  Saint  Pierre- 
Montmartre.  (Tableaux  de  siège  :  Paris,  1870-1871.  III). 

Journal   Officiel,    17    octobre,   et   Journal   Officiel    du  soir, 
28  octobre  1870. 

2323'*°.  Voyages  dans  Paris.  (IV.).  Un  tour  au  rempart. 
(Tableaux  de  siège;  Paris  1870-1871.  IV.).  Journal  Offeiel, 
26  octobre,  et  Journtd  Officiel  du  snir,  2  novendire  1870. 

2323^".  Voyages  dans  Paris.  V.  Le  Chemin  de  fer  de 
Ceinture.  (Tableaux  de  siège;  Paris,  1870-1871.  V.).  Journal 
Officiel,  2  novembre,  et  Journal  Officiel  du  soir,  12  et  13  no- 
vembre 1870. 

2323 'i°.  Voyages  dans  Paris.  VI.  Au  Théâtre-Français. 
(Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870-1871.  VI.)  Jourmd  Officiel, 
13  noveinl)re,  et  Jnurnal  Officiel  du  soir,  0  décendjre  1870. 

2324.  Tableaux  de  la  guerre  ;  études  rétrospectives  (sur 
les  gravures  publiées  par  M.  Lançon  dans  rillustration). 

L'illuslration,  10  novend)i'e  1870. 

23242°.  Voyages  dans  Paris.  VII.  La  Maison  abandonnée. 
(Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870-1871.  VII.).  Journal  Offi- 
ciel, 23  novembre,  Jrmrnul  Officiel  du  soir,  l."i  et  16  décem- 
]»i'e  1870,  et  Illustration,  21  janvier  1871. 

2324  3°.  Voyages  dans  Paris.  VIII.  Bouts  de  croquis: 
Dans  le  jardin  des  Tuileries  ;  Mélancolies  gastrono- 
miques ;   Un  peu  de  musique  ;   Effet  de  nuit.  (Tableaux  de 


408  IIISTOIHF  DES  OKllVRES  DE  TM.  GAUTIEH. 

siège  ;  Paris,  1870-1871.  VIII. ^.  ./'<»;•;)<»/ (Y/iVfV/.aH  lutvcinluv, 
l'I  Jouniiil  (iffuitl  (lu  soir,  24  vl  30  drcembro  IS7(>. 

23 -JV  .  Voyages  dans  Paris.  IX.  Une  lecture  d'Eschyle 
pendant  le  siège.  Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870-1871.  IX.). 

Jniirtiitl  Itf'fiiiil,  :;  (Icccmlirc  1S70. 

'23Ji.  Voyages  dans  Paris.  X.  Autres  croquis:  I.  Musée 
de  neige.  II.  L'Art  pendant  le  siège.  III.  Dans  la  nuit.  IV. 
Clair  de  lune  au  bastion.  Tableaux  de  siège  ;  Paris, 
1870-1871.  X.).  Jniiniitl  Officiel,  12  .L'icmbre  1870.  i.e  ci.'lnil 
de  l't'l  iirlicU'  a  rté  riMnipriiiié  sons  If  titre  de  :  /'/  Stahie  di' 
Neige,  dans  l'Uluslrulinn  ciu  31  décemliri'  1870. 


Chapiire    VIII    DES    TABLEAUX    DE    SIEGE 
{Voir  page  407  de  Y  Histoire  des  Œuvres  de  Théophile  Gautier,  tome  II). 


fca^'^a.M^   'i^  (aL£l<L    le   (• 'u^    k..  fc».  A,  .^•<*.'<(  i»-/  (~v  J.f  »  }>  »«io   i   ixi'^o    '.  i"i  „;i.'^~<    i>m..<M*.tf  f  .'.<     ^ 
IjkAM    k'H    ^'   1«-1     '«^5"^'»^'     UpAUÎJ    Ki'V.»^' «I-»^'.»*!-    '•«tMiMMvtt^    pfcn    t»  VH»4.  i^J.^lj^<,^4,    1.^   u^d  "■•"•' 

t..*..4.   ^  ^.  i. 'ff.       ^  -.    . .i .....     «.../      1-    f  I  '  t     f  I       II'     (1      ^■-r  Vi      "1  f/'V      'i     1  II  *i  iiifi     f      l'i  I     'i 


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I  f«Ii'    6*  A4,  f  UU. 


/>>-^>«h>\u     '>.«.V    CI.A.H.<.     t,u-UU.    <»>*t»,.«t,     /r*~    "*»*»•»»  1.-    J<M»»     ^.V-^    if    (M'-a.«««       f'f    t(\  Ciyfil'ui' 

na^'vi.t    Wi^(«'^i^>'    H.'>'i*«i  »ei»  uitv- jUonV.  Tviit.  •  Uu  «<*A«iii.  à  ^  l,j«,/  ),,aA  "Stfi^t&w.   4.,  ■kx-vJi  «- cAau^t 


VMcnilivt    »1u.    *n»'  .  ''i  »h»M./iti   l'tlwiM/t   Haiyt»,   II.  li^M^iv^    ({tc«.»|aa«.l-   t>u*.  i.'UvtitJt  i'tf'».  h4.^fc 


9 


1871 


23246°.  Henri  Regnault.  (Tableaux  de  siège  ;  Paris , 
1870-1871.  XIII.).  Journal  Officiel,  2  février  1871.  Des  fraji- 
menls  de  cet  article  ont  reparu  aussi  dans  rUhistrntion  du 
18  février  1871. 

23247».  Voyages  dans  Paris.  XII.  (XI.).  Les  Animaux 
pendant  le  siège.  (Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870-1871.  XI.). 

Journal  Officiel,  12  février,  et  Journal  Officiel  du  soir, 
lo  février  1871. 

2324  .  Voyages  dans  Paris.  XIII.  (XII.).  Les  Bêtes  du 
Jardin  des  Plantes.  (Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870-1871. 
XII.).  Journal  Officiel  et  Journal  Officiel  du  soir,  22  février 
1871. 

23249°.  Victor  Giraud.  (Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870- 

1871.  XV.).  Journal  Officiel,  27  février,  et  Journal  Officiel  du 
soir,  28  février  1871.  Cet  article  a  reparu  aussi  dans  l'Artiste 
d'octobre  1871,  sous  le  litre  de  :  les  Malheurs  de  la  Guerre  : 
Victor  Giraud,  et,  en  partie,  en  1880,  dans  les  Chefs-d'œuvre 
d'art  au  Luxembourg. 

2324 10*.  Trois  aquarelles  inédites  (d'Henri  Regnault). 
(Tableaux  de  siège;  Paris,  1870-1871.  XIV.).  Journal  Offi- 
ciel, 13  mars,  et  Journal  Officiel  du  soir,  16  mars  1871.  Vn 
fragment  de  cet  article  a  reparu  aussi  en  1872  dans  le  Cata- 
logue des  Œuvres  de  Henri  Regnault  exposées  à  l'École  des 
Beaux-Arts,  et,  comme  citation,  dans  l'article  de  l'Ilhistra- 
tinn  du  2  février  1872. 


110  IllSTOlIlK  DKS  (iKlVltKS  |)K  TH.  (..M   lll.lî. 

23-2i  "<•'.  Saint-Cloud.  Tableaux  de  siège;  Paris,  1870- 
1871.  XVII.).  L'Ilhi^tnilin,,,   IS  mars  is:!. 

2'M'.\.  Nécrologie  i:  Emile  Deschamps  .  Sii^MK'  :  T.  (;. 
Jii}(nuil  (tfliciil,  2."»  avril  1871.  Cvl  ailirlc  a  ic|)aiii  ni  [Hll, 
sliiiK'  fil  tniiti's  lollres,  sons  le  litt'c  de:  M'ilc  Srn<ih'(iiiini', 
l'ii  liMi'  (In  Inrnc    prciiiici'  ili's  (H'iiirrcs  (rKinilc  Dcsclianiiis. 

?:]2;;2".  Le  Versailles  de  Louis  XIV.  I.  (Sanstitre  .  II.  Les 
Vasques  carrées  ;   l'Arc  de  Triomphe;  les  Trois  fontaines. 

III.  Les  Bains  d'Apollon  ;    le  Théâtre  d'Eau  ;  les  Dômes. 

IV.  Le  Labyrinthe;  les  Fables  d'Ésope;  L'Isle  royale  ou 
risle  d'amour  ;  la  Salle  de  Bal.  Tableaux  de  siège;  Paris, 
1870-1871.  XX.  .  J"/initil  offirirl,  d,  5,  lli  mai,  <■!  (1  jniii 
JSTl.  Voici  nm'  version  dillcrentc  cL  inétlile  dn  di'Iuil  de  ce 
lia\ail  : 

L'aiilre  jour.  liiliuiK''  (rariiciitcr  à  iiclils  jms  le  hor.- 
lovanl  dos  Ilalions  en  pciile  i-aido  qui  va  do  la  cour  de 
Maroc  à  riiolel  dos  Rô.sri'\(»jrs.  nous  ari'cMaiil  à  ciiiuiut' 
liTOupo  où  nous  apercovioiis  uiio  liguro  amie  ('coulant 
ou  ivpôlanl  la  dorniôi'o  nouvello.  Tidôo  Mon  simplo 
nous  pril  {]c  (|uiUor  la  foule  bouidonnanlo  ol  d'aller 
faire  dans  le  parc  un  toui-  de  promenade.  Celte  idée, 
bien  peu  de  gens  l'avaient  eue,  car  à  peine  avions-nous 
franchi  la  grille,  (lue  nous  nous  trouvâmes  en  i)leine 
solilude.  Un  calme  solennel  succédait  à  la  passagère 
agitation  ;  on  sortait  du  présent  pour  rentrer  dans  le 
passé  et  toutes  les  rumeurs  s'éteignaient  au  seuil  de  ce 
jardin  maje.«lueux  et  tranquille. 

Autour  du  bassin  de  Neptune  (lànaient  de  i-ares  sol- 
dats; quelques  jeunes  mères  vêtues  de  noir  poussaient 
de  légers  chariots  où  sommeillaient  des  enfants  trop 
petits  encore  pour  marcher;  mais  ils  disparaissaient 
dans  la  vaste  étendue  et  ne  donnaient  aucune  anima- 
tion à  la  perspective.  Ce  repos,  ce  silence,  cette  fraî- 


1871.  411 

cheur.  produisit  bientôt  son  elïet  sur  nous.  Les  sombres 
préoccupations  du  jour,  les  fiévreuses  inquiétudes  du 
lendemain  s'apaisèrent.  Le  sentiment  de  la  nature  et 
de  l'art  nous  revint.  Nous  regardâmes  avec  intérêt  les 
arbres  et  les  statues,  et  pendant  quelques  beures  nous 
vécûmes  de  la  vie  ancienne,  au  temps  où 

2323  30.  Une  visite  aux  ruines.  (Tableaux  de  siège;  Paris, 
1870-1871.  XXL).  Journal  Officiel,  3,  11  Juillet  et  5  août  1871. 

2320''°.  La  Vénus  de  Milo.  (Tableaux  de  siège;  Paris, 
1870-1871.  XXIL).  (Daté  de  juillet  1871).  Jownal  Offiriil, 
14  août  1871. 

232.Ï50.  Beaux-Arts  :  Souvenirs  du  siège.  (Tableaux  de 
siège;  Paris,  1870-1871.  XVL  Gustave  Doré;  souvenirs  du 
siège).  Journal  Officiel,  30  août  1871. 

2325  G".  Les  Barbares  modernes.  (Tableaux  de  siège  ; 
Paris,  1870-1871.  XVIIL).  (Daté  de  mai  1871).  L'Illuslratiun, 
10  septembre  1871  ■ 

2325  '  .  Paris  Capitale.  (Tableaux  de  siège  ;  Paris,  1870- 
1871.  XXIIL).  Gazelle  de  Paris,  5  octobie  1871.  Cet  article  a 
été  réimprimé  dans  le  Figaro  du  27  octobre  1878.  Il  nous 
faut  observer  ici,  qu'à  tous  les  numéros  de  la  Gazette  de 
Paria  le  feuilleton  porte  aussi  une  date,  et  que  cette  date  est 
toujours  en  retard  d'un  jour  sur  le  chilfre  placé  en  tête  du 
journal;  cela  dura  ainsi  jusqu'au  numéro  du  17  janvier  1872. 

2326.  Le  Théâtre,  par  M.  Charles  Garnier.  Journal  Offi- 
ciel, 7  octobre  1871. 

2327.  Théatrk-Fhançais  :  mademoiselle  Favart  et  ma- 
dame Arnould  Plessy  dansAdrienneLecouvreur;  souvenirs 
de  Mademoiselle  Rachel.  Gazette  de  Paris,  9  octobre  1871. 

2327'»".  Les  marches  de  Marbre  rose.  Mai  1871.  (Ta- 
bleaux de  siège  ;  Paris,  1870-1871.  XIX.).  Gazelle  de  Paris, 
14  octobre  1871. 

2328.  (lYMNASE  :  Une  visite  de  noces.  Gazette  de  Paris, 
16  octobre  1871. 


lk>  IIISTOinE  DES  OU'VRFS  DK  TH.  CAITIEH. 

2M2'.».  ()i'i:n\  :  Érostrate  ;  reprise  de  Coppélia.  (inn-tir  df 
Puris,  23  ocldltiv  is:  |. 

2330.  Thkatiie-Fhan(jais  :  reprise  de  l'Étourdi.  Gazette  de 
Pidis,  31  o.loltro  IS7I. 

2331.  OnKON  :  Fais  ce  que  dois;  Jean-Marie,  (luzrih'  de 
P<iris,  (i  iiovomliic  IS7I . 

2332.  OntoN  :  Le  Bois;  son  auteur.    Albert   Glatigny. 

(jKZi'ttc  (le  Paris,  13  iiovciiibre  1871.  lu  riM^iiiciil  lii-  rcl 
article,  daté  du  12  novomhre  1871,  a  ropnrii  on  1874  dans 
les  Portraits  Conleinporains  par  Tliéo[)liilf  (i.iiitirr,  sous  le 
titre  d'.illirrt  lihititpty. 

2333.  Académie  Française^  Jules  Janin  ;  Sainte-Beuve. 
—  (ivMx.\SK:  L'Abandonnée,  (inzrlli'  de  Purin,  2<t  novcnihie 
187 1.  L'n  trauiiiciit  de  cet  aiticlc,  daté  du  1*.)  novcniliro 
1871,  a  reparu  en  187i,  dans  les  Portraits  Contemporains 
j)ar  Théophile  (iaulier,  sous  le  titre  de:  Jalrs  Janin. 

233  f.  Thkatrk  de  l.\  .Natuhr  :  Grande  représentation 
d'automne  :  effet  de  brouillard,  (iazette  de  Paris,  28  novc.n- 
hre  1871. 

2334'''*.  L'Administration  provinciale  de  la  Prusse  ; 
notices  et  documents,  jmr  Théophile  (iautier,  ancien  sous- 
prél'et.  hv8'>  de  69  pages.  Imprimerie  de  Paul  Jhipont  et 
compagnie,  à  Clicli\ .  —  .\  Paiis,  chez  Larhaud. 

Ce  volume,  que  nous  trouvons  inscrit  sous  le  N°  0230  de 
la  BitjUoiiraphie  de  la  France  du  2  décembie  1871,  est  par 
Théophile  Gautier  fils,  et  nous  ne  l'avons  inscrit  ici  que 
pour  donner  ce  renseignement  reclilicatif. 

233.").  (liKQUE  D  Hiver  :  Ramjar  et  Samjo,  acrobates  In- 
diens; Une  gymnaste  espagnole,  (iaz'ite  de  Paris,  4  décem- 
bre 1871.  (ie  téuilleton  qui,  par  oubli,  ne  porte  aucune 
signature  dans  le  journal,  a  été  réimprimé  en  1877  dans  le 
tome  deux  de  l'Orient  par  Théophile  Gautier,  sous  le  titre 
d'Acrobates  indiens. 

2336.  Gymnase  :  La  Princesse  Georges.  Gazette  de  Paris, 
11  décembre  1871. 


1871.  4i:{ 

2337.  Théâtre  Miniature.  Gazelle  de  Paris,  18  décembre 
1871.  Cet  arlicie  dut  servir  de  Préface  au  volume  projeté 
par  M.  Alfred  Aubert,  Histoire  du  Théâlre  Miniature,  intrndur- 
tinn  de  Théophile  Gautier,  dessins  de  Draner.  —  Un  volume 
in-li,  (187()),  1  franc,  que  nous  trouvons  annoncé,  sous  le 
tilre  que  nous  venons  de  transcrire,  sur  la  couverture  du 
volume  de  M.  Louis  Durieu  :  Poèmes  couronnés,  suivis  d'au- 
tres opuscules  en  vers  et  en  prose  joyeuse,  paru  cbez  Saynier, 
en  février  1876.  Le  volume  de  M.  Aubert  ne  vit  jamais  le 
jour. 

2338.  Thkatre  FraiNtais  :  Christiane.  Gazette  de  Paris, 
2o  décembre  1871. 


1872 


233'.>.  Thkathe  do  Chateau-d'Eau  :  Qui  veut  voir  la  lune? 
—  Une  Revue  à  faire.  Gtizrttr  de  Paris,  l"  janvier  1872.  In 
fiajumt'iif  do  cet  arlii'Io  a  ('tô  loproduil  dans  iArli;>lc  do 
mai  1872,  sous  lo  lilri'  (!«'  :  La  Lunr. 

i.iW.  Odkon  :  Mademoiselle  Aïssé.  (inzcUr  do  Paris,  8  jan- 
vier 1SV2.  Un  IVa^MU'nl  df  ccl  ailiclc  a  OtO  réiMiprinn''  sous 
Ir  lilrc  de  Mademoiselle  Aîssr,  dans  IWrIisIc  de  juin  1870. 

2341.  Une  visite  au  Nouvel  Opéra.  Baudry  ;  les  pein- 
tures du  Grand  Foyer,  (hizrtie  dr  Paris,  23  janvier  1872. 
Cet  arlicle  a  et»';  rciu'odnil  dans  l'Arlistr  de  févriei'  1872, 
sons  le  tilre  de  :  Paul  Baudrij  :  Lrs  peintures  du  Grand  Foyer 
de  iOjHra,  et,  sous  le  nirme  litre,  en  1875,  en  lêtc  du 
volume  de  .M.  Kinile  Bergerat,  gendre  de  Théoj)Iiile  Gautier, 
intitulé  :  Peintures  drcoralives  de  Paul  Bandrij  au  grand  foyer 
'/»'  l'Opéra;  il  est  daté  là  par  erreur  de  novembre  1871,  et 
indiijué  à  tort  comme  paru  en  ce  même  mois  dans  la  Gazette 
de  Paris. 

2342.  Aug.  Anastasi.  L'lllusfr(di'in,  27  janvier  1872.  Ce 
morceau  a  été  reproduit  en  télé  du  catalogue  de  la  Vente 
au  profil  de  M.  Anasiasi,  vente  qui  eut  lieu  les  o  et  6  février 
1872. 

2343.  Une  échappée  dans  le  bleu.  (Le  Fayoum,  le  Sinaï 
et  Pétra,  par  Paul  Lenoir).  Gazette  de  Pfrris,  30  janvier 
1872.  Cet  article  a  été  réimpi'imé  en  1877  dans  le  tome  deux 
de  l'Orimt ,  f)ar  Théophile  Gaulier,  sous  le  titre  de  :  le 
Fayoum,    le  Sinai  et   Pétra.    Un  autre  fragment  du  même 


d872.  415 

travail  a  été  réimprimé,  en  1879,  dans  Jes  Chefs-d'œuvre  des 
prosateurs  franmis  du  A7A'*  sirelc,  reoiieillis  par  Victor  Tissot 
et  Louis  Collas,  sous  le  litre  de  :  l' Xnmeersaire  de  la  eapitu- 
lation  de  Paris. 

2344.  Vaudeville  :  Rabagas.  Gazette  de  Paris,  7  février 

i872. 

2345.  Les  Pièces  politiques  :  Léo  Burckard,  par  Gérard 
de  Nerval.  (Complément  de  rarlicle  précédent).  Gazette  de 
Paris,  9  février  1872. 

2340.  Henri  Regnault.  Tableaux,  esquisses,  études  et 
dessins.  L'Illustration,  10  février  1872.  Cet  article  a  reparu 
le  mois  suivant  dans  le  catalop-uc  des  Œuvres  de  Henri 
Regnault,  exposées  à  l'Eeole  des  Beaux- Arts. 

2347.  Odéon  :  (reprise  de)  Ruy-Blas.  Gazette  de  Paris, 
28  février  1872.  Ce  feuilleton  est  le  dernier  article  de  eri- 
tiffue  théâtrale  écrit  par  Théophile  Cautier. 

23^8.  Cercle  de  l'Union  artistique;  Exposition  de  pein- 
ture. L'Illustration,  2  mars  1872.  Cet  article  contient  un 
fiagment  de  celui  du  Journal  Officiel  du  13  mars  1871. 

2340.  Histoire  du  Romantisme.  L  Première  Rencontre. 
II.  Le  Petit  Cénacle.  III.  Suite  du  Petit  Cénacle.  Le  Bien 
Public,  3,  10  et  17  mars  1872. 

Cet  ouvrage,  le  dernier  qu'ait  entrepris  Théophile  Gautier, 
est  malheureusement  inachevé.  En  1872  mêjne,  un  tirage 
à  part  des  articles  publiés,  (tirage  fait  pour  les  abonnés  du 
Bien  Public  et  qui  est  la  rarissime  première  édition  de  ces 
pag-es),  resta  interrompu  à  tapage  trente-deux,  vers  la  tin  de 
lavant-dernier  article  écrit  de  l'ouvrage,  chapitre  qui  parut 
dans  le  Bien  Public  du  3  mai  1872. 

En  1874,  les  dernières  pages  de  l'écrivain  furent  toutes 
réunies  en  un  volume  et  publiées  sous  ce  même  titre  d'Hij^toire 
du  Romantisme.  Nous  donnons  ici  ces  détails  une  fois  pour 
toutes,  A  la  tïn  du  chapitre  trois,  Théophile  Gautier  cite 
trois  strophes  de  son  ode  :  A  Jean  huseigneur.  (Voir  n"  .t2.) 

.  23o0.   Henri  Regnault,   notice    par  Théophile  Gautier. 


IKi  lIISTOinr  DES  m-XVRES  DE  TH.  nAlTIEH. 

{Citliihi(jur  (Ira)  OK» r/rs  de  Henri  Hi'anauU,  cx^wsévs  à  l'ÉnHe 
(h's  Hi'tiK.r-Arls.  ^  brocluiro. 

La  Notice  (iiii  j)rrri''(lt'  ce  ('.alalo^'iir,  (inc  nous  ti'ouvoiis 
insciif  sons  le  .N"  •JJiMi  i\i'  l,i  Itililio^iapliic  de  la  Fi'ancc  du 
2'.\  mars  1872,  i('i>i(i(liiil,  ainsi  (|ui'  nous  l'avons  conslalé 
dans  le  conrs  de  ce  travail,  îles  l'ia^inH-nls  de  six  anciens 
arlicles  de  'riiéopliilo  ("lanlier  ;  il  conlicnt,  en  onli'e,  eni'a- 
ilianl  ces  cilalinns,  (|n('l(|ues  pa^es  inédites  ipie  nons  allons 
repi'odnii'e,  rar  elles  sont  anjoni'd'luii  diflicilesà  rencontrer. 

Voii'i     dalMiid    11'    (li'liiil    (le    la    ÎNotice,  inliliih'c  :  llniri 

Regiiaull  (Alexanilrc-Gcofges-Hcnri),  nat|iiil  an  Col- 
lège de  Ffancc  le  30  octobre  1843,  et  moitiiil  l'ia[»i)é 
iliine  Italie  niiiemie  le  19  janvier  1871.  On  voit  pai-  ie 
i'api)iociiemeiil  de  ces  deux  dates  coinitien  le  destin 
avait  laissé  peu  d'années  à  sa  disposition  ;  mais  ce  temps 
si  court  lui  a  sufli  pour  niontrei-  la  puissance  de  son 
talent  et  conquêi-ir  un  nom  à  jamais  gloiieux,  même 
lorsque  la  main  de  la  patrie  éplorée  n'aurait  pas  eu  à 
poser  sur  son  urne  funèbre  la  couronne  de  laurier 
militaire.  It  a  commencé  en  génie  et  fini  en  béros! 
Quelle  existence  de  centenaire  a  été  mieux  remplie  ijuc 
celle  de  ce  jeune  homme  moissonné  dans  sa  fleur! 

Ce  qui  explique  un  si  rapide  développement,  c'est  le 
don  qui,  cliez  Regnault,  dépassa  en  précocité  tous  les 
exemples  connus.  Il  se  manifesta  dès  l'âge  de  trois  ans. 
Dans  sa  première  enfance,  il  était  faible,  maladif  et 
souffreteux;  pour  l'amuser,  on  le  posait  à  terre  sur  un 
lapis,  avec  un  crayon  et  un  morceau  de  papier,  et,  cou- 
ché sur  le  ventre,  il  dessinait  de  la  main  gauche  des 
personnages  et  surtout  des  animaux  où  se  voyait  déjà 
un  sentiment  remar(|uable  de  la  forme.  On  peut  dire 
de  lui  sans  exagération  qu'il  a  dessiné  avant  de  parler. 


187  2.  417 

Cette  habitude  de  se  servii-  do  la  main  gauche,  il  ne  la 
jamais  quittée,  même  pour  la  peinture,  ce  qui  fait  que 
ses  palettes,  façonnées  exprès,  ne  peuvent  s'adapter  à 
aucun  pouce  ;  mais  il  écrivait  de  la  main  droite. 

Il  lit  des  études  littéraires  complètes,  comme  externe, 
au  lycée  Napoléon.  —  Comment  s'appelle-t-il  aujour- 
d'hui?—  Son  père  lui  avait  dit  (juil  ne  lui  laisserait 
pas  suivre  ses  études  d'ai't  (lu'il  n'eût  fini  ses  études 
littéraires.  Le  jeune  Henri  Regnault  se  conforma  doci- 
lement à  la  volonté  paternelle,  reconnaissant  qu'un 
peintre  ne  se  composait  pas  seulement  d'un  œil  etdimc 
main,  mais  aussi  d'un  cerveau,  et  que  pour  représen- 
ter des  hommes  on  devait  avoir  fait  ses  humanités, 
comme  on  disait  dans  la  belle  langue  d'autrefois. 

Il  ne  prit  jamais  aucune  leçon  de  dessin  et  ne  fit 
aucune  copie  d'après  un  dessin  avant  l'âge  de  dix-sept 
ans,  où  il  entra  dans  l'atelier  de  M.  Lamothe,  élève  de 
MM.  Ingres  et  Flandrin;  mais  il  passait  toutes  ses 
vacances  à  faire  des  études  d'animaux  et  de  paysage 
d'après  nature  aux  environs  de  Sèvres  et  de  Dieppe. 

Tout  enfant,  il  demandait  surtout  à  être  promené  au 
Jardin  des  Plantes,  et  il  occupait  ses  soirées  à  dessiner 
de  mémoire  les  animaux  qu'il  avait  \us.  C'est  dans  ses 
premiers  essais  qu'on  peut  reconnaître  sa  merveilleuse 
aptitude  pour  reproduire,  même  sans  lavoir  devant  les 
yeux,  la  physionomie  des  choses. 

Jeune  homme,  il  fut  impossible  de  le  faire  tenir  long- 
temps ni  à  l'atelier  de  M.  Lamothe,  ni  à  l'École  des 
Beaux-Arts.  Le  spleen  le  prenait  bien  vitf  ;  il  lui  fallait 
avant  tout  sa  liberté  d'action ,  pouvoir  changer  d'idée 
artistique  selon  ses  impressions  du  moment.  Son  père 
lui  installa  successivement  un  atelier  bien  modeste 

11.  Ti 


•jiN        iii>iiiii;r,  iii>  (H.i  \  iii>  m.  iii    >.  \\  tiki!. 

daltonl  ;i  Si''\irs.  puis  ;'i  la  nie  (rMiiIrr.  tiilin  a  la  nie 
LafaNt'Ih-.  Il  liavaillail  avccaidciii' (|ii,iiiil  II  ii"a\ail  plii.s 
ili'  iiiaili'i'.  Miilrr  l'ailislf  cl  la  iialiirc  il  lie  l'allail  aih'iiii 
iiiliTiiicdiaire. 

Il  ii"al!ail  à  l'Krolc  (\r>  lîcaiix-Ails  (|iir  pour  1rs  con- 
cours.  cl  cliaiiiic  lois  mi  a\ail  hcaiicoiip  Ar  peine  à  le 
l'aiie  se  prosciilcr:  un  llol  loiijoui's  (h'ixn'dani  d'inspi- 
lalion  le  soide\ail.  (pi'il  ne  rliercliail  pas  (raillciM's  à 
luaili'iscr.  Il  senlail  le  'Imi  en  lui  cl  l'cconlail.  Daiilrcs 
conseils  auraient  pu  le  Iriudder,  nuMue  il  n'i'n  donianda 
pas  beaucoup  aux  anciens  maîtres.  au\  (d\nipiens  de  la 
peinlui'c,  (|u"il  adiuirail  sans  doule.  uiai>  dont  son  ori- 
uinalilé  réloi.uiiail  de  plus  en  jtlus;  il  coniniuniail  sans 
prêtre  avec  la  nature,  cl  prenail  l'arl  coniun' sil  clail 
né  illiier. 

La  niusitpic  lui  ser\ ait  de  délassement  :  il  y  occupait 
ses  soirées  et  même  ses  nuits,  car  il  ne  faisait  lùen  (|ue 
par  fougue  et  par  enthousiasme;  il  était  non  moins 
doué  sous  ce  rappoi'tcpie  sous  l'aulrt^  et  il  eùl  été  aussi 
grand  musicien  (|u'il  est  grand  peinti'e. 

Le  prix  de  Home  lui  fut  décerné  en  IHiji).  Le  sujet 
était  Thétis  apportant  à  Achille  les  armes  forgées  par 
Vulcain.  —  La  toile  de  Hegnault  lit  sensation  ;  le  torse 
dAchille,  courbé  sm'  li'  corps  de  Palroclc,  était  d'unt; 
vigueur  superbe,  et  la  ligure  deTliélis.  moitié  arcbaïfpie 
par  le  dessin,  moitié  surnaturelle  jiarla  couleur,  a\ail 
une  audace  d'originalité  peu  ordinaire.  Les  ornements 
de  l'armure  témoignaient  déjà  de  ce  goût  rare  et  sin- 
g'ulier  qui  distingue  Regnault.  —  On  compi'it  qu'un 
peintre  était  né.  N'oublions  pas,  à  un  concours  antérieur, 
un  Coriolan  avec  sa  mère  Vétiirte.  tableau  d'un  ])lus 
sage  aspect,  (|ui  lui  obtint  une  mention  favoi-al»lc. 


[H  ri.  119 

Le  i)i'cmicr  envoi  do  Rome  di^  Rcj^naull  fut  Automé- 
don  domptant  les  cowsiers  d'Ac/til/e.  C'est  une  ptiinliii'c 
d'une  énergie  et  d'un  emporlemenl  sauvages,  qui  rap- 
pelle la  fougue  de  brosse  et  aussi  la  science  anatomi(|ue 
de  Géricault.  Les  chevaux  divins  se  cabrent,  éclievelés, 
écumants,  contenus  à  pleins  poings  par  le  robuste 
écuyer  dont  tous  les  muscles  se  tendent  sous  refforl. 

Mentionnons  aussi  lui  Orphée  aux  enfers,  éclairé  i)ar 
les  étranges  lueurs  des  régions  souterraines;  les  mons- 
tres infernaux  arrivent  des  noires  profondeurs,  attirés 
par  la  douceur  du  chant.  Plulon,  l'inexorable,  s'atten- 
drit, et  Proserpine  a  une  beauté  grandiose  et  farouche 
(jui  fait  penser  à  la  Proserpine  de  Cornélius  dans  la 
glyptothèque  de  Munich. 

Notre  sympathie  de  critique  s'esl  éveillée  l'une  des 
premières  pour  Henri  Regnaull,  et  nous  avons  rendu 
compte,  une  à  une,  de  ses  uiuvres,  à  mesure  qu'elles 
ont  i)aru.  Nous  ne  le  connaissions  pas,  il  était  encore 
vivant.  Ces  appréciations,  il  a  pu  les  lire.  Nous  les  avons 
réunies  dans  cette  notice  connue  les  plus  exactes  et  les 
plus  sincères.  Les  louanges  sont  bien  données  à  l'artiste 
et  non  au  héros. 

Après  cette  iiitr()(hictioii,  Tljt'opliile  (ioiiLiei-  cile  les  extr;ii(8 
de  ses  articles  que  nous  avons  ronseiiiiiés  à  leurs  dates,  et 
lerminc  le  dernier,  celui  île  l'ilhistnidon  du  10  IVvriei'  [u'é- 
cédent,  par  ce  para.i^rapbc  qui  acliève  la  lujlice  cl  seud:)lc 
faire  parlie  de  l'arlicle  en  question,  (|uoi(iu"il  soil  inétlit: 

Cette  exposition  dont  la  durée  sera  malheureusement 
Irop  courte,  n'est  pas  une  apothéose  à  la  gloire  du 
jeune  artiste  mort  si  tôt,  mais  plutôt  un  acte  de  noto- 
riété. Il  a  passé  si  vite,  ([tte  le  public  a  eu  à  peine  le 
temps  de  le  voir  et  de  saluer  son  génii^  d'inie  exclama- 


i.'O        iii-Tiiii;r  in>  Mi:i  \i;i;s  in;  th.  (iAiTiKM. 

lion.  Il  Ml'  l'aisail  ciicoïc  (|iir  iHrpaicr  son  ii\t'nir,  d 
l'on  pt'ul  (Mit.  dcx ani  icllr  iiiianlih''  (Trliidos  si  diverses, 
Ixpes,  porsonnaiit's.  cosliimes,  arcliileclurcs,  paysapcs, 
animaux,  (lu'il  avail  t'ssa\(''  de  loiilrs  li^s  voies  cl  iinil 
jioinail  alliT  à  la  i'é|iiilalion  |i;ir  |iliis  d'un  clicniin. 
Quelle  conceplion  féconde.  i|iii'llc  Mili'lli'^cncc  souple, 
(jindle  inraiiuahle  aciivilé  !  Il  a\ail  in\cnlé  lui  Oi'ienl. 
nouveau  (|ui  n(>  de\ail  rien  ni  à  Delacroix,  ni  a  l)ecani|)s. 
ni  ù  Marilhal:  il  s'élail  l'ail  de  sa  i)ropre  aiilorilé  calil'e 
do  Grenade  e.[  coninumdeur  i\oi^  croyants;  les  couleurs 
de  sa  palette  étalent  faites  avec  les  pierreries  broyées 
de  l'écrin  des  sultanes.  Il  nianiail  l'huile  et  l"a(|uaiellc 
avec  une  maestria  suprême.  <•!  il  dessinait  des  croipiis 
et  des  portraits  à  la  mine  de  plouih  (pii  |H'u\cnl  sup- 
|iorler  la  comparaison  avec  ceux  d'Ingres.  Oit  ne  .saurait 
penser  sans  une  amèi-e  tristesse  à  cette  perte  irrépa- 
rable. Mais  après  tout,  s'envoler  dans  un  ciel  lumineux, 
la  couronne  d'immortelles  au  front,  laissant  ai)i'ès  soi. 
parmi  tant  de  promesses,  quatre  ou  cin(|  cliefs-d'u'uvre 
réalisés,  égaux  à  ceux  des  maîtres,  (juelle  ambition 
d'artiste  oserait  l'êver  un  jdiis  beau  sort  ! 

Tbéopliile  Gautier. 

iiJoUbis.  Histoire  du  Romantisme.  IV.  Le  Compagnon 
miraculeux.  V.  Graziano.  VI.  Célestin  Nanteuil.  VII.  Au- 
tres médaillons  :  Philothée  O'Neddy.  VIII.  Sans  titre. 
Gérard  de  Nerval,  partout  ailleurs  que  dans  le  journalj. 
Le  Bien  Public,  24  mars,  3,  7,  1  i-  et  21  avril  1872. 

Dans  Ir  rli,i|iilic  Vlll  de  ce  travail,  Théophile  Gautier,  ;ï 
[impos  tics  (iMivres  peidiics  do  Gérard  de  Nerval,  avail  dit 
(|uel(|Lies  mots  de  ses  propres  ouviages  dont  les  manuscrils 
ont  disparu  :  V Entracte  du  4  Juillet  1872  publia,  sous  le 
titre  de  :  Ih'iiins  iirr<liis.  —  Vers  retrouvés,  une  sorte  de 
réponse  ùces  renseiyneinenls,  signée  M.  Listencr  (M.  Charles 


1N7  2,  4>l 

Ménétrier).  .Nous  allons  en  li'anscriic  ici  la  j)aiU('  |ii'inri- 
palo;  après  avoir  parlé  du  Prince  dex  So/.s-,  le  mystiTP  |icidu 
de  Gérard  de  Nerval,  M.  Listener  oonliiuie  ainsi  : 

Une  autre  perte,  mentionnée  par  Théophile  Gautier, 
est  celle,  écrit-il,  «  d'un  drame  découpé  dans  le  poème 
si  touchant  et  si  pathétique  de  lord  Byron,  Parisina, 
par  Au.tïustus  Mac-Keat  et  nous.  Le  souvenir  nous  en  est 
resté  dans  ces  lointaines  profondeurs  du  passé,  comme 
renfermant  des  morceaux  remarquables.  Mettez  qu'ils 
soient  de  notre  collaborateur,  pour  que  notre  modestie 
ne  soulîre  pas  trop,  et  vous  serez  dans  le  vrai  :  Maquet 
a  prouvé  qu'il  entendait  le  théâtre.  Nous  ne  réclamons 
pour  notre  part  que  quelques  tirades  assez  bien  toin-- 
nées,  vous  pouvez  nous  en  croire  sur  parole,  bien  (|ue 
l'ouvrage  soit  anéanti  et  n'ai'rive  pas  à  la  preuve.  » 

Eh  bien.  Théophile  Gautier  .s'abuse  :  si  en  effet  l'ou- 
vrage est  anéanli,  je  vais  cependant  lui  en  offrir  un 
fragment,  ou,  comme  on  dit  au  palais,  un  commence- 
ment de  preuve  par  écrit.  C'est  une  de  ces  «  tirades 
assez  bien  tournées  »  qui  n'est  imprimée  nulle  part  ; 
après  plus  de  quarante  ans  je  la  retrouve  dans  ma 
mémoire  avec  le  souvenir  de  ces  heures  de  loisir  et  de 
ces  illusions  de  jeunesse  que  la  lecture  de  ses  articles 
ont  évoqué. 

Par  quel  caprice  étrange  de  mnémonique,  ces  vers 
me  reviennent-ils  aujourd'hui,  c'est  ce  que  je  ne  me 
charge  pas  d'expliquer;  quoi  qu'il  en  soit,  les  voici, 
aussi  exacts  que  possible.  C'est  im  monologue  du  comte 
Ugo,  fds  naturel  du  prince,  et  amant  de  sa  lielle-mère, 
réfléchissant  sur  sa  destinée  : 

Que  suis-je?  Un  vil  bâtard,  la  honte  de  sa  mère, 
(Ju'un  préjugé  stupide,  une  infâme  clnmère, 


ij>        iiisioiiii;  DIS  (ti;i  \i!i;s  i»k  tu    (.\i  tikiî. 

(^iOiuliiniiii'  ;'i  iif  siii  lir  i|iic  lii  loiiL^riii'  an  IVoiil  ; 
Un  rire  à  (|ui  IDii  l.iil  iiiiitiiiiciin'iit  alIVonl  ! 
n;min;ili<ml  ImiI'ci!  —  \a'  nistic  (|iii  Iraviiillc 
La  \cviv,  ou  lii(M)  i|iii  toiinii'  uni'  nnMiU>,  si>  laillc 
De  Idiis  cos  |in'jni,'(''s  qui  l'ont  noire  souci. 
Son  IVonl  Itlauc  di'  l'ariui'  ou  île  liàlr  noiici, 
NV\|irini(' (iiii'  le  caluic.  Il  uiaiclic  dans  la  vie 
D'un  pas  Icrnic,  portant  sa  charirc  sans  cm ic. 
Sans  antre  aniltilion  (\\w  celle  de  se  voir 
iMaîtr(>  d'un  petit  champ,  et  de  trouver,  le  soir, 
Iton  souper  sur  la  l.dile  et  l'en  llandiant  dans  l'àlre. 
Il  ne  doit  pas  le  jour  à  quehpu"  jicnlillàlrc 
Qui  roui;il  d'être  père,  ci,  sur  le  (  luciliv. 
Jurerait  au  besoin  que  l'on  n'est  pas  son  lils. 
Il  se  coiirlie  tranquille  et.  dort  d'un  prol'oinl  somme 
Juscpies  an  lendemain,  car  il  est  lionncte  liomnie: 
Il  pense  ce  (juil  pense,  el,  pour  ser\ir  un  roi. 
Il  n'a  pas  abjuré  sa  volonté,  son  moi. 
Mais  quand  on  veut,  au  sein  des  pompes  féodales, 
Sous  des  éperons  d'or  faire  sonner  les  dalles, 
Porter  un  beau  pourpoint,  un  riche  chaperon. 
Être  appelé  manjuis,  comte,  duc  ou  liaron, 
Avoir  des  écuyers,  des  varlets  et  des  pa^^es. 
Des  coursiers  de  pur  sang,  de  brillants  équipages. 
Des  tiercelets  d'autour,  des  faucons,  des  gerfauts. 
Des  lévriers  de  race  et  des  chiens  sans  défauts, 
La  nuit  courir  les  bals,  faire  des  mascarades, 
Aux  dames  de  la  cour  donner  des  sérénades, 
Corrompre  quehiue  duègne,  et  dépenser  ses  jours 
A  des  banquets  joyeux,  à  de  folies  amours, 
Il  faut,  dès  son  enfance,  avoir  bu  toute  honte, 
Faire  de  faux  serments,  et  n'en  savoir  le  compte; 
Pour  perdre  ses  rivaux,  calomnier,  mentir. 
Commettre  un  crime  à  fond,  et  ne  s'en  repentir 
(Jue  s'il  ne  sert  à  rien  ;  il  faut  courber  la  tète, 


I.S7  2.  43:J 


Baiseï'  avec  respect  la  main  qui  vous  soufflette 
Lorsque  c'est  une  main  puissante  ;  composer 
Son  regard,  prendre  un  masque  et  ne  le  déposer 
Que  lorsqu'on  est  vainqueur 


Il  faut  surtout 

et  ne  pas  s'y  reprendre 

A  deux  fois,  pour  verser  le  sang  qu'on  veut  répandre. 
Et  pourtant,  je  l'ai  fait!  J'avais  pris  mon  poignard 
Et  mon  épée,  afin  de  n'être  plus  bàtaid  ! 

Auquel  des  deux  poètes,  Théophile  Gautier  et  Au- 
guste Maqnel,  ces  vers  appartiennent-ils?  Seuls,  ils 
pourraient  le  dire,  s'ils  s'en  souviennent  encore. 

En  lerniinanl.  e(  puisqu'il  s'agit  d"(euM"es  inédites, 
je  demanderai  à  Tiu'-ophile  Gautier  des  nouvelles  d'un 
drame  dont  il  ne  parle  pas,  composé  vers  cette  époque, 
mais  non  en  vue  de  la  représentation  et  reproduisant 
dans  plusieurs  de  ses  circonstances  réalistes  les  causes 
de  la  mort  de  François  P'.  Depuis,  Félix  Arvers  a  écrit 
sur  le  même  sujet  une  pièce  puhliée  dans  le  recueil  de 
ses  poésies,  vers  183:^. 

M.    LiSTENER. 

Ajoutons  que  le  litre  du  drame  tir(''  de  P«r/sî)K«  était  : 
Ugo. 

23ol.  Tableaux  Contemporains,  (iazrttr  de  Paris,  i','>  avril 
1872. 

Cet  article  n'est  autre  que  Ja  Préface  du  Catalogue  de  la 
rente  de  tableaux  de  la  Collection  C  (arlin)  qui  eut  lieu  le 
29  avril  1872.  Celte  pi'éfaco,  qui  porte  pour  lilre  en  tête  du 
catalogue:  Notiee  aur  la  enlleetion  C  [arlin],  est  incomplèl(^- 
nient  imprimée  dans  le  journal  ;  il  y  manque  les  deux  pre- 
miers et  le  dernier  paragraphe  que  nous  allons  citer  ici  : 


iji        iiisToiiîi:  iii>  (iKijvHKs  in:  TH.  cm  111:11. 

Si  l'dii  ne  (•oiisi(l(''rai(  (|iii'  le  iiniiiliif  des  lalilcaiiv 
tiui  ligiiri'iit  à  ctilc  M'iilr.  on  siTail  Iciih'  Af  la  rruar- 
(Icr  (•oimiir  peu  imiKUlaiilr  :  il  ne  s'rIcNc  (iii'a  liciilr- 
liojs.  mil'  salli'  m  csl  à  iicinc  iciiiiilic  à  moitié,  mais 
jamais  rxposilion  |iiililii|iii'  naiiia  plus  \i\cmt'iil  riim 
la  ciii'iosilr.  INmr  laiic  (■clic  ((illccliuii,  on  a  (''ci'ciiic 
les  clicfs-d^cinrc  t\i'^  caliiiids  les  plus  dédai.miciix,  irié 
lc>  pelles  du  plus  bel  Oiieiil,  et  clioisi  dans  l'écrin 
inr-mc  (lu  iiiaili'c  le  joyau  caiaclérisliiiue  do  son  jiénie. 
l*orsonno  ne  jiourra  se  vanlor  d'avoir  ini  In.m-cs,  un 
Delacroix,  un  Corot,  un  Th.  Rousseau,  un  Millel  el 
iiuMue  un  (".oin'ltei  sii|iériein-  à  ceux-là,  tVil-il  prince, 
lïit-il  millionnaire,  fiit-il  critique,  ami  du  Titien,  comme 
rAiétin. 

La  coUeclion  C.  se  dislingue  de  toutes  les  autres  par 
la  perfection  absolue  des  morceaux  qu'elle  renferme. 
Beaucoup  d'appelés  et  peu  d'élus.  On  n'a  reculé  devani 
aucun  saci'ilice  pour  enlever  le  tableau  souhaité,  el  la 
vente  achevée  on  sera  fi-appé  de  l'énorme  somme  pro- 
duite :  c'est  que  le  caprice,  ici,  ne  guidait  pas  le  choix, 
mais  bien  l'amoui-  du  beau,  du  rare,  de  l'exquis. 

De  nn''me  que,  des  portraits  de  famille  de  l'autre  siècle 
donnent  bon  air  à  un  salon,  quelques  tableaux  anciens 
Iniii  bien  parmi  les  tableaux  modernes,  un  portrait  de 
b'mme  de  Rembiandt,  une  scène  antique  de  Prudhon, 
une  L' curie  de  chevaux  pie  de  David  Téniers,  un  Com- 
bat de  taureaux  de  Goya,  une  nature  morte  de  Chardin, 
le  Grand  Canal  de  Guai-di  montrent  que  l'amateur  qui 
a  réuni  cette  présente  collection  s'y  connaît  à  la  pein- 
ture de  toutes  les  époques. 

Théophile  Gautier. 


1X72.  4-<>5 

A  propos  de  celle  préi'ace  d'un  catalof,'ue  de  veiiUî  par 
Théophile  Gautier,  la  dernière  qui  ail  été  publiée,  disons  qu'il 
doit  encore  en  exister  au  moins  une  dont  le  manuscrit  inédit 
serait  entre  les  mains  de  M.  Rainihaux,  ancien  écii^er  de 
l'Empereur  Napoléon  111  ;  elle  doil  avoii'  ('lé  rédigée  par 
Théophile  Gautier  vers  1871,  en  vue  d'une  vente  de  tableaux 
projetée  par  l'Impératrice  Eugénie,  vente  qui  n'a  pas  eu  lien. 
Il  se  pourrait  aussi  que' cet  autographe  fût  resté  parmi  les 
papiers  du  vicomte  Clary  auquel  il  avait  été  remis,  paraît-il, 
peu  de  temps  avant  sa  moi-l 

2XH  bis.  Histoire  du  Romantisme.  IX.  Le  Carton  vert.  X. 
La  Légende  du  gilet  rouge.  XI.  Première  représentation 
de  Hernani.  Le  Bien  Publie,  1,  .'>  et  12  mai  ttS72.  Lue  partie 
de  ce  dernier  morceau  a  été  réimprimée  dans  le  Voltaire  du 
26  février  1880,  et  le  chapitre  intitulé  :  la  Légende  du  (jilel 
rfimji  dans  le  supplément  du  Figaro  du  29  février  1880. 

2352.  Salon  de  1872.  I.  Sculpture.  Quelques  mots  d'in- 
troduction ;  de  la  sculpture  en  France  :  M.  Falguiére.   Le 

liien  l'iiblie,  28  mai  1872. 

2353.  Camélia  et  pâquerette.  Ces  vers  ont  été  publiés 
vingt-trois  ans  seulement  après  leur  composition,  car  l'au- 
tographe écrit  sur  l'album  de  madame  Régina  Lhomme 
porte  pour  date  :  «  Londres,  juin  1849.  »  Ils  ont  paru  pour 
la  première  fois  dans  la  sixième  édition  des  Emaux el  Camées 
que  nous  trouvons  inscrite  sous  le  M»  4036  de  la  Biblio- 
graphie de  la  France  du  1*'  juin  1872.  Cette  édition  in-douze, 
la  dernière  que  Théophile  Gautier  ait  corrigée,  est  restée 
lype  et  n'a  plus  été  modifiée  jusqu'ici  dans  ce  format.  Voici 
la  dédicace  mise  par  le  poète  en  tète  de  l'exemplaire  de 
M.  Edmond  de  Concourt,  dédicace  citée  eu  1881,  dans  son 
ouvrage  :  La  Maison  d'un  artiste  : 

Aux  graveui's  sur  pierre  fine  de  la  prose, 

Edmond  et  Jules  de  Goncourt; 
Un  maintenant,  mais  toujours  double. 

Théopliile  Gautier. 


I-'C  IIISTiMIU-:  DlvS  (H-llNUKS  l)K  TH.  (.AI   \\\M. 

'2X'}'t.  La  Mansarde.  .Mrinr  iciisfif:iiiiiiciii  (|ur  |miiii  \r 
iiiim(''iit  |)r('(('(li'iil.  N'dici  [ihisiciirs  ciiiicnisos  vil^i;llll(■.•^  iiir- 
ilitos  (lo  ci'llo  pii-ci',  fl  iiuii.'^  (iiKiiis  ;i  Ifs  (Inmici'  Imites,  cm 
ce  sont  les  tloniiers  vers  inihlirs  du  viv.inl  de  l'aiili'in 
(loiil  iiiiiis  comi;iissiiiiis  Irs  |in'iiiir'ifs  vcisioiis  ;  ils  il.ilciil 
cortaiiifiiu'iil  des  dcniiri  r-  aiiiH't's  de  sa  vif,  l'I  lini  |ii'nl 
voir  ici  avec  quel  scnipuli'  n-  inailrc  éciivaiii,  aiiiv(''  i\  iiih' 
l'épidaliitii  l)ii'ii  léiîiliiiic,  nimicliail  cl  (111111:1^111  encore  ses 
poési(,'s  av;inl  di-  les  Jiviei'  ,111  |>iil>lic  ; 

jro 

Il  est  une  [laiivre  mansarde 
lOntre  deux  tuyau\,  à  l'étroit, 
Au  haut  d'un  mur  (|ui  se  lé/aide, 
Sur  la  pente  raide  d'un  toit. 

Pour  la  parer  (l'un  faux  bien-être, 
Si  je  mentais  eonnne  un  auteur, 
Je  pourrais  orner  sa  leuêtre 
D'un  cadre  de  pois  de  senteur. 

Et  vous  y  montrer  Rigoletle 
Devant  un  aniile  de  miroir, 
Qui  lait  sa  petite  toilette, 
Croyant  que  Dieu  seul  peut  la  voir. 

Ou,  la  robe  enror  sans  asiate, 
Car  à  Mabille  on  s'attarda, 
Frétillon,  vidant  sa  carafe 
Sur  quatre  brins  de  réséda. 

Uu  bien  (jnelque  jeune  poète, 
Par  les  soirs  aux  rouges  déclins, 
Considérant  la  silhouette 
De  Montmartre  et  de  ses  moulins. 


■ITi 


Il  me 

Il  est  une  pauvre  mansarde 
Que  de  la  mienne  on  aperçoit, 
Et  sur  l'abîme  se  hasarde. 
Comme  un  chat  au  rebord  d'un  toit. 

Pour  la  parer  d'un  faux  Ijien-rire, 
Si  je  mentais  comme  un  auteur, 
Je  pourrais  broder  sa  fenêtre 
D'un  feston  de  pois  de  senteur; 

Et  vous  y  montrer  lUgolette 
Se  peignant  devant  un  miroir  ', 
Dont  l'angle  brisé  ne  reflète 
Que  la  moitié  de  son  œil  noir. 

Ou,  sans  avoir  remis  l'agrafe 
Qui  dans  un  gai  combat  céda, 
Frétillon,  vidant  sa  carafe 
Sur  quatre  pots  de  réséda. 

Ou  bien  quelque  jeune  poète 
Qui  fait  des  gestes  sybillins. 
En  regardant  la  silhouette 
De  Montmartre  et  de  ses  moulins. 


111""" 

Dans  Paris,  la  ville  au  ciel  triste, 
Chaque  pignon,  noir,  gris  ou  blanc, 
Porte  une  mansarde  d'artiste, 
Auprès  d'un  nid  de  moineau  franc. 

I .  Autre  variante  de  ce  vers  : 

Travaillant  près  (le  smi  miroir, 


4?«  IIISTolUK  l»i:s  (HliMUlS   DK    111.  C  \1   IIKIî. 

De  fumet'  eu  tout  ti'iii|»s  Itai^'iiéc, 
l'iuir  CCS  niils,  (riiùtcs  toujours  pleins, 
1-11  perspeelive  esl  teiiuinée 
l'iir  MoiiliiKiitre  et  ses  trois  niouliiis. 

Devant  un  iiori/on  de  plâtre, 

De  tuyaux  el  d'angles  de  toits, 

Le  peintre.  rè\ant  de  nier  Ideuàlie, 

S"v  cliaulVe  en  soninanl  dans  ses  doitits  '. 


(>liaude  en  juillet,  froide  en  déeendire, 
Sur  la  cornielie  d'un  mur  Idane 
S'accroche  une  petite  cliaml)re, 
Comme  le  nid  d'un  moineau  IVane. 

Au  bout  d'un  horizon  de  i»Iàtre 
Ue  là  soll're  au  regard  levant, 
A  travers  la  vapeur  bleuâtre. 
Montmartre  et  ses  moulins  à  vent. 


ymc 

Au  bord  du  toit,  une  rnnnsaide, 
Sur  la  corniche  d'un  mur  blanc, 
Entre  deux  tuyaux  se  liasarde, 
Comme  le  nid  d'un  moineau  franc. 

1.  Autre  variante  de  ces  deux  vers  : 

De  fumée  au  brouillard  bleuâtre, 
Le  peintre  y  souffle  dans  ses  doigts. 


1R7  2.  429 


Pour  la  fenêtre  illuminée, 

Le  soir  ralentit  ses  déclins, 

Et  la  perspective  est  ornée 

Par  Montmartre  et  ses  trois  moulins. 


'      yjme 

Près  de  la  mienne  une  mansarde, 
Au  bord  d'un  mur  plâtré  de  blanc, 
Entre  deux  tuyaux  se  hasarde, 
Ainsi  qu'un  nid  de  moineau  franc. 


Entre  les  tuyaux  noirs  et  blancs. 

Triste  forêt  de  plâtre, 
Ou  querelle  des  moineaux  francs, 

L'essaim  acariâtre  ; 

Sur  la  maison,  au  l)ord  du  toit, 
Souvent  une  mansarde 

Sur  la  gouttière  où  l'oiseau  boit. 
Gomme  un  nid  se  hasarde. 

Montmartre,  avec  ses  trois  moulins 
Tournant  leur  aile  active. 

Et  sa  tour  aux  airs  sibyllins, 
Forme  la  perspective. 


On  remarquera  le  rythino  original  de  cette  dernière 
variante  ;  en  outre,  eontrairemcnt  à  toutes  les  autres  ver- 
sions, elle  (•oinnieiice  par  des  rimes  iiiHseuIiiies. 


110  IIISTdlUr.  DK.S  (MCrVKKS  l)H  TH.  i,Al  TIKU. 

'2'X.t.K  Dernier  Vœu.  Mrmr>  i'riisri-iicmiiil>  (|iir  |iiiiii'  Ir.s 
ilriix  (|(>riii(>r.>;  nimi(iii>.  Vciiii  drs  v.iri.iiilrs  im-ditcs  df  n's 
>tr()|tlics  (loni  riiispiiMli'irL'  si-  ilcv  iih'  IjnilciiK  iiI  :  l.i  |ii(iiiicrr 

l'-t    ril   i|li;i|lr  slrn|i|irs.    I,'l  srcdllilr  en    lini^: 

Hélas  I  depuis  que  je  vous  iiiinc 
Il  s'est  passé  plus  de  vinf,'l  lUis! 
Vous  êtes  rose,  je  suis  bleuie; 
J'ai  les  hivers,  vous  les  prinleuips. 

Les  lilas  blancs  de  cimetière 
Pour  uioi  couimencent  ii  lleurir; 
J'aurai  bientôt  la  gerbe  entière  ; 
La  porto  sombre  va  s'ouvrir. 

Bientôt  mon  soleil  qui  décline 
Va  disparaître  à  l'Iiori/on, 
Et  sur  la  funèbre  colline 
Je  vois  ma  dernière  maison. 

Qu'au  moins  de  votre;  lèvre  tombe 
Sur  ma  lèvre  un  tardif  baiser, 
Pour  que  je  puisse  dans  la  tombe, 
Le  cœur  tranquille,  reposer  ! 


ir 


llélas  !  depuis  que  je  vous  aime, 
11  s'est  passé  plus  de  vingt  ans. 
Vous  êtes  rose,  je  suis  blême. 
J'ai  les  hivers,  vous  les  printemps 

Les  lilas  blancs  de  cimetière 
Près  de  mes  tempes  ont  fleuri. 
J'aurai  bientôt  la  gerbe  entière 
Pour  ombrager  mon  front  llélri. 


IN7  2.  j,n 

Qu'au  moins  de  votre  lèvre  lomhe 
Sur  ma  lèvre  un  tardif  baiser, 
Pour  que  je  puisse  dans  ma  tombe, 
Le  cœur  tranquille,  reposer  ! 

(k'S  vers  ont  rW-  mis  on  musi(|ii('  p;ii'  M.  A.  Cœdès  fl  p.ii' 
in;ulame  Viardot  ;  celte  dernière  vei'sion  sous  le  litn^  de  : 
Drnùer  aveu. 

•2;jo;ii'is.  Salon  de  1872.  II.  Sculpture.  MM.  Carpeaux  : 
Barrias  ;  Leenhoff  :  Blanchard  ;  Schœnewerk  ;  Clère  ; 
Chapu  :  Loison  :  Boisseau:  A.  Chevalier.  III.  MM.  Fre- 
miet  :  Mercié  :  Michel-Pascal  ;  Aimé  Millet  ;  Cecioni  ;  Car- 
rier-Belleuse  :  Doublemard.  Le  Biru  Pnlilir,  2  cl  7  juin  1872. 

23o6.  Salon  de  1872.  I.  .  Ceux  qui  seront  connus. 
Vlllufitrdlion,  S  juin  1872.  Cet  urliele  est  le  seul  éeril  de  lit 
série,  et  le  dernier  donné  à  tllluMratlon  par  Tbéopbile 
Gautier;  la  maladie  qui  devait  renlevcr  si  vite  l'enqtêeba  de 

eoiiliniiei'  son  Iravail. 

23o()b'^  Salon  de  1872.  IV.  Peinture  :  Les  médailles. 
ht;  Bien  Public,  17  juin  1872.  Ce  morceau  est  le  dernier 
article  de  Tbéopbile  Gautier  publié  de  son  vivant.  Après 
i[uarantc-denx  ans  de  production  littéraire  ininterrompue, 
la  plume  lui  est  tond»ée  des  mains  au  moment  où  il  allait 
aborder  ranal}se  de  la  peinluie  an  salon  de  1872. 

2:{;>7.  L'Amour  souffle  où  il  veut,  comédie  en  trois  actes 
et  en  vers.  Fragment  inédit.  Thnitre  :  mijstêre,  eomédies  et 
liiilkts,  paiTbr'opliile  (jaiitiei'.  I11-I8  jc'sus,  497  paj^es.  Paris, 
imprimerie  Haçnn  rt  (''<^ ,  librairie  Cluii'pcii(icr  et  C'^ .  Pri.\  : 
;5  fr.  ;io. 

Cette  pièce,  dont  nous  ;iurons  loni;iifnienl  a  parler,  parut 
quebjues  jours  avant  la  mort  <le  son  auteur  (on  sait  ({ue 
Tbéopbile  Gautier  est  mort  le  23  octobre  1S72)  ;  nous  Irou- 
vons  en  etTet  rannonce  de  la  mise  en  vente  de  son  Théntrc 
dans  le  Feuilleton  île  la  Bibliographie  de  la  France  du 
12  octobre  1872,  quoicpTil  ne  soit  inscrit  que  sous  le  numéro 
808O  de  la  Bibliographie  de  lu  Fra)iee  du   0  novend)i-e  sui- 


ij-j        iiisTdiiti:  i)i;s  ni:rviu:s  m;  m.  (,.\i  tif.ii. 

\;iiil.  (i'fsl  If  di'i'iiii'i'  \(iliMiir  (|iril  .lil  rcMi,  d  son  ;i|i|ia- 
lilioM  lui  une  dr  ses  »ltMiiit"'ies  joies,  I.c  f^Tand  ('(rivaiii 
t'tail  liicii  iiialadt'  déjà  loiS(|irii  s't'ii  0("cii|iait;  aliii  d'rciii  r 
plus  ,vraiid.  il  avail  du  itMioiictT  à  ciiipldyi'i'  des  |iliiiiirs  de 
l'or,  cl  il  i'ssa\,iil  dos  |iliiiii('s  dHir  dunl  il  avail  i!i'and'|M'ini' 
a  se  servir.  Voiei  (|iielques-mies  des  plii'ases([iril  rn  ivii  ainsi, 
el  i|iii   sont   iiies(|ue   ses  derniers  auloirraplies  : 

\jCS  Ml/stères,  comédies  et  prnlof/ucs  de  M.  Tlié(»pliile 
Gantier,  devaient  |)araili'e  aiijoiird'liin  quai  du  Ldiivre, 
choz  Charpentier,  édileiir.  en  iiii  loi!  Ndliiine  de  !»(!() 
pages,  et  ne  seroiil  mi.s  en  vente  (juc  lundi,  itar  ini 
retard  du  hioclu'ur.  Je  vais  reprendre  l'Histoire  du 
Rnmaxiismc  on  la  diuilale  l'a  inteiT()ni|iue. 

Un  bon  coupeur  de  plume  est  égal  aux  dieux  uièuie. 
L'Empereur  reviendra  pour  le  moment  suprême. 
Essayons  celle-ci  dilTcremment  taillée; 
Mais  elle  est  vainement  avec  art  ti-avaiilée. 

Je  veux  essayer  (récrire  maintenant  plus  izros  avec 
des  plumes  d'oie.  Au  bout  de  (]uel(|ue  lem})s,  j'en  pren- 
drai riiabilude.  el  ce  sera  plus  commode  pour  tout  le 
monde. 

Il  faut  former  davantage  la  grosseur  des  caractères, 
leur  donner  la  grosseur  rf«  wew/' imprimé,  d'une  façon 
régulière. 

Je  vais  recommencer  mes  écritures  incessamment, 
sauf  à  dicter  quand  j'aurai  la  main  fatiguée.  C'est  un 
début  dans  la  littérature.  Excusez  les  fautes  de  l'auteur, 
plein  de  timidité. 

V Amour  i^ovfflc  oîi  il  veut  occupa  son  anienr  pendant  pins 
de  vin^t  ans;  sans  pouvoir  préciser  absoluiueiil  l'éjioquo  où 


187  2.  l:j3 

il  commença  cette  pièce,  nous  croyons  ne  pas  nous  tromper  de 
licaucoup  en  l'indiquant  comme  peu  après  184S.  C'est  Arsène 
Houssaye,  alors  directeur  du  Théâtre-Français,  tpii,  vers 
1830,  la  commanda  à  son  ami.  La  pièce  ne  fut  jamais  tor- 
minée,  quoiqu'en  dise  cette  note  placée  à  la  lin  du  fia^mcnl 
publié  (un  acte  et  demi]  dans  la  première  édition  :  <■*  La  suite 
a  été  égarée  et  n'a  pu  être  retrouvée  »,  note  signée  T.  Ci. 
Pour  la  seconde  édition,  parue  en  1877,  nous  avons  pu 
ajouter  au  fragment  publié  soixante  et  douze  vers  retrouvés 
par  nous,  vers  qui  conqilètent,  croyons-nous,  tout  ce  que 
Théophile  (jautier  a  jamais  écrit  de  cette  comédie.  Voici, 
s'il  faut  en  croire  M.  Henri  de  la  Pommeraye,  qui,  à  propos 
du  Théâtre,  analyse  la  pièce  dans  //;  Bien  Public  du  28  octo- 
bre 1872,  quel  était  le  plan  primitif  des  parties  non  écrites 
de  l'AmoKr  souffle  où  il  veut  ;  il  dit,  après  avoir  constaté  qui^ 
l'œuvre  est  incomplète  d'une  partie  du  second  acte  et  de 
tout  le  troisième  : 


Des  confidences  nous  mettent  à  môme  de  com- 
bler en  prose,  —  et  quelle  prose  !  —  celte  lacune.  Agnès 
devait  montrer  à  Arnolphe  que  le  cœur  de  la  jeune 
fille  ne  s'échauffe  que  pour  les  images  lointaines  qui  ne 
se  refiètent  pas  tous  les  jours  dans  le  lac  le  plus  sou- 
vent uniforme  de  la  vie  en  commun.  Georges  est  adoré 
comme  un  frère,  mais  voilà  tout. 

Le  tuteur  de  trente  ans  prend  alors  un  parti  héroï- 
que :  il  quitte  sa  pupille,  va  courir  les  aventures  fertiles 
en  dangers,  devient  sous  un  nom  d'emprunt  un  Jules 
Gérard,  un  Bombonel,  remplit  les  journaux  du  récit 
de  ses  prouesses  courageuses,  a  bien  soin  que  l'écho  en 
arrive  aux  oreilles  de  Lavinia,  persuadé  que  la  vierge 
romanesque  aura  quelque  penchant  instinctif,  quelque 
caprice  fantasque  pour  ce  héros  séduisant,  et  finit  ainsi 
par  attirer  dans  ses  filets,  grâce  au  chatoiement  de 
linconnu,  cette  alouette  un  peu  légère  dont  l'imagina- 
n.  28 


434       iiiSîTomi:  i)i;s  okin  mf.s  i>k  th.  caitiii!. 

lion  \(i|rl;iit  ;iil  ilr|i(n>  ilil  liiil  |i;iisil>l('  ri  sfll".  Tel  t'sl 
II'  r;uif\;is  :  la  in'odciif  iir  pt'iil  plus  ("'lie  l'iiilr  pai- 
l'arlislo  diMical  ddiil  la  main  (^sl  jrlacÎM'. 

DclaiiiiaN.  le  ra\i8sant  socirlaii'o  de  la  ('omcMlic- 
KiaïK-aisi'.  qui  avait  appris  pai"  CdMir  les  i)reniièrc.s 
si'c'iii's.  pn'ssa  lui'ii  souvonL  GaulicM"  de  lui  donm'r  l'oc- 
casion de  jouer  iiii  aussi  gi'acicux  rôl(\  Le  poèlc  n'ai- 
niail  pas  clianlcr  deux  l'ois  la  mémo  chanson  :  le  vrnl, 
comme  l'amour,  soul'lle  où  il  \eiil  :  il  a  emporté  1rs 
l'eiiillets  épais,  bon  voya.ïe  !  Allez,  parlez,  mes  i:e}-s, 
s'est  écrié  Théophile,  ainsi  ipie  Boilcaii,  et  voilà  poiir- 
ipidi  les  scènes  siii\anli's  sont  Minettes. 

L'Amour  xnttfflr  m'i  il  mit  |miiI;i  (l'.iboi'd  pour  litre  :  lit 
Perle  du  BhiKn.  Le  jiicinici'  .iclc  ciilior  de  cette  version  a 
été  l'ocueilli  en  187fi  dans  le  loiiic  (i(ii\  ilt'r^  Po(''sies  Complètes 
de  rauleur  (voir  n»  2:W.")),  et,  ])()ur  ne  p;isend)i'oinller  le  lec- 
teur dans  un  dédale  de  variantes,  nous  domierous  seulement, 
en  pariant  de  ce  volume,  les  détails  relatifs  à  ce  premier  ti'a- 
vail.  La  pièce  porta  ensuite  successivement  les  tidcs  de  :  If 
Nouvel  Aruolplic,  le  Tu(rur,  F  Amour  est  eommc  la  yrâee,  et 
nous  avons  retrouvé  rauto.yriiplic  du  pinn  en  prose  de  cette 
version  nouvelle;  nous  allons  le  livinscrire  ici,  et  l'on  verra 
comlMi'ii  il  a  encore  éti'  reniiiiiii'  dcpius;  deux  iicrsoiinages 
de  la  pièce  délinilive  n'y  p;ii;iissciil  |»as  : 

Un  cabinet  riclienient  décoré;  tapisserin  desGobclins.  i)ann[)lies.  tableaux. 
—  Au  fond,  un  grand  vitracre  donnant  sur  une  si>rrn  pleim'  de  plantes 
rares. 

GEORGES,    seul. 

Je  n'oserai  jamais  lui  dite  que  je  l'aime  ;  hier  encore 
j'ai  retenu  l'aveu  prêt  de  s'envoler  de  mes  lèvres,  quoi- 
que je  me  fusse  bien  promis  de  iiarler,  et  je  l'ai  laissée 
partir  comme  les  autres  jours  sans  avoir  trahi  le  secret 
de  mon  cœur!  —  L'a-l-elle  deviné?  au  fond,  je  suis 


187:2.  l.j.j 

d'une  horrible  lâcheté  ;  je  ne  veux  pas  savoir  mon  arrèl, 
car  dans  rincerlitiule,  il  y  a  de  l'espérance  !  Quoitiu'il 
soit  un  peu  ridicule  d'écrire  à  quelqu'un  que  l'on  voit 
quand  on  veut,  j'emploirai  ce  moyen.  —  Rousseau 
quittait  bien  madame  de  "Warens  pour  lui  adresser  de 
longues  lettres.  Je  serai  plus  hardi  sur  le  papier.  — 

Voyons,  comment  débuter?  (Il  trempe  sa  plume  dans  l'encie,  et  la 
tête  appuyée  sur  sa  main  il  réfléchit;  pendant  ce  temps,  Paul  débouche  dans 
la  serre,   une  échelle  do  corde  sur  le  bras,  et  paraît  chercher  une  issue.) — 

Il  me  semble  que  j'ai  entendu  marcher  dans  la  serre? 
serait-ce  elle  ?  non,  ce  n'est  point  son  pas,  c'est  sans 
doute  le  jardinier  qui  arrange  les  Heurs,  (u  éerii)  «  chère 

Alice ))  (Paul  essaie  d'ouvrir  la  porte  de  communication  et  brouille  la 

serrure.)  Ah  ça,  OU  ne  me  laissera  pas  de  repos,  (u  se  lève 

et  marche  au  vitrage.)  1  aul  !   tOi  iCl  !   (U  ouvre  la  porle.) 

PAUL. 

Est-ce  donc  chez  toi  que  je  suis  ? 

GEORGES. 

Tu  ne  le  savais  pas  ? 

PAUL. 

Non.  —  J'arrive  de  Mexico  et  tu  ne  m'as  pas  laissé 
ton  adresse. 

GEORGES. 

Je  suis  heureux  de  te  voir,  mais  permets-moi  de  te 
demander  comment  il  se  fait  que  tu  fasses  ton  entrée 
un  rouleau  de  cordes  sur  le  bras,  et  (jue  tu  tombes 
comme  un  galant  Espagnol  chez  ton  meilleur  ami  ? 

PAUL. 

C'est  tout  simple;  j'ai  le  cœur  navré  et  je  me  sou- 
viens encore  de  mes  leçons  de  trapèze  au  gymnase 
Triât.  Ah!  mon  ami,  je  suis  bien  malheureux  ! 


4JG       iiiîî'RHiii-;  i)i;s  Mil  \i!i:s  m;  m.  cautiku. 

(IKOUOKS. 

Kt  [loiir  !«'  coiisdlrr  lu  escalades  les  murs? 

PAUL. 

Oui.  cela  me  (li>lrail.  Georges,  n'aime  jamais  iinr 
danseiisi'  ! 

GEORGES. 

Tu  me  (lisais  il  y  a  deux  ans  de  n'aimer  jamais  une 
thanleuse. 

PAUL. 

El  j'avais  raison;  mais  à  cùlé  de  ce  dt'mon  de  Cai- 
mencila  la  Kansliiie.  avec  inus  ses  caprices,  ('Mail  un 
ange  ! 

GEORGES. 

Celle  histoire  de  les  passions  malheureuses  n'ex- 
pli(]ue  pas  pourquoi 

PAUL. 

Si  fail,  lout  s'enchahie.  Carmencila,  (]ue  j'ai  suivie 
de  Paris  à  Lisbonne,  de  Lisbonne  à  Mexico,  de  Mexico 
à  Lima,  de  Lima  au  diable,  Carmencila  m'a  trompî;  ! 
devine  pour  qui?  Pour  son  mari....  un  di-61e,  qui 
piquait  des  banderolles  aux  taureaux  dans  les  Places! 

GEORGES. 

Ah  I  le  Irait  est  noir  ! 

PAUL. 

Me  jouer  de  lasorle  !  moi  qui  ai  supporl(''pour  l'amour 
d'elle  deux  cent  et  vingl-lrois  cachuchas  par  trente- 
cinq  degrés  de  chaleur  dans  les  théâtres  les  plus  exoti- 
ques et  les  plus  tropicaux,  moi  qui  lui  ai  jeté  tant  de 
bouquets  cerclés  de  bagues  en  diamant,  et  lancé  tant 
de  pigeons  portant  des  sonnets  attachés  à  des  faveurs 
roses!  — .l'ai  mis  les  mers  entre  mon  infidèle  et  moi, 
et,  de  retour  à  Paris,  je  cherche  à  me  faire  des  rela- 


1872.  437 

tions.  ComniL'  Don  César,  je  m'introduis  dans  le  sein 
des  familles. 

GEORGES. 

Parle  plus  sérieusement,  et  plus  clairement  surtout. 

PAUL. 

M'y  voici.  —  Plongé  dans  la  plus  noire  doulem*  et 
faisant  des  réflexions  amères  sur  la  légèreté  des  femmes, 
je  promenais  ma  mélancolie  sur  les  boulevards  exté- 
rieurs du  côté  des  Invalides,  un  endroit  propice  à  ces 
sortes  de  pensées.  —  Je  longeais  le  mur  d'un  jardin 
terminé  de  ce  côté  par  une  terrasse  ornée  d'un  kiosque. 
J'entends  grincer  une  espagnolette,  une  main  pousse 
la  persienne.  —  Ali  !  quelle  main  !  j'en  étais  déjà  amou- 
reux avant  d'avoir  vu  la  tète  !  Carmencita  était  ou- 
Idiée!.... 

GEORGES. 

Comme  Faustine,  comme  Arabclla. 

PAUL. 

J'attends  la  tête. —  Oh!  quelle  tête!  un  astre  de 
beauté  !  Cette  apparition  a  décidé  du  sort  de  ma  vie. 
je  sentis  que  j'aimais  pour  la  première  fois,  (u  met  la 
main  sur  sou  cœur.)  Nc  bats  pas  ainsi,  conticns-toi ,  mon 
cœur  !  —  L'angélique  vision  disparaît.  Je  suis  le  mur, 
je  m'oriente,  je  trouve  la  maison  rue  de  Babylone  ; 
maison  morte,  fenêtres  aveugles,  porte  murée,  domes- 
tiques muets,  un  tombeau!  Cela  m'enflamme,  tu  sais 
que  j'aime  les  obstacles  ;  je  reviens  me  planter  sous  la 
terrasse.  Le  kiosque  ne  s'ouvrit  plus.  Je  fis  sentinelle 
devant  la  porte,  personne  ne  sortit  :  je  pressentis  là- 
dessous  un  mystère  afl'riolant,  et  comprenant  l'inutilité 
de  chercher  une  personne  tierce  pour  me  présenter 
selon  l'étiquette  anglaise,  j'eus  recours  à  des  moyens 


I3S        iiisTdiKK  i>i:s  (ti;i  vKi;s  i»i'.  iii,  cm  riKU. 

plus  roiiiaiit'scinos.  .rciis  suiii  de  l'aii't'  cinporlcr  par  If 
\riit  j)ai'-(lt'ssiis  II'  iiiiii'  (lu  jardin  i|ii('I(111(>ï;  Icuillcs  coii- 
l«Mianl  des  vois 

GEORGES. 

Adrossi''s  à  t'ilo  ? 

PAUL. 

Non  :  un  frajimonl  do  poônio  rpirnip  sur  Cliildoltraiid 
qui^  jp  lis  (Ml  srrdiidf  pour  conlrarici-  r.oiliMn. 

(iKORGES. 

Kl  puis? 

PAUL. 

Rcliraiit  d  imo  malle  rtVIiellf  dr  soie  (|iii  nio  servit 
à  Lislionno  pour  l'indif^ne  Carniencila,  je  prolilal  de 
oelli^  (dtscui'C  joiirni''C  de  novembre;  je  jetai  les  (ram- 
pons de  fer  sur  le  chaperon  du  mur  et  je  ,o,rimpai.  Le 
boulevard  est  déjà  désert  à  cinq  heures,  et  la  niiil  des- 
cend. —  En  cas  de  surprise,  j'avais  une  réponse  tonte 
prête  :  «^  Je  viens  cheiTlier  le  |)lns  lieau  morceau  de 
mon  poème  épi(pie  (|iie  la  hise  m"a  enlevé  des  mains 
comme  je  le  reUsais  pour  le  ptrlcclionner;  j'ai  frappé 
à  la  i)orte  du  jardin  et  de  riiùtel,  on  ne  m'a  pas  ré- 
pondu. Je  suis  le  baron  Paul  de  Vermont,  constatez 
mon  identité.  »  Tu  trouves  peut-être  mon  strata^ième 
médiocre,  mais  je  n"ai  lieii  imaginé  de  mieux.  Je  saute 
dans  le  jardin  après  avoir  leth'é  mon  échelle.  J'erre 
au  hasard,  j'ouvre  une  porte^  personne;  une  seconde, 
personne  encore.  Je  débouche  dans  une  serre  qui  se 
prolonge  indéfiniment,  je  cherche;  une  troisième  porte 
se  présente,  et  au  lieu  de  tomber  aux  pieds  de  ma  belle, 
je  tombe  dans  les  bras  de  mon  ami  ! 

GEORGES. 

Toujours  le  même,  l*aul. 


187  2.  439 

PAUL. 

Oui,  tu  le  sais,  j'ai  une  âme  volcanique,  la  passion 
c'est  ma  vie.  Mais  comment  se  fail-il  que  je  me  heurte 
nez  à  nez  avec  mon  ami  Georges  de  Vallombray  dans 
cette  retraite  mystérieuse  où  je  poursuivais  mon  idéal. 
Cette  jeune  tille,  tu  la  connais,  puisque  tu  habiles  la 
même  maison  quelle.  Tu  me  présenteras,  (siience  de 
Georges.)  Ail!  je  (levlue,  nous  n'avons  pas  voyagé  en 
Orient  sans  prendre  un  peu  les  mœurs  turques  :  lu 
enfermes  ta  sultane,  tu  es  jaloux.  Alors  je  renonce  ;'i 
ma  passion. 

GEORGES. 

Écoule,  Paul,  je  le  cache  depuis  dix  ans  un  secret. 

PAUL. 

Ah  !  c'est  mal. 

GEORGES. 

Je  vais  le  le  révéler,  et  tu  me  conseilleras.  Tu  le 
souviens  de  noire  premier  voyage  en  Italie?  Tu  me 
quittas  à  Florence  pour  suivre  une  improvi.salrice. 

PAUL. 

Fiorilla;  je  me  le  rappelle. 

GEORGES. 

En  passant  à  Milan,  pour  regagner  le  Simplon,  je 
vis  sur  le  Corso,  à  côté  d'une  femme  qu'une  voilui'e 
venait  de  renverser,  et  qui  était  moile,  une  petite  tille 
éplorée,  mais  charmante.  La  femme  chantait  dans  les 
rues  des  airs  tyroliens,  et  l'homme  qui  l'accompagnait 
disait  ne  pouvoir  se  charger  de  l'enfant.  J'étais  jeune, 
libre,  déjà  maître  d'une  grande  fortune.  La  fantaisie 
me  prit  de  jouer  le  rôle  de  la  providence  ;  je  donnai 
quelqu  argent  pour  faire  enterrer  la  mère,  et  j'emmenai 
la  petite  fdle,  d'abord  alarmée  de  se  voir  avec  un  in- 


nu        iiisTiiiiir,  i)i:s  (H'.i  \  UKS  he  th.  (.ai  iikh. 

ronnii.  mais  Iticntùl   rassiirrc  |iar  {\r<'  joiijdiix   l'I  des 
lioiihoiis. 

l'Ail,. 

C't^sl  lii's  liini.  Oui  l'aiirail  s(>ii|i((iiiii('  (rtMic  un 
Yiiii'i'iil  (11'  l'aul  ! 

GEOUGKS, 

Qiioi(]iii'  piiit's.  mos  vuc:^  n^'laiciil  -|*^is  si  (l(''siiU(''i'(:'s- 
st''Os.  Tu  sais  Ion  31(ili('i'0? 

PAUIi. 

BoUo  (|iieslion!  Mo.  pronds-lii  poiii-  un  âne  illriiiv  ! 

GEORGES. 
Qiio  (lis-lii  (Ir  /' /:cole  des  femmes. 

TAur,. 
.lolit'  piôct'  ma  loi  1...  .le  lis  (Micoie  en  pcnsanl  à  cri 
imbécile  Arnolplie  qui  L'iève  si  préciouscmenl  Agnès 
pour  Horace. 

GEORGES. 

L'idén  d'Ai-nol[ilii'  n'rsl  pourtant  pas  uiauvaise.  Au 
lieu  de  recevoir  une  femme  des  mains  du  hasard,  il  tu 
élève  une  selon  ses  goûts,  ses  mœurs  :  il  crée  lente- 
mont  la  Galathôo  que  l'amour  doit  animer  plus  tard  : 
son  seul  tort,  c'est  d'avoir  la  soixantaine.  J'avais  vingt 
ans  alors,  l'onfant  on  avait  six. 

l'AUL. 

Elle  a  seize  ans  maintenant;  je  commence  à  com- 
prendre. 

GEORGES. 

Je  l'ai  fait  élever  avec  tout  l'amour  qu'on  met  à  soi- 
gner une  plante  rare,  non  pas  comme  une  innocente 
destinée  à  un  barbon,  mais  comme  une  jeune  fille  qui 
doit  faire  le  bonheur  d'un  galant  homme.  Dans  le  paradis 
solitaire  que  je  lui  ai  créé,  elle  a  vécu  libre,  heureuse, 


187  2.  141 

confiante,  au  milieu  d'une  atmosplière  de  luxe  et  d'art. 
Personne  ne  l'a  vue  jusqu'ici.  Cette  serre  communique 
à  la  maison  voisine  arrangée  pour  elle:  c'est  par  là 
qu'elle  vient  chaque  jour. 

PAUL. 

Heureux  coquin  ! 

GEORGES. 

Tu  ne  m'as  pas  compris,  j'ai  respecté  mon  œuvre, 
j'aime  Alice. 

PAUL. 

Eh  bien,  épouse-là. 

GEORGES. 

Jusqu'à  présent,  elle  n'a  vu  en  moi  qu'un  fière  ;  je 
l'aime  comme  un  fou  et  j'ai  peur,  et  j'attends.  Je  me 
consume  sans  rien  dire.  Si  elle  n'avait  pour  moi  qu'une 
froide  affection...  Ah  !  j'en  mourrais  ! 

PAUL. 

Tu  m'alarmes  !  tu  danses  sur  une  passion  !  Parlons 
pour  la  Chine  ! 

GEORGES. 

Non,  je  reste;  je  veux  savoir  mon  sort,  j'attends 
d'elle  la  vie  ou  la  mort. 

PAUL. 

Viens.  Tu  n'es  pas  comme  moi  un  Salamandi'e  habi- 
tué à  vivre  au  milieu  des  flammes. 

GEORGES. 

Cette  idée  est  devenue  pour  moi  une  question  d'exis- 
tence; quand  tu  es  entré,  j'attendais  mon  notaire.  Si  à 
la  lettre  que  je  lui  écris,  Alice  répond  défavorablement, 
je  lui  lègue  ma  fortune  et  je  me  lue. 

PAUL. 

Je  m'y  oppose  formellement  ;  tu  me  promets  bien  de 


11-2       iiiSToiuK  DKs  (»i;i  vuKs  i»K  ni.  (;ArTii;ii. 

\i\ir  jn^iiu'ii  >i\  licuiTs.  ji'   Nit'iidiai  le  jiitikIic  jioiir 

ililliT. 

Voici  in.'iiiili'ii.'iiil  Iniil  UNI'  sri'io  de  v.-iri.nilcs  ImimIIIcs,  en 
vers,  (le  celle  |iière;  tiuiis  leiioiis  ;"i  li'S  cilei'  loiiles,  :iliii  (|iie 
le  leelelll'  |illisS('  .jll.lli'r  (■(lllll)ieil  celle  lellNIC  il  ilceil|H'  SOIl 
illllelll  ;  dans  eelie  \eisj()tl  la  scène  |i|eriné|'e  lienl  lieu  ili'S 
scènes  I   el   II  : 

SCKNK  I 

(;k(»|{<;ks  dki.ca,  i>.\i  l  dI']  saim-claik. 

l'AlIL   (Il  entre  furtivemont.) 

lîion  !  siloiioc  proloiid,  solitude  C()iii|tlèt(i  ! 

Ni  liùig's  Charles  jappant  a|>iès  imo  ^iiidilcllc, 

Ni  laquais  à  convaincre  avec  un  louis  d'or 

(ju'on  n'est  pas  un  voleur,  quoicpi'on  cherche  un  trésor  ; 

Pas  même  un  jardinier  laissant  choir,  de  surprise, 

Son  arrosoir  tout  plein  sur  ses  cloches  qu'il  hrise; 

Un  lourdaud,  cpii  parfois  ne  veut  pas  croire  encor  ' 

t^Uie  l'on  n'est  pas  Mandrin,  mais  hien  le  beau  Lindor  ! 

Une  porte!  —  Très  bien;  cette  porte  sans  doute 

Meneaux  appartements,  et  doit  m'ouvrir  la  route, 

('omnie  au  prince  éc;aré  des  contes  de  Perrault, 

A'ers  la  chandjre  où  je  vais  réveiller  en  sursaut 

La  Belle  au  Bois  Dormant  de  ce  logis  magique  ! 

On  la  nmre  au  prochain,  mais  je  suis  énergique, 

Je  détruirai  le  charme  et  je  la  reverrai. 

Et  tout  en  l'enchantant  la  désenchanterai. 

Avançons.  —  Ouehpi'un  !  Diable. 

GEORGES  lEiilrant.) 

Oui,  j'ai,  la  chose  est  sûre, 
Dans  la  serre  entendu  craquer  une  chaussure  ; 

1.  Antre  variante  : 

Et  qui,  tremlilaiit  irefTroi,  mali,Té  tout  doute  cncor 


iH12.  413 

Antoine  avait  raison.  —  (Apercevant  Paui.)  Monsieur!  Parlez, 

[morbleu, 
Que  cherchez-vous  ici  ? 

PAUL. 

Moi?  Le  dahlia  bleu. 
Ma  chimère,  mon  rêve  en  fait  d'horticulture  '. 

GEORGES. 
Qu'il  vienne  par  semis,  par  cayeux  ou  bouture, 
Votre  dahlia  bleu  me  semble  une  couleur 
A  vous  faire  des  gens  prendre  pour  un  voleur. 
Holà  Germain,  Dubreuil,  Antoine  !  A  moi!  Main  forte-. 

PAUL. 

Chut!  Il  n'est  pas  besoin  de  crier  de  la  sorte, 
Et  cet  imbroglio  va  vous  paraître  clair; 
Je  ne  suis  pas...  Eh  mais,  c'est  lui;  Georges! 

GEORGES. 

Saint  Claire 

PAUL. 

Embrasse-moi. 

GEORGES. 

Quel  fou  !  Sans  se  faire  connaître, 
Après  six  ans  d'absence  entrer  par  la  fenêtre. 
Quand  la  porte  et  les  bras  lui  sont  tout  grands  ouverts  ! 
C'est  bien  toi  !  D'où  viens-tu  ? 

1.  Autre  variante  : 

Mon  rêve  que  peut-être  enferme  cette  serre. 

GEORGE. 

Un  fripon  maladroit  doit  être  au  moins  sincère. 

2.  Autre  variante  : 

Expliquez-vous,  sinon  permettez  que  je  sonne. 

PAUL. 

Là!  là!  tout  doux!  Pour  moi  ne  dérangez  personne. 

3.  Autre  variante  des  deux  vers  qui  suivent  : 

J'aurais  pu  t'assommer  et  puis  te  reconnaître; 
Mais  quel  caprice  aussi  d'entrer  par  la  fenêtre! 


m        iiisïdim;  dks  ma  vuks  di^:  th.  cAiTiKn. 

PAUL. 

.le  viens de  I'iiiumms  ! 

J'ai  \ii,  inrhinl  raiiiaiir  h  lii  ;;('-oi;:i'a|iliii>, 

Berlin,  Naplcs,  Madrid,  Canlon,  IMiiladcIpliie, 

Mexico,  GoviKinil  cl  Hio-Janciii», 

l'tjc  loinhc  (l'instinct  jnslc  à  l(»n  nunicro. 

GEORGES. 
Tu  ne  savais  donc  pas.... 

PAUL. 

Non,  j'ignorais  la  iiic 

(iEOHGES. 

lluinnicnl  s"c\|ili(|iic  alors  celte  entrée  incongrue? 

PAUL. 

Par  le  liasard,  —  soleil  dont  je  fus  ébloui.  — 
Dans  quelle  obscurité  t'es-tu  donc  enfoui  ? 

Quand  je  te  demandais,  en  arrivant  du  Havre, 
On  me  disait  :  «  Ab  oui,  Georges  !  je  l'ai  connu. 
Mais  du  diable,  qui  sait  ce  (|u'il  est  devenu  !  » 
On  ne  i)arlail  de  toi  qu'au  prétérit,  tout  comme 
D'un  roi  de  Babylone,  ou  d'un  consul  de  Home. 
En  vain  je  te  guettai  sur  rusplialt(!  élégant, 
J'eus  beau  cliercber  ta  trace  au  boulevard  de  Gand, 
Demander  ton  adresse  à  fa  demeure  ancienne 
Dont  la  poi'te  était  close  ainsi  que  la  persienne, 
Aller  au  Jockey-Club  pour  minf'ormer  de  foi. 


Gretchen  au  t'eld-zeugmesfre  au  bout  d'un  an  céda 
Et  je  devins  épris  de  Dona  Casilda. 
Ce  n'était  pas  ma  faute  ! 

GEORGES. 
Ob,  non  ! 

PAUL. 

Ces  Madrilènes, 
Savent  si  Itien  poser  au  bord  de  leurs  grands  peignes 


1872.  445 

La  inantille  de  blonde  !  Elles  ont  de  tels  yeux 

Que  le  noir  de  l'enfer  y  vaut  l'azur  des  cieux  ! 

Casilda  n'était  pas  jaune  comme  une  orange, 

Mais  elle  était  charmante  et  d'une  c^ràce  étrange. 

Malgré  les  novios  aux  regards  furibonds, 

On  acceptait  mes  fleurs,  on  mangeait  mes  bonbons; 

Dans  sa  loge,  aux  taureaux,  j'avais  toujours  ma  place, 

L'œillet  rouge  piqué  dans  ses  cheveux  de  jais. 
Dans  un  fleuve  de  joie  à  pleins  bras  je  nageais. 


Un  pur  hasard.  —  L'express  me  prenant  au  steamer, 
M'a  jeté  dans  Paris  depuis  avant-hier. 


D'un  Oreste  oublieux,  Pylade  méconnu. 
J'allais  partout  criant  :  qu'est-il  donc  devenu  ? 

Je  cherchais  une  simple  et  modeste  retraite, 
Un  hôtel  de  garçon  entre  cour  et  jardin. 
Et  j'avisai  celui  de  monsieur  Lavardin 
Qui  jouxte  ta  maison,  en  style  d'inventaire  ; 
Un  demi-million  m'en  fit  propriétaire. 
J'étais  emménagé  depuis  cinq  ou  six  jours, 
Je  reposais  mon  cœur  lassé  de  trop  d'amours, 

Essayant  dans  le  calme  et  dans  la  solitude 
Sur  mon  cuir  chevelu,  de  plus  en  plus  désert, 
Le  système  de  Lob  ou  le  système  Obert, 

Quand  je  vis,  m'accoudant  un  jour  à  la  croisée, 
Dans  le  jardin  voisin  où  plongeait  mon  regard, 
Assise  sur  un  banc,  et  lisant  à  l'écart. 


41(1  IIISToiIU'.  DKS  MlUVnr.S  l)K  TH.  (iAl  TIKK. 

Une  jouiif  porsonuo,  atloiiihli'  inrlan;,'(', 

Di's  licautôs  (le  la  rfiiiiiu'  cl  «les  iMxoiis  de  l'aiif^tc  ! 


Hélas  !  non;  au  jardin  elle  ne  icvinl  idiis. 

l^e  (•(M'1)('mt,  fonlt',  iiiontia  îles  crocs  de  dotruo, 

I^aducj,'no  roliisa  mes  louis  d'un  air  roj^ue; 

11  fallut  en  venir  alors  aux  farauds  moyens, 

Danser  la  cacliuclia  sur  les  murs  iniloyciis, 

Se  suspendre  à  réclielle,  en  j;alant  de  Sé\ille, 

Pour  liiclier  d'arriver  jus(|u'à  la  jeune  tille, 

Et  lui  dire  à  genoux  et  la  main  sur  le  cieur  : 

«  Je  l'aime  1  »  cl  cœtera,  —  le  pathos  de  rigueur'. 

Non  sans  m'ètre  écorclié  sur  les  tessons  de  verre, 

Je  descends...  j'aperçois  une  |)orte  de  serre, 

J'entre;  je  m'oriente  et  je  tombe  en  tes  bras 

Par  un  imbroglio  que  tu  m'expliqueras. 

Suis-je  ici  chez  loi,  George,  ou  bien  suis-je  chez  elle? 

Est-ce  elle  qui  te  cache,  est-ce  toi  qui  la  cèle? 

Et  comment  se  fait-il,  qu'en  ce  douteux  séjour 

Je  trouve  l'amitié  quand  j'y  cherchais  lamour? 

Avant  d'aller  plus  loin,  voici  une  aulru  variante  do  cette 
même  scène  à  partir  du  vers  dix-sept  : 

PAUL. 
Diable!  quelqu'un  ! 

GEORGES  (entrant). 

Un  homme,  à  cette  heure,  en  ce  lieu  ! 
Que  cherchez-vous  ici  ? 

1.  Autre  variante  de  ces  deux  vers  : 

Et  lui  tlirc,  tu  sais,  la  phrase  de  rigueur  : 

A  vous  ma  vie,  à  vous  mon  ànie,  à  vous  mon  cœur  1 


187  2.  u: 

PAUL. 

Moi...  le  dahlia  bleu, 
Mon  desideratum  en  fait  d'horticulturo  I 

(Ils  se  regardent  lixement.) 
GEORGES. 

Fabuleuse  rencontre  ! 

PAUL. 

Incroyable  aventure  ! 

GEORGES. 

N"ai-je  pas  la  berlue? 

PAUL. 

En  croirais-je  mes  yeux! 
Georges  sortant  de  terre! 

GEORGES. 

Et  Paul  tombant  des  cieux. 
Sans  dire  gare,  ainsi,  comme  un  aérolitbe  ! 

PAUL. 

Tu  trouves,  n'est-ce  })as,  mon  entrée  insolite. 

Et  sans  être  indiscret  tu  voudrais  bien  savoir 

Si  j'ai  la  lièvre  jaune  ou  le  vomito  noir. 

Mon  bon  Georges,  pleuré  par  plus  d'un  et  plus  d'une  ! 

GEORGES. 

Mon  brave  Paul,  jailli  d'un  volcan  de  la  lune  ! 
Mais  d'où  viens-tu?  Ré|)onds 

PAUL. 

De  Naples,  de  Berlin,  de  Londres,  de  Lisbonne, 
D'oîi  je  suivis  Carmen  (l'histoire  est  assez  bonne). 
En  Amérique,  au  diable,  à  Rio-Janeiro, 
Où  ce  rat  m'a  quitté  pour  suivre  un  torero  ! 
Souvenir  douloureux  et  qui  vraiment  me  navre  ! 


Enfin,  voici  deux  variantes  d'un  passage  que  le  lecteur 
reconnaîtra  facilement  : 


148        iiisKimi;  i)i;s  (H'.imu'.s  hk  th.  haitiku. 

VAKIANTK  A. 
l'AlJL. 

Mon  (fi'si(kral(iiii  eu  l'ail  (riiorliciilliiit'. 
IViit-rlic  fil  cette  serre  il  lleiirit  d'aventure. 

GEORGES. 

Vous  T'Ics  lin  lilou  ! 

PAUL. 

Non. 
GEORGES. 

Ces  traits,  celle  voix, 
Me  sont  connus!  Eh  1  mais,  c'est  bien  Paul  «|ue  je  vois! 

FAUL. 

Tiens,  Georges  ! 

GEORGES. 

Cher  ami  I 

PAUL. 

Permets  (|ue  je  t'embrasse  ! 

GEORGES. 
Oui;  mais  jieimels  d'abord  que  je  te  débarrasse  '. 

VARIANTE   IJ. 
PAUL. 

Je  suis  horticulteur. 

GEORGES. 

Vous  mentez  par  la  gorge  ! 
Vous  êtes  un  filou  !  —  Mais  que  vois-je!  Paul  ! 

PAUL. 

George  ! 
Ce  cher  ami. 

1.  Antre  variante  de  ce  vers  : 

Voilà  six  ans  bientôt  que  j'ai  perdu  ta  trace. 


iSrl.  449 

GEORGES. 

Ta  main. 

PAUL. 

Mes  bras  te  sont  ouverts  ! 

GEORGES. 

D"oîi  viens-tu,  vagabond? 

PAUL. 

Je  viens  de  l'univers, 

La  scène  qiuilre  u'csl  pas  Jiioiiis  changée  ;  après  le  vers 
de  Georges  : 

De  ce  nom,  par  maliicur,  nul  que  moi  ne  se  nomme. 

il  continue  ainsi  dans  cette  variante  : 

Depuis  dix  ans  le  chef  de  ma  famille  est  mort 
Et  je  suis,  par  malheur,  le  seul  d'Elcy,  mylord. 

LORD   PURLEY. 

Excusez  mon  erreur.  —  Ainsi,   quoique  d'un  âge 
A  remplir  galamment  un  autre  personnage, 
De  miss  Lavinia  vous  êtes  le  tuteur  ! 

(Mouvement  de  Georges.) 
PAUL,    à  part. 

Ce  nom  l'a  fait  sauter  à  trois  pieds  de  hauteur. 

GEORGES. 

Oui,  mylord,  je  le  suis. 

LORD    DURLEY. 

Je  viens  vous  parler  d'elle. 

(Paul  va  pour  se  retirer.) 

Je  n'ai  rien  de  caché  pour  un  ami  fidèle  ; 
Restez,  Paul,  et  soyez  présent  à  l'entretien. 

GEORGES. 

Lavinia...  mylord...  je  ne  comprends  pas  bien... 
Vous  la  connaissez  donc  ? 

II.  29 


iôo        iiisTdiKi:  i)i:s  (ii:i  \iîks  m;  iii.  (..\i  tikk. 


Voilà  tout. 

l]ali 


KOHI)   DUUliEY. 

Moi?  NulU'iiiciil.  Je  riiiiiH', 

PAUli. 


GEORGES. 
Vciiillf/  m'cxpliquei' ce  piolilrnic 
LOKD   I)U1U/F,Y. 
(Vcst  hii'ii  simple.  —  J'étais  Irisic.  crriiiil,  ilésd'inn'  ', 
Pour  y  \oir  im  \ilrail  dans  uiu'  ('glisc  t'iilié. 
Près  (riinc  gouvcrnaiito  à  touniuic  d'anglaise, 
Une  jeune  personne  accoudée  à  sa  chaise 
Se  penchait  sur  son  livre.  —  Un  rellet  égaie 
Meltail  un  nimbe  d'or  à  son  (Vont  éclairé, 
J-]t  lorscjue  i)ar  moments  se  levait  sa  paupière 
Connue  pour  suivre  au  ciel  le  vol  de  sa  prière, 
Un  jour  de  paradis  inondait  son  <eil  lileu, 
Et  semblait  de  sa  llamme  éclairer  le  saint  lieu. 
Parfois  elle  laissait  sa  paupière  baissée 
(^omnie  iiour  micu\  encor  recueillir  sa  pensée, 
Kt  penchait  vers  sou  livre  un  prolil  chaste  et  pur, 
Que  Fiesole  eût  tracé  dans  l'or  ou  dans  l'azur. 
Elle,  en  pleine  lumière,  et  moi,  tout  voilé  (rond)re. 

Je  contemplai  longtem|ts  ses  traits  purs,  «jue  le  jour, 
Semblait,  par  un  rayon,  désignera  l'amour, 
E\  je  sentis  mon  cieui',  noir  de  l'ennui  de  Londrc  ^ 
Comme  à  l'aurore  on  voit  une  brume  se  fondre, 

1.  Autre  variante  : 

C'est  l)ien  simple.  —  J'étais  ù  Saint-Gormain-des-I^rés. 
Admirant  les  vitraux,  <le  fresques  diai)rés. 

2.  Autre  variante  de  ces  trois  vers  : 

Et  mon  ennui  plus  noir  que  le  brouillard  de  Londre. 
Comme  à  l'aurore  on  voit  une  brume  se  fondre, 
Allait  se  dissipant  à  ce  regard  dazur. 


451 


Sï'clairer  doucemeiii  à  ce  regard  délé  ! 
Mon  cœur,  nouveau  Lazare,  était  ressuscité. 
Son  oraison  finie,  elle  ajusta  sa  mante. 
Et  sortit  à  pas  lents,  sérieuse  et  charmante. 

PAUL,  à  part. 

Pauvre  Paul  !  Le  combat  ne  saurait  être  long, 
Entre  ton  amour  chauve  et  ce  jeune  Absalon  ! 

LORD  DURLEY. 

J'avais  sous  la  voilette  et  la  capote  rose  \ 
Dont  le  ton  vif  éteint  un  peu  sa  couperose, 
Près  de  la  belle  enfant  reconnu  miss  Lucy 
Chaperon  chez  ma  sœur  avant  de  l'être  ici. 


Je  savais  tout,  la  rue  avec  le  numéro. 

PAUL,  à  part. 

J'aurais  bien  dû  rester  à  Rio-Janeiro  ! 

11  me  prendra  la  blanche  cl  jai  perdu  la  noire. 

GEORGES,  se  conteuanl  avec  peine. 

Je  ne  vois  pas  oii  veut  en  venir  votre  histoire. 

LORD  DURLEY. 

Oh  !  nous  autres  Anglais,  nous  sommes  lents  et  froids 

Patientez. —  J"ai  dû  me  marier  trois  fois, 

Et  trois  fois  s'est  rompu  ce  projet  éphémère  ; 

La  première  ce  fut  à  cause  de  la  mère, 

La  seconde  du  père  et  la  troisième,  enlin. 

De  la  lante,  de  l'oncle  et  du  petit  cousin. 

Je  n'aime  pas  du  tout  la  famille....  des  autres. 

1.    Vutrfi  variante  de  ces  quatre  vers  : 

La  belle  créature  était  accompagnée 
Par  une  gouvernante,  à  mine  rechignée, 
En  qui  je  reconnus  miss  Lucy  Cameron, 
Autrefois,  chez  ma  sœur,  lectince  et  chaiieroii . 


•152  lll>ï(>lliK  liKS  (iKl  VIU:S  DK  TH.  (..M  TIKU. 

TAUL. 
l']|>oiist'r  (les  pariMils!  (Test  Itieii  asst'z  des  nùlivs'; 
Oïl  n'a  pas  lo  itMiionIs  <lo  les  avoir  choisis. 

LOIID   DURLEY. 

Un  éouyer  lit  rage  <mi  nul  soixanlo,-si\ 

A  la  grande  hiitaillc  où  le  Normand  Gnillaiiiiu' 

Trit  au  Saxon  Uaiald  sa  vie  l'I  son  royaume; 

Le  roi  le  nomma  duc  et  le  eond)la  di'  dons, 

Et  c'est  le  lord  Duiley  de  qui  nous  descendons. 

Lisez,  si  vous  voulez  en  savoir  davantage, 

Le  livre  du  peerage  et  du  baronelage. 

GEORGES. 
Mylord,  je  ne  suis  pas  géni'alogien. 
Et  je  crois  votre  nom  aussi  noble  qu'ancien. 
Mais  vos  discours  pour  moi  sont  remplis  de  mystère. 

LORD  DURLEY. 

J'ai  vingt-six  ans,  je  suis  duc  et  pair  d'Angleterre; 
Ma  fortune,  pardon  de  ce  détail  bourgeois, 
Vient  dans  la  statistique  après  celle  des  rois. 

GEORGES. 

Je  sais  que  votre  rang  est  aussi  haut  qu'illustre, 
Et  que  votre  blason  brille  du  plus  beau  lustre. 

1.  Variante  de  ce  vers  et  des  dix  suivants  : 

Des  parents  par  contrat!  C'est  bien  assez  des  nôtres! 

LORD  DURLKY. 

.l"ai  vingt-sept  ans;  je  suis...  (à  Paul)  itardon  de  ces  récits. 

Fils  d'aïeux  combattant  en  mil  soixante-six 

Contre  Harald  le  Saxon  pour  le  Normand  Guillaume, 

Lequel,  par  un  duché,  mit  de  l'ace  le  heaume 

Qui  sur  notre  écusson  se  montrait  de  profil, 

Changeant  en  fleurons  d'or  notre  simple  tortil. 

Lisez,  si  vous  voulez  en  savoir  davantage, 

Le  livre  du  peerage  et  du  baronetage. 

GEORGES. 

Je  sais  que  votre  nom  est  aussi  pur  qu'ancien 
Et  prend  un  nouveau  lustre  étant  porté  si  bien. 


187  2.  153 

LORD  DURLEY. 

J'ai  fait  mon  maiden-speech  à  la  Chambre  des  Lords, 
Ma  richesse  est  immense  et  dans  mes  coflVes-forts, 
Sans  en  Irouver  le  fond  recouvert  de  gainées, 
La  prodigalité  fouillerait  des  années. 
Mon  hôtel  du  West-End  aux  rois  fait  trouver  laids 
Les  aménagements  de  leurs  pauvres  palais, 
Et  sur  le  vert  gazon  de  mes  vingt  résidences, 
Titania,  l'été,  pourrait  mener  ses  danses  \ 

GEORGES. 

Oh  !  je  ne  doute  pas  qu'avec  vos  millions, 
Mylord,  vous  ne  pourriez  charger  six  galions, 
Mais  encore  une  fois.... 

LORD    DURLEY. 

Mon  histoire  est  finie. 
Je  vous  demande.... 

GEORGES. 

Quoi  ? 

LORD    DURLEY. 

La  main  de  Lavinie, 
Car  je  viens  aujourd'hui  par  le  plus  droit  chemin 
En  loyal  gentleman  vous  demander  sa  main. 

GEORGES,   bouleversé. 

La  main  de  Lavinie  ! 

/ 

1.  Autre  variante  de  cette  tirade  : 

J'ai  tout  ce  qu'ici  bas  l'homme  rêve  ou  désire  : 
Hôtel  dans  le  West-End,  manoir  dans  le  Yorkshire, 
Et  Télé,  quand  me  pousse  un  instinct  voyapjeur, 
Une  villa  de  marbre  au  bord  du  lac  .Alajeur, 
Si  toutefois  mon  goût  ne  jette  pas  l'amarre 
Aux  rives  de  Sorrenle  ou  de  Castellamare. 
Or,  vous  vous  demandez,  comte  Georges  d'Elcy, 
Pourquoi  moi,  lord  Durley,  je  vous  dis  tout  ceci, 
C'est  que  votre  pupille  est  jeune,  belle,  seule. 
Sans  cortège  de  mère,  ou  de  tante,  ou  d'aïeule, 
Dans  les  conditions  que  je  veux  pour  l'hymen, 
Et  que  je  viens  ici  vous  demander  sa  main. 


451        MisToim-:  i)F>  (»i:r\iiKs  m.  m.  (..\i  tikk. 

PAUl-,    à  purl. 

Il  lie  l'a  pas  ciicdrc  I 

GEOlKiKS,  frnùlonierit. 

Voh'o  lii'iis(|ii('  (Icmaiidc  cl  in'cldiinr  cl  m'iionoiv. 
Mais  iiioii  coiisnilt'mcin  ne  siitlil  pas. 

I.OIU)    DUHhKY. 

iMtrI  Iticii, 
Carji'  ne  luctciids  pas  (piDii  la  conlraiifiic  t'ii  rien; 
N'diis  Mit'  pivscnlcn'/ à  lajt'uiK'  pcisoiiiit'. 

PAUL,   fi  part. 

OiK'l  licaii  sans-froid  anjj;Iais  !  Mii'ii  ne  le  dcsaironno  ! 

LOIU)    Dl'llI.KY. 

Six  mois,  un  an,  donx  ans.  je  lui  l'crai  ma  cour, 

A  moins  pourtant  qu'elle  ait  dans  l'àme  un  autre  amour. 

GEORGES,  à  part. 

Co  mot  a  fait  en  moi  tressaillir  chaque  (il)re  ! 

Un  autre  auKUir  1  —   iiaui.)  Le  ('(cur  de  Jjaxinie  est  libre! 

Mvlord. 

PAUL,  à  part. 

Tant  mieux. 

LORD    DURLEY. 

Parfait  !  Tout  va  selon  mkhi  gré; 
y.ù  le  pressentiment  que  je  réussirai. 

PAUL,  n  paît. 

Fat  ! 

GEORGES. 

Vous  rencontrerez  des  obstacles  peut-t'tn^  ? 

LORD  DURLEY. 

Lesquels  ?  Je  n'en  vois  pas. 

GEORGES. 

Il  en  i)ourrait  bien  naître. 

LOED    DURLEY. 

Je  suis  opiniâtre  et  je  les  vaincrai  tous. 
Lavinia  me  plaît,  je  serai  son  époux; 
Donnez  d'autres  raisons  pour  que  je  me  retire. 


187  2.  455 

GEORGES,  à  part. 

Avec  son  insistance  il  me  met  au  martyre. 

(Haut.)  Vous  êtes  trop  pressant  :  ces  résolutions 

Ne  se  prennent  qu'après  mûres  réflexions. 

Une  telle  demande  a  de  quoi  me  confondre  ; 

Je  ne  saurais  vraiment,  niylord,  que  vous  répondre; 

Si 

LORD   DURLEY. 

Si  Lavinia,  comme  elle  en  a  le  droit, 
Concevait  une  horreur  formelle  à  mon  endroit? 
Mais  j'en  courrai  la  chance  et  je  pense,  qu'en  somme, 
Elle  recevra  bien  un  loyal  gentilhomme. 

GEORGES. 

Ce  n'est  pas  une  affaire  à  conclure  en  un  jour. 

LORD   DURLEY. 

Non,  mais  en  attendant  je  puis  faire  ma  cour; 

(Jui  donc,  la  pauvre  enfant,  la  mure  et  l'emprisonne? 

Mais  je  devine  !...  Ainsi  que  plus  d'un  le  soupçonne, 

Vous  êtes  marié...  morganatiquement. 

Et,  chez  vous,  le  tuteur  prête  un  masque  à  l'amani. 

J'y  songe  tard  !  —  Pardon,  pour  tant  de  maladresse  ; 

Le  tuteur  est  amant,  la  pupille  est  maîtresse, 

Et  Rosine,  changeant  les  groupes  du  tableau. 

Du  comte  Almaviva  rit  avec  Bartholo  ! 

Dans  ce  bonheur  caché  j'entre  et  je  le  dérange  ; 

Pardon  ! 

GEORGES. 
Que  dites-vous  !  ma  pupille  est  un  ange, 
Pure  comme  celui  (pii  veille  à  son  côté  ! 

LORD  DURLEY. 

Bien.  —  J'en  crois  votre  honneur  et  j'en  crois  sa  beauté. 


Contre  les  cruautés  des  tuteurs  rigoureux 


4.-.t.  IIISTdlUF,  DKS  (M'VHKS  DE  TH.  nAl'TIRn. 

Je  saurai,  sans  Fitnilin.  Iioincr  iiii  slnitaf^î'inc. 


Va  |iiU'  l.i  II  ii|i|i('  (inverti'  au  |ilaiicli('r  (luc  je  cmiiH'  ' 
J'anhc  à  iikhi  iulaiitc  et  je  r<'iii|t(>iU'  eu  oroiijn'. 

GEOUOKS. 

Je  l'cMvorrais  plutùl  au  IiduI  iIii  iikhkIi-. 

PAUL,  à  pari. 

Uicn  ! 

LORD    DUllLEY. 

Je  l'y  suivrai.  — Je  sais  la  route,  car  j'en  \ien. 
A  nous  autres,  Anglais,  quand  le  ciel  gris  tamise 
Ce  spleen  qui  l'ait  courir  auA  ponts  de  la  Tamise, 
Gherclier  les  pistolets  dans  le  tond  des  tiroirs, 
Ou,  connue  Gastlereagli,  re[)asser  ses  lasoirs, 
Il  faut,  pour  nous  sauver,  un  rêve,  une  manie, 
Quelqu'entreprise  folle  et  qu'on  veut  voir  finie, 
Quelque  amour  insensé  qui  donne  une  raison, 
De  remettre  à  plus  tard  d'aNaler  le  poison  ^. 

1.  Variante  de  ce  vers  : 

Je  soulève  du  front  le  plancher  que  je  coupe. 

2.  Variante  de  ce  vers  et  des  suivants  : 

Pour  enlever  l'amorce  et  boucher  le  poison, 
C'est  le  but  désormais  que  je  me  donne  à  suivre  ; 
I^e  monde  me  semblait  hier  un  mauvais  livre 
liempli  de  lieux  communs,  mal  écrit,  déjà  lu; 
A  ne  pas  Tachever.  j'étais  bien  résolu. 
Lavinia  parait,  c'est  un  divin  poème! 

GKORGKS. 


LORD   DCULEV. 

Alors  donnez-la  moi? 

GKonr.Es. 
Non!...  cent  fois  non!...  Je  l'aime! 

LORD  DURLKV. 

La  question  est  autre;  épousez-la  vous-même. 


187  2.  451 

Heureux  quiconque  alors  se  crée  un  but  à  suivre  1 

Pour  moi,  Lavinia,  c'est  le  prétexte  à  vivre, 

Je  m'ennuyais, — j'étais  maussade,  — il  avait  plu  ; 

Le  monde  me  semblait  un  roman  déjà  lu  ; 

De  ne  pas  lo  finir  je  me  sentais  l'envie. 

Lavinia  paraît,  et  mon  àme  ravie. 

Voit  dans  ses  yeux  le  but  du  poème  divin  ! 

GEORGES. 

Mylord,  tuez-vous  donc,  car  votre  espoir  est  vain, 
Vous  n'obtiendrez  jamais  Lavinia.  —  Je  l'aime  ! 

LORD  DURLEY. 

Alors  c'est  difl'érent  ;  épousez-la  vous-même; 
Je  me  ferai  sauler,  ce  projet  me  sourit. 

Et  ne  l'exposez  plus  dans  cette  ombre  équivoque, 
Aux  brusques  passions  que  sa  beauté  provoque. 
Pourtant,  j'aurais  voulu  plus  rayonnante  encor. 
L'hermine  sur  l'épaule,  au  front  le  fleuron  d'or, 
La  voir,  lady  Durley,  dans  son  carosse  à  glace. 
Allant  au  Draicing  rnoin  de  Buckinrjhams  palace. 
Le  Times  eût  raconté  sa  présentation  ' 
Comme  un  événement  de  la  haute  fashion, 
Et  doublant  sa  beauté  de  toute  ma  richesse, 
La  reine  eût,  elle-même,  envié  ma  duchesse  ! 
Mais  vous  avez  pour  vous  l'antériorité  ; 
Ce  soir,  au  lieu  de  lait,  je  mettrai  dans  mon  thé. 
Un  soupçon  de  morphine  ou  d'acide  prussique. 

PAUL. 

Tenez-vous-en  [dutôt  à  la  crème  classique. 


1.  Antre  variante  Ce-,  ces  rleux  vers  : 

Oui,  j'arrangeais  déjà  sa  présentation; 
Je  voulais,  au  milieu  des  cygnes  d'Albion. 


•158  IIISTOIHK  DKS  oKl  VUES  DE  TH.  i.Al  Tli:ii. 

LORD  DURLEY. 

Uoil.  iiiriiic  à  son  il\al  loiilc  la  vt'-iilr; 

(i'ost  |MMii'  moi,  (|irim  iiiii  lue  et  (in'iiii  lum  l'ail  iciiaîli'c, 

I.a  (|ii('sli(iii  (i'ilaiiilrl  :  n   Khc  on  Iikmi  ne  pas  T'iic.  » 


(IKOKCKS. 

Je  lu  ici  II  st.' rai  s  alors  iiiriiu!  à  moi)  livre, 
S'il  élail  épris  d'elle,  et  je  pourrais  le  voir 
Sans  llécliir,  à  mes  i)ieds  mourir  de  désespoir! 


Ce  n'est  (»as  vous,  m^Iord,  cest  moi  (|iii  iih'  luerai. 

LORD  DURLEY. 

C'est  liiiir  le  roman  dans  le  j^oùt  l'asliionahle ', 
Lavinia  vous  dit  qu'elle  ne  vous  veut  pas, 
Très  bien 


Mais  vivre  est  bien  usé, 

Mais  si  je  réussis,  vous  vous  tuez;  j'épouse  1 

GEORGES. 

Je  me  relèverais  de  ma  tombe  jalouse  ! 

Avant  (le  passer  à  la  sc^nc  suivanlc,  voici  encore  une 
variante  de  la  tirade  de  Lord  Diirley  racontani  idiiiincnl  il  a 
vu  Lavinia  pour  la  première  fois  : 

Visitant  une  éf,dise  en  simple  curieux, 
J'admirais  les  vitraux  au  jour  mystérieux; 

1.    Antre  variante  de  ce  vers  : 

Vous  vous  faites  sauter?  Très  Ijici).  C'est  fashioiiable. 


IS7  2.  d.-jy 

Devant  l'tiutel,  avec  sa  gouvernante  anglaise  ', 
Une  jeune  personne,  accoudée  à  sa  chaise, 
Vers  son  livre  penchait  un  profil  chaste  et  pur 
Que  Fiesole  eût  tracé  dans  l'or  ou  dans  l'azur. 
Quand  elle  relevait  sa  paupière  abaissée 
Gomme  pour  suivre  au  ciel  sa  prière  élancée, 
Un  paradis  d'azur  s'ouvrait  dans  son  œil  bleu. 
Et  semblait  de  sa  flamme  éclairer  le  saint  lieu. 
En  regardant  cet  ange,  à  ligure  de  femme, 
Je  sentis  mon  cœur  vivre  et  renaître  mon  âme, 
Ce  cœur  que  je  croyais  à  tout  jamais  blasé, 
Cette  àme  dont  j'avais  tant  de  fois  abusé  ! 

La  scène  cin(|  n'a  pas  été  muins  remaniée  ;  après  le  vers 
de  Georges  : 

Avait  à  mon  orgueil  joué  l'un  de  ces  tours, 

on  lisait  d'abord  : 

Qui  ne  surprennent  pas  mais  qui  blessent  toujours. 
J'étais  seul.  Cette  vie  à  soi-même  pareille 
Où  l'on  fera  demain  ce  qu'on  a  fait  la  veille, 
Me  fatiguait. — J'avais  assez  d'entendre,  au  son 
Des  pièces  d'or,  chanter  la  banale  chanson. 
Et  mon  spleen  dédaignait  de  demander  asile 
Au  temple  hospitalier  de  la  Vénus  facile. 

PAUL. 

J'entends.  —  Comme  un  buveur,  lorsque  vient  le  matin, 
Sent  une  soif  d'eau  pure  au  sortir  d'un  festin, 
Tu  sentais  le  besoin  de  faire  une  débauche.... 
...  De  vertu,  —  pour  changer... 

1.  Autre  variante  de  ce  vers  et  des  deux  suivants  : 

Quand  je  vis  dans  un  coin,  à  genoux  sur  la  pierre 

Une  enfant  qui  semblait  l'ange  de  la  prière. 

Et  penchait  vers  son  livre  un  profil  ciiaste  et  pur. 


m       iiisToinK  i)R>i  oi':r\iîi:s  i»i;  m.  (iAiriKii. 

fJEOROES. 

.l'alliiis  (le  droite  à  i^auclic, 
DésuMnii':  lU'  sacliani  (|iii'  laiic  de  mon  corps, 
Katii,Mi(''  (lu  lo^'is  fl  iirt'imiiyaiil  dehors 
A  ce  |>()iiil.  (|uati\  /•raiiçais,  un  soir,  nialtjrré  ralTielie, 
J'entre,  moi  (|nator/.ième,  en  la  salle,  et  me  niclie 
Dans  un  coin,  d'où  je  suis,  d'un  d'il  |»res(|ue  diirmanl. 
La  |»ièce  (|ui  marcliait  assez,  indolennucnl  : 

PAU1-. 

Mon  brevet  (rattaclié  ni'arriva,  quand  son  cœur 
Allait  payer  en  moi  l'amant  ou  le  claqueui'; 
Ainsi  (urenl  |)erdus  hou(iuets,  rap|iels,  cabales, 
Bravos  ù  dominer  le  tracas  des  tindiales, 
Sonnets  sur  satin  rose  et  pigeons  blancs  lûcln^s, 
Sous  leur  aile  portant  des  madrigaux  cachés; 
Mais  poursuis.... 

GEORGES. 

J'allais  seul  à  Sorrente  en  calèche'; 
Parmi  ces  mendiants  que  l'étranger  allèche. 
Une  petite  tille,  à  l'air  timide  et  doux, 
(Courait  en  me  jetant  des  Heurs  sur  les  genoux^. 

1.  Variante  de  ce  vers  et  des  deux  suivants  : 

A  la  MergelliiKi  poursuivant  ma  calèche, 
Comme  déjeunes  cliiens  (|uc  la  curée  allèche. 
Des  enfants,  les  pieds  nus,  sur  le  pavé  brûlant, 

2.  Autre  version  encore  de  ce  récit  : 

J'allais  à  l'ortici,  tout  seul,  dans  ma  calèche. 

Comme  de  jeunes  chiens  que  la  curée  allèche, 

Sur  les  dalles  de  lave,  au  soleil  et  pieds  nus. 

Trottaient,  près  des  chevaux  (;liantant  leurs  airs  connus, 

De  petits  mendiants  :  «  Per  mamjiar,  excellence!  » 

Une  petite  fille  avec  eux,  en  silence, 

En  se  haussant  jeta,  juste  sur  mes  genoux. 

Sans  mùler  sa  voix  pure  à  ces  voix  enrouées, 

Un  bouquet,  quatre  fleurs  d'un  bout  de  fil  nouées. 


187-2.  461 

Un  vieux  jupon  trop  court  avec  une  brassière, 

Elle,  près  des  chevauv,  courait,  courait  toujours, 
Et  j'admirais  sa  joue  aux  suaves  contours  ; 
Une  fraîche  beauté  luisait  sous  son  teint  pâle, 
Et  ses  petits  bras  blancs  avaient  des  gants  de  hàle, 
La  poussière  couvrait  ses  charmants  petits  pieds, 

Quand  un  corricolo  vint  sur  nous,  mais  si  vile, 
Que  sa  roue  écarlale  eût  broyé  la  petite 
Si  je  ne  lavais  pas,  plein  de  trouble  et  d'émoi, 
Par  les  bras  enlevée  et  mise  devant  moi. 
J'étais  tremblant  encore,  elle,  folle  de  joie. 
Riant  de  se  trouver,  sur  des  coussins  de  soie, 
Dans  la  belle  voiture,  ainsi  qu'une  lady. 

J'appris  qu'elle  était  née  à  Procida,  d'un  père 
Qui  péchait  le  corail  à  Bone,  et  que  sa  mère 

Etait  morte 

Lavinia,  —  c'était  son  nom,  —  avait  six  ans  ; 

Mais  les  six  ans  de  Naple  en  valent  dix  de  France , 

J'aurais  pu  lui  donner  avec  indifférence^ 

De  l'argent,  que  son  père  aurait  pris  et  mangé, 

Mais  sa  misère  avait  un  instant  voyagé 

Dans  ma  calèche,  assise  auprès  de  ma  richesse, 

Plus  belle  en  ses  haillons  qu'une  enfant  de  duchesse. 

Et  je  ne  voulus  pas  remettre  en  son  taudis 

L'ange  à  qui  je  venais  d'ouvrir  le  paradis. 

Prière  parfumée  où  la  fleur  pour  l'enfant 

Se  fait  humble,  et  demande  au  riche  triomphant! 

Je  cherchais  des  carlins  dans  le  fond  de  ma  poche, 

1,  Autre  variante  de  ce  vers  et  du  suivant  : 

Et  lui  mettant  en  main  de  l'argent  que  sans  doute 
Son  père  pour  lui  seul  aurait  pris  et  mangé. 


le.-.'        iiiSToiHK  i>i>  MKiviiKs  i)i;  m.  (.aitikii. 

I.c  prcliciir  me  (tMla  ses  droits  pour  une  soimnc; 
.rciimuMUii  la  pclilc  en  France,  et  le  «Ikt  lioiiiiiic 
Mourut  liicrilôt  aprcs,  le  xciilrr  Irop  tiariii 
Do  poulpes  au  i^raliii  cl  Ai'  loacaroiii. 

PAUL. 

(Jue  le  macaroni  lui  soit  li-i^er  !   •-  l'.iisuilc? 

(iEOIlGES. 

A  ma  torrc  (ri'.lcy,  Lavinia  conduite 

Fut  conlicc  aux  soins  de  l^ucy  Cameron. 

Lorsque  je  Tallais  voir,  vile,  sur  le  perron, 

Sitôt  que  de  ma  chaise  elle  entendait  les  loues, 

File  accourait,  m'oiïrant  les  roses  de  ses  joues 

A  la  place  des  lleurs  cprelie  vendait  jadis. 

La  trouvant  clia(|ue  fois  plus  belle,  je  ino  dis'  : 

Fardieu  !  voilà  IMy/zAs  de  V  Ecole  des  fummes! 

Las  d'actrices,  plus  las  encor  de  ^'randes  dames. 

Je  cultivai  pour  moi  loin  du  monde  et  du  liriiit 

Cette  cliarmante  fleur,  espoir  d'un  plus  doux  fruit. 

La  vie  !  elle  l'a  vue  à  travers  sa  persienne, 

Comme  dans  son  liarem,  une  Circassienne, 

Va  depuis  (juelques  jours  amenée  à  l*aris 

Tout  semble  étrange  et  neuf  à  son  regard  surpris. 


l'AUJv. 

Tant  pis;  ce  [irécédenl  à  l'amour  est  contraire; 
Je  ne  puis  approuver  ce  système  transi 
El  cette  vie  à  deux  à  ton  château  d'Elcv. 


I.  Antre  variante  de  ce  vers  et  des  deux  suivants  : 

Et  jetait  à  mon  cou  ses  i)eaiix  l)rtis  arrondis, 
Car  du  iustn:"  natal  déjà  déi)ai'l)Ouillée, 
Blanche,  elle  t'hlouissait  la  vue  émerveillée! 


187  2.  463 

Voici,  eiilii),  les  vai'iaules  de  la  première  scène  du  second 
acle,  la  seule  écrite.  Après  celle  réplicpie  de  Luvinia  : 

En  père  !  —  Non,  monsieur,  mais  en  frère  adoré  ; 

on  lit  : 

GEORGES. 

Quoi,  rien  de  plus  ! 

LAVINIA. 

Est-il  un  titre  plus  sacré, 
Plus  tendre,  plus  charmant  ? 

GEOEGES. 

En  cherchant  bien,  (teut-ètre 
On  en  trouverait  un. 

LAVINIA. 

Je  le  voudrais  connaître; 
Un  amant,  un  mari,  sont-ils  des  noms  plus  doux? 
Non;  le  [uemier  venu  peut  devenir  l'époux, 

puis,  après  celle  réplique  du  rôle  de  Laviuia  : 
Ou  la  mer  par  Gudin  quand  on  reste  à  la  ville  ; 

on  lit  : 

Comme  on  peut  à  Paris  se  figurer  Bombay  \ 
Ou  la  mer  en  voyant  les  tableaux  d'Isabey. 
J"ai  lu,  tu  l'as  permis,  romanciers  et  poètes, 
Des  mystères  du  c(pur,  lidèles  interprètes. 
Dans  leurs  livres,  (pie  nul  n"a  fermé  sans  émoi, 
.  Bien  des  groupes  d'amants  ont  passé  devant  moi. 
Souriants  ou  rêveurs,  les  mains  entrelacées  ^  : 
Francesca,  Paolo,  chères  ombres  blessées, 

I.  Autre  version  de  ce  vers  : 

Ou,  d'après  Daniello,  Singapore  ou  Bombay. 

i.  Antre  variante  de  ce  vers  : 

Heureux  ou  malheureux,  les  mains  entrelacées, 


Jt'i        iii>Tuini;  i»i:s  (ti;i  \i(i;s  dk  th.  caitieu. 

(lliaiif^caiil  |iiii'  leur  aiiioiii'  renier  en  jtaradis, 
l'il  |tiir  laii^'e  enviés.  (]ii(ti(nie  clie/  les  iiiaudils  ! 


A|H'('s  ce  vei'S  ilr  l..i\  iiii;i  : 

Je  me  eouclie,  eL  ne  sens  aueun  Irissun  nei\eii\, 

ajniiliT  ("es  vei'.«,  omis  en  volume  : 

Apiès  nn  frais  sommeil,  (|ni,  riante  rliiinèro, 
Me  lieree,  tout  enl'anl,  sur  le  sein  de  ma  mère, 
Ou  nrempurtani  au\  bras  de  ses  sylphes  lé^^rs 
Me  montre  un  palais  blanc  dans  un  bois  d'orangers  I 

liiilin.  aprcs  le  vi-rs  de  l.aviiiia  : 

Sans  excepter  le  fruit  de  Tarbre  de  science. 

la  première  version  continue  ainsi  : 

Liseron  de  la  haie  en  serre  transplanté  ', 
Je  te  dois  mon  parfum  et  jusqu'à  ma  beauté. 

GEORGES. 

Chère  Laviuia  !  mais,  tu  m'aimes  !  tu  m'aimes  ! 

LAVINIA. 

Mes  sentiments  pour  toi  furent  toujours  les  mêmes; 
Pourquoi  ces  questions  ? 

GEORGES. 

Mais,  parce  que  je  veux 
Réaliser  un  rêve  où  tendent  tous  mes  vœux  ; 
Tu  te  contentes,  loi,  d'amitié  fraternelle, 
Mais  une  âme  virile  a  quelque  chose  en  elle 
Oui  réclame  un  plus  fort  et  plus  étroit  lien. 

1.  Autre  variante  de  ces  deux  vers  : 

Une  Eve  qui  saurait  confondre  le  serpent. 
Si,  jusqu'à  son  oreille,  il  montait  en  rampant. 


187  2.  4U5 

LAVINIA. 

Tu  vas  le  marier  et  je  n'en  savais  rien  '  ! 

GEORGES. 

Je  parlais  de  mari  quand  tu  parlais  de  frère 
Tout-à-l'iieure.  —  Ce  joug  auquel  tu  veux  soustraire 
Ton  col  indépendant,  moi,  j'y  courbe  le  mien  ! 

LAVINIA. 

Tu  veux  te  marier  !.  ali  !  comme  tu  fais  bien  ! 
Sournois!  C'est  donc  ainsi  qu'on  cache  sa  pensée  ! 
Est-elle  belle  au  moins,  ta  jeune  (iancée? 

GEORGES. 

Aussi  belle  que  toi.  —  Ce  sont  les  mêmes  yeux, 
I  e  même  front. 

LAVINIA. 

Flatteur  I  Elle  doit  être  mieux. 

GEORGES. 

Cela  ne  te  fait  rien,  tu  n'es  donc  pas  jalouse? 

LAVINIA. 

Jalouse?  Non.  —  Fi  donc  !  quoi,  si  jamais  j'épouse 
Quelque  beau  cavalier  au  regard  lier  et  doux, 
Georges,  de  mon  mari,  tu  serais  donc  jaloux  ? 

GEORGES,  à  pail. 

Un  mari  !...  tout  mon  sang  bouillonne  à  cette  idée. 
(Haut.)  Tu  ne  m'as  pas  compris  ;  celte  leinme,  c'est  toi 

LAVINIA. 

Moi! 

GEORGES. 
Toi,  Lavinia! 

LAVINIA. 

George  amoureux  de  moi  ! 


I.  Autre  variante  de  ce  vei-s  : 

Tu  veux  te  marier  et  tu  nen  disais  rien  ! 

11.  :J0 


466  IIISTOIIU:  1U:S  oKIVHES  de  th.  (iAUÏIKIl. 

Voici  l'iicitrc  dillV'ri'iils  |i;issa,:^i's  de  cctlc  sci'iic  (|iii  ne  sdiil 
l»as  restc^s  diiiis  la  version  dcliiiilivc  ;  après  Ir  vers  do 
Cu'oi  fîos  : 

Caclit'  sous  sa  froideur  une  auianle  endoi'niie  : 
on  lisait  d  alioid  rd'i  : 

Sur  ce  marine  oii  le  dard  de  l'ainour  s'énioussu, 
Posons  la  jalousie  en  ^niise  de  iiioxa. 
(Haiii.)  N'as-lu  pas  reniai'tiué  laulresoir,  au  lluViIre, 
Une  jeune  lille  ? 

l.AVINIA. 
Oui  :  hlanelie  connue  l'alliàire, 
Kl  (pie  coillait  un  bout  de  ^Miirlande  \erl  dtîau, 
Torlilloo  au  hasard  dans  l'or  de  son  bandeau  ; 
Oui,  lu  l'as  saluée  et  sur  notre  baignoire 
Elle  braqua  deux  Ibis  sa  lorgnette  d'ivoire; 
Mais  Alboni  clianlait  la  CenercuUda. 


GEORGES. 

Sans  doute  un  jour  aussi,  toi,  tu  te  marieras 

Et  de  ton  vieil  ami  tu  le  sépareras  ! 

I.AVINIA. 

Elle  pourrait  répondre  à  linterrogatoire 
Que  tu  lui  fais  subir,  juge  sans  toque  noire  : 
«  Je  n'en  ai  nulle  envie  !» 


Avant  de  [lasscr  à  un  auii.'  article,  il  nous  faut  dire 
encore  cpi'en  1877,  dans  la  seconde  édition  du  Thcdlre,  qua- 
rante-se[)t  vers  inédits  ont  été  restitués  à  la  pièce  et  rétablis 
il  leur  place;  l'auteur  les  avait  coupés  en  vue  de  la  rcpi'é'- 
sentation,  comme  faisant  longueur  à  la  scène.  En  revanche, 
il  a  fallu,  pour  les  intercaler,  supprimer  parfois  deux  vers. 
Il  en  résulte  que  les  versions  de  la  pièce  dans  l(?s  deux  édi- 


187  2.  467 

lions  du  Théâtre  sont  roil  différenles.  Comme  nous  l'avons 
(lit,  nous  parlerons  plus  loin  de  la  Perle  du  Rialto,  première 
version  de  l'Ainmn'  souffle  m'i  il  mit,  puisque  le  hasard  l'a 
fait  paraître  après  l'auivre  qu'elle  a  en  réalité  précédée. 

Au  moment  m^-me  où  nous  corrigeons  les  épreuves  de 
cette  partie  de  notre  ouvrage,  une  très  curieuse  lettre  de 
M.  Mario  Uchard  nous  est  communiquée.  Elle  est  adressée 
à  M.  Paul  de  Saint-Victor,  et  nous  la  recueillons  ici  à  titre 
de  document,  sans  rien  changer  à  ce  que  nous  avions  écrit 
avant  de  la  connaître.  Nous  ferons  remarquer  seulement 
(|u'à  la  date  de  décemhre  1872,  les  fragments  de  l'Amour 
souffle  on  il  veut  avaient  paru  depuis  trois  mois. 

Dimanche,  8  décembre  (1872). 

Cher  ami. 

J"ai  lu  dans  les  feuilles  que  lu  es  chargé  de  revoir 
tout  ce  qu'a  laissé  notre  pauvre  cher  Théo,  et  que  tu 
achèves  ses  MémoiresK  Si  la  chose  est  vraie,  lu  as  dû 
trouver  une  pièce  écrile  de  ma  main,  trois  actes  sur 
une  idée  de  lui  :  V Amour  est  comme  la  grâce,  ou  le 
Nouvel  Arnolphe.  C'est  la  première  pièce  que  j'aie  faite 
et  la  première  fahle  que  j'aie  inventée,  pour  y  faire 
rentrer  son  sujel.  11  a  fait  là-dessous,  sublimant  ma 
prose,  un  millier  de  vers  que  j'ai  en  douhle.  Tu  dois 
te  i-appeler  cela  du  reste,  car  tu  les  as  connus.  Maxime 
du  Camp,  par  surcroît,  trouvant  les  vers  de  Théo  si 
hien  venus  en  pedestro  sermone,  les  avait  retimluits  en 
prose. 

Tout  cela  veut  dire  que  je  crois  qu'il  serait,  fâcheux 
que  ces  vers  se  perdissent,  puisqu'il  y  a  un  acte  de  fait, 
sur  trois.  Si  par  hasard  tu  voulais  finir  cette  pièce, 
il  en  résulterait  un  essai  littéraire  des  plus  curieux.  En 
ce  cas  je  me  mettrais  à  ta  disposition. 

I.  U Histoire  du  Itonmiitisme, 


468  lllSIdim;   IH-S  (HaVRKS  ItK  Tll.  (ÎAIITIER. 

Dis-moi  ci'  (|iir  In  en  penses,  e(  ienseii:ne-nu)i  snr 
ce  (|n"esl  devenn  dn  moins  li'  mannsciil.  lijeii  enlendn 
que  je  n'en  lais  ancuno  roveiidicalion,  el  (jne  je  n'ai  en 
\ne  ipie  la  mémoii'e  de  nuire  Tliéo. 

A  loi. 
.Alario  I'ciiaim). 

/'.S.  Si  In  \eii\  me  \(iir,  un  mol  de  rendez-vous, 
avec  ton  miresse.  Moi.  'i."».  Chanss(''C  dWidin.  Ions  les 
jours  de  dix  -i  onze  heures. 

■lX\x.  Prologue  de  Struensée,  drame  de  Michel  Béer, 
musique  de  Meyerbeer  .  Mt'fuo  vonsuifiiieinonl  que  i)oiir  le 
iiiunéru  préct-donl.  t'  ' 

Ce  pnilnytio.  qui  fui  ùcril  vers  IS;;;,!,  jiiiiiil  dans  ce  volume 
sous  le  siuijiio  tilie  di'  :  Prologue  de  Struiiiscc,  inrdii.  Dans 
la  seconde  édition  du  Thrâtrr,  parue  en  1877,  il  porte  Je  titre 
(jue  nous  lui  donnons  ici.  Voici,  à  son  sujet,  une  curieuse 
lellrc  (le  Meyorliecr  à  Tliéopinle  ri.iiilici',  qid  rivail  passé  en 
octolae  is;»;}  un  traité  avec  M.  Hraiidus,  l'éditeur  du  musi- 
cien, à  reffet  de  traduire  eu  vers  le  drame  allemand  : 
Slrucmrc,  projet  (pii  ne  fut  jamais  réalisé  : 

Monsieur, 

Monsieur  Brandus  est  venu  deux  lois  pour  avoir  ilion- 
neur  tle  vous  rencontrer.  Il  voulait  vous  amener  un 
j)ianisle  prêt  à  vous  jouer  les  morceaux  mélodrama- 
tiques pour  savoir  souscjuelles  mesures  de  la  musique 
il  faut  placer  les  paroles  déclamées. 

J'ai  eu  également  l'honneur  de  passer  deux  fois  chez 
vous  pour  vous  prier  (h'  vouloir  hien  me  donner  (ainsi 
que  nous  en  étions  convenus),  la  partition  de  piano  de 
Siruemée,  alin  de  vous  indiquer  le  sens  des  paroles 
allemandes  (jui  doivent  être  déclamées  sous  la  musique; 


187  2.  4C0 

voire  concierge  me  dit  que  vous  habitez  la  campagne, 
et  que  je  ne  puis  pas  espérer  de  vous  trouver  à  Paris. 
Comme  je  ne  possède  pas  un  aulre  exemplaire  de  la 
partition  de  piano  de  Struensée,  j'ose  donc  vous  priei' 
d'avoir  l'extrême  bonté  de  m'envoyer  le  vôtre;  j'y  ferai 
ce  travail  en  vingt-quatre  heures  et  je  vous  renverrai  la 
partition  pour  que  vous  puissiez  continuer  voire  travail 
poétique. 

Veuillez  agréer,  Monsieur,  l'expression  des  senti- 
ments les  plus  distingués  de  voti'p  très  dévoué 

Meyerbeek. 
Samedi.  Écrit  dans  la  loge  de  votre  concierge. 

Voici,  daulre  paît,  quelques  variantes  de  ce  prologue,  a 
partir  du  second  paragra[)he  : 

Deux  muses  devant  vous,  groupe  au  Iront  étoile, 
Dont  l'une  chantera  quand  l'autre  aura  parlé, 
Deux  immortelles  sœurs,  poésie  et  musique'. 
Viennent  vous  dérouler  une  \ie  héroïque. 
Et,  du  fond  de  l'histoire  évoquant  le  passé, 
Ressusciter  pour  vous  tout  uu  monde  effacé, 
Qui  jadis  sur  la  scène  à  la  voix  du  poète 
Palpitait  et  marchait  dans  sa  forme  complète. 

Comme  un  lierre  embrassant  quelque  marbre  éternel. 

Le  grand  compositeur,  au  drame  fraternel. 

En  guirlandes  d'accords,  en  festons  d'harmonie, 

A  suspendu  ses  chants,  dictés  par  le  génie. 

Et  moi,  j'ai  mission  d'expliquer  par  la  voix 

\ .  Variante  : 

Eli  faisant  alterner  poésie  et  musique. 


ro        iiisToiiii;  i)i;s  okimiks  dk  th.  cautirh. 

Ia'  sens  de  tons  ros  luiiils  i-rsimianl  à  la  fois  ', 
Coiirnlciiccs  (1(>  l'àmo,  iiu'lliil)lt's  miinmii'cs, 
I-'rais  soiipiis,  loiii^s  saiii^'lots.  raiilan's,  I)niils  (raiimircs, 
Ont'  rorolicstir  ^'londanl,  sous  le  drame  iiKiuict, 
lionrdoniit'  sonrdoiiuMit  ainsi  qu'un  chœur  nuict. 

Ko  Danemark,  ave<' des  pâleurs  de  lanlùme, 
Trône,  laissant  lloller  les  rênes  du  royaume, 
Uiu'  ombre  de  nionarque,  un  Charles  Ueii\  du  Nord, 
Christian,  pauvre  roi,  cliar^'é  d'un  poids  tn»)»  Ibil. 
Parti  du  fond  du  |ieu|tie  et  du  [leuple  ayant  l'àme, 
Sachant  ce  (|u'il  admire  ainsi  (|ue  ce  (ju'il  blâme, 
Struensée,  un  penseur,  grand  cœurel  nom  obscur, 
Est  monté  sur  ce  faîte  où  nul  n'a  le  {»ied  sur. 
Souverain  par  le  fait  sous  le  nom  de  ministre  '\ 
Il  fait  fuir  les  abus  dans  leur  antre  sinistre. 


A  la  reine  son  âme  et  son  génie  au  roi. 


La  tète  sans  pensée  et  le  cœur  sans  amour, 
Mais,  dans  les  préjugés  de  son  orgueil  de  cour, 


Voici  encore,  k  propos  des  intéressants  rapports  île 
Meyerbeer  avec  Théophilo  (iautier,  quehjues  lignes  d'une 
lettre  adressée  à  ce  derniei'  par  M.  Marie  Escudier,  l'édi- 
teur de  musique  bien  connu,  directeur  à  cette  époque  de  la 

1.  Variante  : 

Le  sens  de  tous  ces  bruits  cliuchotanl  à  la  fois, 
Soupirs,  aveux damour,  iiieft'ablos  murmures, 
Chants  de  fête  et  de  mort,  fanfares,  bruits  d'armures, 

2.  Variante  : 

Souverain  par  le  fait,  et  plus  roi  que  ministre, 


1872.  471 

Frnncf  miisicali'  ;  elles  sont  d'autant  plus  intéressantes 
qu'elles  parlent  d'une  pièce  de  vers  du  poète  qui  n'a  jamais 
été  imprimée  et  qui  doit  être  perdue  sans  doute  : 

Paris,  17  octobre  181?. 

Mon  cher  Théophile, 

Meyei'heer  nous  a  dit  que  vous  lui  aviez  donné  dans 
le  temps  une  poésie  destinée  à  être  mise  en  musique, 
et  qui  portait  pour  titre  le  nom  du  prophète  qui  arrêta 
\c  soleil  :  Josné,  si  mon  irréligion  ne  trompe  pas  ma 
mémoire.  Meyerbeer  a  perdu  cette  poésie  qu'il  avait 
trouvée  fort  belle.  En  avez -vous  gardé  copie  ou  vous  la 
l'appelez  vous?  Si  vous  pouviez  la  transcrire  de  nou- 
veau et  me  l'envoyer  par  le  porteur  de  ma  lettre,  vous 
m'obligeriez  inliniment;  Meyerbeer  est  plus  disposé  que 
jamais  à  la  mettre  en  musique. 

Je  vous  serre  bien  amicalement  les  deux  mains. 

M.  ESCUDIER. 

Voici  un  fragment  inédit  de  Théophile  Gautier,  (jui  pour- 
rait bien  être  la  première  version  du  début  de  ces  strophes; 
l'autographe  porte  pour  titre  ;  /'/  Bataillr  : 

Les  chars  de  guerre  allaient  et  fauchaient  la  mêlée, 
Et  les  lourds  éléphants,  soufflant  des  jets  de  feu, 
Clairons  géants,  dressaient  leur  trompe  déroulée. 
Israël  combattait  sous  les  regards  de  Dieu  ! 

Les  grands  bieufs  eflVayés  descendaient  les  ravines 
Où  le  sang  d'Anialec  regorgeait  à  pleins  bords, 
A  travers  les  débris,  à  travers  les  ruines, 
Emportant  sur  leurs  chars  les  blessés  et  les  morts. 

Les  chevaux  se  cabraient,  écrasant  sous  leurs  croupes 
Les  guerriers  renversés 


■rri        iiiSToiiii;  i)i;s  ()i:rvnKs  m;  m   (;.\iitiku. 

•J:i.i0.  Post  Scriptum  du  ballet  de  Giselle  ;  préface  delà  : 
Lettre  à  Henri  Heine  .  Mi'inr  iHiisciitiiciiniit  que  |i(iiii  les 
(|rii\  iiuiiii'rds  |Mvcrili'iils.  Ce  iiiiiiccaii  i|iii,  ihiiis  1,1  incmicrc 
fililioii  (lu  Tlii^(Uir,  ne  |>ttilt'  aiicim  litre,  |ias  plus  (|iii'  la 
Icllii'  à  lli'iiii'  (voir  N"  ."llii).  cl  siiil  avec  dit'  \r  liallcl  de 
iii:iillr,  si'il,  dans  la  scrtimlt^  rililion  (1877),  di'  (  (iihiikmi- 
laifc-iirérafi'  à  fcllc  Iclliv.  «[iii  csl  iiiiiu  iiin'i'  à  pail,  api  es 
Cisrllc,  sous  \o  lilro  de  :  Idtri-  n  llrmi  Ucim  . 

Toul  cf  i\\[v  nous  allons  iiidicpu'i'  niainlcnanl  a  parti 
après  la  nioil  tlf  Tiii''0|iliili'  (ianticr,  et  ces  piil)lii'atioiis 
poslluinics  II  ont  doiir  pas  ili'  irviics  pai   lui. 

'2'M'tO.  Couplets  d'Hélène,  chantés  dans  Maître  Wolfram. 
J'iuntdl  des  DvIkiIs,   I"""^  novciiilirt.!  1872. 

(les  foiiplols  soiil  cilcs  par  Kniosl  Hoyer,  aiilciir  de  la 
iiiusi(iiio  di'  Mdilrc  \V<ilf'niiii,  (pii  l'ul  sif^iir  |)ai'  .M(''i\  si'iii. 
.M.  Rêver  nous  n''\rlc  ipic  le  Iroisirnii'  roiipld  scuIchhmiI 
osl  par  l'autour  d'Uriu.  MnUvf  Wolfram  a  été  roprésenlé 
pour  la  prouiièro  fois  le  20  mai  \H','t\.  (a's  roupU'Is  ont  éd'' 
riMMieillis  en  187(»  dans  le  loine  (leu.\  des  Viirsirs  Ctiiiijiliiia 
i\o  Tliéopbile  (laulier.  (Voir  n»  2it()6.) 

230 1.  A  une  jeune  amie.  La  licnaisKoïKc  arH>ili({îti'  r(  lUtr- 
rairc,  2  novenil)re  1872.  Ces  vos,  après  avoir  fait  parlic  du 
volume  :  Étreniira  <Ih  Parnasse  pour  l'nnnrc  1874,  sont  entrés 
en  1876  dans  \*;  tome  deux  des  Vorsk's  f'oinplrtrs  de  Théo- 
phile Gautier. 

2:i61b"«.  Histoire  du  Romantisme.  XII.  Hernani.  Le  Bien 
Putilie,  C  novembre  1872.  Ce  chapitre,  le  dernier  (pie  Théo- 
l'Iiilc  Cautier  ait  écrit,  est  dcmeui'é  inachevc. 


U- 


1873  —  1886 


2362.  Le  Nombril.  Pocsics  di^  Thropinle  Gautier  qui  vr 
figureront  pas  dans  srs  (ruvres;  jiiécédr'es  d'une  autohiogra- 
)i;iaphie  oriiôo  d'un  portrait  singulier.  In-S»,  11-84  pages; 
France;  imprimerie  particulière,  1873.  Prix  :  12  francs. 

Ces  vers  ont  été  réimprimés  en  1879  dans  :  Throididr 
Gnutier  ;  cntrclirns,  <irmvenir>i  et  rorreupoivldncr,  par  M.  lùnilc 
Bergerat. 

Disons  ici  que  le  volume  clandestin  dont  ces  vers  son! 
extraits,  fut  tiré  à  cent  soixante-deux  exemplaires  et  publié 
en  réalité  ;i  Bruxelles,  au  mois  de  février  1873,  par  l'oulel- 
Malastsis.  Depuis  lors,  d'autres  réimpressions  en  ont  été 
faites.  Il  contient  des  pièces  que  nous  croyons  apocryphes, 
telles  que  :  Mon  Aldegondc  et  vui  Rodogune,  et  un  seul  vers, 
écrit  :  En  sortant  de  la  veprênentntion  des  Faux- Ménages, 
l'œuvre  dt>  M.  Edouard  Pailleron.  Voici,  du  reste,  ce  vers  : 

De  chemin,  mon  ami,  va  ton  petit  honlioinme. 

M.  Albert  Delpit,  dans  ses  Notes  sur  Paris,  publiées  dans 
le  journal  Paris  du  10  février  1882,  le  cile  encore,  légère- 
ment modifié,  formant  le  second  vers  du  distique  suivant  ; 
Théophile  Gautier  l'aurait  écrit  comme  parodie  de  vers 
prosaïques,  terminant  la  tirade  supposée  d'un  père  donnant 
des  conseils  à  son  fils  : 


Bien  remplir  son  devoir  est  très  facile  en  somme  !.... 
Va,  mon  fils,  de  chemin  fais  ton  petit  bonhomme. 

1.  Pour  les  œuvras  posthumes  de  Théophile  fiaulier,  qui  sont  eu  petit 
nombre,  nous  faisons  se  suivre  les  années,  sans  divisions  spéciales  pour 
chacune,  en  les  séparant  seulement  par  un  truit. 


m  III8T0IUE  UES  (>:UVUES  DE  TH.  GAl'ÏIEU. 

M.  Jules  C.laiflic  avait  aussi  alliiluir  à  Tln''(»pliili'  Tianlioi-, 
iliiiis  son  l'i'iiilli'Ioii  tli'  l'Oliiiiioii  ^)ltinn(ll^'  du  A  mai  18(1'.),  ce 
disliinif  : 

Monsioiir  Fiaurois  Ponsard,  c'ost  ainsi  (|u'on  le  noiniiu'  ; 
Il  égala  l-ornoiiU'  cl  surpassa  Piuiriioinine. 

Or,  iKuis  (liions  de  Tlii''o|)liilr  liantiii'  lui-inèini!  (jiie  f(^s 
deux  veis  sont  de  M.  Kdmond  Texier. 

Disons  poiirtaiil,  à  propos  de  la  pièee  :  Mmi  Ahlrijotid' 
('/  mu  /J'c/'if/ioc ',  ipie  l'erdiean  (Jules  ('larelie)  a  publié  ee 
ipii  suit  dans  \'lUustraliun  du  l.i  septenibie  liSSit  : 


Siiaiidiii  avait  aussi  collahoir  avoc  Tlirophilt'  Gau- 
lit'f,  mais  Gautit'f  (lisail  vnlonlioi's  :  «  Il  n'a  lien  fail 
dans  nos  piôces  !  » 

ïhôodoi'o  do  Banvilli'  est  pet'suadé  que  certain  ron- 
deau, dune  faclufc  admiiahlc  et  d'une  allure  élounante, 
qui  se  Icouve  dans  une  des  pièces  de  Sifaudin  :  Mon 
Aldegonde  rt  ma  Rodogune,  est  de  Théophile  Gatiliof. 


'riiéodoro  de  Manville  a  publié  dans  le  Gil  Blaa  du  '.\0  sop- 
teudii'e  suivant  sous  le  titro  de  :  Lctlrcs  rhiinén'qucs  :  nw 
Ch'munu.  A  Edmond  Gondinet),  un  lon^;  article  où  il  reproduit 
la  pièce  de  vers;  mais  il  n'y  parle  point  de  Théopbilt; 
Gautier.  (Voir  son  volume  :  D-ttrcs  rhimt'n'rfjics). 

230:}.  Distique  pour  un  dessin  du  peintre  P.  D.  C.  (Puvis 
de  Chavannes  .  .Même  oi  iiiine  (pic  le  miiné'io  ]irécédent. 

i'M')'t.  Cinq  lettres  à  Ernest  Feydeau.  Le  Bien  Public, 
7  mars  et  I'.)  avril  ISTil.  Ces  einq  lettres,  doid  la  première 
n'est  pas  datée  et  dont  les  autres  le  sont  de  Saint-Péters- 
bourg, 19  décembre  IS.iS,  7,  11  févriei'  et  18  mars  ISoO,  ont 


1.  Elle  l'ait  partie  du  vaudeville  de  M.  Siraudin,  intitulé  :  Les  L'ronomies 
ih  Cabochard,  joué  pour  la  première  fois  le  17  juin  18H. 


1873-1880.  47^ 

reparu  en  1874  dans  lo  volume  d'Ernest  Feydeau  :  Théophile 
Gautier,  souvenirs  intimes. 

2364 '''^  L'Étoile,  sonnet.  L'Événement,  12  juin  1873. 

Ce  sonnet  esl  absolument  apocryphe  et  n'a  pas  même  le 
mérite  d'être  une  imitation  réussie  du  maître  ;  nous  allons 
le  citer  ici  pour  qu'on  ne  puisse  jamais  s'y  tromper  et  le 
joindre  à  ses  œuvres  par  mégarde  : 

Je  la  lorgne  qui  danse  un  ballet  de  féerie, 
Tourne  sur  elle-même  ainsi  qu'une  toupie 
De  gaze;  puis  se  pâme  et  se  meurt  en  bémol  ; 
Puis  pour  mieux  rebondir  sur  l'élastique  sol, 

Tend  ses  muscles  rosés,  sans  qu'une  maille  crie, 
Saute  et  va  saluer  l'avantscène  choisie 
Où,  le  menton  caché  dans  son  raide  faux-col, 
Applaudit  en  riant  tout  bas  le  prince  Paul. 

Et  je  la  vois  encor,  quand  la  toile  est  baissée,    . 
Qui  se  fait  détacher  sa  bottine  lacée 
Par  la  mère  hideuse  en  contemplation  ; 

Et  qui  claque  des  dents  sous  un  tartan  qui  pue 

Ouand  il  lui  faut  monter,  sans  voiture,  la  rue 

Où  dans  son  bouge  infect  ou  lui  chaulfe  un  bouillon. 

23G:>.  Un  sonnet  inédit  de  Théophile  Gautier  ;  à  madame 
de  ***.  1869.  La  Renaissance  artistique  et  littéraire,  2  no- 
vembre 1873. 

Ce  sonnet  communiqué,  dit  le  journal,  par  M.  Gustave 
Rivet,  fut  réimprimé  dans  les  Étrennes  du  Parnasse  pour 
l'année  1874  et  n'a  pas  reparu  dans  les  Poésies  Complètes  de 
son  auteui'  ;  le  voici  :  - 

Sous  cette  vérandah  peinte  en  vert  d'espérance. 

L'on  arrive  et  l'on  part  avec  un  souvenir 

Si  doux,  qu'il  vous  oblige  à  bientôt  revenir 

Sous  les  fleurs  du  Tropique  et  les  plantes  de  France. 


i:(i       iiisToiiti;  iu:s  oiaviiKs  dk  th.  (jai tiku. 

l'iio  iiKiin  (lt>  (ItM'sso  y  ^'iitMit  la  soiiUVanco ; 
Au  iiu'iih'  niDilcstt'  elle  ouvre  ravcnir; 
Kilo  sail  coiiiomit'r  coiiiiiic  elle  sait  pimir; 
rmii-  If  1,'t'iiit'  clic  csl  plciiii'  (le  (Iclcrciirc. 

novnnt  cllo.  ciiliaidi,  l'esprit  primesatilier, 
Ainsi  (priùiphorioii  dansant  snr  la  prairie, 
reut  enire  terre  et  ciel  se  montrer  tout  entier  ! 

l^our  (pic  son  d'il  p(''tille  et  (pie  sa  lèvre  rie, 
Uu'elle  soit  de  riiuineur  et  de  l'eiinui  Riu-ric, 
Il  ne  faut  (prun  lion  mol  de  son  boullon 

Gautikk. 

Ce  sonnet.  (|nc  nous  ci  oyons  aulhenli(iuc,  ;i  dû  cl  rc  l'ciii 
par  Tlit''opliilc  (iaulier  sur  houls-rinit';s,  chez  la  princesse 
Matliildc.  dont  il  (''tait  le  ltildiolli(''caiic,  ol  conçu  à  son 
iiitcnlion.  Un  sail  que  le  pot-le,  à  la  lin  de  sa  vie,  s'aniusail 
souvent  à  ce  frenre  de  jeu  :  voici  encore  quatre  sonnets 
illi'dit^  ('ci'ils  pai  lui  dans  (>cs  coinlilions  : 


I 


Lorsque  le  clHlfonnier  dans  un  placer  d' —  ordure 
Pliilosopliiquement  fouille  avec  son  —  crochet, 
Il  pêche  un  Moniteur,  un  museau  de  —  brochet, 
Un  os  vide  de  moelle,  une  carcasse  —  dure, 

Un  vieux  po('lon  (jui  fuit  par  faute  de  —  soudure; 
Et  puis,  quand  il  est  las  déjouer  de  —  l'arcliet. 
Au  cabaret  A' eau  d'aff  il  s'emplit  le  —  bréchet, 
Pour  (''teindre  la  soif  que  son  gosier  —  endure. 

Dans  son  aflreux  taudis,  sans  prendre  un  —  chandelier, 
Il  monte  en  titubant,  gris  comme  un  —  cordelier; 
L'ivresse,  devant  lui,  va  soufflant  dans  sa  —  flijte. 


1873-1886.  477 

Il  braille,  et  donne  l'ut  ainsi  qu'un  grand  —  chanteur. 
Mais  bientôt  le  sommeil,  agréable —  menteur, 
Lui  montre  le  triompihe  et  la  lin  de  la  —  lutte  ! 

II 

Bien  souvent  le  poète  enfourche  l'  —  hippogrille, 
Mais  pour  monter  là-haut,  il  l'éperonne  en  —  vain; 
Le  philosophe  épris  du  mystère  —  divin 
ïàche  d'interpréter  l'antique  —  hiéroglyphe  ; 

Le  sphinx  sournois  retient  le  secret  sous  sa  —  grille. 
(Jui  croire?  Mahomet,  Bouddha,  Luther,  —  Calvin? 
Dans  la  dive  bouteille,  où  rougit  le  bon  —  vin, 
Panurge  croit  trouver  le  mot  du  —  logogriphe. 

Le  titan  Prométhée,  audacieux  —  voleur, 
Vainement  dans  l'Olympe  a  dérobé  la  —  flamme; 
Allons!  pas  tant  d'orgueil,  faible  enfant  de  la  — Jemme  I 

Saint-Michel  met  le  pied  sur  le  démon  —  hurleur, 
Une  lumière  luit  au  jardin  de  1'  —  olive, 
Et  le  Verbe  est  écrit  sur  l'infâme  —  solive'  ! 

I.  Voici  \uio  antri»  vor-^ion  di'  ci>  cwi'ipiis  sonnet  : 

Lorsque  le  docteur  Faust,  enfourchant  1'  —  liippogrifle. 
Trouvant  que  tout  au  monde  est  trop  vide  et  trop  —  vain. 
Ciierchant  à  pénétrer  le  mystère  —  divin, 
A  déchiffrer  du  ciel  l'illisible  —  hiéroglyphe  ; 

Méphisto,  l'étreignant  de  sa  puissante  —  griffe, 
Le  conduit  au  Brocken,  où  l'austère  —  Calvin 
Qui,  moins  gai  que  Luther,  ne  chantait  pas  le  —  vin. 
Eût  trouvé  cependant  matière  à  —  logogriphe. 

Dans  la  ronde,  où  la  valse  entraîne  le  —  voleur 
Avecque  la  sorcière,  émergeant  d'une  —  flamme, 
Parait  la  belle  Hélène,  emblème  de  la  —  femme. 

Puis,  tout  s'éteint  au  cri  d'un  grand  diable  —  hurleur, 
El  Faust  va  retrouver  Wagner  au  teint  d'  —  olive, 
Dans  celte  salle  où  pend  la  toile  à  la  —  solive. 


i'fi       iiisToiin:  DKs  (h;i  vHts  dk  th.  (.aitikh. 


llanccl  cl  (iaiiilielt;i,  titans —  audacioiix, 

l*oiii-  (li's  plans  insensés  houlcvciscnl  la  —  lorrc; 

Ils  mil  le  vciho  haut  cl  la  puissance  —  (icrc, 

ICt  luirlcnl  dans  les  clubs  des  discours  —  furieux. 

Ils  lâchent  vainement  d'escalader  les  —  cieux, 
Où.  sur  un  Irùne  d"or  sièm'  un  dieu  —  solitaire; 
De  leurs  vaincs  clameurs  il  ne  s'alarme  —  f;uère  ; 
Pour  les  comballre  il  a  des  traits  —  mystérieux. 

Os  braves  citoyens,  qu'égare  la  —  lolie, 
Trouvant  leur  républitiue  adorable  et  —  jolie, 
Unt  tous  Napoléon  cl  l'Empire  en  —  horreur. 

Ils  regardent  sa  gloire  avec  —  mélancolie, 

Et  pour  changer  leur  foule  irritée  en  —  amie, 

11  faut  (jue  «  //adinguet»  se  déclare  un  —  pécheur. 

Ce    dernier  soniiti    lïil   iiiit    en    J8()',)   au    iiionienl  des 
élections. 


IV 


A    L  A     !•  m  N  G  E  S  S  K    M  A  T  H  I  L  IJ  K 

La  Vénus  de  Milo,  forme  parfaite  et  —  blanche, 
(Ju'on  voit  à  râtelier,  qu'on  achète  au  —  bazar, 
Fut  trouvée  autrefois  par  un  heureux  —  hasard. 
Découvrant  son  beau  corps  jusqu'au  bord  de  la—  hanche. 

Vous,  lorsque  vous  daigne/  vous  montrer  le  —  dimanche, 

Vous,  déesse,  devant  le  demi-dieu  —  César, 

Qui  délivra  Venise  et  triompha  du  —  czar. 

Pour  vaincre  la  Vénus,  vous  n'ôtez  qu'une  —  manche. 


1873-1880.  47!» 

Vous  faitei?  seulement  entrevoirie  —  trésor, 

Et  l'Amour  aussitôt  vers  vous  prend  son  —  essor. 

Mais  vous  le  repoussez,  riant  avec  —  malice, 

Et  faisant  ressortir  vos  contours  —  vigoureux, 
Dont  le  marbre  est  rosé  par  un  sang —  généreux, 
Vous  dites  à  Junon  :  «  Entre  donc  dans  la  —  lice  !  » 

30  mars  1870. 

Nous  devons  la  connaissance  de  ces  derniers  vers  à  la 
bonté  de  madame  la  princesse  Mathiide,  qui  a  bien  voulu 
nous  en  donner  l'autographe. 

2366.  Monologue  de  Maître  Wolfram.  Jniirnal  des  Débats, 
13  décembre  1873.  Nous  indiquons  ici  ce  numéro  du  Journal 
drti  Di'bals,  non  qu'il  contienne  les  vers  de  Théophile  Gautiin-, 
mais  parce  qu'on  y  trouve  l'article  de  M.  Ernest  Reyer  i{ui 
lui  en  attribue  pour  la  première  fois  la  paternité. 

En  1876,  ces  vers  ont  été  recueillis  dans  le  tome  deux  des 
Pni'sics  C'ii)iplêle>i  de  Théophile  Gautier,  avec  les  couplets 
d'Hélène  dont  nous  avons  déjà  parlé  (Voir  n»  2360),  sous  le 
titre  de  :  Fragments  intercalés  dans  l'opéra  :  Maître  Wolfram. 
Voiei  deux  variantes  inédites  du  morce;iu  de  Wolfram  : 


Ire 


Quand  j'ai  l'àme  d'amour  ou  d'amertume  pleine 

En  mon  isolement, 
Comme  avec  un  ami  qui  comprend  votre  peine 
Je  cause  avec  cet  instrument. 

Voix  sympathique, 
Qui  d'en  haut  me  réplique. 
Chère  musique, 
Tu  berces  ma  douleur  ! 

Ta  suave  caresse 
Allège  ma  tristesse, 


JSO  IIISTOllU;  llKS  (HaVllKS  ItK  TH.  GAUTIER. 

Kt  tu  \i('iis.  (liviiic  iimilicssc, 
A  rii|t|i('l  (le  mou  cdMii. 
Autour  (le  uioi  tu  \oli's, 

El  MU'  consoh'S 
Dos  loiTostirs  ennuis  ; 
Ton  cliiinf  se  mêle  à  mes  piirolos, 
l'uis  ;ni  ciel  lu  l'enluis, 
Kt  je  t'\  suis. 

Douce  liiii'uionie, 
Tu  viens  cliiin.ier  luu  \ie, 

Dynuie  inlinie, 
Ta  voix  parle  à  mou  cieui'. 

Tu  viens  sur  la  tristesse 
Uni  nie  poursuit  sans  cesse, 
llêpaiulre,  6  divine  maîtresse, 
Le  calme  et  le  bonheur. 

1 1""^ 

Quand  j'ai  l'ànie  d'amour  et  d'amerlume  pleine, 
Pour  tromper  mon  isolement. 

Connue  avec  un  ami  qui  compremlrait  ma  peine, 
Je  cause  avec  mon  instrument. 

Traduction  terrestre 
Du  langage  des  cieux. 
De  l'éternel  orchestre, 
Echo  mystérieux, 
0  musique,  je  t'aime, 
Musique,  divin  thème, 
(Jue  la  terre  re|trend; 
Paix  de  l'inquiétude, 
Fleur  de  la  solitude. 
Baume  du  cœur  souffrant  ! 


1873-1880.  4,si 

23()7.  Après  la  bataille,   sonnet  écrit  sur  bouts-rimés. 

Le  Bien  Public,  7  févi'ier  1874.  Oc  sonnet,  qui  doiL  dalei'  de 
1871  ou  de  1872,  est  eniré  en  1876  dans  le  tome  deux  des 
Poésies  Complctcs  de  Tliéophne  (iauliei'. 


23()7  ^'5.  Chanson  d'adieu,  paioles  de  Tliéo|ilii]e  Gautier, 
jnusi([ue  de  l'auteur  de  :  Chanson  de  Trislcsse.  Ceile  romance 
(jue  l'auteur  anonyme  de  la  musique  a  déposée,  et  que  nous 
trouvons  inscrite  sous  le  n»  17'J0  de  la  musi([ue  dans  la 
Bibliographie  de  hi  Fninre  du  22  mai  1875,  est  absolument 
apocryphe  et  n'est  certainement  pas  de  Théophile  Gautier, 
bien  que  son  nom  figure  en  toutes  lettres  sur  le  titre.  11 
suffit  de  voir  les  hiatus  et  les  fautes  de  toutes  sortes  dont 
fourmillent  ces  trois  stropbes  pour  s'en  convaincre.  Nous 
allons  les  citer  afin  d'en  donner  la  preuve  : 

Adieu  donc;  moi  je  pars,  je  vais  dans  les  vallons; 
Je  suis  trop  villageoise  (!)  pour  une  capitale, 
J'ai  mal  étudié  la  langue  des  salons, 
Et  sa  nullité  froide  et  sa  grâce  banale. 

Je  ne  sais  pas  cacher  un  sentiment  profond, 

Et  quand  j'ai  le  cœur  gros,  rire  du  bout  des  lèvres; 

Un  mot  glacé  me  tue;  un  regard  me  confond  ; 

Un  signe  mécontent  me  donne  un  jour  de  fièvre.  (!) 

Là,  réveillée  d'un  songe,  oubliée,  j'oublierai 

Même  le  nom  de  ce  qui  m'a  fait  vivre, 
Et,  s'il  se  peut,  combien  on  a  le  cœur  brisé,  (!) 
D'un  moment  d'amitié  que  tant  de  haine  doit  suivre.  (  !  !  ) 

Il  ne  devrait  pas  èlie  permis,  après  lu  mort  d'un  grand 
écrivain,  d'abuser  ainsi  de  son  nom  pour  publier,  sous  sa. 
signature,  d'aussi  ineptes  élucubrations. 

2308.  (Le  Sonnet;  à  maître  Claudius  Popelin,  émailleur 
et  poète.  Sonnet  III.  i  Cinq  oetaics  de  sonm.is,  par  Glaudius 
II.  n 


182  IIISI'dlItK  DKS  (HllMlKS   |IK  TH.  CALTII'IU. 

Popt'liii.  lii-(|iiiiilii.  I i(i  |i;i^('s.  Tcxlc  riK.iilic.  I»,iiis,  impri- 
nii'iii'  Cldiji':  lilir;iirit'  IjCiiicrrr,  |S7I>. 

l.c  livre  de  M.  ('.limdius  l'oiicliii  rsl  iiixiil  xiiis  le  n"  N'HCl 
(le  l;i  Uililiiiiiriiphir  (le  la  Fntiicf  du  7  .loùl  iSTii,  cl  le  sniiiicl 
de  rii(''((|»liili'  (iiinliorcsl  oiitir  en  IHTCi,  diilr  ilii  1 1  iiiillcl  IS7(>, 
iliiiis  le  lomc  deux  di-  sos  Pm-sirs  Cniiiphlis. 

i:u\'.K  Vers  inédits  de  Théophile  Gautier  :  le  Nid.  /.' 
(iiiitlnis.  II)  ;i(iùL  iHV.'t.  C.i's  vers,  licdiés  ;i  iii.i(l.iinr  *"*,  oui 
été  rrtinpiiiiit'S  en  187(),  dans  le  loiUf  ilnix  des  l'nrsii's 
CnmpIrU's  de  'riiéopliilt'  (iaiilicf  ;  leur  pid)lic,alioi)  (Lins  lo 
(iiinl"t\  (Hail  ;n  r(inipai;ni'i'  d'inir  lnnt:iif  mile  dni'i  nous 
ij.\lia\uns  ceci  : 

l'ii  rUidiaiil    de   Gi'Oiioldc    a  Iticii    voulu   nous 

envoyer  des  vers  inédits  de  Tliéopliile  (jiiiilit  r,  (|ue  le 
poêle  a  écrits,  penilanl  son  séjour  à  Genève,  sur  l'al- 
huni  d'une  femme  siùriluelle  cl  dislinjiuée.  La  cliar- 
nianle  l'ennue  dont  iarnum  s'était  enriclii  de  celle  élé- 
gante el  tri'acieuse  poésie  avait  une  sœur  plus  jeune, 
d'une  beauté  idéale.  On  assure  que  c'est  ce  type  ado- 
rable (le  jeune  tille  (jui  servit  de  modèle  au  poète  pour 
sa  délicieuse  création  de  Spirite. 

Or,  ces  vers  lu;  soni  point  par  Tliéopliile  (Janlier,  mais 
])ien  pai'  ^\.  (ial>riel  IMonavon,  et  se  trouvent  pid)liés  sous 
son  nom  dans  le  Niinri'iiu  l'unidusi-  fraiicdis  de  M.  Jules 
Von  liag,  publié  en  deux  volumes  à  Leipzig,  en  18^0. 

Voici,  du  reste,  loute  l'histoire  de  ces  vers,  lacontée  sons 
le  litre  (VUne  Anecdote  litlcraire,  dans  le  Fassc-Tcinpfi  (de 
Lyon\  du  30  décer)d)re  1883  : 

La  petite  anecdote  littéraire  dont  le  récit  va  suivre 
nous  a  paru  de  nature  à  intéresser  nos  lecteui's.  On 
verra  qu'elle  pourrait  presque  s'intituler:  Deux  poètes 
au  même  nid.  A  propos  d'une  com[)Osition  légère  et 
fugitive,  ell(!  ol1re,en  effet,  comme  particularité  curieuse 


I87;j-188(;.  Isa 

elpiquanle,  le  rappiochemenl  iiiipi'L'viulunomdcdeiix 
poètes;  l'un,  illustre  et  ayant  conquis  de  son  vivant 
une  grande  célébrité  ;  l'autre,  obscur,  presque  inconnu 
et  possédant  à  peine  une  notoriété  locale  et  restreinte. 
Voici  dans  quelles  circonstances  s'est  produit  ce  raii- 
prochement,  ou,  si  l'on  veut,  ce  contraste  inattendu. 

En  1873-187(5,  l'éditeur  Cbarpentier,  de  Paris,  a 
[)ublié,  en  deux  volumes,  les  leuvres  poétiques  com- 
plètes de  cet  admirable  poète  qui  se  nomme  Théophile 
Gautier,  et  qui,  on  le  sait,  est  mort  en  1872.  Cette  édi- 
tion renferme,  dans  un  appendice,  les  productions  iné- 
ilites  du  gi'and  éci'ivain.  Parmi  les  poésies  posthumes 
classées  à  la  (in  du  deuxième  volume  se  trouve  une 
petite  pièce  intitulée  le  Nid,  portant  la  signature  de 
Théophile  Gautier,  mais  dont  la  reproduction  est  pré- 
cédée de  la  note  suivante  : 

«  Une  personne  qui  signe  :  Un  étudianl  de  Grenoble, 
a  adressé  au  journal  le  Gaulois  cette  pièce,  qu'elle  dé- 
clare avoir  cofiiée  sur  un  album  à  Genève.  Nous  avons 
vainement  jusqu'à  présent  fait  chercher  à  Genève  l'au- 
tographe de  celte  poésie.  Nous  ne  l'insérons  donc  que 
sous  toutes  réserves.  ■> 

Telle  est  la  teneur  de  cette  note  prudente. 

Il  y  avait,  en  réalité,  une  excellente  raison  pour  que 
ledit  autographe  ne  se  trouvât  pas.  C'est  qu'elTective- 
ment  cet  autographe  n'existe  pas  et  n'a  jamais  existé, 
de  la  main  de  Théophile  Gautier,  qui  n'est  pas  l'auteur 
de  cette  poésie.  Il  y  a  donc  Kà-dessous  un  mystère  à 
éclaircir,  un  autre  auteur  à  signaler,  et  il  est  nécessaire 
de  savoir  ce  que  c'est  que  cet  «  Étudiant  de  Grenoble  » 
([ui  avait  fait  à  l'époque  en  question  l'envoi  de  ces  vers 
au  journal  le  Gaulois. 


INI        iiisToiisF.  DFs  (n:rviu:s  hk  iii,  km  tiku 

Or.  lions  |uillVOlls  (Idiiiirr  le  iiuil  de  ce  pclil  |)i'ol)l(''niC 
lillôrairc,  (|ii'(M1  iiolrr  (|ii;ilil(''  d^'  liihliojirajihc  nous 
avons  rlr  ciiiicux  (rapiiiMitoiidir. 

I/auli'ui'  (Ir  la  iiircr  en  (|ii('sli(iii,  nous  vnions  de  le 
(lire,  iicsl  poiiil  Tliroiiliilt'  (laiilirr.  l/aiiliMir  rrci  csl 
un  poiii'  liicnohlois,  (ialtiicl  Monavon,  dont  le  nom 
n'csl  pas  inconmi  (\*'<'  Icctnirs  du  I^nsse-fonps,  cl  ce 
n'osl  (iii'à  l'aide  diin  iirlil  irril  coiili'oiivé  cl  jiar  siiilc 
d'une  sup(M"('lierit\  api'cs  loul  bien  innoceiile.  (|iie  celle 
l)!'odiKMion  a  |iu  ('■lie  mise  an  comple  du  ('(Mèbrc  aulciii" 
{VL'inaux  et  Camées. 

Théopliile  Gautier  n'existait  plus  et  sa  mort  remon- 
tait à  trois  ou  (|ualrc  ans,  lorscpic  Gabriel  Monavon 
composa  celle  pièce,  dont  le  litre  est  le  Nid.  C'est, 
sous  une  forme  all(\uorique,  un  simple  et  léiicr  niiulii- 
gal. 

Un  auteur  u  toujours  poui"  ses  œuvres,  mèjue  minces 
et  légères,  certaine  faiblesse  d'amour-propre.  Aussi 
fut-il  porté  à  juger  que  son  opuscule  était  digne  d'être 
soumis  à  l'appréciation  d'un  public  plus  ou  moins 
étendu.  Mais  comment  s'y  prendi-e  pour  en  lépandre 
un  peu  la  connaissance?  Sous  l'empire  de  cette  fantai- 
sie, notre  poète  conçut  l'idée  de  faire  obtenir  à  son 
œuvre  la  publicité  d'un  journal  parisien.  Il  songea  au 
Gaulois,  journal  boulevardier,  d'allures  littéraires,  très 
sympallii(iue  aux  cboses  de  l'esprit,  toujours  friand  de 
nouveautés,  d'anecdotes,  et  en  quête  d'actualités.  Mais 
par  quel  moyen  arriver  à  faire  admettre  dans  la  feuille 
parisienne  cette  petite  pièce  de  mince  étendue,  en  la 
signant  d'un  nom  tout  à  fait  inconnu?  La  nécessité  d'un 
pseudonyme  s'imposait  absolument.  L'auteur  comi)rit 
d'ailleurs  (jue,  pour  atteindre  le  but  souhaité,  il  fallait 


1873-1886.  isr. 

donner  à  son  opuscule  le  cachet  inédil  d'une  Irouvaillo 
littéraire.  Il  ne  crut  pas  se  faire  trop  d'illusion  en  con- 
sidérant sa  composition  comme  écrite  dans  la  manière, 
dans  le  ton,  dans  la  forme  de  Théophile  Gautier.  Un 
autre  point  de  ressemhlance  existait  en  outre  dans  l'em- 
ploi du  rythme  octosyllal)ique  dont  le  grand  écrivain 
s'est  servi  avec  une. préférence  marquée,  notamment 
pour  Émaux  et  Camées,  aussi  hien  que  pour  la  plupart 
de  ses  pièces  fugitives. 

C'est  ainsi  que  l'auteur  du  Nid  fut  amené,  de  réflexion 
en  réflexion,  à  imaginer  une  petite  historiette  pour  pro- 
duire son  œuvre  sous  un  nom  d'emprunt,  et  lapi'ésenla 
comme  une  poésie  transcrite  sur  l'alhum  d'une  dame 
de  Genève  à  la(|uelle  l'illustre  poète  l'avait  dédiée  en 
revenant  à  Paris  en  1870,  au  retour  d'une  excursion 
en  Suisse.  Par  forme  de  conclusion,  la  pièce  ainsi  res- 
tée comme  perdue  dans  cet  alhum  illusoire,  était  censée 
avoir  été  retrouvée  et  copiée  par  l'éiudiantde  Grenob'e, 
heureux  de  remettre  en  lumière  cette  perle  ouhliée. 

Telle  fut  la  fahle  invenléf  pour  justifier  l'envoi  de 
ces  vers  au  Gaulois. 

Il  faut  hien  convenir  que  si  l'ieuvre  avait  été  mau- 
vaise et  indigne  de  la  plume  célèhre  à  laquelle  on  l'at- 
tribuait, la  luse  n'aurait  pas  pu  réussir;  mais,  à  ce  qu'il 
paraît,  la  fausse />er/e  ne  faisait  pas  trop  disparate  dans 
l'écrin  du  grand  poète,  car  les  lins  lettrés  du  Gaulois 
s'y  trompèrent  et  acceptèrent,  sur  la  foi  de  «  l'Étudiant 
de  Grenoble  »,  la  pseudo-poésie  posthume,  exhumée  du 
fabuleux  album  genevois.  La  pièce  fut  [)uhliée  sous  la 
signature  de  Théophile  Gautier  et,  plus  tard,  ses  édi- 
teurs, en  collectionnant  toutes  les  tcuvres  du  célèbre 
écrivain,  y  compris  ses  productions  inédites,  n'hésité- 


486  IIISTOIUK  l)i:s  (IKIVUKS  l)K  TH.  CAITIKU 

iTiil  pas  ;'i  \  i<iiiiilir  ci'l  (i|iiiS(Mil(',  (|irils  jiiLîrrciil  iii' pas 
(lt''pari'r  li'iii'  n'cin'il. 

Aiijdiinl'liiii.  il  11)  a  plus  le  înoiiidro  inlrrrl  à  ce  qiio 
II"  nom  rrt'l  di-  l'aiilt'iir  reste  caclié  et  deineiiie  eiiloiii'é 
tl'iiii  niNsIère.  Ciahriel  Moiiavoii,  le  vérilahle  auteur  du 
.\ltl,  a  (diteiiii.  polir  ses  vers,  une  Ihhiih'  Toi  lime  pins 
ample  (pi  il  ne  poinail  d'abord  respéiec,  piiisipie  sa 
pièce  admise,  à  ("^tre  classée  et  à  liuiii-er  pai  nd  les  coTii- 
posilions  inédiles  de  l'illnslre  poète,  a  l'ern,  par  siiile 
de  celle  attrihnlion  momentanée  el  de  celte  espèce 
d'association,  une  consécration  liltéraiie  non  moins 
flallcusc  qu'originale. 

Un    niBLIOGIUPIIE. 

Le  Passe-Tcuiji^  ajoiilail  l'iisnili'  : 

Comme  complément  de  l'article  qui  précède,  il  nous 
parait  ulilc  de  mettre  sous  les  yeux  du  lecteur  la  poésie 
en  question,  causi;  première  cl  sujet  de  cette  i)etite 
aventure. 

LE   MD 

Je  sais  un  nid  charmant  et  tendre 
Où  niche  Toiscau  hleu  du  cœur, 
Dont  nul  en  vain  ne  peut  entendre 
L'accent  séduisant  et  vaincpu'ur. 

Doux  nid,  plein  de  grâces  vermeilles, 
Qui,  sous  un  rayon  de  gaîté, 
Scintillent  comme  des  abeilles 
Dans  l'or  des  aurores  d'été. 

Formé  de  lleurs  ti'uîches  écluses, 
OEuvre  adorable  de  l'amour  : 
Des  perles,  des  feuilles  de  roses 
Dessinent  son  riant  contour 


1873-1880.  1.S7 

Ecrin  délicieux  que  dote 
La  jeunesse  en  traits  éclatants, 
D'où  s'échappe,  ailée  et  sonore, 
La  vive  chanson  du  printemps  ; 

D'où  sort  une  divine  haleine, 
Comme  d'un  calice  embaumé. 
Qui  livre  au  vent  son  urne  pleine 
Du  virginal  encens  de  mai 

Nid  séducteur  où  rit  l'ivresse 
Dérobant  ses  tendres  ardeurs. 
Gomme  une  coupe  enchanteresse 
Dont  les  bords  sont  voilés  de  (leurs  ! 

Plus  mignon  qu'un  nid  d'oiseau-mouche, 
Plus  frais  qu'un  cœur  de  rose-thé, 

Ce  nid  ravissant, c'est  ta  bouche, 

Doux  paradis  de  volupté. 

Où  les  désirs,  ramiers  fidèles. 
Volent  toujours  inapaisés, 
Et  vont  provoquer  à  coup  d'ailes 
L'essaim  palpitant  des  baisers  ! 

Gabriel  Monayon. 

Dans  celle  veisioii,  le  Icxie  df  la  pièce  est  corrigé  ;  il 
diffère  légèrement  île  celui  publié  dans  les  Poésies  Complêd's 
de  Théophile  Gautier,  d'ofi  ces  vers  devi-aient  donc  être 
enlevés  à  la  ]U'Ocliaine  édilion. 

Ces  strophes,  toujours  signées  du  nom  de  Théophile 
Gautier,  ont  été  mises  en  musique  par  M.  Ernest  Garniei', 
sous  le  titre  de  :  Je  sais  un  nid  charmant  et  tendre. 


2370,  Pensée  écrite  sur  l'album  de  la  Tour  François  !«'■, 


488  IIISTOIl'vi;  DFS  OKrvnFS  l)F  TH.   CMTIKU. 

au  Havre.    /.'"  (''iii^titidiniDwl,    Jii  jainicr    INTC».   Voici   (•clic 
hniiladc  : 

La  mer  t'tail  pii|ii(''('  co  soir  irrloilcs  cxcontri(|iU'.s, 
(|ni  lroml)lo(ait'iil    commo  des   poissons   roujîos  dans 

roiiliT-iiiiT  de  rcaii. 

Tliropliilc  Oautier. 

Voici  CMCOi'c  toiilc  une  srvlc  de  cilalioiis  (|iic  nous  avons 
soijïneiisonuMil  idevéos  cl  (|ni  ii(iii<  scinlilcni  viaiincnl 
iiilcrossanles,  ainsi  iviiiiics  : 

Leurs  regards,  snliileiiionl  engagés  l'un  par  l'anlie, 
se  nouèrent,  selon  la  poétique  expression  de  Tliéopliilt' 
Gautier. 

.Madanio  de  Giraiidin.  Martiuorlti'  au  tlriix 
(Uiioiini,  cbapilie  onze,  18.')2. 

* 


Gantier  s'endorl  du  sommeil  du  panlliéismc  dans  le 
calice  de  lotus  de  Bralima. 

P.  38. 

Gautier  :  sa  manièi'e  s'étliérise  dans  la  forme,  fu- 
mée de  diamant,  dissolution  d"opale,  marbre  transpa- 
rent ! 

P.  41. 

G[aulier]  :  sérénité  de  rimpénilence  finale,  damné 
lumineux. 

P.  48. 

[Théo  disait]  :  «  Elle  avait  l'air  si  naturellement  cui- 
sinière (pie  les  oies  et  les  canards  devenaient  rêveurs 
en  la  regardant  passe i-  ». 


1873-1880.  ISii 

ïh[éo]  contemplait  les  bourgeois  avec  tei'reiii'  et 
hilarité. 

Paul,  de  Saint-Victor,  Notes  inédites 
écrites  vers  IS.'iiî  sur  un  ruliirr  de  poelic. 

Théophile  Gautier  disait  tout  net  :  «  Je  prélère  une 

rose  à  un  chou.  » 

Jules  Claretie.  Indépendance  belge, 
2-3  novembre  1872. 

Il  avait  en  horreur  les  gens  qui  écrivent  des  livres 
(vertueux)  pour  prouver,  suivant  son  expression  : 
«  Qu'il  ne  faut  pas  se  mettre  les  doigts  dans  le  nez.  » 

Victor  FouRNEL.  Journal  de  Bruxelles, 
4  novembre  1872. 

*      * 

Le  canal  de  Suez  «  unit  à  jamais  la  merde  Perle 

à  la  mer  de  Corail.  » 

(Toast  iDorlé  par  Théophile  Gautier  à  S.  A.  le  Khédive  el 
à  M.  de  Lesseps.) 

Floriau  I^haraon  :  Le  Caire  et  la  Haute  Egypte,  page  1.  L'n 
volinne  in-folio,  Dentu,  1872. 

Nous  tenons  de  M.  de  Lesseps  lui-même  que  la  phrase  ci- 
dessus  se  trouve  textuellement  dans  le  Coran,  où  Mahomet 
prédit  celte  union  des  deux  mers.  Théophile  Gautier,  auquel 
le  grand  l'rançais  avait  rappelé  le  t'ait,  s'en  servit  ingénieu- 
sement dans  son  toast. 

Mot  de  Théophile  Gautier  sur  Victor  Hugo  insulté 


!!'••  IIISTOIllR  DES  (UaVHKS  DK  Tl|.  li.U  TIKU. 

par  lin  Inlliciilaiiv  :  «  On  no  |ioii(   pas  onipt^'lior  los 
iiioinraiix  de  >■(////•'  1rs  slaliit's.  •■ 

Lu  Lihrrir.   l'.l  iiovi'iiilirc  tK77. 

Tliropliilo  Gautier  (lisait  (l»>  (iiistave  Flaiiborl  :  «  (Vrsl 
mil'  l'crisc  ;'i  l"('aii-(l('-\ii'  lonihre  dans  le  IVn  ".  » 

Lr  CoiiSl/IllIininirl,    III  ||i;ii    {SSII. 

'•'fi 

«  H.  de  lîalzac  s'accronpil,  disait-il,  [Tliéoidiilc  Gaii- 
licii,  (lovant  la  caisse  du  Siècle  comme  un  clial  devant 

un  Iroii  de  souris.  » 

l'Ilililicll   AlDEHIlANU.  Le  (inni'l  Jolliii'll, 

K.iiiillcl  1880. 


C'est  Gautier  qui  a  (UMini  le  gi'anl  :  «  Un  mart\r  en 
longueur.  » 

Pierre  Vi;no.\.  Monde  iUmlré,  4  décembre  1880. 

«  Mes  nu'iapiioies  se  tiennenl,  disail  ïlK'opliile  Gau- 
tier ;  tout  est  là.  » 

\ict()i'  IIlgo.  par  un  liibliopliilc  cûvenul 
(M.  Parran).  1  brochure,  1880. 

Artistes  nu  liourpeois.  nous  (^tions  tous  chauvins  pen- 

1.  Le  mot  vrai  n'étant  pas  imprimable,  c'est  au  mo\n9.  :  (icnter  sitv  i[n"\\ 
laut  entendre. 

i.  Le  visage  de  Flaubert  avait  été  envahi  par  une  couperose,  dégénérée 
plus  tard  en  eczéma  véritable.  Telle  est  lorigine  du  mot  de  Théophile 
Gautier,  s(;lon  Caliban  (M.  Emile  Bergoiat),  dans  le  Figaro  du  '  janvier 
1887. 


1873-1886.  491 

(lant  la  guerre,  <(  quand  on  Ijallit  Maman  »,  comme 

disait  le  bon  Théophile  Gautier. 

Marc  MoNNiER.  Journal  des  Débats, 
7. juillet  1881. 

{A  pt'opos  de  la  mort  de  M .  de  Saint-  Victor.) 

.  .  .  Dans  les  entretiens  où  il  charmait  ses  intimes 
par  sa  paradoxale  sagesse,  Théophile  Gautier,  ce  Gœthe 
qui  n"a  pas  eu  d'Eckermann,  répétait  souvent  cette 
boutade  :  «  J'ai  connu  Saint-Victor  glaireux  et  lamar- 
tinien.  Je  lui  ai  donné  mes  moules  à  gaufres,  et  il  est 
parvenu  à  écrire  comme  vous  voyez'.  »  C'étaient  sa 
syntaxe  infaillible,  ses  excellentes  formules,  ses  impec- 
cables procédés,  que  le  bon  Gautier  appelait  en  riant 

ses  ((  moules  à  gaufies  »  ou  «  ses  gaufriers  » 

François  Coppée.  L^i  Patrie,  18  juillet  1881. 


(Sur   Victor  Hugo.) 

On  parlait  un  jour  devant  Théophile  Gautier  des 
broussailles  et  des  scories  qui  hérissent  presque  tou- 
jours les  meilleures  pièces  du  maître;  on  lui  signalait 
les  chevilles,  les  répétitions,  les  inversions  forcées,  les 
vers  pénibles  et  obscurs,  les  procédés  visibles,  ce  lourd 
appareil  qui  fait  ressembler  chaque  pièce  de  Victor 
Hugo  à  un  vitrail  éclatant,  mais  tout  l'ecouvertde  lames 
de  plomb  entrecroisées.  Jamais  on  ne  put  lui  arracher 

1.  Citation  empruntée  par  P.  Coppre  à  l'article  d"H.  Céard  sur  Paul  do 
Haint-Wctor,  pnhViédsins  lu  Revue  littéraire  et  artistique  du  13  juillet   J«81. 


4!i-^        iiisTiiiuK  ui:s  oi;r\iu;s  dk  th.  (iAiTiKu. 

d'iiuliv  rôpoiist'  (|ut'  colle-ci  :  «  .1»'  sais  Mcii.  mais  (pic 
\(>ll|tv.-\()lis  ?  c'csl  le  pci'O  lliiLîo.  C'est  le  l'aère!  » 

Viclor  loi  «MCI,.  Lr  l'iirrespinulonl, 
|i.  <;i7.  10  avili   ISSj. 

/(ni/tti())i,  (le  Mario  l'cliard  :  <(  le  livre  le  plus  anion- 
reiix  (le  la  laniiiie  fi-ancaise  »,  disail  Théophile  Gaii- 
lier. 

Mario  I'chaiu).  Pirraci'  di'  la  liurcusc 
de  Perles,  IH81. 

* 
MÉMOIRES    DAr.lOUHD'HUI 

VISITES   ACADÉMIQUES. 

On  lie  montre  plus  le  poino-  an  collèpc  tle.s 

quatre  Nations,  et  l'indignation  no  se  monte  plus  contre 
Boileau,  ni  Louis  XIV.  Depuis,  le  gilet  rouge  iVUer- 
nnni  s"est  promené  avec  Gautier  à  la  recherche  du 
douiicile  des  académiciens  classiques. 

Car  Théophile  Gautier  a  fait  ses  visites.  Il  arrivait 
précédé  d'une  si  épouvantable  réi)utation  d'immoralité, 
que  M.  Nisard  disait  avec  elîroi  à  l'oreille  de  ses  amis  : 

—  Figurez-vous  que  le  candidat  se  promène  tout  nu 
chez  lui  ! 

Pour  détourner  ce  coup  làchoux,  le  hon  Théo  ne 
s"imagina-t-il  pas  d'aller  dire  en  se  présentant  chez 
un  homme  aussi  rigide  qu'était  M.  de  Sacy  : 

—  Rassurez-vous,  Monsieur,  ne  croyez  pas  que  je 
vienne  ici  pour  vous  dire  des  cochonnoi-ies... 

Gautiei-  était  le  moiileui-  des  hommes,  et  il  s'excu- 


1873-1886.  493 

sait  à  sa  façon.  Tout  son  laisicr-allcr  et  sa  bonhomie 
sont  là. 

L"iiistoire  de  ses  visites  académiriues  serait  curieuse 
à  reconstituer. 

Ja.\us  (Robert  db  Bo.nnière?).  Fiyaro, 
8  décembre  1881. 

*    * 

Méry  me  foudroya  tout  d'abord  par  son  éblouissante 
laideur.  Théophile  Gautier  l'avait  surnommé  le  Christ 
des  singes. 

A.  DE  PoNT.MARTix,  p.  lOol.  Corrcspoiidanl, 
io  décembre  1881. 

* 

Gautier  disait  de  la  Taglioni  :  «  C'est  une  prêtresse 
de  l'art  chaste  ;  elle  prie  des  jambes.  » 

Pierre  Vérox.  Monde  illustra,  7  janvier  1882. 
* 

Un  jour  Théophile  Gautier,  se  rendant  au  Moniteur, 
se  promenait  sur  le  quai  à  la  hauteur  du  pont  des  Arts, 
lorsqu'un  étudiant  inconnu  l'aborde  et  lui  montrant 
l'Institut  : 

—  Vous  marchez  lentement,  monsieur  Gautier,  mais 
vous  y  arriverez. 

Malheureusement,  la  mort  marcha  plus  vite. 

Mascotte.  Paris-Journal,  27  mars  1882. 


Elle  (madame  Angélique  Arnaud)  a  recueilli 

ses  observations  et  ses  préceptes  en  tous  genres,  et  a 


49»  III>T(»1KL  Ul>  (iKl  \lti:S  DK  TH.  (..\lTli;U. 

("rril  cil  l(Mi'  tic  son  lra\ail  des  dclails  sur  la  vie  dr  celui 
ijiic  Thcopiiilc  ("laiilicr  appciail  :  >>  le  Talina  (\i'  la  inii- 
sii|iic.  <>    Kiaiintis  I>clsailci. 

L'Ui((ri\  :t  jiMil  l,S82. 


M.  Ma\iiiii'  Du  Cauip    |)ai'raiii  de  riiiic 

iU'i^  lillcs  de  Gaulier).  aurad  pu  ajoidei''  (|uc  Tlié(i|iliile 
GaiilitM-  (ils  cciivil  souveiil.  ce  feuilldon  avec  une  lialii- 
lelc  (|ui  t'aisail  lioniicur  au  nicillciir  Iradiicleiir  de 
Wilhclin  Meister.  Gaulier  disait  alors  de  son  (ils  :  ((  Les 
Bourgeois  seroni  conlenls  aujoiird'liui  ;  (•"csl  Tolo  (|iii 
m'a  remplace  au  Mvniicio-f  » 

l'aiis-Jounial,  7a\iil  I8t>2. 

Théophile  Gaulier,  i|ui  élail  ou  [)ai'aissalt  fort  scep- 
liijiie,  méprisail,  en  sa  (lualilé  d'écrivain  précis,  les 
formules  de  réiotpience.  —  «  Ce  (pie  je  reproche  sur- 
loul  aux  orateurs,  disail-il  doucement,  c'est  de  désap- 
prendre h"  français  à  la  nation.  Le  sein  d'une  assemblée 
irallaitera  jamais  personne.  » 

Jules  Claretie.  Z,c  7V7//;>s,  1 4  avili  t882. 

\'}lh(^(ratiini  du  'i7  juin  snivanl  a  réiniprinié  la  pliraso 
alliiliuée  ici  à  Tliéoitiiile  (iaulier,  et  l'a  signée  de  son  nom, 
parmi  toute  une  série  de  Pensccs  de  divei's  écrivains. 

* 

Tliéopliile   Gautier  lui-même   traitait  mal 

M.  Feuillet, — hien  moins  cruellement  pourtant  qu'il 
ne  traita  vers  la  même  époque  un  autre  écrivain  très 

I.  Dans  ses  Souvenirs  iitUiraires. 


I87;j-I886.  l'j.j 

hiillant,  M.  About,  qui  venait  de  publier  la  Grèce  con- 
temporaine. «  Très  bien,  cela,  disait  Gautier.  Plein  de 
renseignements,  ce  livre  !  On  dirait  que  c'est  écrit  par 
le  portier  du  Partliénon.  )^ 

TiiOiiPETTE.  Le  Français,  18  juin  1882. 


M.  Norbert  Billiart  terminant  un  jour  une  lettre 
(lami  par  quelques  phrases  légèrement  contournées, 
les  lut  à  Théophile  Gautier  en  hii  disant:  «  Est-ce 
assez  précieux  ?  » 

—  Oui,  répondit  le  poète,  c'est  du  pur  céladon,  cra- 
(pielé  de  préciosité  et  truite  d'inouïsme.  » 

Récit  inédit  de  M.  Billiart.  22  i-.ovcniljre  1882. 
'  * 

Théophile  Gautier  eut  un  jour  à  son  endroit 

(M.  Lehmann)  un    mot   cruel  :   «  M.  Lehmanii,    un 
maître? Oui,  d'école.  » 

Pierre  Verox.  (Courrier  de  Paris  du  Monde  illustré 
du  2T  janvier  1883. 


Théophile  Gaulier  n'a  jamais  eu  de  vanité.  Seule- 
ment, il  savait  ce  qu'il  valait. 

Un  jour,  il  se  trouvait  dans  un  dîner  ofticiel,  parmi 
beaucoup  de  gens  à  titres  et  ù  noms  sonores.  Égaré  là, 
lui  aussi,  par  hasard,  le  grand  vaudevilliste  Duvert 
l'aperçoit  et  vient  à  lui  en  disant  à  demi-voix  : 

—  Si  j'avais  su  qu'il  dût  y  avoir  tant  de  monde,  je 
ne  serais  pas  veuu. 


llKi  IlISTollU';  DKS  («'AVUKS   Di;    111.  (.Al  TlKIt. 

—  Coiiuin'iil,  iMiil  (Ir  iiKtiidc.  s  (''(lia  Tlu'opliilo  Gan- 
litM'  en  atiilaiil  sa  hcllc  (•iiiii('i('  ;  mais  nous  wc  sommos 
i|iit'  ilcii\  ! 

Cli.iili'S  >K).\ski,i;t.  L'Èri'iir)nriil,  10  li'vrici'  ISS. t. 


l'n  Jour  je  ne  sais  plus  (|iicl  iiliiiiiilif  de  sixiiMiic  calc- 
goric  al)oi(lc.  loiil  lici\  Tli(''opliil('  Gaiilicr  : 

—  Avez-vous  lu  mou  (hM'iiici-  rciiillcidii  ?  J'y  ai  joli- 
mcnl  (iM-finlô  LamailiDO. 

—  Vous  voulez  (lire  quo  vous  vous  y  (Mos  érclulé  sur 
l>aniai(in(\  rcclilia  Gautier  avec  sa  placidité  ordinaire. 

Piciic  Vkiion.  ("ifxinicr  de  P;iiis  du  Mondr  ilhislir, 
Hjiiilicl  1883. 

Tliéophile  Gautier  disait  que  ne  pouvant  avoir  des 
tigres,  il  avait  des  clials  :  «  Les  pachas  aiment  les 
tigres,  moi  j'aime  les  chats;  les  chats  sont  les  tigres 
des  pauvres  diables.  >> 

.\n\os  Clahetik.  Le  TrmpK,  2i  seplendtrc  188:t. 


Théophile  Gautier  eut  un  mot  d'une  philosophie  pro- 
fonde, un  soir  que  Geodroy  jouait  et  que  tous  les  bour- 
geois de  la  salle  s'escIalVaient  follement  :  «  Je  n'aurais 
jamais  cru.  lit  Gautier,  (pi'on  pût  prendre  un  si  vif 
plaisir  à  se  regarder  dans  une  glace.  » 

Pierre  Vkrox,  Monde  illuslrc,  io  septembre  1883. 

*    * 


1873-1886.  4i)7 

On  a  raconté  que  mademoiselle  Dudlay,  dn  Tliéàtiv- 
Franrais,  avait  eu  Tliéroïsme  de  se  faire  arracher,  puis 
replanter  six  dénis,  — pour  se  débarrasser  d'un  insup- 
portable zézaiement. 

Avant  elle,  Théophile  Gautier  avait  fait  plus  fort  que 
cela. 

Trois  dents  cariées, faisaient  grandement  soutïrir  l'au- 
teur de  Forlunio.  Cela  se  passait  en  1840. 

Il  prit  le  parti  de  les  faire  extraire. 

—  Eh  bien ,  dit  tout  à  coup  le  poète  au  dentiste, 
pendant  que  vous  y  êtes,  arrachez  tout  le  reste.  De  cette 
façon,  je  n'aurai  plus  à  y  revenir. 

Et  il  se  lit  meubler  la  bouche  en  très  bel  ivoire  d'élé- 
phant. 

(Garanti  authentique.) 

L'Écciieinoit,  8  octobre  1883. 


*    * 


Quant  à  M.  Théophile  Gautier,  à  qui  je  crus  devoir 
une  visite,  je  le  trouvai  couché  sur  un  divan,  un  bonnet 
grec  sur  la  tête  et  trois  chats  sur  le  ventre.  Comme  il 
ne  fit  aucun  mouvement  à  mon  entrée,  je  lui  demandai 
si  je  troublais  ses  méditations. 

—  Point  du  tout,  me  dit-il,  je  ne  travaille  (jue  le 
dimanche  à  l'imprimerie.  Asseyez-vous  si  vous  voulez; 
mais,  si  vous  aimez  mieux  rester  debout,  ne  vous  gênez 
pas. 

M'ayant  ainsi  mis  à  mon  aise,  1^  poète  û'AlOertus  ne 
me  demanda  pas  qui  j'étais  et  causa  tout  le  temps,  en 
i:.  ;J2 


498  IIISTi>lltK  DES  (  iKl' VKKS   DU    l'Il.  (iAlTIKU. 

jclanltlos  In  SI' es  (lo  loulos  los  couU'Ui's.  Les  trois  «liais 
(jn'il  lie  cossail  (le  cai-i'ssrr  rncconipa.uiiaiciil  d'iiii  ron- 
ron (ji'asi  iiioiias[i(|iii'.  Il  inr  paila  t\*'  loiil  "  ri  il  Un  jkmi 
plus  (|iit'  (oui  »  (('"rlail  tiii  ilo  ses  inols),siMlonl  du  cliicn 
(le  nn'-licr  «in'il  (Mail  forer  «If  fair«'  :  «le  la  «'oiiic  |Miin-  Ifs 
Ijonrgt'oisl  Un  l'iMiilli'Ion  Ions  l«'<  Iniil  jours  sur  «les 
pièces  iuopk's!  El  il  l'allail  c«'la  pour  \i\rt',  on  lui  pajail 
iin«'  aune  de  hoiigraii  plus  cher  <|u'une  j)oign(je  de 
pierreries  !  Dans  sa  premi(''r«'  J«Mnu'ss«'  [W  n'en  (Hait  (|u';i 
la  Iroisième).  il  avait  dû  riMligcr  des  prospectus:  c'esl 
là  «pi'il  avait  appris  le  fram^ais.  L'Iiomnn'  «pii  n"a  pas 
rédigé  de  prospectus  n'aura  jamais  d'orlliographc.  Au 
reste  à  «juoi  lion  (''ci'ire?  Racine  n'a  l'ail  (pi'un  beau 
vers  : 

La  fille  de  Minos  et  de  Pasiphaé. 

11  n'y  eut  jamais  qu'un  poète  en  France  :  Victor  Hugo. 
Avez-vous  lu  les  Châtiments?  C'est  plein  de  choses 
inexactes.  3Iais  c'est  d'une  telle  pliosphoi-escence  tjue, 
dans  dix-neuf  siècles,  il  ne  restera  pas  autre  cliose  de 
tout  le  règne  de  mon  empereur.  Voilà  la  postérité,  mon 
Itonhomme  :  Tacite  fut  probablement  un  pauvn^  diable 
à  «[ui  Néron  avait  refusé  l'équivalent  d'un  buivau  de 
tabac;  c'est  pourquoi  Tacite  a  fait  de  la  copie  et  Néron 
est  un  monstre.  Ce  sont  les  écrivains  «pii  civent  les 
événements;  il  ne  s'est  jamais  rien  passé  dans  le  monde. 
Au  reste,  dans  dix-neuf  siècles,  il  n'y  aura  plus  que  des 
Allemands;  mais,  quand  il  n'y  aura  plus  qu'eux,  ils 
s'ennuieront  tant,  qu'ils  oiïrironl  une  prime  à  ceux  qui 
leur  fabri(jueront  des  Latins.  Pour  le  moment,  il  ne 
reste  que  Hugo  —  et  Baudelaire  :  les  Fleurs  du  mal, 
férocement  bariolées  et  tigrées,  d'un  pourpre  semblable 


1873-1886.  499 

à  (lu  sang  iigc  ou  d'un  blanc  chlorotique  exhalant  des 
parfums  (acres,  pénétrants,  vertigineux. 

Marc  MoNxiER  :  Ma  Binyraphie,  roman  d'aventures. 
Journal  (h's  Th''1iatx,  12  octobre  18^3. 


■       \\  209. 
Gautier,  pour  me  consoler,  me  dit  avec  sa  séré- 


nité habituelle  :  «  Quand  tu  écris  pour  le  Moniteur, 
organe  ofliciel,  sois  plat.  Les  punaises  ont  deux  peaux, 
tâche  de  n'en  avoir  qu'une.  » 

V.  28(1. 

Il  attendait  toujours  au  dernier  moment  pour 

écrire  son  feuilleton  :  «  On  ne  se  fait  jamais,  disait-il, 
guillotiner  avant  l'heure.  » 

P.  281. 

Je  me  rappelle  que,  près  de  Padoue,  je  trou- 
vai, dans  un  couvent  de  carmes,  la  trace  de  son  passage 
[en  1850].  Le  supérieur  l'avait  pi'ié  d'écrire  quelque 
chose  sur  un  registre  qu'on  présentait  aux  voyageurs. 
Dans  ce  couvent  on  était  fort  sale.  Gautier  avait  écrit 
ces  lignes  :  «Je  n'ai  jamais  compris  pourquoi  des  hommes 
se  réunissent  pour  puer  ensemble  en  l'honneur  d'un 
Dieu  qui  a  créé  quatre-vingt-dix  mille  espèces  de 
fleurs  ^  » 

P.  282. 

Une  fois,  il  était  seul  au  journal  C  Entracte^ 

dont  il  fut  un  instant  le  rédacteur  en  chef  honoraire. 

1.  Cette   citation  avait    déjà  été  recueillie  par    M.  Claiuliu    dans   son 
roman  :  Lri  Caprices  rie  Diomêde,  paru  en  mai  IST.', 


500  HISTomE  DES  OKIIVHKS  DK  TH.  CAUTIEU. 

Il  vil  <Mili"tM'  lin  liravt'  lioiiiiiif  (pTil  se  mit  à  n-iiardri'  et 
(lu'il  inliinida  pi-olialilenifiil.  C.omiiu'  il  ne  pailail  pas. 
riaiilicr.  au  lieu  iW  lui  (ItMiiandor  ce  (pi'il  drsirail.  lui 
dit  :  ><  Profn'cz  cjuclqucs  sons.  »  Là-(U'ssiis  iiolic  lioiiinit' 
(h'rampa  v{  rtMH'ontr.i  liniriMiscuit'iil  un  .uarnm  i\r 
luirraii  a\('c  it^picl  il  s'enlendil.  il  Ncnail  i-cndiivcjri'  un 
ahoniKMiuMit,  opération  liion  sinii)l(',  (pic  (laiilicr  naii- 
rait  pu  accomplir. 

Mrs  Snïiroiirs.  pail!.  Cl-AUDIN,  1  vol.  1884. 


A  propos  do  niadamo  do  Païva.  un  mot  tirs  niiinix 
do  Thoopliilo  Gautier  : 

—  «  Eh  bien,  Gustave  l'ianclic  a  laison  :  la  coiiili- 
sanc  est  le  ministre  de  la  justice  éternelle  parmi  les 
hommes.  G'est  elle  (pii  rélahlil  l'iMiuilibre  des  forliines. 
Celle-là  aide  à  cliàlier  les  siiperhes.  La  femme  du  petit 
tailleur  polonais  a  aidé  à  briser  un  artiste  trop  vain. 
(Henri  Herz).  Elle  ronge  les  princes,  lesducs,  les  lords,  les 
bamiuiers.  Elle  se  marie  à  un  grand  de  Portugal  et  elle 
l'humilie.  Elle  se  marie  à  un  futur  gouverneur  de  TAl- 
sace-Lorraine  et  elle  le  rend  ridicule  en  lui  faisant  por- 
ter des  cornes.  Laissez  passer  la  justice  des  siècles  I 

L'Êrrnrmrnt,  29  janvier  1884. 

Un  soir  que,  dans  ce  petit  cénacle  (chez  Emile  de 
Girardin)  —  il  y  a  bien  longtemps  de  cela  —  on  jouait 
aux  définilinns,  jeu  littéraire  alors  très  à  la  mode, 
Girardin  fut  le  mot  proposé.  Toutes  les  délinilions 
devaient  être  écrites  sur  des  carrés  de  papier,  qu'on 
pliait  en  quatre  et  qu'on  jetait  péle-mèle  dans   une 


1873-188(5.  501 

coupe.  Le  dc'pouillemcnt  fiil  terne  :  critiquer  trop  vive- 
ment son  hôte  eût  été  d'aussi  mauvais  goût  que  de  le 
louer  avec  excès.  Entre  toutes  ces  élucubrations  mal 
venues,  une  seule  échappait  à  la  banalité  générale.  Je 
la  cite  de  souvenir. 

«  Emile  de  Girardin.  —  Un  tunnel  sous  lequel  passe 
toujours  un  train  de  progrès  ;  fatigue  ses  voyageurs, 
les  mène  bien  loin,  là  où  souvent  ils  n'ont  pas  souhaité 
d'aller,  et  ne  les  ramène  pas.  S'endort  chaque  soir 
dans  un  portefeuille  ministéi'iel  et  se  réveille  dans  son 
journal,  ce  qui  n'est  peut-être  donné  qu'à  lui.  » 

Théophile  Gautier,  lui,  s'était  abstenu. 

—  Et  vous,  mon  cher  Tiiéo,  lui  demanda  le  grand 
publiciste,  craignez-vous  ou  désespérez-vous  de  me 
déhnir  ? 

—  Ni  l'un  ni  l'autre,  lépondil  le  poète,  mais  je  ne 
tiens  pas  à  garder  l'anonyme. 

—  Alors,  exécutez-vous. 

—  Volontiers.  Voici  ma  délinilion  :  «  Emile  de  Gi- 
rardin. —  Un  tigre  qui  a  passé  sa  vie  à  dévorer  un 
ti'aversin  !  » 

Pakisis  (Emile  I^lavet).  Le  F/f/'(ro, 
10  février  l«8'j-. 

....  Je  puis  donner  à  M.  de  Maupassant  un  rensei- 
gnement qu'il  ignore.  Il  souligne  certains  mots  de  la 
lettre  de  M.  Du  Camp  à  Flaubert,  à  propos  du  travail 
de  coupures.  «  Nous  le  ferons  faire  sous  nos  yeux  par 
une  personne  exercée  et  habile;  on  n'ajoutera  pas  un 
mot  à  ta  copie;  on  ne  fera  qu'élaguer;  ça  te  coûtera 
une  centaine  de  francs  qu'on  réservera  sur  tes  droits.  » 


502  II1ST(UIIK  l)i:s  (>i:i  \UKS  l)l>:  th.  (iAlTIKU. 

Kl  M.  (If  ."Maiipassaiil  ajoiilc  : 

«  La  mulilalioii  de  ce  Wwr  lyphiiir  cl  (h'snrmais  ini- 
niorlol,  |iiati(|ii(''i'  //'/;■  idic  pt/'soii/ic  exercée  et  habile, 
n'aiirail  corilr  ;'i  railleur  (|ii'iin('  ccnlaiiie  de  fi'anrs  ! 
Vraiiiit'iil,  c't'sl  pour  rien  1  -> 

Or.  Je  crois  savoif  (pio  la  n  personne  exeicée  »  prise 
non  imiii-  censeur,  mais  poui-  aihiire,  n'élait  (el  Flau- 
tieil  iii  l'ut  piévcnu)  an! IV  iiiie  Théophile  Gaiilier,  (jui 
(lisait  alors  avec  sa  honlioniie  nai'(|iioise  : 

—  Ça  m'ennuie,  moi.  de  lire  nn  manuscrit.  Je  ne  lis 
jamais  de  manuscrits.  Je  veux  hien  lire  celui-là  el  faire 
ce  travail-là,  mais  à  une  condition  :  on  donnera  une 
l'ohe  à  ''•*.  Total  :  cent  francs  '. 

.Iules  (]l.\ueïik.  Lr  Temps,  8  ocloJnc  1884. 

Théophile  Gautier,  parlant  des  sceptiques  de 

vingt-cinc]  ans,  se  vantant  de  n'avoir  pins  dlllusions, 
de  ne  croire  à  rien,  disait  ; 

—  Ce  sont  des  Don-Quichotte  renversés. 

Écho  (fc  Paris,  "21  septembre  1884. 

P.  :j'.i. 

Théophile  Gautier  disait  de  Barroilhct  : 

—  Impossihle  d'avoir  plus  de  cœur  dans  le  nez. 

P,  297. 
Théophile  Gautier  (chacun  sait  çà),  détestait  la  mu- 
sique. 

1.  Il  tant  (lire  au  sujet  de  ce  débat  (soulevé  à  propos  dos  coupures  à  faire 
dans  le  manuscrit  de  Madame  Bovary)  que  M.  Emile  Bergerat  a  soutenu 
dans  le  Voltaire  du  'îi  lévrier  1881  l'impossibilité  de  rafrirmation  de 
M    Claretie. 


1873-1880.  503 

Un  soir,  dans  un  salon,  il  causail  assez  bi'uyamnienl, 

tandis  qu'un  virUiose  s'évertuait  sur  un  piano  marty- 

l'isé.  Le  mailre  de  la  maison  crut  devoir  intervenir  en 

adressant  à  Théophile  Gautier  un  chvt!  amical. 

Mais  hii,  avec  son  sourii-e  placidement  ironique  : 

—  Je  ne  supprime  pas  le  piano,  je  ne  fais  que  l'atté- 


nuera 


■   '  Pierre  Véron. 

Galop  Géncntl,  1  vol.,  Dculu,  188u, 
(paru  le  20  jiovcnihre  1884). 


Je  me  souviendrai  toujours  d'avoir  vu  un  jour 

Théophile  Gautier  dans  les  bureaux  du  /)/o??//É>//r,  penché 
sur  son  feuilleton,  le  feuilleton  du  lundi,  et  Dieu  sait, 
s'il  avait  le  théâtre  en  horreur!  Il  me  lit  pitié.  La  nau- 
sée lui  montait  aux  lèvres.  Il  me  montra  la  page 
blanche,  et,  usant  d'une  de  ses  expressions  terrible- 
ment familières  qui  lui  étaient  habituelles  dans  la  con- 
versation : 

—  Si  je  ne  me  retenais,  dit-il,  je  vomirais  dessus. 

—  Ne  vous  gênez  pas  pour  moi,  lui  dis-je,  en  riant. 

Francisque  Sarcey. 

Notes  de  la  semaine,  Annales  politiques  et  littéraires. 
N°  du  4  janvier  1885. 


Je  me  souviendrai  toujours  d'avoir  entendu 

Théophile  Gautier  dire  par  manière  de  raillerie  à  son 

1.  A  vrai  dife,  nous  soupcjonnons  fort  M.  Pierre  Véron  de  faire  parfois 
parler  les  morts  et  de  leur  attribuer  ses  propres  mots. 


r.04  lUï^TOlIlF.  DES  (Ha'VllES  1)K  TU.  (i.M  TIKIt. 

lils,  i»<'lit   iMHiliomnic  ipii  lui   rcprocliail  de  ne  jamais 
lui  (''criri'  : 

—  Tu  M'ii\  (|iii'jt'  l'assr  de  la  diji/'c  poiir  loi;  |>ayo 
la.  mon  ami. 

(Vêlait  clitv,  lui  un  siiiiplc  hadiiiauf.  car  il  a  (''ciil 
(''iiorinémciil.  mrmc  à  des  amis,  td  sa  corrcspoïKlaiicc. 
si  on  la  iviiiiissail  rii  corps  (ToiiNraiir,  formerait  |dii- 

sieurs  \oliim(\s 

rrancis(|iie  Saucey. 

L   \\\'  Sirrir,  :j  Irvriei    I8H:;. 


* 


Tlu'opliile  Gautier,  ce  grand  srepti(|iie  de  beau- 
coup de  foi,  disait  en  parlant  de  la  littérature  :  «  On 
l)eut  toujours  tout  réimprimer  :  tout  est  inédit!  » 

Jules  Clauetie. 
Le  Temps,  !<=••  sepLeiubre  1885. 

Une  réilexion  inédile,  ])lns  jolie  (ju'absolumeni  juste, 
de  Théophile  Gautier,  revenant  d'Angleterre  : 

«  C'est  un  pays  qui  n'a  de  poli  que  le  marbre,  et  de 
fiuits  mûrs.  .  .  que  les  pommes  cuites  !  » 

Le  Figaro,  18  mai  1880. 

Il  y  aurait  enfin  l)ien  des  Irails  de  ce  genre  à  Teciieillir 
dans  les  si  intéressants  Souvenirs  lûtérarres  de  M.  Maxime 
du  Camp.  Mais  nous  considérons  cet  ouvrage  comme  si 
indispensable  à  connaître  à  propos  de  Tliéophile  Gautier, 
que  nous  ne  voulons  rien  lui  emprunter.  Il  faut  le  lire  tout 


1873-1886.  505 

entier.  Le  Journal  do  MAI.  di'  (Concourt,  qui  a  commencé 
à  paraître  en  188G  dans  /<;  F/y^(/'(),el  les  C"?i/V'.N\s?o>i.s  d'Arsène 
lloussavc,  sont  aussi,  mais  à  un  moindre  degré  pourtant, 
très  curieux  à  consulter  sur  Tliéopliile   Gautier. 

Terminons  par  ces  deux  citations  inédites.  Il  donnait  à 
M.  At[(dplie  (i.  le  ({ualificatif  suivant  :  «  Fils  de  Vénus  et  de 
Polichinelle  ■>,  et  il  aimait  à  répéter  ce  distique  inédit,  qui 
nous  est  communiqué  par  M.  Henri  Lavoix,  lorsqu'il  voulait 
exprimer  son  admii-ation  pour  le  grand  Corneille  : 

Oui,  lorsque  je  prenais  le  vieux  Corneille  austère, 
Je  le  lisais  debout  et  je  tombais  par  terre  ! 

2.371.  Lettre  à  Alphonse  Karr.  Les  Gurpcs,  12  mars  187G. 
Voici  cette  lellre,  ({ui  ne  porte  aucune  date  : 

Mon  cher  Karr, 

Je  te  recommamle  par  piii*e  formalité  madame  (Er- 
nesta)  Grisi  el  mademoiselle  Vii-ginic  Huet,  son  amie, 
qui  vont  à  Nice,  l'une  pour  piauler,  l'autre  pouf  tracas- 
ser l'ivoire.  Nous  sommes  d'assez  vieux  amis  pour  que 
cette  lettre  soit  inutile,  mais  elle  servira  d'introduction 
à  mes  protégées. 

Tu  connais  madame  Grisi;  mademoiselle  Huet  n'est 
pas  moins  agréable  à  connaître;  dispose  en  leur  faveur 
de  ton  Influence  exotique,  explique-leur  Nice,  et  donne- 
leur  des  bouquets  de  ton  jardin. 

Tout  à  toi  de  cœur, 

Théophile  Gautier. 

A  propos  de  madame  Ernesta  Grisi,  voici  deux  quatrains 
inédits  qui  lui  furent  adressés  par  Théophile  Gautier,  et  dont 
les  autographes  ont  été  vendus  publiquement  à  Paris  le 
6  mai  1878  . 


.'.(K;  IIISTOIUI-:  DES  ŒUVHKS  DK  TH.  (lAUTIKU. 

I 

.Neige  iiu  .liiia,  liiiiiiic  au  Saine, 
Va  liriso  noire  sur  le  pont; 
Mais  si  la  lolie  se  relè\(>, 
(jiie  le  veiil  s'aiièle  an  .itii)(in  ! 

•1  novembre  ISCr).  Jour  de  ?ainl  Ernest;  avancé. 
Il 

Les  lianes  des  Dieiiv  sont  en  ivoire; 
Votre  tabou  rot  est  plus  beau  : 
Bal/ar  à  vos  pieds  met  sa  gloire 
l-'t  son  n>nvi'(\  eonime  eseaheau  ! 

Tliéopliile  Gautier. 

2.372.  Le  Glas  intérieur,  /'ors/es  Cnmplrlcs.  Tome  (ieiix. 
ln-12,  330  pagi's.  Paris,  iniiirinieric  l'ilhl  pis  aliir;  lilnaiiic 
(finrpenticr  cl  C".  Prix  :  3  Ir.  :iO. 

Ces  vers  écrits  par  Tliéopliile  Caulier  en  18i-8,  à  la  mort 
de  sa  mère,  ont  paru  pour  la  pi'emière  fois  dans  ce  volume, 
que  nous  trouvons  inscrit  sous  l(>  n°  3717  de  la  Bibliographio 
de  laFrancc  du  22  aviil  187(>.  On  le  sait,  celte  édition  des 
Pnrsirs  CoittplHca,  en  deux  volumes,  dont  le  premier  avait 
paru  en  1871),  est  la  seule  qui  eontiemie  les  poésies  inédites 
et  poslbumes.  Emaux  cl  Camcca  n'en  fait  |i(iiiil  paille  et 
eontinuf!  à  l'ormer  un  recueil  à  ])art.  Nous  allons  donner 
ici  des  variaides  inédites  de  ces  remarquables  stances;  voici 
traliord  celles  de  la  version  imprimée  : 

1"    STllOI'HE. 

On  me  voit  pâle  mais  serein 
Aller,  venir,  manger  et  boire, 
Car  SOUS  ma  redingote  noire 
J'ai  boutonné  mon  noir  chagrin. 


187:1-1886.  507 


Sans  qu'un  mot  de  mes  lèvres  sorte, 
Sans  pousser  dehors  un  :  hélas! 
J'entends  en  moi  sonner  le  glas  : 
«  Ta  mère  est  morte  !  » 


II'    STROPHE. 


J'entends  toujours  tinter  le  glas  : 
«  Ma  mère  est  morte  !  » 

m"    STROPHE. 

A  l'Opéra,  comme  autrefois, 
Quand  le  ballet  nouveau  sautille, 
Ou  que  l'opéra  s'égosille, 
Je  juge  les  pas  et  les  voix. 
A  la  musique  douce  ou  forte 
Ma  peine  mêle  son  :  hélas  ! 
J'entends  toujours  tinter  un  glas  : 
«  Sa  mère  est  morte  !  » 

Voici  maintenant  une  version  conipIMe,  très  différente 

I 

Je  vais  pâle  et  le  front  serein. 
Menant  ma  vie  ambulatoire,      , 
Et  sous  ma  redingote  noire 
Ayant  boutonné  mon  chagrin. 
Mais  que  je  rentre  ou  que  je  sorte, 
Que  j'agisse  ou  croise  les  bras. 
Ma  peine  en  moi  pleure  tout  bas  : 
La  chère  vieille  femme  est  morte  !^ 

II 

Au  bois  de  Boulogne  on  me  voit, 
Comme  un  dandy  que  rien  n'occupe, 
A  l'amazone  en  longue  jupe 
Parler  dans  le  sentier  étroit. 


r«tH  IIISTOIHK  DKS  (•KIVUKS  DE  lll.  ti.VLTiEU. 

Mais,  \('is  (|ii('l(|ii('  t'iulroit  (|iio  m'emporte 

L'ii  soiillli'  IVdid  me  dit,  liiut  has  : 
Lu  pauMO  \i('illi'  Iciimit'  est  moite! 

lll 

A  l'avanl-scène  (|iiel(|iicl()is 

Je  tiens  au  hout  de  ma  loi'^nelto 

l.a  daiiseus(>  (|ni  piidiietlo, 

Le  tliaiiteui'  poiiisnivaiit  sa  voi\. 

Dans  ia  nuisicjue  douce  ou  forte, 

(Jiii  pleure  ou  se  brise  en  éclats, 

L'n  |)etit  sou  file  dit  tout  has  : 

La  clièi'e  \ieille  femme  est  morte  ! 

Knlin,  voici  encore  une  v.nianle  (\r  la  lucmière  strophe  : 

Le  gazon  croît  sur  le  terrain, 
L'ouhli  pousse  dans  la  mc'moire, 
Il  le  faut;  j'ai  repris  le  train 
De  ma  critique  ambulatoire, 
Et  sous  ma  redingote  noire 
J'ai  boutonné  mon  noir  chagrin. 

2373.  La  Neige,  fantaisie  d'hiver.  Daté  du  i^-^  janvier  18jU 
Môme  rcnseignemeul. 

2374.  Les  Joyeusetés  du  Trépas.  .  Mèiuc  renseignement. 
Xous  avons  déjà  parlT;  de  eoLle  pièce,  en  d8o8,  à  propos 
d''  Bûchers  et  Intuheaux  (voir  n»  {"ù\(y)  ;  elle  contient  une  faute 
d'impression  qui  dénature  absolument  ce  veis  : 

Pose  en  Vénus  dans  l'atelier. 

II  faut  lire  : 

Pose  en  vernh  dans  l'atelier. 

Voici,  de  plus,  une  variante  inédile  de  la  première  et  de 
la  sixième  strophe  : 


1873-1886.  :.09 


Il  traîne  à  la  danse  macabre 
L'empereur,  le  pape  et  le  roi, 
Et  du  destrier  qui  se  cabre 
Jette  bas  le  preux  plein  d'elTroi. 


Et  pose  sur  son  crâne  jaune 
La  couronne, arracbée  au  roi 
Qui  se  retient  aux  bras  du  trône, 
Et  qu'il  entraîne,  plein  d'effroi. 

237:;.  A  Claudius  Popelin  ;  sonnet  II.  Écrit  sur  un  exem- 
plaire de  la  Mode.  Daté  (raoùl,  18G9.  MiMiie  reust'iynemcnl. 

237(î  Sonnet  :  «  'Vous  étiez  sous  un  arbre,  assise  en  robe 
blanche  ».  Mrme  renseignfnienl. 

2377.  Le  vingt-sept  Mai,  pour  l'anniversaire  de  nais- 
sance de  la  princesse  M(athilde).  Daté  de  Versailles,  27  mai 
1871.  Même  renseignement.  Voici  quelques  variantes  inôdites 
de  ces  vers  : 

Pendant  que  Paris  brûle  et  que  l'œuvre  s'acliève, 
Mai  revient  à  son  temps,  Mai  toujours  parfumé, 
Ramenant  pour  mon  cœur  l'anniversaire  aimé. 
Date  cbère  où  revole  obstinément  mon  rêve. 

Malgré  tout  les  bourgeons  sont  pleins  de  jeune  sève. 
L'azur  luit  dans  le  ciel  par  la  poudre  enfumé, 
Les  oiseaux  font  ouïr  leur  cbant  accoutumé 
Comme  si  le  canon  ne  tonnait  pas  sans  trêve. 

Et  moi,  je  pense  à  vous,  promenant  ma  pâleur 
Par  les  sentiers  déserts  du  jardin  de  Versailles, 
Asseyant  ma  fatigue  aux  grottes  de  rocailles. 

Pour  fêter  ce  vingt-sept,  [j'ai  pris,  la  mort  au^]  cœur, 
Dans  mon  pauvre  jardin  tout  criblé  de  mitrailles 
Près  d'un  éclat  d'obus  celte  petite  fleur. 

1.  Les  mots  entru  crochets,  ajoutés  ici,  manquent  siir  l'antograplu'. 


jiu       msToiiiK  iti;s  (ii:i  vuKs  dk  th.  caitiku. 

Aiilre  v;iii;iiili'  du  |ii('iiiii'i  tcicel  : 

Va  iiini,  I liste,  sounVant,  seul  avec  ma  (loiilciir, 

Va  ne  pensant  «lu'à  vdiis  aii\  lH>s(|uets  de  Versailles, 

Doiii  j'adiniie,  en  liaillani,  les  ifs  et  les  rocailles. 

On  >,iil  la  siiicri't'  l'oconnaissance  du  poète  pour  ci'lk"  qui 
lui  liMijouis  pour  lui  une  amie  >i  (l(''Viiu(''e.  M.  l'idiinuid  de 
(ioiii'ourl  laeonte,  dans  la  prtM'aee  du  vcduine  de  M.  Mer^e- 
ral,  (lu'ii  iioniMiait  lui-inènic  cul  altaclienieiil  :  «  une  amitié 
voluptueuse  «. 

2378.  A  Maxime  du  Camp,  sonnet.  Mènie  ienscifj,nenicnl. 
Voici  une  variante  inédite  de  ee  soiniet  : 

Merci  du  eaoliet,  merci  du  papier, 
De  la  cire  roug(>  et  des  plumes  d'oie; 
J'ai  reçu  le  tout  avec  grande  joie 
El  j'irai  ce  soir  te  remercier. 

Mais,  en  attendant,  je  veux  gribouiller 
Sur  le  bleu  crcani-laid  ces  vers  que  je  ploie 
Dans  une  enveloppe,  et  que  je  t'envoie 
Par  un  Azolan  devenu  portier. 

Comme  un  vi'ai  dandy,  gnice  à  ces  richesses 
Je  |iuis  désormais  glisser  aux  duchesses 
Des  billets  charmants  en  carton  anglais. 

Je  ne  ferai  plus  rougir  les  valets 

Sur  le  plat  d'argent  forcés  de  remettre 

Un  vieux  torche-c.  au  lieu  d'une  lettre! 

Voici  encore  une  variante  des  vers  deux  et  trois  de  la 
version  des  Pnësicf.  Cninplrtrx  : 

Plume  de  Perry  qui  glisse  avec  joie 
Sur  le  vélin  bleu  plus  doux  que  la  soie. 


1873-1886.  511 

et  des  vers  doux  el  dix  : 

Cire  rouge,  ambrée,  avec  plumes  d'oie.  .  .  . 
Sur  carton  anglais,  aux  blanches  duchesses 


23*0.  Allitérations  ;    imitées  de  celles  du  Romancero. 

Mrmc  renseignement. 

Voici  nue  variante  inédite  de  ce  cmien.x  essai   de   poésie 
rimant  par  les  consonnes  : 

Un  jour  sur  la  Vivarambla, 
Le  vaillant  grenadin  Gâzûl 
Passait  sur  son  beau  cheval  barbe; 
Il  avait  un  burnous  d'âzûr, 
Emblème  d'amour  et  de  foi, 
Et  pour  le  regarder  chacun 
Se  retournait  :  surtout  les  femmes. 
Calendaja,  Fatmé  lîi  brune. 
Se  penchaient  au  bord  du  balcon 
Pour  voir  de  plus  loin  dans  la  rue; 
GazAil  arrêtant  son  cheval 
Dit  :  '(  Miracle  de  la  nature, 
Perle  de  Grenade  et  du  monde, 
Réponds  à  mes  feux,  je  iTissûre 
Par  jour  trois  têtes  de  chrétien.  » 
—  «  Donne-m'en  quatre,  cher  Gâzûl, 
Et  je  ne  serai  pas  ingrate  !  » 

Gesl  cette  pièc(!  de  vers  dont  Théophile  Gautier  nous  a 
fait  envoyer  l'autographe,  avec  celui  d'un  Ave  Maria.  (Voir 

u"    2389). 

238(1.  Sonnet  :  «  Mon  œil,  sur  le  cadran  toujours  fixé, 
calcule  ».  Même  renseisnemenl. 


2381.  Au  bois  de  Boulogne.  Même  renseignement.  Voici 
une  variante  des  vers  vingt  et  un  e 
a  pièce 


d'abord  une  variante  des  vers  vingt  et  un  et  vingt-deux  de 


012       iiiSToiiiK  nrs  oKivnKs  \n:  th.  (;ai  tikh. 

IJIc  clirrclMii  |i,ir  Iciii'.  cl  ses  (loif;'ts  de  s(|ii('l(.'llt' 
Alhiiciil  Miiis  le  i;ii/(iii  pri'inlrc  iiiir  Miilclh'. 

[Mil-  mil'   vi'i><iuii    |iii'si|iii'  l'iilit'ii'iiii'iit.  (lill'nviilc  : 

Fi'aiiliv  jour,  à  clicval,  d.'ins  lo  bois  de  lîoiilo^iic, 

L»^  (Vont  ruinant  (Micor  «riinc  ardente  besogne 

Je  courais.  —  Les  senteurs  du  l'euillaî^^e  nouNcau, 

l>'enci'ns  des  liourj^eons  verts,  nie  niontaienl  au  cerveau; 

Je  nie  plonjjeais  dans  l'air,  le  soleil,  les  arômes; 

Des  rêves  de  la  nuit  seeouant  les  fanlômes, 

.le  ne  pensais  à  rien,  comme  tout  cavalier 

Ouand  une  fois  il  a  le  pied  dans  l'étrier, 

l,ar,  en  dépit  du  vers  de  Boileau,  pris  d'ITorace, 

I  e  rliagrin  ne  saurait  suivre  un  clieval  de  race. 

Kl.  vous  regai'dant  fuir,  s'asseoit,  tiainanl  le  |)ied, 

Au  talus  du  chemin,  comme  un  estropié. 

Dans  le  milieu  du  bois,  sur  le  bord  de  la  roule, 
Une  vieille  marchait;  son  dos  formant  la  voûte, 
Son  visage  de  bistre  aiïreusement  ridé, 
Le  cercle  de  son  o'il,  par  la  maigreur  vidé. 
Ses  mains  aux  mouvements  incertains  et  débiles, 
La  faisaient  ressembler  à  ces  grandes  sybilles 
Ouc  Léonard  Vinci  sur  un  coin  de  papier 
De  sa  plume  croqua,  pour  se  désennuyer. 


Parfois  elle  plongeait  sur  une  [)lante  en  lleur, 
De  forme  gracieuse  et  de  vive  couleur, 
Hors  de  sa  mante  noire  une  main  de  squelette, 
Et  cueillait  bouton  d'or,  pervenche,  \ioletfe, 
Tout  ce  que  le  printemps,  de  ses  prodigues  mains, 
Verse  du  haut  des  cieux  sur  le  bord  des  chemins. 


1873-1886.  r>i;i 

Ce  souvenir  fleuri  des  premières  années 

Mettait  quelque  fraîcheur  sur  ses  tempes  veinées; 

Sa  lèvre  souriait  à  ses  anciens  printemps, 

A  ses  beaux  amoureux,  défunts  depuis  trente  ans  ! 

Une  autre  variante,  enfin,  en  rimes  croisées,  du  début  de 
celte  pièce  : 

L'autre  jour,  je  passais  par  le  bois  de  Boulogne 
A  cheval,  pour  baigner  dans  l'air  frais  du  printemps 
Mon  front  ardent  encore  d'une  chaude  besogne  ; 
Car  nous  que  l'ouvrier  nomme  oisifs,  en  ces  temps, 
Aux  forges  de  l'esprit  infortunés  cyclopes. 
Nous  fatiguons  le  fer  de  coups  intermittents 
Dans  les  prunelles  d'or  des  oiseaux  nyctalopes. 


2382.  Le  Ruisseau.  Même  renseignement.  Le  véritable 
litre  de  ce  morceau,  vérifié  sur  l'autographe,  est  :  S'juvciu'r 
de  PivinciKid:.  Il  date  de  1869. 

2383.  Chez  les  Étoiles.  Même  renseignement.  Ce  reniar- 
f|uable  fragment  a  été  retrouvé  et  décliitl'ré  par  nous  sur  un 
manuscrit  presque  cflacé,  écrit  en  partie  au  crayon,  en 
partie  à  l'encre,  et  qui  doit  dater  de  la  jeunesse  du  poète; 
aidé  d'une  forte  loupe,  nous  avons  réussi  à  reconstituer  tout 
ce  qu'il  avait  écrit  de  ce  morceau;  la  fin  de  ce  fragment 
surtout  est  pleine  de  couleur  et  de  poésie. 

Voici  une  variante  des  vers  cent  vingt  et  un  et  cent  vingt- 
deux  de  cette  pièce  : 

A  la  coupe  d'amour  du  ciel  buvant  l'oubli, 
J'abandonnai  le  soin  de  mon  globe  poli. 

2384.  L'Orestie,  tragédie  antique.  Fragment.  Même  rensei- 
gnement.  Ce  monologue,  début  de  la  pièce,  est  le  seul  morceau 
que  Théophile  Gautier  ait  écrit  pour  cette  tragédie,  qui  lui  fid 
demandée, vers  lS4o,  parle  Théâtre-Français. (Voir  n°  8UU.) 

II.  "  33 


5M        iiisroiiii',  i)i;s  (ii'.rviuîs  dk  th.  (jai  tiku. 

238;;.  La  Perle  du  Rialto  (premier  acte).  Mrinc  niisci- 
giioint'iil. 

(".ollc  pit'i'c.  ainsi  (|iic  iKiiis  l'avons  dil  di'jà  (NUir  iioiltoT), 
est  la  [ircinii'i'i'  vci'sioii  de  I' .Xiimiir  sniifjlr  nii  il  nul:  nous 
avons  l'cl  i'(Hivi'  tics  IVa^nicnls  du  |ilan  en  |iros(!  du  ]nr- 
initT  afic  |iiiinilil',  vl  nous  allons  Irs  nii'llrc  sous  les  yeux 
du  Icilt'ui';  il  y  vrri'a ,  parmi  les  cai  riri'cs  (juc  (icor^^'cs 
ilKIcy  l'unnirrr  fonunr  poiivanl  lui  cnnvi'nir,  cclli'  de  pvé- 
shh'iit  (/('  ri'imliliiiiii  .  ce  ({ui  dair  ce  iVa^nicnl  de  JSi'.)  ou 
18.")0.  CIii'onolo^i(iut'niinl .  /'/  /V/Vi  ilii  hinllu  doil  donc  cli'o 
placOe  fivaiil  rAiii'iiir  Knii/flc  m)  //  mil,  hicn  (|in'  paiiic  apctis 
relie  dcinicre  piùcc.  d'  n'est  pas  sans  |ieine  (|uc  nous  avons 
l'cussi  à  roconslituer  le  nianusciil  de  ce  premier  acii',  jiour 
le  jilacer  daii-s  les P'»'.s/t'.s'  (''*;;/;;/'•/(;*•  de  Théophile  (iaulier. 

Voici  d'abord  les  frajinienls  dont  nous  venons  de  parler  du 
plan  priniiiil  de  lu  l'aie  du  lliitlln  : 

PlillSONNAGES   DES   DEUX   SCÈNES 

GKORGKS  DELCY. 

AU(^.I1115AI.l)  SIXCI.AIU. 

I.ALIUl';. 

FANNY. 


SCÈNE  1"=. 


AllCHIBALD,    à  Georges. 

Viens  avec  nous  au  bal  de  l'Opéra. 

LAURE. 

Nous  souperons  jusqu'au  déjeuner. 

ARCHIBALD. 

Je  le  préviens  qu'elle  a  la  (ruiîe  seiUimcnlale  el  le 
rhum  expansif. 

GEORGES. 

Non,  je  préfère  rester. 

LAURE. 

On  se  griseia  au  vin  de  Madère,  en  gens  sérieux,  et 
qui  se  respectent. 


1873-188(3.  515 

GEORGES. 

Je  suis  triste,  ennuyé, 

FANNY. 

Habille-toi  en  Pierrot  et  mets  un  nez  de  cai'lon  à  la 
mélancolie  :  un  nez  vei'ui  avec  des  moustaches  ;  il  n'y  a 
rien  de  meilleur  pour  le  spleen.  J'ai  conseillé  ce  remède 
à  un  anglais  qui  voulait  se  couper  la  gorge,  et  il  a  été 
si  gai  qu'il  a  Uni  sa  nuit  au  violon. 

LAURE. 

Le  perdreau  trutie  et  le  salmis  de  bécasses  sont  aussi 
très  bons  pour  les  vapeurs. 

ARCHIBALD. 

Viens,  nous  rirons. 

GEORGES. 

Une  autre  fois 

FANNY. 

Que  crains-tu!  nous  n'avons  pas  comme  les  honnêtes 
femmes  le  moyen  de  n'être  pas  jolies,  et  tu  ne  cours 
pas  risque  de  voir  au  démasqué... 


SCÈNE  II. 
GEORGES,  ARCHIBALD  SINCLAIR. 
SINCLAIR. 

J'ai  laissé  babiller  cette  folle,  mais  les  fous  comme 
les  enfants  terribles  disent  quelquefois  la  vérité  sans 
le  savoir  et  sans  le  vouloir. 

GEORGES. 

Tu  me  crois  donc,  comme  Fanny,  amoureux  stupi- 
dement d'une  Charlotte  de  la  rue  Saint-Denis  et  devenu 
un  Werther  de  boutique? 


516  IIISTOIIIK  DKS  OKIVHKS  1)1::  TH.  (.AITIKU. 

SINCLAIR. 

Non.  pas  pirrisrmr'nr.  mais  lu  n't's  plus  le  Ticorgcs 
d'aulfcrois. 

0K()1{(!KS. 

Suis-Ji'  oliliiir  à  .uai-dcr  Idiijoiirs  Ir  iiiriuc  caractriT? 
(piand  un  liahit  vous  dôplail  on  on  olian.m',  (|iiand  une 
laron  d'Olre  vous  ennuie  on  en  prend  une  aulre.  J'avais 
assez  (lu  Georges  que  lu  connais,  je  l'ai  mis  à  la  porle. 

SINCLAIR. 

Quoi,  lu  las  renvoyé  ainsi,  ce  bon  Georges,  .si  com- 
mode, si  complaisant  à  loiilcs  les  l'anlaisies,  (|ui  se  gri- 
sait si  bien,  (pii  pariait  si  haidiiiicnl  aiilour  de  la  table 
jaune  du  turf  et  de  la  table  verte  du  jeu?  Georges,  cet 
excellent  genlleman-rider  qui  sautait  les  baies  et  les 
fossés  à  Berny  plus  délibérément  qu'Edwards  ou  Ro- 
binson.  et  qui  n'avait  pas  son  pareil  derrière  les  por- 
lanls  de  coulisse  de  l'Opéra  pour  séduire  avec  un 
cornet  de  dragées  les  diablesses  ou  les  anges  du  ballet 
nouveau  ? 

GEOllGEH. 

Oui;  cr  fal  me  doiuiail  à  la  lin  sur  les  nerfs  et  je 
m'en  suis  dél)ari'assé. 

SINCLAIR. 

Plus  d'un  de  tes  amis  le  regrettera,  et  surtout  plus 
d'une  de  tes  maîtresses. 

GEORGES. 

Quant  à  ce  Georges-là.  il  est  bien  mori,  comme 
Fanny  l'a  dit  en  riant. 

SINCLAIR. 

Est-elle  blonde  ou  brune,  la  belle  puritaine? 

GEOEGES. 

Tu  tiens  donc  bien  à  ta  supposition  ? 


1 873- 1886.  .     ■■  -)17 

SINCLAIR. 

Oui  ;  il  faut  toujours  une  Circé  pour  métamorphoser 
les  hommes. 

GEORGES. 

J'espère  que  lu  ne  me  i-anges  pas  parmi  les  compa- 
gnons d'Ulysse. 

SINCLAIR. 

Oli  !  non  !  Circé  ne  change  pas  toujours  les  hommes 

en sangliers  domestiques;  elle  se  plait  quelquefois 

à  changer  en  hommes 

GEORGES. 

Des  sangliers  domestiques  !  merci 

SINCLAIR. 

Pour  parler  sans  mythologie,  la  femme  qui  souvent 
tire  un  libertin  d'un  sage,  peut  tirer  un  sage  d'un  liber- 
tin. C'est  le  cas  où  tu  te  trouves. 

GEORGES. 

Je  suis  vieux,  mon  cher,  j'ai  vingt-sept  ans,  l'âge  de 
la  gravité;  il  faut  devenir  quelque  chose:  représen- 
tant, ministre,  président  de  la  République  ou  ambassa- 
deur en  Perse. 

SINCLAIR. 

Ce  n'est  pas  là  ce  qui  t'inquiète,  à  coup  sûr.  Allons, 
Georges,  pas  de  fausse  honte,  ouvre  ton  cœur  à  ton 
ami  qui  ne  cherche  pas  à  pénétrer  ton  secret,  mais  qui 
veut  partager  ton  chagrin  si  tu  en  as  ;  toi  qui  m'as  con- 
fié sans  crainte  mille  folies,  hésiteras -tu  à  me  dire  une 
chose  raisonnable? 

GEORGES. 

Mais  c'est  toute  une  histoire. 


518  HISTOIRE  DES  OKlVnKS  DE  Tll.  GALTIEH. 

SINCLAIll. 

Panliou,  je  l'cspiM'i'  liini.  Aluisc  de  moi  roiiimc  d'un 
conlidi'iil  de  Iniurdir. 

OEOROER. 

Tll  auras  l'avanlatio  sur  cos  n\s|iorlabIts  iililih's.  <]{' 
ne  pas  savoii"  ce  (juc  ji'  vais  le  dii'c. 

SINCLAIR. 

J'rcoulo. 

GEORGES. 

On  s'jnquii'lc  lioaiiconp  do  la  (raiio  iU'>  noirs,  mais 
fort  peu  de  la  traite  des  lilanclics.  Tous  les  hazai's  d'es- 
claves ne  sont  pas  à  Constantinopic  ! 

SINCLAIR. 

Au  fait,  il  n'est  i)as  besoin  d'aller  en  Oiieiil  pour 
aciieler  une  femme. 

GEORGES. 

C'était  l'avis  de  lord  Pembrocke. 

SINCLAIR. 

Ce  satyre,  pair  d'Angleterre?  Mais  quel  rapport 
Constantino|de  et  lord  Pembroke  ont-ils  avec  les 
amours  ? 

GEORGES. 

Attends,  toutes  les  sorcières  ne  sont  pas  dans  les 
Caprices  de  Goya;  il  y  a  encore  de  vieilles  l'emmes  (jui 
lavent  pour  le  sabbat  les  jeunes  filles  innocentes  ;  à 
l'Opéra,  cliaque  sylpbide  est  gardée  par  une  fée  Cara- 
bosse  qui  ne  demande  pas  mieux  que  de  la  vendre  aux 
gnomes,  s'ils  ont  de  l'argent. 

SINCLAIR. 

Je  te  vois  venir. 

GEORGES. 

Non.  Lord  Pembroke  marcliandait  donc  une  Willi  à 
une  stryge  ; — une  enfant  de  treize  ans!  l'âge  de  Juliette 


1873-1886.  510 

quand  Roméo  la  rencontra  au  bal  !  —  Mais  nous  ne 
sommes  pas  en  Italie.  Comment  cet  ange  était-il  né  de 
ce  démon,  cette  beauté  de  ce  monstre,  cette  perle  de 
cette  buitre,  cette  fleur  de  celte  mandragore?  Dieu 
seul  le  sait!  Ce  que  l'on  peut  supposer  de  plus  bono- 
rable  pour  la  nature  bumaine,  c'est  que  Tborrible  vieille 
avait  volé  cette  enfant.  Une  pitié  me  prit  de  voir  tant  de 
grâces,  tant  de  jeunesse  passer  au  pouvoir  de  ce  Vitel- 
lius  anglais  qui  a  puisé  dans  l'or  le  mépris  de  l'buma- 
nité,  et  semble  mettre  une  joie  sombre  à  souiller  tout 
ce  qu'il  y  a  de  pur  au  monde.  Je  venais  de  gagner  une 
somme  considérable  au  jeu;  moitié  envie  de  contrarier 
Pembroke,  dont  les  chevaux  ont  toujours  battu  les 
miens,  moitié  désir  de  sauver  cet  être  cbarmant  d'un 
amour  qui  faitpeur  et  qui  fait  borreur,  comme  celui  de 
Tibère  à  Caprée,  j'intervins  dans  la  négociation,  je  mis 
une  folle  encbère  sur  l'enjeu  du  lord,  cinquante  mille 
francs,  je  crois,  et  je  l'emportai.  Ne  fis-je  pas  bien? 

SINCLAIR. 

Si  fait  ;  il  est  aussi  méritoire  de  délivrer  de  jeunes 
françaises  que  de  racbeler  de  petits  Cbinois.  Et  la  lin 
de  l'bistoire? 

fiEORGES. 

La  fin  de  l'bistoire  est  qu'Alice  a  seize  ans  aujour- 
d'iiui  et  que  j'en  suis  amoureux  fou. 

SINCLAIR. 

Diable,  c'est  dangereux  un  dernier  amour,  un  amour 
de  vieillard;  car,  nous  autres  qui  vivons  triple, à  trente 
ans  nous  sommes  centenaires,  ou  peu  s'en  faut. 

GEORGES. 

Oli  !   non  1   Tous  les  feux  de  l'adolescence  brûlent 


r)30  lllSTollïl'.  l)i:S  (tKlVUKS   l)F  TH.  (iAlTIKU, 

«laiis  iii;i  i>oiliiiio  !  j";iiiiir  cominc  un  Ixcrcii,  coiiinic 
1111  S(''inin;iiislc,  coininc  un  sol. 

STXCLAIR. 

Kl  la  pclilc.  raiiiii^-l-t'llo  ? 

GKOllGKS. 

.!(>  ne  sais.  J'ai  l'cspoch''  son  cnraiict' ;  j'ai  rh'  iioiir 
oWc  lin  |)èn\  un  ïvcw,  iiiic  iik'mv  [iliilùl. 

SINCLAIR. 

Uôlc  (■■|iiiicii\  (i  difticilt':  si  clic  allait  le  véiiéi'cr  ("1 
le  prendre  au  siM'ieux  comme  un  ancêlre? 

GEORGES. 

Une  i'l(^c  folle  m'avail  lravers('>  la  cervelle,  un  soir 
que  j'avais  lu  avant  de  m'endoi-mir  un  volume  de  Mo- 
lière. Comme  Arnolplie.  j'ai  voulu  avoir  mon  Ajj;nès, 
un  èli-e  (|ui  ne  tiiil  à  rien  au  monde  et  (|iii  linl  loul  de 
moi. 

SINCLAIR. 

Eh  !  Georges,  pour  un  roué,  c'est  un  étrange  capi-icc. 
Don  Juan  continuer  Ainolphe  ! 

GEORGES. 

Eh  !  mon  Dieu,  il  n'y  a  pas  si  grande  dilTérence  que 
l'on  croit  entre  Don  Juan  et  Arnolphe.  L'un  cherchait 
son  idéal  tout  fait  à  travers  les  hasards  de  la  vie;  moi, 
j'ai  voulu  faire  le  mien. 

SINCLAIR. 

Ton  Agnès  est-elle  bien  innocente,  bien  sotte,  et 
répond-elle  au  jeu  du  corbillon  ce  «  tarte  à  la  crnne  » 
([ui  fâchait  tant  le  marquis? 

GEORGKS. 

Dieu  merci,  je  ne  suis  pas  encore  un  Géronte  de  co- 
médie. Alice  est  élevée  d'une  manière  supérieure;  je 
lui  ai  donné  les  clefs  de  toutes  les  serrures  ;  j'ai  voulu 


1873-1886.  rrU 

faire  son  àme  grande  pour  que  plus  d'amour  y  pût 
tenir  ;  poésie,  musique,  peinture,  je  ne  lui  ai  rien  inter- 
dit; elle  lit  couramment  dans  Byron,  dans  Beethoven 
et  dans  Raphaël.  Je  lui  ai  permis  le  luxe  comme  un 
art  de  plus.  De  cette  enfant  arrachée  à  la  fange,  Dante 
pourrait  faire  sa  Béatrix  et  Pétrarque  sa  Laure.  Elle 
est  intelligente  et  belle,  pure  comme  Agnès,  spirituelle 
comme  (lélimène! 


SINCLAIE. 


Tu  m'alarmes. 


GEORGES. 

Et  moi  aussi,  quelquefois  j'ai  peur  de  mon  ouvrage. 
Les  Prométhées  et  les  Pygmalions  ont  de  terribles 
angoisses  !  l'argile  est  pétrie,  le  dernier  coup  de  ciseau 
donné.  Le  feu  du  ciel  animera-t-il  le  fantôme  immobile? 
Le  llambeau  de  l'amour,  échaulïera-t-il  le  marbre,  et  la 
statue  descendra-t-elle  du  piédestal  pour  tomber  dans 
mes  l)ras  ? 

SINCLAIR. 

On  ne  sait.  Le  marbre  animé  est  fantasque  quand  il 
représente  une  femme.  Mais  comment  se  fait-il 

Voici  maintenant  une  série  de  variantes  inédiles,  en  vers, 
de  l'acte  publié  : 

SCÈNE  1. 

FANNY,  entrant. 

George,  veux-tu  venir  au  bal  de  l'Opéra, 
Et  souper  avec  moi,  Cidalise  et  Laura? 

GEORGE. 

Je  ne  suis  pas  en  train. 


r»22  IIISTOIHE  DES  (.KlvnES  DE  TH.  (Î.MTIEH. 

FANNY. 

Avec  moi  loiilc  si'iilc  ?  '. 
GEOROE. 
Non. 

LAURA. 
Tu  deviens,  mon  cher,  lionihleinent  l)é^neiil(>; 
Moi  (|ui  nie  coni|»roniels. 

SIKCLAIH. 

Fi!  le  jeune  Galon  1 

GEORGE. 

Je  suis  I liste,  ennuyé. 

SINCIjAIR. 

Mets  un  nez  do  cailon, 

LAURA. 
Rentrer  lorsque  Ton  sort  et  s'asseoir  quand  on  danse, 
0  dégradation,  ô  honte,  ô  décadence  ! 

FANNY. 

'  Rester  à  la  maison  un  soir  de  carnaval, 
C'est  primitif,  bourge;)is,  bête  et  patriarcal  ; 
Mais  laissons-le  croupir  ici  dans  sa  sagesse  ; 
Il  se  couche  la  nuit  et  n'a  plus  de  maîtresse  ! 

LAURA. 

George,  tu  baisses. 

GEOKGE. 
Non,  je  remonte. 

FANNY. 

Je  crains. 
Que  quelque  Dalila  ne  t'ait  coupé  les  crins, 

1.  Variante  de  ce  vers  : 

GEORGE. 

Non. 

FANNY. 

Au  fait,  trois  c'est  trop  ;  avec  moi  toute  seule. 


1873-1886.  r.23 


Et  que,  piteusement,  tu  n'aimes  en  cachette, 
Une  madame  Evrard  ou  bien  une  Lisette. 


Pendant  que  tu  moisis  dans  cette  solitude 

Tout  Paris  se  demande  avec  inquiétude  : 

—  Oïl  donc  est-il  passé  cet  aimable  vaurien, 

Qui  jouait  si  gros  jeu,  qui  se  battait  si  bien, 

Et,  les  soirs  de  débuts,  dirigeant  la  cabale. 

Se  prélassait  si  lier  dans  la  loge  infernale  ; 

Cet  élégant  pilier  du  café  ïortoni, 

Ce  genlleman-rider  de  la  Croix-de-Berny, 

Qu'Edwards  etRobinson,  que  tant  d'audace  effraie. 

Proclamaient  sans  rival  à  sauter  une  haie  '  ; 

Ce  sultan  de  coulisse  et  ce  père  du  rat, 

Méduse  des  maris,  amour  de  l'Opéra, 

Qui  jetait  pour  mouchoir  des  cornets  de  dragées, 

Aux  vertus  du  ballet  en  espalier  rangées! 

De  profundis  sur  toi  !  ta  jeunesse  a  vécu  % 

George  est  mort  !  —  Deviens  chauve,  engraisse  et  sois  cocu  ! 

i 

SCÈNE  II. 

SINCLAIR. 

Gavarni, 

Dans  sa  collection  eût  pu  mettre  Fanny. 
Elle  t'a  touché  juste  à  la  place  sensible. 
Et  la  femme  qui  parle  est  un  enfant  terrible 

1.  Variante  de  ce  vers  : 

N'eussent  pas  distancé  pour  la  course  de  haie. 

2.  Variante  de  ces  vers  : 

fieorge  est  perdu  pour  nous.  —  Adieu.  Que  la  vertu 
Te  soit  légère  !  Vis  gros,  gras,  ijête  et  cocu  ! 


r.>4  IIISTOIUR  DES  OFAIVIIES  DE  TH.  CAUTIEU. 

Trainiml.  poiii'  déocli'i-  un  l'iiilif  n'iidoz-vous, 
1.0  cliaitt'iiii  (lo  raiiiaiil  sous  les  yeii\  de  I'<'|>mi\. 

(iKOllOK. 
Tu  mo  mus  ddiic  cliaiii;!'',  moi,  le  viveur  sc('|iti(|ii(', 
Kii  Saiiil-lMcux  (lo  conipluir,  l'ii   Wcillicr  de  houlicjuc? 

RINCLAIU. 

I']t  laissait  cniporter  aux  brises  de  Bolièino, 
Les  IViiiiicts  inédits  d'un  incrvtMJlcux  itoénic  ! 

(IKORGI';. 

Oui  ;  ce  fat  m'agaçait,  je  m'en  suis  délivré. 

SINCLAIU. 

O  George,  par  tes  mains  avant  l'âge  enterré  ', 
Sera  pleuré  longtemps,  et  surtout  de  plus  d'une. 

GEORGE. 

Paix  sur  ce  moi  défunt. 

SINCLAIR. 

Est-elle  blonde  ou  brune 
Ta  belle  puritaine? 

GEORGE. 
11  paraît  que  tu  tiens, 
A  cette  idée  absurde  où  toujours  tu  reviens  ! 

SINCLAIR. 

Dans  les  temps  fabuleux,  commeau  temps  où  nous  sommes, 
11  faut  une  Gircé  pour  transformer  les  hommes. 

GEORGE. 

Me  ranges-tu  parmi  les  animaux  grognons 
(jui  d'Ulysse  jadis  furent  les  compagnons? 

1.  Variante  : 

Ce  garçon-là  sera,  tiens-t'en  pour  assuré, 
Regretté  de  plus  d'un  et  surtout  de  plus  d'une. 

GEORGK. 

Ce  George-là  n'est  plus. 

SINCLAIR. 

Est-elle  blonde  on  brune.. . 


1873-1880.  5-25 

Merci  !  —  Pour  un  ami  galamment  tu  me  traites  ! 

SINCLAIR. 

Circé  ne  changeait  pas  tous  les  hommes  en  bètes  : 
Et  la  femme,  qui  fait  du  sage  un  libertin, 
Du  libertin  souvent  tire  un  froid  puritain. 


.  GEORGE. 

Et  les  gnomes  hideux,  grâce  aux  monstres  femelles 
Trouvent,  au  rendez-vous,  les  sylphides  sans  ailes  ! 

SINCLAIR. 

Cela  s'est  vu  parfois. 

GEORGE. 

Donc  un  diable  vendait 
Un  ange  !  —  Celait  cher,  et  Maddock  marchandait. 
Une  enfant  de  treize  ans,  l'âge  que  Juliette 
Avait  quand  Roméo  la  vit  dans  une  fête  ! 
Mais  nous  ne  sommes  pas  à  Vérone.  Comment 
Etait  sorti  d'un  monstre  un  être  si  charmant, 
Ce  bleu  myosotis  de  cette  mandragore. 
De  ce  fumier  vivant,  cette  perle,  on  l'ignore. 
La  nature  parfois  de  la  difformité, 
Comme  par  repentir  fait  naître  la  beauté. 
Ce  qu'on  pouvait  penser  de  mieux,  c'est  que  la  vieille 
Avait  dans  son  berceau  volé  cette  merveille  ! 
En  voyant  tant  d'attraits  menacés  par  ce  lord, 
Par  ce  libertin  sombre,  heureux  de  souiller  l'or. 
De  cracher  sur  le  beau,  de  baver  sur  la  rose  ', 
Cette  idée  en  mon  cœur  remua  quelque  chose; 
Je  vis  une  Angélique  enchaînée  au  rocher, 
L'Orque  allait  l'engloutir,  et,  pour  la  détacher, 

I.  Variante  : 

Limace  de  sa  bave  argentant  toute  rose, 


.•>■.>()  mSTOlUK  DES  oKlVnKS  DE  TH.  (.AlTIEll. 

Je  iDiulis,  ayani  lail  la  \n\U'  un  laùn  t'iiorine, 
Dans  nue  armure  d'or  sur  la  lièlc  diffornu;  ! 

SINCLAIR. 

Tu  lis  I)i(Mi  cl  cft  or  est  mieux  placé  eent  l'ois 
Ou'à  (les  souscriptions  pour  les  petits  llliinois. 
Hacheter  une  blanche  est  œuvre  inériloiro 
(Juoique  moins  à  la  niode;  ....  et  la  lin  de  l'Iiisloire? 

GEORGE. 

C'est  (pi'Alice  a  seize  ans,  et  j'iMi  suis  amoureux. 

SINCLAIIÎ. 

Un  amour  de  vieillard  !  Diable,  c'est  dangereux, 
Car  à  trente  ans,  selon  le  calcul  ordinaire, 
(Juand  on  a  vécu  triple,  on  est  nonagénaire. 

GEORGE. 

Oli  !  mon  amour  n'est  pas  un  amour  de  vieillard, 
Si,  comme  la  vengeance,  il  est  arrivé  tard  1 
Ce  dernier  amour  c'est  ma  première  jeunesse  ! 
J'ai  l'étourdissement  d'une  première  ivresse. 
Je  vivrais  d'un  sourire  et  je  mourrais  d'un  mot  1 
J'aime  en  séminariste,  en  lycéen,  en  sot. 


Son  éducation  a  reçu  tous  mes  soins 

Et  si  c'est  dans  un  but  égoïste,  du  moins. 


Riche,  je  lui  permets  le  luxe  connne  un  art, 

SINCLAIR. 

A  ce  monstre  charmant  fait  de  perfections 

Je  voudrais  un  défaut,  comme  une  ombre  aux  rayons  ! 

Une  femme  accomplie  est  la  pire  chimère. 

Tu  t'es  préparé  là  plus  d'une  peine  amère. 

GEORGE. 


1873-188G. 


Oil 


Enlin  Pygmalion  a  fait  sa  Galathée, 

Et  Pandore,  muette,  est  devant  PronuHliée. 

L'un  a  prié  Vénus,  l'autre  a  volé  le  feu, 

Et  tous  deux  sont  tremblants  !  Le  sculpteur  et  le  dieu 

Attendent  que  la  vie  avec  sa  flamme  agile 

Enlin  ait  traversé  leur  marbre  et  leur  argile  '  ! 

Hélas  1  \errai-je  un  jour,  ou  ne  verrai-je  pas, 

Mon  marbre  s'animer, et  tomber  dans  mes  bras? 

SmCLAIR. 

Qui  sait!  Quand  on  l'atteint,  Dapbné  se  change  en  arbre, 
Et  la  nymphe  pour  toi  peut  redevenir  marbre; 
Mais  comment  se  fait-il  que  personne  n'ait  su 
Cette  histoire,  et  ce  plan  si  longuement  conçu? 

GEORGE. 

Dans  la  maison  voisine  une  porte  secrète 
M'ouvre,  quand  je  le  veux,  l'accès  de  sa  retraite; 
Entre  les  deux  logis  par  des  ouvriers  sûrs 
Nuitamment  et  sans  bruit  j'ai  fait  percer  les  murs. 
Dans  ce  nid  arrangé  pour  que  l'amour  s'y  plaise, 
Elle  demeure  avec  sa  gouvernante  anglaise; 
Ses  gens  la  croient  venue  enfant  de  Calcutta 
Et  Hlle  d'un  Nabab  dont  tout  l'or  lui  resta, 
Car  personne  ne  sait  sa  véritable  histoire. 
Rêve  presque  efl'acé  du  fond  de  sa  mémoire  '^. 
Chaque  soir  je  la  vois  dans  ce  petit  salon 
Une  heure,  après  un  jour  qui  m'a  paru  bien  long, 
Et  si,  l'heure  écoulée,  à  rentrer  elle  hésite, 
Et  debout,  sur  le  seuil  prolonge  sa  visite, 
Ou  retourne  la  tète  avec  un  regard  doux. 
J'ai  des  ravissements  et  je  tombe  à  genoux  ! 


1.  Variante  : 

Enfin  ait  traversé  leur  fantôme  d'argile. 

iJ.  Variante  ! 

Page  presque  effacée  au  fond  de  sa  mémoire. 


rns  IIISTdlHI-:  DES  Oi:i  VllKS  DK  TH.  «iAlTlKK. 

Voici    mit'    ■'iiilro   vorsinii    cncoi'c  d'im    p.issjiLic   di'   cctlc 
lir.idi'  : 

l'illc  vit  seule  avor  su  1,'Oiiveriiaiile  aui^Iaise. 

El  |)assi'  aii\  N(>u\  do  Ions  pour  lille  do  parents' 

Moifs  aulrolois  dans  l'Inde,  à  (-alonlla;  je  prends 

l'onr  toute  liherté  eolle  d'une  visite 

Dans  ce  parloir  commun  (pi'à  franoliir  clic  hésite; 

(Vost  là  (pfà  mon  sii^nal  elle  vient  clKupu'  soir, 

!']t  que  dans  un  instant  je  vais  onlin  la  \oir  ! 


Voioi  onlin  le  jx-ndant,  oomplèlomeni,  inédit,  du  dc'liul 
do  la  soèno  oniro  (ioorf^'e  et  I  avinia  (|ui  cninmcneo  la  partie 
écrite  du  second  ado  de  rAiimur  sniifflr  m)  il  rrut;  dans  l(( 
I'itIc  (lu  Kiiilln,  l'on  s'en  souvient,  riioroïno  s'appelle  Alice  : 

ALICE. 

George,  vous  venez  tard  aujourd'hui  ! 

GEORGE. 

Doux  reproche! 
Vous  l'avez  remarqué  ? 

ALICE. 

Sans  doute;  riioure  appi'oche 
Où  miss  Lucy,  l)àillant  comme  une  huître  au  soleil. 
Sonne  le  couvre-feu  parce  qu'elle  a  sommeil, 
Et  je  ne  voulais  pas,  à  dormir  condamnée, 
Achever  sans  vous  voir  celte  lonp:ne  journée, 
Car  au  monde  il  n'est  rien  qui  soit  [)lus  ennuyeux  - 
Plus  monotone  à  l'àme  et  plus  maussade  aux  yeux, 

1.  Vniianti"  : 

On  la  croit  orpheline  et  fille  de  parents 

2.  Autre  variante  de  ces  vers  : 

George,  vous  qui  toujours  fûtes  si  bon  pour  moi, 
Je  vous  fais  à  genoux  une  demande... 

GEOUGE. 

Quoi? 


187:J-18S6.  iu'J 

nu'iin  k'iiU  cuii|)('i'osé  de  youvcrnanle  anglaise, 
Faisant  flu  petit  point  sur  une  grande  chaise, 
Et  tout  paraît  clianiiant  après  un  tel  régal. 

GEORGE. 

Même  moi? 

ALICE. 
Même  vous. 

GEORGE. 

Mince  est  le  madrigal. 

ALICE, 

Au  moins  si  (|uelqnefois  elle  changeait  de  pose, 
Et  mettait  un  ruban  vert  pomme  an  lieu  de  rose  ! 


2386.  (Huitain).  Écrit  en  août  I84S.  Même  reiiseigiic- 
nient.  A  j^artir  de  ce  morceau,  qui  est  accompagné  d'ouf 
copie  de  lettre,  tous  les  suivants  fout  partie  de  VApj^oulicc 
du  tome  deux  des  Poésies  Coinplrlcs. 

2387.  Quatrain  à  Claudius  Popelin,  maître  éraailleur, 
improvisé  et  placé  en  tète  d'un  exemplaire  des  Émaux  et 
Camées.  I);ilé  d'août  1803.  Même  renseigueuienl. 

2388.  Quatrain.  Datéd'oclobi'e  1872.. Même  renseiguemeni. 
Ces  vers,  qui  devaient  être  les  premiers  d'un  sonnet  (]ue 
Théophile  Gautier  avait  commence  pour  nous,  sont  les  der- 
niers qu'il  ait  écrits. 

A  propos  de  ces  quatre  vers  de  Théophile  Gautier,  voici 
de  lui  plusieurs  ([uatrains  complètement  inédits.    I.o   pie- 

ALICi:. 

Coinmamlez  à  Lucy,  pour  varier  la  chose, 
Qu'une  fois  par  semaine  elte  change  de  pose! 

GEORGE. 

Moqueuse!  miss  Lucy  vous  aime  fort. 

ALICE. 

Eh  hieti 
II.  31 


:>M        iii>i'itii{K  i)i:s  OKI  VHKs  i»i;  m.  «.ai  iiku. 

mici-  csl  l'ii   vers  (II-  oii/c  |>ii'ils  ;    rv  mode   de    vcrsilical  mii 
l'sl,  tiii  le  sait.  In's  lu'ii  t'iiii)lo\  T'  à  cansi'  de  sa  dilliciillr  : 

La  liinosc  Irvc  cl  la  nuit  est  !î(Mvin(>; 
Allons  voya^icr  snr  la  nici'  an\  llols  Itlcus, 
Tn-s  (les  rotcanx  vcils.  ù  ma  cliairnanlc  llolrnc, 
|-'.l  iaissf-nitti  \oii'  tmi  IkhiI  cl  Ir^  1mmii\  \<mi\  1 

l,p  socoiid  a  cil'-  adii'ssr  m'is  |s:i(t  à  M.  .Iiilii'ii  Tiiii.mii. 
l'ii  l'i'incrfiriiiriil  d'un  envoi  de  |iiunrs  de  la  Mèic  MiiM'aii. 
M.  rii:i;aii  ilail  alors  rliidianl  in  nn'drrim-  clcxliTm'  an  n 
Inriiiablcs  : 

Tos  prunes,  IVuils  (raini»liilli(''àln', 
StMulilcnl  les  fœtus  îles  liocaux, 
l'cndus  dans  l'alcool  vcrdillre, 
Par  leurs  cordons  ombilicaux. 

Tous  les  suivants  ont  été  écrits  sur  bouts-riiiirs  : 

1 

(JuuntI  J'entre  au  cabaiet  je  demande  du  pain. 
Un  morceau  de  fromage  avec  une  bouteille  ; 
Les  pieds  sur  les  clienèts,  laissant  passer  le  ^raiu. 
Je  me  donne  à  la  troprne  une  teinte  vermeille. 

II 

Au  priuleui|)s,  ipiand  on  voit  voler  le  liunnelou, 
Le  curé  l'ait  le  tour  de  son  petit  canton; 
Il  chevauche,  vêtu  de  sa  noire  soutane. 
Plus  lier  sur  son  bidet  que  sur  une  alezane. 

III 

Ne  me  regarde  [dus,  ô  ma  belle  Mimi, 

Avec  cet  air  maussade  et  cet  œil  ennemi, 

Ou  je  vais  sur  le  nez  te  casser  la  carafe, 

Et  sur  ta  joue  écrire  à  cinq  doigts  mon  paraphe  ! 


I87:j-IN8().  Ô31 

IV 

Sous  le  ciel  azuré  de  l'antique  Toscane, 
Sur  un  degré  de  marbre,  à  l'ombre  d'un  platane, 
Un  faquin,  demi-nu,  fredonne  sa  chanson, 
Et  montre  le  bonheur  en  simple  caleçon. 


Souvent,  quand  il  a  plu,  sort  le  colimaçon. 
Sur  les  feuilles  de  vigne  il  traîne  sa  famine  ; 
Mais  le  moineau  gourmand  le  découpe  en  tronçon, 
Et  sa  coque  se  brise  aux  mains  d'une  gamine. 

2389.  Ave  Maria.  Mt'^nic  icnsoignement.  Ces  vois,  dont 
l'autographe,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit  (Voir  n''  2379), 
nous  fol  euvovr  par  l'auteur  coMinit'  marque  de  bon  sou- 
venir, ont  (•lé  ('Ci'its  en  1830  j)Our  rlie  placés  sous  lu  mu- 
sique de  l'Avr  Marin  de  Schubeil.  Il  fut  chanté  ainsi,  à  celle 
époque,  par  Nourrit  et  par  Warlel.  Tel  est,  du  moins,  le 
rcmseiiinemenl  ipie  (ioniie  ù  ce  siijcl  la  hma'  de  Frainc 
d'aoùi  ISTr». 

2390.  Les  Fouilles  du  Mont  Palatin.  Le  lù'yarn,  sii|)pl<- 
ment  littéraire  du  numéro  du  28  tuai  187(5.  La  publicaliun 
lie  cet  article  est  accompagnée  de  cette  noie  : 

Nous  publions  aujourd'hui  une  rai'eté  qui  s'adresse 
aux  gourmets  tie  la  littérature.  C'est  un  article  de 
Thêopiiile  Gautier,  qui  ne  ligure  pas  dans  ses  œuvres 
et  que  peu  de  lecteurs  ont  eu  la  bonne  fortune  de  con- 
naîti'e. 

Cette  page,  où  le  style  du  maître  s'épanouit  dans 
toute  .sa  splendeur,  restera  parmi  les  plus  reraarquableâ 
de  notre  Écrin  littéraire . 

La  rédaction  même  de  celte  note  prouve  que  cet  article 
(II'    Tli(''0|)liilr    (iaiiticr   n'i'lait    pas   inédit;    nous  ignorons 


r.;j3        iiisiMiiii;  ni:s  okiniiks  dk  tii.  cm  tikk. 

alisoliiiiiciil  (11111  il  pt'iil  r-lic  lire;  c'csl,  vu  lotil  ras,  un 
ailiolc  livs  niiiari|iialil(',  l'cril  apivs  son  rcloni'  (ri'".;.'y|)li' 
en  di'ccniliii'  ISi')'.l.  cLavanl  le  i  sciilcniln  i'  ÎSTd.  Il  a  ii'|tai  u 
t"n  18S;t  dans  le  nhIiiiih'  de  Tluniiliili'  (iaiilici  :  Snincuiis 
de  tfuiltit\  it'arl  it  tir  niliiiiii-. 


'IVM.  Lettre  à  Perrot.  'l'/iriUrc,  par  Tlii'n|iliilr  Ciinilii'i , 
(k'uxii'ine  l'ililinii.  I.S77.  (Voir  n"  23o7). 

t-ellc  li'llit'  i>arul  inrililo  dans  ce  voiunit',  (pic  mais  liuii- 
vons  insciil  sous  le  n"  l-lTl  de  la  hililiiKjnipliic  de  lu  Franci' 
du  -Jl  avril  1877. 

23'Jl'''-'.  Sacountala,  ballet.  Versinn  pivniicrc  ;  daiir  (],• 
janvier  18;»8.  Alrnie  renseifincment.  (Voir  n"  lo97.) 

Voici  uno  vniianlo  inrdilc  du  (N'nononicnl  df  n'Ilc 
version  : 

Le  méclianl  ermilc,  vaincu  par  la  pi'ière  de  Canoua, 
s'iMoigne.  Aiisj^ilôt  la  mémoire  revient  au  roi.  11  écrit 
au  bas  du  dessin  achevé  :  Sacountala!  Puis,  en  se  re- 
toMinanl,  il  aperroil  Sacountala  elle-même.  Pénétré  de 
it'mords,  enllammé  d'amour,  il  se  jette  à  ses  pieds,  la 
priant  de  lui  pardonner  les  mauvais  traitements  qu'il 
lui  a  fait  subir.  Sacountala  se  laisse  tomber  dans  ses 
bras,  et  il  lui  ivmcl  au  doigt  l'anneau  royal  qu'elle  ne 
perdra  (plus)  cette  fois.  Il  s'humilie  aussi  devani  lei - 
mite  et  remercie  la  fée. 

Puis  il  apjielle  ses  courtisans,  ses  ofliciers,  ses 
femmes,  tout  son  monde,  qui  descendent  les  escaliers 
des  terrasses  à  llols  piéripités  et  forment  un  immense 
linal  de  danse. 

Le  ciel  s'est  ouvert  ;  on  ap(;rcuil  (oui  en  haut  Casyapa 
près  de  sa  femme  Adyti.  Plus  bas  Misraken  et  Menaça, 
(uère  de  Sacountala,  des  légions  de  gandharvas  (gé- 
nies) et  d'Apsaras  (danseuses  célestes),  qui  viennent  se 


187:i-i8S().  rm 

mêler  aux  moiiels  pour  célébrer  les  iiores  de  Sacoun- 
lala  e(  de  Douchmanta.  de  qui  doit  naître  le  héros 
dominateur  de  l'Inde. 


2392.  <(  Je  suis  le  mot  de  la  charade  »,  vors  inrdits. 
Thrnpkili'  (jdulii-r;  entretiens,  souvenirs  et  eorresjxmddnee, 
par  iimWe  Rergerat.  Avec  imo  préface  par  Edmond  do  (ion- 
rourt  et  une  eau-forto 'de  Rracqiioniond.  In-12  de  xxviii- 
332  pages.  (En  ivalilé,  XX\"n-328  pa^es,  y  compris  le  titre.) 
Imprimerie  de  QiuiHtin,  à  Paris.  —  A  Paris,  chez  Chnrpen- 
lier,  13,  rue  de  Grenelle-Saint-Germain,  1879.  Prix:  3  iV.  liO. 

Cet  ouvrage  est  inscrit  sous  le  n»  7114  de  la  Bihlinijrapkie 
lie  In  Fennec  du  iJ  juillet  1879. 

2393.  Sonnet  acrostiche  et  écrit  sur  bouts-rimés  :  «  En  ces 
yeux  fiers  et  noirs  que  la  grâce  tempère  ».  Même  indication . 

2394.  L'Étudiant;  sonnet  écril  sur  houts-rimés.  Même  indi- 
cation. 

239;>.  L'Anachorète  ;  sonnet  écrit  sur  bouts-rimés.  Même 
indication. 

239*1.  Vers  pour  une  chanson  espagnole  :  «  Ne  sonnez 
pas  la  cloche  ».  Même  indicalion. 

2397.  Vers  pour  un  lied  de  Schumann  :  «  De  nos  larmes, 
brillante  ».  Même  imlicalinn. 

2398.  Strophes  :  «  Vous  recevrez  pour  votre  fête  ». 
Môme  indication.  Datées  de  novembre  1863. 

2399.  Autres  strophes  :  «  Je  vous  envoie  une  lorgnette  »  ; 
datées  du  30  décembre  1864.  Même  indication. 

2400.  Sonnet  :  «  Sur  un  coin  d'infini  traînant  son  voile 
d'ombre  ».  Même   indicalion.  Le  titre  de  ce  sonnet,  relevé 

sur  une  copie  autographe,  est  :  Sur  une  boucle  d'oreille  en 
trirqunise.  Voici  une  vai'iante  du  premier  vers  : 

Sur  lin  coin  d'inlini  traînant  son  cône  d'ond)re. 

2401.  Sonnet  :  «  Sur  son  toit   de  lave   où  pendent  des 


.'..Il        iDSTiiiui:  i>i:s  OKI  \im:s  dk  tu   i;\iTii:ii. 

grappes».  .Mi"'mi'  intlicalion.  I  ne  vcisinn  ,tiilii:,'i,i|ilir  |Mirlc 
la  (lalr  ilr  ilirciiiKn'  is;i',*. 

21(12.  Sonnet  dédié  à  M.  de  Nully  :  "  L'ombre  de  Dieu 
planait  sur  la  foule  en  extase  ».  Mrinr  iihIh  aiion.  I.aiiln- 
L'^iaplii'  est  au jiiuid'Iiiii  nilii'  nos  niaiiis. 

2io:!.  Le  Preneur  de  rats  de  Hameln.  Italld  eu  ili-ux 
ailes.  1872.  Mt'^iiii'  imlieaticiu. 

Co  ballot,  dont  .M.  Massoiicl  devait  roiupctseï  la  niiisii|ue. 
t'sf  la  doiiii^K'  MMivie  do  'riiéopliilo  (iauliei'.  Il  ue  pul  luèiiie 
l'éciire  (.'Il  oiilior  el  diila  la  |iliis  l'iaude  pailie  du  sci'iiai'in. 

■2Wt.  La  Statue  amoureuse.  Uallet  iianloniinie  eu  deux 
ados  ol  (|ualre  lahleaux.  l'ciil  vers  iSli!!.  Même  iiidicaliou. 
(".e  lialiel.  (Idiil  \\n\\<  |)OSS(''doils  raiil(i;iia]ilie.  el  (pie  uou^ 
avons  eu  le  plaisii'  de  (•(luiuuiuitiuer  ;i  M.  IJer^nal  |>(hii-  le 
pidilior  dans  smi  livi  e,  dut  d'abord  porter  le  lilre  do  Vvitus. 

Sans  paiiei  iei  d'I'nr  tiiiit  de  (Uropiltre,  ballot  perdu 
depuis  fort  longtemps,  el  donl.  M.  Xavioi-  Koisseiol  du!  aii- 
Iri'l'ois  ooni]>oser  la  iunsi(|uo,  disons  qu'il  (îxislo  oncore, 
|iaraU-il,  une  autie  (euvie  cliorf'jurapbiquo  inédite  du 
maître,  inspirée  à  Tbé'opliile  Gautier  par  le  tableau  de  For- 
tuiiv  :  un  Marhirje  dmis  la  vicar/n  dr  Madrid.  M.  Bergerat 
en  raconte  le  sujet  el  assure  (|ue  raulogra|)lie  du  ldin:ttn 
se  trouve  (Mitre  Ie>  mains  du  comle  de  Morpliy,  aujour- 
(riiui  secrt'laii-e  de  la  niiie  r('';.:ciile  d'Espagne.  Ajoutons, 
poiM'  nolii'  |iarl.  que  les  plus  pressantes  (b'-marches  faites 
pai'  nous  pour  en  obtenir  eommmiication  sonl  restées  sans 
réponse,  nialgr(''  le  coneoiu's  et  rinlervenlion  des  personnes 
les  |)lus  autoiisée<. 

240.».  Trente-neuf  lettres,  adressées  à  diverses  personnes. 
.Même  indication,  l'ne  des  plus  intéressantes  a  trait  au 
S(''jour  que  l'auteur  fil  à  INoiiant:  George  Sand  l'aimait 
beaucoup,  et  nous  devons  à  l'obligeance  de  M.  Ridiattel, 
l'aimable  biblioj)liile  lyonnais,  la  communication  d'une  dédi- 
cace fort  cui'ieuse  écrite  par  l'auteur  (YIndtana,  en  tète  d'un 
exemplaire  du  Tombeau  de  ThèophUc  Ganlicr  [iSl'X)  ;  la  voici  : 

Ro'rai'de-noiis  de  l'aulfo  vie  où  lu  nous  as  devancés, 


iS7;!-i8«<i.  5aô 

cher  et  grand  Tliéo.  Tu  fus  assez  vkhe  pour  nous  laisser 
les  trésors  de  ton  esprit  et  pour  emporter  avec  toi  cette 
gi-ande  puissance  qui  fait  revivre  énergiquement  ail- 
leurs. 

George  Sand. 


2406.  Huit  lettres.  Tliruplu'le  G<iuticr;  cntirticns,  soiircm'rs; 
et  r<irr<'Aiioiuliiiir(\  |i;ii-  l-jiiili'  RiTgerat.  Tioisii'iiu'  (Hlitinn. 
(Voir  no  2;}92). 

Nous  Iroiivoiis  ]"('Hlilion  cir  |'oiivia;^e  de  .M.  |{i'r,:L'ri;(l  aiig- 
iiicntée  de  ces  huit  lettres,  iiisciile  sous  le  n^  .■)02<i  ilc  la 
BihliiMjrapliic  dr  hi  France  du  12  juin  1880. 

2i07.  (Sur  le  registre  de  la  garenne  et  du  château  de 
Clisson,  prés  de  Nantes).  Lu  BicUkjju:  'iiiisUqiic,  jiittorc^qvc 
ri  liltrriiirc,  noveinl)re  1880. 

L(i  Bretagne  publie  oelte  curieuse  page  en  fac-siniili'-,  avec 
dessin  à  la  plume  de  Thr-ophile  fiautier;  en  voici  le  texte  ; 
il  est  précédé  d'une  croix  à  la  plume  : 

Ceci  est  la  signature  de  monsieur  Tliéopliile  Gautier, 
publiciste  distingué,  et  le  dit  homme  de  lettres  ne  sa- 
chant pas  écrire  a  fait  sa  croix  en  présenci^  des  nolaii'es 
soussignés: 

Tartempion,  notaire  royal. 
La  Replonge. 

GoDiVEAU,  notaire  vérificateur. 
Théophile  Gautier,  dit  le  Cheveu,  descen- 
dant dii"ect  de  Charles-le-Chauve. 

18  septembre  1S38. 

Cette  page  a  reparu  en  1881  à  Nantes,  dans  une  brochure 
in-S"  intitulée  :  r//.ssoH  jtie/é  par  srs  visiteurs. 


2408.  Lettre  à  Préault.  Hente  des  documents  historiques, 


.-..jii       iiiSTouU':  DES  ()i;i  \iiKs  i)i:  ni.  (i.\i  tiku. 

mars  ISSI.  Voii'i  lo  tcxli'  de  ccUl' Icllit'.  doiil  l",nitoi;i';iiilic 
est  surruniiir-  iliiii  pclil  ilrssiu  ;i  l.i  iiliinic  r(|U(Si'i\l.iiil 
riuMi'l  (le  ville  de  ("lialoii-siii-Sai'un'.  Il  |i(iili'  (  iiiiiiiic  limlni' 
i|i' 1,1  iiii-ti' :  .\\i;:iH)ii,  7   jiiillcl  (ISKi")  : 

lloti'l  iK'  ville  (lu  (llialon,  iloiiv  liciiio^  cl  domic 
du  matin. 

Cher  l*r(';iiilK 

.le  l'onMiic  ce  dessin  .uilluMiliqiio  du  moninnonl  soltro 
mais  (le  Ikiii  liofil  (jur  lu  d<iis  nrnoi' do  la  sciilpinro.  il 
(Ml  a  Itcsoiii.  Tu  peux  le  lier  àcrlh'  rirvalion.  Un  aiTln- 
\oc\o  Nrritaldf  no  saniail.  m'  iii"t'ii  llallo.  la  l'aire  jdiis 
e\acle  el   jiliis  laide. 

.le  le  sen-e  les  mains, 

Tiiéophile  Gautiru. 


■2W9.  Quaivain.  L-  Fir/((rn,  28  juin  1882. il  s'afiil  du  (|iia- 
liaiii  suivant,  allrilim''.  dil  le  joniiial,  à  (iantier  d'aliord, 
[•nis  cnsuilo  à  Mi'r\  .  Il  est  rclatil'  a  la  i  liicnne  liavaiiaisc 
favorlle  do  rimpéi'alrioo,  dont  .ladin  iil  le  iinrliail  d  (|ni 
l'nl  exposée  an  .S,di)n  de  t8t;2,  avec  ces  vers  ni(dlés  en  or 
dans  nn  coin  dn  (alileaii  : 

Foin  «lu  lion,  de  l'éléphant  ! 

Vive  Sinda,  que  Ton  envie 

De  passer  noldomont  sa  vie 

Aux  pieds  d'un  an^'(>  el  d'un  enfani  ! 

Nous  j)onsons  ipie  ces  vers  soni  |ilnlnl  de  Mc'tv  ipu'  de 
Tiaidier. 

2410.  Lettre  à  ses  parents.  L' Évrimmcnt,  2i  novembre  1882. 
Voiri  relto  lellro,  reproduite  aussi  dans  ht  Vie  arti'^tiqur  de 
novem])re-déi'emhre  1882  et  dans  le  Lirrr  de  janvier  188.'{. 
Nous  eori'iii'eons  ici  (piel(|iies  laules  de  la  veision  irn|)rimée: 


I87;j-I88<i.  537 

l'aulograpbo,  aiijourd'laii  en  noLro  possession,  ne  les  eon- 
I  l'eut  pas  : 

Alger,  d:>  août  184o. 
Cliors  parents  de  (ont  sexe  et  tle  tout  âge, 

Je  vous  écris  peu  de  mots,  mais  ils  sont  bons.  Je  pars 
pour  (la)  France  le  29  août,  de  Stora,  après  avoir  visité 
Constantine  et  à  peu  près  tout  ce  qu'il  est  possible  de 
voir  dans  ce  pays  sans  se  faire  couper  le  col. 

J'ai  de  quoi  faire  un  bon  volume,  qui  ne  sera  pas 
inférieur,  je  l'espère,  au  Voijage  en  Espagne.  Par  un 
basard  singulier,  j'ai  rencontré  ici  des  peintres  de  con- 
naissance, de  sorte  que  les  illustrations  du  bouquin 
sont  toutes  faites. 

Maman  sera  rétaldie  complètement  quand  je  revien- 
drai ;  c'est  le  bouquet  que  j'attends  d'elle  pour  l'anni- 
versaire de  ma  naissance,  que  je  passerai  sur  la  mer, 
entre  deux  bleus. 

0  Lili  !  comme  si  ce  n'était  pas  assez  d'avoir  un  mu- 
lâtre pour  père,  tu  vas  avoir  un  Kabyle  pour  frère  ;  je 
n'ai  plus  d'autre  blanc  que  le  blanc  des  yeux. 

0  Zoé!  sois  encore  ébourilîée;  j'ai  vu  au  bazar  des 
gens  qui  faisaient  de  la  passementerie,  des  tresses,  du 
cordonnet,  avec  leurs  pieds  ! 

Sauf  que  je  sue  comme  Eugène  Sue  lui-même  n'a 
jamais  sué,  je  me  porte  assez  gaillardement,  à  pied  et 
à  clieval.  L'Algérie  est  un  pays  superbe,  où  il  n'y  a  que 
les  Français  de  trop. 

Un  de  mes  admirateurs,  mai'écbal  des  logis  de  spa- 
bis,  m'a  donné  à  Oran  une  très  l)elle  peau  de  pantbèi-e. 
Ainsi,  voilà  la  peau  arrivée.  J'avais  ce  désir;  il  sera 
réalisé  de  la  manière  la  plus  inattendue  et  la  plus 


538  IIISTOIHK  DFS  (iKlVIiF.S  KK  TH.  ilMIlKM. 

iiivraisiMnblalilt'  .  dduli'/.  api'rs  ci'la  ilc  la  lorcc  i\r^ 
liidicclioiis  (Ir  \(tl()lll(''!  I.a  Croix  ilc  llvriuj  csl  liiiic, 
Dit'ii  soil  Idiirl  (u'-i'ard  m'a  dil  (|iii'  iiirs  iiioiroanx 
a\ai(Mil  t'U'  rcmaiNjurs  ;  lanl  iniciix,  cai"  Ir  roman  son- 
limontal  n'csl  uiiiMf  dans  mon  uiMirc  :  mais,  (jnand  on 
a  nn  rlal.  il  lanl  loul  l'aif'. 

Je  srrai  à  Paris  le  7  on  le  iS  scjilcnddc  ;  rt-joiiisscz- 
xonsà  l'cilc  ponsro  drliralc  ot  lriomidianl(\  .ranrai  (lo) 
plaisir  de  liim'i-  avec  vons.  si  vous  n'avnz  pas  do  lY'pn- 
liiiancc  à  \oiis  iniilrr  à  table  à  côté  dini  homme  d»^ 
conicnr. 

.1.'  NOUS  lèche  lo  museau  à  lous. 

Théoidiile  Gautier. 

2411.  Sonnet.  Elrrtmrs  <iiix  i>»(wrs  [pour  18«:i).  Iii-;i2,  \2H 
paiios  l't  i^iavuic  à  l'cau-roiic.  Paris,  ui\\n\n\cv'n' Mallcroz; 
liluairii'  ClKininn/  frères.  Prix  :  20  IVancs. 

Ce  voliiiuc,  i»aiu  en  déceinbro  1882,  est  iiisoril,  sous  le 
n"  \\'^'^   de  la  Bililiiuiniphic  de  la  France  du  :{  IV'viici'  iHHW. 

Voiii  oc  soniiof,(pii  a  passé  aussi  dans  le  suppirineiil  li!- 
raire  du  Goiilnis  du  :to  di'cembre  1882  (;!  dans  le  Di.v-mit- 
rii'iiir  sircir  du  2  jaiiviri'  1883: 

A  MADAME   *** 

SONNET 

Trop  modeste  est  ton  v(eu.  Que  n'as-lu  souhaité, 
tlonnne  un  enfant  mulin  qui  veut  avoir  la  lune, 
Ouelque  chimère  folle,  absurde,  inopportune, 
Réalisation  d'impossibilité. 

Que  ne  désirais-Ui  le  croissant  argenté 
(Jui  luil  au  front  d'Hécate  à  travers  la  nuit  brune, 
On  la  boule  où  se  tient  sur  nn  pied  la  fortune, 
Ou  la  perle  qui  dort  sous  le  flot  agité  ! 


1X7:5-1  s  8().  r.:iO 

J'eusse  enfourché  pour  toi  l'hippogriffe  d'Astolphe, 
Plis  la  déesse  au  vol  par  ses  longs  cheveux  d'or 
Et  fouillé  jusqu'au  fond  l'azur  amer  du  golfe. 

Mais  tu  rêves  un  sou  de  ton  propre  trésor, 

De  la  Californie  une  seule  paillette, 

Et  tu  veux  un  sonnet  plutôt  que  ton  poète  '  ! 

Ce  30  janvier  1852. 
Voici  une  version  différente  des  deux  tercets  : 

Pour  toi  j'aurais  monté  riiippogritfe  d'Astolphe, 
Pris  la  déesse  au  vol  par  ses  longs  cheveux  d'or, 
Et  sondé  sans  ptilir  l'azur  amer  du  golfe. 

Donne-t-on  une  ohole  à  qui  tient  le  trésor? 

Tu  possèdes  la  mine  et  veux  une  paillette  I 

Un  sonnet,  [à  quoi  bon,]  quand  on  a  le  poète-  1 


2412.  Compliment  de  nouvel  an  ;  sixain.  VÉvthx'itu'nl, 
2  janvier  188:3. 

Ces  vers,  dont  i'auLhenlicité  nous  semble  sujette  à  cau- 
tion, sont  cités  par  M.  Georges  Duval.  Il  les  publie  accompa- 
gnés de  ce  commentaire  : 

Il  est  un  autre  compliment  (de  nouvel  an)  que  j'ai  vu 
improviser  par  Tliéopliile  Gautier  chez  Dardenne  de  la 
Grangeiie. 

Les  invités  s'étaient  donné  comme  difficulté  à  ré- 
soudre de  composer  le  compliment  le  plus  banal  qu'il 
serait,  possible. 

1.  Ce  vers  a  (Héiuexacteinanlimpi'iiiiJaiusi  dans  \ii^  Etrennes  aux  dames  : 

Et  tu  veux  un  sonnet  plutôt  que  le  poète  ! 

2.  Les  mots  entre  crochet';,  ajoutés  ici.  inaiifjmMit  sur  rauloaraplie  (li> 
cotte  version. 


*»'io        iiisToiiîi:  DKS  <h:i  viiKs  i)i:  m.  (,.m  tikil 

Voici   (|iii'II.'   lui    i;i   porsii'  de    Ciaiilii'i.   I('(|iif|   j'iil,  j 
riiiiaiiiiiiili',  ludclaiiir  \ ,iiiii|iii'iir  : 

lu  pi'lil  pa|»illoii  xoUij^caiU  sur  ma  IrlP 
ISI'a  (lit  (|ii(>  (•'('•lait  voliv  iV'Ic. 
J'ai  clicrclu''  par  Ions  les  jardins. 
Ilt'las  !  ni  roses  ni  jasmins  I 
Vrainii'nt,  je  n"ai  |tiis  de  lidnlicnr: 
Mais  \(Uis  p(Mi\(7  piciidrc  mon  coMir. 

21-12^''.  Sur  la  mer  Les  trois  fils  d'or),  poésie  de  Tiii'ii- 
piiilo  ('.;iii(//i('r,  ninsi(pi('  de  llélrnc  de  Hojand.  (llii-z  ./. 
A<(»s,  édihMir.  Paris,  12,  Fauitnurfi-Poissonnière,  iHH'.\.  Iiis- 
orii  sous  If  11"  ;j'.)87  do  la  miisi(ine,  dans  la  liiHiixjritphic 
(Ir  In  Fraïuc  do  2'.)  soplcndirt'  iHH',\. 

Nous  avons  Ir.iiiscril  cxactoinent  lo  titre  et  le  sous-lilre 
de  eelle  loniaiice.  dtnil  les  piiinles.  que  nous  niions  citer, 
n'ont  jamais  pu  êlic  iciiics  pac  Tli('iipliile  (iaiitiei'.  Il  est 
vrainii'ul  indiii.  nous  l'avoiisih'ia  dit  (voir  n"  2:107 '''''),  (jii'on 
sr  pcrnielle  d'allcihiier  ainsi  à  nn^'cand  poète  mort  d'aussi 
i'aibles  compositions,  .hiscpi'à  |irodnction  de  i'aulo^'raplie, 
nous  nierons  énerfji(pienienl  qu'il  soit  l'auteur  de  ces  v(!rs, 
qui  essaient  nialadroileinent  de  paraphraser  sa  pièce  :  «  J'al- 
lais part  il-  ->.  (Voii'  n"  ().">2i  : 

Là-bas,  sur  la  mer,  connue  l'iiirondeik', 
Jo  voudrais  m'enfiiir  et  pins  loin  cncor! 
Mais  j'ai  beau  vouloir,  puisque  la  crucilo 
A  lié  mon  sort  avec  trois  lils  d'or. 

L'un  est  son  regard,  l'autre  son  sourire. 
I^e  troisième,  enfin,  est  sa  lèvre  en  fleur. 
Mais  je  l'aime  trop;  c'est  un  vrai  martyre. 
Avec  trois  lils  d'or  elle  a  pris  mon  cceui-. 

Oh!  si  je  pouvais  dénouer  ma  chaîne, 
Adieu  pleurs,  tourments!  Je  |)rendrais  l'essor. 
Mais  non,  non  !  Phitôt  mouiirà  la  peine 
(jue  de  vous  briser,  ô  mes  trois  fils  d'or! 


IS7;!- 1S8C..  511 

24i:;.  Dédicaces  et  lettres  autographes,  pai  ClraiL'ui- 
Juiiiu.  Iii-N",  '.)(')  payes.  IJiJon,   iiiipriiiiLTic   Ihinmlicrc,  1884. 

CeUe  brochure  n'a  pas  été  mise  tians  le  commerce.  Nous  la 
Iroiivons  inscrite  sous  le  n°  12o2:j,  de  la  Bihlloijiuphi,'  île  lu 
Vranrc  du  22  novembre  1884- ;  ollo  contient  une  lettre  de 
Théophile  Gautier  à  Jules  Janin  que  nous  allons  citer.  <'elle 
leltie  est  relative  à  VOdcà  HcrUtis,  imprimée  dijpuis,  ainsi 
([ue  nous  Tavons  (b'-jà  dit  (voir  n"  20:j4)  : 

(Neuillï),  25  février  1861. 

Cher  Maîlre  et  ancien, 

Je  vous  remercie  bien  cordialement  de  la  traduclion 
d'Horace  que  vous  m'avez  envoyée  par  Curmer.  Je  ne 
suis  pas  un  grand  latin  comme  vous,  mais  je  puis 
encore  regarder  dans  le  texte,  et  pour  vous  prouver  que 
vous  n'avez  pas  semé  vos  perles  devant  un  barbare 
truculent  et  ultra-romantique,  je  me  suis  débarbouillé 
démon  feuilleton  d'hier  dans  cette  pure  et  saine  anti- 
quité, toujours  jeune,  et  j'ai  rimé,  à  votre  intention, 
ÏOdc  IV  :  à  Sexlius,  avec  autant  de  lidélité  que  le 
permet  notre  vers  français  si  diflicile  et  si  rebelle. 

Comme  toujours,  la  traduction  en  prose  est  poétique, 
et  prosaïque  la  traduction  en  vers.  Enlin,  je  vous  olïre 
la  chose  telle  qu'elle;  soyez  indulgent  et  :  «  regardez 
ci-derrière  »,  pour  employei-  le  style  de  ïéippfer  dans 
ses  albums  de  caricatures.  J'ai  copié  proprement  ma 
petite  pièce  à  part,  sachant  que  vous  aimez  les  auto- 
graphes, et  celui-ci  est  unique. 

Agréez,  cher  maître,  mes  respects  all'ectueux. 

Théophile  Gautier. 


2414.  Deux  lettres  à  Louis  Godard,  l'aéronaute.  L'Évé- 
nement, 27  février  188o. 
Voici  ces  deux  lettres  qui  sont  publiées  par  M.  Georges 


5J2       iiisToiiii:  DKs  (ii;rviu;s  di;  th.  nu  tikk. 

Diiv.il  dans   son  arlicli'  iiililiilr  :  Cuniil   l'uiisicn.    I.'iiiii.;in(' 
<|iril   li'Mi    ;iltiiluii'   MOUS   m'miMi'  (|iirli|ii('    |iiii  roulcslalilc  : 

l'aiis.  IHGl. 

••  C.liri'  niOMsifiir  (îodaid. 

-«  J'ai  it'Nt'  i|m'  J  avais  des  ailes,  liic  lois  irxfillr, 
mon  |>n'mit'i-  moiiNCinenl  a  éU''  de  vous  ('ci'irt'.  VoiMoz- 
Miiis  Tn'i'îiipoi'lcr  avec  vous  lors  tic  voir»'  |not'haiin' 
nsct'iision.'  J'ai  iiii  las  de  pclilcs  liistoii't's  (|iit'  los  daines 
lit'  Ncidt'iit  jias  (  nleiidi'c  cl  i|iit'  jr  voudrais  couler  a.ii\ 
oiseaux. 

H  Rien  à  \()iis. 

"  Tliéopliile  Gautier.  » 

Godard  coiisfiilil. 
l,»'  vnyaue  fut  lixé. 

An  jour  dil.  Gaulier  ne  se  piêsenla  pas  t'I  Godard 
partil  sans  lui. 

Oc  rclour,  il  Irouva  ce  second  hillel  : 

«  Cher  monsieur  Godard, 

«   J'ai  réiléclii.  M.    Sciibe  m'accuserail  tie   vouloir 
m'élever  au-des.sus  de  lui. 
«  Excusez  moi. 

ïliéophile  Gautier.  >>'' 

2ilo.  Lettre  à  Fanny  Elssler.  Jnitmal  dr  Siant-Prtfrslinunj, 
23    iV'viior 

-^ i88;i. 

/  mars 

Voici  celte  curieuse  letlie  ccrite  en  mars  1840.  Nous  la 
faison.s  suivre  (les  faules  d'oiiliof^raplie  corri^'f-es)  de  la 
réponse  de  Fanny  p]lssler,  et  de  la  première  lettre  qu'elle 
écrivit  ensuite  d'.\niérique  à  Théophile  (iautier  : 


1«7:î-188(;.  54y 

((  Mademoiselle, 

J'aurais  vivement  désiré  vous  voii-  avant  voire 
départ;  j'ai  été  chez  vous  deux  ou  trois  fois  sans  avoir 
le  bonheur  de  vous  rencontrer.  Je  vous  renouvelle,  pai- 
l'entremise  de  notre  ami  Barrez  qui  vous  remettra 
cette  lettre  en  Angleterre,  les  offres  de  services  lilté- 
i-aires  que  je  vous  avais  faites,  et  je  me  mets  à  votre 
disposition.  Quand  vous  serez  chez  les  sauvages,  tout 
lù-bas,  en  Amérique,  écrivez-moi  vos  succès,  les 
détails  de  vos  représentations  et  de  vos  ti'iomplies;  je 
me  servirai  de  vos  notes  dans  mon  feuilleton,  et  je  ferai 
en  sorte  que  l'on  parle  de  vous  plus  souvent  que  si 
vous  n'aviez  pas  quitté  Paris;  surtout  ne  soyez  pas 
modeste  :  dites  la  vérité  ;  mademoiselle  Taglioni  a 
trouvé  le  moyen  d'agrandir  sa  réputation  depuis  qu'elle 
est  en  pays  étranger,  et  il  vous  sera  facile  d'en  faire 
autant  :  il  ne  suflit  pas,  dans  notre  vilain  monde,  d'être 
tout  naturellement  belle  et  charmante  et  pleine  de 
talent  connue  vous  létes;  il  faut  encore  s'occuper  un 
peu  soi-même  de  sa  réputation.  Je  prends  la  liberté  de 
vous  dire  tout  cela,  parce  que  je  vous  poi'te  un  intérêt 
sincère,  qui  ne  s'est  jamais  démenti,  et  je  pense  que 
vous  ne  le  trouverez  pas  mauvais  ;  j'ai  l'orgueil  de  me 
croire  un  de  ceux  qui  ont  le  mieux  compris  votre  talent 
et  votre  beauté  ;  je  vous  ai  étudiée  en  artiste  et  en  poète, 
et  j'ai  la  conviction  que  personne  aujourd'hui  ne  peut 
vous  remplacer.  Mais,  à  coup  sûr,  on  essaiera  de  le  faire  ; 
on  parlo  déjà  de  l'engagement  de  mademoiselle  Cerrifo 
de  Milan,  dont  il  a  déjà  été  question  auti'efois;  quelques 
journaux  répandent  déjà  le  bruit  d'un  retour  de  made- 
moiselle Taglioni  ;  à  défaut  de  mesdemoiselles  Cerrito 


:.ij         iiisi'diiiK  DKs  (h;i  viiKs  in;  ïii.  cm  TII'.K. 

ri  Tauliniii,  il  \  a  iiiadcmoisrllc  l.iiciic,  Gralm.  (|ii(', 
raiiiiiiiiislralioii  iir  |i('iil  iiiaii(|iii'r  de  ixiiisscr  cliaii- 
ili'innil  pour  iTinplii'  le  \  ii h-  dr  \ nlic  altscnrc.  Si  xoln' 
mli'iitioii.  ('(iiiiiiii'  je  n'i'ii  (|(iiii(>  pas,  rsl  de  rr\ciiir  à 
Pai'is,  il  l'atil  ddiic  \oiis  i'a|)p(dri'  le  plus  soiinciiI  pus- 
siltlr  à  la  inriiioiiT  de  ce  Itraxc  piddic,  si  didiliciix  de  sa 
iialiirc  ;  (pidipirs  rér/tnncs  iiicivcillriiscs,  (pichpii-s 
liisloricllos  raiitasli(pi('s  on  à  peu  |)rrs  ne  l'oiil  pas  dt; 
mal;  cl.  si  \oiis  nie  le  pcniicllt'/,  jVii  iiivoiUcrai 
ipirhpifs-iiiii's.  iS'c  craignez  pas  (raliiiscr  {\i'  moi,  jn 
\iiiis  IImc  mi's  roloiiiK's.  11  serait  iton  «pif  J'aie  des 
driails  sur  vos  reitrrstMdatioiis  eu  Aiiulcicrro  :  vous 
savez  à  quel  point  les  joiii'nan\,r('mi)lis  de  lettres  écriles 
de  Londres,  vous  ont  maltraité*^  :  il  scrail  l)oii  de 
réparer  ce  petit  éclicc,  qui  n'avait  lien  d<'  rétd,  mais  (jiii 
a  (ail  (jnelqiie  impression  sur  les  gens,  toujours  prêts  à 
s'en  rai)porter  au  jugement  des  autres.  Barrez,  (pii  a 
pour  vous  la  plus  ^iv(■  admiration,  m'a  promis  aussi  de 
mécrire;  je  conqtle  sin-  lui  pour  les  éloges  que  vous 
n'oserez  pas  lairc  df  vous-même,  avec  la  diaimaule 
simplicité  allemande  ipii  vous  caractérise  et  «pn  donne 
tant  de  grâce  à  tout  ce  que  vous  faites. 

Maintenant  je  vous  demande  pardon  de  celte  longue 
lettre,  pleine  d'avis  et  de  conseils;  mais  j'ai  dit  assez 
souvent  à  dix  mille  exemplaires  tout  le  bien  que  je 
[tensais  de  vous  pour  n'avoir  jias  besoin  de  vous  le 
répéter  ici;  croyez  (jue  je  suis  aussi  jaloux  de  votre 
gloire  que  vous-même,  et  comptez  sur  la  /idélité  de  mon 
admiration. 

Votre  tout  dévoué  feuilletoniste, 

Tbéopliile  Gautier. 

Paris,  rue  de  Navarin,  14. 


lS7;j-188r..  515 

Lonilros.  le  17  mars  1840. 

Pormellez-iuui.  iiiuii  cher  luoiisiem',  (levons  exprimer 
lotis  mes  remerciments  pour  votre  cliarmante  lettre.  Je 
ne  puis  vous  dire  tout  le  plaisir  qu'elle  m'a  fait.  Il  m'est 
si  doux  de  vous  savoir  mon  ami.  Étant  loin  de  Paris,  de 
ce  Paris  chéri,  de  mon  Paris.  j"ai  hien  })eur  rpie  tous 
mes  amis  [ne]  m'ouldient.  Mais  je  compte  sur  vous  ; 
vous  m'avez  promis,  vous  me  promettez  encore,  dans 
cette  bonne  lettre,  que  vous  me  rappellerez  à  leur  sou- 
venir et  je  vous  crois,  car  vous  avez  toujours  été  si  bon 
pour  moi  !  Je  vous  assure,  mon  cher  monsieui",  que 
l'idée  d'avoir  en  vous  un  véritable  ami,  me  rend  hien 
heureuse. 

Oui,  je  vous  écrirai  souvent,  vous  aurez  souvent  de 
mes  nouvelles,  car  vous  êtes  bon,  et  vous  ne  me  tra- 
hirez pas.  J'ai  en  vous  une  entière  confiance  et  je  ne 
puis  vous  dire  assez  combien  la  preuve  de  votre  amitié 
m'a  fait  plaisir.  Je  conserverai  votre  lettre  comme 
telle,  précieusement,  je  vous  assure,  et  je  profilerai  de 
voire  aimal)le  permission  ;  dès  que  nous  aurons  donné 
la  Tarentule  ici,  je  vous  ferai  })arl  du  succès,  si  toute- 
fois cela  est  ainsi.  Aujourd'hui,  je  ne  veux  que  vous 
l'emercier  de  voire  charmante  lettre,  et  vous  persuader 
qu'elle  m"a  i-endue  l)ien  heureuse. 

Agréez  donc,  mon  cher  monsieur,  l'assurance  de 
loule  ma  i-econnaissance  el  croyez-moi 

Votre  dévouée, 

Fanuy  Elssler. 

La  célèbre  danseuse  se  rendit  ensuite  à  New-York,  où 
elle  arriva  le  3  ni.ii  1840. 

u.  35 


516       iiisTDiiii:  i)i::s  iii:iviu:s  \w.  vu.  (.ai:tii:ii. 

Ncw-V.iik,  \r  .11  mai  1810. 

M(tii  clirr  moiisii'iir, 

Eiu'oiirajivc  [Kir  vdli'c  cvlit'iih'  hdiilc,  je  picmls  la 
liliiM'It'  (le  vous  oii\n\iT  (|iiil(|iit's  joiiiiiaiix  aiiK'ricaiiis. 
Vous  a\('/  laiil  de  utuil  i|u  il  \(iiis  scr.i  lacilt'  de  prendre 
cr  (|ii('  Miii^  lioinri'c/,  de  iniriix  dans  loiil  ccia,  |Hiiir 
l'aire  |iaii  aii\  Parisiens  do  mon  ininiense  succès  ici. 

Il  nie  sérail  en  elVel  diriicile  de  vous  dii'c  {|iiel  succès 
j'ai  ohicnii  ici.  On  me  lèlf.  on  nie  Irailc  coniinc  nue 
reine.  Oiiand  ji-  \ais  (|ii(d(|Me  pari  en  \()ilMr(\  on  me 
jette  ^\^'>  Meurs  dans  nia  \(iiliiie,  et  si  je  surs  d'une 
salli'  de,  spectacle.  t(Mis  les  liomuM's  ("ilenl  leius  cha- 
peaux comme  devant  une  reine.  Jamais  je  n'ai  mi  un 
pareil  enlhousiasmc  pour  une  ai'lisle. 

Vous  voyez  par  cela,  mon  cher  monsieur,  que  je  suis 
larjiement  dédommagée  de  mon  voyage,  car  il  n'est  pas 
possible  d'être  plus  appréciée  (|ue  je  no  [le]  suis  ici. 
Vous  comprendrez  facilement  cpud  désir  j'ai  [d']en  faire 
part  aux  Parisiens,  car  vous  savez  combien  je  les  aime, 
et  que  je  leur  dois  ces  succès  ici,  car  ce  sont  eux  qui 
m'ont  fait  une  telle  réputation.  En  leur  annonçant  mon 
succès  ici,  je  crois  jlesj  i'emerci(;r  pour  tout  ce  qu'ils 
ont  fait  pour  moi. 

Je  vous  laisse  donc  ce  soin,  et  ;jej  vous  remercie 
d'avance,  jusqu'au  jour  heureux  où  je  pourrai  vous 
sern-r  la  main  et  vous  i-emercier  de  vive  voix,  et  vous 
dire  de  nouveau  que  je  suis  votre  reconnaissante 

Fanny  Elssler. 

Il  nous  l'aul,  ajouler  ici  que  rtMoiie  de  Kaimy  ElssJcr  pAlil, 
quelque  peu  aux  youx  de  Tln'dpbih;  Gautier  après  le  début 
à  l'Opéra,  en  mars  1841,  cle  la  plus  rhanuaute  danseuse  de 


IS7;M88(3.  547 

nolri'  temps  :  Carlotta  Giisi.  Les  deux  ballets  que  le  poète 
écrivit  pour  e\\e,Gisellee[l((  Péri,  onl  été  ses  meilleurs  rôles, 
et  sont  restés  dans  la  mémoire  de  tous.  Fanny  Elssler,  après 
sa  représentation  à  bénéfice  (Opéra,  février  18i0),  et  après 
son   voyage   en  Amérique,  ne  dansa  plus  jamais  à  Paris. 

2416.  Lettre  à  M.  Ingres.  L'bdcnni'diaire  des  chercheurs 
et  des  curieux,  2o  mai  I880. 

Voici  cette  lettre,  dont  l'autopraplie  nous  appartient.  Le 
tableau  que  Théophile  Gautier  attribuait  à  M.  Ingres,  fut 
reconnu  plus  tard  pour  être  de  madame  Calamalla.  L'écri- 
vain en  a  parlé,  tlu  reste,  dans  le  Moniteur  wiircrscl  du 
18  juin  iS.'iO: 

Saint-Pétersbourg,  ce  7  févi'icr  185:). 

Cher  et  vénéi'é  niaili'e, 

Je  viens  de  découvrir  à  Saint-Pélersbourg  un  tableau 
mii-aculeux  qui  ne  peut  être  que  de  vous...  ou  de 
Raphaël.  Il  n'est  pas  de  Raphaël,  sa  conservation  trop 
parfaite  le  dit,  et  jiourtaut  je  n'ai  i)as  vu  dans  votre 
œuvre  gravé  au  trait  cette  composition  sublime.  Fait- 
elle  partie  des  trois  ou  quatre  tableaux  égarés,  perdus, 
passés  à  des  possesseurs  inconnus  dont  on  regrette  de 
n'avoir  pu  retrouver  la  trace?  J'ai  recours  à  votre  bonté 
pour  le  savoir. 

Cette  toile  représente  In  Vierye  et  l Knfant  Jésus  de 
grandeur  naturelle.  La  céleste  mère  oITre  au  inonde  son 
enfant  divin,  dont  les  petits  bras  et  le  corps  perpendi- 
culaire simulent  la  ressemblance  d'ime  croix,  comme 
l)ar  un  pressentiment  de  la  passion.  La  Vierge,  de  ses 
belles  mains,  soutient  le  bambino  par  les  aisselles, 
comme  si  elle  voulait  lui  faire  essayer  sur  ses  genoux 
le  premier  pas,  et  ce  premier  pas  présage  le  Calvaire. 

A  l'expression  de  tendresse  maternelle  sur  le  visage 
de  Marie  se   mêle   une  mélancolie  prophétique  ;  elle 


518  IIISTollîi;  DKS  (ii:i  \  KKS  llK  TH.  (..UTIi:!;. 

(IcNiiic  roiiriisciiKMil  les  anjioissos  du  (i(il,L:nili,i.  Le  |iciit 
Jfsiis  aussi  csl  sérieux.  Iiislc;  sa  Irlr  piMiclic  sur 
répaulo.  (loiiiiaiil  (h-ja  le  iiioiiviMiinil  d  agonie  sur  la 
croix  l'I  ra|i|M'iaiil  le  ...  /jaiicns  cnpiil  c.vpiravil. 

Les  (Iciiv  liMcs  (le  rciifanl  cl  de  la  Vicruc  se  Idiichciil  ; 
par  une  liardicssc  heinviisc  ei  clianiiaidc,  raiircnle  de 
Jésus  (race  son  ccrcli^  d'or  siu'  la  joue  de  Marie,  doid  le 
niniltc  .s'enlace  à  celui  de  son  lils.  à  peii  près  comiiho 
les  anneaux  d'une  liagiie  d'alliance  omcrle.  I.a  lMni(|ue 
de  la  Vierge  esl  rouge,  son  niaidean  d'un  Meii  intense. 
Le  dessin  esl  le  vôtre,  c'est  tout  dire;  le  iiiodelé,  d'une 
force  el  d'une  finesse  (|ui  n'a])])arliennent  (|u';'i  vous;  la 
couleur  d'une  liai'nionieiuiissanle,  d'une  clialein- voilée, 
dans  la  gamme  dorée  et  lu'une  de  l'école  romaine  ;  le 
fond  consiste  en  une  architeclure  représentant  une 
niclie  ronde  llanquée  de  deux  pilastres  avec  des 
arabesques. 

D'après  le  dire  du  proiiriétaire  actuel,  plusieurs  tètes 
de  saints  ou  de  moines  liguraienl  de  clKupic  côté  de  la 
Viei-ge,  remplissant  d'une  façon  symétrique  les  coins 
maintenant  vides.  Elles  étaient,  suivant  liu,  tout  à  fait 
endommagées,  et  il  a  lallu  les  couvrir  en  i)rolongeant 
rarchitecture  ;  comme  la  toile  a  été  rognée  jiar  le  bas, 
votre  signature  manque  pour  le  vulgaire. 

Si  nous  achetions  ce  cbef-d'oeuvre  et  si  vous  vous  en 
reconnaissiez  le  père,  vous  seriez  sans  doute  assez  bon 
pour  y  apposer,  à  mon  i-elour  en  France,  ce  nom  sou- 
verain, qui  veut  dire  sublimité,  style  idéal,  beauté 
suprême,  et  peut-être  vous  retrouveriez  sous  le  crépi 
du  restaurateur  les  têtes  sacrifiées.  Je  croirais  le 
dévouement  de  toute  ma  vie  à  votre  gloire  bien  payé 
par  cette  condescendance. 


1873-1880).  549 

M.  Carolus  de  Raay,  mon  ami  et  l'édileur  des  Trésors 
d'art  de  la  Russie  ancienne  et  moderne,  grand  ouvrage 
auquel  je  travaille  maintenant  et  où  votre  tableau  aura 
une  des  premières  places,  a  fait,  pour  l'acquérir,  des 
démarches  (|ui  seront,  je  l'espère,  couronnées  de 
succès. 

Daignez,  cher  maître,  quitter  un  instant  le  crayon  ou 
le  pinceau  pour  prendre  la  plume  et  m'envoyer,  courrier 
par  courrier,  la  solution  de  mes  doutes;  si  vous  n'étiez 
pas  l'auteur  de  ce  groupe  divin,  alors  j'aurais  trouvé  un 
Raphaël  ignoré  d'une  jeunesse  et  d'une  consei'vation 
inexplicables. 

Ingres  et  le  Sanzio  sont  les  deux  seuls  noms  qu'on 
puisse  inscrire  au  bas  de  ce  chef-d'œuvre. 

Votre  très  liuml)le  et  très  fervent  admirateur. 

Théophile  Gautier. 

Voici  mon  adi-esse  : 

M.  Théophile  Gautier,  chez  M.  Varlel,  dom  Smoii- 
rolf,  malaïaMorskaïa,  n°  lo,  Saint-Pétersbourg,  Russie. 

P.  S.  C'est  avec  la  honte  la  plus  profonde  que  je 
joins  à  ma  lettre  cet  infâme  croquis  fait  de  mémoii-e 
après  avoir  vu  le  tableau  cinq  minutes.  R  en  rappelle  à 
peu  près  l'agencement  et,  tout  infoi'me  qu'il  est,  pourra 
guider  vos  souvenirs. 

2417.  Lettres,  distiques  et  quatrain.  Les  Confessions, 
souvenirs  d'un  demi-siècle  (1830-1880j  ;  par  Arsène  Houssaye. 
Quaire  vohimos  in-8o.  Paris,  imprimerie  Paul  Dupont: 
librairie  Dcntu,  1883.  Prix  :  24  francs. 

Ces  volumes  sont  inscrits  sous  les  n»»  5413  et  6364  de  la 
Bibliographie  de  la  France  des  13  juin  et  11  juillet  188."). 

Ces  quatre  volumes  renferment  non  seulement  de  très 


r>.M)  lllSTOIliK  l>KS  (IKI  \  IIKS  \)V:  TH.  (.Al  Tll'.ll. 

rui'iiMix    tlflails    sur  Thr-oiiliilc   (laiitici'.    mais    ciicnic    des 
Ifltrcs  l'I  tk's  vi'is  iiiriiils  di'  lui.  lui  voici  la  liste  : 

Tdiiir  !'^  T/'i/s  irilirs.  Paj^c  ;i;ti-;!;;c.. 

—         /v7//r,  rn.s'   ri   (trssin.    Pa^'cs    IN,  \VI   cl  WIV 
(les  iiuliiiiniitlirs. 
Tome  111.  Hillrl  ri  ijunlniiit.  Pa^c  WIW . 

I.a  IcUro  iin|irimt''0  en  l'ac-siinilé  ilans  le  lijiuc  !'■'•,  a  i  c- 
pani  CM  |tailic  dans  la  linzrllr  (i)irr(liili<iiir  du  l.i  nrlnlu c 
18S:i. 


Ari'ivi''  ciiliii  au  terme  de  ce  liavail,  tjue  nous  arrèloiis 
auitt  décenilire  1880',  nous  crovonsne  pouvoir  mieux  clore 
un  aussi  long  voyage  à  travers  l'o-uvie  tout  cnlicic  de 
Théophile  (ianlier,  qu'en  offranl  ici  au  lecicur  (|ueli|nes 
pièces  de  vei-s  inédiles  du  grand  écrivain,  l'illes  soiil  l'or! 
rares,  on  le  sail.  et  pourtant  nous  on  avons  ih'Jà  cité  plu- 
sieurs autres  dans  le  ciuiis  i\r  cet  ouvrage. 

Puisse  aussi  le  lecleur  excuser  les  iautes  (pie  son  guide  a 
pu  commetire  en  l'escortant  dans  les  di'lilé-s  de  ce  nionii- 
meid  colossal,  dont  les  délours  et  l(;s  iu('andies  soni  pres- 
(|m'  inexlricahlcs  parfois. 

I 

A  m  r.HEC. 

Ne  kalhnèra  ne  orà  kali.... 

Le  matin  n'est  plus,  le  jour  pas  encore, 

Pourtant  de  nos  yeux  lu  llainnie  a  i);ili. 

Ne  kalhnèra  no  orà  ka'L... 

Mais  l'éclat  du  soir  ressemble  à  l'aurore,   . 

Et  la  nuit  plus  tard  amène  l'oubli. 

(Date  incertaine.) 
1.   Il  n'a  été  publié  aucune  pafrc  inédite  de  Tliéophile  (iantier  en  IsSG. 


1873-1880.  5r.l 

II 

SUR    UN    LACET 

A    UN   TURC. 

Serré  par  un  muet,  chez  vous, 
C'est  un  signal  de  deuil  et  de  tristesse. 
Coupé  par  l'amour,  c'est,  chez  nous, 
Un  signal  de  joie  et  d'ivresse. 

(Date  incertaine.) 

III 

EXPLICATION  D'UN   DRAME  ESPAGNOL  :  TROIS 
AQUARELLES  DE  .\I.  PH.  BLANCHARD  ' . 

PREMIER  TABLEAU. 

Au  mois  où  le  corset  des  roses  se  délace, 
Les  vierges  du  canton,  groupe  jeune  et  coquet, 
S'assemblent;  on  choisit  la  plus  fraîche;  on  la  place 
Sur  un  autel  de  lleurs,  comme  un  vivant  bouquet. 

Mai  la  baptise  avec  des  gouttes  de  rosée, 

La  reconnaît  pour  fille  et  la  nomme  Maya  ; 

Timide,  elle  sourit  sur  son  trône  exposée. 

Et  chacun  en  passant  lui  dit  :  «  Doucha-maïa  »  ". 

DEUXIÈME   TAIILEAU. 

Pour  la  jeune  Maïa,  luttant,  pleins  de  colère, 
Deux  majos  sur  leurs  bras  enroulent  leur  manteau  ; 
Mais  pour  toucher  un  cœur  il  est  plus  sur  de  plaire  ; 
La  flèche  de  l'amour  pique  mieux  qu'un  couteau. 

1.  Vers  écrits  sur  les  œuvres  mêmes  de  Isl.  Blanchard,  destinées  à  uue 
tombola. 

i.  Ame  de  mon  âme.  eu  russe. 


r).-»?  IIISTOIIIR  DKS  OKI  \  UKS  DR  TH.  ('.AlITIEn. 

TUOISIKMK   TMILCAl'.-    DKNdl'KMKNT. 

Un  roiiIrcliaiKlici"  jhciiiI  la  l)iil(  ini'c  en  (|(iii|m' 
Kt  fuit  dans  lu  sierra  dont  il  sait  les  (iéti)urs; 
L(>  cheval  stMiihlc  lier  de  poilcr  co  lioaii  j^'i'oiipo, 
La  jt'iiuc  lillc  ril --  llux,  se  liatlciil  toiijoiii's  I 

Saiiil-l'tHcrsljour^;.   18.')'.), 

IV 

DHDICACE  DES  ÉMAUX   ET  CAMEES 

s    M.    l'.T    M""'    M. 

Il  inanqiio  aii\  lùnauv  et  Camées 
Un  médaillon  où  mon  liuiin 
Enl  gravé  vos  tètes  aimées  ; 
Mais  j'ai  trop  tôt  fcniié  r(''crin. 

S'il  se  rouvre,  sur  une  agatlio 
Au  fond  laiteux,  mêlé  de  roux, 
Ma  pointe  la  plus  délicate 
Sculptera  l'épouse  et  l'époux. 

Les  cheveux,  do  la  blonde  tranche 
En  ondes  d'or  suivront  le  lil, 
Et  les  chairs,  sur  la  veine  blanche, 
Découperont  leur  |)ur  [jrolil. 

Elle,  pour  qu'on  la  reconnaisse. 
Aura  l'esprit  dans  la  beauté. 
La  grâce  aiguisée  en  (inesse, 
Avec  un  air  de  volupté. 

Lui,  malgré  sa  lèvre  qui  raille, 

Ce  charme  où  tous  les  cœui's  sont  pris. 

Et,  pour  achever  la  médaille. 

Un  coup  de  (er  aux  favoris  ! 

(1863  ou  18G4.) 


187:{.18Sf..  553 

V   ET    VI 

EN  QUITTANT  TOLÈDE 

DEUX   SONNETS     KCIUTS    S  l"  H    noiTS   RIMKS. 


Oh  !  que  rapidement  est  arrivé  le  —  soir  ! 
Souvenirs  enchanteurs,  que  nos  âmes  —  charmées 
Voudraient  sertir  en  or  comme  autant  de  —  camées, 
Ne  disparaissez  pas  au  fond  de  l'oubli  —  noir  ! 

Murs,  églises,  palais,  tours  de  créneaux  —  armées, 
Daignez  nous  pardonner  d'être  venus  vous  —  voir, 
Lorsque  Y  Hôtel  du  Lin  pouvait  à  peine  —  asseoir 
Des  touristes  errants  les  meutes  —  afTamées. 

Que  le  Ferro-carril  les  remporte  d'un  —  bond  ! 
Moi  du  moins  j'avais  vu  tes  remparts  —  cenlenaires, 
Tolède,  où  me  ramène  un  destin  —  vagabond  ! 

Moi,  que  l'Espagne  attire  à  ses  jeux  —  sanguinaires. 
Moi  qui  cherche  des  mots  dans  les  —  dictionnaires, 
Pour  peindre  chaque  objet  :  rouge  ou  bleu,  brun  ou  — blond 

II 

llodrigue  dans  le  bain  vit  la  Florinde  un  —  soir. 
Elle  jouait  parmi  ses  compagnes  —  charmées  , 
Avec  sa  jarretière,  au  fermoir  de  —  camées. 
Mesurant  ses  appas,  bien  blancs  quoiqu'il  fit  —  noir. 

Pour  ces  appas  l'Afrique  envoya  des  —  armées  ; 
Au-dessus  de  la  Croix  le  Croissant  se  fit  —  voir; 
Rodrigue  n'eut  plus  même  une  pierre  où  s'  —  asseoir  ; 
Le  sang  rassasia  les  plaines  —  affamées. 

Parce  que  la  Florinde  à  l'honneur  fit  faux  —  bond, 
L'Arabe,  violant  les  temples —  centenaires, 
Fit  manger  sur  l'autel  son  coursier  —  vagabond. 


Wl  MlSTdlHi;  DKS  OKL  V1U;S  DK  TH.  (iAlTIIlli. 

Le  ...  loiiJDurs  causa  ces  luttes  —  sanguinaires. 
Si  Von  (Ml  cioil  riiisloii-c  et  les  —  (iirlioiinaiivs, 
riorinilc  lavait  i)iiin,  llrlrnc  l'avait  —  blond. 

Kii  vv;ip;oi).  de  .Mailiid  à  Avila.  AdAl  \X'M. 


VU 

A  .M.   l'ETlT-SENN. 

ArilMU  liK-^   li/i/rflrs  ri  Ihiuliidcs. 

Ta  Muso,  (Ml  sa  vcMclour  pieniinc, 
Malgré  ses  cheveux  blancs  sourit  ; 
Dans  une  perle  de  lumière 
Tes  B/uelles  mettent  Pesprit. 

Genève,  27  octoijre  If-'O.'). 

VllI 

l>ori{  I.ALBUM  DE  L'IMPÉRATRICE  DU  MEXIQUE'. 

Pour  vous  garder  toujours  l'Europe  vous  élève; 
Mais  une  destinée,  étrange  comme  un  rêve. 
Tous  prend  à  Miramar,  vous  met  à  Mexico  ; 
1^1  de  Montézuma  vous  portez  la  couronne 
Dans  ranticpie  cité  qu'un  grand  lac  environne. 
Et  dont  notre  clairon  fit  retentir  Téclio. 

Vous  avez  |)our  sujets,  douce  (Milant  de  Belgique, 

Le  farouche  gauclio,  le  juaristo  énergique 

Et  l'Indien,  encore  à  nos  lois  mal  soumis. 

Mais  le  sceptre  est  léger  que  tient  une  n.ain  blanche  ; 

Sous  lui  plus  volontiers  le  Iront  hautain  se  penche, 

Et  vous  ne  régnerez  que  sur  des  cœurs  amis. 

1866. 

1.  Ces  vers  ont  élé  iniid-imés  à  trois  ou  quatre  exemplaires,  en  lettres 
tror,  chez  un  iniprimeur  de  Sedan.  Ils  n'ont,  bien  entendu,  jamais  C'U' 
déposés. 


187:^-1880.  Ô55 

IX 

SUR  LES  ÉLECTIONS  DE  M.  LE  PRÉFET 

SO>'NF,T   KCRIT   SUR   BOUTS   RIMlis. 

Pour  les  élections,  il  faut  être  —  malin  ; 
Dans  ce  métier  de  cliien,  hélas,  tout  n'est  pas  —  rose  1 
L'électeur  campagnard  demande  qu'on  1'  —  arrose, 
L'entliousiasme  altère  et  le  vote  est  —  ï^alin. 

Au  préfet,  trop  souvent,  Persigny  —  Fialin 
De  par  le  télégraphe  expédie  une  —  prose 
A  donner  au  pins  froid  une  ardente  —  névrose, 
A  rendre  Mazzini  dévoué  —  papalin. 

En  dépit  du  bon  sens,  en  dépit  de  1'  —  histoire, 

Il  faut  au  candidat  assurer  la  —  victoire, 

Gravir  le  mont  à  pied,  passer  le  fleuve  en  —  bac, 

AflVonter  tour  à  tour  glacière  et  —  rôtissoire, 

Persuader  Ambert,  passionner  —  Issoire, 

Quand  on  voudiait  entendre  une  fugue  de  — Bach  ! 

(Clermont-Ferrand,  1867  ou  1868.) 

X 

LE  NAVET 

SONNET  ÉCRIT  SUR   BOUTS   RIMlis. 

Vous  avez  au  navet  ouvert  un  —  horizon  ; 
Vous  réhabilitez  ce  mets  de  la  —  chaumière. 
Que  la  maîtresse  sert  en  baissant  la  —  paupière, 
Lorsque  sur  son  menu  manque  la  —  venaison. 

Le  navet  à  propos  vient  dans  cette  —  saison, 
Où  Valel  s'ouvrirait  le  flanc  de  sa —  rapière; 
Vous  les  accommodez  d'une  telle  —  manière 
Que  l'on  en  mangerait  même  à  la  —  Malmaison. 


WO  IIISTOIKK  l)i;S  OKIVHKS  DK  Tll.  (lALTlKU. 

Il  iiaj,'('  iiKiIlt'iiicnt  (liiiis  iiiic  siuici'  —  Idondc, 

Plus  lihiiic  (|iir  l;i  ^^'Mllls  Ii)i's(iir('lli'  sort  de  1'  —  oiulc, 

l']l  votre  ((inloii  lileu  iiiérile  la  giaiid'  — croix. 

iMais  vous  èles  timide  el  votre  n'i,'ard  —  soude 

A  l'endroit  du  navet  les  \eu\  de  tout  le  —  monde... 

Soyez  calme  ;  au  sci'utiu,  il  a  toutes  les  —  voix. 

(C;ierin<.iit-lMMT;iiMl.  ls(i7  du  18G8.) 

\l 

QUATII.VIN 

Coiii|i.isi''  jinur  un  eiil'aiit  faisant   ii-riiiitiiHi  dans  le  salon 
(le  sa  .Mi'i'i'  en  s'i'iTiaiil  :  Je  s//i>i  f/ii/i/rii'-inf  ! 

En  classe  je  suis  quatrième  ! 
C'est  un  plumet  à  mon  cimier. 
Mère,  dans  la  classe  où  l'on  t'aime 
Je  s(>rai  toujours  le  premier! 

(Ciermonl-i'errand,  IHGl  ou  1868.) 

XII 

I.Ml'iiO.Ml'TU 

A  la  Princesse  .Mathilde,  le  Jour  de  la  première  représentation  de 
Fei-nniifle,  pai'  V.  Sardou,  représentation  à  laquelle  ils  ne  se 
rendirent  point,  après  être  convenus  d'y  assister  ensemble. 

Je  ne  regrette  pas  la  pièce  de  Sardou  ; 
De  ses  imbroglios  je  ne  suis  pas  très  fou. 
Mais  j'aurais  regardé,  sans  souci  du  théâtre, 
Sous  votre  peigne  d'or  votre  nuque  d'albàtre  ! 

(8  mars  1870.) 

FIN 


APPENDICE  ET  ERMTA 


Depuis  près  de  cinq  an$  que  l'impression  de  cet  ouvrage 
est  commencée  (novembre  1882),  un  certain  nombre  d'er- 
reurs et  d'adjonctions,  et  beaucoup  de  fautes  d'impression, 
ont  rendu  cet  appendice  et  cet  errata  nécessaires. 

Les  fautes  sont  surtout  fréquentes  à  propos  des  numéros 
cités,  auxquels  le  lecteur  doit  se  reporter.  Ceci  s'explique 
par  les  remaniements  que  le  numérotage  général  du  livre 
a  subis,  à  diverses  reprises,  pendant  son  impression  même. 

Les  numéros  de  l'appendice   renvoient  aux  mêmes  nu- 


méros de  l'ouvrage. 


Septembre  188" 


TOME   1 


>i°  G.  Le  Marais  est  ainsi  dédié  :  ><  A  mon  ami  Armand 
E...  » 

N°  12.  Cauchemar.  La  deuxième  épigraphe  de  Daniel  Jo- 
vfird,  dans  les  Jeunes  France,  est  tirée  de  cette  pièce.  Ce 
fragment  n'eût  donc  pas  dû  être  réimprimé  à  part,  en  1870, 
dans  le  tome  deux  des  Poésies  Complètes  de  Théophile  Gau- 
tier, où  il  se  trouve,  en  conséquence,  imprimé  deux  fois. 

N»  13.  La  Demoiselle  porte  pour  dédicace  :  «  A  mon  ami 
Alphonse  B...  ».  Cette  pièce  a  été  aussi  réimprimée  dans  le 
Livre  de  Demain,  par  divers,  en  décembre  1884.  (Voir  N»  974.) 

N"»  13,  2:j  et  29:  Far-niente,   Élégie  II  et  Voyage,   sont 


5:.S  IIISTOIIŒ  DES  OKLVUKS  Di;  TH.  CM  TIIIK 

(lt'si'4;iu's  par  ciicur  roiiinu'  ii'iiii|iiiiiit''S  dans  If  Vdliuiif  : 
Po<'sji?s  de  Tfii'npIiiU'  iiaiilicr  (jui  iir  f'KjurcnnU  puis  dans  ncs 
œuvres. 

N"  17.  Promenade  Nocturne  a  r\r  miso  aiis.-i  m  mii>i(iiic 
par  M.  .Marin  Koscarina. 

.N-'itl.  La  Tcte  de  Mort,  (.ciic  pire, •dr  mmn  csl  rmic  dns 
prciuit'n's  (In  p(»Mt'.  Kllc  a  (''h- (•t'rilo  aiissilAt.  aprc'S  sasoiUc 
<lii  Collt'fic  (".liarl(Mnaf,'ii(\  S"il  l'aiil  on  rroiic  Kiigriic  do.Mirc- 
i(iiirl;ct'  niort'oan  l'nl  sonniis  à  Saintc-nouvc.  en  juin  IH2S, 
cl  (ditiiil  >(■>  fiicdiirai^cnicid-.  lin  Ndiri  la  [in  iniri'c  \('i',-i(in, 
ahsolunifnl  (liHiMond'  iln  h'.xh'  pnidir.  I.'allcrnance  des 
limes  est  loule  anlic.  \ons  la  cupions  snrnn  unioeraphc 
riivové  ])ar  le  poMc  adulfsccnl  ;i  son  anii  de  rcdlr^c, 
M.  {-'nL'i'in' (If  .Nnlly,  cl.  Tln'dplnjr  (ianliiT  Icnail  licanccnip 
il  celte  vei'sion  inédile,  car  il  l'envoyait,  aver  le  h'xlc 
imprimé,  à  M.  TrcmMay,  aceompai^née  de  ces  mois  : 

Paris,  6  mai  IKil. 

Monsieur, 

Vous  pouvez  disposer  comme  bon  vous  seniliicra  de 
nita  pièce  ;  je  laisse  à  votre  c,omI  de  choisir  entre  les 
deux  versions.  Mon  amour-propre  a  lanL  de  motifs  de 
vous  croire  lion  juge  que  je  m'en  remets  entièrement 
à  vous  siii-  ce  point. 

Avec  considération  et  coidialilé,  Monsieur,  NoIre  liés 

Inimitié  serviteur. 

TJiéopiiile  Gautier. 

Sur  le  mnr  (h'-labié  d'un  ancien  oratoire, 

Avec  du  huis  hénit,  pour  orner  une  croix 

Une  tète  de  mort  lut  posée  autrefois. 

Gomme  le  crucilix  elle  send)le  d'ivoire 

Tant  elle  esthlanclic;  enfant,  hien  longtemps  j'en  euspeur, 

Et  si  j'étais  forcé  de  passer  par  sa  chamhre. 

Surtout  pendant  les  nuits  si  tristes  de  décemhre, 


APPENDICE  ET  ERRATA.  559 

Je  croyais  voir  au  sein  d'une  étrange  vapeur, 

—  Comme  dans  un  rayon  de  soleil  des  atomes,  — 

S'agifer,  se  lieurler  des  milliers  de  fantômes 

Affreux,  tantôt  géants,  tantôt  nains;  mon  regard 

Alors  autour  de  moi  se  promenait  hagard, 

Et,  me  ressouvenant  des  fables  qu'on  débite. 

Parfois  j'apercevais,  au  fond  de  cet  orbite 

Que  l'œil  n'anime  plus,, du  feu  qui  flamboyait. 

Et  si,  resté  dehors,  un  vieux  chien  ai)oyail, 

Si  le  hibou,  caché  sous  l'ogive  gothique, 

Jetait  un  cri  d'effroi,  si  par  la  vitre  antique 

Le  vent  d'hiver  sifllait  dans  le  long  corridor. 

J'aurais  juré  vraiment  que  ses  dents  déchaussées 

Ricanaient  et  grinçaient,  et  des  sueurs  glacées 

Me  montaient  au  visage!  A  présent,  quand  tout  doi't, 

Que  la  lune  répand  sa  lueur  violette, 

Souvent  je  la  regarde  et  je  dis  :  «  Quelques  ans, 

(i  Que  sais-je,  quelques  mois,  un  espace  de  temps 

«~  Beaucoup  plus  court  peut-être,  et  je  serai  squelette, 

«  Tête  de  mort  Mvide,  horrible!  »  —  Celle-ci 

Est  celle  d'une  \ierge  autrefois  morte  ici 

Dont  voilà  le  portrait,  qui,  de  son  cadre  semble 

Se  pencher  en  avant  pour  sortir;  ses  beaux  yeux 

Etincellent  de  vie;  un  souris  gracieux 

Luit  sur  sa  lèvre  rose  entr'ouverte,  et  l'ensemble 

De  ses  traits  ingénus,  de  fraîcheur  éclatants. 

Montre  qu'elle  touchait  à  peine  à  son  printemps. 

Pourtant  elle  n'est  plus  :  bien  des  larmes  coulèrent 

A  son  convoi  sans  doute,  et  des  bouquets  de  fleuis 

Aux  rafales  du  vent  bien  longtemps  s'effeuillèrent 

Sur  sa  tombe,  tribut  de  pieuses  douleurs. 

Puis,  des  premiers  chagrins  l'amertume  passée, 

Enlin  l'on  oublia  la  pauvre  trépassée, 

Pendant  qu'elle  vivait  objet  de  tant  de  vœux, 

Et  que  plus  d'une  bouche  avait  proclamé  belle. 


•■)<îO  IIISTOlltK  DKS  (>i:i  \HKS  1»K  TH.  (iAl  Tl  MIS. 

Itt'llfl  Oui  le  (lirait?  Où  sont  ces  lilonds  clicvctix. 

Dont  sa  inaii)  lilaïu'lic  anaiii^o  uiil'  IkhicIc  icbcllo 

Oui  loiiilii'  fie  enté;  celle  peau  de  satin 

Où,  conniic  un  lit  d'a/ur.  traiis|tarait  cIkkiuo  veine; 

Ces  lèvres  de  corail  au  sourire  enfantin; 

Ces  yeux  itieus  aux  huii^^s  cils,  (|n'nne  passion  vainc 

N'a  jamais  l'ait  pleurer?  —  l'n  crâne  blanc  et.  nu. 

Deux  Irons  noirs  et  profonds  où  l'ieil  fnicontenu, 

Une  (iico  sans  n(>/,  inldrine  cl  j^niinaçaiite, 

Dur  avertissouicnt,  pensée  étourdissanle, 

Voilà  ce  (pril  en  reste,  avec  un  souvenir 

Oui  s'éteindra  bientôt  dans  le  vaste  avenir! 

N"  iiO.  L'i  Muiii  (II'  (ildirr  |i()rlc  dans  lu  W'ilu'inr  (inhiiilr, 
\>Av  (i('rai'd  de  Nnval,  le  lilir  Ar  la  Mdiii  n>r/i(n>lc(\ 

N"  ()().  Colère.  Ces  vers  ]iorleiil,  b;  titre  d7«////;c.s',  sut  l'aii- 
tof^raplic  ijue  nous  possédons;  il  provient  aussi  de  M.  llufiènc 
de  Nullv. 

Voici  liuil  vers  inédits  (|ui  doivent  se  placer  aprrs  le  qua- 
trième et  après  le  seizième  vers  de  la  ])ièce  : 


Sous  la  pourpre  la  plaie,  et  l'aspic  sous  les  roses, 

Une  chauve  tête  de  mort 
Derrière  un  niasrpic  frais;  au  fond  de  toutes  choses 

Une  gueule  ouverte  qui  mord. 


Vieux  squelettes  pourris,  dont  les  haleines  puent 

A  faire  vomir  leurs  amants, 
Oui,  le  soir,  près  du  feu  s'accroupissent,  et  suent 

Pour  prendre  leurs  médicaments! 


APPENDICE  ET  ERRATA.  561 

N"  Tii.  Albertus.  Une  autre  variaule  do  ce  poème  a  encore 
été  relevée  clans  le  Musée  des  familles  des  13  janvier  et 
lo  février,  et  dans  Vlntcrmrdùiire  du  10  juin  1884.  Il  s'agit 
de  la  strophe  LW  qui  délxitait  ainsi  dans  la  première 
édition  : 

Le  papier  que  la  belle  avec  un  air  d'angoisse 
Dès  la  strophe  36  de  ce  poème  froisse, 
Indubitablement  est  un  billet  d'amour... 

Ur,  (juand  l'ouvrayc  fut  réinipriuié  vn  184j,  on  s'apei'çut 
que  le  cbifire  trente-six,  en  lettres,  faisait  trois  pieds  et 
Gautier  changea  le  vers  en  question.  Il  fut  remplacé  par 
celui-ci  : 

Dans  sa  petite  main  aux  ongles  roses  froisse, 

l.a  noie  qui  accompagne  Tniculrnce-Purulcnce,  sur  l'exem- 
plaire d'Albertus  vendu  par  Baur  et  Détaille,  est  par 
M.  Eugène  Crépet;  elle  est  écrite  de  sa  main,  et  l'ami 
malicieux  dont  il  i>arle  n'est  autre  ([u-^  M.  Xavier  Auhrvet. 

N°  77.  Venise.  Dans  la  réimpression  de  l'Orient,  Venise 
est  indiqué  à  tort  comme  écrit  en  1842. 

N"  81^''.   Les  Jeunes  France.    L'('dition  originale  de  ce 
livre  ne  porte  pas,  au  titre,  de  trait  d'union  entre  les  deux 
mots,  et  chaque  fois  (ju'il  s'y  trouve  ici,  c'est  par  une  erreur 
d'impression.  Au   dos,  le  titre  de   l'ouvrage   n'est  pas  im- 
primé non  plus   sur  la  couverture   même,  comme  cela  se 
fait  de  nos  jours.  Sur  le  papier  tout  uni  est  simplement 
collée  une  étiquette,  sur  laquelle  le  titre  est  imprimé.  Di- 
sons aussi,  à  propos  de  /((  Jeune  France,  que  la  pi'emière 
édition  de  la  Biblioyraphie  Umiiantique  par  Charles  Asseli- 
neau   est    de   1866;  la  préface  du   Catalogue  de  la  Vente 
Amand    (également     par    lui),     de    décembre    1871;    la 
deuxième  édition  de  sa  Bibliographie  Romantique  de  1872, 
et  la  brochure  de  M.  Tourneux  de  1876.  Enfin,  l'édition  des 
Jeunes  France  publiée  eu  Belgique,  avec  frontispice  de  Féli- 
cien Rops,  est  de  janvier  1866,  et  non  de  1863. 

n.  36 


M\>       iiiSToiiii:  DKs  (»i:r\  iti.s  dk  th.  (,ai  iikh. 

N»  '.M.  Laquelle  desdeux?  ('•'  t'onltHiil  ir'iin|iriniôoii  iSCi.") 
dans  la  Vr.iii  ilr  Ti(in\  s.iiis  vnn  ilmiici-  iiaiMyiaplu',  t'Ic'esl 
soiilciiu'iil  tlans  la  version  (|iii.  tl('|Mns  1873,  accomj)ai?iio 
/'S  ,//7(»/'s  l'niiiri\  ([iio  ce  |tassaj,'-e  a  élé  l'ecueilli. 

Ghazels.  (I,  Chinoiserie.  II,  Watteaui.  Ces  vers  nul  |i,irii 
|iniir  l.i  lu'eniière  Ibis  (sans  leurs  lilres  .icliiels),  dans 
V llitinminji'  aux  d(mii':ipoiir  iHX'i  (N"  0888  de  la  liililioyrap/iii' 
(Ir  hi  Frinirc  du  -20  dt''eeinln'e  I83i). 

Nous  avons  di'eoiiverl  ce  l'ensoi^nriiienl  I  rii|i  lard  |wiiii 
|ioiivoir  lions  eorrigei  daii^  l'nuvrago,  car  nous  avons  iiuli- 
(|iié  la  preniit're  publication  de  ces  pièces  dans  la  Comhlic 
dr  la  .U'-)7.  en  1838  (Voir  N»'  305  et  320).  Chrnnolo^'iqne- 
uienl.,  leur  vérilalde  place  esl  apn'-s  le  .N»  107.  l']lles  sont 
entrées  ensuite,  avec  leurs  lihcs  arluels,  dans  /»/  Cumédk 
de  la  Mort,  et  elles  ont  l'ait  |>arlie  depuis  de  loides  les  ('di- 
tions  de  ce  recueil. 

La  dernière  strophe  de  Wallcau  est  iuipriinée  ainsi  dans 
Vïljmnuujc  aux  dames  : 

Je  m'en  allai,  |)louranl  comme  une  femme; 
Kn  regardant  j'avais  compris  cela  : 
Oue  j'étais  près  du  rêve  de  mon  àme, 
Oue  mon  bonheur  était  renfermé  là! 

Les  vers  inédits  de  Théophile  Gautier  eilés  par  nous  h 
propos  de  Chinoiserie ,  ont  une  origine  que  nous  avons 
retrouvée.  Louis  de  Gormenin  avait  écrit,  à  propos  d'IInn, 
le  roman  de  Méry  iMililii'  dans  la  Presse  à  partir  du  26  fé- 
vrier 1842,  une  pièc(!  de  vers  que  Théo  corrigea,  et  dont 
nous  avons  Tautographe  sous  les  yeux  avec  ses  corrections. 
Les  vers  que  nous  avons  ]Hihliés  étaient  destinés  a  lem- 
placer  dans  ce  moiceau  ceux  que  Gautier  condamna.  Voici 
du  reste  la  pièce  entière,  telle  que  l'an  leur  de  Fortunio 
l'avait  arrangée,  sauf,  bien  entendu,  le  passage  déjà 
recueilli  par  nous,  dont  nous  conservons  ici  la  version  de 
Louis  de  Gormenin  imprinu''c  en  ilaliipie. 


APPENDICE  ET  ERRATA.  563 


A  MÉRY. 


Avec  vous,  ô  Méry,  je  me  suis  promené 

Dans  le  pays  bizarre,  au\  doigts  teints  de  henné  ; 

Comme  vous  je  les  vis,  les  blanches  porcelaines, 

Les  petits  pieds  d'enfant  et  les  pantoufles  naines. 

Les  éléphants  massifs,  qui,  sur  leurs  vastes  dos. 

Portent  des  lettrés  lourds  de  vingt-cinq  mille  mots; 

Les  mandarins  ventrus,  à  l'attitude  gi-ave, 

Caressant  de  la  main  leur  barbe  de  burgrave; 

Les  poussahs  monstrueux  au  cuir  couleur  de  rhum. 

Balançant  dans  un  coin  leurs  rêves  d'opium. 

Et  les  pécheurs  hàlés  ayant,  coill'ure  étrange. 

Sur  leur  chef  sans  cheveux  des  ronds  de  peau  d'orange  ! 

J'ai  vu  les  miaôs  qui,  sous  le  ciel  serein, 

Frissonnent,  dans  le  vent,  d'un  murmure  d'airain, 

Les  clochettes  jetant,  comme  dans  votre  livre, 

Au  milieu  de  la  nuit  une  note  de  cuivre! 

Je  sais,  ainsi  que  vous,  le  lac  dormant  et  noir 

Où  l'arbre  du  Japon  se  penche  pour  se  voir, 

Le  large  nénuphar  aux  pétales  de  soufre, 

Fleur  immobile  aussi  sur  l'immobile  gouffre. 

Et  les  poissons  d'azur,  tout  pailletés  d'argent. 

Dans  les  tranquilles  eaux  par  bandes  voyageant. 

Je  connais  la  fenêtre  ou  dans  Vomln-e  se  noie 

Le  profil  pur  et  fin  des  tisseuses  de  soie  ; 

Je  sais  un  certain  pied,  si  petit,  qunn  baiser 

Le  couvre  en  son  entier  s'il  vient  à  s'y  poser. 

Et  fai  vu  r éventail  qui,  papillon  de  gaze, 

Sous  des  doigts  d'ambre  jaune  ouvre  son  aile  et  jase. 

Puis  la  lune  au  teint  clair,  prodige  curieux. 

Souci  mélancolique  éclos  au  front  des  deux! 

Je  vous  ai  vus,  dragons  aux  corselets  d'écaillés. 

Les  ongles  accrochés  aux  angles  des  murailles, 

Bayadères,  le  front  constellé  de  sequins, 


.")lil  lllSTOlKi:  UiiS  UKLVllLS  IJE  TH.  I.ALTILII. 

nionpt's  (rt'iirunts  boiTi's  au  vont  dos  palniuiiiiiis, 

hoirt's  et  pairuiiis,  [laiavciils.  vases,  j')ii(|ii('s, 

Loliis  ti'('ini>iiMt  leurs  pieds  dans  la  nacre  des  cduipies, 

Tigres  aux  iniillles  noirs,  panthères  de  ,la\a 

Mais,  certes,  avant  vous,  jr  ne  \is  point  llé\a! 

Louis  DE  CollMENIN. 

Quelques  l'aules  s'cl.iiil  ;jlissi''es  (l.iii--  l;i  \iT~inii  do  \crs 
(le  'flir'diiliili'  (i.iiil  ii'i-  cih'c  |i;ir  nnus,  nniis  h-s  rciiniuiiiiniis 
ici.  cdiiloi  iiK'^  a  raiil(ijj;r;iph('  : 

Sous  le  treillis  doré  (pie  de  ses  larmes  noie 

Un  saule  inconsolable  aii\  lonj^'s  cheveux  de  soie. 

Je  sais  un  petit  |)ied,  lleur  de  chair,  qu'un  baiser, 

Couvrirait  tout  entière  en  voulant  s'y  poser. 

Derrière  révcntail,  beau  ]»apillon  de  gaze, 

(Jui  sous  des  doigts  de  jade  ouvre  son  aile  et  jase, 

Je  sais  des  yeux  charmeurs,  qu'agile  l'àme,  où  luit, 

Comme  un  rayon  dans  l'eau,  le  rellel  de  la  nuit  ! 

N°  llli.  Roccoco  (Pastel).  Pastel  a  ropai'u  aussi,  on  iSii, 
dans  le  lonic  prcMiicr  des  Vhcfs-d'œuvvc  des  éo-ivains  du 
jour. 

i\*^  llCi.  Mademoiselle  de  Maupin.  Page  73,  ligne  ;J2,  au 
lieu  de  iV  391,  lire  :  «  Voir  N"  300  ». 

Page  74,  la  réinijjressiou  du  fVagnienl  indiqué,  dans  la 
Ginildu  en  184."),  est  anonyme.  Les  deux  éditions  in-N" 
de  Mademoiselle  de  Mitupin  auxquelles  il  est  fait  allusion, 
sont  l'iklition  originale  de  1835,  et  celle  de  MM.  Conquel- 
Charpentier,  parue  en  1883.  Le  poi-trail  placé  en  lèlc  de  cette 
dernière,  est  gravé  d'après  celui  dessiné  en  1838  par  Cé- 
lestin  Nanteuil. 

Page  7;i,  ligne  24,  au  lien  (Vnlli'upprr,  lire  :  nllinpcr. 

N"  118.  Mirage  (Barcarolle;.  Barcarolle,  (et  non  :  lidrai- 
role),  a  été  mise  aussi  en  musique  par  M.  Léon  Joiiret. 

N"  11'.».  Histoire  de  la  Marine,  etc.  Page  80,  ligne  0,  au 
lieu  (le  >>'°  572'''%  lire  :   «  Voir  N»  571  '"■'  ». 


APPENDICE  ET  ERHATA.  '.O.') 

N"  124.  A  Louis  Boulanger,  etc.  Pa^ic  83,  ligne  10,  nu 
lieu  de  N»  306  '"'%  lire  :  «  Voir  N"  'M'y  ''■''  ». 

N"  126.  La  Couronne  de  Bluets.  Page  Sri.  Lire  [larLoul.  : 
srlt'nien  el  si'li'iii^lr  au  lieu  de  ^elenien  et  de  seleni^tc. 

N°  139.  A  deux  beaux  yeux.  Depuis  l'impression  de 
notre  note  sur  VÊlincellc,  nous  avons  Uouvé  un  exemplaire 
de  ce  keepsake,  avec  toutes  ses  vignettes  et  dans  sa  reliure 
d'étrennes,  qui  doit  avoir  paru  bien  avant  janvier  18iG. 

N»  140.  Du  physique  des  acteurs.  C'est  dans  le  feuilleton 
de  /'/  P/Y'ss^'  du  19  mais  18il  (]ue  Théophile  Gautier  parle 
de  sa  collaboration  au  Flyaro.' 

N"  187.  Le  Paradis  des  Chiens.  Page  107,  ligne  2  :  suppi  i- 
merlemot:  fZans.  Ajoutons  à  la  note  de  cettemômepage  107, 
que  ce  passage  de  Sainle-Beuve  se  trouve  dans  le  tome  deux 
de  la  nouvelle  édition  de  ses  Portraits  Coulcmpordim,  parue 
en  1869.  Il  est  imprimé  h.  la  page  o24,  et  termine  Tajouté 
de  la  note  publiée  au  bas  de  cette  page.  Les  i^elations  de 
Sainte-Beuve  et  de  Théophile  Gautier  s'étaient  refroidies  à 
la  suite  de  circonstances  que  l'on  sait,  et  qui  avaient  amené 
la  rupture  des  relations  de  Victor  Hugo  et  du  critique.  Elles 
se  renouèrent  lentement,  et  Sainte-Beuve  lui-même  donne  la 
note  et  la  date  de  leur  rapprochement  détlnitif,  dans  la 
lettre  à  notre  poète  que  nous  avons  citée  N»  2193. 

IS°  229.  L'Hiver  (La  dernière  feuille).  La  dernirre  fruillc 
a  été  mise  aussi  en  musique  par  M,  Léon  Jouret. 

N°  239'''".  La  Mort  dans  la  vie.  Page  119,  ligne  20,  au 
lieu  de  :  «  Vreiniêre  partie,  »  lire  :  Deuxième  partie  de  la 
Comédie  de  lu  mort.  » 

xN°  211.  L'Eldorado  Fortunio  .  Il  existe  des  titres  de  l'édi- 
tion de  1838,  portant  les  millésimes  de  1840  et  de  1842. 

Depuis  l'impression  de  notre  notice  sur  For fiinio,  M.  Jolly 
Bavoillot,  l'émineiit  bibliographe  établi  à  New-York,  a  aussi 
acquis  en  1886  un  exemplaire  de  l'Eldorado  de  1837,  en 
parfait  état,  ce  qui  porte  à  trois  le  nombre  des  exemplaires 
connus  de  cet  ouvrage. 


r)()G        iiiSToim:  i)i:s  f>i;rviîi:s  df.  th.  haï  tiiii. 

N"  '212.  Les  Papillons,  nul  imh-oit  ilc  mis  en  iimsi(iiir  p.ii 
iM.M.  Marin  l'oscai  iiia  fl  l'aolo  Tosli.  I.c  cniiiiinsilciir  (lcsij.'iii' 
dans  noiro    iKtlicc    iresl.  |utiiil     .M.   Th.   .loincl,   mais    hit-ii 

M.  L('0I1  .Inllict. 

N"  240.  Académie  Royale  de  Musique.  P:\p;c  12(1,  li;.'iic  lo. 
ail  liiMi  {\'/iiiiii(irii«ii(i\  Wvr  »  hiiiiiorinli'jiti'.  » 

N*  200.  Prospectus  de  la  Société  Œnophile.  l'ajio  IVT, 
lii.'iio  1()  ol   17.  \.\vi' rhifs-d'iriirii,  r\   \\(U\  i/ufs-d'intrrcA. 

N»  ;H2.  Lamento  ^r"";.  La  Chanson  du  Pécheur.  Ctîsvcrs 
ont  «MU'orc  r\r  mis  en  miisitiiic,  sous  le  lilic  de  ],(iinr)i(n, 
par  .M'"«  Viardof.  ('(  par  .M.  J\ml  Pii^'Cl.  De  plus,  (inimnd  les 
a  mis  aussi  en  nuisique  sous  le  liliv  de:  Ijimiiiln  /"•  /,/ 
Chcninnii  du  Vi'rhcur.  Cotte  mélodie  n'a  pas  él,(''  ])id)liée,  et 
le  nianiisciil  en  a  passé  en  venir  le  1«''  décembre  d88'i-, 
portant  le  N"  312  du  Culdloyiir  de  la  v(!iile  d'anLojiraplies 
faite  par  Élienne  Gharavay. 

N"  310.  Absence.  Ces  vers  ont  encore  été  mis  en  musique 
par  M.  Paul  l'u^'el,sous  le  titre  de  :  l'Ahaence,  el  par  M.  C.li. 
Lefebvre,  sous  leui'  titre  léel. 

N°  3ri9.  Monsieur  Victor  Hugo  dessinateur.  Le  litre 
imprimé  dans  ÏAUiiim  Cusinopulilr  (lif^iie  M;  est  certaine- 
ment inexact.  Il  laul  lire  :  Vue  de  Lierre  prés  d'A7ivers,  etc. 

N"  388.  Une  nuit  de  Cléopâtre  fii  opt^ra  en  trois  actes, 
e^trait  de  cette  nouvelle,  a  été  écrit  par  M.  P.  J.  Barbier 
pour  Victor  Massé'.  Il  n"a  été  représent(''  que  le  2."»  avril  1881», 
un  an  après  la  mort  de  ce  chainianl  eomposileur. 

N"  423.  La  Tulipe.  Page  iUO,  lire,  à  la  note,  N"  27,  au  lieu 
de  N°  20.  (l'était  l'adresse  de  Victorine,  qui  inspira  à  Théo- 
jiliile  (iaulit'c  l'une  de  ses  passions  les  plus  vives.  Arsène 
Houssaye  en  a  parlé  avec  détail  dans  ses  intéressantes 
Co7i  fessions. 

Page  180,  à  propos  des  fragments  de  Théophile  Gautier 
repris  par  Balzac  dans  Bvutrix,  la  dernière  citation  paral- 
lèle est  tout  à  l'ait  intervertie  et  lronqu(''e.  Nous  l'avions 
réimprimée  d'après  le  texte  même  tie  M.  Victor  Fournel 
dans  le  Corrt'xpondmit,  et  voici  comment  elle  doit  être  lue  : 


APPENDICE  ET  ERRATA. 


Î)G1 


Balzac. 

le  costume  du  temps 

où  les  femmes  avaient  des 
corsets  pointus  ù  échelles  de 
rubans  s'élançant  minces  et 
frêles  de  l'ampleur  étoffée 
des  jupes  en  brocart  a  plis 
soutenus  et  puissants,  où 
elles  s'entouraient  de  frai- 
ses godronnées,  cachaient 
leurs  bras  dans  des  man- 
ches à  crevés  à  sabots  de 
dentelles  d'où  la  main  sor- 
tait comme  le  pistil  d'un 
calice, 

(P.  ga.Ae^/^c/e,  20avril 
1839.) 


Gautier. 

Les  grandes  robes  de 
lampas  ou  de  brocatelle 
aux  plis  soutenus  et  puis- 
sants, les  hautes  fraises 
godronnées ;  les  man- 
ches à  crevés  et  à  sabots  de 
dentelles,  dont  la  main  soil 
comme  le  pistil  du  calice 
d'une  tleur  ;  les  cor- 
sets pointus  à  échelles  de 
rubans  s  élançant  minces  et 
frêles  de  l'ampleur  étoffée 
des  jupes  ; 

(P.  385.  Jenny  Colon, 
déjà  citée;. 


'  N°  432.  La  Toison  d'or.  Celte  nouvelle  a  encore  été  réim- 
primée, en  1881,  dans  le  volume  de  Tliéopbile  Gautier  : 
Mademoiselle  Dafné. 

N"  4o4.  Le  Garde  national  réfractaire.  Ce  morceau  reparut 
encore,  en  1873,  a  la  suite  des  Jruncs  France.  11  y  est  tou- 
jours imprimé  avec  sa  transposition. 

N°  476.  La  Colombe  messagère    Plaintive  tourterelle'. 

Celle  romance,  mise  t-n  musiqm^  par  mademoiselle  Martin, 
porte  inexactement,  à  sa  première  page,  le  titre  de  Plaintive 
fiirrmdelle,  sous  lequel  elle  a  été  inscrite  par  erreur  dans  la 
Bihlifigrapkie  de  la  France  en  1842.  M.  Paul  Porthmann  Ta 
aussi  mise  en  musique  sous  son  vrai  titre. 

Voici,  enfin,  une  strophe  inédite  de  cette  pièce.  Elle  doit 
se  lire  après  les  deux  premières  du  morceau  actuel,  qui, 
dans  la  version  primitive,  (écrite  en  sirophes  de  huit  vers, 


nos       iiiSTiiiiu:  dks  ui:i  vhks  ijk  th.  <;.uiii;k. 

cl  non  »lo  (|ii;ilr(  l,  n'en  f<iniiaionl  ((u'imo  soulo.    I.c  nml  ; 
(lih-,  icplart-  il  la  riiiic,  la  lil  .•-ans  ddulc  siipiiriiiirr  : 

Ah  !  si  j'avais  des  ailt's, 
Cdinmc  je  m'en  irais  ! 
Sur  SCS  lèvres  lidèles, 
Comme  je  m'abattrais  ! 
Pour  moi,  vite,  iiicii  xilc, 
Fendant  le  lilcu  de  l'air, 
Vole  au  toit  (lu'il  lialiite, 
l*!iis  promplc  (|iii'  l'éclair  ! 

N"  506,  L'Ondine  et  le  pécheur.  Il  s'ayil  ib'  inadcimii- 
sello  Nathalie  Filzjaincs  dans  cette  notice,  et  non  Kiamos, 
comme  on  Ta  corrigé  à  faux  ;i  l'imprimeiic,  soi'  les 
bonnes  rcuillcs.  (>es  vers  ont  encore  éli'  mis  en  musique 
par  .M.M.  Pierre  de  Bréville  et  \..  l'illiaux. 

N"  i)07.  Les  Matelots  et  la  mer  (Les  Matelots),  ("/est, 
M.  Gabriel  Fauré  (et  non  Faurej  (jui  a  composé  lamiisiciue 
de  ces  vers. 

iN"  oi;3.  Giselle  ou  les  Wilis.  l,a  disliilmli'  n  des  rôles 
imprimée  dans  les  deux  éditions  du  Théâtre  de  TlK'ophilo 
Gautier  est  inexacte.  Voici  la  distribution  vi'M'itable  de  l,i 
première  repré?(Milation  : 

(jhelle,  paysanne.,..*.......  .M""'*  Cai'loll.a  Grisi. 

Mj/rtha,  reine;  des  Wilis Dumilùlre  2''. 

Balliildc,  fiancée  du  duc.   .    .  Forster. 

Berthe,  mère  de  Giselle Roland. 

Zuhna,  Wili Dumilàtre  1''^ 

Moyna,  Wili Carr»'. 

Le  Duc  Albert  de  Silésie,  sous 

des  habits  villageois M.M.    Petipa. 

Hihirion,  garde  chasse Simon. 

Le  Prince  de  Cowiande Quériau. 

yVilfrid,  écuyer  du  duc..,,  Coralli. 

Un  Vieillard,  paysan L.  Petit. 


APPENDICE  ET  ERRATA.  569 

M""  Forsler  à  inspiré  deux  pièce?  de  vers  à  Théophile  Gau- 
tier (Voir  N'»  734  et  7;i9). 

N°  Îv26.  En  passant  à  Vergara.  Liie  ainsi  le  vers  8  de  la 
page  223  : 

Naguère  eut  le  rayon  qui  t'éclalre  à  présent. 

N°'  527,  o28,  o'29  et  ;i30.  Supprimer  le  mot  :  En,  avant 
E>ipftgne,  et,  pour  le  N"  529,  lire  15  septembre  (el  non 
15  novembre)  1841. 

N°  538.   Espagne.   IX.    Sérénade    (LÉchelle    d'amour). 

'Sérénade  a  encore  été  mise  en  musique  par  M.  Gharbîs 
Grisart,  et,  sous  lelilrc  de  Y  Échelle  d'mnoiir,  ]^a.r  M.  Gabrii'l 
Fauré. 

N°  548-  Rapport,  etc.  I.e  morceau  de  Théophile  Gautier 
cité  dans  cette  notice  pourrait  bien  être  int''dit,  malgré  les 
traces  d'impression  que  porle  le  manuscrit.  Il  était  sans 
doute  prêt  à  paraître  dans  la  Pretisc,  à  la  un  de  no- 
vembre 1841,  lorsque  son  auteur  fut  nommé  membre  de  la 
commission  du  monument  de  Napoléon  I'^''.  Telle  serait  la 
raison  qui  empêcha  sans  doute  la  mise  au  jour  de  ce  travail. 

N"  559.  Une  Journée  à  Londres.  Les  deux  paragraiihes 
qui  n'en  forment  (ju'un  seul  dans  la  Revue  dea  deux  Mondes, 
sont  les  paragraphes  six  et  sept  de  ce  récit  de  voyage,  seu- 
lement dans  Ses  premières  éditions  de  librairie.  Depuis 
l'édition  de  1865,  il  s'agit  ici  des  paragraphes   sept  et  huit. 

N°  585.  Opéra,  etc.  Ge  feuilleton,  bien  que  portant  en 
tète  la  date  du  15,  n'a  paru  que  le  16  dans  /((  Presse. 

N°  588.  A  des  amis  qui  partaient,  sonnet.  Ge  sonnet  el  la 
lettre  qui  le  précédait,  ont  été  écrits  en  juin  1835,  et  adressés 
à  M.  L.  Leroux.  Le  roman  promis  à  Renduel,  était  Made- 
moiselle de  Matepin,  et  c'est  dans  un  petit  volume  collectif, 
intitulé  /(,'  Cnnataye  en  Franee,  que  se  trouvent  imprimés, 
pour  la  première  fois,  le  fragment  de  lettre  et  les  détails 
que  nous  avons  recueillis  pages  248  et  249.  Ce  livre  a  paru 
chez  Taride,  en  1858,  et  le  chapitre  de  Léon  Gatayes  qui 
contient  ces  lignes  porte  pour  titre  :    la  SHne  il  y  a  trrnle 


r>-;o        iiisT(tii{K  DES  f«-:rvuKs  dk  th.  fi.MTiKn. 

((«s.  De  plus,  II'  rr;ii;iui'iil  d'iii  I  irji'  de  M.  I,.  I.crniix  i|iic  nous 
avons  cili',  csl  rxlrail  imn  de  la  HntK  .\(W(rr//r,  mais  drs 
liriHi,v-Ai(!>,  niKr  itniinllr. 

N"  ii'.).-^  Théâtres^  ïliroplnlr  Canlin  |i;iil,'  d.ms  nd,aiii(lc 
tic  son  doini'^lii|iic  Ahdallali,  ddiil  d  r-l  iiiic^lion  aussi  dans 
la  non\(dli'  :  /((  l'ipc  //'(Ijiiuni. 

N"  C>1\.  Le  Hachich  a  ('h-  M-inipi-iMn'' aussi  dan<  WMiiin-- 
tiiicli  (Ir  Friincr  \\t\ni  jS.'il.  ri  la  nn''nir  anniT,  simiv  |r  liiic 
(!'■  :  rK.sjor/7  (/(•  r/Ktavrc,  i\:\\\^  \r  hmn'  driix  des  Cluf^-d'ivu- 
vir  des  l'^crivnins  du  jour. 

N"  G34.  Séguidille.  M.  l'anl  l'u-vl  ;i  mi-  aussi  ces  vers  en 

mil-~i([m',     Milis    le   lilic  de   l'/iilH^till   All'/dIdIISC. 

N"  ii~'.\.  Pendant  la  tempête,  prière.  Ci-s  vris  oni  rh'  mis 
aussi  ou  miisi(|ui\  sons  le  lili'c  d.'  :  Fliio'  du  l'arudis,  par  li' 
vicoinlr  Havnmn  Decuzes  (sons  le  p-i'udoiiymi'  de  Kavnion 
Sé/.ac).  Ils  ont  été  encore  impi  inn's  en  lac-simik',  en  d88îi, 
dans  ii'S  ('(mf'rs^ions  dWi'srnc  lliiiissa\ c. 

N°  67Î.  Poésie  :  le  Soleil  et  la  Lune.  I.a  lin  du  druxirim- 
parapniplie  <li'  la  leltre  inédite  do  Théophile  (laulici'  an 
baron  Honnaire  cili-c  dans  cette  notice,  a  ('•((''  ahsoinmcid 
allcréc  à  rim|>iimcrie  snr  les  bons  à  tirer;  voici  comment 
il  l'aul  la  iclalilir  :  '(  a  don  ItnJo/.  des  diMix  mondes  ». 

N"  711.  Feuillets  d'album  d'un  jeune  rapin.  .V  la  li-nc  11 
(le  la  pap"e  277  lire  :  De  mii-  mthnidi,  el  non  Dr  ar^  iinhiiuli. 

N"  747.  Guzla.  ■  Dans  un  baiser.  »  Ces  vers  ont  mcoie 
été  mis  en  mu>i(pi('  par  M.  (labi'iel  Fanré,  sous  le  lilrc  de  : 
Seule. 

N°  7a9.  (Sans  titre,  etc,  ('elle  |iicce  de  vers  est  aussi 
imiM'inn'-e  ti'és  inexarlemenl  dans  le  calnlo^^ue  de  la  eollee- 
lion  d'autographes  Hodakowski  (Troisième  parlie,  pafie  636, 
in-8°,  Berlin,  1864),  collection  appartenant  aujourd'hui  à  la 
Bibliothèque  de  Berlin. 

N"  762.  L'Esclave  a  encore  été  mise  en  musique  par 
.M.  l.alo. 


APPENDICE  ET  ERRATA.  571 

K°  764.  (Sans  titre),  etc.  Ces  veis  oui  encore  été  mis  en 
musique  par  M.  Paul  Piiyel  sous  le  litre  de  VŒiUcl  rniif/c. 

N"  764'"'*.  Deux  tableaux,  etc.  A  la  dernière  ligne  de  la 
page  301  et  à  la  deuxième  de  la  [)age  302,  rétablir  ainsi  le 
nom  (le  madame  Si(i)V(  Kévy. 

N»  804.  Salon  de  1846.  Voir,  pour  la  pièce  de  vers  :  les 
Néréides,  le  N"  1200. 

N°  811.  Les  Roués  innocents.  La  petite  édition  de  la 
Librairie  Nouvelle  a  pai'u  en  1862,  datée  de  1863. 

N°  830.  Le  Pavillon  sur  l'eau.  I.a  lettre  de  Gautier  est 
adressée  à  M.  Samuel  Henri  Berthoud,  nommé  inexactement 
ici  Sir  Henri  Rerllioud. 

N"  831.  Courrier  de  l'étranger.  A  la  [)age  340.  ligne  3, 
lire  feiiilliidnislj',  (4  non  friiillrtumiiste. 

iN°  83 L  Théâtre  Français,  etc.  Su|iprimer  le  im)t  (A. s-, 
ligne  9,  page  3;i('>. 

N"847.  Rondalla.  Ajouler  :  (Voir  N»  607), 

N"  S:i8.  La  Croix  de  Berny  (Courrier  de  Paris).  Page  364, 
ligne  o,  au  lien  de  .Ni^  li;)U,  lire  :   c  Voir  .N"  HiiS.  » 

N°  896.  Pierrot  Posthume.  Page  371,  ligne  16,  au  lieu  de 
N»  1932'''%  lire  :  «  Voir  N"  19332".  » 

>■"  970.  Lettre  à  Auguste  Vacquerie,.  La  lin  de  la  lettre 
d'Alexandre  Dumas  a  été  imprimée  inexactement  dans 
V Événement.  Dumas  l'a  publiée  dans  son  joui'nal  le  Mois 
(numéro  de  février  1849).  et  voici,  d'après  cette  version 
rectifiée,  comment  sa  leld'e  se  termine  : 

«  pour  en  avoir  jamais  fait,  ou  être  tenté  d'en  jamais 
faire  ». 

Une  lettre  inédite  de  Théophile  Gautier  à  son  ami  Louis 
de  Cormenin,  écrite  en  mai  1862,  porte,  qu'à  celte  date,  il 
ne  s'était  jamais  présenté  à  l'Académie.  Nous  fiant  à  ce  ren- 
seignement, nous  avons  indi(pié  seulement  trois  candida- 
tures du  poète.  11  en  existe  pourtant  au  moins  une  quatrième, 


r.7;>       iiisToiuF.  DKS  (ii:i  \  lus  i)K  TH.  (;.\iTii:i{. 

|Ktiii'  l.iiiiiclli'  il  l'crivil  la  Icliic  di-   (Irinaiidr    cxiurc  par  \r 
i'i''|?l('mi'iils.  Il    s'a-.nl  tlf  rrli'clidii    au  l'auliiiil  dr  \|.  Ciiarlr 
(le  l.aiii'h'lli',  iiu'iililini  M.  lîiol,  cm  IS.'ili.   'riir(>|iliili' (iaiilicr 
ii'i'ùl  (|  MM  III'  seule  \l»i\. 

N"  ".tTS.  Le  Musée  ancien,  l'aj,'-!-  Wi'.»,  Ii;.;nc  :io.  au  lieu  di' 
N»  I  I7t».  lire  :  •<  Viur  N"  I  17:;.  » 

N"  l()at;i"\  Salon  de  1849.  lu  eomi  IVa^'inenl  de  l'ailiele 
du  111  juillel  a  iMe  iiiiii|iiiiin'  eu  is;i;i  dans  la  lii'deliiiic  mui 
mise  dan*;  le  (•(iiumerco,  iiililiiléi»  :  Frotni'nl  Mi'uriri-. 

Conseil  d'État.  Section  de  législation.  Commission  char- 
gée de  préparer  la  loi  sur  les  théâtres.  Enquête  et  docu- 
ments officiels   sur   les  théâtres.   lii-4"  de  31   ieuilles   el 

ili'lilie  {24s  [laucs  .   linjii  iiiiirir   \iil iniinli'.  ni''eeiiilu-e  liSi-!). 

('ell(^  t'n(|U(Mf\  omise  daus  noire  lra\ail,  où  sa  placi', 
d'aïuès  l'ordre  elirnnolo^'i(|ue  élaldi,  sérail  avaul  le  N"  101  'i, 
esl  insi'ritc  seuleiiionl  sous  le  N"  '.)6<i  de  la  hihli'.ijyuphlr  dr 
ht  Frinici'  du  23  levrici'  IS.'IO;  elle  conlieiit  les  i'é])oiises  \fi- 
hales  faites  jiar  Vielor  Ilujjo,  Alexandre  Dumas,  Jules  Jaiiiii, 
.Scribe,  Emile  Soiiveslic,  etc.,  devant  la  commission  char^n'e 
de  préparer  une  loi  sur  les  théâtres.  Tlié'ophile  Gautier  l'ut 
aussi  consulté,  et  sa  déposiliou  clulc  du  24  septendtie  184!». 
Nous  trunsci-ivons  iei  le  compte  rendu  de  celle  séance  {pages 
77  à  83  du  \oliiiiie  . 

Suite  de  la  Séance  du  24  seplevibre  (1849). 
MM.  Merle,  Théophile  Gautier,  Delaforest. 

M.  LE  Président.  —  M.  Merle  vent-il  nous  exposer 
.ses  idées  sur  la  ([iiestion  de  la  liberté  indusliiclle  des 
théâtres  ? 

M.  Merle.  —  Le  moiivemeiil  {\v<.  espi'ils  esl  lellemenl 
prononcé  en  faveur  de  la  liberté  indusltielle  des  théà- 
Ires  qu'il  sera  difticile,  à  mon  sens,  de  ne  pas  l'établir  ; 
mais  je  la  regarde  coDime  désastreuse  au  point  de  vue 
de  l'art  comme  au  point  de  vue  de  l'intérêt  des  entre- 
preneurs ;  elle  augmentera  le  nombre   des  mauvais 


APPENDICE  ET  ERRATA.  Tn.') 

comédiens  et  achèvera    de    ruiner    les    Ihéàtres  (]iii 
existent. 

D'un  autre  côté,  je  dois  le  dire,  le  système  actuel,  le 
système  des  privilèges,  est  détestable  en  tout  point.  On 
fait,  depuis  longtemps,  un  trafic  des  privilèges  ;  cest 
devenu  une  véritable  marchandise. 

Je  crois  qu'on  devrait,  dans  les  circonstances  actuelles, 
accorder  la  lilierté  des  théâtres,  mais  en  la  restreignant 
autant  rpie  possible,  dans  la  pratique,  par  des  condi- 
tions difficiles  à  remplir  :  conditions  de  construction, 
condition  de  police,  etc. 

M.  LE  Président.  —  Si  vous  étiez  dégagé  de  la  pré- 
occupation de  l'esprit  public,  accoi'deriez-vous  la  liberté 
des  théâtres  ? 

M.  Merle.  —  Non  certainement;  j'aimerais  mieux  me 
servir  de  la  législation  des  privilèges  et  en  faire  dispa- 
raître les  abus.  Ils  sont  bien  nombreux,  je  lejépèle. 

M.  Delaforest.  —  Le  système  de  la  hberté  industrielle 
des  théâtres  serait  déplorable  au  point  de  vue  des  inté- 
rêts publics  et  privés.  Loin  de  profiter  aux  auteurs,  aux 
populations,  aux  comédiens,  il  nuirait  à  tout  le  monde. 
Du  reste,  il  me  semble  que  la  question  des  théâtres 
tout  entière  est  dominée  par  une  grande  question  poli- 
tique, celle  de  la  décentralisation  administrative.  Avant 
de  rien  statuer  sur  la  législation  théâtrale,  il  faut  savoir 
si  le  Gouvernement  veut  conserver  la  direction  ou  la 
surveillance  des  théâtres,  ou  bien  s'il  veut  abandonner 
aux  administrations  municipales  cette  direction  ou  celte 
surveillance.  Dans  le  cas  où  il  adopterait  la  seconde 
solution,  il  se  dégagerait  des  embaiTas  dans  lesquels  il 
se  trouve  et  qu'il  aui-a  peine  à  dominer.  Dans  ce  cas,  si 
les  théâtres  continuent  à  ne  pouvoir  s'ouvrir  sans  une 


574  IIISTOIUK  llKS  nKl  \l!i;s  UV.    III.  «.A  ITlKli. 

aiiloiisation.  ce  serait  ati\  adiuinislraliuus  iniiiiici|ialL's 
à  la  ildiiiuM'. 

.M.Tiii':oriiii,KGAUTiKii.  — .Irrcuaidr  l;i  lihciir  ((iiiiinr 
le  seul  rruinic  possiltlf  iKMir  riiuliislnr  llicrilialf.  |,a 
morale  ni  l'arl  imiil  rini  ua.uiir  an  rrLiiiiic  icsii-iclil  ; 
les  llu'àln's  iir  IVionl  jamais  île  plus  niaiivaises  allaircs 
(|ii'ils  ircii  toiil  aM'c  ce  fruiinc. 

.M.  I.E  PRKSIDKHT.  —  A\cC  le  iruJIIir  de  IlIxTlé 
ailmeltez-Noiis  la  coiisri'Nalidii  des  llir;ili('s  siih\('ii- 
liuiiiiés? 

y\.  THÉoi'iiiia':  Gautier.  —  Jr  Tadmols  pai-Jailomoiit. 
Je  veux  la  lilicrlô  dos  lliràlros  pour  tout  le  luoiidc, 
aussi  l)iou  pour  l<>  GoiiNciiioiiicnl,  l'cprrsonlalion  de  la 
natiou.  (pic  pour  cluupie  ciloycn  de  la  nalioii.  I,e  Gou- 
vernement a  le  droit  d'élever  rinielli.uence  du  peuple 
et  de  le  moraliser;  s'il  juge  certains  lliéfilics  utiles  à 
celte  œuviv,  il  peut  les  soutenir,  les  subventionner,  il 
peut  même  avoir  ses  théâtres  dirigés  |)ar  des  agents 
qu'il  nommera  ;  mais  les  théâtres  actuellement  suljven- 
lionnés  par  l'Etal  ont  un  privilège  (pi'il  me  semble 
impossible  de  leur  conserver  :  la  propriété  exclusive 
de  l'ancien  répertoire. 

M.  Merle. —  Vous  n'avez  pas  vu,  comme  moi,  /)on  Juan 
joué  par  M.  Pompée  dans  une  échoppe  du  boulevai'd. 

M.  Théophile  Gautier.  —  Et  où  était  le  mal?  Pen- 
dant ce  temps-là  il  ne  jouait  pas  des  ordures,  et  ses 
auditeurs  saisissaient  toujours  quelques  bribes  d'une 
grande  œuvre. 

M.  le  Président.--  Vous  croyez  que  l'émancipation 
de  l'industrie  théâtrale  serait  aussi  féconde  pour  lait 
que  le  régime  de  protection  ? 

M.  Théophile  Gautier. — La  protection,  je  l'ai  dit. 


APPENDIGl';  l"r  EUUATA,  Ô75 

je  fadmels  i)oui'  corlains  lliéàlres  ;  ffu'est-elle  mainte- 
nanl  pour  les  lliéâtres  ?...  Rien  !  Si  rÉlat  avait  des 
moyens  de  proteclioii  ré(^lle,  je  pourrais  hésiter.  J'ad- 
mire Louis  XIV,  et  plus  encore  Léon  X.  comme  pro- 
tecteurs des  arts.  Le  rôle  qu'ils  ont  joué,  les  gouverne- 
ments actuels  ne  le  jouent  plus  ;  la  portion  qui  revient 
à  la  littérature,  dans  le  budget  des  beaux  arts,  est  telle- 
ment minime  qu'elle  ne  peut  servir  qu'à  donner  des 
secours.   Or,  les  hommes  d'une  certaine  valeur  n'en 
sont  pas,  d'ordinaire,  à  avoir  besoin  de  cette  sorte  de 
protection.  Il  y  a  quelques  places  (pii  pourraient  servir 
de  récompense  et  d'encouragement  aux  auteurs,  comme 
celles  de  bibliothécaires  ;  on  aime  mieux,  en  général, 
les  donner  à  des  hommes  politiques.  A  une  protection 
semblable  je  préfèi-e  la  liberté. 

M.  LK  Président.  —  M.  Delaforest,  vous  avez  rempli 
sous  la  i-estauration  les  fonctions  de  censeur.  Pouvez- 
vous  nous  donner  quelques  détails  sur  la  manière  dont 
la  censure  était  exercée  à  cette  époque? 

M.  Delaforest.  —  Il  y  avait  plusieurs  censeurs.  On 
remettait  lieux  manuscrits  de  chaque  pièce  au  ministère 
de  l'intérieur.  Le  bureau  des  théâtres  les  renvoyait  aux 
censeurs.  Ils  examinaient  la  pièce  successivement,  puis 
faisaient  un  rapport  (pii  contenait  leurs  observations 
sur  le  fond  et  sur  la  forme.  Le  ministre,  d'après  le  rap- 
port, permettait  ou  ne  permettait  point  la  représenta- 
tion. Sous  la  Restauration,  la  censure,  d'ailleurs  assez 
large,  eut  le  tort  de  ne  pas  se  contenter  d'intervenir 
dans  ce  qui  regardait  la  morale  et  la  politique,  mais  de 
se  faire  encore  quelquefois  partie  dans  les  querelles 
littéi-aires  qui,  alors,  occupaient  tous  les  esprits. 
11  n'y  avait  pas  (jue  la  censure  des  manuscrits  ;  la 


576  HISTOIHK  DKS  Œl^VUES  DR  TH.  CM  TH.Ii. 

criisiiri'  s"''\iMi;;iil  ciicori'  ;iii  llir;'ilrr  iiK'iiii'.  lors  des 
ri'jK'iilioiis  ni'ncrali's  :  sans  rcla  rllc  fiil  vlr  iii('nin|)IMt\ 
L'iinpi't'ssioii  ipii'  prodiiil  une  picci'  irsiiKc.  en  rtIVl, 
sncloiil  (Ir  la  niisi'  cii  scène  du  jeu  dcsarlours.  C/otîiicnl 
les  iiis|H'clt'ins  {]>'<.  ilii';iliT-^  i|in  <'\tM'(;aicnl  ccllr 
(l(Mi\i(Mni'  ccnsiirt'  ;  (danl  ins|H'clrin-  t\i'^  lliràtrcs  en 
lUiMiit'  It'inps  (|iiL'  censeur.  J'ai  cti  aussi  occasion  de 
l'exercer  ;  loin  de  sni'cncin'rir  sur  les  riLiiicms  de  la 
première,  le  plus  souveiil,  au  conlrairc  cllr  les  dinii- 
nuail.  Tel  passade  qui  avait  i)aru  dan,u(M'eux  aux  cen- 
seurs èlail  souv(Mit  autoi'isé  loi's  des  i(''p(''tilions  urnô- 
rales  par  l'inspecleur. 

M.  r-E  Président.  —  Pensez -^ous  (pie  la  loi  ijue 
nous  préparons  doive  rélablir  la  censin"e  ? 

M.  Delaforest.  —  Je  le  crois,  mais  la  question  de 
la  censure,  comme  celle  des  lliéàlres  en  général,  se 
Irouve  dominée  par  la  (juestion  de  décentralisation 
administrative.  Le  Gouvernement  éprouverait  peut-étie 
de  l'embarras  à  rétablir  la  censure  à  son  protil.  La  loi 
pourrait  laisser  aux  administrations  municipales  le  soin 
de  faire  censurer,  (pumd  elles  le  voudraient,  les  pièces 
(|u"on  devrait  i-eprésenter  dans  les  villes.  A  Paris,  ce 
soin  serait  laissé  au  préfet  de  police  ;  comme  il  est  agent 
du  Gouvernement  en  même  temps  (ju'il  fait  partie  de 
l'administration  municipale,  le  Gou\ernement  inter- 
viendrait réellement  sans  assumer  la  responsabilité.  Ce 
serait  un  grand  avantage. 

M.  LE  Président.  —  On  pourrait  objecter  qu'à  Paris 
le  Gouvernement  a  trop  de  pouvoir  sur  le  préfet  de  police, 
et  qu'en  province  il  n'en  a  pas  assez  sur  les  municipalités. 

M.  Delaforest.  —  Il  ne  se  fait  pas  en  province  six 
pièces  par  an  ;  la  censure  y  sera  donc  peu  de  chose  ; 


APPENDICE  ET  ERUATA.  bll 

toutes  les  pièces  se  font  à  Paris.  Ainsi,  le  Gouverne- 
ment aura  encore  dans  sa  main  la  censure  presque 
aussi  entière  ({u'autrefois,  et,  je  le  l'épète,  sa  responsa- 
l)ilité  sera  Itien  moindre. 

M.  LE  Président.  ~  Un  auteur  censuré  à  Paris 
pourra  aller  se  faire  jouer  dans  toute  autre  ville,  à 
Rouen,  par  exemple,  si  la  municipalité  de  Rouen  est 
plus  indulgente.  Vous  voyez  donc  que  le  pouvoir,  que 
vous  attribuez  aux  municipalités,  est  très  considérable, 
et,  entre  les  mains  de  certaines  municipalités,  il  pour- 
rait être  fort  dangereux. 

M.  LE  CONSEILLER  BÉHic.  —  M.  Delaforest  admet-il 
que  des  municipalités  pouri'aient  renoncer  à  exei'cer  la 
censure  et  laisser  tout  jouer? 

M.  Delap^orest.  —  Parfaitement. 

M.  Théophile  Gautier.  —  Mon  opinion  est  toute 
en  faveur  de  la  liberté  morale  comme  de  la  liberté 
industrielle  des  tliéàtres.  Les  arguments  que  l'on 
invoque  en  faveur  de  la  censure  sont  spécieux,  mais  ils 
n'ont  pas  de  portée  réelle.  La  censure  est  impuissante: 
elle  s'attaque  d'ordinaire  aux  détails,  et  les  détails  lui 
échappent  si  facilement  !  Elle  frappe  une  allusion, 
l'allusion  se  déplace  et  passe.  Le  censeur  le  plus  minu- 
tieux omet  souvent  des  idées  dangereuses.  Qu'est  d'ail- 
leurs la  censure  du  manuscrit  ?  L'acteur,  par  ses  gestes, 
par  l'indexion  de  sa  voix,  peut  faire  sentir  tout  ce  qu'il 
veut.  Les  censures  de  tendances  amèneraient  des  sup- 
pressions complètes  de  pièces,  et  ces  suppressions  ont 
toujours  été  assez  rares. 

J'ajouterai  que  la  censure  porte  surtout  sur  les 
ouvrages  du  second  ordre,  auxquels  il  est  dangereux  de 
donner  de  l'importance  par  la  persécution,  et  que  les 

11.  37 


s 


578  lllSTOllii;  DKS  (H.l  VUKS  DE  TH.  i.Al  TlKll. 

uMlMTS    iMpilalcs,    celles    ddiil    rilllllleiice    es|    l.i    jiliis 
i-raiule.  lui  écliaiipeiil  |iies(]iie  loiljoui'S. 

Laisse/,  la  liherlé:  les  iHumes  pièces  coinlialli'oiil  les 
inainaises  pièces,  el  huil  ^e  halaiicora.  iNV  |iieiii'/,  pas 
d'aiilies  censeurs  ipie  le  |iulilic;  c'est  un  censein'sévèi-e. 
éclairé  el  coiilre  leipii'l  il  ii'\  a  rien  à  dire. 

M.  i.K  IMcKsinKNT.  —  l'reiKMis  deux  exemples  actuels. 
I.e  lliéàlre  de  la  Porlc  Sainl-Marliii  Iraine  siu'  la  scène 
le  pape,  le  chef  suprême  de  la  relijiion  cal.lu)li{]uc  à 
lupu'lle  la  iMMiice  apparlieiil  pres(|iie  (oui  enlière. 
D'un  aulre  cùle,  de|iuis  (juehpu's  mois,  vous  vove/  sur 
d'aulre-s  scènes  les  aulein-s  Ijalouer  la  Répuliliipie.  le 
Gouvernement  sous  lequel  nous  vivons.  Ne  penscz-vou 
pas  (pi'il  y  a  dos  inconvénients  à  laisser  ainsi  le  [tulilic 
insulter  tout  ce  (|ui  a  droit  au  respect  des  hommes? 

M.  TiiKOPHiLE  Gautier.  —  Remarquez  que,  si  vous 
ne  voulez  point  permettre  de  produire  un  pape  sur  la 
scène,  vous  eu  arriverez  à  dire  bientôt  :  pour(pioi  laisser 
>  produire  un  roi?  pourquoi  un  fonctionnaire?  pour- 
quoi un  notaire?  pourquoi  un  médecin?  C'est  ainsi  que, 
sous  le  dernier  réiiime.  la  censure  était  descendue  du 
roi,  des  pairs  de  France,  des  députés  et  des  ecclésias- 
ti(|iu^s,  aux  gendarmes.  Vous  arriverez  bientôt  à  n'avoir 
plus  de  pei'sonnages,  mais  seulement  des  caractères, 
des  êtres  abstraits,  comme  le  Panialon  de  la  Comédie 
italienne.  Quand  l'autorité  est  légitime,  et  qu'elle 
mérite  les  sympatbies  du  jtublic,  (pi'elle  s'en  rapporte  à 
lui  :  il  pourra  être  égare  un  instant,  il  reviendra  vite.  Ces 
pièces  du  Vaudeville,  dont  vous  parliez  tout  à  llieure, 
elles  tombent  ;  personne  n'y  va  plus. 

M.  LE  Président.  —  H  y  a  deux  choses  à  examiner 
dans  la  question  de  la  censure  :  le  principe  en  lui-même  el 


APPENDICE  ET  EUIIATA.  ô79 

la  manière  dont  il  est  appliqué.  Il  se  peut  que  dans  le  passé 
l'application  ait  été  tracassière  et  quelquefois  injuste; 
mais,  s"il  \  avaitmoyende  supprimer  ses  abus,  n'vaurait- 
il  pas  grand  intérêt  à  empêcher  le  tliéàtiv  de  jeler  dans 
l'esprit  public  des  germes  de  désordre  et  d'immoralité? 

M.  Théophile  Gautier.  —  Je  répète  ce  que  j'ai  dit  : 
lapportez-vous-en  au  seul  véritable  censeur  que  vous 
puissiez  troiivei-,  au  public.  Ne  craignez  pas  si  facile- 
ment (ju'il  puisse  être  perverti.  Ayez  confiance  dans  sa 
sagesse  et  son  intelligence. 

M.  Merle.  —  Pauvre  censeur  que  le  public  !  car  il 
n'empêche  rien. 

M.  Théophile  Gautier.  —  Rarement  il  empêche 
par  la  violence,  et  je  l'en  félicite;  mais  il  empêche  en 
ne  venant  pas,  en  refusant  son  argent. 

M.  Merle.  —  Le  grand  malheur  de  la  censure  c'est 
(|u*elle  a  presque  toujours  été  faite  dans  un  intérêt  privé 
et  à  un  point  de  vue  singulièrement  mesquin.  Elle  en 
était  arrivée  à  interdire  dans  une  pièce  la  mention 
d'une  salade  de  barbe  de  capucin.  Il  fallut  que  l'auteur 
cherchât  toute  autre  salade  qui  \w  compromît  pas  la 
religion.  Si  on  pouvait  organiser  la  censure  de  manière 
qu'elle  fût  plus  large,  plus  impartiale,  elle  deviendrait 
tolérable,  et  l'on  aurait  rendu  un  véritable  service  au 
pays. 

M.  Delaforest.  —  En  généi'alisant  cette  observa- 
lion,  je  dirai  qu'il  faudrait  trouver  des  censeurs  qui 
n'aient  point  d'esprit  de  parti.  Cela  est  difficile,  car  les 
agents  secondaires  sont  toujours  disposés  à  exagérer  le 
zèle. 

M.  le  Président.  —  M.  Gautier,  dans  le  système  de 
la  liberté,  vous  auriez  des  garanties  purement  répres- 


580  IIISTOIKI.  DKS  'iKUVUKS  Di;  TH.  (..\iTii;i;. 

sJNt's.  MiiliT  les  mains(l»'(|iii  |»l;icrri(v.-\niis  la  i('[)i('ssi()n? 

M.  TiiKoriiii,K  CiAUTFKiî.  -  l'Jilic  Ics  iiiaiiis  du  jiii\v, 
foimiir  ('l'Ile  lies  drlils  de  presse.  Ksice  une  alla(|iie 
coniro  le  ("loiueiiiemenl.  la  inoiale  |iid>li(|iie  ?  I.e  miiiis- 
1ère  pMldic  pdiii^iiil  (roriicc.  l'isl-ce  une  caldinnie  difi.Liée 
conire  un  ciloM'ii  ?  I(*  cihiyen  poile  plande  coinine 
(jiiaïui  il  esl  allaipié  dans  un  Joniiial. 

M.  Delafoukst.  —  ^'(tlls  donneiie/.  là  une  sin<iiili(M'0 
mission  an\  li'ihnnaux,  au\  jui\s:  pour  ju,iiii' conscien- 
riciisenicnl,  il  l'andrail  (juils  assislasscnl  en  coi'ps  à  la 
reprc'S(MUalion  de  la  pièce;  sans  cela,  le  passa.ue  incri- 
miné, el  ipii  peu!  n'èlrc  coupable  (iu'à  cause  du  jrMi  de 
l'acleur,  leur  [)arailrail  le  plus  souvenl  coiiiplcleincnl 

innocent. 

{Signé)  :  DelaforesT, 

Théophile  Gautier, 

Meule. 

Ln  Librrlr  i\\i  \X  juillfl  <■(  le  siipph'innil  lilh'T.'iii'r  ilii  /'V- 
(jiirii  ilu  7  uo\cndtiT'  iS.s;».  nul  i cpiodiiii  drs  tVa,i;iiirii(s 
cnipiunlcs  u  ^•^^\[^•  Kiupit'le.  et  j).irliculirit'infnt  les  ap|ti'(''- 
ciaUoiis  de  Tliéopliilc  (Jaiitiur  sur  la  censure,  que  nous 
venons  de  oilor. 

N"  lOKi.  Histoire  des  Peintres  de  toutes  les  écoles,  etc. 

Il  nous  a  r-ti'  impossililt'  (W^a\  retrouver  le  prospccliis,  ipn 
inainpir  ;i  l;i  Hililiollirijne  Natioiudi'.  Tnulcloi-;,  djuis  un 
|tr()speetus  ultérieur,  datant  de  JSlil),  nous  avons  trouvé, 
sous  le  titre  de  :  Premier  Prospectas,  u\\  inorreau  que  ihuis 
supposons  être  la  réimpression  do  celui  (pie  nous  n'avons  pu 
découvrir  en  édition  originale.  Le  voici.  Connue  ouïe  verra, 
Théophile  daulier  ni  .iiiciiii  des  auleuis  ne  s"y  li'oiive 
iioninié  : 

Lliisloire  de  la  peinlure  esl  inconnue,  el,  pourlanl, 
quoi  de  plus  ciiarmanl  à  raconlei'  el  à  lire?  Non  seule- 


APPENDICE  ET  ERRATA.  î>81 

ment  rexistence  des  grands  maîdes  est  toute  remplie 
de  romans  et  de  drames,  mais  elle  se  rattache  encore 
par  mille  liens  à  tout  ce  qui  nous  émeut  et  nous  captive 
le  plus  :  la  politique,  l'amour,  les  actions  héroïques,  la 
physionomie  des  personnages  fameux,  les  mœurs  des 
divers  peuples,  leurs  usages,  leurs  costumes.  Peut-on 
écrire  la  vie  de  Gros,  par  exemple,  sans  rappeler  les 
lialailles  de  l'Empire;  la  vie  de  Léonard  de  Vinci,  sans 
pénétrer  à  la  cour  de  François  I";  la  vie  de  Titien  ou 
celle  d'Albert  Dui'er,  sans  faire  revivre  les  grandes 
figures  de  Luther  et  de  Charles-Quint  ?  Il  y  a  un  moment 
où  l'hisloire  de  l'art,  soulevant  des  tapisseries  aux- 
quelles on  n'a  pas  encore  touché,  nous  introduit,  par 
une  porte  secrète,  auprès  de  la  grande  histoire,  et  nous 
y  fait  rencontrer  Holbein  entre  Anne  de  Boulen  et 
Henri  VIII,  Velasquez  à  côté  de  son  ami  Philippe  IV, 
Rubens  en  compagnie  de  Mai'ie  de  Médicis.  et  Philippe 
de  Champagne  dans  les  appartements  de  Richelieu. 

Les  livres  d'art  ont  été,  jusqu'à  ce  jour,  des  livres 
sans  aucun  charme,  et  par  conséquent  sans  aucun  art. 
Ecrits  pour  la  plupart  d'un  style  sec  et  décoloré,  ils  ont 
résolu  ce  singuliei-  problème  de  nous  ennuyer  en  nous 
parlant  de  ce  qui  doit  nous  ravir  :  la  beauté.  Qu'est-ce 
donc  que  la  peinture,  si  ce  n'est  le  monde  vu  par  son 
côté  le  plus  charmant,  parle  côté  qui  intéi'esse  l'esprit 
et  plaît  aux  regards?  Considéi-ée  d'ailleurs  en  elle-même, 
y  Histoire  des  Peintres,  si  on  la  suit  pas  à  pas  dans  cha- 
cune des  personnalités  qui  la  composent,  depuis  la 
Renaissance  jusqu'à  Prud'hon  ou  Léopold  Robert, 
jusqu'à  Reynolds  ou  Goya,  et,  si  l'on  veut,  jusqu'à 
M.  Ingres,  cette  histoire,  disons-nous,  a  un  attrait  par- 
liculier,  indépendant  de  laflinifé  des  tableaux  nvec  les 


■>s»        iiisTdiiii-:  I)f;s  (>i:i  viu:s  dk  th.  haitikm. 

ItMiips  (M  les  niodt'los.  cl  ('(Mil  |)ai'C(>  (|ii(>  la  pliiparl  tics 
pciiilrcs  ciii-ciil  une  (^xislciicc  |»lciiic  diiiUMVl  cl  t'iircnl, 
comiiic  les  Ik'ios  i\o  loiilc  soric  de  romans,  laiihU  <ira- 
l'ieiix,  lanh'il  |)alli(''li(|iie>  el  Ici  rihies.  Qu'on  iireiuie  an 
hasard  la  vie  de  Uilicra.  celles  de  Rembrandt,  de  Wal- 
lean,  (le  lîer.iiliem.  on  \  xerra  soil  un  dianie  domes- 
lii|iie  anssi  (''monvani  (|iie  les  Mnriip-cs  du  ]»einlre  espa- 
unol.  soil  le  d(''V(doppcnieid  d'un  cai'adeie  ranlas(pn'. 
iè\eiir  cl  pt'isiMintd  ,  soil  les  mobiles  (Mnolions  d'an 
p(i(''le  amoureux,  soil  un  moih'de  de  Iranipiille  cl  l'ianic 
pliilosopliie.  De  sorte  (\iu\  en  dcliois  nuMue  de  lems 
sujets  favoris,  les  peintres  onl  prestpie  tous  une  vie 
intcrcssanic,  coloiro,  pleine  d'accidents,  comme  cela 
doit  natnndlcnienl  arriver  aux  hommes  fails  pour 
sentir. 

Kcrii'c  dans  la  lan.nuc  IVaiujaisc.  la  jilus  parU'c  anjoin-- 
d'hui  de  toutes  les  langues  de  l'Europe,  l'histoire  {\o<. 
sept  «ifandes  ("«coles  de  peinture,  rt-unir  ainsi  en  un 
livre  d'un  format  t'l(\gant  et  facile  tant  de  documents 
ignorés,  non  Iraduils,  épars  dans  les  ouvrages  hollan- 
dais, italiens.  Ilamands,  espagnols,  anglais...,  n'csi-ce 
pas  rendre  un  service  aux  amalein's  de  tous  les  pays, 
saluer  dans  charpie  nation  ce  rpii  l'honore  et  faire 
admirer  à  chacune  d'elles  ce  rpii  fait  la  gloire  des 
autres? 

Combien  d'ouvrages  coûteux,  inromplcls,  cciils  d'un 
style  barbare,  dc'nués  de  toute  po(''sie  seront  rendus 
inutiles  par  un  livre  qui  en  reproduira  la  substance, 
mais  non  la  pesanteur,  qui  en  rectifiera  les  errements, 
en  relèvera  les  contradictions  elles  fautes  et  en  extraira 
pourtant  ce  qu'ils  onl  d'utile,  à  .savoir:  les  faits  incon- 
testables, les  indications  prt^cieuses.  enfin,  parmi  lanl 


APPENDICE  ET  ERRATA.  583 

de  jugements,  ceux  qui  mérilent  (Fèlre  discutés  ou  con- 
servés ? 

Une  telle  Hislob'e  des  Peintres  s'adresse  à  tous  les 
genres  de  lecteurs.  Elle  offre  aux  gens  du  monde  un 
nouveau  domaine  de  jouissances,  un  moyen  d'enrichir 
leur  convei'sation,  de  véi'ider,  poui'  ainsi  dire,  par 
l'histoire  de  l'art,  ce  qu'ils  savent  déjà  de  la  littérature, 
des  mœurs,  de  la  géographie  des  nations  et  de  leurs 
idées.  Greuze  sera  la  palette  de  Diderot;  Wouwermans 
dira  les  habitudes  des  chasseurs  ;  Van  Dyciv  retracera 
les  physionomies  de  l'Angletei're  au  temps  du  second 
Stuart  ;  Raphaël  nous  livrera  les  clefs  du  Vatican  et  saura 
nous  initier  aux  secrets  de  la  papauté,  à  la  manière 
dont  elle  entendait  s'emparer,  par  le[s]  sens,  du  gou- 
vernement de  l'univers.  Lorsque  les  visiteurs  seront 
groupés  autour  d'une  table  de  salon,  que  pourra-l-on 
étaler  devant  leurs  yeux,  sous  les  clartés  de  la  lampe, 
qui  vaille  \ Histoire  des  Peintres  ?  Quel  livre  magnili- 
quement  illusti-é.  quel  ouvrage  de  luxe  pourra  égaler  le 
charme  et  rimi)ortance  de  celui  qui  renfermera  les 
(euvres  les  plus  variées  et  les  plus  belles  des  grands 
maîtres,  un  album  où  La^vrence  aura  mis  un  de  ses 
élégants  portraits  ;  Rembrandt,  sa  Ronde  de  nuit  ;  Hol- 
bein,  sa  Danse  des  7no>-is;  Terburg,  Netscher  ou  Metzu, 
quelque  scène  d'intérieur  remplie  de  grâce,  de  mystère 
et  de  modestie  ;  Joseph  Vernet,  une  marine  ;  Ruysdaël, 
un  paysage  ;  Van  der  Neer,  un  clair  de  lune  ;  Greuze, 
\mc  famille  <le  frais  enfants  et  de  belles  jeunes  tilles  ; 
Van  Huysum,  un  bouquet  de  fleurs...  ?  Et  si  l'on  permet 
à  l'écolier  de  parcourir  d'une  main  prudente  une  aussi 
précieuse  galerie,  que  de  choses  viendront  se  classer 
d'elles-mêmes  dans  son  esprit  !  que  d'instruction  ne  pui- 


581  IIISTOIllK  DKS  OiaVIlKS  HK  TH.  liMTII.U 

soi'a-t-il  pas  dans  crlti^  liisloirc  de  la  pcinliiic  (|iii  n't'sl, 
api'i's  loiit  (|iic  la  [u'iiUiin'  de  l'Iiisloiic  !  On  conviendra 
l'arilt'nicnl  (|ni'  huit  l'csinil  du  monde,  dépensé  à  l'ilhis- 
Iralion  de  tel  ou  lel  li\ri'  ;'i  la  mode,  ne  saurait  êln- 
aussi  prolilaldi'  an\  jeunes  nciis  (pi'iiii  ou\  rat^e  où  soni 
reliés,  pour  ainsi  dii'e.  les  musées  de  |''|orence .  de 
Dresde,  d'AmsIerdani.  de  Madrid,  de  IKannlai^e  el  du 
J.ouvre.  Celui  ipii  médile  un  voyafj,e  en  Halle  sain-a 
d'avance  ci'  (pi'il  laul  aller  \oir  au  Vatican  ;  ce  (pil  l'al- 
tend  à  Naples  dans  la  sacristio  des  Chartreux  ;  à  Milan, 
dans  le  iinisée  de  rAnihroisienne  ;  à  Parme,  sous  la 
coupide  lie  Sainl-.lean. 

Ainsi  comprise.  V llistuii-c  des  l*(nntres  sera  pour  les 
fiilurs  voyageurs  un  itinéraire,  et,  pour  ceux  cjul  ont 
déjà  parcouru  lEurope,  un  recueil  abondant  de  sou- 
venirs. 

Quant  aux  artistes,  ce  livre  est  lait  pour  eux,  avec 
l'amour  de  leurs  ouvrages,  à  la  glolie  de  leurs  devan- 
ciersetd'eux-mèmes. Quand  ilsy  auront  lu  le  passé  de  leur 
ail.  si  plein  d'enseignements,  de  nobles  exemples  el  de 
grandeur,  ils  nous  auront  peut-être  quelque  reconnais- 
sance pour  avoir  ainsi  popularisé  le  goût  de  la  peinture 
el  leur  avoir  cherché  et  l'orme  dans  l'Rurope  entière 
une  clientèle  d'admiralcurs, 

N"»  mo,  mi  o\  !H2.  Le  nom  do  l;i  salle  inaugurée  a  iHé 
tronqué  à  finiprimerie  sur  les  lions  ;ï  tirer.  C"esl  la  salle 
Barthi'leiinj  (et  non  BarthiHmy)  qu'il  faut  lire. 


TOME  11 

N"  ll.Jl.  Diamant  du  cœur.  Voici   encore  des  variantes 
inédites   de    la   fin    de   ce    morceau.    Elles  fiorteni   la  date 


APPENDICE  ET  ERIIATA.  r>8) 

du  12  août  I8o0.  Citons  d'abord  deux  variantes  do   l'avaiit- 
doniiore  strophe  : 

pe 

Plus  qu'une  châsse  en  pierreries, 
Plus  que  récrin  ouvert  des  cieux, 
Plus  que  le  trésor  des  féeries, 
Celte  tache  brille  à  mes  yeux. 

lime 

Et  pour  moi  cette  obscure  tache 
Étincelle  des  feux  d'0|iliyr, 
Et  du  vélin  bleu  se  détaclie, 
Diamant  jailli  d'un  saphir. 

Puis,  une  autre  version  de  la  derniiTO  slioplie  : 

Cette  larme  qui  fait  ma  joie 
Roula  sur  mon  vers  altéré. 
Dans  une  stance  qu'elle  noie, 
D'un  œil  qui  n'a  jamais  pleuré. 

i\o  1182^".  Émaux  et  Camées.  Page  27,  ligne  11,  il  l'atil 
lire  :  «  ces  six  tktitioiu  »  et  non  :  «  ces  cinq  éililionx,  »  cai' 
nous  n'avons  pas  assez  précisé  que  l'édition  de  IS72  est  la 
sixième  des  Êinaiix  et  Cdmri's.  I.es  exemplaires  sur  papier 
de  Hollande  de  la  première  édition,  sont  fort  rares.  .\ous 
n'en  connaissons  que  quatre  :  ceux  de  MM.  Maxime  Du  Camp. 
Henry  Houssaye,  Jules  l.e  Petit,  et  le  nôtre.  Les  deux  pre- 
miers sont  malheureusement  rognés. 

No1?34.  Lettre  au  rédacteur  en  chef.  Ainsi  cpie  nous 
l'avons  dit,  le  procès  fut  d'abord  interrompu,  jiuis  arrangé. 
Comme  éclaircissement  à  toute  cette  aftaire,  voici  les 
conclusions  présentées  par  l'avocat  de  M.  Buloz,  le  2  dé- 
cembre iH'.W,  lors  du  procès  dont  celui  de  I8^i3  n'est  c(ue  la 
suite.  Nous  les  copions  sur  le  manuscrit,  et  nous  les  ferons 
suivre  de  curieux  détails  qui  n'ont  pas  été  tous  utilisés, 
détails  relevés  par  nous  dans  les  notes  qui  ont  servi  à  rédi- 
ger ces  conclusions. 


r>s(i        iiisToiiii';  Di.s  oKi\  iti;s  i>r.  th.  i.AniKit. 

A    MM.    I.l.s  l'ilKSIDK.NT   KT  JUGKS,  i:a.\ll'(»S.\.NT 

I  .\    C.INyiHKMK   C.II.V.MlIltK    Dl     'rillltl  N.VI,    llK   PMICMIKHK 

JNSTA.NT.K    IIK    I.  \    SkINK. 

Cniti'hisiiiiis  paiir  M.  I!i  m/,  '■nuire  M.   Tlii'Opliilc 

(iAl    IIKH. 

I'l^"^  Irinlt  Ml  .1  Cl'  iiu'il  plaise  .'iii  1 1  iluiiial  : 

.Mliiidii  t\{\'i\  la  lin  (le  iS'i.'i.  .M.  I^ulo/.  ri  .M.  'riiriipliilc 
lianlii'i' on!  lail  un  Irailr  pai-  lri|uil  ii'lni-ci  dcvail  livi'cr  a 
la  liirur  <li's  hfttx-Moii'Irs  un  idnian  inlilnic  ;  //■  Capildiitr 
Frii''iissi\  roTiti'i'  iiaycmcnt  d  une  sinnnir  de  si.\  luilie  IVancs. 
dmil  deux  mille  lianes  ont  élé  pavés  par  avance  riKinji'iil  : 

Altendn  (pie  je  traité  ayani  été  annnlé,  .M.  B'.do/n'a  jiniiil 
conservé  sun  dmdiie;  ipi'il  ne  peut  dire  si  un  leime  avait  été 
lixé  pour  la  livraison  du  roman,  mais  que,  si  un  lei'ine  a  été 
fixé,  (ce  qui  pourra  être  vérifu"  sur  le  double  ((ue  M.  (iaii- 
tier  parait  avoir  retrouvé,  et  qu'il  a  adresse''  au  tiilmnal, 
sans  le  coinmuni(juer  à  .M.  Hiiloz),  ce  terme  est  lûen  ceitai- 
nemenl  ih'passé; 

Attendu  cpie  M.  iîuloz  a  vainemeid  réclamé  à  M.  (iaulit;r 
rexéculioi)  du  Iraih^  df)id  s'ayil  ;  que  |ien(lanl  deux  années 
consécutives,  1840  et  1847,  il  n'a  pu  recevoir,  malgré  ses 
démarches  pressantes  el  réitérées,  une  seule  lipnedu  loman 
de  M.  ("îautier  qui,  pourtant,  avait  touché  deux  mille  francs 
|)ar  avance; 

Attendu  (ju'en  juin  1848,  ce  traité  fut  résilié  d'un  commun 
accord;  que  le  molif  |)rincipal  de  la  résilialion  fut  que 
M.  Gautier  était  dégoûté  de  ce  titre  et  de  ce  roman,  qu'il 
avait  di'jà  vendu  à  M.  Renduel,  et  (jn  il  n'a vait  Jamais  pu  se 
résoudre  a  commencer;  que  celte  résiliation  a  eu  lieu  ver- 
balement, et  que,  malgré  toutes  les  équivo(|ues  dans  les- 
quelles M.  Gaulier  cherche  à  se  réfugier  pour  garder  indû- 
ment les  deux  mille  francs,  M.  Buloz  est  prêt  à  affirmer  sur 
riionneui'  (jue  cette  résiliation  a  eu  lieu; 

Attendu  qu'il  fut  convenu  que  M.  Gautier  s'acquitterait  en 
articles  sur  les([uels  on  lui  payerait  la  moitié,  que  ces  con- 
ventions nouvelles  ne  sont  pas  niées  absolument  par  M.  fiau- 


APPENDICE  ET  ERRATA.  r,87 

tier,  qui  en  l'ail  l'objet  d'un  subsidiaire  dans   ses  dernières 
conclusions; 

Attendu  que  ces  conventions  ont  reçu  un  commencement 
d'exécution;  qu'en  effet  M.  Gautier,  étant  débiteur  d'unt; 
somme  en  sus  de  celle  de  deux  mille  francs,  ill'a  rembour- 
sée par  l'insertion  diin  article  iniitidé  :  j1/</r/7/('(/,  dans  \r 
numéro  de  la  Hevue  du  {'"■'juillet  1848;  que  les  livres  de  la 
Revue  constatent  que  pour  dix-neuf  pages  de  Marilhal,  a 
deux  cents  francs  la  feuille,  soit  deux  cent  quaranle-trnis 
francs,  on  n'a  payé  à  M.  (iautier  <[ue  cent  vingt  et  un  francs, 
c'est-à-dire  moitié; 

Attendu  (jue  M.  (lautier  n'exécida  pas  plus  ces  conven- 
tions nouvelles  qu'il  n'avait  exécuté  son  traité  du  dipildinr 
¥racasie ;  (pi'au  lo  avril  1850,  c'est-ii-dire  dix-neuf  mois 
après  l'insertion  de  Marilhal,  M.  Ciaulier  n'avait  l'ien  envoyé 
à  la  Revue,  et  qu'il  était  débiteur  de  la  somme  principale 
de  deux  mille  francs;  que  son  compte  lui  fut  préseidé  le 
15  avril  18^0,  ipi'il  paya  les  intérêts  avec  des  Poésies*  (\\u- 
M.  Buloz  voulut  bien  accepter,  et  qu'il  reconnut  la  dette  dp 
deux  mille  francs  dans  l'écrit  suivant  joint  aux  pièces  :  «  // 
est  entendu  que  les  vers  ci-contre  sont  comptés  comme  intérêts 
de  la  somme  de  deux  mille  francs  due  par  M.  Gautier  éi  M.  Bu- 
loz sur  son  traité  relatif  au  Capitaine  Fracassr.  Ce  15  avril 
1850  :  Buloz,  Gautier  »  ; 

Que  cet  écrit  prouve  évidemment  la  résiliation  du  traité 
An  Capitaine  Frrtcrtssc,  puisque  iM.  Gautier  reconnaît  devoir 
deux  mille  francs  sur  ce  traité  et  en  paie  les  intérêts; 

Attendu  qu'à  ce  moment  M.  Gautier  promit  formellement 
d'amortir  le  capital  par  des  articles  sur  lesquels  on  lui  paye- 
rait moitié  ; 

Que  trois  mois  apiès  il  n'avait  encore  rien  envoyé,  mais 
qu'au  2  août  1850,  époque  de  son  départ  pour  l'Italie,  il 
écrivit  à  M.  Buloz  la  lettre  suivante  qui  est  jointe  aux 
pièces  : 


1.  Quels  (Haient  ces  vers  (H  que  peuvent-ils  être  devenus?  Les  derniè- 
res lignes  de  Théophile  Oautier  [jarues  dans  la  Revue  des  deux  mondes 
sont:  Vieux  de  la  Vieille,  niunéi'o  du  Ij  janvier  ISoU. 


')8K       iiisToim:  i)i:s  okivuks  dk  th.  <;aitikii. 

Mdm  rlicr  iiuiiliv. 

Je  compliiis  \(mis  iillor  voir  avant  de  pai'lir,  ni.iis  j";ii 
ou  laiil  (Ir  (■(iiii'scs  ;'i  fiiirc  pour  mon  piisscpinl  ipic  je 
n'ai  pu  \  paiNfuii". 

.!('  vous  oci'is  Cl'  mol  [louf  pivndic  cou.i:!''  cl  nous  dire 
ipu',  si  jo  fais  là-has  rpichpif  lioii  uujrccaii.  prusf  ou 
\rrs.  je  rcll\rii;ii  à  la  /h'i'iir. 

Toiil  à  \ous  (le  ('(mir. 

[Tliropllilc    fiAUTIER]. 

Si  \ous  a\('/.  (les  rommissious  pour  l"llalir.  (■■(•ijv(v,- 
moi  posli'  roslanit'  à  Voniso. 

Alk'iulu  ijuc,  Iticu  (|ii('  celte  lellre  ne  soi!  pas  si^'m''e.  ello 
est  de  récritviro  de  .M.  (iaiilier,  (jui  ne  l'a  pas  iail  dénier 
dans  ses  conclusions  el  ([ui  n'oserai!  certainement  pas  le 
l'aire; 

Alteiuhi  ipie  la  ni\ si ilication  continua  après  la  liittre  <ln 
2  août.  IS.'iO,  connue  elle  continue  depuis  IH-i-ri,  é|iof|tie  du 
traité  F/v^rr/.s.sc,  depuis  juin  1(S48,  époque  de  la  ré-,iliali(in  de 
ce  Irait»',  et  de|)nis  avril  IS^iO,  épo(|ue  de  la  reconnaissance 
do  la  délie:  ([u'en  eti'el  M.  Gauliei'  n'envoya  rien  à  la  lifruf 
pendant  sou  voyage  en  Italie;  (|u'au  niépiis  de  sa  lettre  il 
iMiV()\a  à /«  Prcs.w  |)lusieurs  aiticles  de  [leinliire,  el  un  n|ius- 
cule  intitulé  :  /*/  17'' /'  Vrniiic  :  (pi'ainsi  jM.  (iaulier  a  cons- 
taninienl  éludé  ce  ipii  élait  devenu  l'exécution  d'un  devoir, 
et  cela  paive  cjue,  sans  doute,  ;i  /'/  Pri'sr^r  on  lui  |)ayait  la 
totalité  de  ses  articles,  tamlis  ((ii'à  la  hmic  il  n'aurait  reru 
([ue  moitii'' : 

Attendu  <pie  .M.  lî.ilo/.  a  traite  iM.  (iautier,  non  connue  un 
ut''f;ociant,  mais  avec  cette  courtoisie  et  cette  patience  ([ue  l'on 
accoi'd-  troji  aux  lionniu's  de  lettres  el  ipu  les  icndenl  ti'ès 
faciles  à  violer  les  enyauenients  les  plus  formels;  (pi'aiusi 
M.  Buloz,  piuieur  d'une  recomiaissance  de  deux  c(!nt  cin- 
ipiante  francs,  du  10  juin  1847,  de  M.  Gautier,  a  toujours  dif- 
féré (le  lui  ii'claniei-  cette  sonnue  ipii  lui  est  due  à   lui  |ier- 


AIM'ENDICE  ET  EIîl{ATA.  r,80 

sonnellonieiit,  mais  que,  quaiil  aux  deux  mille  Irancs, 
comme  directeur  de  la  Rt'Viw,  il  t'ii  doit  compte,  la  somme 
ayant  été  avancée  par  la  Revue;  ([u'il  attend  vainement  de- 
puis juin  1848  les  articles  qui  doivent  amortir  ce  capital; 

Attendu  que  les  conventions  de  juin  1848  sont  résiliées 
de  plein  droit,  comme  toutes  les  conventions  possibles,  pai 
l'inexécution  de  la  [lart  d'une  des  parties;  (jiie  M.  (Jaulier 
les  a  volontairement  résiliées  par  ce  fait  (juil  a  envoyé 
d'Italie  à  la  Preasc  les  articles  (ju'il  avait  promis  à  la  Revue  ; 
que  vainement  il  vient  dire  qu'il  n'a  pas  été  mis  en  de- 
meure; que  M.  Buioz  n'a  pas  cessé  de  réclamer;  qu'au 
surplus  M.  Gautier  était  en  demeure  par  sa  lettre  du  2  août 
1850; 

Que  cette  lettre  est  la  preuve  que  M.  tiautier  savait  (|u'on 
réclamait  l'exécution,  et  ([u'il  promettait  l'exécution  des 
conventions  ; 

Attendu  que  M.  Gautier  a  été  formellement  mis  en  demeure 
par  des  poursuites  exercées  contre  lui  devant  le  tribunal  de 
commerce  par  un  jugement  par  défaut  du  13  février  18.)1, 
joint  au  dossier,  auquel  il  a  formé  opposition  eu  soutenanl 
l'inconipétence  ;  qu'il  est  impossible  d'être  mis  en  demeure 
et  averti  d'une  façon  plus  formelle;  ({ue  celle  mise  en  de- 
meure remonte  à  plus  d'un  an,  car  il  avait  été  assigné  de- 
vant le  tribunal  de  commerce  deux  ou  trois  mois  avant  le 
jugement;  que,  s'il  avait  eu  la  moindre  intention  loyale,  il  se 
serait  exécuté  ou  aurait  commencé  à  s'exécuter  depuis; 

Que  les  offres  qui  terminent  les  conclusions  signifiées  le 
20  novembre  sont  une  déiision  et  une  mystification  ;  qu'en 
effet,  il  offre  le  Oipildine  Fracasse,  objet  d'un  traité  fait  il  y 
a  cinf[  ans,  jamais  exécuté,  et  lésilié  en  juin  1848;  que 
M.  Huloz  ne  veut  à  aucun  prix  d'un  roman  qui  n'existe  pas 
et  qui  n'existera  jamais;  iiu'il  entend  rester  dans  les  termes 
de  la  reconnaissance  du  13  avril  ISoO,  c'est-à-dire  créancier 
de  deux  mille  francs  sur  le  traité  résilié; 

Que  les  offres  subsidiaires  ne  sont  pas  plus  sérieuses  ; 
qu'en  effet,  avant  de  se  libérer  vis-à-vis  de  \a.Revue  des  Deux- 
Mondes,  M.  Gautier  n'a  pas  craint  de  se  mettre  à  la  tête  de 
la  Revue  de  Paris,  dont  le  premier  numéro  a  paru  sous  son 
patronage,  et  (lui  a  la  prétention  de  faire  concurrence  à  la 


:m       iiisToiHK  DKs  (iKi  vuKs  \)\;  III.  (.Al  tii:k. 

H' III'  »/'•>  I),  ii.i-MiiiiiIrs  :  (|ii  m  laisjiiil  ci'ci,  M.  (iaiilirr  ,i 
Ifiiii  iiiic  l'iiiidiiili'  diUl^  l;ii|iirllf  iiii  iK"  |ii'iil  rocoimailic  de 
l.i  Imiiiiic  lui  ; 

Qnc  si.  ('(iiilrc  loiil  l'Vi'iiriiiciil .  Ir  liiiniii.il  iiniiii;iil  un 
délai  à  .M.  (îaiilii'i'  (|iii,  depuis  six  aauccs,  a  Ictiue  cl  délai, 
cl  lui  pcrmcllail  dose  lihcicr  (MI  ailiclos,  il  csl  évideiil  (|uc 
M.  (i.iulici,  ijui  i">l  .1  la  Iclc  de  la  Uittic  île  l'uris,  ri  i{iii  si; 
vanic  d'cciascr  |U(Hliaiiiciuciil  la  Itmir  tirs  Dnix-M'inde», 
n"ciivcrrail  à  M.  Hnio/ (pu-  se-;  irlmls  lill/M'aii-cs; 

IJu  d  scia  iiianili'sli'  |mmii'  Ii'  li'ilniiial  ({iic  ,M.  liaiiLicr  iic 
l'ail  pas  des  dllVcs  sérieuses  ;  i|ii'cn  ctl'cl,  il  in^  donne  pas 
signe  de  vie  l()rsi[ii"oii  a  l'air  ddiildici'  les  deux  mille  IVaiics, 
niuisiiu'il  se  dirlai-e  |)ivt  à  livrer  des  arlicles  silùl  (|u"oii  lui 
réclame  de  l'arf^enl  ;  ipie  celte  conduite,  (|ui  dun;  depuis 
six  ans  el  (jui  se  coiiliniie  dans  les  conclusions  dernières  de 
M.  ("taulier,  a  clé  juslcinenl  iiiialiliée  de  inyslilicaMoii  ; 

Atlcndu,  en  résumé,  iiue  le  traité  du  Cupltai ne  Fracasse  a 
élé  résilié; 

Que  icscdiivciiliniis  de  18iS  <iiit  élé  résiliées pai"  inexécu- 
lion  el  violation  d'eiiga;iemeiils,  nolannnciit  par  ce  l'ail 
(jne  M.  (iautier  a  envoyé  d'Italie  au  journal  /((  Prrssc  les 
arlicles  qu'aux  termes  de  sa  letlre  du  2  aoùl  iHIiO  il  avait 
promis  à  la  Rcvitc; 

Il  plaira  au  Iriluinal  ordonner  la  rcslilulion  des  deux  iiiille 
francs  el  condamner  M.  (iaiitier  aux  dépens. 

NOTES    NON    EMPLOYÉES. 

En  septembi'e  IBio,  traité  pour  le  C'ipildinc  Fracasse,  titre 
[dein  de  gaillardise  et  de  gaité,  ouvrage  vendu  il  va  qua- 
torze ou  quiii/e  ans  à  Rendue!,  (laiilier  dégoûté.  L'inspira- 
lion,  [dil -il],  a  un  point  (le  chaleur  et  de  force  qu'il  faut  savoir 
saisir.  Quand  un  sujet  esttiop  inininé,  elle  s'olilitère,  se  re- 
froidit et  sclface. 

Révolution  de  février  1S48.  .Iiiin  t8i-8,  peu  avant  l'insiir- 
rection,  annulation  du  traité. 

Au  1.')  avi'il  18.")(t,  pour  les  deux  cents  francs  dus,  pour  les 
intérêts  des  deux  mille  francs  il  donne  des  vers!...  Monnaie 
littéraire  ! 

A  son  retour  d'Italie,  lettres    multipliées;   mise  en    de- 


APPENUICK  ET  EHUATA.  :,91 

meure;  (iérard  de  Nerval;  rencoiilrc  ;ui  foyer  de  rOiicra.  — 
»  Vous  nie  traitez  mal  ».  —  Il  a  fui.  —  c(  C'est  vrai,  .h;  vous 
dois  ;  je  ne  puis  rien.  Je  n'ai  plus  de  Laleul  ».  —  Qurl  aploiuh 
superbe! 

!\'  126?^.  Fantaisies  d'hiver.  Voici  encore  luie  variante 
des  stropLes  sept  et  huit  : 

Les  blanches  déesses  de  marbre, 
En  martre,  hermine  et  menu-vair, 
Se  promènent,  quand  à  chaque  arbre 
Luit  la  peluche  de  l'hiver. 

La  Vénus  Anadyomène 
S'emmitoufle  d'un  capuchon  ; 
Flore,  que  la  brise  malmène, 
Fourre  ses  doigts  dans  son  manchon. 

iN"  13:)7.  Théâtres,  etc.  Le  titre  de  la  pièce  j(juée  au 
théâtre  des  Variétés  est  Furnished  aparlmciil,  et  non  Fur- 
tiishcd  wppartcmrn ( . 

N°  l'?89.  Introduction.  F,e  prix  de  Pariai  et  les  Parisiens  au 
XIX"  siècle,  était  de  dix-huit  (et  non  de  vingt-huit)  francs. 

N"  1399.  Henri  Heine.  Ce  fragment  sur  Henri  Heine,  et 
son  complément  (voir  u"  1407)  sont  entrés  en  ISTii  dans  les 
Porlraits  et  souvenirs  littéraires,  par  Théophile  Gautier. 

N°  1400.  Avatar,  (^e  roman,  tiaduit  en  espagnol,  a  été 
publié  aussi  à  Madrid,  en  un  volume  in-18. 

N"  1460.  Introduction.  Cet  article  a  aussi  été  tiré  à  part 
comme  Prospectus  de  cette  nouvelle  série  de  V Artiste. 

.\"  l.'iOl.  Madame  Emile  de  Girardin.  Le  numéro  au((uel 
doit  se  reporter  le  lecteur,  page  130,  ligue  24,  et  page  131, 
ligne  10,  n'est  pas  1728,  mais  bien  1728^". 

.N"  1  :);)().  A  M.  Ernest  Feydeau,  etc.  Le  numéi'o  de  renvoi 
relatif  aux  J'»i/ç»i7'/^'s  du  Trépas,  n'est  pas  2386,  urais  bien 
2374. 

iN"  1o86.  La    Source.  Est  entrée  non  dans  la  ({uatrième 


M2       iiisToiui;  i)i:s  oia  \iii:s  ui:  th.  (.altikii. 

l'ililioii  (les  Eiifiit.r  i-t  ('(tiiufs,  (•(iriiinc  il  csl  ilil  piii' l'iiciir  ; 
iiinis  liicn,  ;i  l.i  lin  il<'  IS.")^'.  «Imms  la  I  ruisiriin'. 

N"  I.')*I7.  Sacountala.  I.i'  iiiiiiirio  iiikiikI  Ii'  Iciicm  ilnil  se 
it|niiltM' m'csI  |iiiiii(   •j:i'l(i,  rn.'iis  hicii  2:I0| '''s 

N"  liili'i.  Esquisses  de  voyage,  etc.  I.i'  iIi'iuht  vci>  ilr  la 
|»ayi'  l()0,  tloil  l'I  n'  In  aiii>i  : 

ffu  la  (li'liiclic  |).ir  iii.illii'iir. 

N"  l()iti'".  Théâtre  de  Saint-Pétersbourg.  (Id  ai  lie  le  dr 

Tlii'()|iliilc  (iaiitii'C  |ianil  Ir  II  1.)  iniv  l'iiiliic  iSiiS,  et  ce  ii'csi. 
jutiiil  le  sriil,  ainsi  (iii'il  inms  l'avnil  ilil  liii-iiiriin',  ipiil  ail 
|iiililii''  im'dit  en  Hiissic.  Voir,  |ilii-  Iniii,  As  .\(/i(in  ilh  <■  ilr 
Ul'iiirhard. 

N"  l(>l()^".  Zichy.  Ces  ailidrs  oui  aussi  |»ai'ii  dans  le  .Inur- 
nal  ilr  Siii)il-I'rtrrslinitrij  des  {  \'.\  cl  2  14  janvici'  ISillt. 

Les  Aquarelles  de  Blanchard.  .Ininiiiil  de  Suinl-Prlcrs- 
bniirij,  \\%\  niais  tS.'iil.  (",cl  ailiclc,  aiisolnniciil  iiicDiiini. 
((lie  nous  avons  rclrouvi'  iidji  laid  |ioni'  l'iiist^i'ci' à  sa  place 
dans  iiolro  livre,  rlovrail  y  rlic  \A:u('  avant  le  n"  KilT. 
i,e  voici,  lonl  à  fail  conforme  à  la  version  du  journal,  com- 
mençant aussi  |ia]  des  points  : 

Dans  imc  A('>  cliainhi'Os  (|iii  précèdent  le  Der- 

hass,  ou  clianibi-e  persane,  au  palais  de  Ï.sarskoé-Sélo. 
nous  avons  reniai'fpié  (|iialre  a(piarelles  d'une  dinien- 
siiMi  (pie  ris(pient  l'areniont  les  peintres  »l'  Waters 
colours.  Elles  représentent  des  sites  et  des  scènes  du 
Caucase  avec  une  lidélité  locale  qui  se  sent  et  n'a  pas 
besoin  de  l'attestation  d'un  témoin  oculaire.  M.  Phara- 
uiond  Blanchai'd  est  un  artiste  voyaiieur  ;  il  joint  à  ses 
rpiaiités  de  dessinateur  et  de  coloriste  un  don  tout  par- 
ticulier, celui  de  l'ethnograpliie  et  de  la  topo^i-apliie. 
Il  comprend  les  nalui-es  et  les  races  les  plus  diverses. 
Tout  en  restant  dans  les  plus  pures  conditions  de  l'art, 
il    lait  des  pays  ressemblants,  comme   des  porti'ails 


APPENDICE  ET  KUUATA.  Ô93 

réussis  ;  chez  lui,  figures  et  paysages  ont  toujours  leur 
caractère  propre,  leur  accent  typique. 

Cette  compréliension  est  toute  moderne  et  date  à 
peine  d'un  quart  de  siècle.  Les  artistes,  naguère,  hoi'- 
naient  leur  odyssée  au  pèlerinage  de  Rome,  où  ils  étu- 
diaient les  œuvres  du  passé  sans  regarder  beaucoup 
autour  d'eux.  La  plupart  des  familles  humaines  et  des 
grands  aspects  de  la  nature  étaient  ignorés,  du  moins 
sous  le  rapport  plastique,  et  la  fantaisie  seule  présidait 
aux  représentations  des  contrées  lointaines.  M.  Blan- 
chard a  quitté  de  bonne  heure  l'atelier  pour  la  grande 
route,  et  il  a  passé  plus  d'heures  à  cheval  ou  sur  le 
pont  d'un  navire  que  devant  son  chevalet.  C'est  un 
cosmopolite  qui  a  beaucoup  vu  et  bien  vu,  et,  touîes 
les  fois  qu'il  s'arrête,  il  produit  une  œuvre  aussi  inté- 
ressante par  le  sujet  que  par  l'exécution. 

La  première  de  ces  aquarelles  est  une  Rencontre  au 
pied  du  Koronai  entre  les  cosaques  du  Don  et  un  déta- 
chement de  la  cavalerie  ennemie  du  Daghestan.  Le 
combat  a  lieu  dans  un  site  tl'une  férocité  et  d'une  sau- 
vagerie incroyables.  Figurez-vous  un  immense  lambeau 
de  terrain  figé  en  l'air  après  un  cataclysme  de  soulève- 
ment, avec  ses  ravins  qui  ont  l'apparence  de  torrents 
pétrifiés,  ses  pentes  abruptes,  ses  lézardes  profondes, 
ses  déchirements  convulsifs,  son  chaos  de  pierres  et  de 
roches  où  nulle  végétation  n'a  pu  s'accrochei-,  et  res- 
semblant aux  os  de  la  terre  brouillés  par  une  main  de 
Titan.  Au  fond,  dominant  tout  ce  tumulte  et  découpant 
dans  l'azur  leurs  crêtes  neigeuses,  s'élèvent  les  hautes 
montagnes duDaghestan,  comme  des  spectatrices  impas- 
sibles du  combat.  Pacem  summa  tenent. 

Sur  cette  pente,  où  il  semble  que  le  pied  de  l'izai'd 

11.  38 


.*>l»l  IlliTollU.  l)i:S  (.HÙIVIIKS  l>K   111,  (.aitii:k. 

III'  licndrnil  pas.  courml  cl  liillrnl  des  cavaliors  par  un 
tic  CCS  miracles  d'aploiiil)  dont  seuls  sont  capahics  ces 
pclils  chevaux  sauvages  aii\  jancis  (Tacier,  aux  iciiis 
souples  comme  des  ressorls^  aux  sahols  mordaiil  le 
silex,  qui  porlcul  le  ne/ au  \t  iil  cl  hondisseni  dans  les 
liiciTcs  coiiiinc  i\t'>  saulei'elles  :  il  \  cii  a  liicii  ipiel(|uos- 
iiii>  (|ui  s"aliall('iil  cl  ruiilinl  à  lia\crs  les  rochers,  mais 
ne  croyez  pas  (pic  le  pied  leur  ail  mancpié.  Uik,'  halh; 
les  a  arrêtés  au  vol.  Daiilics  se  cahrciit  el  s'eniporlciil, 
secouant  leur  cavalier  mori,  ci  la  horde  vaincue  s'épar- 
pille sur  le  rugueux  vei'saiil  dans  louh's  les  dii-eclioiis. 

Cependant  la  lulle  dure  encore  sur  (juelques  points  ; 
les  plus  hraves  se  groupent  auloui'  du  draiieau  que  sou- 
tient un  vieillard  robuste,  dont  la  barbe  blanche  est 
teinte  en  rouge  avec  du  henné.  L'arrière-garde  s'est 
ralliée  dans  un  pli  de  terrain  et  une  seconde  arrière- 
garde  se  niasse  sur  un  mamelon  qui  doininc  le  ravin; 
mais  la  victoire  est  décidée  ;  les  cosaques  du  Don  l'em- 
portent, et  cet  elîort  suprême  ne  servira  tout  au  plus 
qu'à  protéger  la  déroute. 

Tout  cela  est  plein  de  lumière,  de  vie  et  de  mouve- 
ment. Sur  des  tci'rains  solides,  dont  les  accidents  ont 
demandé,  pour  être  rendus  comme  ils  le  sont,  toutes 
les  ressources  de  Taquarelle,  M.  Ph.  Blanchai'd  a  semé 
des  ligures  énergiques,  pittoresques,  d'une  tui'bulence 
vivace,  qui  remuent  et  fourmillent  à  l'œil  avec  une 
illusion  surprenante.  L'artiste,  chose  rare,  l'ait  aussi 
bien  la  ligure  que  le  paysage,  et  le  cheval  que  l'homme  ; 
il  ne  réussit  pas  moins  bien  l'architecture.  Son  exis- 
tence voyageuse  l'a  empêché  de  s'enfermer  dans  ce 
cercle  étroit  de  la  spécialité  où  se  réduisent  tant  de 
peintres.  Ayant  tout  vu,  il  doit  tout  peindre  :  le  cavaher 


APPENDICE  ET  EUUATA.  '.95 

et  sa  moiiLure,  le  chariot  et  le  navire,  le  désert  et  la 
cite,  la  cabane  et  le  monument,  le  costume  de  riiomme 
et  la  parure  de  la  femme,  la  nei^c  et  le  sable,  le  ciel 
gris  et  le  ciel  bleu,  tout  ce  (jue  présente  de  rare,  de 
curieux  et  de  beau  1(>  spectacle  des  pays,  des  êtres  el 
des  choses. 

Une  embuscade  au  Lesghinstan,  tel  est  le  sujet  de  la 
seconde  a(iuarelle.  Une  vedette  est  placée  près  du 
ravin  ([ui  conduit  à  la  vallée.  Dans  le  fond  serpente  la 
roule  mililaire  de  la  ligne  lesghine.  Cette  route,  ouverte 
avec  le  fer  et  le  feu  à  travei's  des  forêts  encore  vierges. 
n'est  qu'un  large  abattis  d'arbres  d'une  grande  portée 
de  fusil. 

Sur  cette  route  primitive  chemine  péniblement  un 
convoi  de  chariots  escortés,  précaution  que  justiiienl  la 
physionomie  sinistre  du  lieu  et  les  essaims  de  Lesghines 
qui  accourent  de  toutes  paris,  descendant  au  galop  des 
terrains  accidentés,  anfi'aclueux,  abrupts,  comme  s'ils 
couraient  sur  la  piste  tamisée  d'un  hippodrome.  Parlez 
api-ès  cela  des  slecple-chases  avec  leurs  obstacles  de 
carton,  leui-s  haies  portatives,  leurs  rivières  remplies 
avec  trois  seaux  d'eau  et  leurs  fondrières  creusées  à  la 
pioche  ! 

Les  arbres,  les  l'ochers.  les  ligures,  les  chevaux  soni 
touchés  de  main  de  maître  ;  l'horreur  mystérieuse  du 
lieu  propre  aux  embuscades,  aux  surprises,  aux  a  ois  et 
aux  massacres ,  espèce  de  li'aquenard  préparé  i)ar  la 
nature,  se  communique  au  spectateur.  On  voudrait  i)ré- 
venir  le  convoi  de  l'attaque  qui  l'attend. 

La  Vue  de  Tiflis,  sorte  de  panorama  pi'is  sur  la  rive 
gauche  du  Koura.  dans  le  quartier  de  l'Avlabar.  est 
une  merveille  de  perspective,  de  couleur  et  d'elfel  ;  quel 


:m\        msTdiiii;  dks  oiavuis  m;  m.  r,.\rTii;i!. 

inai;i(|Mt'  drcor  dOprra  cfla  It'iail  1  ('/(•>l  la  un  di'  ces 
as|>(H'ls  imiirohahlt^s  (lt>  hcaiilr,  coinmc  la  iialiiit'  en 
ilomitN|iirl(iiit'ldis.(«i"ila  l'ôalllrscinlili'  roiiNraj^c  du  i'(''Vt'. 

Siii'  Ir  d('\aiil.  di'iix  maisons  ddid  les  terrasses  dépas- 
senl  !e  mur  par  une  l'oi'le  saillie,  l'ormenl  un  pi'eniier 
plan  dispose'  à  souliail  pour  taire  fuir  les  autres  zones 
de  la  persp(^('li\i'.  l/inie  de  ces  lerrassos  sert  de  salle 
de  liai,  l'aiitri'  de  salle  à  manger;  sur  la  plus  ("'levée, 
une  l'ennue  eu  cosliiiiie  érlalanl  danse  la  lesghinka,  pas 
national,  acconipa.unée  par  i\r<:  nuisiciens  jouant  du 
(londouk  et  du  ditnplipito.  tliite  persane  et  petites  tim- 
bales, une  de  res  musitiues  que  les  dileltanti  alTeclent 
de  trouver  liorribles  lorscjue,  parliasaid,  ils  les  enten- 
dent, mais  (jui  n'en  exercent  pas  moins  un  jzrand  empire 
pai-  lorijiinalilé  de  la  mélodie  el  la  i)ersistance  du 
rythme  ;  sui-  la  terrasse  inférieure,  des  hommes  accrou- 
pis à  l'orientale  se  préparent  èi  prendre  leur  repas, 
tandis  (pie  i\c<>  femmes  étendent  du  linge  et  des  étolfes 
pour  les  faire  sécher,  prétexte  heureux  tle  varier  les 
tons,  que  la  peinture  ne  manque  pas  de  saisir  et  dont 
M.  Blanchard  a  tiré  un  excellent  parti. 

En  contre-bas  de  ces  maisons  vivement  éclairées, 
peuplées  et  diaprées  de  personnages  aux  vives  couleui"s. 
circule  une  l'oute  où  passe  une  trou})e  de  khefsours  au 
casque  d'aciei-,  à  la  cotte  de  mailles  linement  tressée, 
au  bouclier  rond  constellé  de  boules,  à  la  longue  épée 
droite,  fantastique  apparition  du  moyen  âge  au  milieu 
de  l'époque  moderne  ;  tout  à  l'heure  nous  avons  dit 
casque,  faute  d'autre  mot  [»lus  précis  et  pour  ne  pas 
alourdir  notre  phrase  par  une  explication  ;  l'ai-mure  de 
tête  des  khefsours  est,  à  proprement  parler,  une  calotte 
d'acier  d'où  pend  un  haubergeon  de  mailles  dont  on 


APPENDICE  ET  ERRATA.  097 

peiU  se  couvrir  la  ligiiro.  On  no  saurait  rien  imaginer 
de  plus  élégant,  de  plus  lier  el  de  plus  chevaleresque 
que  ce  costume  qui  réalise  l'idéal  du  guerrier  poélifjue. 

Dans  le  fond,  l'on  aperçoit  la  ville  de  Tillis  ;  i'i  la 
gauche  du  spectateur,  la  forteresse  (leMetach?)  découpe 
sur  une  hauteur  ses  remparts  et  ses  tours  carrées  :  au 
has  de  la  forteresse  coule  une  riviéi'e  (in'cnjaiidie  un 
pont  i)ittores(piement  jeté.  Le  granil  caravanseraï  se 
développe  sur  l'autre  rive.  Au-dessus  et  en  arrière 
s'échelonne  la  ville  sur  la  pente  du  coteau,  avec  ses 
maisons  à  terrasses  et  ses  toits  plats  projetés  en  avant. 

Un  ciel  plein  de  lumièi-e  et  de  rayons  éclaire  ce  pano- 
l'ama  splendule  où  la  palette  transparente  de  l'aquai'elle 
atteint  aux  vigueurs  les  plus  soutenues  et  produit  l'illu- 
sion d'un  décor  de  théâtre  avec  ses  fermes,  ses  plans 
découpés  et  sa  magie  d'éclairage.  Decamps  seul  pour- 
rait imprimer  un  cachet  si  profondément  oi-ien lai  à  la 
vue  de  cette  ville  étrange,  dont  la  sincérité  bien  connue 
du  peintre  nous  démontre  l'existence  invraisemblable. 
En  regardant  l'aciuarelle  de  Blanchard ,  nous  nous 
sommes  senti  au  cœur  un  irrésistible  désir  de  tout 
quitter  et  de  partir  pour  Tillis. 

Malheureusement  le  chemin  n'est  pas  des  plus  com- 
modes, s'il  faut  en  juger  par  le  Darrial,  route  tie  Saint- 
Pétersbourg  à  Tillis.  C'est  le  délilé  le  plus  encaissé  du 
Caucase.  Les  montagnes  se  rapprochent,  séparées  seu- 
lement par  une  coupure  profonde.  Elles  étranglent  la 
route  et  semblent  vouloir  écraser  le  voyageur  entre 
leurs  parois.  A  côté  du  chemin,  le  Terek  bouillonne, 
écume,  se  tord  et  gi'onde  au  fond  d'un  abîme  entre 
deux  colonnes  de  rochers  presque  verticales  et  d'une 
hauteur  prodigieuse.  C'est  quelque  chose  d'analogue 


r>fl«        iiisToiiii:  DKs  (»i:i  viu'.s  dk  th.  caitirh. 

au  (UMlIr  (le  P;m-Ci)il)()  m  Espauiic.  pivs  de  niir}iOS, 
iiiai^licancoupiiliis  raroiichc  pliisltoiilovcist''.  iilnstiraii- 
(liosf.  A  I"li()ri/.iiii.  rnli'c  Ir  V  ('"Iroil  (|iii'  Coi'nic  l'ôcar- 
liMiiciil  (le  la  coiiiuirc.  on  ilrcouvrc.  ulacri's  de  ii('i!!;os 
rIcMiH'Ilfs.  1rs  cimes  (In  Kashtlx.  moiilaunc  uc-aiilc,  iiiic 
dos  soiniinii's  Au  (laiicaso,  plus  rlovéo  (|u  ancuii  des  pies 
di'  la  cliainr  ;il|)i'-^Ir('.  Ollc  iialinc  luiiiiidahlr  csl 
rtMidiii"  par  l'arlislo  axcc  une  fiprcir.  une  \ imiciii-  cl  uiio, 
sauvaticrio  rairs.  Mais  rien  iirsl  inipossihlo  à  rhomuic  ; 
il  ircst  pas  do  hari'irres  ipiil  iir  riaiicliissc  :  à  (ravers 
CCS  blocs  éuoruics.  cos  enlassomonls  prodifiicux,  circulo 
un  n'^fiimcul  de  ('osaqucs  du  Don  en  niarclif,  l'aisaiil 
sentif  Ir  pouvoir  de  riiomuH'  dans  la  soliliidc  cl  inon- 
tranl  sa  gi-andcur  par  sa  pelilcsse  même. 

Ces  (pialro  aquarelles  l'ésumenl  par  rpialre  aspects 
frappaiiis  el  carach'M'isliques  le  voyaiie  si  curieux  de 
.M.  Blanciiard  au  Caucase.  Le  (iaiicase,  sous  le  rapport 
pitloi-esque,  a  H(^  rèxî'U  par  le  prince  Ga.uarine,  artiste, 
grand  seigneur,  qui  a  le  senlinienl  Ir  plus  juste  de  ces 
contrées  défendues  par  une  rude  nature,  cl  on  l'iiomme 
a  conservé  son  type,  ses  nueiirs  ri  ses  costumes. 
M.  Pli.  Blanchard  est  le  premier  peintre  de  valeur  qui 
ait  marché  sur  les  traces  du  prince  et  pénétré  dans  ces 
régions  pres(pie  inaccessihles,  qui  oiïi'ent  pourtant  à  l'art 
un  si  grand  nomlue  de  modèles  snperhes  et  nouveaux. 

Nous  vous  avons  dit  que  M.  Blanchard  était  un  cos- 
mopolite ;  ce  qu'il  a  fait  pour  le  Caucase  il  le  ferait 
pour  le  Mexi(iue,  pour  rÉgyide,  pour  la  Syrie,  pour  la 
Tunpiie  el  TAsie-Mineure.  Où  Blanchard  n'est-il  pas 
allé  ?  nous  le  rencontrons  toujours  au  bout  de  nos 
courses  :  à  Madrid,  à  Sniyrne,  à  Constantinoi)le,  à  Sainl- 
Pétershourg  :  aussi  son  porlefeuille  esl-il garni  (h'  motifs 


APPENDICE  ET  ERRATA.  f)!!".) 

oiiginaiix  à  défi ayer  la  vie  de  vingt  artistes.  Il  a  mis 
l'Espagne  en  quatre  aquarelles,  comme  le  Caucase. 
Nous  avons  vu  chez  lui  ces  charmantes  compositions 
d'un  caractère  si  profondément  espagnol.  D'abord  c'est 
la  Maya,  ou  la  reine  de  mai,  une  jeune  fdle  que  Ion 
couronne  de  roses  et  qu'on  élève  sur  un  trône  de  fleurs, 
autel  embaumé  du  printemps,  autour  duquel  folâtrent 
et  dansent  les  jeunes  lilles  au  son  des  castagnettes  et 
des  guitares.  Mettre  une  jeune  vierge  dans  un  boucpiet 
n'est-ce  pas  une  idée  digne  de  ce  pays  poétique,  ou  Cal- 
deron  appelle  une  de  ses  pièces  «  Mananas  de  Abril  ij 
Mayo  »,  un  titre  plein  de  parfums  et  tout  emperlé  de 
gouttes  de  rosée  ?  Puis  vient  le  duel  au  couteau  en 
l'honneur  de  ces  beaux  yeux  dont  les  regards  sont  des 
arrêts  de  vie  ou  de  mort.  Les  champions  sont  là,  la 
cape  roulée  sur  le  bras,  balançant  la  navaja  à  la  lame 
rayée  de  rouge,  prêts  à  se  faii-e  des  croix  sur  la  figure  : 
a  pintar  unjaveque  »  ;  la  jeune  fille  se  tord  les  bras  et 
fait  mine  de  se  désespérer,  tandis  qu'un  contrebandiei', 
monté  sur  son  cheval  andalou,  regarde  la  lutte  en  con- 
naisseur et  avec  un  sang-froid  parfait;  quel  beau  cos- 
tume de  majo,  tout  orné  de  boulons  de  filigrane,  quelle 
longue  ceinture  de  Gibraltar  et  quelles  belles  guêtres 
(botas)  en  cuir  piqué  de  Gronda,  mais  surtout  quelle 
haute  mine  et  quelle  fière  tournure  !  Aussi  ne  soyez  pas 
trop  surpris  si,  dans  la  troisième  aquarelle,  vous  voyez 
cheminer  dans  les  sentiers  pierreux  de  la  Sierra  le  beau 
contrebandier  fumant  son  papelito  et  portant  la  maja 
en  croupe,  assise  sur  une  cape  rayée  de  Valence,  sans 
le  moindre  souci  des  deux  rivaux  qui  se  taillent  des 
aiguillettes  de  peau  en  son  honneur'. 

1.  Voir,  pagt^.'i.'il  'If  ce  voluniP,  l'aniilysi'  en  vers  de  ces  trois  aquarellus. 


600       msToiHK  DKS  ni:rvi!i>  \)v.  m   <;\nir:n. 

Apiis  It^  conlicltaiHlit'r  \ifiil  le  picadoi',  ce  lypc 
('ai'arl(''rislii|ii('  (|iir  la  c'i\ilis;ili(iii.  esporons-lc  ne  In  a 
pas  ilisparaitrt'.  I.r  laurcaii  de  (iavii'ia  ou  de  Mazpiilc 
soulève  In  cavaliiT  cl  le  rlicxal  d'iiu  roiip  do  como,  t'I 
la  position  du  picador  sciail  iiravc,  si  rt'ssaiiii  dfs 
oluilos  n'ai  rivail  sccoiiaiil  aiiloiir  do  la  lièlo  furiouso, 
pour  la  dislraiii'.  st\s  capos  do  i)orcale  iilucÎH'  rosos, 
bleues  ou  vori  |)onime.  Ce  luolaiiae  de  saiiu.  de  pail- 
lettes et  do  coulours  vives,  (inc  l'ail  tiincolor  lo  soleil 
d'Andalousie,  est  l'ondii  axcc  un  orlal.  iiiio  verve  el 
un  esprit  qui  vous  lraiis|i(iih'iil  iii  [ilciiii'  Espapno. 
M.  Hlandiard  osl  aussi  bon  laur()iiia(piislo  ipio  (io\a  ri 
il  a  pins  (11-  rcàViié  ;  VAficlunado  b'  plus  oxporl.  ne 
trouverait  rion  à  reprendre  à  sa  suerie  de  vara. 

Quand  on  a  ces  quatre  aquarelles  dans  son  cabinet,  il 
est  bien  inutile  daller  en  Espagne;  on  la  tout  entière 
avec  sa  grâce,  sa  passion,  sa  sauvagerie  et  sa  couleur. 

Tbéopbile  Gautier. 

î,a  publication  de  ces  pag'est'tail  précédée,  dan^  le  J'iuriKd 
de  Sainl-Pètersb(inr(j.  de  ces  curieuses  lig-ncs;  inutile  de  faire 
remarquer  que  Théopliile  Gautier  ne  retourna  pas  en  Russie 
en  juin  I8.")9  : 

Tliôopiiile  Gautier  a  quitté  aujourd'hui  Saint-Péters- 
bourg. Il  est  parti  ce  matin  pour  Paris  où  l'appelait  le 
Moniteur  Unwersel  qui  attend  i\<'  Ini  la  critique  du 
Salon  de  cette  année,  dont  louverture  est  toute  pro- 
chaine. Il  ne  saurait  y  avoir  d'exposition  de  beaux- 
arts,  atteignant  à  Paris  son  br.l  et  sa  i-enomméo.  Gan- 
tior  absent. 

Dès  les  premiers  joui's  de  juin  nous  revorrons  Gautier 
à  Saint-Pétersbourg,  où  il  lui  reste  à  achever  les  études 
qu'il  a  entreprises  pour  le  grand  ouvrage  auquel  il  Ira- 


APPENDICE  ET  ERRATA.  601 

vaille  depuis  plusieurs  mois  déjà  :  les  Trésors  d'art  de 
la  Russie. 

Pendant  son  séjour  à  Paris.  Ganlier  doit  surveiller 
l'impression  de  la  première  livraison  de  ce  livre-allmm 
qui  sera  un  chef-d'ieuvre  de  typographie.  Peut-éti-e 
nos  lecteurs  savent-ils  déjà  que  cette  splendide  pul)li- 
cation,  dont  Gautier  écrit  le  texte  et  dont  les  j)lanches 
héliograpliiques  seront  exécutées  par  Richebourg,  a  sa 
place  mai-quée  au  premier  rang  des  œuvres  les  plus 
considérables  qui  se  soient  produites  en  Europe  depuis 
le  commencement  de  ce  siècle. 

H  a  fallu  que  sa  présence  à  Paris  fût  bien  impérieu- 
sement réclamée,  pour  que  Gautier  ait  pu  se  décider  à 
abandonner  momentanément  ici  des  travaux  qu'il  pour- 
suivait avec  une  véritable  passion.  Cependant  nous 
avons  obtenu  (juil  nous  sacrifiât  quelques  heures  d'un 
temps  qui,  dans  ces  derniersjours  surtout,  était  absorlté 
tout  entier,  et  nous  nous  ti'ouvons  avoir,  grâce  à  sou 
obligeance,  la  bonne  fortune  de  publier  aujourd'hui 
encore  un  feuilleton  de  lui.  Il  a  écrit  ce  feuilleton  pour 
ainsi  dire  en  courant,  comme  jadis  le  Parthe  décochait 
ses  flèches;  mais  les  lignes  de  l'excellent  écrivain  ont 
sur  ces  flèches  fameuses  le  ti-ès  grand  avantage  qu'elles 
partent  d'une  main  gracieuse  qui,  loin  de  blesser,  rend 
justice  au  talent  d'un  artiste  dont  la  réputation,  déjà 
bien  établie,  semble,  après  le  jugement  de  Gautier, 
devoir  grandir  encore. 

Disons  enfin  que  la  deuxième  livraison  des  Trésors  d'arl 
de  la  Russie  contient  aussi  quelques  lignes  sur  les  aquarelles 
de  Blancbartl  au  palais  de  Tsarskoé  Sélo. 

N°  1646.  Ce  que  disent  les  hirondelles,  chant  d'automne. 
La  ligne  3  de  la  page  194  a  été  complètement  altérée  à  l'ini- 


602  IIISTOim;  DKS  OI'.rvilKS  OR  Tn.  GAUTIKU. 

|iiimcrir.  sur  les  lions  àliriT.  Voioi  coiiimciil  il  f.nil  l,i  lii'o  : 
Il  (iiif  luiiis  .illdiis  n'iuodiiii'c  ici,  .ivcf  l.i  iiiccc  |ircs(|iii' 
Imil    niliiMi'  ;   >-. 

N"  l(ir,,s'"\  Esquisses  de  voyage:  l'hiver  à  Saint-Péters- 
bourg. XVI.  Cri  ailirlf  n'osi  pas  le  (icniicr  tli'  crllc  si'-rio 
(|in'  'riii''()|tliilo  (iaulier  ail  écrit.  Il  avait  ((wiiiiirncr  le  rlia- 
pilro  suivant ,  ri  nous  avons  eu  la  cliain'c  tic  retrouver 
réfeinrnenl  eo  t'iairnieiil  inédit.  Le  voici  : 

ESQUISSES  DE  VOYAGE 

l.'lllVEli     A     SAlNT-l'KTKllSIiO  r  UC 

XVII 

ncvaiil  le  Palais  d'HIviM"  .s'rlciid  nno  vaslc  place 
(|ironl()iiiviil  (11111  (  ôU''  (lo  iii'ands  hàliments  (rarchiler- 
Imv  classliinc,  (|iii  somltlonl  bas  laiil  l'espace  qu'ils 
Itonlent  est  immense;  dans  l'inj  de  ces  palais  s'ouvre 
une  énorme  aicade,  comme  la  haie  d'un  arc  triomphal 
ent;a,!ié  dans  les  maisons.  Au-dessus  de  l'allique  piatVenl 
six  chevaux  de  bronze  doré  allelés  à  un  char  et  traî- 
nant une  Victoire  aux  ailes  frémissantes,  et  par  l'arche 
géante  débouche  la  rue  Millionne. 

A  cette  place,  (iiii  voil  s'élever  à  son  centre  la 
colonne  Alexandrine  surmonléi'  d'un  ange  iVov,  suc- 
cède la  place  de  l'Amirauté  avec  son  boulevard  d'arbres, 
en  ce  momcnl  candis  de  givre,  qui  se  perd  elle-même 
dans  celle  de  Saintlsaac,  oi'i  la  statue  équestre  de 
Pierre-le-Grand,  par  Falconel.  caracole  sur  son  rocher 
en  granit  de  Finlande. 

La  proportion  humaine  disparaît  dans  ces  étendues 
prodigieuses  qu'aucune  foule  ne  saurait  remplir.  Il  y 
avait  cependant  cette  fois  là  à  l'entrée  de  la  Perspec- 
tive Nevsky,  sur  les  trottoirs  de  la  place,  devant  le 
perron  de  l'Hermitage,  dont  on  apercevait  les  caria- 


APPENDICE  ET  ERRATA.  603 

tifles  de  basalte,  près  de  rAmiraiitô,  un  nombre  assez 
grand  de  spectateurs  pour  peupler  une  ville  ordinaire. 
Mais  à  Saint-Pétersbourg,  rien  ne  peut  faire  encombre- 
ment :  les  traîneaux  et  les  voitures,  attendant  leurs 
maîtres,  stationnaient  aux  alentours  de  la  place  et, 
malgi'é  leur  nombre,  ne  produisaient  aucun  embarras. 

Une  revue  devait  avoir  lieu.  Un  demi-dt\ael.  arrêté 
par  une  reprise  de  froid,  avait  donné  à  la  neige  une  cou- 
leur grisâtre,  et  le  ciel  disparaissait  sous  un  seul  nuage 
d'un  ton  plombé;  le  jour  ohlique  de  l'hiver  n'ayant  pas 
assez  de  force  pour  donner  du  relief  aux  objets,  la 
lumière  et  l'ombre  se  fondaient  dans  une  neutralité 
crépusculaire,  sans  modeler  aucune  forme.  Les  édifices 
et  les  êtres  vivants  semblaient  dessinés  au  trait  seule- 
ment, et  remplis  par  une  teinte  plate.  Les  derniers 
plans  prenaient  la  même  valeur  que  les  premiers. 
Les  corps  ne  projetaient  pas  d'ombre,  et,  cependant, 
quoique  tout  fût  terne,  tout  était  distinct.  Un  peintre 
qui  rendrait  lid élément  un  effet  pareil  ne  serait  pas  cru, 
surtout  hors  de  la  Russie.  Le  ciel  du  Nord  a  de  ces 
bizarreries  qui  surprennent  les  voyageurs  et  les  préoc- 
cupent souvent  plus  qu'il  ne  faut.  Un  coloriste  de  nos 
pays  devrait  se  composer  là-bas  une  nouvelle  palette. 
Le  rapport  de  tons  y  est  rarement  le  même  que  cliez 
nous,  et  c'est  pourquoi  les  artistes  russes,  lorsqu'ils  né 
se  sont  pas  fait  en  Italie  une  gamme  de  couleurs  à 
l'usage  de  l'Occident,  paraissent  au  reste  de  l'Eui'ope.... 

N"  1743.  Exposition  du  boulevard  Italien  ;  la  Source, 
tableau  de  M.  Ingres.  Parmi  les  peintres  exposants,  lire 
Cabat,  et  non  Cabot. 

N°  1757.  l.e  titre  de  la  pit'ce  jouée  au  Vaudeville  est  :  Onze 
jours  de  siège. 


COI       iiiSToinr  des  oeiviu-s  dk  th.  (.aitiki». 

N"  I  .S84.  (Nécrologie  :  )  Alfred  de  Vigny.  (Vcsl  i\  la  suite  de 
\'lli:i(itii'i'  ihi  H<'iiiiUitisnir  {[iw  ce  lra;^nniil  a  ijli'  plarf.  cl  non 
dans  les  l'nrlnills  l'niiliininirniini. 

N"  t!)(tO.  Don  Diego  Velasquez.  I.i-  IVafiMicnt  antciiciirc- 
inonl  paru  de  i  il  arliclc  a  ilc  ini|>riini'  dans  le  Munilctir 
iinivcrst'l  du  ^janvier  18()2,  r\  nnn  du  l'.t  mai  1807. 

.N"  l'.'itl.  Musée  secret.  Nnici  dr  curiruscs  variantes  de 
cette  piùco,  relevées  surl'airenda  dont  nous  avons  di'ja  parli-: 

Dos  déesses  et  des  mortelles 
(Juaiul  ils  l'ont  voir  les  cliarmes  nus, 
Les  sculpteurs  jurées  iduuienl  les  ailes 
De  la  colomlte  de  Venus. 

Sous  leur  ciseau  s'envole  et  tombe 
Le  doux  manteau  qui  la  revêt; 
Et  sur  son  nid  froid  la  colombe 
Tren)ble,  sans  plume  et  sans  duvet. 

O  grands  païens,  je  vous  [lardonne; 
Olez  le  mystère  à  l'amour, 
Et  des  ombres  que  Dieu  lui  donne 
Faites  sortir  le  saint  contour. 

Mais  nos  peintres,  tondant  leurs  toiles 
Comme  des  marbres  de  Paros, 
Fauchent  sur  les  beaux  corps  sans  voiles 
Le  gazon  où  s'assied  Eros. 

Pourtant,  jamais  beauté  chrétienne 

N'a  fait  à  son  trésor  caché 

Une  visite  athénienne, 

La  lampe  en  main,  comme  Psyché. 

Au  soleil  tirant,  sans  vergogne, 
Le  drap  de  la  blonde  qui  dort, 
Comme  Pliili{ipe  de  Bourgogne, 
Vous  trouveriez  la  toison  d'or. 


APPENDICE  ET  ERRATA.  605 

Cherchant  à  \a  place  certaine 
Où  frise  un  indomptahle  émail', 
Pour  le  diable  de  La  Fontaine 
La  brune  a  toujours  du  travail. 

Aussi,  j'aime  tes  courtisanes 
Et  tes  Vénus,  ù  Titien, 
Roi  des  tons  chauds  et  diaphanes, 
Soleil  du  ciel  vénitien! 

Sous  une  courtine  pourjirée 
Elles  étfdent  bravement 
Dans  sa  pâleur  mate  et  dorée 
Un  corps  superbe  où  rien  ne  ment. 

Une  touffe  d'ombre  soyeuse 
Velouté  sur  leur  liane  poli 
Cette  envergure  harmonieuse 
Que  l'aine  trace  avec  son  pli. 

Et  l'on  voit  sous  leurs  doigts  d'ivoire, 
Naïf  détail  que  nous  aimons, 
Germer  la  mousse  blonde  ou  noire 
Dont  Cypris  tapisse  ses  monts. 

11  est  encor  dans  ta  Venise 

De  beaux  seins,  de  robustes  lianes, 

Et  des  ventres  dorés  où  frise 

Un  duvet  roux  sous  des  doigts  blancs. 

J'y  connais  deux  cuisses  plus  rondes 
Que  celles  de  ta  Danaé 
Laissant  sur  elle,  en  larmes  blondes, 
l^Ieuvoir  Jupiter  monnayé. 

I.  Vaiiaiil(;  de  ces  deux  vers: 

An  sein  de  satoufTe  (lY'l)ène, 
Où  la  nuit  met  son  noir  émail, 


606  llIbTOlHK  Dtb  U:,L\lll.^  DL  ill.  I.ALTIKU. 

Kl  sous  iiiic  oihImo  iiiiihit'o  ol  rousse, 
l);iiis  un  rt'|)li  inyslriicux, 
liOiniiK'  iiiu'  pèclit'  dans  la  mousse, 
Un  fruit  d'amour  (jui  rit  aux  yeux. 

{'/est  une  pomuio  (l'Ilespéride 
Dans  l'or  dune  riclic  toison, 
One  voudrait  liien  cueillir  Alcidc, 
Et  (jui  Icrail  voguer  Jason  ! 

Aux  \a,i,Mies  reflets  de  l'alcôve. 
Sur  la  hianclu'ur  de  ce  heau  corps, 
(Juanil  Ton  voit  cette  tache  fauve 
Aux  tons  brunis,  carmin  des  ors, 

On  aperçoit  la  blonde  tète 
D'un  petit  amour  endormi 
(Jui  (lu  sein  d'albâtre  qu'il  tetle 
En  sommeillant  glisse  à  demi*. 

Voici  inainlciiaoldes  varianlosde  la  lin  <lii  morceau,  mises 
au  net  pur  l'auteur  sur  le  même  a/^fuda  : 

Une  .jupe,  dans  ta  Venise, 
Cache  un  tableau  digne  de  toi. 
C'est  un  corps  jeune  et  lier  où  frise 
L'or  qui  pend  au  collier  du  roi. 

Entre  deux  cuisses  aussi  rondes 
(jue  celles  de  ta  Dauaé 
i^aissanl  sur  elle,  en  larmes  blondes, 
Pleuvoir  Jupiter  monnayé, 

1.  Variante  de  ces  deux  vers  : 

Qui  li'li^se  ilu  alidic  (ju'il  telle 
Sur  le  flaui'  iiu'il  caclio  à  demi. 


APPENDICE  ET  EUHATA.  607 

Dans  une  soie  ondée  et  rousse, 
Le  fruit  d'amour  y  rit  aux  yeux, 
Comme  une  pèche  sur  la  mousse 
D'un  paradis  mystérieux. 

Pomme  authentique  d'Hespéride, 
Or  crespelé,  riclie  toison, 
Qu'aurait  voulu  cueillir  Alcidc, 
Et  qui  ferait  voguer  Jason. 

Oh  !  comme  dans  la  rouKe  alcôve 
Sur  la  blancheur  de  ce  beau  corps, 
J'aime  à  voir  cette  tache  fauve 
Qui  prend  les  tons  brunis  des  ors! 

Elle  rappelle,  ainsi  posée, 
L'Amour  sur  sa  mère  endormi, 
Ombrant  de  sa  tête  frisée 
Le  beau  flanc  qu'il  cache  à  demi  ! 

N"  194S''i^  Salon  de   1864.   i.ii'e   Belle!,   ul  non  Bellcl, 
page  282,  ligne  4. 

N«  1984.  A  l;i  ligne  10  de  la  page  302,  il  iaiit  lire  ainsi  le 
moL  :  Aa^c,  et  non  pas  :  haer. 

N°20t0.  Spirite.  1,'c.vriiiplaire  de  cet  ouvrage  oUl'iL  a 
madame  Ernt'sta  Grisi,  porte  cette  dédicace  : 

A  ma  chère  Ernesta. 
le  premier  exemplaire  de  Spirite. 

Théopliile  GAUTiiiu. 

Sphitc  a  été  publié  aussi  à  Madrid,  traduit  en  espagnol, 
sous  le  titre  d'Espirifa. 

N"  2073.  Nécrologie  :  Léon  Gozlan.  Cet  article  est  entré 
on  1874  dans  le  volume  de  Théophile  Gautier  :  Portraifs  Coii' 
temporaiii!^. 


608  HISTOIHK  DKS  ORllVUKS  DE  TH.  (.AITIKH. 

N"2I1I.  Quatrains  à  mademoiselle  Ozi  .  Avani  iltMii' iiii- 
priiiuM',  sif^iii'c  (lu  11(1111  (l(>  Viclor  lliiiro.diiiis  le  VanuDitic  stili/- 
rii/iii'  (lu  XIX°  sii'(l'\  ci'llf  iin'iiic  vci'simi  incxailc  du  dci  iiici' 
(|ualraiii  fili-  par  nous,  avait  |iai-u,  aïKinvmc,  eu  lHi)(t,(laiis 
les  /'.i('7cs  </'•  rniiinir.  Kllc  rtail  accoiniia^iK-c  d  un  des  ([iia- 
Iraiiis  liion  connus  de  V'iclor  Hugo  ii  niadoinoisolhiOzi,  mais 
|iulilic  aiKuiv  nuMiient  aussi,  (".'csl  ci'  iiui  (•x|)li(|un  Tallrilju- 
lion  des  drux  ([iialrains  a  Vicliu'  \\\\'j.n  dans  h'  l'dnutssr,  i\\\\ 
les  a  lui-nn'nic  l'iupi  unli''S  au\  l'm'irs  ilf  l'iunonv. 

.N"2i;i',).  A  Charles  Garnier.  l'aiic  .'fiil.  lii'c  ainsi  h:  dixii'Miic 
vers  de  la  vaiianlc  incdilc  : 

Comme  nn  consul  le  lut.  dit-on, 

N"  *22:)»î.  Quatrain,  etc.  Ce  (iiialiain  est  dalé  de  :  Sainl- 
Gralien,  Itl  aoiil  18(33. 

V  2201.  L'Impassible.  A  paru  dans  le  Dinhlr  du 
2C)  mais  IS70,  cl  niui  du  28. 

iN°  232i-.  Plusieurs  des  numéros  porlant  ce  chiffre  doivent 
èlre  suivis  de  ceux-ci  :  4°,  .')<>  et  8",  qui  sont  lomhés  à  rini- 
primerie,  au  moment  du  lira;."-e. 

>'"  2370,  pages  o03-oOi-.  Ce  récit  osl  inexact,  en  ce  sens 
que  la  réponse  l'ut  faite  par  Théophile  Gautier  à  son  père, 
et  non  pas  à  M.  Théophile   Gautier  lils  par  le  grand  Théo. 


FIN    DU    DEUXIE.ME    ET    DI-BMER    VOLUME. 


Paris.  —  Iinp.  E.  Capio.mo.m  et  V.  Renault,  6,  rue  des  Poitevins. 


0 


PQ  Spoelberch  de  Lovenjoul, 

22 5â         Charles  Victor  Maximilien 
Z537         Albert,   vicomte  de 
t. 2  ^Histoire  des  oeuvres  de 

Théophile  Gautier 


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